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 will the sun ever rise (ronenzo)
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Lorenzo Farnese

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MessageSujet: will the sun ever rise (ronenzo)   will the sun ever rise (ronenzo) EmptyMer 6 Fév 2019 - 7:34

ronan et lorenzo
i take one step forward, and two steps back.
it's always been like that, it shouldn't be like that.
i'm trying to overcome myself, trying to work around this hell.
(will the sun ever rise / five finger death punch)

Trois semaines.
Presque une phase lunaire complète pour effacer l’étoile trop brillante. Le silence imposé sous le tactile. Des messages écrits des centaines de fois. Modifiés. Effacés. Imaginés au milieu de la nuit pour mieux disparaître du crâne au matin. La peur trop rageante dans les tripes. Les pulsions ravalées. La conversation observée en long et en large. Les mots balancés dans les messages encore en travers de la gorge. En travers du cœur. Les photos échangées comme ultime coup de poignard. Ta gueule trempée entre les vagues chlorée. Le corps exposé devant le miroir de la salle de bain. Sourire immaculé sur les lèvres qui rêvaient encore des siennes. Qui les sentaient encore s’apposer dans une douceur violente. La silhouette en manque de la sienne, la nuit suivante. Carcasse retournée entre les draps, à l’appeler. Peau échaudée contre la couette trop froide. Les sms virulents pour gonfler le cœur. Les clichés pour réanimer le désir. Étincelle pour mettre le feu aux poudres. Ce soir-là, il suffisait d’une demande de sa part. Qu’un ordre pour que tu raboules de nouveau dans le bar. Pour onduler contre lui comme la veille. À réclamer la drogue de ses doigts. De sa voix. De son odeur. Ses putains d’iris. Les couleurs pour venir bénir les songes. Tableau pour exposer le regard du meilleur artiste. Putain, ce que t’as voulu envoyer un message, Lorenzo. Pas qu’un seul. Des brouillons par centaines pour s’entasser dans les notes du téléphone au fil des jours. Au fil des semaines. Trio dantesque pour creuser la distance entre lui et toi. Et les sifflements des saints qui revenaient toujours, quand la pulpe survolait la flèche, prête à envoyer. Toujours les mêmes palabres. Toujours les mêmes insultes. Vas-y, ricchione. Vas-y, et condamne toi à une éternité dans les flammes. Fous-toi à genoux devant un homme au lieu de Dieu. Offre ton âme sur un plateau d’argent. Les paroles insultantes revenues en pleine gueule. Celle que tu balances à tour de bras à l’attention de ceux trop différents. Des noms d’oiseaux pour te coller à la peau autant que sa bouche. Lettres assassines résonnantes dans ta caboche pour mieux mettre à mal le désir maladif.
La tentative de l’oublier. De tout oublier. Pas foutu d’effacer la conversation, pourtant. Son compte paperies épiés dans les moindres détails. Certaines photos pour blesser le myocarde. Le visage de la femme. L’amour dégueulé sur les caractères. L’amour qui te donne la nausée. L’amour que t’as souillé de ton péché. La jalousie exacerbée que tu as préféré ne pas nommer. Pas toi. Tu ne ressens pas ça, Lorenzo. Jamais. Pas pour une épouse. Pas à cause d’un homme. D’autres clichés pour faire battre le sang dans les veines. La carrure de l’autre exposée au travers de l’écran. Capitulation divine quand tes phalanges se sont perdues sous le tissu du boxer. Ta lèvre inférieure piégée entre tes dents pour réprimer les gémissements honteux. Pour stopper les lettres de s’échapper. Le prénom de claquer contre ton palais. Le sien.
Les sorties enchaînées pour éviter de te retrouver seul avec tes pensées. Les coéquipiers suivis aveuglément dans toutes les soirées proposées. Des corps que tu ne captais même plus. Des gonzesses pour tenter d’effacer le mal. Roi de la nuit sur un trône construit par des mensonges. Les chairs trop différentes. Trop douces. Trop parfaites. Sans marque. Sans vie. Pas lui. Bordel, ce que t’avais envie de t’éclater la tête contre les murs, Lorenzo. De hurler jusqu’à ce que ta gorge éclate. Et ton cœur avec. D’exorciser le démon sous l’échine. Le désir impur trop installé. N’importe quoi pour l’oublier. Ta queue, c’est là qu’elle est censée être. Entre les cuisses de ces meufs qui ne demandent que ça. Qui en redemandent, en l’espoir de gagner de l’importance. C’est l’ordre naturel des choses. C’est la façon dont le monde a été fait. C’est la façon dont le monde tourne. L’homme contre la femme. La femme contre l’homme. Rien d’autre pour venir ternir l’image divine. Et surtout pas tes pulsions infernales. L’asphyxie, quand la gueule se perd entre les jambes féminines. Le goût de la normalité sur le bout de la langue.
La carcasse adossée contre la banquette. Les doigts qui pianotent sur la table. Cacophonie ambiante du restaurant dans laquelle tes pensées se sont encore perdues. Les traits détachés de la scène qui se joue. Les prunelles hagardes. Le crâne prisonnier des réminiscences lascives, à nouveau. La chaleur qui s’anime au creux de l’abdomen quand les souvenirs se perdent et s’entrechoquent. Le sursaut, pourtant. La faible qui s’anime pour mieux chasser l’intruse entre les boucles qui repoussent doucement. « Not my hair, Beck. I told you before. » Le rire de l’autre pour contrer le refus. La sortie impromptue. Ta silhouette qui colle aux basques de ta sœur et de ces potes. Besoin de me vider la tête, que t’as dit en te joignant au groupe. Le regard jeté vers ta frangine, en discussion animée avec un autre. Elle ne remarque jamais le comportement de son amie, Ren. Ne voit pas le manège. Le rôle qu’elle joue quand l’attention se fait moindre en sa direction. Beck, si la provocation devait porter un nom. Des tentatives plus subtiles les unes que les autres. Des sourires et des regards pour tenter de réveiller ton désir. Les refus catégoriques qu’elle essuie toujours d’un sourire. Cette règle qu’elle cherche à briser en laissant son corps onduler sous ton regard. Pas les amies de ta frangine. Jamais. « Oh come on Renzo, I was just checking on your new curls. » La voix pour tenter d’échauder. La voix comme du velours. La caboche secouée de gauche à droite. Tu te décales, cherches à agrandir l’espace entre elle et toi de quelques centimètres. L’agacement déjà visible sur ta gueule. Pas mes cheveux. Pas toi. Arrête tes conneries, Beck. J’veux pas de toi, je l’ai déjà assez répété. Laisse-moi tranquille. Ce soir, au moins. Laisse-moi me perdre dans ma mémoire et son absence. La dominante contre les traits fatigués. Tu ne dors pas assez. Plus maintenant. Les images qui refusent de s’effacer, malgré tous les efforts de la conscience. Malgré tous les efforts du corps contre ceux des autres. La jambe qui tape nerveusement contre le sol. Rongé par le passif. Rongé par l’échec. Rongé par l’erreur. « I love your hair, why don’t you let me touch it ? » L’écart qu’elle réduit aussi vite que t’as voulu le creuser. Sa cuisse pour venir cogner contre la tienne. Sourire prédateur étirant ses lèvres décorées. La gueule tournée vers elle. La mâchoire serrée pour retenir les mots. Qu’est-ce que tu comprends pas, en fait ? Si je t’ai dit non la première fois, c’était pas pour jouer le mec difficile à avoir. Y’a aucune chance. Ça n’a pas changé depuis le premier refus. Alors putain, lâche l’affaire. Un regard qui devrait être plus noir, sans doute. Mais la fatigue pèse. Affaiblit la combativité. « No one touches my hair. No exception. » Puis la nuque qui se tourne à nouveau pour accentuer le propos. Le regard qui quitte le visage de la poupée.
Le regard qui tombe sur la vision dantesque.
Le coup dans la poitrine. Le souffle qui s’évapore aussi vite que la présence de toutes les autres âmes présentes. Immobilisé sur place. Mis à terre par cette main posée sur celle de la silhouette féminine. L’épouse reconnue, même de dos. L’épouse encrassée. L’épouse trompée. Tu déglutis, Lorenzo. N’ose pas relever le regard de cette étreinte des doigts. Crèves un peu plus à chaque seconde. Putain, ce que ça fait mal. Putain, ce que ça te donne la gerbe. La réponse de Beck qui n’est qu’un écho lointain. Son contact sur ton biceps que tu perçois à peine. Esprit embué par la scène sortie d’un autre monde. Dis-moi que je rêve. Dis-moi que t’es pas vraiment là. Pas avec elle. Pas avec celle qui attise la haine sans que je ne la connaisse. Les prunelles aventureuses, après de trop longues secondes. L’onyx qui remonte le long de son bras, détaillent les plis de son costume. Palpitant tressautant aux marques dessinées sur sa gueule. Les ecchymoses qui ont migré de son thorax à son visage. Traits tuméfiés. Traits déformés par la violence. L’ivoire agrémenté par les teintes de violet. La panique soudaine. Le regard qui se détourne. Le regard qui fixe la table. Le regard qui inspecte ton verre. Dominante qui s’aventure jusque dans la poche du sweat-shirt. Le portable sorti la seconde d’après. Et cette putain de conversation. Le cœur battant à cent à l’heure. Les pulpes contre le tactile. Trois mots formés. Trois mots envoyés. Meet me outside. Trop tard pour être rattrapés.
Courage soudain au visage qui se lève. Aux iris qui le retrouvent. Au regard qui capte le sien, un court instant. Avant ta fuite vers l’extérieur. Des excuses balbutiées à l’attention de la table entièrement féminine sans ta présence, puis c’est ta silhouette qui s’échappe dans le froid de l’hiver.
La porte du restaurant balancée. Les murs contournés pour échapper aux lumières trop vives du parking. Le crâne coincé entre les deux mains, la capuche remontée sur la caboche. Cent pas sur le bitume. Cent pas de peur ne pas entendre les siens. Sans doute plus, alors que les minutes s’étirent. Que ta solitude commence à peser contre la fraîcheur de la brise. Le battement de la porte qui résonne. Ta carcasse qui se tourne trop rapidement. Les espoirs qui sombrent. La reine déchue sous ton regard. L’épouse souillée qui s’évade. Seule. L’époux qui ne suit pas derrière. Ronan qui ne se dessine pas dans le paysage assombri. T’as le cœur qui palpite, Lorenzo. Les poumons qui n’arrivent plus à retrouver le souffle tellement que ça brûle. L’injure qui passe les lèvres dans la langue natale. T’as vraiment cru qu’il allait venir ? T’as vraiment cru que le Seigneur allait t’autoriser un nouvel écart ? Mais qu’est-ce que tu peux être abruti, putain. T’es rien pour lui. Qu’un corps pour s’amuser au milieu du mariage. Qu’une bouche pour un plaisir éphémère. Tu ferais mieux de rentrer, Lorenzo. De te glisser à côté de la poupée. De céder. De la baiser au lieu de rêver de lui.
L’ombre au coin du regard, pourtant. Tu ne sais même plus depuis combien de temps t’attends. Les talons qui pivotent. Et la claque en pleine gueule en voyant la sienne. Sa carrure anoblie par le costume. La pénombre pour cacher l’enfer sur ses traits. Tu sers les poings dans tes poches. Retiens les gestes qui ne dévorent que trop les réflexes. Réprimes l’envie de le toucher. Réprimes l’envie de vérifier son état. De t’assurer qu’il est bel et bien là. Un pas en arrière, à la place. La gorge serrée. La poitrine qui s’effondre. Lèvres tremblantes. Les mots qui se mélangent. Trop de questions au bout de la langue. Trop d’interrogations à son attention.
Puis la voix qui s’impose, après quelques secondes de latence. « How’s your brother ? » La demande sortie de nulle part. L’inquiétude factice pour mieux briser la glace. Rappel d’un jour où c’était différent. Où la haine n’était pas palpable. Où la simplicité était reine. Où tu caressais la complicité du bout des doigts. « How are you ? » L’ajout à la dernière minute, le geste du visage pour désigner le sien. Les marques pour mettre à mal sa belle gueule. L’inquiétude trop facilement repérable dans ton timbre. Qu’est-ce qu’il t’est arrivé, encore ? C’est quoi ces bleus ? Pourquoi t’en as autant, cette fois ? Bordel, Ronan. Ça me tue de te voir dans cet état. Ça me tue de te voir avec elle. Trois semaines. Trois putains de semaines sans toi dans ma vie et t’as encore ce pouvoir sur moi. J’aimerais bien comprendre ce qui merde dans mon crâne. La carcasse qui s’appuie contre le mur. Les bras croisés sur le torse. Bouclier de fortune face à celui qui brise toutes les barrières.
Les prunelles qui le détaillent. Qui le revisitent sous le tissu du costume. Qui s’attardent beaucoup trop sur ses lèvres. Basta, Lorenzo.
Le regard planté dans le sien, finalement.
Et le cœur qui se gonfle.

_________________


maybe you're the sun, and i'm the moon. and we were never meant to collide, but wouldn't it be spectacular if we did ?


Dernière édition par Lorenzo Farnese le Ven 8 Fév 2019 - 23:59, édité 1 fois
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Ronan Costigan

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MessageSujet: Re: will the sun ever rise (ronenzo)   will the sun ever rise (ronenzo) EmptyMer 6 Fév 2019 - 18:42

Le coeur à l’envers. L’absolution des chimères.
Les poings contractés. Les draps qui se serrent. Les draps qui se froissent. La carcasse sur un dédale de glace. Contre-courant autour du myocarde. Les couches épaisses et crasseuses où l’oxygène crève. Comme les battements qui ne sont plus qu’approximatifs. Comme la respiration qui se déguise derrière les mensonges. Les faux-semblants qui racolent la surface de l’échine. La mâchoire contractée. La mâchoire abattue de plein fouet. Les revers pour s’y ancrer. Les points pour déchirer les muscles. Courbure où le fantôme des pulpes rôde.
Électrique envolée pour raviver chaque émotion.
Électrique envolée pour accueillir le jugement dernier.
Les poings comme éclats macabres. La carcasse errant sur le ring. La silhouette voligeante contre les cordes qui s’effritent. La gueule déformée par les coups. La gueule arrachée par les poings. Retrait du buste en arrière qui ne prend plus. L’esquive abandonnée. La riposte impossible. Le condamné à mort le long du couloir. Le sourire sur la gueule pour se croire insolent. Le sourire sur la gueule pour cramer dans le brasier. L’attente de la sanction finale. La punition divine pour avoir commis l’irréparable. Tu t’es entiché d’un inconnu. Tu as défié la normalité. Tu as calé ta chaire au creux d’un homme. Tu as déshonoré le divin. T’es qu’une putain de honte pour les autres, pour le clan, pour toi. L’honneur bafoué par des coups de langue, des coups de trique, des coups de tout. Les images pour vibrer sous la froideur du regard. Plus rien à espérer. Plus rien à attendre. Respiration en demie-teinte. Respiration qui crève sous les claques en pleine tronche. La caboche vers la droite sous le poing de trop. Puis vers la gauche quand les crachats ensanglantés ornent le ring. Les dents prêtes à se déchausser. Le craquement de la mâchoire. Étendu de chaire endolorie. Il a plus rien ressenti, Ronan. Dernier combat pour arrêter de souffrir. Dernier combat pour éradiquer les souvenirs restants. Dernier combat avec la volonté silencieuse de plus se relever. L’adversaire qui domine. L’adversaire qui assassine. Les pieds valsant dans les côtes. Thorax déformé par la rage qui s’éprend. Les poumons au bord du point de rupture. Une lame aussi tranchante que le silence. Trois semaines. Une éternité. Une apostrophe du temps. L’impression de faire du surplace. L’impression de crever. L’impression de fonctionner à l’envers. Y a rien pour faire passer la pilule. Y a rien pour me sortir de cette anesthésie forcée. Le corps à terre. La gueule écrasée par l’impact finale. L’impression de vie qui se dérobe. L’impression de vie qui s’exile. Terrain conquis par un regard, un sourire. Terrain abandonné par les cendres étalées avec dédain.
La même gueule pour siéger dans l’esprit. La même gueule pour hanter. Prélude des pensées qui tournent à l’envers. Mécanique rodée sous le joug du mal.
Le vide. Le néant. Le coeur à l’abandon. Le corps à vif de l’absence.
Le regard de la maudite pour venir le faucher. Sourire pour étirer la courbure rosée. Sa main pour venir se sceller à la sienne. Union des phalanges. Comme l’union sacrée. Seize chapitres maculés et souillés par les coups de trique. Les bouches avides de la chaire. Les regards assoiffés de l’ivresse. Sensation pour camoufler les maux. Sensation pour écraser la honte. T’y repenses tout le temps, Ronan. C’est comme une maladie accrochée à ta carcasse. Ça te laisse pas de répit. Ça tourne en boucle dans ton esprit. Y a ces images qui reviennent. Y a ces images qui se cassent. Y a sa gueule qui rythme chaque pas. Y a l'absence qui pourrait te faire gerber quand tu tournes la tête et qu’il est plus là. Il lutte, Ronan. Contre ses démons. Contre le démon. Il se raccroche à son mariage. Il se raccroche aux éclats mensongers. Il se raccroche au visage de la poupée. La douceur de ses traits. La beauté de ses yeux. L’audace de ses lèvres. Les courbes affolantes pour raviver le désir. L’éternel refrain pour scander l’honneur. L’épouse. La maudite. La tragédie dessinée de ses larmes. L’écho des sanglots pour venir raviver la culpabilité. Le funeste s’écrasant sur ses épaules. Le funeste dominant le paysage.
Une soirée spéciale. Une soirée équivoque. Les sourires qui se croisent même quand l’envie n’y est pas. Comédie marquée par le manque. Comédie marquée par la colère. Pourtant, il se bat l’irlandais. Pour sauver l’union sacrée. Pour s’arracher les derniers souvenirs du myocarde. Pour glorifier celle qui est sienne depuis des années. Pour sanctifier son odeur comme seule effluve capable de lui faire tourner le crâne. Le costume pour épouser ses muscles. La gueule abîmée du combat de trop. Et le pire, c’est ce que ça n’a pas marché. Ça n’a servi à rien. Même en acceptant d’me faire détruire la tronche, ton souvenir il s’est pas effacé. Ton souvenir, il est resté. Et j’te déteste pour ça. Silence forcé. Silence imposé par l’autre. Silence subi comme un putain de soumis. Les pulpes sur le tactile. Les pulpes prêtes à cracher le venin. Les mots réunis pour former le dédain. Les mots effacés comme dernier salut. Il a pas réussi, Ronan. Trop faible. Trop apeuré. Trop éreinté par l’attente. Trop assoiffé de sa présence.
Les paupières closes pour plus y penser. Les iris figées vers celle d’Ava. La mine inquiète. Les pensées portées vers le fils. Cian, ciment de l’union. Ciment des sentiments maculés. Mélange du sang pour former l’infini. — Don’t be worried, babe. Cian is with my mom. I’m sure he’s feeling better. Le gosse laissé à contre-coeur. Le gosse pas bien depuis le début de la matinée. Des plans pas avortés pour autant. Besoin de la retrouver. Besoin de se prouver que les choses peuvent encore s’arranger. Besoin de racoler le pardon du divin. Besoin d’effacer la peine causée. Besoin de la sauver même si ça le force à crever à petits feux. Les phalanges en communion. Les sourires sincères. La carcasse penchée pour cueillir ses lippes. Roses qu’il épingle du bout des charnues dans un contact apaisant. Un contact pour éradiquer les démons, la maladie, la honte. J’avais pas de regrets après. C’est toi qui a causé le chaos. C’est toi qui m’a forcé à culpabiliser de t’avoir donné trop d’importance. — I hate to leave him when he’s sick. Mère poule. Mère courage. Mère exemplaire. Comme son rôle d’épouse mener de front entre les détonations. Comme ce rôle d’épouse qu’elle maîtrise avec exemplarité. La moitié d’une vie. La moitié d’une âme. L’accroche sentimentale quand elle est venue tout bouleverser. La tête haute pour lui tenir tête. La tête baissée pour accepter les mensonges. Et il s’en veut l’irlandais. De la faire souffrir. De la faire espérer. De la faire se poser trop de questions. De la faire chuter de son trône. Reine captive des doutes et des incertitudes. La pression de sa main contre la sienne. Étreinte échaudée alors que son pied effleure sa jambe. Sourire en coin sur les lippes. C’est leur soirée. C’est leur moment. Il n’a pas le droit de tout gâcher sous le chapitre de son absence. — Look at me. I’m here. And I’m really excited to eat the dessert. Remarque taquine. Remarque éhontée. Pas comme la sensation de malaise qui ronge l’abdomen. Pas comme les non-dits qui s’écrasent sous le palais sans ricocher dans l’asphalte. La vibration dans la poche intérieure. Les iris qui traînent. Le coeur qui se serre. La panique pour faire trembler les charnues. Les phalanges prêtes à rompre le contact. La tête qui se détourne. La tête qui racole. Une foule d’inconnus où siège la seule gueule qu’il reconnaîtrait même aveugle. La poitrine déformée par la douleur. La respiration vive, saccadée. Incapable de rester en place. Salive raclée de la vipère. Salive cherchée pour dégommer la sécheresse de ses lippes. La main qui s’écarte. Les doigts qui craquent. Les yeux qui brillent. Dégradé pour se scotcher vers le Malin. L’ourlet entrouvert. Les mots qui fusent dans des silences putrides. On a jamais su se dire les choses. On saura jamais le faire. Pourquoi est ce qu’on se regarde comme ça ? Pourquoi on se donne l’impression que ça comptait ? J’étais qu’un coup de trique dans le décor. J’étais qu’un pantin que tu as pris un malin plaisir à tuer.  Le regard fuyant. Les émotions qui dévalent vers la première issue de secours. Il le regarde se barrer. Vissé sur sa chaise. Vissé face à la maudite. Un sourire pour effacer le mauvais sort. La colère greffée creux de l'abdomen. La vision de cette brune. La vision de cette sirène. Une de plus dans le décor. Le dégoût au bord des lippes. L'envie de vomir son dégoût. l'envie de le vomir lui. Colère grognant. Mâchoire contractée. Le palpitant étouffé depuis trop longtemps maintenant. Son téléphone qui sonne. La voix de sa mère. Le couperet. Sauvetage in-extremis pour ne pas lui mentir ouvertement. Pas ce soir. Pas demain quand il se réveillera en la serrant pour bénir ses lèvres des siennes. (…) La carcasse qui se traîne. Les mains dans les poches du costume. Le tissu pour épouser les poings abimés. Le regard traînant sur le bitume. Douleur siégeant sous les couches nécrosées. Les iris bouleversées de le voir. Les iris bouleversées de la distance qui se crée. Mouvement de recul pourtant pour pas le laisser gagner. Pas ce soir, pas demain, jamais, Lorenzo. Tu as eu ta chance. Tu as choisis de me briser. Tu as choisis de m’abandonner. Tu as signé ta condamnation à mort et c’est mon blase qu’on lira sur les derniers sacrements. Le rire qui éclate.
L’asphalte qui se brise. L’ironie pour dépeindre le sourire. Le regard noir. La mine sauvage. Comme les sentiments. Le thorax qui se soulève. Tissu de la chemise prêt à s’écarteler.
Les questions. Les silences. Les convictions. Les certitudes.
Les contradictions qui deviennent impératrices. Comme il a été roi cette nuit-là. Il hausse les épaules. Insolence des gestes. Ignorance de ce regard qu’il fuit. Le dégradé pour se percher sur les lippes quelques secondes. Sa propre vipère qui rôde machinalement.
— He’s in recovery. Echo au parvis glacé de l’hôpital. Écho aux mots qui ont retourné le coeur. Écho à cet instant de grâce où le monde ne tournait plus qu’autour d’eux. Réunion macabre sous le versant du sang qui a coulé. Les inquiétudes pour le frère. Les inquiétudes pour lui.  Séparation brutale. Retrouvailles échaudées. Stigmates trop brûlants sur son échine. Stigmates encore rougis pour éventrer le palpitant. — And I’m trying to stay alive. J’essaye. J’essaye de tenir debout. J’essaye de sourire. J’essaye d’être un bon mari, un bon père. J’essaye de faire face. J’essaye de faire front au milieu de ce champ de bataille. J’essaye de serrer les poings comme un putain de héros. Mais tu m’as fauché. J’suis à terre et tu vois rien. La nervosité de la paume qui tremble. Puis qui trépasse contre la barbe. Geste impulsif comme cette clope qui vient se caler. Les cendres pour se disperser sur les godasses. Les cendres pour annihiler l’angoisse. Il recule encore. Il signe un départ entre deux regards. Prêt à tourner les talons. Prêt à l’abandonner.
Plus la force, plus le courage. — Anything else ? Le ton glacial. Comme le regard. Soldat laminé par les détonations. La carcasse sur le muret. La caboche camouflée par le tissu. Même ce soir t’es trop lâche pour me regarder. Même ce soir t’es trop lâche pour assumer. Tu t’es barré et tu reviens. Tu as choisis de m’ignorer et tu reviens encore. Dégage putain, Lorenzo. Dégage et arrête de me torturer. J’ai plus les épaules pour ça. J’ai plus le coeur pour toi. J’ai l’âme en vrac. Et y a les lettres de ton prénom pour peindre les derniers sursauts. L’ourlet charnue pour ronger la clope. La nicotine qui rappelle le goût du sang mélangé à sa salive. Scène brutale qui revient de plein fouet. Les paupières clignant avec rage pour effacer les symptômes.  — What’s the deal ? Fucking you against the wall, smiling and keeping silence during three weeks ? Maybe more, that should be fun for you. Il se force à rire. Il se force à lui ricaner à la gueule. Chant du diable pour apostropher la complicité. Chant du diable pour capter le silence de la nuit. Les passants aux abonnés absents. Les passants aussi absents que les sentiments. Ceux enfermés dans un coin du palpitant. Ceux enfermés dans un coin de la caboche. C’est tellement plus facile de faire semblant. C’est tellement plus facile de faire comme si rien ne comptait. Pourtant, t’es partout. T’es infiltré sous chaque couche. Je lutte. Je me force. Mais j’y arrive pas. Je pourrais pas t’oublier.
Ronan, il fulmine. L’impression d’être en deux vagues. Le corps prêt à frapper les rochers. Le corps prêt à se flinguer d’une énième détonation. Les lèvres pincées alors que les regards s’accrochent. Le mégot qu’il balance volontaire aux pieds de Lorenzo. Tiens, c’est les cendres de mes sentiments. Tiens, c’est les cendres que tu as laissé ces trois dernières putain de semaines. Tiens, c’est ce nous qui n’existera jamais. — Also, don’t pretend you care about me or my bro. Les pas pour les séparer. La distance qu’il bousille. La proximité qu’il offre. Là dans cette rue désert. Là où la noirceur des iris s’imbrique avec celle de la nuit. Chaleur qui revient galber le thorax. Chaleur qui éclate sous le versant écarlate de sa gueule. Le dégradé pour s’éprendre de la nuit.
Là dans cet étendu qu’on nommerait enfer. Là où les divins doivent bien se marrer de la punition sanctifiée. Il hausse les épaules Ronan. Les mains qui se lèvent vers lui. Comme un dernier salut. Comme un dernier regard. Comme un dernier adieu. — I’m done anyway.
Le mépris pour courber le sourire.
La douleur pour anesthésier le myocarde.
Le mouvement de recul pour l’abandon.
Le tien qui m’a assassiné.

