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 cold in the kingdom (ronan)
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Travis Dunham

Travis Dunham


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MessageSujet: cold in the kingdom (ronan)   cold in the kingdom (ronan) EmptyLun 21 Jan 2019 - 10:21

La nuit éternelle. Effluves d'alcool mêlées au bruit des docks coulant sur la mer. Nos souffles coupés, nos pas enlacés dans l'ombre d'une étoile filante au bout du ciel. Flamme contre flamme. Larme de sang et larme d'honneur. L'exaltation étrange d'une gorge murmurant les chants des celtes face aux landes irlandaises. Une enfance putride, se distillant dans la mémoire ramolli par le temps. Les cendres exhalées dans le désir du pouvoir. Un héritage maléfique, bordant les galbes acérées de ces visages d'enfants devenus grands avant l'heure. Ronan. Simon. Sebastian. Soldats de l'inconnu. Fuites effrénées entre les arbustes et les battements des nos coeurs naïfs, morts juvéniles et réveillés malfaisants. Mes semelles raclaient la surface silencieuse de la rue. Une vision noire, noyée dans les tourbillons d'une cigarette expirée avec un bout de poumons. Je n'en gardais plus beaucoup dans la poitrine. Seulement des éclats de vide. Des éclats de corruption. Un reflet qui s'amenuisait dans les sillages de Brighton. Flic au masque de fer. Flic répudié par choix. Et je ne pouvais plus contrôler la chute. Des mains salies par crimes et les investigations au coeur des gangs. Des informations décomposées par les poisons d'une existence immorale au sein des ténèbres. Elle était morte, putain. Elle était morte et ma vengeance ne la ramenait pas ! Delen, petite soeur de glace. Souffle d'éther dissipé sur la chaussée des géants. « Rih ! » Cours! Une incitation gaélique. Un jeu devenu emblème de nos vies. Je basculais entre les ombres de la ville. Une silhouette habituelle, rasant les murs poussiéreux et les barreaux d'une prison dorée. Ils marchaient tous à contre sens. Ils quittaient la fosse et je plongeais dans son abysse. Peu importait le sentiment et la lumière. Peu importait la promesse de Margot et la douceur de son étreinte. Le deuil était aveugle et l'âme écorchée. Une cicatrice d'émotion, puisant sa force dans chaque cellule de mon corps. Elle ne me suffisait pas. Elles ne me suffisaient plus.  Je serrais la mâchoire et grommelais mes pensées. La porte du bar grinçait sous la pression de mes doigts. Les parois ondulaient entre les brumes du crépuscule. Des carrures arquées sur les comptoirs et des bouches déliées par les vapeurs du vin. Je furetais autour de l'espace. Je cherchais le contact d'un ami changé en truand et le fantôme d'un autre, enfoui dans mes souvenirs. Ils étaient toute ma vie. La réalité parallèle au mensonge, là où je n'étais pas usurpateur. La où mon nom claquait et ricochait sur les langues. Sebastian Rhodes. Affirmation qui se conjurait au passé. Malédiction qui roulait dans mes veines et mes entrailles. Je plissais les yeux et m'installais sur un tabouret. Ronan avait trouvé un moyen de m'intégrer à la cellule. Une idée stupide formatée par les restes d'une loyauté qui nous avait lié, gamins. Je l'observais avec un sourire. Expression mutine, difficile à déchiffrer derrière le voile. Son titre me protégeait des questions. Et ma présence lui insufflait la mélancolie nécessaire à garder l'équilibre. A flots, les bateaux s'entrechoquaient et la collision les poussaient dans les profondeurs des vagues. La destinée connue. Un échec anticipé par nos ancêtres péris avant nous. Peut-être y croyons nous parce qu'on était stupides. Peut-être que la mort semblait si clémente au milieu des tortures de l'esprit et des guerres des clans. Je me redressais et me versais un verre de scotch. La boisson ambrée s'enfonçait dans ma chair. Une lame liquide, laissant ses traces jusqu'au fond de mon ventre. Je raillais et le regardais. « Eh, is fearr Gaeilge briste, ná Béarla clíste ! » Un irlandais cassé vaut mieux qu'un anglais malin. Parce que nous étions brisés. Nous étions à l'étroit dans cette cage. Des années de désillusions. Des années de désir inassouvi. Je ravalais mon amertume et effeuillais mes vêtements. Une veste alourdie par les munitions et le flingue. Des mailles de tissu qui collaient à la peau et griffaient les os. Sous les lumières dansantes de la pièce, mes vraies couleurs se dévoilaient. L'encre gaélique et les dessins tribaux d'une destinée d'ici expatriée de l'autre côté du miroir. Au milieu des saints, j'étais devenu démon. Et avec le démons, j'étais imposteur.

