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 the tragic truth -- (ronenzo)
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Ronan Costigan

Ronan Costigan


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MessageSujet: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptySam 19 Jan 2019 - 14:58

Édifice aux allures archaïques. Écho des cloches pour conférer le rire du tout puissant. Paysage grisâtre. Décor embrumé par une couche dénuée de pigmentations. Le regard aussi éteint que le ciel. Courroux étalé par une revanche du divin. Moyen pernicieux d’imposer le jugement dernier. Marches glacées. Comme les palpitants. Comme les pulsations sabrées de son absence.
Attirance née d’un regard. Désir né d’un sourire. Addiction gangrénée de lui.
Volupté pour couvrir l’éclat du vice. L’anormal pression dans le bas-ventre. L’impensable envie sous les couches de derme. Nacre pour s’enticher des endroits rougies de honte. C’est venu d’un coup. Comme une claque en plein visage. Rosée du matin pour libérer un nouveau réveil. Rosée du matin pour un trouble constant. Des doutes greffés au palpitant. Des doutes nés de cette proximité qui aurait pu le faire étouffer sur place. Un seul regard pour foudroyer le soldat. Armure métallique pour se fondre sur le derme. Pénitence bénie des néons. Psaumes étouffés des gémissements sur la chaire durcie. Eau bénite conduite sur les chemins veineux. Dernier chemin vers l’autel.
Quarante-deux années pour ricochets sur les traits tirés. Certitudes envolées dans l’asphalte. La culpabilité du désir. L’impression de mal faire. Chemin éconduit par la normalité. Pente sinueuse où il trébuche sur chaque ressentiment. Même dynamique. Les draps froids. Les yeux qui s’ouvrent. La main sur l’abdomen. Grondement béni des souvenirs. Grondement béni de l’envie. Se réveiller un matin et découvrir que chaque certitude n’existe plus que dans des chimères. Se réveiller et oser poser son regard sur l’impensable réalité. Un regard pour saisir. Un contact pour chuter. Putain, Ronan, réveille-toi. Un mec ça doit aimer une femme. Ça doit pas racoler autre chose. C’est ça la putain de constante.
Et la famille ? Et les proches ? Et les amis ? Et les autres ? Société où la normalité s’impose dans une équation féminine et masculine. Société où la normalité s’impose par des sentiments souillés de banalité. Chemin dicté par les saints. Chemin glorifié par des préceptes à la con. Bouquin divin où s’accumule le lyrisme. Pour condamner. Pour punir. Pour bafouer. Les phalanges rugueuses pour contourner les prières. La pulpe sanguinolente pour déformer les pages. Les yeux égarés vers l’acerbe, vers le pénitencier. Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme, ce serait une abomination. Dissolution religieuse. Couperet du divin pour dernière condamnation. Dégoût proféré contre un amour différent. Contre un désir luttant contre les genres. Droit d’aimer bafoué. Droit d’envier annihilé. Contours étouffés par un homme, une femme. Pas de place à l’écart de l’esprit. Le ravage des méninges à chaque impression d’être anormal. Le ravage des méninges à chaque impression d’une maladie chopée sous les néons. Pathologie psychiatrique pour faire vriller les idées. Mépris des saints dans des regards qui s’ignorent. Mépris des saints sous la joute verbale. Les murmures face à ces deux hommes qui marchent dans la rue. Les murmures face à ces deux femmes qui osent s’embrasser. Contre-courant des sentiments qui font jaillir le courroux du roi, là haut. Les esprits étriqués pour faire plier l’acceptation. La peur au ventre d’être regardé comme une bête curieuse. La peur au ventre d’être considéré comme un déséquilibré. Pour l’avoir désiré lui ; pour avoir voulu le choisir lui.  Loi de différenciation ignorée pour le galbe des échos là dans la poitrine. Des tranchées abandonnées de vie où le soldat git seul. Déflagration de l’avoir tant désiré. Déflagration d’avoir tant scandé son prénom. Les quatre coins de la terre où la communion serait la même. Chaleur identique sur le derme à la vue du roi. Pesanteur dans la poitrine. Abdomen où se crucifix le désir. Psaumes répétés en boucle pour obtenir le pardon divin. Comme à cette seconde précise. La main contre la barrière de bois. Imposante frontière ébène où la silhouette se fond. Les pas rejetant le silence suprême. Colorations des vitraux pour se refléter dans le dégradé. La gorge raclée de l’amertume. Carcasse trainée dans une pièce lugubre. Asphyxie de l’espace clos. Confessions haletantes sous le poids des mensonges. J’ai pêché mon père. J’ai désiré un homme. J’ai sali les promesses offertes à ma femme. J’ai entaché notre amour. J’ai déçu le tout puissant. J’ai rêvé de plus. J’ai rêvé d’un lendemain avec lui. J’ai pêché mon père. J’ai crevé d’envie de recommencer. Je crève du manque. J’ai péché mon père. Et je n’arrive pas à regretter. Mon âme souillée de lui qui porte son blase. J’ai péché mon père. Me voilà prêt à accepter la sanction angélique et ma place au milieu des malins. Les aveux narguant l’air lourd. Discours rodé pour ourler les lippes. Discours rodé pour décorer la bouche. Ce blasphème. Cette honte. Ces regrets. Ceux qui n’existent que dans de rares moments de lucidité. Le crâne cabossant le mur du confessionnal. L’absence de réponse de l’autre coté du bois. Le palpitant sur le point d’exploser. Chute mécanique prête à lui claquer à la gueule. Et la fuite. La porte qui cogne. Les pas qui dessinent le sol céleste. L’air frais pour taper l’échine. La gerbe bloquée au fond de la gorge. Comme ce qu’il rêve de posséder pour faire vibrer les cordes vocales. Apostrophe du temps. Apostrophe des autres.
Et lui, le plus beau combat. Et lui, l’abomination pour laquelle il tomberait le premier.
Le posséder de sa chaire en regardant les saints. Prière éhontée de tout ce qu’il lui offrirait. (…) La mine effacée. Les cernes violacées pour pénétrer sous le derme. Fatigue dictée par les heures passées à l’hôpital. Temps de latence où la vie peut effacer la mort. Temps de latence où la mort pèse. Leo, réveillé. Leo tiré du pire mais pas remis pour autant. Cicatrice ancrée dans la chaire. Stigmate d’un instant où la vie bascule. Stigmate d’un instant où le pire peut résonner. Impression que les autres payent pour ses conneries. Impression que le sang coule pour imbiber les lettres du blase. Nuits blanches pourtant teintées du souvenir. Nuits blanches pourtant recouvertes des méandres. Prénom ancré. Prénom animé du vice. Prénom qui roule sous le palais dans des soupirs étouffés. L’éclat des sourires pour fustiger le regard. L’éclat d’une discussion banale comme s’ils pouvaient être plus que des inconnus. Secoue-toi, Ronan. A cette heure-ci, il a tout oublié. À cette heure-ci, tu n’es plus qu’un piètre souvenir. Des échos aux contours abimés dont il ne se rappellera plus.  Place vaincue au détriment des autres. Il en est convaincu l’irlandais. C’est gravé dans le derme. Séparation forcée sur les marches de l’hôpital. Séparation forcée pour couper court aux rêveries. Et depuis, les même pensées. Le même manque. Regard qui se perd inlassablement vers le tactile. Aucun son pour le tirer de ses pensées. Aucun son pour lui offrir le bénéfice du doute. C’est peut-être là, le seul message. Les phalanges impatientes de tenter une approche. Les phalanges éreintées de toutes les tentatives. Hey, hope you’re fine. Cian was happy to see you back. Premier échec lamentable. Les yeux brillants. Le téléphone tremblant. Le palpitant bercé des désillusions. Lettres effacées pour conjurer le mauvais sort. Lettres effacées pour se focaliser sur l’essentiel. La sortie de Leo. Sa reconstruction. Sa renaissance après avoir bouffé les flammes des enfers. La vie qui suit la mort. Les spectres qui s’encastrent sans laisser suffisamment de repos. If you want to talk… Message avorté avant que la fin ne soit qu’une mélancolie de plus sur le paysage. Traits lugubres pour peindre les alentours. À l’instar des contours grisés du palpitant. Battements ravagés à chaque approche, à chaque pensée. L’appeler. Entendre sa voix. Sourire. Rire. Finir par éclater en sanglot. Désordre émotionnel plié sous le poids de ce qui grouille, de ce qui fait cramer le derme. Prénom murmuré dans des supplices. Sors-moi de là, Lorenzo. Si je crève en enfer, promets-moi de venir me souiller de tes flammes. Promets-moi de venir m’étouffer de ta peau. Soupire qui filtre. Là où les mains s’affairent. Carcasses des verres qui disparaissent. Carcasses des bouteilles qui s’exilent sur les étagères. Pub réouvert ce soir. Influence létale de toutes ces ombres imbibées d’alcool. Les voix pour couper court aux pensées. La musique pour rencarder l’ambiance. Et lui, mort vivant pour défiler entre les tables. Sourire greffé pour la forme ; sourire sans une once de vie. Pas quand il n’est pas là. Couperet final quand le dernier client se tire. Quand le masque retombe. Que la tristesse peint sa gueule. Que sa chemise laisse les tracés à l’encre noire s’exiler. Que les phalanges se contractent sur les opercules transparentes. La carcasse voutée pour ramasser un torchon. Le dos portant le fardeau de toutes les émotions, de tous les sentiments.