_________________
je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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Lorenzo Farnese

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MessageSujet: Re: will the sun ever rise (ronenzo)   will the sun ever rise (ronenzo) EmptyJeu 7 Fév 2019 - 22:55

La course pour tenter d’achever le cœur. Les jambes qui s’emballent pour mieux laisser les poumons se remplir jusqu’à la menace de l’éclatement. Les bruits alentours assourdis par le rythme cardiaque tapant dans les veines. Les pas qui cognent contre le gazon. Les crampons pour s’y raccrocher. Pas comme les souvenirs que tu tentes de noyer dans ton crâne. Sa gueule comme un rappel du péché. Sa gueule comme la signature du Seigneur sur sa lettre de cachet. Tu vas aller en Enfer, Lorenzo. Tu vas aller crever entre les flammes. Souffrir pour l’éternité sous le joug du Malin. T’as cédé face à mal. T’as goûté le fruit défendu. T’es allé à contre-sens des idéaux justes. Ce qui te tombe sur la gueule, c’est tout ce que tu mérites. L’arrêt au bout du terrain. L’adrénaline battante dans les vaisseaux bleutés sous la peau échaudée. La respiration qui peine à suivre. Dominante qui glisse dans les mèches écourtées. L’absence des boucles qui cognent contre les phalanges. L’absence des siennes. Tu secoues la tête, Lorenzo. Inspire un grand coup avant de cracher dans l’herbe trempée. L’entraînement maintenu malgré la météo peu clémente. Les perles qui viennent se perdre sur le tissu. Dernier sifflement, le rassemblement que tu rejoins en traînant les pieds. Les mains enfoncées dans les poches du jogging, la gueule qui se réfugie dans l’écharpe. Les mots du coach qui n’attirent pas les pensées. Pas autant que lui. Réminiscences qui viennent à nouveau brûler l’échine. Attaques des souvenirs qui se font trop nombreuses depuis ces trois derniers jours. Le portable attrapé ce matin avant de décoller. Les flashs de la veille encore trop vivaces dans la caboche. Les mots échangés. Les photos offertes. La honte qui a dévoré, quand les pulpes ont fait dévaler le tactile. La faible plaquée sur la bouche. L’hallucination face au comportement incontrôlé. T’as pas fait ça, Lorenzo. T’as pas passé une bonne partie de la nuit à grapiller son attention. À exposer ta silhouette sous le regard du mal. À laisser le désir se dessiner au travers des messages. Sciocco. Les bras croisés sur la poitrine qui se soulève sous le fantôme de l’effort. Les prunelles sombres bloquées sur un point fixe. C’est le mouvement des autres qui te fait réagir. Des remerciements balbutiés, alors que t’as pas écouté un seul mot sortant de la bouche de l’entraîneur.
La carcasse qui se traîne jusqu’au vestiaire. Silhouette qui suit les autres comme un clébard qui a perdu son chemin. La chaleur des locaux pour contraster avec les dernières heures passées à affronter les éléments. Tu te laisses tomber sur le banc, te débarrasses des couches de vêtements humides qui collent à la peau. La grimace à la sensation. La peau exposée au regard des autres. La nudité comme habitude au milieu des autres. On se regarde pas, de toutes façons. Que tu crois. Les palabres des collègues qui résonnent contre le carrelage recouvrant l’endroit. Les questions qui claquent sur les langues. Les demandes concernant les marques qui se mélangent aux tatouages sur le cuivré. What’s that, Farnese ? How crazy was she ? Damn boy, you found quite the savage girl. Ton rire pour répondre. Le rire jaune. Le rire faux. La réaction forcée au bord des lèvres. Et ils le captent bien, les coéquipiers. Piètre acteur que tu es. Piètre soldat que t’as été ces deux soirs, où t’as chuté comme un moins-que-rien devant l’autre. La conscience parasitée par le désir maladif. Le bien déformé par le mal.
T’as secoué la tête, Lorenzo. T’as continué d’afficher ce sourire de façade. Le jeu de qualité moindre. La voix secouée par la honte encore trop vivace sous l’épiderme. Yeah, she was a lil bit overwhelmed. Le mensonge qui s’est échappé aussi vite que toi face à lui. La fuite pour mieux réussir à oublier. La fuite pour mieux réussir à respirer. La fuite pour mieux réussir à vivre. Mais t’as tort, Lorenzo. Faux sur toute la ligne. Y’a son absence qui te pèse. Y’a ces mots que tu voudrais lui cracher sous le tactile : how are you ? are we good ? can i come by to see your ugly face ? did you already forget about me ? Les autres interrogations auxquelles tu réponds vaguement. Des détails que tu inventes en y mélangeant beaucoup trop la réalité.
Cette gonzesse que t’as rencontrée dans un bar où elle bosse.
Cette gonzesse que t’as embrassé au-dessus du comptoir.
Cette gonzesse dont t’as dévoré la peau.
Cette gonzesse qui a marqué la tienne.
Cette gonzesse que t’as fait jouir contre le mur.
Des mensonges que tu pourrais presque réussir à croire, si y’avait pas sa gueule de placardée partout dans les moindres recoins du crâne. Les propos des autres pour approuver, pour féliciter la normalité. Et c’est à ce moment-là que t’as décidé que tu ne reviendrais pas vers lui. C’est à ce moment-là que t’as décidé que tu courrais pas après lui. C’est à ce moment-là que t’as commencé à te persuader que t’arriverais à l’oublier. À effacer les souvenirs brûlants qui s’ancrent dans la caboche.
Le bel échec, quand le palpitant a vrillé en voyant l’épouse. Quand le palpitant s’est serré en voyant les ecchymoses sur ses traits.
La carrure qui se rapproche. L’adrénaline qui commence déjà à taper dans les veines. La vision de l’autre comme l’accalmie au milieu des flammes. Mais putain, regarde-toi. Quelques regards et tu rechutes face à lui. Quelques regards et tu pourrais te mettre à genoux. Ressaisis-toi, bordel. Arrête d’être cette pédale qui ploie devant une autre. Les mains enfoncées dans les poches du sweat-shirt. Les poings serrés jusqu’à sentir les ongles ronger la peau. Son mouvement vers l’arrière. Ton impulsion vers lui que tu retiens en te serrant toujours plus contre le mur. Le rire du divin pour venir mettre à mal autant le crâne que le cœur. Il se fout de toi à gorge déployée, Lorenzo. À quoi est-ce que tu t’attendais, vraiment ? L’onyx ose quand même se perdre sur ses traits tirés par les coups et la colère. Ses mouvements les plus simples observés dans les moindres détails. Du soulèvement des épaules au vermillon qui s’exfiltre contre sa bouche. Contre ses lèvres que tu détailles une fois de trop.
Le regard tourné vivement, balancé vers la rue déserte. La nuit avancée en plein milieu de semaine. Pas un chat pour venir perturber la danse macabre qui se joue sur le bitume. Un simple hochement de tête en guise de réponse aux informations sur le frère. La question qui n’a servi qu’à engager la conversation. Je m’en fous de ton frère, Ronan. Ouais, je sais qu’il a failli crever. Je l’ai vu, la détresse dans ton regard. Mais je suis qu’un égoïste qui ne pense qu’à sa gueule. Qui ne pense qu’à la tienne. Le rire moqueur sur les lippes à son ajout. Rester en vie, qu’il dit. Alors que les maux se dessinent sur son visage dans les nuances de couleurs les plus agressives. « Staying alive, uh ? Your face says the opposite. » Les iris qui se détournent, un court instant. Assez pour se perdre sur les bleus marquant le faciès. Assez pour retrouver l’embrun éclairé à la lumière des lampadaires. Assez pour laisser le cœur tressauter une fois de plus. Puis c’est l’abandon, à nouveau. La mâchoire serrée pour éviter de continuer à parler. Pour éviter de trop en dire. La gerbe des mots ravalée. Arrête de me mentir, putain. Arrête de jouer les durs quand t’as la gueule éclatée de la sorte. Putain Ronan, qu’est-ce que tu fous pour te mettre dans des états pareils ? Dans quel type de merde est-ce que tu traînes pour avoir cette allure ?
Les gestes de l’autre épié du coin de l’œil. Les gestes de sa main suivis religieusement. De la pilosité à la clope qui s’encastre dans sa bouche. Le regard qui reste sans doute trop longtemps planté sur la cancerette. Sur la façon dont les lèvres l’entourent. Le coup dans l’abdomen aux souvenirs qui affluent dans à la seconde même. Les cendres qui s’en découlent comme toi dans ce foutu pub. Puis la fuite de l’onyx pour mieux retrouver la brique sans âme.
Ses pas à reculons pour à nouveau te détruire. L’impression de sentir ton cœur s’écarter de ta poitrine en même temps que lui. Stop, Ronan. Arrête. Reste s’il te plait. Me laisse pas, putain. Et ses mots pour apporter la dernière claque. Chant glacial pour venir s’écraser contre ta carcasse. Les prunelles qui s’harmonisent avec la même froideur. T’as même pas réalisé que t’avais encore tourné la tête, Lorenzo. Que tes prunelles s’étaient plantées sur les charnues emprisonnant la clope. L’intérieur des joues rongé. Dire que t’es mal à l’aise, c’est qu’un putain d’euphémisme. Puis le rire qui résonne. La moquerie dégueulée à ses mots. En écho contre le sien. Concours du plus beau mensonge. On va jouer à ça encore longtemps ? Combien de temps est-ce qu’on va perdre avec nos conneries ? Combien de mots exemptés de vérité est-ce qu’on va réussir à sortir avant de sombrer ? Parce que je sais pas combien de temps je vais tenir. Je suis pas fait pour ça, putain. J’ai jamais eu à faire ça. J’ai jamais eu à courir après quelqu’un. J’ai jamais ressenti le besoin de courir après quelqu’un.
L’onyx qui tombe. Qui suit le cadavre de la cancerette contre tes baskets. La semelle pour venir écraser les dernières braises dévorant le tabac. Étendre les dernières traces de l’incandescence. Puis le corps qui recule à l’approche de l’autre. Le tissu du sweat-shirt qui frotte contre le mur dégueulassé par le temps et la météo. Deux, trois pas en arrière pour essayer de garder cette distance que tu maudissais y’a encore une poignée de secondes. Les gestes du Costigan qui s’imposent dans l’espace personnel. Dans l’espace vital. Ses mains suspendues que tu dégages d’un revers de la dominante. Le loup pour claquer contre ses paumes. Le contact furtif qui trouve quand même le temps pour venir te brûler le derme. Le contact plus long que tu réprimes quand tes bras se croisent sur ton thorax. Ne cèdes pas, Lorenzo. Ne le touches pas. Ne le regardes pas. Bordel, tu ne devrais même pas lui répondre. Tu ne devrais même pas être là. « Quit the act, Ronan. » La tête balancée de gauche à droite. Sourire désabusé pour venir étirer tes lippes. L’assurance brouillonne. L’armure trop faible pour faire face aux assauts de son regard. Et pourtant, t’essayes encore. Te bats comme un beau diable pour garder la face devant le Malin. « You did not send a single text either. It’s not only me, you know ? We’re two people in this situation. » L’attitude qui revient caresser la prestance. Le mur quitté pour mieux le dominer du regard. Iris baissés vers les siens dans cette tentative de le réduire. Rictus de connard. « So don’t fucking play the victim, when it’s you who cheated on your wife. » La carrure détaillée. Observée sous les moindres coutures. De haut en bas. De bas en haut.
L’ourlet au coin des lèvres. La raillerie ancrée sur le visage. Les mains qui retrouvent les poches du sweat-shirt. Le regard qui retrouve le sien. « Ricchione. » Lettres crachées à son attention. Lettres pour érafler ton cœur au même instant. Lettres pour essayer de renflouer l’audace. La salive balancée à ses pieds dans une dernière insulte. Puis les pas qui résonnent contre l’asphalte. Les semelles des baskets contre le bitume. Le coup du biceps contre l’épaule de l’autre. Allez, casse-toi Lorenzo. Tu sais que c’est la seule solution. Tu sais que c’est la seule issue à toute cette histoire maudite. Tu sais que c’est le bon choix.
Alors pourquoi t’as l’impression de crever, pourtant ?

Inspiration rapide. Base des sanglots que tu ravales. Grincement des dents pour mieux contrôler les muscles du visage. L’envie de partir en courant. L’envie de rester là et de faire naufrage contre lui.
L’allure lente. Les pas qui traînent et qui sonnent comme un message à l’attention de l’autre. Mais putain, qu’est-ce que tu peux être con. Pire qu’une girouette. Exemple parfait de la stupidité sur cette foutue planète.
Un pas. Un deuxième. Pour t’éloigner. Tes yeux que tu plantes sur la lumière du restaurant. Violence faite pour ne pas laisser ta gueule se retourner sur la sienne.

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maybe you're the sun, and i'm the moon. and we were never meant to collide, but wouldn't it be spectacular if we did ?
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Ronan Costigan

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MessageSujet: Re: will the sun ever rise (ronenzo)   will the sun ever rise (ronenzo) EmptyVen 8 Fév 2019 - 17:37

