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MessageSujet: fire on fire (alex)   fire on fire (alex) EmptySam 19 Jan 2019 - 22:17

La tapisserie était ridicule. Des fleurs s’entremêlaient, se rejoignaient, se chevauchaient, pour donner ce papier peint ridicule. Il lui donnait la nausée. Pourtant, elle le fixait, imaginait presque les pétales bouger, s’envoler au grès d’une brise invisible. La décoration entière de la chambre était affreuse. Des couleurs chaudes. De l’ocre, du jaune, du marron. Un papier peint démodé, un tapis en peau de bête. Puis ce lustre. Il pendait, fièrement et scintillant, l’aveuglait à chaque fois qu’elle posait son regard dessus. Un établissement de luxe, qu’ils disaient. Un cinq étoiles, où la simple nuit coûtait plus que son salaire. Lisa, elle aimait les choses épurées, agréables à l’œil. Minimalistes, comme dans les catalogues d’IKEA. Elle soupira, les mains croisées sur son ventre légèrement arrondi. La bosse était subtile. Quelques centimètres de tour de taille en plus, la poitrine un peu plus gonflée. Les différences étaient visibles pour ceux qui prêtaient un minimum attention à son physique. Lisa était mince, toujours moulée dans des robes tailleurs élégantes, dans des jupes crayons et des chemisiers en soie. Alex raffolait de ses tenues, adorait caresser ses formes de ses mains calleuses. Un sillon humide creusait ses joues, accentuait la forme de ses pommettes. Chaque inspiration lui brûlait les poumons. Et cette douleur, lancinante, qui agitait son palpitant et lui écrasait un peu plus la cage thoracique. Une sensation de vide l’enveloppait. L’étreinte était angoissante, comme si de gros bras l’enserraient, et lui faisaient perdre pied lentement. Elle n’aimait pas les conflits, Lisa. Ironique, pour une avocate qui adorait pourtant son métier. Mais les disputes avec Alex étaient blessantes. Les mots s’enfonçaient dans son cœur, comme des balles tirées à bout portant. Elles laissaient des séquelles, ces balles. Elles intimaient la haine, la rancœur, l’abandon. Toutes ces choses qu’on promettait de subir – d’aimer, parce qu’il paraît qu’aimer vient avec des conséquences, qu’il faut aimer les défauts, les chérir comme de précieux diamants – jusqu’à la mort, devant Dieu, devant témoins, devant familles et proches. Ses doigts jouaient nerveusement avec son alliance. Elle était partie, valise en main, pour le premier hôtel sur son chemin. Une menace, qui n’était réellement que de la fatigue. Elle était fatiguée de cette solitude, de ce travail qui comptait trop à ses yeux. Cette même solitude, qui l’avait poussé dans les bras de Teddy, qui lui avait coûté les fondations, le pilier de son mariage. La confiance. La culpabilité lui rongeait, encore, l’estomac. Seulement, les choses étaient différentes, maintenant. Elle était enceinte, prête à fonder cette famille qu’il voulait tant. Elle était seule, tellement seule. Et Alex, il ne comprenait pas, ne le voyait pas. Alors, elle était partie, avait éteint son téléphone, avait choisi le premier hôtel pour se réfugier. Pour pleurer son chagrin. Le silence lui tenait compagnie, lui apportait un peu de réconfort. Mais un martèlement incessant sur le bois de la porte vint l’interrompre. Avant même de l’ouvrir, elle savait qu’Alex attendait sur le palier. « J’ai pas envie de te voir, » déclara-t-elle assez fort pour qu’il l’entende à travers la séparation, avant de s’adosser à cette dernière.