L’alerte de la porte qui s’ouvre. Le soupire qui filtre. Lassitude de tout. Lassitude d’une vie loin de Lorenzo. Putain, tu as l’esprit complètement en vrac, pauvre minable. L’irlandais se redresse. La silhouette décalée et nonchalante. Le regard à peine fixé vers l’entrée du pub. — Sorry, it’s (…) Les mots foudroyés. Le verre qui se brise au sol. Pas autant que le palpitant. Cassures pour parsemer le parquet grinçant. Cassures pour contourner le myocarde. Muscle léthargique qui retrouve un nouveau souffle de vie. Les mains tremblantes là cachées sous l’ombre du comptoir. Soldat qui gagne les chimères oculaires. Dégradé où les émotions sont perçues et dessinées. Dégradé où le reflet n’est plus qu’un appel à lui. Dis-moi que tu es venu parce que tu pensais à moi. Dis-moi que tu es venu parce que tu crèves sans moi. Dis-moi que tu es venu parce que tu me désires autant que je te désire. Dis-moi que tu viens pas ravaler l’amertume de l’alcool pour m’effacer du paysage. Lèvres trop bouleversées pour s’éprendre des mots.
Dynamique cardiaque qui s’accélère. La surprise face au roi. La surprise face à ce visage. Les traits dessinés de ses songes des milliers de fois. Les traits dessinés de ses lèvres, de son souffle, de cette respiration. Celle qui commence à se rythmer, à s’enrouler dans le galbe nécrosé des poumons. Putain. Vent de panique chez l’irlandais. Vent d’irréel. Métamorphose dorée pour transformer les émotions. L’échange qui dure. L’échange qui s’intensifie. Les prunelles qui se toisent. Les prunelles qui se contrôlent. Vice perché au bord des yeux quand le coeur grouille de l’insolence sentimentale.
L’étau sur le palpitant. Les idées qui vrillent. Naissance du mal sur le creux de ses reins. Contracture de la mâchoire. La vipère sur les lippes. La vipère sur l’onglet charnue. La cage thoracique qui se soulève. Pas de mots pour bouleverser l’instant. Simplement cette perte de contrôle. Simplement cette envie démesurée sur le derme. Couche ivoire qui trépasse et rougie de désir. Un pas de recul. Un pas pour s’éloigner. Un pas pour sauver sa conscience. Mais la chute est là, sous la passerelle enjôleuse des regards.  
Le premier regard. Les premiers mots. Les premières provocations. Le premier contact. La première condamnation du palais. Les premières caresses. La première fuite. Le retour. Le sous-sol. Les poings au mur. Les regrets. Le visage d’Ava. L’alliance maudite. La robe maculée sous l’effluve des promesses. Les cris de Cian après des heures de souffrances pour l’épouse. Les larmes. Les non-dits. Leo, inerte. Le cercueil. Rafferty. Ean. Le patriarche derrière la vitre du parloir. L’hôpital. Les marches refroidies. Les sourires. Le départ. La chute.
Les idées qui tourbillonnent. Le coeur qui bouillonne. Comme les veines plus bas. Conjonction des tracés violacés qui palpitent. Y a plus à réfléchir, Ronan. Tu t’es su condamné dès le premier regard. Tu t’es su foutu dès le premier souffle sur ta peau. Les phalanges qui s’écartent. Assez pour s’apposer sur l’interrupteur. Frôlement des pulpes pour déclencher la descente du rideau métallique. Pub qui s’éteint de toute existence quand les leurs vont se cracher en plein vol. Délice exquis d’une agonie contre sa peau. Le dernier claquement pour condamner leurs silhouettes. Plus d’épouse, plus de regards curieux, plus d’inconnus pour juger. Juste son corps qui tremble comme jamais. Trémulations capables de le faire chuter à terre. Regard vers lui. Vers sa silhouette. Celle qu’il toise au point de le vénérer de ses yeux où se mêlent l’espoir et les voûtes d’une mer enragée.
Le souffle pour filtrer de ses lèvres. Les yeux plus vivaces d’émotions.  — You better not run away this time. La voix rauque. La voix qui déraille. Intonation poussiéreuse des cendres qui chutent.
Parce qu’il va pas le laisser partir. Parce qu’il veut plus l’autoriser à se défiler.
Parce qu’il veut renier les sacrements pour le glorifier sien pour ce soir.
Parce qu’il veut renier les promesses pour se perdre contre son corps.
A tout ce qui viendra nous assassiner ce soir. À cette mort que j’vais t’offrir du bout des lèvres.

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je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptySam 19 Jan 2019 - 18:58

Éclat d’un poing contre la porte de ta chambre. La voix de la moitié en écho dans le couloir. Ton prénom murmuré derrière l’ébène. Un appel. Une demande pour la laisser entrer dans l’antre devenue chaotique au fil des jours. Réminiscences trop douloureuses pour venir assombrir l’esprit. Foutre en l’air les conceptions inculquées. Ta gueule que tu revois, en bas des immeubles. Facial déformé d’un sourire mesquin. Des mots pour écorcher la chair. Pour faire rompre les cœurs. Palabres chargés d’injures que tu te répètes le soir, quand tu te retrouves seul avec tes pensées. Monstre qui s’insulte lui-même, car personne n’a encore discerné le péché. Personne n’a vu la déchéance de ton âme. Pas une seule vie pour venir juger la tienne. Pas encore. Un accord balancé dans un souffle, et la porte qui s’ouvre pour laisser la silhouette gracile s’imposer dans le paysage. Le reflet qui se glisse à tes côtés. Miroir devant ta carcasse étendue sur le matelas. Ses boucles brunes éclatantes autour de son visage quand il se pose sur l’autre oreiller. Question au fond de ses yeux. Inquiétude inscrite sur les traits. Ta tête bougeant simplement de gauche à droite. Un discours silencieux entre les deux êtres reliés. Non, ça ne va pas. Pas le moins du monde. Le cœur trop lourd de tous ces sentiments que tu rejettes. Le ventre retourné de tout ce désir qui fait rage, quand c’est sa gueule qui s’impose dans ton crâne. Gamin fauché par une vérité trop violente pour être acceptée d’un hochement de la caboche. Évidence claquée en pleine face. Un timbre aux sonorités de la maison pour rompre le silence. Interrogation formée à voix haute, cette fois. Le rappel d’un autre, devenu étranger. Du brésilien disparu du jour au lendemain. Amant éphémère, premier à venir ébranler les bases d’un personnage que tu pensais défini. Noyau des maux qui rongent. La guerre qu’il a commencée sous ton derme, dans ta boîte crânienne. Idéaux foutus au placard pour sa belle gueule. Confiance stupide accordée. Première erreur de la série dantesque.
Nouvelle intervention de ta sœur. Nouvelles questions lâchées du bout de ses lèvres. Est-ce que c’est la même chose, Renzo ? Est-ce que ça te fait mal autant qu’avec lui ? Plaie béante laissée dans la cage thoracique par le photographe.