Les souvenirs qui rouillent sous le derme. Accroche de fortune comme sa gueule placardée aux quatre coins de la caboche. Paupières scellées pour abandonner la déroute. Paupières rouvertes d’une claque en pleine tronche. Le corps torturé qui balance de droite à gauche. Gueule de bois sans alcool pour éponger les veines. Les pulpes vrillant sur le tactile. Les lettres s’accumulant sous l’hospice du mal. Les lettres formant les fautes corrosives. L’esprit embrumé par l’impulsion. L’esprit embrumé par le désir bon qu’à déchirer l’abdomen. La raison dilatée par les dommages collatéraux. La paume pour frapper une place vide. La paume pour balancer le téléphone. Le crâne butant contre la faïence. L’eau brûlante pour désinfecter l’erreur. L’eau brûlante pour se calquer sur chaque trace du passage divin. Des reins capables de se creuser sous l’ode de ses baisers. Le creux de ses jambes prêt à réclamer l’absolution une dernière fois. Les poings serrés pour s’empêcher de cogner. Les cris refoulés le long de la trachée. Le palais portant encore son empreinte, son goût. La langue qui n’a qu’à ricocher contre pour sentir les sursauts des veines. Le contour bleuté et rougie avalé de tout le désir éprouvé. La chaleur qui se dégage. Celle qui condamne l’échine. Celle qui condamne les sens.
L’empire construit de cette vipère qui rôde. La carcasse affalée contre la transparence. Le souffle court, rauque. L’écho de sa respiration saccadée pour plonger en enfer. Chemin des abysses parcouru de sa trique. Chemin des abysses raclé des coups de bassin. Ondulations pour pervertir les saints. Ondulations pour achever le tout puissant. Le mal gravé sous l’éclat des corps. Ils claquent. Ils se réclament. Ils se glorifient. Chaque détail revenant frapper sa gueule. Pire que les revers du droit. Pire qu’un uppercut. Pire que les crochets du gauche. Pire que le sang qui se crache dans l’asphalte. Pire que la mâchoire qui se démonte à la recherche d’une impression de vie. Pire que les côtes qui se brisent sous le poids des coups de pieds. Pire que la gueule qui se cabosse à terre. Et les derniers sursauts. Les derniers appels à l’aide. Un prénom soupiré. Le silence comme réponse.
Les larmes pour se mélanger aux traînées de calcaire. Les mains sur la tronche pour se perdre contre la barbe. La gorge contractée de l’amertume. Des supplications anonyme d’un monde qui ne tourne plus rond. Des éclats de voix à l’arrachée. Les poings qui cognent la faïence. Le corps qui s’écroule. J’savais que ça ferait mal. J’savais que j’y survivrai pas. J’savais que tu allais te barrer. J’en avais la certitude alors que tes lèvres rongeaient les miennes. Mais ça m’empêche pas de crever. Ça m’empêche pas de m’écrouler. Mon monde est fusillé par ton indifférence. Mon myocarde est écorché par tes silences. Des heures à espérer. Des heures à retenir son téléphone au creux de la paume. Allongé sur son pieu. Allongé au milieu des promesses évanouies sous les décombres. Allongé sur le canapé, la tête vissée vers le néant. En errant dans les bas-fonds de son pub avec les souvenirs racoleurs. Dans les rues de Brighton où chaque silhouette lui rappelait la sienne. La main prête à s’arracher contre une épaule avec l’idée stupide de le retrouver. Plus de splendide pour orner le décor. Rien que la colère. Rien que l’incompréhension. Le dégoût ayant trop raclé le palais. Le dégoût ayant achevé les derniers sursauts de certitudes. Des messages commencés puis effacés. Des messages abandonnés avant l’heure. Are you okay ? Guess you probably hate me. I can’t stop thinking of you. Right, you won, I left. Lorenzo, please ? Are you alive ? I’m stupid. La même dynamique des phalanges pour interrompre le geste. La même dynamique pour pas s’écraser à terre. Chute pourtant consumée depuis longtemps.
Retour de manivelle en pleine gueule. Quand la sienne foudroie le paysage. Les silences de la nuit bercés par la respiration saccadée. Poitrine tranchée d’une lame rien qu’en rencontrant les cendres. Les bras tendus comme dernier adieu. L’énième rejet. Mouvement brutal. Autant que les conséquences. La brûlure sur l’échine au contact à peine prononcé. La plongée aux enfers. Les souvenirs calqués sur les traits brisés. De ce baiser à ces corps qui frappent le verre. Des genoux qui claquent le sol aux bassins qui s’enchaînent. Des gémissements aux respirations hachées. Des rires aux sourires. Du rêve à la brutale réalité. Les lippes tremblantes. L’ourlet couvert d’infortune alors qu’il recule, Ronan. La caboche redressée vers les cieux durant quelques secondes. C’est ça ta manière de me punir, seigneur ? Me foutre la tentation sous le regard et m’empêcher de le toucher ? Me remettre sur son chemin pour que mon coeur explose ? Me donner l’impression d’être minable sous les dédales de sa force ? J’dois vivre sans lui déjà. J’ai payé le prix fort. La main contre la courbure de sa nuque. Les os qui craquent. L’écho des coups sur le ring pour oublier. L’écho des coups pour ôter les pigmentations caramélisées. En vain. Rien ne fonctionne. Rien ne tourne rond. Le rire sur les lippes en l’entendant causer. La vérité crachée de sa bouche. Les mots percutants. Les mots débordant sur le myocarde. Le mari volage. Le mari pour souiller la maudite. Le mari pour entacher les promesses. Les regrets trop présents. La culpabilité pesante de tout son poids. Le ricanement de l’irlandais. Rire chagrin. Rire nerveux. L’ourlet pincé, prêt à cracher les derniers sursauts de haine.
Une seconde pour capter l’asphalte.
Une seconde pour vomir la surprise.
Une seconde pour que les chaires s’écartent et saignent.
L’hémorragie provoquée. L’hémorragie subie.
L’insulte balancée avec un dédain de prince. Les lettres qui roulent sous les vocalises italiennes. L’accent qui ne fait plus frémir. L’accent qui ne fait plus gémir. L’accent qui ordonne le coup fatal. La poitrine prise d’assaut par une douleur trop souvent vécue. L’écho au passé. L’écho au mal. Les crachats prêts de ses pompes pour enfoncer le poignard jusqu’à la moelle. Pauvre clébard devant son bourreau. Pauvre clébard tenu à la laisse par les insultes. Pauvre clébard qui rêve de se faire abattre pour plus souffrir. La silhouette léthargique. Les muscles paralysés. Les yeux brillants. Les sanglots ravalés. La brûlure sur la trachée. Le revers des perles salines. Le revers de la maladie qui ronge. Tu as pas dis ça, Lorenzo. Tu as pas été foutu de me foudroyer de tes mots. Tu as pas été foutu de m’assassiner là sous l’éclat de ta salive et de tes insultes. Alors j’avais raison. Tu me détestes. Tu me vomis. T’en as rien à foutre. J’étais qu’une passade. Une crise existentielle pour mieux t’écarter du droit chemin. Et maintenant, tu me souilles, tu me tues, tu me brises. La carcasse secouée par la sienne. Le départ. L’abandon.
Le disque rayé des souvenirs. La cohue d’une rue sombre. Le père marchant à la tête du cortège funeste. Les loups autour comme bêtes asservies et obéissantes. Parade macabre pour lui conférer les droits divins. Les éclats de rire devenant le chant du diable. L’ombre pour masquer ces deux hommes. Les lèvres captives. Les corps étreints. Amour dévorant. Amour qui dérange. Le patriarche prêt à vomir son dégoût. Le regard tourné vers les esclaves. Ronan au beau milieu de la bataille. Silencieux. En retrait. Tremblant. Effet collatéral sur l’échine. Propre désir interdit trop souvent refoulé. Pour pas effacer le passage entre les cuisses de ces gonzesses. Pour pas entacher le blase calqué sur les échines du bout de la vipère. Pour pas ruiner le désir vissé pour ces culs bien galbés. Pour ces poupées souillées d’la trique qui s’impose. Pour pas faillir devant le tout puissant. Pour honorer les clichés dégoulinants.
Regardez-les putain, c’est pas écoeurant ? On a pas besoin de pédales dans le décor. On a pas besoin de tarlouzes pour faire tâches. Vous êtes une erreur de la nature. Bande de pédés, vous devriez même pas respirer. Ricchione ! C’est plus compréhensible pour vous ? Des italiens qui se bouffent la bite, quelle ironie. vous nous filez la gerbe. Vous croyez que le seigneur bénirait vos triques ? Les mains pour bousculer les malheureux. Les crachats à même l’échine de leur gueule. Les monstres dansant autour des victimes. Celles qui tombent sous les coups. Celles qui tombent sur les bleus à l’âme. Celles qui trébuchent contre la haine gratuite. Celles qui chutent pour ne pas se relever. Les vautours qui ricanent. Les vautours qui frappent. Les vautours qui crachent. Les vautours qui bandent de la violence. Parce que c’est ça être un homme. C’est frappé. C’est malmené. C’est assassiné. Le blase forgé sur l’ascension d’la violence. Ronan fustigé par le regard du père. Hochement de la tête pour imposer l’ordre. La violence des iris pour communier. Pas besoin de mots. Pas besoin d’une énième claque dans la tronche. La rage des silences suffit. L’obligation de rire. L’obligation de frapper. L’obligation de communier avec le sang qui coule. L’obligation de camoufler les faiblesses au creux de l’abdomen. Ricchione. Pour toutes ces fois où il a essayé de causer, Ronan. Tête à tête engagé avec le paternel pour oser. Et si j’étais l’un d’entre eux ? Question avortée à chaque éclat de rire. À chaque controverse de la différence qui dérange. A chaque regard honteux face aux genres qui s’égalent. Les mains pour claquer contre sa gueule au moindre sursaut d’innocence. Les poings dans le ventre pour effacer la culpabilité. Sois un homme mon fils. Tu es né Costigan. Tu mourras Costigan. Sous notre blase, y a pas de place pour l’approximation. Sous notre blase, y a que l’honneur pour se déverser. Tu es né tel un monstre. Tu mourras tel un monstre.
Il avait raison.
Le monstre dépeint d’une insulte de l’autre. Les larmes masquées comme à l’époque. Les seules qui coulaient à l’abri des regards, à l’abri de bourreau. Tu vas pas chialer comme toutes ces tapettes ? Une gifle dans la trogne. Une gifle contre le thorax déformé par la respiration haletante. La carcasse qui se retourne. Le dos de l’italien dans le décor. La gueule du père sous chaque synapse. L’éclat de sa mélodie sardonique pour entacher la raison. Ce qu’il a pu le détester. Ce qu’il a pu se détester. Soldat obéissant pour l’honneur. Soldat crevant dans les tranchées pour une once de fierté. La salive expulsée contre la vitre du parloir. A toi, papa. À moi. À notre amour corrosif. À ta haine. À ton intolérance. Aux monstres que tu as crée. À la reine que tu as brisé. À tout ce que j’ai jamais osé te dire. À tout ce que j’ai jamais osé assumer. À nous. À jamais. Ricchione ? I honestly thought you were more original than that. Les premiers mots pour briser l’agonie. La voix tremblante. La voix pour combattre les démons. Les mains vissées dans les poches de son veston. Les phalanges étouffées par les contractions. Circulation sanguine condamnée à mort. Comme lui. Silhouette sur le ponton d’exécution. Les dernières balles pour le flinguer. L’arme au poing pour le voir crever. Soldat vaincu. Soldat à terre. Soldat bousillé par l’indifférence et la haine. Les lettres qui ricochent encore dans le crâne. Méninges étouffées par la putride intention. La nausée au bord du palpitant. La gerbe pour raturer l’asphalte. Un pas vers Lorenzo. La silhouette prête à déguerpir dans la nuit. Énième fuite. Énième manque de courage. — You begged me to suck my cock. You moved like a whore against it and you asked for more again. You came in my mouth et you were shaking like a scared dog. Who's the real ricchione ? Le rire de Ronan. L’éclat qui capitule sous les vocalises. Le tremblement de la trachée sous l’écarlate vérité. La haine qui se dessine. La haine qui se calque. La haine qui profite des fêlures pour s’immiscer. Poison sous le derme. Poison galbant les veines. Celles qui battent comme un allegro.  
La respiration presto comme les émotions. Celles qui fulminent et tournoient. Carrousel incapable de s’arrêter. Les tempes douloureuses. Les mains posées contre son crâne pour se sauver. Me sauver de toi. Me sauver de nous. Me sauver du mal que tu imposes. Me sauver de la haine que tu craches. J’suis désolé d’être entré dans ta vie. J’suis désolé de t’avoir répugné à ce point. J’suis désolé d’exister. Toi aussi tu voudrais me voir mort. Comme mon père s’il savait que j’ai rongé ta trique dans l’espoir de te ronger toi. La pulsion de trop. La rage comme guide. Déesse vissée sur sa gueule et ses mains qui tremblent. Les pas pour le séparer de Lorenzo. Les paumes qui frappent le dos pour le bousculer. Le gamin qui manque de trébucher. Les paumes pour le secouer et forcer le regard. La salive au bord des lèvres. Les trémulations alors que le contact glace son sang. Désir instable mélangé au goût du sang, au goût de la gerbe. Le dégradé où les vagues subissent le courroux de Poséidon. L’espoir devenant les filets des sirènes en exil. Plus rien d’autre ne brille mise à part la haine. Instabilité de la carcasse qui se rapproche, qui contre une fuite de plus au compteur. Pédale sur l’accélérateur pour foncer droit dans le mur. — Look at me when I’m talking. Le cri dans la nuit. La voix haussée. L’ordre assumé de ses lèvres charnues. La vipère pour tracer le contour. La vipère pour offrir une soif de vie sous l’anesthésie provoquée par les lettres. Assume d’être un putain d’homophobe. Regarde-moi dans les yeux et réjouis toi du spectacle. Regarde-moi dans les yeux et crache sur ce qu’on a vécu cette nuit là. Regarde-moi une dernière fois avant de voir mon corps brûler en enfer. Distance rompue. Les respirations prêtes à s’égaler, se capter. Les respirations prêtes à s’amouracher comme la communion parfaite à l’abri des regards. Rue déserte. Rue abandonnée de vie. Comme sa carcasse qui ne bat que la mesure enragée. — It’s probably easier to blame me and spit on the ground instead of accepting the fucking truth. Le sourire sur les lèvres. La paume qui s’abat sur son visage. Geste où la violence devient une douceur déconcertante. Simple contact pour féliciter la bête. Simple contact pour le féliciter le monstre. Bravo pour tes mots. Bravo d’avoir été un homme. Bravo d’avoir cru avoir des couilles. Bravo pour m’avoir démoli. Il ricane de plus belle. La mélodie qui crève dans un sanglot refoulé. La gorge incapable de poursuivre. La main pétrifiée de cette approche. Une seconde, peut-être deux. Et tous les souvenirs qui reviennent le faucher. Des premiers regards aux premiers mots. Des provocations à la paix amorcée sous la gloire des sourires. Du carillon de la porte à la requête. Des verres brisés au sol aux corps qui tremblent. De la chaleur à toute la froideur qu’il dépeint sur l’ivoire.
Il recule. Il titube. Il manque de s’écrouler. — I cheated on my wife with you. You’re right. And I’m the worst idiot ever. She’s a queen. You’re only a slut. Une pensée pour Ava. Une pensée pour l’impératrice captive des non-dits. Bourreau avec sa belle gueule pour capturer les dernières promesses. Les regrets encore plus exacerbés ce soir. La nuit pour rappeler le mal qui rode. L’anormalité qui ronge. Tout ça pour ça, putain. J’étais prêt à me battre. Je l’aurais fais si tu l’avais voulu. J’me serais plié en quatre pour toi. J’aurais combattu toutes les épreuves rien que pour m’accaparer ton sourire. Rien que pour m’imprégner de ta présence. Mais plus rien. Le néant. Les émotions arrachées en plein vol.
Les deux mains liées dans sa nuque. Remontée ardente contre les mèches ébènes. Pression contre pour retenir les derniers cris, les dernières larmes. Caboche secouée pour éradiquer les sentiments. Absolution guidée par la haine. Derniers sacrements raclés par l’incompréhension. — You don't deserve better than dick strokes and contempt. Le couperet. Le poignard. La déflagration contre le myocarde. Vérité cruelle dépeinte dans le dégradé. Les yeux qui brillent. Les yeux engorgés. Il mérite pas tes larmes. Il mérite pas ta peine. Il mérite pas tes envies macabres. Il mérite pas ta respiration à peine existante. Il mérite plus rien de toi, ouvre les yeux putain. Les mains qui retombent.
L’histoire qui signe le chapitre final. Dernière considération faite de tristesse. Dernière considération faite de haine. La carcasse qui se recule, qui se traîne dans une ruelle noircie par la nuit. Pas un bruit. Pas un passage. Juste ses deux phalanges qui s’enfoncent au creux de sa bouche. Le dos vouté. La bile qui déborde enfin pour vomir son dégoût. Les Échos de l’effort pout peindre l’instant. Putride remontée acide le long de la trachée alors qu’il crache des années d’une haine banalisée. Des années de doute. Des années d’une vue brouillée par la normalité. Des secondes d’irréel face au Malin. Des minutes d’apogée contre son coeur. Les derniers souvenirs. La rancoeur ravalée.
Le corps qui s’écrase contre le mur et se laisse glisser. L’anneau d’acier contourné. L’anneau d’acier défié.
J’suis mort avec Ean. J’suis mort avec Rafferty.
J’suis mort avec ceux tombés pour l’égal des genres.
J’suis mort avec ceux fustigés pour des baisers qui dérangent.
J’suis mort avec ceux blâmés sous l’amour controverse.
J’suis mort avec ta haine. J’suis mort avec ton indifférence.

J’suis mort. Et ça ne suffit même pas à t’effacer.

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je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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Lorenzo Farnese

Lorenzo Farnese
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MessageSujet: Re: will the sun ever rise (ronenzo)   will the sun ever rise (ronenzo) EmptySam 9 Fév 2019 - 7:24