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MessageSujet: Re: fire on fire (alex)   fire on fire (alex) EmptyDim 20 Jan 2019 - 15:27

Ce n'était qu'un jeu de vanités. Une confrontation qui tressait ses noeuds dans le coeur. Nos regards glacés, effleurés par la rage d'une absence qui s'enfonçait toujours dans la chair. Un pardon qui faisait appel. Un procès éternel dans les couloirs du tribunal. La douleur nous laissait exsangues et lessivés. Je grommelais en fixant son message. Lisa était réellement partie. Un acte de colère. Un manque d'attention qui l'étreignait et la faisait prisonnière des jougs de notre mariage. Je marchais à reculons dans le vestibule. Son parfum se dissolvait dans la maison. Je m'arrêtais au milieu du salon. Les images se succédaient sur les murs chaulés. Sa silhouette disparue hantait les reliefs d'ivoire et les décorations de porcelaine. Je soupirais en me versant un verre de Gin. L'aigreur du liquide glissait dans ma gorge et ravivait la plaie. Blessure de l'âme ouverte sur l'organe vital. Une mélancolie immense qui revenait au galop dès qu'elle s'éloignait de moi. Mes phalanges se fermaient sur la bouteille. L'alcool coulait mais mon esprit demeurait stable. Un équilibre dangereux, martelant l'arrière de mon crâne. Le téléphone ne sonnait plus. Un désir de s'éclipser, de dresser une distance entre nous. Les mots avaient précédé la pensée. Elle cherchait une échappatoire à cette routine habituelle mais ma carrière était ma malédiction. Un fardeau qui se portait à deux. Une obsession de réussir et de briller avec les astres. J'avais quitté ma prairie adolescente afin de me consacrer au droit. J'avais tourné le dos à mes origines et renié l'héritage de ma famille pour la retrouver ici, entre les buildings gris et les nuages nacrés de Brighton. Notre vie s'articulait autour des miracles d'une modernité qui nous asphyxiait maintenant. Je joignais les mains sur mes genoux et grommelais en cherchant sa trace. Mas bras autour de l'abysse. Mon myocarde au bord du gouffre. Sa mère ne l'avait pas vu. Mensonge qui se rajoutait à la liste. Je redoutais le pire et imaginais ses courbes emmêlées avec un autre. Mon souffle s'enflammait et mon profil se courbait entre les meubles. Cents pas esquissés. Des appels aux amis, aux voisins, aux cousins éloignés. Des supplications restées inachevées. Une détresse qu'elle ne voyait jamais. J'ouvrais les applications des comptes communs. Je chiffrais les dernières transactions et trouvais le débit d'un hôtel de la ville. Je les traquais tous, quémandais la chambre de ma femme en menaçant de poursuivre l'établissement en justice. Et elle était enfin là. Dans sa tour perchée. Entre les murs tapissés de fleurs et l'odeur des Camphres. Je me concentrais sur ma démarche. L'ivresse s'était dissipée derrière la porte de la chambre. Mon poing effleurait la poignet et mon impatience se déversait dans le hall. « C'est pas toi que je suis venu voir. Je veux parler à mes gosses. Ouvre moi, Lisa ! » Je grinçais en m'appuyant sur la paroi. Ma respiration était saccadée. La paranoïa commençait. Je voulais qu'elle apparaisse. Je voulais voir son lit défait et inspecter la chambre vide. Je voulais qu'elle soit là dans mon étreinte. Bouche contre bouche. Coeur à coeur. Je voulais la retrouver et ne plus jamais partir.

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MessageSujet: Re: fire on fire (alex)   fire on fire (alex) EmptyDim 27 Jan 2019 - 13:01