Refermée, quand les iris se sont posés sur la carrure de l’autre. Souvenirs douloureux balancés, sans un regard en arrière. Sa voix pour taire toutes les autres hurlantes dans ton crâne. Sa peau pour soigner les lésions sur ton derme. Alors ta tête, elle bouge toujours de la même façon. Gauche. Droite. Non, Ren. C’est pas pareil. C’est pire, putain. Trop incontrôlable, trop bouillonnant. Pulsions violentes quand il est dans les parages. Désir malsain de le regarder. De le toucher. De provoquer son épiderme de tes doigts. Son prénom murmuré contre son oreille. Cinq lettres soupirées à bout de souffle. Cantiques en écho contre les murs. Ses mots résonnant encore dans le crâne. Un aveu pour faire tomber les murs. I wasn’t able to delete your number. Le cœur qui a sursauté, à cet instant. La poitrine qui s’est serrée dans une dernière tentative de défense. Les doigts de Renata qui s’étaient resserrés autour de ton bras. Message silencieux pour te donner le courage de rester debout. Des palabres au bord des lèvres, retenues jusqu’à son départ. Jusqu’à ce qu’il s’évanouisse derrière les portes des urgences. Un discours trop brouillon pour être cohérent, de toute manière. L’esprit trop embué par la scène fatale abruptement stoppée par la moitié. Ce que tu l’as maudite, à cet instant. Tu l'as remerciée, pourtant. Une fois avachi contre le siège passager, une gratification murmurée d’une voix chevrotante. Tiré de la torpeur avant qu’il ne soit trop tard. Avant de faire éclater la bulle sous les regards des passants.
Main lasse passée sur le visage. Yeux assassinés par le manque de sommeil. Impossible de fermer l’œil, quand sa gueule devient la seule chose que tu vois. Il est partout et nulle part à la fois, le Costigan. Immiscé sous un derme qui ne demande que ses doigts. Placardé dans un esprit qui ne demande que sa présence. Bloquant des poumons qui ne demandent que son souffle. Un soupir au bord de tes lippes, chargé de ces sanglots que tu ravales. Un contact réconfortant, quand elle effleure tes cheveux. Son regard bordé d’un amour inconditionnel. Le tien qui implore. Qui lui demande de te sortir de cette torture constante. Le mal pour ronger le crâne. Pour dominer l’être. Des mots qu’elle lâche, une honte dissimulée dans le ton. Un aveu abandonné après avoir été retenu pendant cinq jours. Il était là, à l’hôpital. Devant ta chambre, j’veux dire. La tête relevée, l’instant d’après. Prunelles de jais pour fixer ta sœur. Pour implorer les détails. L’autre qu’elle n’avait vu qu’au travers des photos sur son compte paperies. Gueule étalée sous son regard, pour mieux relater la souffrance qui te bouffait le crâne. Mettre un visage sur le Mal. Elle secoue la tête, Ren. Yeux hagards, perdus dans des souvenirs d’un moment où tu sombrais dans la léthargie. Exposition en détails au travers de ses mots. De cette soi-disant détresse sur ses traits. De sa carrure tremblante. De son regard planté sur ta carcasse inanimée.
Un sursaut dans la poitrine. Cœur en berne de l’imaginer s’en faire pour toi. Petit con engageant sous ses yeux, sourire provoquant ancré sur les lippes. Pourquoi est-ce que tu me dis ça que maintenant, Ren ? Pourquoi est-ce que t’as attendu autant de temps avant de me balancer ça ? L’incompréhension bénissant les songes. Elle n’en sait rien, Renata. Hausse simplement les épaules en marmonnant des excuses. L’arrière de ton crâne qui tape contre le coussin, les yeux masqués par tes mains. Ces mêmes membres qui ont tenu le portable à de trop nombreuses reprises. Phalanges dansantes sur l’écran. Des mots jamais formés sur le clavier. Coincés dans ta tête sans jamais devenir réels. Tout et rien à la fois. Des moqueries pour arranger le mal-être. Des aveux pour bénir les rêves. Des questions pour engager le contact, tout simplement. Abdomen bouillonnant à l’idée de voir ce surnom apparaître dans tes notifications. Éreinté, quand c’est le silence qui règne.
(…) Des ailes poussées le soir même. La silhouette chevrotante sous les assauts du froid. Les avants-bras posés sur le guidon de la moto. L’inspiration difficile à l’intérieur du casque. Ton propre souffle répercutant contre ton visage. T’es certain de vouloir être là, Lorenzo ? Les mains tremblantes pour retirer la protection, suspendue ensuite à une des poignées. Les prunelles pointées vers la porte. Une dernière sortie qui remonte à une vingtaine de minutes. Heure tardive. Fin des déboires dans l’alcool. Début des tiens dans ses bras. Envie faisant rage au creux des reins. Cage thoracique tuméfiée par un désir trop ardent. Une résistance de courte durée, chez toi. Échappé de ton lit, un instant après les révélations de ta sœur. Incompréhension encore trop vivace, pourtant. Comment est-ce que c’est possible, de s’accrocher aussi rapidement ? De se sentir crever quand tu penses à lui ? Encore plus, quand tu tentes de chasser sa gueule de ton crâne. Combat perdu d’avance. L’asphalte sanctifié sous les roues de ta bécane. Macadam bataillé sur les derniers kilomètres restants. Le bruit du moteur pour taire les voix. Pour stopper les appels célestes. Les ordres de faire demi-tour. Divin mis à terre. Ta carcasse slalomant entre les voitures, des règles de sécurité rarement respectées.
Jusqu’au pub. Jusqu’à lui.
Tu retires tes gants, les balances au creux du casque. Dernière barrière poussée de la paume de la main. La silhouette de l’autre captée la seconde même. Sursaut du palpitant dans ta poitrine. Souffle qui s’évade. Les yeux qui traînent, qui détaillent. Se languissent de la carrure esseulée. Sa voix pour caresser le derme. Bruit du verre cassé trop distant pour y changer quelque chose. Opposition parfaite des couleurs, quand les yeux se rencontrent. Le sombre de tes prunelles pour faire écho à la clarté des siennes. C’est toi qui perds la bataille en premier, Lorenzo. L’échine comme un appel. Encré exposée au milieu d’un tissu écarté. La poitrine qui peine à se soulever. Poids trop lourd sur la peau. Désir trop brûlant dans l’abdomen. Les yeux qui se relèvent, pourtant. Retrouvent les siens dans une prière muette. Si tu savais à quel point ça a été facile, Ronan. Tellement facile de venir ce soir. Tu m’as tellement retourné le crâne que je n’ai pas cherché à réfléchir. J’voulais juste venir. Te voir. Te parler. Te sentir. Te toucher. La vision devenue immobile. Des songes au travers d’un regard. Quand cesseras-tu d'avoir le regard sur moi ? Quand me laisseras-tu le temps d'avaler ma salive ? Si j'ai péché, qu'ai-je pu te faire, gardien des hommes ? Pourquoi me mettre en butte à tes traits ? Pourquoi me rendre à charge à moi-même ? Que ne pardonnes-tu mon péché, et que n'oublies-tu mon iniquité ? Car je vais me coucher dans la poussière ; tu me chercheras, et je ne serai plus. Verset raisonnant dans le crâne. Écho trop fracassant à la guerre qui fait rage. La gorge qui déglutit à la vision du vermillon. Appel muet de la déchéance. Mâchoire serrée pour ne pas cracher à voix haute ce désir qui érode. Prunelles plantées sur ses lèvres. Sur la tentation qui danse sous tes yeux.
Ses mouvements comme un coup de poignard. Tombe creusée un peu plus à chaque centimètre qu’il rajoute entre vous. Impression qu’il se barre avec ton cœur entre ses phalanges. Un pas en avant que tu réprimes. Geste stoppé par le sien. La gueule attirée en arrière, par le mécanisme qui s’enclenche. Qui piège. Qui protège. Résonnance du métal contre le sol. Sentence martelée sur le parquet désuet. Rebondissement du bruit jusque dans ta poitrine. Duo maudit désormais dissimulé du regard des autres. Seuls les saints restants pour juger. La silhouette de nouveau tournée vers la sienne. Vision apocalyptique de laquelle tu ne peux rester éloigné plus de quelques secondes. Et sa voix pour venir faire sombrer les derniers remparts. Des palabres pour mettre le feu au bas du ventre. Pour attiser l’avidité qui y siège. Sourire qui devient empire au recoin de tes lèvres.