T’as tenté de fuir une première fois. La carcasse qui s’est traînée jusqu’à la capitale. Cette foutue ville en bord de mer que t’as voulu oublier en même temps que lui. Les souvenirs enterrés, enfermés dans un recoin du crâne. Sa gueule que t’as voulu noyer au milieu de toutes les autres. Toutes ces sirènes souillées par un moment unique. T’as voulu le mettre au même rang. Le reléguer entre les autres. À la différence seule de son passage répété contre ta chair. La silhouette échouée sur le canapé de l’ami blessé. Les lèvres closent pour éviter de parler. Pour éviter à la langue de se délier trop facilement en sa présence. Minimum syndical dans les paroles. La gueule fermée, pour une fois. Un week-end plus pour écouter que pour jacter. Et il aurait pu dire n’importe quoi, Héctor. T’aurais écouté en silence. T’aurais bu ses paroles, pour peu que cela apaise ta gorge asséchée par l’absence. Des nouvelles du club chéri aux histoires du séjour entre les murs froids de l’hôpital. Le rire pour écarter les lippes quand le hasard est venu frapper. On était pratiquement en même temps à l’hôpital. Et putain, tu vas pas me croire Renzo mais, j’aurais préféré être dans ta situation au gala plutôt que de passer le reste de la saison avec la jambe dans le sac. Toi, t’as hoché la tête. T’as rigolé avec lui. Le passage aux urgences mentionné rapidement. Un récit dans une version abrégée. La mention de l’autre sur le bout du vermillon. La mention de l’autre ravalée comme les réminiscences de cette nuit dans le pub. La main passée sur la gueule plutôt que de la laisser s’ouvrir. Et il l’a sans doute remarqué, l’espagnol. L’attitude relevée, sans rien dire. Pourtant, t’aurais pu lui avouer, à Héctor. Lui dégueuler la vérité qui sommeille depuis des jours. Il n’aurait pas jugé, lui. Pas comme toi. Pas comme le Seigneur. Pas comme ta famille. Pas comme tes idéaux. Bordel Lorenzo, tu le sais pertinemment qu’il aurait écouté sans rien dire. Qu’aucune moquerie n’aurait passé ses lèvres. Avocat des différences dans un milieu sportif qui les piétine. Tes remerciements lancés dans un regard, au moment de partir. Avant que tu ne détournes les talons pour retourner crever dans les rues de Brighton. Risquer de croiser sa gueule au hasard du dédale des pavés. Manquer de se pointer devant ce putain de bar pour mieux te laisser glisser contre sa carrure.
Les pensées qui ont annihilé le crâne durant tout le voyage du retour. La moto qui slalomait entre les bagnoles, et le crâne devenu champ de bataille. La vitesse de la bécane pour essayer d’éteindre les pensées. Le bruit du moteur pour essayer de faire taire les voix dans l’esprit. Tu devrais te planter, Lorenzo. Laisser le goudron ronger ta chair. Laisser l’asphalte brûler ta carcasse pour mieux la préparer au brasier infernal. Parce que c’est là que tu vas finir, de toute manière. Tu le sais très bien. Le Seigneur le sait. Le Malin le sait. Y’a déjà ta place qui t’ai réservée en Enfer. Y’a plus que ton trépas qui se dresse entre elle et toi. Les klaxons des voitures pour te raccrocher à la réalité, à chaque fois que la moto penchait à un peu trop. Les virages trop serrés. Les lignes droites trop rapides. N’importe quoi pour sentir le sang bouillir dans les veines. N’importe quoi pour sentir l’adrénaline battre sous les veines. N’importe quoi pour retrouver la sensation.
La sienne.
Les pieds qui raclent le sol. Les mains enfoncées dans les poches du jogging. L’onyx planté vers le sol. La lumière du restaurant trop vivace pour tes pupilles alourdies par la honte. Ces putains de syllabes que t’as regretté à l’instant même où elles se sont échappées. Ces putains de syllabes que t’as pourtant accentuées de ton crachat sur le sol. Contradiction parfaite installée dans le crâne. Dualité qui fait vriller la conscience. La raison et l’éducation qui te somment de te tirer le plus vite possible, de dégueuler encore plus la haine, s’il le faut. De détruire les cellules souche d’un attachement naissant pour l’irlandais. Le cancer que sont les idéaux putrides inculqués par une famille à l’esprit trop étriqué. Le cœur et l’instinct qui te supplient de faire demi-tour. De te confondre en excuses face à lui. D’implorer son pardon pour le mot et le geste maudits. La bouffée vitale d’oxygène que tu te refuses alors que tu suffoques.
Le pas ralenti quand la voix claque dans l’air. Vitesse moindre. Pars pas trop vite, Lorenzo. Vas-y, écoute ses conneries. Écoutes les absurdités qu’il va bien réussir à sortir pour te remettre le blâme sur la gueule. Les sifflements qui ne résonnent que trop dans ton crâne. Mâchoire serrée. L’envie de les faire taire alors que la mélodie du Costigan s’immisce jusqu’aux oreilles. Les mots qui déchirent l’échine comme des lames de rasoir. Les mots chargés de vérité qui viennent s’écraser contre ton dos. Le ton chevrotant de l’autre pareil à un coup de poignard. Ta faute. Tes dégâts. Le mal que tu sèmes partout où tu passes. Rejeton du Malin sur cette planète. Tes actions pour faire rougir l’Antéchrist lui-même. Est-ce que tu marches encore, Lorenzo ? T’en sais rien. T’es plus là. L’esprit balancé ailleurs. Le crâne qui s’écrase sous la migraine naissante. Sous le poids des regrets. De l’insulte prononcée. Du dédain de la salive. De ce message envoyé pour l’attirer dehors. De ta venue même dans son pub ce premier soir. J’aurais dû te laisser tranquille, Ronan. J’aurais jamais dû débouler dans ta vie pour la foutre en l’air. Tu mérites pas ça, putain. Tu mérites pas que je détruise tout sur mon passage. Tu mérites pas que ma gueule se plante dans ton champ de vision. Tu mérites pas mes mots acerbes. Mais moi, je mérite ta rage qui sommeille.
Démarche lente mise à mal. Les paumes contre le dos. Violence du contact pour contrer avec la douceur des gestes enterrés au fond du myocarde. Silhouette dominée sous l’impulsion de l’irlandais. Pantin entre les mains de l’autre. Naufrage de l’onyx dans l’embrun sous ses ordres. Et la claque dans la gueule. La proximité qui fait cogner les souvenirs. De ta carcasse épousant sa carrure sur la table au milieu du pub. Le bois comme soutien de faible qualité face à ses bras autour de tes hanches. Le chauffage de la salle inutile tellement que les corps suintaient sous l’effort lascif. Les sons de l’ivresse pour seule musique d’ambiance. Les rictus et les rires devenus empereurs. Ça te paraît tellement loin. Tellement proche. T'as les lippes tremblantes. Tu voudrais parler, Lorenzo. Cracher toi aussi, dégueuler des mots pour regagner de la prestance. Mais c’est qu’un souffle faible qui s’échappe de ta bouche. La sienne qui attire le regard. Le vermillon dansant contre ses lèvres que t’as dévoré. Qui t’appellent encore, malgré la rage infernale qui ronge ton crâne. Sérieusement ? T’es encore comme un clébard devant lui ? T’es tellement faible, cazzo. Qu’un gosse qui veut jouer dans la cour des grands. Qu’un gosse qui provoque le Divin en testant ses limites. Un gamin qui ne sait pas ce qu’il fait. Un gamin au désir anormal. Et putain, il est tellement proche de toi. Quelques centimètres à peine pour que tout s’écroule. Pour que tes lèvres se percutent contre les siennes. Pour que tu abandonnes la bataille une fois de plus. Le désir qui s’éveille au creux des reins malgré l’Apocalypse dessiné dans la pénombre. La retenue, pourtant. Mâchoire contractée sous l’effort pour garder la gueule en place. Les prunelles qui remontent. Qui retrouvent le dégradé. Les palabres acérés de l’autre. T’es le moins fort des deux à ce jeu. Compétiteur lâché sur un terrain inconnu. Son rictus comme dernier acte de la torture.
La peur au contact qui s’approche. La paume qui claque plus les sentiments que la gueule. La chaleur de la main pour réanimer le reste. La raison du ploiement devant lui. Je t’ai tellement voulu, Ronan. Ça m’a aveuglé de tout le reste. Y’avait plus que toi dans la pièce. Y’avait plus que ta carrure pour me suffire dans ton pub pourtant rempli. Seulement toi pour faire battre le sang dans les veines. Seulement toi pour animer le feu sacré. Les poings serrés dans les poches. Muscles des bras tendus pour éviter que la dominante ne cède. Ne vienne s’accrocher à son poignet pour mieux caresser sa peau. Douleur sauvage dans les nerfs. Le réflexe réprimé. Le réflexe mourant quand c’est lui qui recule. Le cœur en berne en voyant l’écart se creuser. L’envie de faire un pas en avant pour chaque pas qu’il fait en arrière. Ses mots pour faire sonner le tocsin avant sa fuite. Sa silhouette dont tu t’abreuves une dernière fois. Sa splendeur inégalée dans ton crâne. Sa carrure mise en avant par la position de détresse. Coup fatal aux syllabes qui meurent sur ses lèvres. Dernière confiance dans les muscles de tes jambes pour ne pas sombrer sur le sol quand il tourne les talons. Jugement Dernier qui vient de sonner dans une rue où t’es devenu la seule âme.
T’es tellement idiot, Lorenzo. Les regrets qui forment une boule dans la gorge. Les regrets de l’acidité. Les regrets des mots venus le faucher. De la salive balancée à ses pieds alors que tu devrais t’y prosterner. Le froid qui claque contre ta gueule. La capuche qui ne protège pas de la brise marine. Le bas des paumes pour venir effacer les perles salines. T’as même pas réalisé que tu pleurais. T’as même pas capté que les sanglots dévalaient sur tes joues. Contre sa main. C’est ça, chiale. Enterre-toi toujours plus dans ton rôle de pédale. Chiale comme une gonzesse. Parce que c’est ce que t’es, n’est-ce pas ? Les gonzesses, ça aime se faire défoncer à coup de bite. Ça en redemande pareil à des putes, comme toi au milieu des bouteilles. Comme toi contre le comptoir. Comme toi sur la table à racoler sa trique. Tu ravales tout, Lorenzo. Secoue la tête. Les idées à remettre en place. Puis les talons qui se tournent. La vision du restaurant pour remplacer son fantôme. La main qui s’abat sur la poignée. Les prunelles qui retrouvent la tablée à travers la vitre. Les prunelles qui croisent celle de la brune incendiaire. Décharge sous l’échine causée par la violence de ses minauderies. Les lèvres voûtées pour mieux te provoquer. Le regard brûlant pour mieux t’aguicher. Une de plus que tu pourrais sauter sans avoir à demander.
Mais c’est pas ce que tu veux, Lorenzo.
La marche arrière. La fuite pour suivre la sienne
Les ruelles arpentées pour retrouver la silhouette au milieu de la nuit. Grésillement des lampadaires pour seule lumière. Le sombre qui vrille contre les briques. Les prières silencieuses au bout des lippes. T’es barré où, putain ? Pars pas sans moi. Pars pas sans m’accorder un dernier regard. J’ai besoin que tu me donnes l’absolution. J’ai besoin de sentir ta présence. J’ai besoin d’observer tes gestes. J’ai besoin de toi. Ta carcasse qui erre au hasard des pavés. Recherche du bien pour contrer le mal.
Battement manqué quand la vision se fait adouber. Le pas sans doute trop précipité vers lui. Un souffle lâché. Ton corps qui tombe à côté du sien, sans un mot. Les jambes en tailleur, le genou à quelques centimètres de sa cuisse. Distance minimum. Distance assassine. Le raclement de la gorge. Tes doigts liés entre eux dans le creux créé par la position de tes cuisses. «You’re right. » L’aveu lâché dans un souffle. L’aveu pour déchirer le silence nocturne. Ruelle trop à l’écart pour entendre l’agitation de la ville. « You’re right and I don’t want to lie to you. » L’arrière du crâne qui s’appuie contre la brique, la capuche comme dernière couche de protection contre le froid et la crasse. « I did beg you. I did all those things. I did wanted you. I’m not gonna pretend it didn’t happen like the first time. » Souvenirs des premiers messages échangés. Des non-dits sur les sms. Des mensonges éhontés sur le tactile. De cette putain de mauvaise foi dont t’as fait preuve sans honte. « We had sex. I wanted you. I could have begged you for hours if it meant we would shag. And it burned me, Ronan. Not in the right way. » Parce que ça aurait dû être les flammes de l’Enfer. Pas les rayons trop lumineux du Paradis. Contre toi, j’ai goûté à l’Eden. Contre toi, j’ai oublié tous les passages malsains du livre. L’expiration lente. Opposition de la chaleur du corps et de la météo dans une buée blanchâtre. Haussement des épaules. Les prunelles plantées sur le mur d’en face plutôt que de l’affronter lui. « I mean, I’m not supposed to be like that. I was not supposed to feel that way. Not towards you. Not towards a guy. » Le rire bordant les lèvres. La faible qui vient se frotter contre l’inférieure. La gêne devenue reine dans la voix. « It’s not right. Not normal. And now, I’m gonna end up in Hell because I desire you. » Parce que que je te veux toujours, Ronan. Malgré ce silence de plomb. Malgré cette absence beaucoup trop longue. Malgré les mots qui ont dépassé ma pensée. Je te veux toujours et ça me brise autant que ça me dévore. T’as pas idée de la torture que c’est, de te sentir si près sans pouvoir te toucher. De te sentir si loin, et de ne pas avoir le courage de t’appeler.
Le regard qui se tourne. Qui ose l’affronter, cette fois. Le sombre pour détailler ses traits. Le palpitant qui se serrent quand les bleus reviennent dans le champ de vision. Les craintes que tu ravales en même temps que ta salive. « I’m fucking lost right now and I hate how I feel. I hate all of this. I hate myself. I hate what I’m becoming. » T’as la voix qui tremble, Lorenzo. Le mal-être que tu ne cherches même pas à dissimuler. Il en a déjà trop vu de toi pour jouer les pudiques. « And I’m sorry. For everything. Insulting you when I’m the one to blame. Not texting you. » Le bijou qui attire le regard. La promesse à une autre. Les sacrements que t’as piétiné sans la moindre honte. La femme que t’as déshonoré par tes gémissements contre la carrure de son époux. « For putting your marriage at risk for a few dick thrusts. » L’euphémisme pour tenter d’apporter l’accalmie au milieu de la tempête. La vérité édulcorée pour ne pas remuer le couteau dans la plaie sanglante. Non solo stasera, Ronan. C’était pas quelques coups de triques pour essayer. C’était pas une fois pour calmer la tension. C’était pas une erreur, que je commence enfin à réaliser. Que je comprends seulement quand je te vois partir. Un nouveau rire. Le malaise palpable dans tes palabres. « Because that what I thought it was. For me. For you, mostly. » L’amant à usage unique. Un jouet jetable, juste le temps d’un plaisir exacerbé. Le corps qui ne sert qu’à ça quand il n’est pas sur les terrains. Revers de la célébrité. Revers d’une belle gueule et d’une silhouette parfaitement ancrée dans les normes de beauté. « I thought you were not any different from the others, like a stupid cunt. That you were interested in a quick hook-up and nothing else. It's always like that. That's what I'm used to. »
Les jambes se tendent vers l’avant. Longueurs filiformes contre les pavés humidifiés par les journées de pluie. Énième raclement de la gorge. Les yeux quittent ses pulpes. Quittent l’alliance qu’elles étreignent. Arrachement du cœur trop infernal face à l’anneau. Regard bloqué sur le pied du seul lampadaire à plusieurs mètres à la ronde. Simple filet de lumière filtrant sur vos traits. « Anyway, I speak way too much. I should not bother you any longer with that and my stupidity. » Nouveau soupir. La tête prise entre tes mains. L’expiration longue, comme pour tenter de cracher tous les démons qui ont élu domicile dans ta carcasse. Et Dieu sait qu’ils sont nombreux. Les phalanges liées à l’arrière du crâne, sous le tissu. « Sono davvero fesso. » Le murmure. La langue natale pour mieux s’y raccrocher. L’italien comme un bouclier. Comme une armure de fortune. Le reniflement pour retenir les larmes. Tu vas pas chialer, pas encore.
La capuche retirée. La dominante qui s’infiltre dans les boucles naissantes. J’ai voulu te couper comme je les ai coupées elles. J’ai cru comme un con que ça allait marcher. Se couper les cheveux pour oublier, ça marche que dans les films. Et notre histoire, elle est trop éclatée pour en faire un scénario. C’est qu’une réalité déchirante. Pas de répétitions ici. Que des erreurs qui s’additionnent alors que je cherche à jouer les héros. Personne pour écrire mes répliques, pour m’éviter de sortir des conneries. Contractions de la mâchoire. L’intérieur de la joue rongé.
Comme son souffle ronge ton crâne. Comme son parfum ronge tes sens. Comme sa présence ronge tes barrières.
Le soldat à terre. Abattu par la guerre qu’il pensait gagner.

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maybe you're the sun, and i'm the moon. and we were never meant to collide, but wouldn't it be spectacular if we did ?
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Ronan Costigan

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MessageSujet: Re: will the sun ever rise (ronenzo)   will the sun ever rise (ronenzo) EmptySam 9 Fév 2019 - 16:50

Des baisers pour capturer l’ivoire.
Les charnues pour racoler la surface abandonnée depuis des semaines. Les regards fiévreux de tout ce désir qui animait le quotidien. Les regards fiévreux sous les sentiments dévorants. La reine de coeur emprisonnée de sa poigne féroce. Le roi pour embraser l’étendu de porcelaine. Parcelle bénie de chaque caresse, de chaque baiser. Le bassin à l’abandon entre ses cuisses. Raviver les terminaisons nerveuses, faire dégouliner le désir. Du bout de la vipère, du bout de la trique. Ivresse disséminée à chaque fois avec ferveur. Soldat vaincu par le regard incendiaire. Soldat vaincu par le regard venu le foudroyer derrière la vitre de ce parloir.
L’envie de se donner bonne conscience. L’envie d’effacer le souvenir trop ancré. L’anonymat des mots pour fustiger l’éveil des lippes. Les drap froids où les corps essayent de communier. Instant de grâce de la silhouette dénudée. Les courbes affichées sous le regard de Ronan. Les yeux à demi-clos sur ses erreurs. Les yeux à demi-clos sur le mal infiltrant chaque éclat du derme. Marque indélébile pour ravager l’oubli. L’impossible barricade des pensées. L’impossible absolution pour la paix intérieure. Le feu qui rôde. Les brasiers sur lesquels il marche entre les tables de son pub. L’absence avec laquelle il conjugue dans les rues endeuillées de Brighton. Là où il n’est plus. Là il ne vit plus. Là où il se traîne pour faire semblant. Là où tout se rythme sous le courroux du manque. Se persuader de la normalité. Se persuader qu’il n’était qu’une erreur. Démystifier la maladie en redevenant un homme. Pas une pédale. Les doigts pour flirter le long de son dos. Les doigts pour effleurer la porcelaine. Gestes salvateurs pour réanimer la surface. Léthargie abandonnée sous chaque caresse, sous chaque impulsion. Son corps pour se rapprocher. Les lèvres perchées sur l’épaule. L’épouse pour se détourner. Les regards pour se capter. Si tu savais, Ava. Je regrette. J’aurais pas dû tomber pour un autre. J’aurais pas dû te souiller de mes erreurs. J’aurais dû tenir bon. J’aurais dû continuer de lutter contre le démon. J’aurais dû honorer mes promesses. Les sacrements à nos annulaires. Je t’ai fais reine. Je t’ai conféré mienne. Mais c’est dans les enfers que j’irai crever. Quand tes ailes se délecteront du paradis blanc. La main calée sur le visage. Le front pour emprisonner le sien. Les lèvres pour se frôler. Le goût sucré retrouvé de l’audace de la vipère. La douleur incessante contre les tempes. L’écho des souvenirs. L’écho de sa voix. L’écho de ses rires. Dégage putain. Sors de ma tête. Sors de mes muscles atrophiés. Sors de mes muscles paralysés par ton dédain. Abandonne-moi parce que c’est ce que tu sais faire de mieux. Venir, racoler, obtenir et te barrer. J’ai plus la force. J’ai plus l’envie. Alors il essaye, Ronan. Le premier baiser pour retrouver le contact trop souvent parsemé de sa langue. Le premier baiser pour réanimer les sens. L’autre main contre la nuque. La pression du corps contre celui de la maudite. Les regards qui se croisent. Les regards qui s’embrasent. Il y a cru à cette seconde précise, l’irlandais. Réussir à l’oublier. Réussir à déchirer la page. Réussir à tordre les derniers ressentiments. L’échec cuisant quand la gueule apparaît. Lumière maculée pour cramer les rétines. Elles clignent. Elles se ferment. Elles étouffent pour annihiler le dernier souvenir. La gueule de l’autre pour orner le décor. Ses rires pour malmener le myocarde. Ses sourires pour brûler la surface refroidie. La gorge contractée. Le corps en vrac. Le corps qui se détourne sous la surprise. Vivacité de la respiration. Celle qui se saccade. Celle qui se brise. Comme lui.
Des excuses balbutiées. La silhouette enfermée dans la salle de bain. La violence du poing qui cogne contre le miroir. Échappée pourpre pour ternir l’échine. Échappée pourpre pour derniers ravages. Ceux que l’autre cause de son absence. Ceux que l’autre cause de son indifférence. Ceux que l’autre cause en donnant et en reprenant. Ceux que l’autre arrache en plein vol avec le sourire greffé sur sa gueule d’Eden. Ordination divine pour lui conférer tous les pouvoirs. Et Ronan, pauvre pêcheur en déclin sur la pente sinueuse. Chemin bousillé par les caillasses sur lesquelles il trébuche. Les genoux entaillés comme dans son pub. Les genoux blessés en tombant tout court, cette fois-ci. Incapacité de se relever. Incapacité de s’accrocher.
Il est mort sous l’éclat de l’absence.
Il est mort sous l’éclat des souvenirs.
Les doigts au fond de la trachée pour dernier sacrement. Résidu de bile qui déborde. Acidité pour soulever le palpitant. Thorax déformé alors qu’il bat plus qu’à moitié. Résonance vorace de l’insulte. Symphonie macabre où plus qu’un mot ne fait sens. Ricchione Les perles ensoleillées pour rouler sur le palais et martyriser l’âme. La scène encore trop vivace. La scène encore trop présente au creux de la caboche. Lassitude des mouvements quand la silhouette s’écrase à terre. Les jambes tendues et repliées sous le joug de la nervosité. Instabilité émotionnelle. Dernier salut au tout puissant. Les paumes contre le bitume. Les paumes crasseuses du vice contre sa trique. Les paumes crasseuses des combats pour oublier. Les paumes crasseuses des échecs, des erreurs. La chaire qui communie avec la froideur. La chaire qui communie avec l’absence. Le crâne qui cogne le mur. Tapage nocturne des idées qui prennent la fuite. Tu es plus là, Lorenzo. Tu t’es sûrement barré dans ce restaurant. T’es sûrement rentré tel un prince au sourire aguicheur. T’es sûrement reparti te perdre entre les cuisses de ces gonzesses pour effacer l’erreur. Remuer ta trique contre ces chattes dégoulinantes d’envie. Ricaner et les souiller. Comme tu m’as souillé. Comme tu m’as achevé. La nuit pour écho. La nuit pour ancre. Les paupières closes. Le film qui rembobine. Le film qui revient hanter. Leurs regards. La distance. La proximité. La haine crachée au nom du genre controverse. La haine crachée au nom de tous ce que les autres béniraient de leur dégoût.
La punition du tout puissant pour un seul pas de travers. Mariage endeuillé par les effluves de transpiration. Mariage endeuillé par les coups de trique. Mariage endeuillé par la complicité irréelle. Mariage endeuillé par les corps avides de plus.
Mariage endeuillé par le mari abandonné. Mariage endeuillé par ce coeur qui ne bat plus qu’à moitié. Regrets aussi dévorants que le mal sur l’abdomen. La peau frémissante sous le rappel des souvenirs. Cruelles désillusions pour bercer les derniers battements.
Les pas qui raclent le bitume. Une silhouette qui se dessine dans la pénombre. Chaque contour que l’irlandais reconnaîtrait même aveugle. De cette couche vissée sur la tête aux cuisses dessinées sous l’étendu de muscle. À sa carcasse sèche et à ses yeux qui brillent tel un dernier bouleversement. Présence surprenante. Présence vorace. Présence incomprise. Le palpitant qui s’emballe. Le palpitant qui se retourne. Comme l’estomac. Nausée qui revient ronger la gorge. Ne fais pas un pas de plus. Ne reviens pas. Tu as gagné, Lorenzo. J’ai fini à terre le premier. J’étouffe sous les décombres de notre rencontre. Je crève de tes insultes. Je crève de ta manière de tout oublier. Ça te suffit pas ? T’en veux encore plus ? Arrache mon myocarde là. Écrase le sous tes godasses crasseuses. Ricane et repars te persuader d’être normal. Les lippes qui remuent au contact de l’asphalte. Ordre à peine bercé d’un soupire qui crève quand l’autre s’approche, quand l’autre s’écroule à ses côtés. Distance de sécurité imposée par un mouvement de recul sur le côté. Comme si ça allait suffire à éradiquer les dernières sensations. Peau capable de se mettre à frémir rien que pour le contact furtif des corps. Celui imagé dans l’esprit trop souvent. Quand la main glissait vers l’abdomen. Quand la main s’infiltrait sous le tissu pour glorifier son empreinte. Les gémissements refoulés contre l’autre main. Morsure de l’échine pour s’empêcher de crier son nom. Pauvre merde aux caresses controverses. Aux caresses bénies d’un seul prénom.
Les mots abandonnés de toute vie.
Les mots abandonnées comme la raison.
L’italien pour défier le silence. Les aveux qui courbent les lèvres. Les vérités crachées  d’une voix tremblante. L’éclat des aveux pour bouleverser l’asphalte. La rue déserte où la vie n’est plus qu’approximation. Ses mains qui raclent nerveusement le bitume. Le thorax déformé par la surprise. Balle en plein coeur pour dernière considération. Vérités qui semblent universelles au démord de ses lippes. Les regards qui s’ignorent. Les peaux qui pourraient pourtant s’aimanter. La gorge brûlante de l’absence. L’ourlet abandonné du sien. Pensées macabres au milieu de la douleur. Même après les insultes. Même après la honte de cette salive crachée à ses pieds. Le roi relégué au rang de raclure par le prince. Cruelle impératrice pour tarauder les esprits. La caboche de Ronan pour cogner contre le mur. La caboche secouée pour éteindre les explications. I mean, I’m not supposed to be like that. Le ricanement déborde. Le ricanement s’éprend de l’air. Etre comment, Lorenzo ? Une pédale ? Un putain de pédé au milieu des ombres ? Une tarlouze qui court après un ballon ? Avoue, ça ferait tâche dans le décor. Ça dénaturerait les sourires de ces gonzesses prêtes à perdre les dernières couches de moralité contre ta queue. Ça ferait de toi une tapette et on sait tous que ça crée le dégoût dans ton milieu. Attirance taboue pour les adversaires, pour les coéquipiers, pour le clan, pour les cieux, pour le tout puissant.
Les mots qui filtrent. Les mots qui condamnent. Les aveux. Les confessions. Chaque lettre pour percuter la carcasse. Chaque lettre pour percuter le myocarde. Nécrose éveillée par quelques sursauts de vie. La respiration battante pour décharner le thorax. Idéaux précipités dans les abysses. Colère évanouie quelques secondes pour la vulnérabilité de l’autre. L’audace de ce qu’il prononce. L’audace de ce qu’il s’autorise à avouer. Ça le tue, Ronan. À petits feux. Comme son absence. Comme ses silences. La gorge nouée. Les paumes qui retrouvent le contact du tissu. Les phalanges pour craquer. Les phalanges pour libérer les dernières onces de courage.
Les carnassières sur les lippes. Les mordre pour rien dire. Les mordre pour rien avouer. Le sang prêt à couler. L’odeur métallique contre l’émail.
Les sanglots teintés le virevolte des mots. L’impression d’une scène en dehors du temps. Les deux amants à terre. Les deux amants vaincus. Ronan qui lâche un soupire. Sursaut du palpitant aux dernières consonances ensoleillées. Sursaut du palpitant aux dernières lettres qui roulent sur le palais. Regard furtif pour le mater. Regard furtif pour capter les cendres qui brillent. Regard furtif pour remarquer la caboche, les boucles naissances. Énième pointe du poignard en pleine poitrine. Énième pointe contre le myocarde. Muscle léthargique sur lequel il crée une hémorragie. Globules rouges coagulés sur le maculé des émotions.
Les cuisses qui se plient, qui se tendent. Douleurs dans l’étendu musculaire. Douleur dans l’étendu ravagé de sa présence. Les lèvres pincées. Une main contre la gueule. La paume qui racle la pilosité. — Are you done ? Le fracas des mots. Le fracas de la réaction à des minutes entières de confessions. Tu croyais quoi ? Tu pensais qu’ouvrir ta grande gueule et me faire frémir de tes mots, ça suffirait ? Tu pensais que toi et moi ça se sauverait pour la beauté de l’intention ? Je suis pas qu’un clébard qu’on abîme et qu’on reprend. Je suis pas qu’une chienne qu’on démonte et qu’on laisse sur le bas coté. Dans quel monde tu vis ? Dans quel monde tu me condamnes à l’absence ? — Don’t waste your saliva. Leave some of later when you want to act like a child and spit on my feet again. Le rire bouleversé. Le rire pour dernière munition. Le rappel de l’acte. Le rappel de la violence. Le rappel de la hargne. Le rappel du monde qui s’écroule. Puis des secondes entières à contempler la lumière du lampadaire.
Le dégradé soumis à la voracité des sentiments. Le dégradé bouleversé par la proximité. Les secondes qui deviennent des minutes.
Le temps en suspend. Latence éhontée pour remettre les idées en place. Mais rien n’y fait. Le film ne se rembobine plus. Esprit fustigé par la seule image qui fait sens : sa putain de gueule. Un soupire. Et sans doute des milliers d’autres. — I've never cheated on my wife before you. Jamais, tu le comprends ? J’y avais pas pensé une seule fois. Ava, elle était reine. Ava, elle avait effacé toutes les autres. Ava, je respirais plus qu’à travers elle. Ava, j’aurais donné ma vie pour la sienne. T’as débarqué, tu as bouleversé le présent, tu as laissé entrevoir une couche du futur. Et t’es devenu une erreur du passé. Le sourire triste pour peindre les lippes. Le sourire triste pour raviver les contours abîmés. Les ecchymoses sur la gueule pour rappeler l’échec. Les coups dans la gueule pour l’oublier. Les coups de la gueule pour écorcher les souvenirs. L’impossible oubli pour soulever le palpitant. Carcasse crevant sur les rebords du ring. Ça ne suffisait pas. Ça ne marchait pas. Même en se faisant éclater la gueule, c’est la sienne qui dominait. — You came to my pub. You looked at me. And for the first time since many weeks, I felt alive. I didn’t think of my bro’s death, my wife, my fucked up life. It was only your damn eyes. And so, I fell.
Les premiers aveux sincères. Les premiers aveux qui ne sont pas déguisés par les rires sardoniques. Les premiers aveux qui ne sonnent pas faux.
Le fil de la rencontre. Le fil des conséquences.
Le poids de la raison. Le poids du coeur. La balance qui penche trop d’un coté quand la conscience tente d’imposer l’équilibre. Ses mains tremblent à l’Irlandais. Assurance capturée par le gamin à ses cotés. Assurance martyrisée comme tout le reste. Il ne le regarde pas. Il n’y arrive pas. Il n’ose pas. — I fall again and again. And it’s killing me. Perles désabusées de la salive pour effacer la sécheresse des lippes. Crevasses métallisées par chaque morsure. Pour s’empêcher de trop causer. Pour s’empêcher de trop en dire. Pour s’empêcher de souffrir un peu plus.
Il laisse les secondes empiéter sur le réel. Et finalement, sa tête se détourne vers l’italien. Les regards dans le viseur. Les déflagrations dans la poitrine.
Le dégradé qui brille. Chemin des vagues pour s’amouracher des cendres. L’espoir pour communier avec l’asphalte. Les lèvres tremblantes. Le corps qui l’est encore plus. Caboche contre le mur. Caboche tournée vers lui. Incapacité de causer. Incapacité d’assumer le face à face. Ourlet qui remue. Ourlet qui trône au milieu des non-dits. — What am I supposed to say ? Je pourrais te dire plein de trucs. Je pourrais te dire qu’on se connait à peine mais que tu as bouleversé ma vie. Je pourrais te dire que j’étais pas prêt. Je pourrais te dire que j’ai jamais imaginé ma vie autrement qu’aux cotés de ma femme. Jusqu’à toi. Jusqu’à la dépendance. Jusqu’à la mort. Jusqu’à l’agonie que tu as crée. Je pourrais te dire que ton sourire, il m’a fusillé. Je pourrais te dire que ta respiration m’a rendu vivant. Je pourrais te dire que tes mots m’ont fait crever. Comme Ean. Comme Rafferty. Comme les autres. Je pourrais te dire continue de me martyriser si ça te fait être à mes cotés. Clébard devant son maître. Clébard devant l’irréel.
Il soupire. Il ne bouge pas. Incapable de détourner les yeux. Incapable de ne pas s’accrocher aux cendres. Comme celles qui entourent le palpitant à présent. — You were not a quick hook-up. And that’s the real problem. La confession qui déborde. Les regrets instantanés. Tu apprendras jamais de tes erreurs, putain. Mais Ronan, il a besoin de le dire. Il a besoin de lui dire que c’était pas qu’un écart de conduite. Que c’était pas qu’un plan entre des centaines d’autres. Que c’était plus. Tellement plus. Et que ça le hante. Et que ça le bousille. Et que ça le fait sombrer en enfer. Mais même les enfers à tes côtés, ça aurait un goût de paradis.
— You hurt me like hell. I’m here next to you and I can’t move. I won’t. Il peut pas. Il arrive pas à se relever et déguerpir. Il arrive pas à feindre l’indifférence et se tirer comme si de rien n’était. Il devrait pourtant. Il devrait franchir la dernière barrière et abandonner sa gueule de connard. Il devrait retrouver Ava et se faire pardonner. Il devrait rentrer sauver les derniers sacrements avant d’terminer la tronche dans le mur. Les ecchymoses pour communier avec le bitume. Les ecchymoses pour emprisonner la froideur des pierres.
Au lieu de ça, c’est sa gueule qui fustige la sienne. Les regards glorifiés des émotions. Les perles salines au creux des yeux. Les perles salines retenues pour pas se soumettre encore plus au bourreau. Un mouvement de la main qui s’agrippe à son veston. Pour se retenir de frôler sa peau. Pour se retenir de l’agripper pour ronger ses lippes. Pour se retenir d’accaparer toute l’attention avant de crever sous les déflagrations de l’indifférence. — I’m talking to you right now. But tomorrow, we both know everything will be ruined again. Il sourit Ronan. Il sourit à l’aube de la tristesse. À l’aube de la peine qui consume son regard.
Et j’ai envie de profiter de ce que tu pourrais m’offrir. J’ai envie de profiter de ce que tu serais prêt à me donner durant quelques minutes. J’ai envie de profiter de toi avant que la vie ne t’arrache à moi une dernière fois. Parce que cette fois-ci, j’y survivrai pas. Un soupire. La carcasse qui se rapproche. La main qui frôle la noirceur des mèches. La main qui frôle les boucles naissantes. Impulsion donnée par son propre chef. Impulsion donnée de l’étreinte assez forte pour l’empêcher de reculer. — Your hair’s grown. Echo à la surprise de cette photo. Écho à ses pulpes pour les empoigner quand les corps tanguaient. Écho à ses doigts pour devenir rois au milieu de l’étendu cendré. Et ce que c’est bon. Ce que c’est vivifiant. — Better now. Nonchalance des épaules qui se haussent. Nonchalance du sourire en coin. Et la main qui sanctifie l’offrande. La main qui berce les boucles. La main qui dérape sur le visage. Acte éhonté. Acte regretté. T’es pas en train de lui offrir ta considération quand la seule chose récupérée, c’est sa haine, son indifférence. Touché-coulé l’irlandais. Touché-coulé le roi. Piédestal dont il chute comme les pouces qui roulent sur la mâchoire. Personne pour les surprendre. Personne pour les voir. La nuit trop sombre qui capturent les ratures. Caresses qui roulent près des lèvres où son index ripe. Caresses pour remonter sur la joue, sur les tempes. Instant de grâce au milieu du brasier. Instant de grâce au milieu des décombres. Le sourire pour orner les lippes.
Les tremblements pour bousculer la main. Et l’abandon. La main qui chute sur le torse. La main qui chute sur le tissu du sweat-shirt. La dernière accroche.
Le dernier appel à l’aide. — You should go back to your friends, to your brunette. Jalouse déguisée sous l’ourlet du sourire.
Pars et rejoins-les.
Pars et abandonne-moi.
Pars et retourne faire semblant.
Pars et ne te soucie pas de ma carcasse à terre.
Pars et ne regarde pas ma silhouette blessée.
Pars et s’il te plaît, reviens. Même quelques secondes. Même quelques minutes.