_________________
fire on fire, we're normally killers. with this much desire, together, we're winners.


Dernière édition par Travis Dunham le Sam 9 Fév 2019 - 11:10, édité 1 fois
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Ronan Costigan

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MessageSujet: Re: cold in the kingdom (ronan)   cold in the kingdom (ronan) EmptyJeu 7 Fév 2019 - 15:44

Les verres qui claquent. L’écho des rires pour capter les dernières attentions.
Les gestes mécaniques de l’alcool qui se déverse. Liquide boisé qui flirte avec la transparence. Les effluves amères pour taquiner les sens. Le piston des machines à bière pour racoler la nébuleuse. Les visions qui se croisent. Les interrogations qui se posent. Les iris obnubilées par les scènes anodines. Le boulot pour s’accrocher. Le boulot pour tenir debout. Le boulot pour camoufler les tréfonds du mal. Couverture pour les trafics. Couverture pour les combats illégaux. Couverture pour se persuader d’être normal. Existence embrasée sous le courroux des astres. Les souvenirs haletants sur l’échine. Les souvenirs racolés par l’amertume. Alors Ronan, il serre les poings. Il dégomme les pensées instables. Il s’empêche de penser. s’empêche de ressasser. Des heures passées dans ce pub. Son royaume. Son refuge. Une fierté. Un coup de poing dans la gueule du patriarche qui n’y croyait pas. Ton boulot, c’est honorer le blase, c’est participer aux deals, c’est devenir mon ombre avant d’me succéder. C’est pas essuyer des verres. Les paroles pour revenir lui frapper à la gueule. L’envie écoeurante de le rendre fier. L’envie écoeurante de capter l’attention autrement qu’au travers du sang qui coulait. Échec total. Comme trop de choses.
Soupire pour filtrer hors de l’ourlet charnue. La carcasse affaissée de tous les maux.
Il inspire, Ronan. Il expire avec encore plus de difficultés. Quelques bribes de paroles pour la serveuse alors que sa démarche scande des raclures sur le parquet.
Chaque parcelle de ce bar dont il se souvient trop.
Chaque parcelle de ce bar où l’ivresse a emporté la raison. La gueule de l’autre pour lui rappeler le pas de travers. La gueule de l’autre pour bercer les dernières illusions. Le silence imposé. La fuite comme seule issue de secours. L’ignorance pour venir lui dénaturer les traits. La fatigue reine de la trogne abîmée par les coups. La fatigue salutaire des insomnies. Heures passées à se refaire la scène. À tourner de droite à gauche dans les draps froids. À pas oser soutenir le regard de la maudite. À se demander pourquoi il avait agit de la sorte. À essayer de comprendre les silences. À se persuader que c’était mieux ainsi.
Mais t’en es même pas capable Ronan. Tu arrêtes pas de tourner en rond. Tu arrêtes pas de penser à lui. Et tu le détestes. Tu te détestes aussi. Un pas vers la maladie. Puis la punition divine pour te condamner. Tu l’as bien cherché après tout. La main calquée contre la gueule. Les yeux perdus vers cette table. Les coins portant encore l’empreinte des corps échaudés. Un soupire. Une respiration précipitée dans la hargne. Carcasse se traînant aux quatre coins du pub. Aux quatre coins d’un monde qu’il se serait vu consacrer comme le leur. Ridicule, putain. Il revient à sa place initiale.
L’esprit happé par une voix familière. Rictus pour ricocher sur le bord des lippes.
Travis. L’ancre. Le meilleur ami. Équation qui rimait à trois inconnus. Un de perdu. Deux de sauvés. Le souvenir de Simon. Le condamné à mort par les deals du clan. Le condamné à mort ancré là sous l’échine. Écho au pire. Écho au mal. Des scènes pour bousculer les idées. Incapable d’oublier. Incapable de faire sans lui. Le flic dans l’impasse. Le flic dans l’ignorance. Aucune idée des raisons de cette disparition. De cette coupure avec la réalité. Peu de questions entre les deux. Peu de jugements aussi. Deux âmes contraires. Le bien et le mal. La justice et le sang qui coulent. Les destins mêlés incapables de se séparer à présent. Les destins unis sous le versant des illusions.
Mais une affection réelle. Une amitié solide. Les poings unis par les années. Les poings unis par la tendresse. — God knows how much we’re broken. Rire chagrin. Rire cynique. Comme les mots. Comme la pensée vers le tout puissant.
Il attrape la bouteille du meilleur whisky. Des années d’âge. Le goût amer qui percute le palais. Le goût qui stagne et offre volupté au creux des lèvres. Le verre glissé vers son meilleur ami. Mouvement de recul pour contourner le bar et se poser à ses cotés. Les carcasses avachis. Les phalanges pour étreindre la transparence. Le regard fixé vers le néant. — — Hope you have less fucked up news than me. Le spectre de la soeur. Le spectre d’une quête. Le spectre d’une vie arrachée. Le spectre des questions qui subsistent.
L’envie de l’aider. L’envie de conjurer la douleur. L’envie de la récupérer pour souffrir à l’unisson avec Travis. Le sourire complice au coin des ourlets.
Aide-moi à tenir debout.
Aide-moi à pas m’effondrer.
Des années à se sauver. Des années à se tirer la tête hors de l’eau.

_________________
je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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