Fermeture de la veste glissante vers le bas. Armure de fortune fuyante le long des bras, jusqu’au sol. Comment est-ce que j’pourrais fuir, Ronan ? Comment est-ce que je pourrais te tourner le dos alors que j’me sens mourir quand t’es pas là ? Un pas devant l’autre. L’allure rapide pour rompre l’écart infernal. La carcasse appuyée contre le comptoir, le buste en avant pour gagner ces derniers centimètres jusqu’au divin. La dominante qui s’empare des colliers autour de sa nuque. Bijoux comme dernière accroche. Deux corps obligés de se rapprocher sous ton impulsion. Un souffle perdu depuis trop longtemps. Ultime expiration contre sa peau.
Et les lèvres qui s’entrechoquent. Lippes trop avides des siennes pour penser à autre chose. Main gauche resserrant toujours plus l’étreinte autour les pendentifs, attirant toujours plus sa gueule contre la tienne. Désir éclatant sur le derme qui s’échauffe. Respiration devenue optionnelle. Un râle contre sa bouche. Le son pour dévoiler tout ce qui fait rage dans le crâne. J’te veux tellement, putain. J’te veux tellement que ça me fait perdre la tête. Et bordel, je sais que c’est mal. Je sais que c’est dégueulasse. Mais j’peux plus rien contrôler quand t’es là. J’peux plus rien faire quand t’es pas là. La langue qui s’immisce, force son passage. Comme toi sur ce foutu bar qui bloque l’avancée. Silhouette qui se hisse en même temps qu’elle cherche la sienne. Paume de la main libre comme dernier pilier. Éclats des lèvres. Éclats des non-dits. Éclats des hontes qui meurent.
Qu’ils regardent, tout là-haut. Qu’ils conjurent. Ignorance sacrée à leur attention. La tienne obnubilée par l’autre. Par son odeur. Par son souffle. Par sa peau. Par son désir que tu cherches. Que tu sais existant. Les lippes gonflées par les échanges lascifs qui ne s’arrêtent plus. Sa bouche bénie de la tienne. Un soupir, tentative vaine de remplir les poumons. La reprise quasi-directe. Pas une seconde sans sentir sa langue contre la tienne. Une seule suffirait à tuer.
Chute salvatrice contre sa carrure. Contre tout ce qu’il est.
Contre tout ce qu’il pourrait devenir.

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maybe you're the sun, and i'm the moon. and we were never meant to collide, but wouldn't it be spectacular if we did ?
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Ronan Costigan

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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptySam 19 Jan 2019 - 23:24

Lumière assourdissante. Pigmentations maculées pour aveugler le dégradé. Rayons solaires pour cramer sa peau. Carcasse exposée au tout puissant. Regard distant de la divinité qui appose les sanctions. Punition éhontée pour tous les maux. Toutes les ratures venues faucher son existence. Chaleur dégommant les contours noircis. Des écritures qui s’entrechoquent au bruissement de l’aiguille sous le derme pour poser la griffe du vice. Empreintes indélébiles comme les souvenirs brouillons. Un visage. Une erreur. Mauvais endroit, mauvais moment.
Claquement des vagues contre les rochers. Claquement des ondulations bleutées pour semer la discorde. Les pieds dressés dans le vide. La carcasse titubante. La silhouette prête à se vautrer plus bas. Déferlante ascension dans les bras du néant. Le corps éclaté de la chute. Le corps pour se disloquer. Chaire à vif des blessures que ça causerait. Comme toutes celles enfouies sous le derme pour honorer le blase. Un costigan, ça marche droit. Un Costigan, ça file dans les ténèbres. Les yeux vers le ciel. Les pensées dressées aux portes du Malin. Le patronyme, tu honoreras mon fils. Le patronyme, tu feras vivre sous la rythmique sardonique de tes phalanges. Dictature posée sur les épaules. Pulpes pour faire rougir l’échine. Pulpes pour ronger l’ossature. Douleur lancinante pour se déployer près des clavicules. Le corps secoué pour faire pénétrer chaque idée vicieuse sous la chaire. La gueule adolescente fauchée d’un éclat déchirant. Mauviette qui obtempérait. Mauviette qui acquiesçait pour le salut du patriarche. Iris à la noirceur de la nuit. Iris à la noirceur des mains égosillées de pourpre. Il a suivi la démarche assurée, Ronan. Il a fermé sa gueule. Putain de salope soumise à un monstre satirique. Écho de la détonation. Vision du corps qui s’écroule. Le dernier souffle de Simon. Meilleur ami disparu sous les méandres familiales. Les larmes de l’irlandais. La main rompue de tout mouvement quand la carcasse a été balancée dans le coffre de cette bagnole. Souvenir trop ancré. Souvenir trop précis. Palpitant inerte de toute vie. Palpitant asséché comme le sang qui coagulait trop vite. Amitié dépeinte au détour des années. Et le trait pinceau final sur l’ivoire irlandaise. Âme assez fauchée pour accepter le pire.
Devenir le témoin muet de la mort de Simon. Devenir le meurtrier par procuration. Fardeau sur les épaules. Fardeau sur le palpitant. Scène vieille de plus de vingt ans. Chaque détail gravé dans le marbre. Comme cette plaque avec le nom de Simon. Comme cette plaque où les genoux des parents se plient pour racoler des explications. Comme cette plaque devant laquelle les yeux s’engorgent de larmes. Salut patriotique au fils. Envolée funeste de l’ami, ce bourreau.
Terre d’exile pour Ronan. Les pieds flirtant avec les souvenirs. Les paupières closes. Les pardons réclamés vingt-six chapitres plus loin. Putain, Simon. J’suis désolé. J’suis désolé de pas avoir su te protéger. J’suis désolé d’avoir choisi le blase à défaut de ta vie. J’suis désolé d’être devenu qu’une loque sans toi. J’suis désolé. Regarde-moi. Ma vie, elle tourne à l’envers. J’ai le coeur explosé à cause de lui. J’ai le souffle coupé et la respiration brisée. Ça fait mal. Ça fait mal d’avoir peur du regard extérieur. Ça fait mal de me demander ce que tu penserais. Tu serais déçu ? Tu serais dégoûté ? Tu serais heureux au moins un peu ?  Le monstre sur les lieux maculés de sang. Le manque de lui trop féroce. Conscience revenue lui frapper la gueule. Après cette discussion. Après cette scène irréelle devant l’hôpital. Oscillations entre les chimères dorées et les songes dénaturés de sa présence. Culte divin où la vie s’est dérobée. Il étouffe Ronan. Il crève en silence. Le clan où les idées voraces s’exilent. Le clan qui ne gratte pas sous les couches ankylosées. Leo dans la confidence. Leo pour visser les aveux imbibés d’alcool. Lettres graveleuses pour rouler sous le palais. Empreinte de l’éthanol pour hacher les mots. Puis les émotions bonnes qu’à se camoufler. Tu arrives même plus à te regarder dans le miroir. Tu arrives même plus à respirer sans avoir la sensation de crever. Tu arrives même plus à te lever sans traîner ta carcasse. Tu arrives plus à entrevoir la lumière autrement que dans son sourire. Tu arrives plus à imaginer la vie autrement que dans ses yeux. Pauvre pêcheur crucifié sur place pour toutes les erreurs. La plus grande qui s’incarne sous les muscles virils et le genre qui dérange. Alors à cette seconde précise, dans un paysage édulcoré du pire, il a plus réfléchi. Une pensée pour le clan. Une pensée pour Simon. Une pensée pour l’épouse tragique. Une pensée pour l’enfant maudit. Une pensée pour le roi. Dernier maillon. Dernier pion sur l’échiquier. Idéaux assassinés comme les silhouettes qui s’écroulent. De l’amour à la haine, de la haine à la rancoeur. La vie bafouée pour un dernier sourire, pour un dernier soupire.
Le pas de trop. Les pieds qui déroulent. La carcasse qui chute la première. Libération vertigineuse quelques mètres plus loin. Le derme éclaté par la force des vagues. Difficultés pour remonter à la surface. Agonie latente des poumons qui se gonflent mais de l’air qui disparaît. Les bras qui battent sous les couches océans à la recherche de la résurrection. Châtiment qu’il s’inflige sous l’ovale douloureuse. Déchirure dans le thorax pour marteler la punition divine. Pour avoir tué Simon. Pour en avoir tué d’autres. Pour avoir vanté le sang au détriment du maculé. Pour avoir souillé l’épouse des brasiers encore flambants. Pour avoir dévié sa silhouette du chemin. Pour être tombé face au pire de tous. Pour avoir chuté et réclamé le contact avec le sol. Genoux pour s’écorcher. Genoux pour remuer dans les songes. Rougir les rotules rien que pour claquer le palais sur la hargne échaudée.