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je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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Lorenzo Farnese

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MessageSujet: Re: will the sun ever rise (ronenzo)   will the sun ever rise (ronenzo) EmptyDim 10 Fév 2019 - 7:19

L’écart qui blesse, à l’instant où tu t’es laissé tomber à ses côtés.
L’évidence qui cogne en même temps que ton dos contre le mur de briques. Bien sûr qu’il s’écarte, Ronan. Bien sûr qu’il fuit ta présence néfaste. Parce que c’est la seule chose à faire. C’est la seule chose censée. Qu’il se tire, le Costigan. Qu'il tourne les talons pour ne plus jamais croiser ta route. Pour ne plus jamais croiser ton regard malsain. Pour ne plus jamais entendre tes mots maudits. Pour ne plus jamais subir tes gestes assassins. Le départ après la haine exacerbée.
C’est ce qu’il avait fait, le gamin. Le Milanais rejeté dans sa propre ville. Foutu à l’écart par les insultes. Par les rires débordants de moquerie. Les pires injures pour le faire dégager de votre terrain goudronné. Y’avait pas de place pour une pédale. Pas d’honneur à accorder à un ricchione. Que des crachats et des gestes maudits des phalanges. Les attentions malsaines à l’encontre d’un gosse que tu trouvais trop différent. Petit connard de service que les autres mioches suivaient aveuglément. Tu te prenais pour un meneur d’hommes, Lorenzo. Comme un parrain au-dessus de ta petite mafia du bas des cités de la ville. Assez pour faire pousser les ailes noircies par la colère. Les ailes brûlées par une société et une famille aux mœurs limitées. Ces mêmes idéaux que t’as adopté dès que t’as été en âge de penser. T’avais beau dire que tu te forgeais ta propre opinion, mais c’était la même que celles des autres. La même que celle des parents. La même que celle de la fratrie. La même que celles des gamins avec lesquels tu jouais. T’as tellement cru que c’était la seule valide. La seule qui méritait vraiment d’être exprimée. Un mec, ça couche avec des meufs. Ça joue pas les chiennes au pied d’un autre. Ça met pas les genoux à terre pour mieux prier devant une queue. Et tu feras pas exception, Lorenzo. Reste dans le chemin du Tout Puissant pour éviter les flammes éternelles. Ne le déçois surtout pas.
Le Seigneur est fidèle, il vous affermira et vous préservera du malin.

Le gamin, il a arrêté de venir après quelques jours. Chacune de ses tentatives soldées par la haine émanant de ta bouche. De celle des potes qui suivaient l’exemple sans sourcilier. Tu sais même pas ce qu’il est devenu. T’as pas cherché à avoir des nouvelles. T’as jamais su comment elle s’appelait, ta première victime. L’ignorance parfaite pour se conjuguer avec cette homophobie dévorante.
Les réactions de l’autre que t’attends comme la gorgée d’eau après la traversée du désert. Gorge asséchée par les paroles déliées. T’oses même plus le regarder. Les yeux beaucoup plus attirés par le crépitement de la lumière que par sa gueule. Par son visage déformé par les coups. Par ses traits que tu pourrais chérir de tes lèvres. La dominante quitte les boucles. Retombe lourdement contre ta cuisse. Minuscule caillou saisi entre tes phalanges pour mieux les occuper. Les empêcher d’aller mourir contre sa peau abîmée. La pierre que tu passes, fait danser entre tes mains sans y accorder le moindre regard. Le silence pour suivre l’étalage des sentiments. Puis ton rire qui suit les premières hausses de sa voix. Pour bercer le silence qui a suivi. Malgré le ton. Malgré la lassitude non dissimulée sur sa langue. Ouais, j’sais que je parle trop. T’es pas le premier à me le faire remarquer. Tu seras pas le dernier non plus. J’y peux rien, j’débite les mots sans vraiment m’en rendre compte. Ma gueule, c’est pire que la boite de Pandore. Souvenirs de la fratrie fatiguée par tes propos. Les plaintes quand les vannes étaient ouvertes et que tu déversais les pires conneries. Chiudi il becco, Lorenzo. Les mots répétés par le reste du foyer. L’agacement trop ancré sur les visages.
Nouvel assaut de sa mélodie. Comme une claque en pleine face. La provocation non oubliée. La plaie encore trop récente. Ça ne se refermera jamais, de toute façon. Pourquoi t’espères, Lorenzo ? À quoi tu t’attends, en fait ? T’as vraiment cru que tout allait s’arranger parce que t’as lâché quelques informations aux échos sentimentaux ? C’que tu peux être stupide, putain. Abruti aux espoirs chevrotants.
Le silence. Capharnaüm distant du restaurant pour tenter de couvrir les respirations. T’oses pas parler. T’oses plus ouvrir ta gueule, maintenant que t’en as trop déballé. La dominante qui monte, qui s’arrête mi-air. Le caillou balancé sur le mur d’en face. L’occupation des mains abandonnée. Perdue. Bordel, t’as l’impression que ça dure des heures. Que les minutes s’allongent aussi vite que des secondes alors que le corps commence à trembler sous l’effet du froid. Le sweat-shirt qui ne suffit plus face aux assauts de la brise venue de l’étendue bleutée. Tu ne bouges pas, pourtant. La carcasse toujours prostrée contre le mur. L’échine rafraichie encore plus par la brique humide. L’arrière du crâne qui cogne. Les paupières se ferment. Quelques secondes. Des minutes, peut-être. L’instant où t’entends seulement ton cœur tambouriner dans ta poitrine. Où y’a juste son odeur pour t’enivrer. Sa proximité pareille à de la torture. T’es soumis à la question par le plus beau des bourreaux. J’voudrais tellement te toucher, Ronan. T’imagines pas à quel point ça me brûle, là. De te sentir si proche sans oser tendre la main vers toi. De te sentir si proche sans me laisser sombrer sous ton contact. J’en crève. J’te jure que j’en crève, putain. Y’a quoi chez toi qui me fait autant perdre la raison ? C’est quoi ton secret pour m’achever de la sorte ? Dis-moi, me laisse pas mourir dans mon ignorance. Son soupir pour réanimer. Les prunelles qui retrouvent la vue. Les prunelles qui glissent sur le côté alors que la tête reste immobile. C’est à peine si tu le perçois dans la pénombre. Puis c’est le coup de poignard en plein dans le cœur. L’aveu pour border ses lèvres. La respiration qui se bloque. Cage thoracique devenue immobile, pétrifiée sur place. T’arrives plus à respirer, Lorenzo. T’arrives plus à bouger. Tes phalanges entremêlées qui ont arrêté leur danse. L’ultime coup quand la voix résonne encore. L’ajout comme peine capitale.
Alors la gueule se tourne. Sans doute trop rapidement. L’onyx vient se perdre contre ses traits cabossés. Le cœur qui s’emballe. La poitrine qui s’échauffe sous les battements précipités. Ton regard se perd complètement, Lorenzo. Tes prunelles dévorent sa gueule. Contemplent le faciès comme la plus belle création sur cette planète. Peinture de l’artiste ramenée à la vie. Les quelques taches d’encre pour amocher le tableau. Le bleuté mélangé au violet. Le jaunâtre pour les vétérans. Ces gestes que tu retiens. L’envie de laisser les pulpes danser au-dessus des marques. D’y chercher la raison. D’espérer y trouver le récit de leur existence. Les ecchymoses qui n’entachent pas sa splendeur, pourtant. Ronan, il a cette beauté brute. Un diamant te mettant à mal, à chaque fois que les pensées convergent vers lui.
Le regard qui tangue. L’ondulation des iris sur les reliefs de sa carrure. Attiré par ses mains chevrotantes. Par le tissu épousant parfaitement les muscles. Par ses lèvres où danse toujours le vermillon. Par l’embrun, quand il vient à l’encontre de l’onyx. Tu déglutis, Lorenzo. Sens ce putain de poids continuer d’emprisonner ta poitrine. Ça va jamais s’arrêter, en fait. Qu’importe ce que j’dis, qu’importe ce que j’fais. Qu’importe tes mots, qu’importe tes gestes. J’vais toujours être attiré vers toi comme un aimant. J’vais toujours avoir ce besoin vital de te sentir prêt de moi. Et putain, t’as pas idée à quel point ça me terrorise. À quel point j’ai l’impression de trahir tout ce que je suis. De trahir l’éducation que mes parents m’ont offert. De piétiner allègrement le livre sacré que j’tenais entre mes mains chaque dimanche matin. Le haussement des épaules en guise de réponse. T’en sais rien, Lorenzo. T’as aucune idée des mots qui pourraient sonner juste à cet instant. Autant paumé que le Costigan en plein milieu de cette ruelle. En plein milieu du dédale des sentiments.
Pas foutu de détourner les yeux. Soldat capturé. Prisonnier de guerre. Enfermé dans le dégradé. Et putain, y’a tellement de trucs que ton regard crache, à cet instant. Cette peur dévorante. Ce désir ardent. Ces questions que tu n’oses pas poser. Ces affirmations que tu n’oses pas prononcer. Comme bloqué sur place.
Jusqu’à la claque de plus. La torgnole pour résonner jusque dans les tréfonds de ton crâne. You were not a quick hook-up. And that's the real problem. La gorge se serre. S’assèche subitement. Les lèvres entrouvertes, comme si les mots cherchaient à sortir. Mais quels mots, Lorenzo ? T’arrives même pas à comprendre la débandade dans ta caboche. T’arrives même pas à comprendre les battements de ton cœur. Les lippes tremblantes sans laisser le son devenir réel. Les aveux de l’irlandais contre les habitudes. La différence exacerbée avec toutes ces fois dans les draps des épouses. La différence parfaite. La différence éclatante. Vas-y, stronzo. Laisse tes espoirs remonter pour mieux cracher dessus ‪demain matin‬, quand il ne sera plus dans le champ de vision. Tu crois vraiment que ça va améliorer quelque chose, ces mots qu’il débite ? La situation ne va pas changer. Le monde va pas changer. Tu resteras seul, quand sa femme reviendra dans le tableau. Et toi, tu seras juste une pédale qui s’est fait jouer par un type en quête de sensations fortes. T’as toujours été dans l’ombre, Lorenzo. C’est pas ce soir que ça va différer. Sifflements du démon dans le crâne. Sifflements pour essayer de contrer les mots de l’irlandais. Paroles acerbes pour essayer de contrer les idéaux qui se reconstruisent sous son influence.
Énième étalage des pensées sur ses lèvres. Les tiennes qui tremblent. La poitrine trop gonflée par rapport à la normale. Mais t’as arrêté de chercher à être normal depuis que sa gueule est venue hanter tes songes. Depuis que sa carrure est venue épouser la tienne. Depuis que sa langue est venue bénir ta bouche. Combat vain, combat stupide que tu continues simplement pour la forme. Pour te donner l’impression que rien n’a changé. Que tout est toujours à la même place. « Then don’t. » La voix éraillée par le trop long silence que tu lui as imposé. Le ton empli de toute l’ivresse dans les veines. Pars pas, Ronan. J’te demande juste quelques minutes. Une poignée de secondes où j’pourrais encore t’admirer. Où j’pourrais arrêter de penser à tout ce qui me bouffe. Où tu pourrais être roi dans mon crâne, à la place des craintes divines. Mâchoire serrée pour éviter de parler plus. Contracture pour retenir les mots qui menacent de s’échapper. Les phalanges qui resserrent le tissu du jogging. Tu dois pas le toucher. Tu dois pas craquer. À un geste de la chute. À un geste de la déchéance.
Le sombre qui le dévore, pourtant. Éclat de jais des prunelles contre sa gueule. L’attardement sur les charnues. Ton inférieure coincée entre les crocs. Le réveil au creux des reins. La course dans le thorax. La chaleur rayonnante dans l’abdomen. Putain, tu me fous dans un de ces états. Quand t’es là, j’arrive plus à réfléchir. J’arrive plus à penser. Tu domines tout le reste, tu domines les songes. Tu défonces les barrières. Tu détruis l’armure d’un regard. T’es tellement beau, putain. T’es tellement beau que j’pourrais en crever. La vérité qu’il dégueule, à contresens des espoirs. Des lendemains chagrins. Des lendemains moroses sans sa carrure dans le paysage. La carcasse abandonnée, seule entre les draps froids. La sienne pour se blottir contre celle de l’épouse alors que tu restes à te noyer dans tes ressentiments. Possessivité nouvelle. Jalousie inédite. Torture du myocarde quand tu revois la main de la reine étreinte par celle du roi. Et toi, t’es le bouffon pour amuser la cour. Le jouet pour divertir.
Son putain de sourire qui s’associe à ses propos. Tristesse non dissimulée sur les lippes pleines. La boule dans ta gorge qui ne fait que s’agrandir sous l’effet de son regard. Abattu face l’as de cœur.
Puis c’est la surprise qui s’installe sur tes traits. Mouvement de recul réprimé, quand le bras s’est levé vers toi. Peur stupide de sentir le coup s’abattre sur ta gueule. Remontrance pour les lettres assassines crachées plus tôt. Mais c’est la douceur du geste. C’est le contraire de la peur qui a rongé soudainement la caboche. La décharge au contact contre la masse brune. L’habitude encore trop nouvelle. Pas habitué à y sentir autre chose que tes propres phalanges. Pas une seule âme autorisée à parcourir le jais. Sauf toi, Ronan. Sauf toi et tout ce que t’es. Tout ce que tu représentes. Tout ce que tu pourrais être, si seulement j’arrêtais de jouer au con. Rire franc sur les lèvres. Rire incontrôlé pour naître hors de ta bouche. Son cristallin pour s’éclater contre la brique. Contre la brise dont l’effet se retrouve amoindri. Fraîcheur oubliée au profit de ses gestes. « You have no idea what kind of privilege you got here, Ro. » La voix traîne. L’appui sur la chaleur des origines. Le rendre fou. Le rendre accro autant que tu l’es. Prunelles étincelantes sous l’effet des caresses. Sous l’effet de la douceur. Sous l’effet de sa présence. La tête se penche inconsciemment contre sa paume. Cherche à prolonger l’étreinte des phalanges contre tes boucles naissantes. « Not even my sister has the right to touch my hair. » Le rictus ancré sur l’ourlet. Le rictus vainqueur d’une soirée qui semblait pourtant maudite par les étoiles. Le rictus immobilisé, quand la paume s’invite ailleurs. Que les pulpes dansent contre tes traits.
Tu fermes les yeux, Lorenzo. Préfères laisser la conscience glisser contre son contact. Te concentrer sur ta respiration pour éviter que les poumons n’explosent du trop d’air. Le repos contre la délicatesse de ses gestes. L’oublie parfait de toutes les douleurs qui règnent depuis des semaines. L’oublie de tout, quand il est là. Tu penses plus à rien. Tu penses plus aux problèmes du boulot. Au club qui te manque. À la honte infligée au pays l’été dernier. Aux remontrances acides des compatriotes. Aux déceptions acerbes couchées sur les journaux au lendemain de l’échec. Plus rien à part toi, Ronan. Toi et tes mains. Toi et tes sourires. Toi et tes rires. Toi et moi. Le souffle contre ses pulpes. Le thorax enflé de tout ce qu’il provoque. Les reins animés par le désir. T’as tellement besoin de lui, putain. Tellement besoin de le sentir contre toi.
Le réveil à la chute de la dextre. Vision qui se réhabitue à sa gueule ciselée, créée par le Divin lui-même. Aventure des iris le long de sa carrure. Ses doigts autour du tissu. Ses doigts si près du cœur qui n’arrête plus de battre à tout rompre dans ta poitrine. Le sourire pour traverser le visage de part en part. Le sourire immaculé contre le cuivré éclairé par le lampadaire défaillant. Le ressentiment ondulant dans ses palabres. « Are you jealous, Ro ? » La malice inscrite sur tes traits, provocation immature pour mieux le déstabiliser. Le crâne qui se demande réellement, pourtant. Est-ce que t’es autant jaloux d’elle que moi de ta femme ? Parce que moi, ça m’a brûlé de te voir avec elle. Ça m’a tué de voir ta main sur la sienne. Ça m’a tué de voir tout cet amour débordant de ses yeux. « You’re right. I should go. » Palabres lâchés dans un souffle. Charge émotionnelle sur le vermillon. La silhouette qui s’anime. Se rapproche, malgré les mots. La dominante s’appose sur son poing serrant toujours le sweat-shirt. Glisse le long de son bras. Contre son épaule. Jusque dans sa nuque. Prunelles plantées dans les siennes. Débordement des pensées dans l’onyx. « Except I don’t want to. » Tes phalanges s’installent. Deviennent reines au creux de son cou. Déclaration du pouce contre la mâchoire, contre la barbe dissimulant sans aucun doute d’autres marques bleutées. T’as le souffle court, Lorenzo. L’essoufflement comme au milieu d’un match. La mi-temps qui tarde à venir.
L’apposition du front contre le sien. Paupières closes l’espace d’un instant. Poignée de secondes durant laquelle t’inhales son parfum. Durant laquelle tu réalises sa présence. T’es vraiment là, Ronan ? T’es vraiment contre moi malgré ce que j’ai pu te dire ? Ce que j’ai pu te faire ? Putain, j’te mérite tellement pas. J’mérite même pas ton regard chargé de dédain. Les iris sombres retrouvent sa gueule. Le bouffe complètement. « You look so good in your suit. » La faible s’accroche à son veston. Phalanges amourachées du tissu. Un rire à quelques centimètres de ses lèvres. Les souvenirs de la première vision de l’autre, dans la salle du restaurant. De sa carrure mise en avant par la coupe du vêtement. Il ne pouvait pas être plus beau, putain. L’agression divine pour venir se calquer contre les rétines. L’opposition parfaite avec ta tenue du dimanche. Comme si vous ne pouviez pas faire plus désaccordé.
Tu déglutis. Sens ton cœur s’emballer dans ta poitrine alors que le contact se prolonge dans les minutes. La bouche avide de la sienne. La bouche qui prie en silence. La bouche qui n’ose pas, pourtant. « Kiss me. » Murmure à peine perceptible, tellement que t’as la voix chevrotante. Demande éhontée beaucoup trop basse, pourtant. Tu trembles comme une feuille, Lorenzo. La carcasse malmenée par le mélange explosif du vent froid et du désir ardent. L’étreinte resserrée autour du tissu. Autour de sa nuque. Raccroché à lui pour éviter de sombrer. Raccroché à lui pour essayer de survivre. « Per favore, Ronan. Baciami. » Prière lâchée alors que la voix se brise. Que tu te pends littéralement à lui. Respiration échaudée contre ses lèvres. Soupir abandonné dans cet espace fin entre les charnues. Embrasse-moi, putain. J’vais pas trouver le courage. J’vais pas réussir sans ton impulsion. J’ai tellement peur que tu me rejettes. Que tout ça n’était que jeu pour mieux te venger de mon attitude néfaste. J’ai tellement peur de sentir ta paume s’écraser sur mon buste pour mieux me faire reculer. Écho aux ébats. Écho à la lascivité exacerbée sur le parquet désuet de son pub.
La scène rejouée en boucle dans les songes. La scène pour alimenter le feu sacré dans la recherche du plaisir solitaire. La scène consacrée dans ta mémoire malgré toutes les tentatives d’oubli.
Parce qu’il est partout, Ronan. Ineffaçable.
Autant encré sur ton épiderme que les dessins à l’encre de Chine.