Les sentiments roulaient sur son flanc, comme une bombe à retardement. Ils pulsaient contre ses côtes fragiles, dans un boom boom oppressant. Sa poitrine rétrécissait à chaque inspiration, et son palpitant explosait à chaque expiration. Elle avait mal, Lisa. Elle lui avait donné son cœur, sa vie, son âme toute entière, à Alex. Et lui, il fermait les poings, il écrasait son amour entre ses doigts calleux, au profit d’une ambition dévorante. Avocat associé. Le rêve d’une vie. Celui d’un petit garçon de la campagne, qui rêvait d’évasion, de grandeur. Il s’y voyait déjà, déambulant dans les couloirs des tribunaux, la robe et la perruque bien en place. Elle le voyait dans ses prunelles, Lisa, l’avait toujours su. Alex, il irait loin. Plus loin que la moyenne, plus loin qu’elle et ses rêves modestes de procès passionnants. Mais il s’était perdu dans ce labyrinthe de cupidité. Les allées s’allongeaient, et les buissons se mettaient en travers de leur couple. Leur complicité n’était qu’une illusion, qui s’effritait lentement, pour laisser place aux disputes et aux conflits. Aux doutes et aux peurs. Aux menaces et aux actions. Son adultère les avait fait chavirer. Le navire solide qu’ils naviguaient s’est démantelé, planche de bois par planche de bois, pour sombrer au fond du précipice obscur. Et même s’ils essayaient de recoller les morceaux, de recoudre les voiles avec des promesses au creux de l’oreille, avec des mots doux et des baisers, les abysses les happaient, encore et encore, de leurs longs doigts viles et malicieux. La porte lui rendrait péniblement dans le dos. La voix d’Alex vibrait contre ses dernières, faisait presque trembler les murs. « Non ! Ils ont pas envie de te parler, eux ! » Elle ferma les paupières dans un soupire fatigué. Quelques larmes coulèrent de nouveau le long de ses joues. L’impatience colorait le timbre de sa voix. Elle le visualisait, le front plissé, les lèvres courbées vers le bas, les poings serrés, le dos droit. Il était impressionnant, parfois, avec sa carrure imposante et ses prunelles vibrantes. Ses doigts s’enroulèrent autour de la poignet à l’aveuglette. Et aussi simplement, elle ouvrit la porte qui les séparait. Aussi simplement,  la lutte se dissipa de ses veines carmins. Elle était épuisée, mentalement, physiquement. Sans attendre, elle s’avança vers l’immense baie vitrée qui surplombait la pièce. Les prunelles collées au carreau, elle observa les constellations brillantes dans le ciel. La grande ourse scintillait de mille feux, fièrement, au milieu des aux autres astres modestes. Et silencieusement, elle continua de contempler le ciel sombre, les bras enroulés autour de sa propre poitrine pour chercher le réconfort dont elle avait tant besoin.

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MessageSujet: Re: fire on fire (alex)   fire on fire (alex) EmptyDim 3 Fév 2019 - 2:02

La promesse nostalgique. Des voeux murmurés au bout de l'autel. Et cet instant fracturé après dix années de mariage. Une tendance à l'épuisement. L'habitude des doutes et des angoisses. Une carrière placée sur un piédestal, simplement pour avoir une identité. Un nom qu'on respectait. La concrétisation d'une ambition qui dévorait les entrailles et aveuglait les coeurs. Lisa se distillait dans le décor, la silhouette arrondie entre les fluctuations des néons. La porte avait claquée mais le bruit résonnait encore au creux de mes oreilles. Et sa colère, palpable dans la chambre. Une tristesse mêlée à la rage. A l'anticipation d'un avenir prisonnier des alliances. Je ne comprenais pas — Et je ne voulais pas comprendre. Les lèvres pincées, je m'avançais au milieu de la pièce. Des couleurs immondes, des meubles assemblés dans un agencement étrange. Son échappatoire était toxique. Une prison contre une autre. Loin de moi, loin de mes omissions. Je la suivais en silence, laissant mes mains se tendre pour effleurer son dos. Elle ne bougeait pas, le regard vide. Des larmes échappées en secret. De cette désillusion que je ressentais plus. Un malheur intangible bordait ses expressions et ses regards. Je grommelais en me dressant à ses côtés. « Qu'est ce qui ne vas pas, Lisa ? C'est si horrible que ça de m'écouter — D'attendre et de m'écouter ? » Je sifflais calmement. Mon bras se crispait, retranché sous le manche de ma veste épaisse. J'avais abandonné le bureau pour la retrouver. J'avais traqué le compte commun et appelé sa mère. Des heures gâchées à se battre. Une énergie gaspillée à se haïr. Moi aussi, j'étais fatigué. De la lutte constante où nos évidences se chevauchaient. De nos joutes et des reproches. De la barre placée trop haut, que mes espérances n'atteignaient pas. Je soupirais en fixant le ciel. Un firmament d'étoiles qui s'effritait dans un fond noir. Illusion de lumière. Illusion d'une magnificence disparue. Je me tournais pour regarder son visage. Lisa était terne. Un mal être enfoui dans la chair. Une détresse orchestrée par la grossesse et les décharges hormonales. Mais c'était faux. Le poison trouvait son origine dans mes fautes. C'était moi, toujours moi. Le menteur. L'égoïste. Le mari absent et obstiné.

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