Lumière plus forte que toutes les autres. Mort assurée alors que la tête s’extirpe des couches ondulées. L’air frais pour taper sa gueule. La respiration retrouvée. Les mouvements rauques, haletants, vifs. Les mouvements anarchiques et voraces.
Comme à cette seconde précise. Comme face au roi de coeur.
Pique de l’as pour viser le myocarde. Les yeux pour se trouver. Les yeux pour annihiler tous les doutes. Le thorax qui cogne. Mélodie pour suffoquer. Les lèvres tremblantes. Mouvements anonymes comme pour causer. Ourlets vaincus par le silence. Courbure charnue asservie à la vipère qui rôde et qui s’ancre. Poison salivaire pour faire briller les néons dessus. Poison salivaire pour l’appeler lui.  Le sourire qui se dessine. Empire de soie qu’il frôlerait du bout des pulpes. Royaume étalé de sa richesse et du désir au creux des entrailles. L’aval de la tirette qui s’abaisse. Couche superficielle qui tombe au sol. La virtuose des iris qui se calque dessus. Latence où l’esprit s’enfume. Latence où la panique grimpe. Abdomen pris d’assaut pour des contractions irrévocables. Courroux du tout puissant qui condamne les amants. Courroux du tout puissant qui condamne l’égal des genres. Pardon, seigneur. Pardon pour le vice qui rôde. Pardon de le désirer. Pardon de chavirer sous l’envie pour ressusciter contre son derme. Pardon d’y croire dans une ritournelle chimérique. Les pas qui explosent la distance. La silhouette qui explose les dernières barrières.
Le splendide pour saisir les attaches autour du cou. Mouvement brusque. Mouvement audacieux. La respiration haletante. Le buste penché au dessus du comptoir. Les lèvres qui claquent. Les lèvres qui se contorsionnent. Les lèvres qui se dominent du désir écarlate. Vermillon élancé sur les surfaces bénies de leurs vipères. Détonation de vie comme celles qui dégomment le myocarde. Contraction similaire à une mort programmée. Mais je m’en tape, Lorenzo. Je m’en tape de crever si c’est pour être martyr de tes gestes. Si c’est pour être captif de ta peau. Si c’est pour être victime de ton sourire. Putain. Ça tourne plus rond. Putain. Ça vrille sous la chaleur du derme. Une main contre sa gueule pour s’accrocher. Les doigts enfoncés dans la ligne de la mâchoire. Caramel qu’il redore comme l’audace. Désir éteint dans un lit glacial aux cotés de l’épouse maudite. Pensée pour la superbe qu’il a souillé de ses conneries. Pensée pour la superbe qui devient vautour pour condamner les gestes. Pensée pour la superbe qui disparaît sous l’effusion corrosive des gestes.  Le visage d’Ava qui devient létal. Dernière marge éradiquée. Dernière limite envoyée aux abysses. Comme lui, quand il se pointera pour le jugement dernier. Pour avoir désiré un homme. Pour s’être damné rien que sous l’audace de sa chaire. Le bras contournant l’épaule. La vicieuse pour agripper le tissu. Le rosé qui disparaît sous les pulpes. L’étreinte démesurée pour l’emporter. Les muscles qui se contractent. Comme les trapèzes qui s’imposent. Pour le forcer à se hisser plus. Pour le rattraper dans des gestes anarchiques et violents. Pour voir la silhouette se disperser sur le rebord du comptoir. Chute contre son corps. Chute contre la peau qui brûle. Chute des verres. Crissement des brisures. Voltige des muscles qui fondent sous les doigts racoleurs. Pour le soumettre à la pression scabreuse. Pour le soumettre à lui.
Air à peine retrouvé dans une seconde de latence. La bouche pour claquer à nouveau. Écho caustique. Bruit salace. Comme la langue qui se faufile, qui gravite et qui empêche les doutes de se dessiner. C’est ma plus belle manière de t’offrir mes certitudes. C’est ma plus belle manière de te conférer roi. C’est ma plus belle manière de m’offrir sans honte. Sourire dépeint contre la courbure des lippes. Sincérité écarlate pour faire flancher les saints. Une pensée pour le tout puissant. Rythme des psaumes qu’il entasse dans un coin pour mieux salir les pages sacrées. Respiration exacerbée. Souffle brûlant. Gémissement calqué contre le sien. Ode tortueuse. Hymne au mal. L’écart pour retrouver son regard. Le rictus qui borde les lèvres. Étalage pourpre et gonflé par les baisers. Sa main contre sa mâchoire. L’autre pour défier la peau de son abdomen. Les doigts filent, contournent, tracent. Les doigts exigent, réclament et désirent. Caresses furtives, appuyées. Comme ses iris qui dévorent les siennes. Les lippes à peine séparées. Communion des souffles pour faire flancher les carcasses. Déflagration dans chaque pore de sa peau. Mouvement de recul. Domination maladroite et éhontée. Le dos de Lorenzo pour claquer contre les étagères. Les bouteilles qui se cassent la gueule. Les effluves alcoolisées pour surpasser l’odeur du vice. Le goût du sale qu’ils exacerbent de leurs lèvres. Les bassins qui s’entrechoquent. Les bassins qui se bouleversent de l’ivresse versée. Chaires qui durcissent. Chaires pour rédemption de l’absence. Le tout puissant pour s’opposer à l’aversion sentimentale. Et Ronan pour chasser les échos célestes. Les lippes pour se perdre sur la mâchoire. Pointe de la vipère pour sillonner sur la contraction divine. Le sourire greffé au coeur. Le sourire greffé à la gueule. Les doigts qui écartent le tissu. Assez pour qu’il tombe à terre. Les lèvres qu’il abandonne. Les siennes qui remuent encore comme pour récupérer une dose d’espoir. Ses yeux qui hantent. Ses yeux qui dépeignent chaque signe à l’encre noir. De ses phalanges qui contournent les épaules pour se perdre vers les clavicules. De la descente des pulpes sur les avants bras à l’abdomen. Oeuvre d’art qu’il peint de l’esprit pour en mémoriser chaque parcelle. Si tout devait s’arrêter demain. Vénération de ses iris où brûlent l’eau saline face à une tendresse émeraude. La respiration pour surplomber les éclats de verre à terre. La respiration pour contrer la sienne. Les phalanges ripant sur la bouche céleste. Les phalanges s’amourachant du plus bel astre. Une virée de la main pour se calquer contre son bassin. Choc qu’il crée pour communier avec sa peau brûlante. Les lèvres dans la nuque. Les lèvres contre le pectoral gauche. Pour surplomber le coeur. Pour embraser le myocarde. Mouvements pour danser avec les fabuleuses.
Il remonte à sa hauteur. Il le regarde, Ronan. Minute de latence où le monde ne suffit plus à les éloigner. Putain, ce que tu es beau. Putain, ce qu’on te construirait un empire. Putain, ce que tu me fais tourner la tête. Tu le sens là mon coeur qui s’affole ? Tu la sens ma peau qui s’éprend de la tienne ? J’étais pas prêt à accepter. J’étais pas prêt à l’avouer. Mais tu m’as fauché ce soir là. La flèche dans le coeur. Le vice sur les reins. Et maintenant, je veux plus avoir à me passer de toi.
Les yeux brillants. Les iris qui appellent à l’aide. Comme pour un dernier aval. Comme pour un dernier accord. L’émotion palpable sur le tremblement de sa main qui s’approche du jean. Cette main qui devient l’audace du bouton qui saute. De ses doigts qui se faufilent et s’arment contre la chaire prête à bondir. De ses doigts qui tressautent de peur de mal faire, de peur de le décevoir. De peur de le voir fuir. De le peur de voir l’abandonner. De peur de finir sur le carreau. Ombre balayée par le roi qui pourrait le foudroyer rien qu’avec la cendre de ses iris. Tissu à peine baissé. Tissu à peine libératoire. La pulpe qui s’infiltre. Caresse vitale d’un contact de satin. Caresse vitale d’un contact douloureux tellement ça suffit pas. La main encore libre calée sur sa gueule.
Un dernier regard. Un dernier sourire.