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maybe you're the sun, and i'm the moon. and we were never meant to collide, but wouldn't it be spectacular if we did ?
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Ronan Costigan

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MessageSujet: Re: will the sun ever rise (ronenzo)   will the sun ever rise (ronenzo) EmptyLun 11 Fév 2019 - 1:20

Les lettres du blase qui roulent sous la langue. Les lettres du blase qui claquent dans l’asphalte. Respect mesuré sous la salive qui perle. Respect mesuré sous les regards qui se baissent. Le patriarche qui s’avance. Les clébards qui suivent. Épaules pétries par les ordres. La gueule éclatée des ricanements. La vie égarée au milieu du pourpre. Traînées sauvages sur le bitume pour accentuer la tragédie. Le clan maudit. Le clan démonté par le vice.
Violence pour s’exiler contre les corps. Violence pour ravager les seules certitudes. Les poings qui s’enfoncent dans la chaire. Les respirations qui se tranchent. À l’instar des poignards pour écarter la chaire. Berge de la peau où se posent les derniers sacrements. Le sang qui coule. Le sang qui peint le paysage. Les morts qui tombent. Les tranchées qui sont prises d’assaut. Y a plus de moral. Y a plus de paix. Y a que les regards empreints de haine. Y a que la génétique pour baiser notre adn. Y a que la soif du sang pour condamner la soif de vie. Il l’avait compris, Ronan. Dès l’enfance, dès la fin de l’innocence calquée sur l’échine. Celle pétrie par la violence du père. Hargne pour l’endurcir. Hargne pour le soudoyer sous le poids des idées immondes. Putride réalité gobée par son regard perdu. Putride volonté acceptée comme un couperet.
Les genoux à terre pour des psaumes silencieux. Des rêves à l’arrachée. Des envies mises sous silence comme les émotions.  Parce que Ronan, parfois, il a voulu se casser. Il a voulu abandonner le mal et glisser vers le bien. Il a voulu quitter l’Angleterre et s’exiler sur une autre terre promise. Aucun courage pour le faire. La peur au ventre des conséquences. La peur au ventre d’une vie sans le clan. Contradictions pour enfumer l’esprit. Contradictions pour le ronger comme une putain de maladie. L’intonation du blase pour l’empêcher de chialer comme une gonzesse. Corde raide sur laquelle il a été précipité trop tôt. L’impulsion de la main dans le dos. Les pieds au bord du vide. La chute évitée sous l’empreinte de quelques centimètres. Les hommes derrières. Le père pour siéger en roi. Les ricanements. Les moqueries. Le test ultime. Tu t’es pas cassée la gueule, fils. T’es en vie. T’es debout. T’es condamné. Tu crois encore que tu as le droit de rêver ? Ronan, t’es pas une fillette, il serait temps de le réaliser. Le gamin près du précipice. Le thorax déformé par les battements anarchiques. Le visage livide. La peur greffée sur chaque pore de l’échine. Il y a cru à ce moment là. Crever comme un chien sur les caillasses plus bas. Crever comme un chien sous le regard amusé du paternel. Le clan qui déguerpit. Le gamin qui reste. La trogne bercée par le vent glacial. Les yeux brillants des craintes. Le myocarde nécrosé de l’ignorance. Les mains dans les poches de son blouson. Le tissu ancré sous l’arque des phalanges. La gerbe crachée au dessus des cieux. Tu étais qu’un gosse. Tu étais qu’une pauvre âme à peine pervertie. Une épreuve pour te forger. Une épreuve pour t’aligner sous le versant colérique. Une épreuve pour graver le blase sous l’échine. Marque au fer rouge pour racoler les certitudes.  Le début de l’enfer. Le début de la condamnation à mort.
L’esprit formaté par les volontés patriarcales. L’esprit formaté pour se soumettre au divin. Ronan devenu un des monstres. Celui qui ricane de la différence. Celui qui pousse au pire. Celui qui condamne d’un regard. Celui qui attend les derniers soupirs.
Consécration du mal sur ses pulpes ensanglantées. Hémoglobine du monde coagulée à même les phalanges. Le chant du diable sous l’éclat des palabres. Tu vaux pas mieux que ton père, Ronan. Tu vomis tout ce qu’il est mais regarde-toi. Tu ris de ces pédales. Tu es prêt à cogner pour défendre la haine banalisée. T’es prêt à en buter rien que pour briguer ta normalité. T’es pire que lui. T’es pire que tous les monstres. Les tempes déformées par les souvenirs. Les tempes déformées par la colère qui grogne.
Le monstre relégué au rang de pédale. Le souvenir encore brûlant de l’insulte. L’esprit écorché par la vérité qui fait vomir. La vérité qui soulève le coeur. Parce que ça vient de lui. Prince à la courbure dorée pour empiéter sur la crevasse vieille de trop d’années. Prince à la courbure dorée pour dominer le paysage de sa prestance, de son influence. Le charisme greffé aux gestes. Le charisme greffé à la parade des mots. Les lettres qui roulent et condamnent. Les lettres souillées de l’accent et de la violence. La rue comme témoin du pire. La rue comme témoin du mal qui se répand. Pas de retour en arrière possible. La confusion des idées. La confusion des envies. Autel béni des genoux écorchées pour une dernière supplication. Le regard vers le divin pour exiger le souffle final. Requête pas écoutée. Punition pour galber ses traits fatigués. Ses traits abîmés par les ecchymoses. Des traits colorés pour ordonner les souvenirs. L’écho de la chaire qui est frappée. L’écho de os qui craquent. L’écho des corps qui se brisent.
Je me suis battu sans relâche, Lorenzo. J’ai frappé mes adversaires comme pour te frapper toi. J’ai senti mes os craquer. J’ai senti le sang couler. J’ai senti la douleur se répandre comme des flocons de neige en hiver. J’ai senti la mort guetter les derniers soupirs. J’ai voulu y passer pour arrêter de penser, pour arrêter de souffrir. J’étais persuadée que chaque revers t’éloignerait de ma caboche. Putain d’échec. Ça n’a fait qu’accroître le manque. Essoufflement démesuré de te courir après. Le corps trop lourd. La chute plus galvanisante. La proximité retrouvée.
La proximité regrettée. Il devrait pas, Ronan. Accepter d’être malmené des mots et des crachats. Et ramper comme une pute pour quelques billets. Il devrait pas, Ronan. Essayer de sauver les meubles avant de périr entre les flammes du regard cendré. Dictat d’un esprit contrarié. Le coeur à l’envolée des envies. La requête qui claque. La requête qui se déguise derrière les respirations. Tu me demandes de rester ? Tu me demandes d’pas me barrer ? Qu’est ce que ça veut dire ? La première seconde pour égaliser les pédales d’ce monde et la seconde pour m’ancrer à toi ? Qu’est ce qui tourne pas rond ? Putain, j’respire même plus. La douceur pour contraster avec les pensées. Comme cette main qui s’immisce. Comme cette main qui s’ancre. Comme le gamin qui s’amourache de la paume. Mouvement pour faire sourire. Mouvement pour effacer le cratère dans la poitrine. Les pouces qui roulent. Les pouces qui cajolent la noirceur. Contact glaçant pour éradiquer les incertitudes. Moment de gloire où les deux ne brillent qu’au détour des iris. Instant de grâce au milieu des décombres. Les déflagrations qui résonnent de loin. Les déflagrations qui laissent un goût amer. Le regard perdu entre la torche allumée de l’insulte et les battements capricieux du palpitant. Il se déteste, l’irlandais. Pour pas tenir bon. Pour pas avoir le cran de le planter au milieu de la ruelle. Les raisons lumineux pour fustiger sa beauté. Gueule d’ange où les pigmentations maculées viennent conférer un air d’éternel. Un rictus pour border les charnues. Un sourcil arqué pour teindre la surprise. — Not even your sister ? I’m curious to know why I got it, then. Et la main qui s’exile. La main qui se faufile. Insistance des caresses. Insistance de la tendresse offerte. Là au milieu d’une rue. Là sous le regard du tout puissant. Courroux prêt à se déverser comme la haine. Le genre qui s’accroche pour assoiffer les saints. Les crachats qu’ils pourraient se prendre. Comme lui quelques minutes auparavant. Clébard humilié par la trogne de l’autre. Clébard qui revient contre lui, rampant de tout ce qu’il n’ose pas dire. La paume pour ravager le tissu. Malmené et étreint pour une dernière accroche. Ancre captée de ses pulpes échaudées. Proximité pour troubler. Proximité pour faire flipper. Tu devrais rien ressentir. C’est pas normal. C’est pas sain. T’es qu’un putain de connard, Ronan. Tu craches sur les pédales du monde de tes rires. Et t’en deviens une en rampant devant lui. La gueule de bois à chaque réveil sans le gamin. La gueule de bois à chaque pensée qui s’égare. T’es foutu. Y a plus de rémission possible.
Les mots qui viennent éclore près de sa gueule. Le sourire qui disparaît. Le sourire qui s’affaisse. Question pour dégueuler la vérité. Le sentiment dévorant au creux de l’abdomen. Le regard emprunt de colère de revoir cette scène. Cette gonzesse amourachée de ses cheveux. Cette gonzesse amourachée de ses yeux. Cette place prise près de son corps. Cette place prise dans son coeur. Certitude dégueulée par l’esprit. Le myocarde contracté et nécrosé des non dits. Le myocarde contracté de mouvements évasifs. Il a cru crever, Ronan. Les tempes bercées des souvenirs. Le dégradé souillé de la scène répugnante. Pas prêt à le voir avec une autre. Pas prêt à accepter de ne plus le toucher, de ne plus le posséder. Jalousie déguisée derrière l’indifférence. Mais putain, ça prend même pas. Il devrait pas, l’irlandais. Il devrait pas éprouver tout ça. L’âme rongée de tout ce qu’il incarne. Le Malin pour dévorer et le forcer à plier les genoux. Plus aucune prière pour sauver son âme. Sacrement de la mort qui guette. Il ricane. Mélodie funeste comme les pensées. Les yeux captant les siens. Le poing prisonnier de sa paume. Un contact. Une pression. Et le coeur qui défaillit. Le coeur qui crève. Le coeur qui se rappelle. Y a tout qui est ancré encore. Le goût de tes lèvres. La tournure de tes maladresses. La courbure de ton sourire. L’écho de tes rires. La chaleur de ta respiration. Ton corps modelé contre le mien. Tes reins où perlait la sueur. Tes cuisses qui réclamaient. L’absolution offerte de ma trique. Quand mon palpitant exigeait l’accalmie. Il se racle la gorge, l’irlandais. La mine nonchalante. Le thorax pourtant déformé par les accents de rage. Le visage de la gonzesse pour élever la tension écarlate. La poigne de la paume qui déforme le tissu. Le trouble pour perler au milieu des vagues. L’espoir comme dernier drapeau élevé dans les airs. Soldat vaincu depuis trop longtemps. Traumatisé de guerre qui s’enlise au milieu des gravats.
— Jealous ? Don’t be stupid. Un ricanement. Une mélodie chagrine. Une mélodie où le sarcasme revient bouffer les contours. La caboche secouée pour marquer la négation. La caboche pour écarter la vérité crachée par la brillance des iris. Les épaules qui se haussent. Les muscles qui se contractent. Un regard vers l’italien. Sa respiration pour saccager la surface des lippes.  — I only said you should go back to her because she’s probably waiting for you. Poor little girl. La courbette ironique. L’appui volontaire de la langue qui claque sous le palais. La trahison du rictus épris de sarcasme. La trahison du regard qui balaye les alentours pour pas se faire foudroyer sur place. Et l’étreinte des doigts. L’étreinte des caresses. Remontée ardente sur le poignet, l’avant-bras. Surface échaudée. Surface réanimée. Dose d’adrénaline pour galber les veines. Le sursaut des reins qui se creusent sous les couches de tissu. La respiration qui ne bat que pour la communion. Les yeux brillants. Les chimères accrochées au bout des pulpes. Sa nuque convoitée de la douceur. Sa nuque qui s’incline pour autoriser le passage. Traversée du désert réanimée par la divine oasis. Le corps tendu. La main accrochée. Le rictus en coin. Les ecchymoses soulagées par le contact. Les fêlures galvanisées par le bout des pulpes. — Stay, then. Les mots écorchés par la respiration. Le souffle court. La requête où la crainte du rejet gagne. J’suis qu’une pédale après tout. Pourquoi tu resterais ? Pourquoi tu fais un pas en avant et dix en arrière ? Pourquoi tu me blesses ? Pourquoi t’en ris avant de regretter ? Pourquoi t’as débarqué dans mon pub ce soir là ? La collision inévitable. La collision au milieu de la foudre. Celle de tes yeux pour me foutre à terre.
Le silence qui fustige.
Le silence qui impose les sentiments.
Le tourment dans la poitrine. Le tourment dans la caboche. Les paupières closes machinalement. Savourer l’instant. Savourer la merveille qui parsème l’échine. Savourer les secondes où le calme est roi. Ne pas penser aux secondes où la haine se fera chienne. Les fronts ancrés l’un à l’autre. Pression où les souffles s’emballent. Pression où les respirations s’empoisonnent. Le goût amer sur la vipère prête à déferler. L’écho de l’insulte. L’écho de la salive qui racle le palais. L’écho de la haine mêlée à la douleur. La poitrine déchirée d’une crevasse encore sanglante. Mais la main s’accroche contre son torse. La main pour tirer sur le tissu. La main pour le rameuter près de son corps. Le sourire en coin au compliment. Vêtements de fortune pour sauver les dernières illusions. Vêtements pas encore souillés du sang et des regrets. Sa main libre pour ouvrir deux boutons. Les quelques bribes d’encres exposées. Respirer comme dernière requête quand l’asphyxie galbe les poumons.
Le murmure sous la chaleur de l’accent. La requête à peine audible.
Le bouleversement qui déborde des splendides. La dominante contre le torse. L’autre qui remonte le long de son bras. Pour mieux s’ancrer à sa nuque. Pour mieux s’ancrer à l’échine. Les pouces qui roulent. Les pouces qui offrent les sacrements. Les pouces qui dévorent de la douceur et de la sensualité. La carcasse pour traîner sur les caillasses. Pour se rapprocher un peu plus. La brise glaciale tape les échines. La brise glaciale abîment les dernières certitudes. Les lèvres mal assurées. Les lèvres à peine convaincues de la marche à suivre. Tout qui renaît. Tout qui s’échauffe. Plongée en enfer une énième fois. Les abysses comme purgatoire. Les flammes pour communier avec la froideur de l’asphalte.
Le contraste racoleur. Et cette main qui le force à s’approcher. Ses doigts qui parcourent le visage. Pour apaiser. Pour rassurer. Pour calquer les émotions. J’arrive à peine à respirer, Lorenzo. J’ai l’impression que mon coeur va éclater. J’ai l’impression de me soumettre la fois de trop. J’ai l’impression de perdre mes derniers repères. Suffit d’un ordre pour me voir ramper. Suffit d’un mot pour me consacrer tiens. Putain, ça devait pas se passer comme ça. J’aurais dû te cracher à la gueule. J’aurais dû écraser mon poing dans ta belle gueule. J’aurais dû abîmer les contours comme tu m’as assassiné sous l’ombre des astres.
L’accent qui roule. L’accent qui demande. Le charme ensoleillé pour faire écho aux souvenirs brûlants. Les corps claquant contre le mur. Les bassins déchaînés d’envie. Les doigts pour écarter la chaire. La tête qui se détourne. Un mot. Un baiser. Et l’irréel. Les salives pour s’éprendre. Les lippes pour s’épouser. L’union nacrée de dégoût pour ceux là-haut. — You better stop to speak italian. I can't understand and it could be bad to not kiss you because your words have no sense to me. Le sourire ornant la charnue. Les canines sur l’inférieure. La remarque complice. La remarque pour sanctifier le message qui cogne contre les tempes. Il a compris, Ronan. Dès le premier souffle. Dès le premier regard.
Les deux mains pour encercler le visage. Les pouces sur la ligne contractée de sa mâchoire. Ils débordent près de la bouche. Pour racler la dernière audace. Les visages à peine séparés par quelques millimètres. La respiration rauque pour achever la sienne. L’envie lui bouffant le palpitant. L’envie cramant le creux des reins.
Il plonge, Ronan. Une fois de plus. Une fois de trop. Et il regrettera demain. Il y pensera à s’en exploser les sens. Il y pensera à s’en dénaturer le myocarde. Il crèvera de l’absence. Il crèvera des silences. Il crèvera de lui. Brave bête soumise au chasseur. Brave bête qui se fera dégommer par la balle de trop. L’instant qui paraît irréel. L’instant qui paraît se dessiner sous les chimères amoureuses. Et un bruit. Un écho. Un raclement des caillasses. Le bitume prisonnier de l’inconnu. Le mouvement de recul. Les éclats dans la poitrine.
Les regards qui se fustigent. Les carcasses qui s’éloignent. La peur de la surprise. La peur des regards. La honte qui communierait avec les derniers soupirs. Les vagues vers le bout de la rue. Un clébard abandonné qui passe. Un clébard qui remue la queue pour mieux se barrer. Le soulagement. Le rire qui éclate. Alors ça va être ça, Lorenzo ? On va flipper comme des fillettes dès qu’on entendra des pas ? On se retiendra de se désirer et de s’accrocher pour pas heurter les autres. Même toi, ça t’heurte de toute façon. Même toi, ça te bouffe de t’imaginer assumer ce que tu es. — Stupid bloody dog. La vocalise alors que la main passe sur sa gueule. Le dérapage des pulpes sur la barbe. La nervosité qui s’apaise. Le corps qui ne tremble plus qu’à cause du désir qui fait rage.
Ronan, il se rapproche à nouveau. Une main contre le visage, l’autre contre sa cuisse. Mouvement pour le forcer à avancer. Mouvement pour le condamner à l’exil des caresses. Mouvement féroce et fiévreux. Le front apposé sur le sien. Les respirations tambourinent. Rien en comparaison de la poitrine qui détonne. Comme un éclat de balle. Comme une déflagration qui sanctifie les sentiments. Les lippes frôlant les siennes une première fois.
Réanimation du corps. Réanimation de la vie. Mieux que de la dope qui ronge les veines. Mieux que de la dope qui soulage le manque. Le sourire ancré. Le sourire ravivé. Rayons lumineux pour éradiquer la noirceur des émotions. Les regrets suspendus à l’asphalte. L’incapacité de résister. L’incapacité de ne pas se laisser aller. Baciami you said ?
La reprise de l’envolée lyrique. La reprise du terme prononcé d’une voix chevrotante. Les mains pour faire pression contre la trogne. Les mains pour le forcer à ne plus reculer. Et les lèvres qui s’exilent en territoire conquis. Les lèvres qui cognent contre les siennes. Contact retrouvé. Contact animé d’envie. Le sourire pour se liait à l’éternité. La vipère qui charme la surface gonflée. La vipère qui s’infiltre et condamne. La respiration en suspend.
La colère annihilée par la condamnation. Distance frivole comme les lippes. L’amoureuse danse où tanguent le charme et la sensualité. L’amoureuse danse où les émotions sont reines. Les fronts collés. La main qui déborde sur le sweat-shirt pour le rapprocher. Les thorax pour s’oppresser. Les poumons pour s’étouffer. L’italien à moitié avachi sur Ronan. Plus de limite dans ces secondes qui paraissent se figer. Plus de limite quand sa main flirte avec sa cuisse et que l’autre dévore la gueule. Plus de limite quand les doigts glissent sous le tissu pour frôler le caramel. Remontée sur l’abdomen, le long des flancs et le thorax. Le pectoral gauche pris d’assaut. Le bruit des mouvements du palpitant perceptibles sous les pulpes.
Le sourire sur la gueule. La langue qui range. La salive qui bénit l’instant. Pression démesurée des charnues. Celles qui gonflent à chaque passage, à chaque assaut.
Rythme effréné. Rythme salace. L’impulsion du recul pour mieux foncer la tête dans le mur. La main effrontée dans les cheveux. La main effrontée dans les boucles qu’il empoigne. Assaut de la dominante pour bercer l’autorisation divine. Assaut de la dominante pour capter l’intention. Les respirations en suspend. Les respirations aux abandonnées absentes. Plus rien ne compte. Plus rien ne fait sens. Je me nourrirai de tes lèvres avant de connaître la famine. Je me nourrirai de ta peau avant de fusiller l’abandon. Je me nourrirai toi même si c’est que quelques secondes. J’serai ton clébard si ça te chante. J’serai ton otage si ça te fait bander. Mais me laisse pas putain. Pas encore une fois. Pas après m’avoir assassiné de tes mots. L’irréel au bout des lippes. Le contact qui n’en finit pas. Le crâne qui voltige vers l’arrière quand la charnue déborde sur la mâchoire. Dans le creux de son cou, près de son oreille. — I’m obsessed with your smell. You’re insane, Farnese.
Le rire qui déborde et le front qui revient fustiger le sien. Les lèvres qui continuent de se frôler, de se bercer. Les mains sous le sweat-shirt pour sacrer l’échine. Poigne contre les flancs pour ne pas couper à la distance. Le bout des pulpes pour dessiner des formes anodines. Le bout des pulpes pour racoler sa présence. Rien que pour sentir les frémissements. — I should hate you. L’aveu et le regard qui s’ancre. Les vagues où l’espoir crève en repensant au pire. — And I fucking can’t. Jamais. Jamais je pourrais te hair. Tu me flingues. Tu me ronges. Tu me hantes. Mais j’continue de te désirer. J’continue de me perdre dans mes propres sentiments. Déroute que tu as imposé. Déroute que tu apposes sur mon derme.
Arrêtons les dégâts tant qu’il est encore temps.
Laissons filer les détonations ailleurs que sur nos poitrines.
Pars loin et n’essaye pas de revenir.
Et si tu choisis de le faire, reste pour l’éternité cette fois-ci.