Puis les lèvres qui claquent. Les langues qui s’apprivoisent. Chemin où la salive se disperse. Chemin où la salive devient l’eau bénite de deux opposés. Le pêché au bout de la vipère quand il cherche l’appui, quand il cherche l’ivresse. Le palais prisonnier des ondulations. Les doigts qui continuent à s’exiler là où la chaleur devient impératrice. Dose létale au creux de la bouche et ça le fait réagir, l’irlandais. Les reins en feu. Les muscles paralysés par le désir. L’abdomen contracté de l’envie de se plier à genoux pour le sublimer, pour lui offrir une offrande éternelle. Les doigts voltigent de la mâchoire à la nuque. De la nuque aux boucles noircies. Pour s’y perdre, pour s’y ancrer, pour s’y avouer vaincu quand le mouvement le force à vouter la tête en arrière. Léger rire qui galbe les bouches. Léger rire pour capturer le souvenir.
Et ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Et on y restera main dans la main. Et mes chimères s’exauceront. Et mes envies se réaliseront. Et nous serons là, heureux. Et nous serons précipité sous l’éclat des flammes.
Comme celles que tu disposes entre mes jambes. Comme celles qui dansent sur mes reins.
Toi, l’investigateur du mal. Toi, mon roi.

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je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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Lorenzo Farnese

Lorenzo Farnese
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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyDim 20 Jan 2019 - 2:46

Les pensées en vrac. Désir trop brûlant pour l’autre. Pour tout ce qu’il dégage, tout ce qu’il représente. Un échec calqué sur les rétines. La plus belle des erreurs. La seule qui vaille vraiment quelque chose. La seule pour venir redorer un blason trop terni par les abus. Réalité éclatée du bout des lèvres. Martelage des siennes contre ta bouche. Un baiser qu’il rend. Un baiser qu’il prolonge. Un baiser dans lequel il s’abandonne. Un sourire pour border tes lippes, aux idées qui germent à l’intérieur de ton crâne. Il ne te repousse pas, Ronan. Il ne crache pas de haine à ton visage comme il a pu le faire au travers d’écrans interposés. Contact brûlant de sa paume contre ton visage. Assez pour enflammer le reste. Comptoir combattu avec plus d’ardeur, encore. Comptoir que tu maudis tant qu’il te sépare de lui. De sa chaleur. De tout ce qu’il provoque.
Les crachats sur le bitume oubliés. Les mots chargés de colère qui se taisent, se replient au fond de ton crâne, là où les songes ne s’aventurent jamais. Danse du vermillon contre ses lèvres. Contre sa langue. Souffle capitulant contre lui. Son prénom que tu pourrais scander, tellement qu'il paraît être la seule évidence à cet instant. Cerveau déconnecté. Pensées éteintes. Juste lui pour prendre possession de ta carcasse. Phalanges tremblantes contre les colliers. Peur au ventre. De ne pas être à la hauteur. De mal faire. De ne pas plaire. La sobriété qui semble se dessiner comme un handicap à l’instant présent. Et pourtant, t’as l’impression d’être saoul, Lorenzo. Noyé sous ses effluves à lui. Enivré par son goût sur tes lèvres. Saveur pour surplomber toutes les autres. Prêt à te damner pour ne plus jamais le lâcher. Ne jamais l'oublier.
Un râle, un soupir. Le corps soulevé par sa carrure, balancé au-dessus du bar. Verre claquant contre la silhouette, brisé par le passage. Grimace rapide quand le genou cogne. La douleur négligée la seconde suivante. Des problèmes auxquels tu ne penses pas. Pas maintenant. Pas ici. Pas avec lui. Pas contre lui. Équilibre précaire quand les pieds retrouvent le sol. Carcasse accrochée à la sienne. Dominante toujours suspendue aux colliers. La droite apposée contre sa hanche, doigts martyrisant le tissu d’émeraude. Étoffe superflue. Regard croisé un court moment. Embrun pour mettre à mal, pour raviver le cœur dans la poitrine. Puis la danse des lippes, à nouveau. Tes lèvres claquantes contre les siennes. Tes lèvres avides de lui. Tes lèvres en offrande. Déclaration muette contre sa bouche. Ça me fait tellement mal, de savoir que j’fous tout en l’air. Mais pas assez pour couvrir cette envie de toi qui me ronge les reins. Pas assez pour effacer ta belle gueule de mon crâne. Un rire en écho à son sourire. Résonnant entre les murs du pub. Seule musique pour venir animer les lieux. Bruissement des tissus les uns contre les autres. Claquement des corps. Soupirs comme les chants consacrés. Myocarde qui ne demande plus qu’à éclater dans ton thorax. Qui ne demande que sa libération. Mélodie échappée entre tes lippes. Mourante contre les siennes, dans un rythme conjoint. Main droite remontant le long de son échine, pressant son corps contre le tien. Jamais assez prêt. Jamais assez à toi. La jalousie pour venir nécroser le cœur. De cette épouse observée au travers d’un réseau social. Femme qui a tout. Qui l’a, lui. De cette sirène à la chevelure de feu. Enchanteresse claquant sa bouche sur sa peau sans la moindre remontrance. Alors que toi, tu ploies sous les remontrances de Dieu pour le simple fait de penser à lui. De vouloir le faire tien. Désir réprimé. Attrait tué. Trop flippé par le Jugement. Trop flippé du regard des saints. Regardez-le, le Farnese. Promis aux flammes éternelles, désormais. Le salut de l’âme souillé par cette chaleur qui dévore l’abdomen. Ces envies malsaines de sentir son derme frémir sous tes doigts. De te sentir mourir sous ses gestes.
Souffle à peine retrouvé, quand les regards se cherchent. Prunelles qui jaugent, qui crèvent de ce sourire ornant sa face. Lèvre inférieure coincée entre les dents. Ronan, détaillé de haut en bas. De bas en haut. Assez longtemps pour faire monter la pression à l’intérieur. Assez lentement pour provoquer des décharges. Électricité vibrante quand les phalanges explorent ta peau. Sillon ardent pour réveiller la chair. Haletant, quand le jais retrouve ses iris. Tête penchée vers lui, bouche frôlant la sienne sans lui accorder l’absolution. Un souffle contre ses lippes. Grognement étouffé par les dents martyrisant la lèvre. Le dos pour venir faire trembler le rangement des alcools. Parfum de liqueur. Pas assez pour surpasser le sien, pourtant. La dominante quitte les bijoux. S’aventure le long du buste. Contre la hanche. Contourne la silhouette pour presser la chute des reins. Assez pour accentuer le contact des bassins. Assez pour presser l’anatomie gonflée contre ta cuisse. Preuve irréfutable du désir chez l’autre. Sourire de connard pour agrémenter ta gueule. Ego brossé par ton effet marquant son corps. Un gémissement en écho avec le verre sous les pieds. Main droite glissée dans ses cheveux alors que sa langue danse contre ta peau. Les yeux levés vers les cieux pour lancer une énième provocation au Créateur. Un appel en sa direction pour lui offrir son plus bel échec sur un plateau d’argent. Le contact brisé un court instant, assez pour laisser glisser le tissu. Fraicheur du verre encore intact pour venir s’opposer à ta peau bouillonnante. Rapide baiser contre ses lèvres, avant l’écart. Si tu te voyais, Lorenzo. Vacillant comme jamais. Bataillant pour retrouver de l’air.
Le bout des doigts pour détailler sa peau visible, exposée par l’espace ouvert de sa chemise. Pour bénir sa mâchoire. Contact tremblant contre sa barbe. Contact encore trop nouveau pour laisser l’assurance être reine. La gueule fermée, pour une fois. Aplomb minime au milieu de la situation déconcertante. Des gestes plus guidés par le désir que par l’expérience. Et son regard pour mettre l’audace à terre. Jambes flageolantes tellement qu’il déstabilise. Tellement qu’il brûle. Arrête de me regarder comme ça. Arrête, ou j’vais finir par crever. J’te jure Ronan, t’auras ma mort sur la conscience. Aveux lâchés dans tes prunelles. Sur tes lèvres tremblantes.
Évasion de la voix au contact salvateur. Touché bénissant la chair malgré les couches de vêtements. Effleurement appuyé par ton corps le cherchant. Pas assez. Jamais assez. Soulèvement cacophonique de la poitrine. Plus foutu de savoir respirer correctement. Plus foutu de rien. Les mains tremblantes contre sa chemise. Gestes brouillons qui peinent à le débarrasser de l’étoffe. Don Juan devenu pudique. Peau décorée, dévoilée sous ton regard brûlant. Carrure imposante face à la silhouette frêle, malgré l’athlétisme pour dessiner les muscles. La lascivité au bord des lèvres. Un long soupir quand ses baisers se perdent sur ta peau. Je veux plus, putain. Je te veux, toi. Je nous veux, nous. La faible contre sa joue quand les yeux se retrouvent. Pouce dansant contre les pommettes. Un hochement de tête aux interrogations qui sommeillent. Un accord pour faire brûler les enfers dans la pièce. Pour vous damner tous les deux. Tes prunelles qui suivent les moindres de ses mouvements. Détaillent les gestes peu assurés contre le jean. Rictus à la commissure des lèvres. Ces mêmes tremblements. Cette même peur que toi, quand tes phalanges ont écarté le tissu sous la lumière des néons. Tes genoux au sol et les doigts balbutiants contre les boutons. Baisers déposés pour rassurer les gestes brouillons. Contre sa tempe, le long de sa mâchoire, sur son épaule dénudée. Aveux lâchés par le contact des lèvres sur l’échine. Je m’en fous si tu trembles. Je m’en fous si t’es pas rassuré. Je m’en fous de la qualité du geste, si c’est le tien. Rien que ton souffle peut me faire crever. Rien que tes yeux peuvent me faire vriller. Le front apposé contre le sien. Bataille des regards alors que tu soupires sous le passage de ses phalanges. Les doigts libres pour s’agripper au mobilier derrière toi. Gémissements brûlant la gorge. Cantique du plaisir abandonné contre sa bouche. Un baiser pour tout dire. Un baiser pour tout avouer. Le vermillon qui s’impose. Qui conquiert. Souffles lascifs pour couvrir le frottement du jean contre son bras. Le passage de ses phalanges entre tes cheveux pour nourrir l’euphorie. Toi aussi, tu rigoles. Toi aussi, tu laisses ton sourire s’étendre contre ses lèvres.
La dominante qui finit par s’imposer autour de son poignet. À guider ses gestes, à le faire appuyer toujours plus. Tes lippes abandonnent les siennes. Glissent le long de sa nuque. Les dents marquent la peau. Imposent ta signature sur le derme. Trainée rouge d’une morsure bénigne. Trace qui aura disparu dans quelques heures. Comme ton passage dans sa vie. Parce que tu le sais très bien, Lorenzo. T’es qu’une passade dans son existence. Pion pour mieux faire éclater la crise de la quarantaine. Amant provisoire pour animer le désir au milieu d’un mariage qui s’enlise. Habitude trop ancrée, désormais. Et qu’importe, maintenant. Qu’importe quand sa paume cajole ta chair. Qu’importe quand tes lèvres dansent sur sa peau. Qu’importe, quand ton cœur bat autant dans ta poitrine. Un énième gémissement étouffé contre son épaule. Main droite pour serrer les trapèzes, pour s’y raccrocher quand l’autre accompagne ses gestes. Ondulation du bassin pour le chercher, pour t’imposer. Carcasse tremblante. Peau à peau des torses qui s’entrechoquent. Péché illuminant le reste. Erreur charnelle pour combler les regards prudes au-dessus de vous. Ta main abandonne alors ses conseils. Doigts apposés au-dessus de son menton pour forcer le visage à se relever. Regard planté dans le sien. Yeux bouillonnants de tout ce désir qui ronge ton être. Iris noircis par le plaisir empereur. Contact chaste des lèvres contre les siennes. Une fois. Deux fois. Prolongé, à la troisième reprise. Putain, t’as le myocarde qui va éclater. T’as les veines qui vont exploser tellement que le sang y pulse. Chair déformée par les sillons d’hémoglobine. Sa main que tu dégages, alors que tes dents saisissent ses lippes.
Le jean que tu fais chuter de quelques centimètres. Assez pour dévoiler l’encre inscrite sur ta cuisse gauche. Incitation à ce qu’il continue ton geste. À ce qu’il te débarrasse des derniers morceaux de tissu couvrant ton épiderme. Le torse qui se gonfle à mesure que les poumons se remplissent. Rythme cardiaque pareil aux courses sur le gazon. Un autre genre de compétition qui se joue sur le sol recouvert de verre brisé.
Un baiser pour couvrir ses lèvres. Pour sanctifier le goût du désir. L’écart. Le regard qui cherche le sien. Qui s’y accroche, quand tes phalanges effleurent ces lettres capables de tout faire flamber. Till I die.
Jusqu’à ce que tu crèves. Jusqu’à ce qu’il te tue sous ses assauts.

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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyDim 20 Jan 2019 - 13:29

Rendez-vous manqué. Rendez-vous pour glorifier le mal. Rendez-vous pour discréditer toute raison. Les regards qui se croisent. Les regards qui se toisent au milieu de la foule. Le monde qui s’arrête de tourner. Le monde qui vit à l’envers. Les silhouettes pour défiler entre les tables. Les silhouettes pour racoler le pouvoir de l’alcool sous le palais. Le corps tendu. Le coup de lame au travers de l’abdomen. Pointe incisive pour rameuter les émotions. Pointe incisive pour lacérer les muscles.
Fauché par la grâce. Fauché par la cendre des iris. Fauché par la provocation.
Fauché par lui.
Les poings serrés. Les poings sanctifiés par un désir malsain. Un regard pour signer la perpétuité. Un regard pour baisser les armes. Une lutte contre les démons. Une lutte contre l’abomination pour satisfaire les saints. L’échec là où les phalanges claquent sur le loquet. L’échec là où les lèvres tremblent de prononcer une dernière prière. Une seconde de latence pour se dire t’es foutu Ronan. Tu vas pas reculer. Tu peux plus reculer. Tu as été touché en plein coeur. Tu as été touché et c’est lui qui termine à terre. Les genoux qui s’écrasent au sol. Le bruit du carrelage pour rompre les contours rotuliens. Le crâne pour frapper le mur. La main pour encercler sa nuque. Contact presque forcé avec la chaire durcie. Supplication pour la faire disparaître sous le palais. Supplication pour la ronger sous le bruit de la vipère qui salive. Décharge dans l’abdomen. Décharge dans le palpitant. Sensation de vie là au bord du précipice. Phalanges pour dresser les boucles. Bouche pour le dresser lui. Soumis à son bassin qui remuait comme une chienne maladroite. Réclamer une dernière sanction. Réclamer un dernier crucifix sur les veines. Réclamer une dernière offrande pour le bouffer des yeux. Pour lui offrir son monde dans un baiser salace.
Empire construit sous les astres échaudés. Empire construit sous les astres graveleux.
Le désespoir dans le dégradé quand il s’est barré. Le manque aussi puissant que la douleur. Déchirure vorace sur le derme. Crevasse au palpitant où l’amertume devenait pansement létal.
Quand tu es parti, ça m’a tué, Lorenzo. Je voulais te retenir. Je voulais te condamner à un dernier exil. Je voulais te supplier. Je te voulais toi, encore un peu. Lâcheté pour l’en empêcher. Le regard brillant pour détailler la fuite. L’ombre filant au dédale de l’orage. La foudre dans le ciel pour animer le courroux divin. La foudre dans le ciel pour faire éclater le mal. La foudre contre l’abdomen pour sceller le sort. Cratère sur les reins. Ébullition de la larve trop réclamée.
Comme à cette seconde précise. Envolée des incertitudes sous le regard des divins. Envolée des incertitudes sous l’effluve des débris alcoolisés. Latence du temps qui devient empereur. Les secondes pour guider les minutes. Les minutes pour l’offrande suprême.
Les phalanges pour duper les saints. Les phalanges pour contourner les traces noircies. Contact brûlant. Comme les baisers. Comme les corps qui s’entrechoquent. Respiration pour tapisser l’ambiance. La maladresse des boutons qui sautent. La maladresse du tissu qui disparaît. Carcasse noircie de trop de traces pour s’exposer. Les muscles vacillent. Les muscles se contractent. Comme celui plus bas. Comme celui qui devient blasphème à la normalité. Le râle contre sa bouche pour lui ordonner de continuer. Putain, tu me rends fou. Je respire plus. Putain, continue. Putain tes doigts sur ma peau, c’est mieux que tout. C’est même mieux que la vie. Le pouce qui s’enroule sur les pommettes. Rictus pour apprivoiser l’accord qui se dessine. Le palpitant qui cogne si fort que ça devient une mélodie céleste. Le palpitant qui cogne si fort que ça déforme le thorax.