_________________
je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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Lorenzo Farnese

Lorenzo Farnese
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MessageSujet: Re: will the sun ever rise (ronenzo)   will the sun ever rise (ronenzo) EmptyLun 11 Fév 2019 - 7:16

La tête secouée de gauche à droite. Négation lancée vers le divin.
Haussement des épaules. Le crâne qui continue de danser contre sa paume. Qui réclame et racole la douceur des gestes. Tu mérites rien de tout ça, Lorenzo. Ses doigts chargés de grâce. Ses pulpes pour animer la quiétude au milieu des boucles naissantes. Accalmie malgré le mal. Malgré les mots infernaux. Malgré la salive balancée à ses pieds. À quoi est-ce qu’il joue, putain ? Pourquoi est-ce qu’il est comme ça avec toi, après ce que t’as pu lui sortir ? Après la déclaration de guerre crachée sur le bitume. J’me demande si t’as pas un problème, Ronan. Si ça tourne rond dans ta tête. J’te comprends pas. J’pige plus tes réactions. J’suis la pire des merdes avec toi. J’te respecte même pas. Et toi, t’es encore là. Là, à me sourire. Là, à me bénir de tes gestes. « Non saprei. Maybe because you’re good at it. Maybe because you’re special. Or maybe I’m just less of a precious prick. » Vérité dissimulée au milieu du reste. L’espoir qu’il la capte. La peur qu’il l’entende. Qu’il la relève dans une réponse à tes mots. Ouais, t’es spécial. Va savoir pourquoi c’est tombé sur toi. Ronan, comme la dernière pièce du puzzle. Morceau manquant pour compléter la vision. Donner l’entièreté de l’image pour guider tes pas. Ronan, sorti de nulle-part pour mieux t’achever. Sa belle gueule venue prendre le dessus sur toutes les autres, sous les lumières tamisées de son pub. Tu te souviens de la façon dont tes yeux ont couru sur sa carrure. De la honte qui a rongé ton crâne quand t’as réalisé la nature du ressentiment. Que c’était lui qui provoquait ce soulèvement dans ta poitrine. Que c’était lui qui animait cette chaleur au creux de tes reins. Désir soudain. Désir brûlant. Désir trop timide dans les iris noirs. Des regards jetés en secret, quand le sien se posait ailleurs. La crainte d’entrer dans son champ de vision. Et l’appel muet, pourtant. Regarde-moi, connard. Regarde-moi et comprends que t’es en train de me faire brûler sur place. Que j’pourrais me mettre à genoux devant toi si me le demandais. Oh, la belle ironie. Tes rotules, elles ont bien raclé le sol. Traînées sur le carrelage dégueulasse des chiottes. Tu l’as suivi comme un clébard, le patron des lieux. Le cerveau qui répondait plus. Les jambes avaient pris le dessus sans prévenir. Sans que tu ne puisses intervenir. Raison absente. Les pas guidés par l’ivresse. Éthanol dilué dans les veines pour achever les dernières onces de restriction. Délimitations effacées par les muscles de son dos que la chemise trahissait. Carrure suivie. Carrure filée jusque sous les néons grésillant. Nouvelle forme de prière sous l’impulsion de ses lettres. L’acte tellement brouillon, malgré les souffles échaudés. Malgré toute cette envie lascive battante dans tes veines. Tu savais pas quoi faire, Lorenzo. Pas quoi faire de tes lèvres. Pas quoi faire de tes dents. Pas quoi faire de ta langue. Artiste de la pire des offrandes orales, sans aucun doute.
Et pourtant, on est encore là, Ronan. Malgré mes maladresses. Celle de mes lippes gonflées contre ta chair. Celle de mes doigts sur ton corps. Celle de mes mots, y’a quelques minutes à peine.
Sa voix résonne à nouveau. L’accompagnement du rire mal assuré. Ça dessine un rictus sur tes lèvres. Sarcasme ondulant dans le ton de sa voix. Tes canines exposées par l’ourlet de tes lèvres. Sourire carnassier. Prédateur contre la proie acculée dans ses derniers retranchements. Tu te joues de lui, Lorenzo. Profite du moindre instant de dominance pour reprendre le dessus dans la conversation. Y’a qu’un quart de l’assurance habituelle, pourtant. L’autre qui te déstabilise trop. Qui met à mal l’attitude séductrice. Putain, tu t’en sortais bien mieux planqué derrière l’écran de ton téléphone. L’envie de taper ton épaule contre la sienne. D’assener le contact rassurant. Mais ça ne serait faire preuve que d’un égoïsme exacerbé, quand t’y penses. Parce que l’irlandais, tu veux juste l’entendre avouer. Tu veux juste entendre sa voix t’expliquer que oui, il la jalouse. Que t’es pas le seul à crever en silence quand il est sous le contact d’une autre partageant sa vie depuis des années. « Well, this is clearly not her that I’m waiting for. » L’accroche du regard. Le noir s’emprisonnant du clair. Les dents contre la lèvre inférieure pour mieux provoquer. Tu ne pourrais pas t’en foutre plus, de cette gonzesse. Sirène qui tente en vain. Enchanteresse qui manque de respect à la frangine en essayant de laisser ses doigts courir sur ta peau. Dans tes cheveux.
Un schéma toujours identique. Les sorties où tu t’incrustes. Les fois où elle s’invite dans la demeure. Les pires tenues pour provoquer. Les gestes pour charmer. La voix pour hypnotiser. Et tu vas pas mentir, Lorenzo. Ça marchait, au début. Faut dire qu’il a raison, le Costigan. T’es qu’une salope. Chair ambulante pour satisfaire les besoins. Mais l’attitude de Beck, elle a fini par la rendre laide à tes yeux. Inintéressante au plus au point. Désir absent au creux des reins, même quand elle ondule sous tes yeux sous les vêtements les plus légers. La gueule fatiguée du comportement pour seule réponse. L’écart que tu creuses toujours entre elle et toi.
Celui que tu ronges entre Ronan et ta carcasse. « I could not care less about that bitch. Especially right now. » Sursaut du cœur aux mots qui t’échappent. Putain, tu ne contrôles plus rien, Lorenzo. Pas quand il est là. Pas quand il est si proche de toi. Pas quand ses phalanges adoubent ta gueule. Pas quand tu sens presque son souffle danser sur ta peau. Assez pour faire frémir la tienne.
Dominante amourachée de sa nuque. Dominante installée au creux de son cou comme si elle était déjà chez elle. Et si c’était le cas, un jour ? Y’a pas grand-chose à faire, Lorenzo. Arrête de jouer au con. Ravale cette haine dictée par la société et la famille. Ravale cette putain d’arrogance. Sa présence à tes côtés qui pourrait être l’unique source de la fierté débordante sur tes traits en permanence. Que des chimères que tu préfères enfermer dans un recoin de ton crâne. Ça arrivera jamais, cale-toi bien ça dans la caboche. Tu te vois vraiment avec lui, cazzo ? Avec un homme ?
Bien sûr que non. Parce que c’est pas naturel. C’est pas normal. C’est pas la bonne façon de faire. Parce que c’est pas toi, Lorenzo. T’en es pas, de ces mecs. Tu ne l’as jamais été. Tu ne le seras jamais. Et c’est pas des coups de trique sur la table d’un bar qui vont venir changer ta perception des choses.
Mais t’essaies de convaincre qui, en fait ? T’es qu’une tante. Une salope qui réclame la queue d’un autre. C’est trop tard. T’es passé du côté des enfers. T’as chuté dans les flammes dès l’instant où tes genoux se sont écrasés sur le sol des chiottes. Dès l’instant où ton regard s’est posé sur lui. Dès l’instant où t’as senti ce feu impur s’animer au creux de tes reins. Tu laisses échapper un soupir. Tentative de recouvrir ce sifflement dantesque dans ta tête. Crachats fracassants du Malin au sein de ta boîte crânienne. La concentration sur son souffle. Le remède pour les faire taire. Paupières closes. Le contact des visages en leur sommet. Étreinte parfaite pour camoufler le dédale des craintes. La gauche qui s’accroche toujours plus à sa nuque. T’as peur de tomber, Lorenzo. De chuter si jamais le contact se brise. Persuadé que ta carcasse s’écroulera sur le sol quand il s’écartera, le Costigan.
L’harmonie des respirations. Les échanges muets. Les déclarations interdites. Le sourire en écho au sien. Les prunelles qui retrouvent la vue uniquement pour rencontrer l’exposition des clavicules. Jeu de l’autre. Jeu du divin pour te déstabiliser. Et putain, ça marche. La faible abandonne l’étreinte contre le tissu. Préfère s’y glisser jusqu’à l’ouverture. Pulpes imposées sous la chemise. Détaillant les dessins encrés sur l’ivoire. Sillon des doigts dans l’espoir de le brûler autant qu’il te crame. Tes yeux captent les siens. Dégueulent tout ce désir ardent sous l’épiderme. Cette envie de lui. De ses lèvres. De ses mains. De sa peau. De son corps. De sa chair. Au milieu de la ruelle, s’il le faut. T’es prêt à tout, Lorenzo. Prêt à tout pour lui. La dominante remonte. Se glisse dans le châtain. Étreinte contre ses mèches. Son visage que tu relèves. Ses lèvres que tu places à quelques centimètres des siennes. Tu tiens plus. T’y arrives plus. T’en as marre de te battre. T’en as marre de jouer les fortes têtes alors que la sienne t’obsède.
Le refus pour remuer la caboche. Rictus de connard pour étirer les lippes. « I thought you loved my accent, stronzo » L’écho aux messages échangés. À ces insultes qui pourraient devenir aguicheuses si prononcées au creux de son oreille. La gueule qui se niche contre la sienne. Le métal froid décorant le septum contre ses traits chauffés par les ecchymoses. Les marques qui soulèvent toujours les interrogations au fond du crâne. Tu ne demandes pas, pourtant. Ne cherche pas à savoir. L’allure qui suffit à expliquer. Le coin de la ville où se trouve son pub comme argument de poids dans la balance. Ronan, il ne traîne pas dans les affaires les plus nettes. Ronan, il n’est pas ce genre de gars avec une vie rangée. Du sang sur les mains. L’âme nécrosée par le péché. Et tu t’en fous, Lorenzo. Te moques complètement du passé de l’autre. N’espères qu’un futur où y’aura sa gueule. Des songes pour remplir l’esprit. Pour bercer les espérances et amenuiser les craintes.
Un long soupir borde tes lèvres. Le visage emprisonné entre ses mains. Cœur tambourinant dans ta poitrine. Cœur demandant l’euthanasie pour arrêter de souffrir de la sorte. Prêt à éclater quand il est là. Prêt à imploser quand son absence pèse. L’appui de tes phalanges contre l’arrière de son crâne. Rapprochement que tu réclames en silence. Rapprochement que t’attends sous son impulsion. Pas foutu de le faire. Trop peureux. Pas assez de courage. Crainte impératrice dans la cage thoracique. J’flippe trop, Ronan. Et j’comprendrai si tu me repousses. Si tu me jettes et me laisses ici à crever la bouche ouverte en attendant la tienne. Je l’aurais cherchée, cette sentence infernale. Justice parfaite après la haine que j’ai littéralement crachée à tes pieds. Je t’en voudrais pas. J’en suis pas capable. Pourtant, y’a la dominante qui se raccroche au châtain. Appel de détresse. La faible glisse le long de sa clavicule, charme sa peau lors de l’aventure. S’infiltre toujours plus au milieu des tatouages. Reine des Enfers ondulant sur ses terres.
Le coup, pourtant. Le sursaut de la carcasse. Ronan qui s’échappe. Peur éclatante sur ses traits, alors que tes lèvres les cherchent encore. Arrachement du myocarde en même temps que sa fuite. Les bras tendus parce que t’as pas été foutu de le lâcher. De briser le contact. De mettre un terme à la visite des champs Elysées. Écho résonnant dans la ruelle. Écho pour faire naître la crainte dans le myocarde. Pour animer le regard sous la faible lueur du lampadaire. La recherche de l’intrus. Du mal venu désordonner le bien. Tu déglutis, Lorenzo. Commences déjà à imaginer le pire. Des clichés décorant le papier glacé. Les titres des articles pour attirer le regard. Buzz doré pour la presse à scandale. Lorenzo Farnese gay ? We have proof ! La carrière éclatée. Des années d’efforts piétinées par quelques photos au milieu d’un magazine. Vie foutue en l’air sous les flashs. Ça te fait vriller, putain. Tu les entends déjà, au pays. Tous prêts à cracher la haine. Prêts à ajouter l’homophobie au racisme déjà trop exacerbé. La risée d’une équipe entière. Des insultes qui viendront remplacer les chants des supporters. Des mots aussi acides que ceux que t’as osé prononcer. Des mots dont tu deviendras la cible, cette fois. Rôles inversés. Ironie du Divin pour se venger de tes écarts de conduite.
Tu suis son regard. Captures la forme animale à quelques mètres. Tu lâches un soupir, Lorenzo. Trop fort, sans doute. Trop évocateur, sans hésitation. Le désir devant le seul poids dans la poitrine. Tu rigoles, même. Ricanement pour laisser les nerfs s’échapper entre tes lèvres. « Dio mio. » La gueule se tourne. Les prunelles retrouvent les siennes. Palpitations ardentes. Carcasse chevrotante. Le râle hors des lippes à l’emprise contre ta cuisse. Sursaut des veines. Adrénaline battante dans les vaisseaux. La jambe suit ses impulsions. Pantin entre les mains de l’irlandais. Les muscles devenus chiffon. Collision des bustes. Le contact pudique des lèvres. Les tiennes qui se tendent à la recherche des siennes. L’appel muet. Rictus sincère aux commissures. L’anglais teintant l’italien. Accent pour provoquer. Pour faire crépiter les flammes dansantes dans l’abdomen. Tu hoches la tête, Lorenzo. Incapable de parler. Incapable de laisser la voix approuver. Tu me fais perdre mes mots. Tu me fais perdre toute consistance. J’pourrais littéralement fondre dans tes bras tellement que mon corps s’y réchauffe. J’pourrais partir en cendre. T’allumes l’incendie, Ronan. T’animes le feu sacré. Fais-moi otage. Fais-moi tien. C’est ton sourire qu’il embrasse, l’instant d’après. Et il t’en fallait pas plus, Lorenzo. La gueule s’abandonne contre la sienne. Les lippes dévorent. Conquièrent. S’imposent dans l’espoir fugace de ne plus jamais repartir. Respiration coupée. Les poumons deviennent secondaires face au reste. Tapage violent des veines. L’irrigation qui se précipite au bas du ventre. Tu pourrais crever sur ces pavés dégueulasses. Contre ce mur froid. Au milieu de cette rue sans âme. Ça serait le cadet de tes soucis.
L’ultime abandon contre sa carrure. Le corps qui réclame toujours plus le sien. Raclement des graviers sous ta carcasse qui se traînent contre la sienne. Gémissement lâché contre ses lèvres, quand la chair commence déjà à réagir en dessous du niveau de l’élastique du jogging. L’ouverture des lippes pour mieux laisser passer sa langue. L’intruse bienvenue. L’intruse dansante contre sa congénère. Mélange lascif des salives. L’écart de conduite dans l’angle mort du Seigneur. Un désir accompli est doux à l'âme, mais s'éloigner du mal fait horreur aux insensés. Collé à lui. Les jambes frottant contre les siennes. Le sursaut de l’épiderme au contact inespéré. Réveil de la peau sous les frissons. Bonheur éclatant contre ses lèvres. Complainte qui s’en échappe. La peau que tu tends sous son passage. Muscles ciselés que tu cherches à faire ressortir quand les sillons s’y apposent. Le besoin d’être parfait pour lui.
Est-ce que t’aimes ça au moins, Ronan ? Sentir l’exposition de l’athlétisme contre tes doigts ? Ou bien est-ce que ça te rappelle trop que j’suis un mec ? Est-ce que ma peau est trop masculine à ton goût ? Parce que la tienne, j’peux plus m’en passer. J’ai douté, au début. J’vais pas te mentir. C’était pas normal, de sentir cette attirance pour ta carrure. D’avoir envie de laisser ma bouche traîner contre les contractures de ton dos. Mais putain, c’que j’ai crevé contre toi. C’que j’me suis senti revivre en sentant tes muscles tressauter sous mon passage. Dis-moi que c’est la même chose pour toi, putain. S’il te plaît, Ronan. Me laisse pas seul dans cette condition qui me bouffe. Les battements du cœur impossibles à dissimuler contre ses phalanges. Et putain, tu t’en fous tellement, Lorenzo. Dernier des problèmes à l’instant présent. Qu’il le sente, Ronan. Qu’il sente la façon dont il anime ton palpitant. À quel point la pompe s’emballe quand il est là. Quand il te touche. Quand il t’embrasse.
Nouvel essor du souffle à l’exode dans les boucles. Gémissements que t’as arrêté de compter depuis de trop longues secondes. Putain c’que c’est bon. Putain c’que c’est doux. Le contraste avec les tentatives de tous les autres. De toutes les autres. Seulement l’irlandais pour bénir les mèches de la sorte. Pour y provoquer l’incendie.
L’écart assassin. Épanchement de ta gueule quand la sienne recule. T’arrêtes pas, bordel. Je m’en fous de ne plus avoir de souffle. Je m’en fous de sentir mes poumons brûler. Je m’en fous d’entendre mon crâne hurler. Y’a plus que toi, Ronan. Seul nécessité. Seul besoin vital. T’es prêt à râler, Lorenzo. À te plaindre de l’absence soudaine. Mais il divague, le divin. L’assaut contre la mâchoire. Dans le cou. Et putain, ça te fait rire. Éclat de bonheur dans la ruelle déserte. La position dont tu profites. Les lippes qui s’apposent contre sa tempe. Une fois. Deux fois. Trois fois. Assez, tu l’espères, pour exprimer tout ce que t’arrives pas à prononcer à voix haute. Le nom sanctifié de sa voix. Le nom qui provoque le coup dans la poitrine. Le nom pareil à un poème sur sa langue.
L’impression de léviter. De sentir le monde s’éloigner quand il devient le tien. Les fossettes creusées dans les joues aux cercles des phalanges contre tes flancs. Chatouilles bénies. Chatouilles sacrées. Ondulation des hanches sous les sensations provoquées. Le couperet qui tombe, s’échappe de sa bouche. Claque dans la gueule. Le souffle à peine retrouvé qu'il s’évade déjà. Tu lâches un soupir, Lorenzo. Tente par la même occasion de vider ce poids qui ne fait que gonfler dans ton thorax. L’échec cuisant.
Tu te hisses, l’instant d’après. Les jambes balancées de part et d’autre des siennes. Les genoux raclant les graviers quand tu t’installes à califourchon au-dessus du divin. Bassin apposé trop près du sien. Les mouvements réprimés. Les sinuosités châtiées. Tes paumes entourent son visage. Les pulpes chancelantes font attention aux bleus. La peur de le blesser en appuyant trop fort. Onyx planté dans l’embrun. Lèvres tremblantes, encore gonflées des siennes. Les pensées qui s’entrechoquent les unes contre les autres dans la boîte crânienne. Bien sûr que tu devrais me détester. Me rejeter. Me laisser là. T’as pas encore pigé, Ronan ? J’suis le Mal incarné, putain. J’vais t’apporter que du malheur. Que de la douleur. Toi. Moi. Nous. L’équation qui détonne. Calcul impossible à résoudre. C’est que des chimères. Des rencontres au hasard. Des baisers bordés d’espoir. Du sexe pour essayer de se convaincre. Mais j’le sais, bordel. Y’a la réalité qui va nous revenir en pleine gueule. Y’a la normalité qui va vouloir retrouver ses droits. On est éphémère. J’suis qu’un passager de courte durée dans ton existence dorée. « I wish you could. » T’as la voix qui tremble, Lorenzo. Échaudée par le désir. Malmenée par la crainte que tout s’arrête dans la seconde. Dominante qui remonte le long de son visage. Contre ses pommettes. Sa tempe. S’infiltre entre ses mèches. T’es plus capable de le regarder. Les prunelles préfèrent se calquer sur la gauche. « It would have been easier, then. » C’est à peine si tu perçois l’écho de ta voix. L’impression de l’entendre venir d’un autre monde. Salive ravalée. Des sanglots aussi, sûrement.
J’veux pas, Ronan. J’peux pas te laisser partir. J’peux pas imaginer mes lendemains sans toi.
J’préférais crever que de tourner les talons.

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maybe you're the sun, and i'm the moon. and we were never meant to collide, but wouldn't it be spectacular if we did ?
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Ronan Costigan

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MessageSujet: Re: will the sun ever rise (ronenzo)   will the sun ever rise (ronenzo) EmptyLun 11 Fév 2019 - 19:58

Léthargie des muscles. Le corps endolori par le deuil impossible.
Les iris où le dégradé n’est plus que néant. Automate flirtant entre la mort et la vie. Automate au myocarde nécrosé. Les pas qui s’accumulent mais ne riment plus à rien. Le bitume frôlé par habitude, par obligation. L’esprit enfumé des regrets. L’esprit enfumé d’la douleur. La silhouette qui se perd dans les méandres. Les flammes en arrière-fond pour libérer l’ordre satanique. La punition divine pour toutes les conneries, tous les drames. Tu as fais couler le sang, Ronan, tu vas devoir payer. Et bientôt ce sera le tien qu’on épongera. Bientôt ce sera le tien qui fustigera ton échine. Les poings liés contre la poitrine. Refrain des coups pour se donner une impulsion d’oxygène. L’air manquant. L’air disparaissant. Les soldats vaincus et tombés un à un. Tranchées avides des fantômes. Champ de bataille illuminé par les dernières respirations. Le sacrement pour bénir les corps sans vie. Le sacrement pour absoudre les dernières couches encore brûlantes.  Lumière maculée pour rappel vers le tout puissant. L’appel des voix divines pour écorcher l’adieu. Les voix rouillées des larmes. Celles refoulées. Celles enfermées dans un coin de la caboche. Celles bénites des regards arides d’émotions. Sécheresse autour de l’organe vital. Battement à peine assuré. Battement à peine mesuré.
Il y a eu Simon. Il y a eu l’écho rires durant la première seconde. Puis l’écho des balles pour le foudroyer. Les mélodies encastrées l’une dans l’autre pour disséminer l’angoisse. La voix tremblante, balbutiante du vice. Les mains rongées par l’hémoglobine. Les supplications au dessus de la carcasse. Le sourire du meilleur ami. La détresse du bourreau. Çà devait pas se passer comme ça, tu devais pas crever, tu devais pas payer le prix fort pour t’être attaché à un costigan. Le blase pour te condamner à la peine maximum. Le blase pour capturer ton dernier souffle. Le regard perlant de sel pour égosiller les dernières certitudes. Les picotements sur la chaire pour rappel du funeste. Le désir soulevé une nuit d’été. La chaleur extérieure pour se greffer à celle des reins. Un regard plus appuyé que les autres. Un regard plus fiévreux. Les sourires en écho. Les miroirs pour communier. Il avait désiré son meilleur ami. Il avait désiré un mec. Prémisses d’un mal qui rongeait depuis le départ. Pas capable d’avouer quoique ce soit. Pas capable d’oser affronter la vérité graveleuse. Celle qui aurait dégoûté le monde entier. Peut-être même Simon. Le courroux du Malin pour imposer la dernière confession. Les trémulations de Ronan pour secouer le spectre sans vie. Putain, ouvre-les yeux. T’es pas censé me laisser. T’es pas censé partir sans savoir. T’es pas censé lâcher ma main. Tu m’avais promis. Trahi pas les mots d’hiver. Trahi pas les sourires d’automne. Trahi pas les rires d’été. Trahi pas l’accalmie printanière. Simon, reviens. Le corps disparaissant au milieu des vagues. La carcasse balancée dans l’oubli comme un clébard. Le secret collant à l’échine, comme l’honneur au blase.
Il y a eu Ean. Il y a eu Rafferty. L’éclat du clan ruiné par les morts prématurées. Le cousin. Le frère. Le sang pulsant des lettres maudites. La claque dans la gueule une première fois. Puis une seconde. Tapis de cendres pour rappeler la réalité. Le deuil impossible. Le manque vissé au creux du ventre. Le manque vissé au creux du myocarde. Approximation de la vie au milieu du deuil. La soif de vengeance pour recouvrer les lippes. La soif de vengeance pour atrophier les certitudes. Ne plus vivre qu’à travers ça. Ne plus respirer que pour ça. Protection brutale d’un futur sans eux. Les carcasses fauchées. Les carcasses arrachées.
La chaire maculée où l’écarlate s’impose. Mais qui sera le prochain, Ronan ? Peut-être toi. Pour tes conneries. Pour ce désir sur tes reins. Pour t’enticher d’un mec. Parce que ça t’as pas suffit avec Simon. T’es bon qu’à creuser ta putain de tombe.
Les planches du cercueil éclatées par un regard. Les cendres des iris. Les cendres des prunelles. Corps à corps entamé sous les hospices de la provocation. Envoyé du diable pour racler les barrières. Il a rien vu venir, Ronan. Peut-être que si en réalité. Conscience des dégâts capables de s’écraser en plein dans sa gueule. Le pied enfoncé sur la pédale d’accélérateur pour foncer. Fuite dans les chiottes. L’ambiance aussi crade que le désir. La paume pour verrouiller la porte. Le corps racoleur du sien. L’esprit embué par l’interdit. L’alliance frôlée une dernière fois. Pardonne-moi mon amour. Pardonne-moi d’avoir craqué. Pardonne-moi d’avoir communié avec l’Eden. Pardonne-moi d’avoir racolé ses lèvres. Pardonne-moi d’avoir désiré des lendemains à ses cotés. Pardonne-moi d’être ce monstre que tu détesteras. Toi, la reine de l’asphalte. Toi, la reine entachée par l’ombre du prince. Il n’avait hésité qu’une fraction de seconde. Terrassé par les effluves. Terrassé par l’accent. Terrassé par la provocation des sourires. Terrassé par l’empreinte de la bouche vissée sur la trique. L’empreinte des maladresses pour éprendre les rictus. L’empreinte du myocarde déformé par chaque pulsation. Comme celles des veines pour racoler le palais. Le marquer au fer rouge. L’inconnu gravé au creux des reins. Condamnation divine. Conséquences encore trop ancrées à l’âme. J’pensais pas qu’on se reverrait. J’pensais que tu étais une erreur de parcours, un moyen d’passer le temps, un moyen d’me persuader d’être encore vivant. J’pensais pas que ta gueule viendrait me fustiger sans concession. J’pensais pas que ta gueule apposerait les derniers sacrements. Tu es comme ces bourreaux face à la dernière pénitence. Ceux qui proclament l’injection létale avec le ricanement aux lippes. Et l’écart rompu. L’appel du vice. L’appel du diable. Les lèvres suspendues comme accroche céleste. Le maculé de la lumière pour guider les pêcheurs. L’impression de vue rien qu’au premier contact. Les respirations éreintées par l’abus. Les respirations captivées par la gloire des corps. Ceux qui se rapprochent. Ceux qui se cherchent. Les paumes pour capter les dernières intentions. Jamais assez proches. Jamais assez en communion. La main dans les cheveux pour saisir les boucles. La main pour créer la proximité. Dominante assurée. Les maladresses évaporées.
Baiser qui dégouline de ressentiments et d’envie. Contradiction émises du signal de la vipère. Celle qui vient tanguer. Celle qui vient rameuter l’attachement. Le goût de l’autre pour percer les contours de la bouche. Les souffles brisés d’impatience. Les gémissements raclent la surface gonflée. Le sourire en l’entendant. Le sourire en s’abreuvant de la source divine. Des minutes entières à bouffer sa salive. Des minutes entières à expulser les sentiments contre sa gueule. À chaque fois plus fort. A chaque plus loin. Poison déversé jusqu’au fond de la gorge pour pas le perdre de vue, pour pas sentir le manque venir le fusiller sur place. L’asphyxie. La vie. La mort. Les éclats des souvenirs. Les caresses des lippes contre son cou, contre sa tempe. Les doigts qui rôdent comme des chiennes. Contours des empreintes bercées par la douceur. L’indomptable contact qui fait frémir, qui fait soupirer. Ronan qui étouffe. Ronan qui respire plus. Mais putain que la sensation est bonne. Putain que ça le fait bander. Le tissu à l’étroit. Le tissu prêt à éclater. Son myocarde aussi. L’étreinte des pulpes sur le caramel. Chemin où il devient roi. Chemin où il sème l’irréel.
L’abandon pour rupture.
La mise à nue devant les mots crachés. Les charnues encore tremblantes. Pigmentées à l’encre noire. Impossible d’oublier. Impossible d’essayer. Putain, tu vois l’état dans lequel tu me fous ? Tu vois à quel point j’deviens qu’un pantin. Tu articules les fils et j’remue la queue. Tu articles les fils et je me prosterne. Y a que ta belle gueule pour éclairer mon paysage. Le décor ravivé de ton sourire. Le décor rongé de ton odeur. T’es partout. Même dans tes absences, tu restes l’accroche au vivant. Le dégradé vaincu par les cendres. La brillance inexorable pour bénir la nuit. Seul reflet dans le désert.
Les mots pour claquer. Les mots pour dégommer. Il avait besoin de le dire. Il avait besoin que l’italien sache. Encore plus si demain tout doit s’arrêter. Ronan, il a lutté. Il a repensé à Simon. Il a repensé aux conséquences du désir. Il s’est interdit de recommencer. Il s’est interdit de chuter les genoux à terre. L’échec cuisant. La haine cherchée dans les pensées. La détresse récupérée dans la poitrine. L’oubli impossible. La colère surplombée par les sentiments qui s’installent. Incapable de les nommer. Incapable de les assumer. Les lippes encore entrouvertes. Les lippes prêtes à ployer une dernière fois. Avant le départ. Avant l’adieu. Avant le rappel à l’ordre par les saints. Pensées envoyées vers les crachats qu’ils se prendraient. La gerbe déversée des lèvres pieuses. La gerbe déversée pour condamner la maladie. Phase terminale sous le derme pour l’empêcher de respirer.
L’assaut de l’autre. Le corps en exil sur le sien. Les genoux contre le bitume. À califourchon dans une offrande salace. L’insolence du bassin au milieu de la nuit. Saveur écarlate avec la peur d’être surpris. La peur d’être fusillé de regards dégoûtés. Mais les iris qui se focalisent. Les iris qui voguent entre la mer agitée et l’espoir lascif. Les ecchymoses bercées des pulpes. Ces bleus au corps, ces bleus à l’âme. J’ai voulu t’oublier. J’ai voulu me prendre des coups dans la gueule pour oublier la tienne. J’ai espéré que ça allait fonctionner. J’étais qu’un connard trop naïf. Plus l’adversaire frappait, plus tu revenais me hanter. Plus les os craquaient, plus ton empreinte se faisait reine. Rien n’a suffit t’effacer. Rien n’a suffit à combler le vide dans ma poitrine. Thorax déformé par les coups. Myocarde déformé par ton absence. Ses propres phalanges qui viennent contourner les poignets. Ses propos phalanges qui viennent frôler l’échine. Remontée ardente sur les avant-bras. Sourire en coin en l’écoutant. La caboche secouée pour marquer la négation. La splendide pour caresser le visage. Ses yeux qui se ferment. Ses yeux qui profitent. Instant de grâce sous les décombres. Le rictus sur la bordure des charnues. Le rictus et la déflagration dans la poitrine en l’entendant causer. La voix brisée. Les sanglots pour chemin sinueux. La main de Ronan qui s’élève. Assez pour se caler contre sa nuque. Assez pour que le pouce détourne le menton. Pour le forcer à le regarder. Pour le forcer à ne pas quitter ses yeux. — It wouldn’t be easier. L’aveu craché. Ses lèvres pour frôler les siennes. Les non-dits pour ronger la surface gonflée. Les non-dits pour effacer les larmes. La main tendue. La main éprise. Les caresses pour apaiser. Les caresses pour calmer. Les mèches prises d’assaut. Quelques secondes d’une perte de repère au milieu des cendres. Puis le bassin qui s’autorise un mouvement. Raclure des caillasses. Désenchantement des idées. Désordre des pulsions. Les mains qui descendent dans le dos. Chemin des enfers pour caresser, pour se retenir, pour le forcer à se rapprocher. Les lèvres pour flirter. Les lèvres pour danser. Étreinte où la fièvre dégouline. Comme la chaleur sur les reins. Les paumes audacieuses contre son cul. Désordre des idées au milieu de la ruelle. L’assaut pour charmer la surface. L’assaut pour dompter le galbe. Maladresse à peine brouillonne alors que le rire résonne. Le sourire communiant. Le sourire sanctifiant. — Not after that. Not after you. Et cette main qui longue l’élastique du tissu. Le jogging contourné avec lenteur.
Le souffle court. Le souffle rapide.
Mélodie hachée au grès des souvenirs qui remontent trop vite.
Les images en cascade pour se rappeler. Le corps à corps. Le coeur à corps. Les bleus vissés là au creux de la poitrine. La culpabilité soudaine. Les regrets amers. Autant que l’écho de l’insulte. Autant que l’écho de la honte dans le regard de Lorenzo. La honte d’avoir pu me toucher avoue. La honte d’avoir pu me désirer. La honte d’avoir été ce que tu refoules depuis trop de temps. La honte de t’imaginer à mon bras. Je serais rien que d’plus qu’un étranger, qu’un bon pote, qu’un alibi au milieu des décombres. Mais putain, ça prend pas pour moi. Ça me détruit d’y repenser. Les baisers qui ne suffisent pas à penser les blessures. L’incapacité de reculer pourtant. Les lèvres encore ancrées aux siennes. Léger mouvement de recul quand ses iris fustigent les cendres. Tapis noirâtre qu’il dessinerait à l’infini pour ne pas en perdre l’empreinte. Tapis d’éternel pour se faire roi dans son monde durant quelques secondes après.
Une inspiration. Écarlate respiration. Souffle bousillé depuis la rencontre.
Les yeux brillants. Les sanglots prêts à déferler.
La main pour se caler sur la tronche. La main pour forcer les visages à flirter d’une distance à peine définie. — The last time, I was sure that everything could be different between us. The way you made me feel alive. I would have been able to do many sacrifices for you. And I know how much is crazy. L’aveu qui déborde. Il aurait été capable de repenser le fil de sa vie. Il aurait été capable d’être dans l’ombre rien que pour racoler son corps. Il aurait plié les genoux à chaque ordre pour capter les prémisses de son myocarde. Il aurait vendu son âme au diable pour capturer la sienne. La seule chose qu’il se prend dans la gueule, c’est les désillusions. La seule chose qui brûle sa poitrine, c’est la haine crachée tout à l’heure. Le sourire triste pour étirer les lippes. Les pouces qui roulent une seconde contre les mâchoires. Dernière étreinte. Dernière offrande. — But I can’t. I can’t take any risk for someone who’s calling me ricchione because of fear and angry. You’re running away every fucking time. And I'm tired, Lorenzo. Les yeux baissés vers les bassins encore ancrés. Les yeux baissés vers la communion qui ne sera que poussières dans quelques secondes.
Les lèvres pour s’apposer une dernière fois contre ses tempes. Élan de tendresse quand la colère domine la décision. La gorge nouée. Le palpitant chagrin. La poigne pour le forcer à déguerpir sur le coté. La carcasse qui se redresse. La crasse sur le tissu. Les mains tremblantes pour saisir le téléphone. — I'm sorry. I shouldn't have kiss you. Look. I'm deleting your number as you wanted last time. Et l’abandon. Le geste pour communier avec les paroles. L’acte manqué trop de fois qui se réalise avec les astres en témoin. Il s’accroupie à sa hauteur. Une main pour frôler le visage. — It's better for you. Sourire attristé. Sourire ravagé par la douleur. — Not sure it's better for me. Evidemment que ça l’est pas. J’fais pas ça par envie mais par raison. J’écoute ma caboche à défaut d’écouter mon corps. Si ça tenait qu’à moi, j’resterai. J’pourrais pas me barrer. J’pourrais pas t’abandonner. Mais ça changera jamais. Tu fuiras. Tu m’insulteras pour te protéger. Tu nous vomiras pour pas assumer. J’ai une femme, Lorenzo. J’ai un fils. Ils méritent mieux qu’une raclure qui en désire une autre. Pardonne-moi d’pas avoir lutté. Pardonne-moi d’pas avoir été assez fort pour nous deux.
Et la carcasse qui disparaît.
Et les coeurs qui s’éteignent.
Et les corps qui se glacent.
À nous, à nos chimères, à jamais.

_________________
je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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