L’angoisse scotchée aux prunelles. L’angoisse scotchée à l’azur pour racoler l’espoir qu’il lui offre. Les pulpes tremblantes sous la chaire qui s’anime. Sourire bordant les lèvres à chaque sursaut. La bouche sur les tempes pour une première bénédiction. La mâchoire réveillée par le prochain contact. Sanction finale sur les lèvres dans un baiser vorace. Ronger les lippes pour exiger. Ronger les lippes pour réclamer. Comme cette main sur le poignet. Marque rouge sur l’échine. Marque rouge sur l’ivoire. Requête gravée le long du muscle. Seconde irréelle où la peur vient dévorer Ronan.  Tu retrouves la raison et tu vas te barrer ? Tu vas me laisser là avec ma fierté servie à tes pieds ? Tu vas me briser comme tu me tueras de tes baisers ? Seconde irréelle où le myocarde est prêt à s’écraser plus loin. Les respirations pour se lier. Les respirations pour déranger le tout puissant. Le regard planté dans le sien. Les lèvres tremblantes. Les lèvres avides des siennes. Main hésitante. Main pour controverser. Main pour annihiler les craintes. Pardonne-moi si c’est pas aussi bien qu’avec les autres. Pardonne-moi si c’est pas aussi bien que dans tes chimères. Pardonne-moi de flipper. Pardonne-moi d’angoisser. Pardonne-moi de pas savoir y faire. Brillance des iris pour mieux se noircir à l’assaut de la maudite. Celle qui vient traîner dans la nuque. Celle qui vient souiller le derme. Canines pour marquer. Canines pour se l’approprier. Noces funèbres des courbes viriles. Langage du corps. Vice des gestes. Chaleur pour plomber l’asphalte. L’air qui devient irrespirable. L’air qui devient nécrosé de toute oxygène. Le rire pour teinter la nuit. Ce qu’il aime ça, Ronan. Entendre le ricochet des cordes vocales. La beauté de ce sourire. La beauté de ce mec pour qu’il flingue quinze années de mariage. La beauté de ce mec qui conjure tous les regrets. La main qui emprisonne la chaire durcie. Splendide pour dessiner chaque veine. Splendide pour appuyer sur chaque recoin. Pulsation qui galbe la paume. Pulsation qui condamne la pulpe. Sourire en coin quand il se retient à ses muscles. Sourire en coin quand il gémit contre cette épaule. Carcasse accueillant la gloire du vice. Carcasse accueillant la gloire de l’irréel. Ondulations qui ne cessent pas. Tremblement pour appauvrir le paysage.
J’ai le coeur en vrac, c’est ta faute.
J’ai l’esprit en miettes, c’est ta faute.
Je me sens vivant, c’est ta grâce. Je me sens moi, c’est ton sourire.
Je vais crever, Lorenzo. Ce sera la sanction du tout puissant.
Mais là, maintenant, y a plus que toi. Mais là maintenant, fais-moi tiens.

Les dents meurtrières sur les lippes. Punition suprême de l’ourlet charnu et gonflé de désir. Grognement sous le palais. Le regard vissé vers le sien. La nuit sauvage pour s’y calquer et s’y refléter. La nuit sauvage pour devenir le refuge des songes. La nuit sauvage pour canoniser les sentiments. Ce serait stupide de te dire que tu comptes ? Ce serait stupide de te dire que je respire plus sans toi ? Ce serait stupide de te réclamer pour l’éternité, avoue. Ce serait stupide de te demander de plus sourire sans l’ombre de mon rire. Ce serait stupide de te demander de m’autoriser à compter, un peu. Rien qu’un peu.  Le souffle canonise les émotions. Le palpitant au bord du vide. Impression de vie retrouvée sous le dédale céleste.
Le jean qui chute. Le tissu qui se déforme sous le regard anxieux. Fièvre des iris contrée par la peur. Lippes entrouvertes sans qu’aucun son ne filtre. Lippes orphelines des siennes pendant une seconde. Danse retrouvée. Danse pour sceller les sorts. Oublier le monde rien que pour le goût de sa bouche.  Les doigts caramels pour filer sur l’encre. La signification douloureuse. L’esprit embrumé comme au bord de cette falaise. Le visage de Simon comme poignard. La honte pour faire rougir l’échine. L’idée qu’il déguerpirait en sachant la vérité. L’idée qu’il prendrait la fuite en comprenant le bourreau qui sommeille sous ses yeux cendrés. Contact aussi bonifiant que douloureux. Contact aussi tendre que vorace. Le regard brillant. Le regard bordé de tristesse durant une seconde. Ses mains pour saisir les poignets. Condamnation à l’arrêt. Condamnation à le laisser faire.
Les bras relevés le long des étagères. Pour le paralyser conte le verre. Pour l’empêcher de bouger. Pour l’empêcher de toucher. Exil douloureux d’un interdit proclamé de ce sourire en coin. Provocation du regard face au roi. Le chevalier ployant sous l’armure échaudée. La bouche dans sa nuque. La bouche sur les clavicules. Ossature détournée de cette vipère qui rôde de trop près. L’empreinte maculée pour faire rougir l’ivoire. Un râle près de l’épaule. Un râle contre le pectoral. Un râle contre l’abdomen. Les genoux qui chutent. Jean pour cogner sur les morceaux de verre. Douleur qu’il ignore. Écorchure plus profonde au palpitant. Le regard fébrile. Comme ses lèvres qu’il abandonne sur les flancs. Tracé vibrant sous le désir. Contours d’ivoire sublimés. À l’instar de ce regard qu’il lui lance. Pour se persuader que c’est bon. Pour se persuader qu’il va pas regretter. Les doigts qui tremblent. Les doigts qui apprivoisent la dernière épaisseur de tissu. Les doigts qui le font chuter sur les chevilles. La chaire durcie exposée. Les lippes avides, entrouvertes, remuant dans l’anonymat le plus total. Je suis terrifié Lorenzo. Est ce que tu peux seulement le voir ? Les iris pourtant dispersées vers la marque noircie sur la cuisse. Quatre chiffres. La vipère pour narguer ses propres lippes. L’index qui vient contourner le tatouage. Contact doux. Contact tendre. Sentiments étalés au milieu des mortels. La bouche pour gagner l’encre. La bouche pour embrasser les parcelles obscures. La langue pour prendre le relais. Marque indélébile qu’il sublime. Comme son regard pour le vénérer. À genoux devant lui et prêt à s’offrir dans un nouveau souffle. Contact échaudé de la respiration le long de l’échine. Attachement lancinant et douloureux.
Dans l’inconnu des certitudes, les lippes détalent. Près de l’aine. Près du vice. Près de la chaire rougie d’envie. Une main pour se faufiler entre les jambes et forcer l’écart. La tête voutée vers l’arrière pour ne pas le perdre du regard. Paume réchauffée par les pulsions pour saisir le bourreau. Vice greffé sur les ondulations alors que la bouche ose enfin s’y attarder. Contact fébrile. Comme le corps qui tremble. Comme les genoux qui raclent le verre brisé. Le palais qui accueille. La salive qui condamne. Les joues qui s’affolent. Les joues qui se creusent. Gestes bénis de l’envie de bien faire. Gestes bénis de l’envie de le satisfaire. Je viens de souiller ma femme, putain. Je viens de briser des années de mariage. Je viens de me lancer dans le vide sans filet de sécurité. Si je tombe à terre, rattrape-moi avant la chute finale. Promets-moi de me prendre la main et de me sauver. Comme ce soir là, quand tu as supplié. Comme ce soir là, quand j’voyais déjà plus que toi.  Une main sur la hanche pour se cramponner. La bouche avide. La bouche libérée. Lippes acérées sur la longueur. L’écarlate ondulation de la vipère. Sur chaque veine qui pulse. Sur chaque zone qui rougit. Sur chaque zone qui parle pour le silence. Les yeux incapables de le quitter. Comme pour sonder chaque réaction. Comme pour se persuader qu’il est bien là. Secondes devenant des minutes. La gorge vrillante. Les cordes vocales luttant. Gémissement sur la chaire durcie. Gémissement étouffé par le claquement des joues. Les hanches pétries de l’incrustation divine. Les hanches pétries de sa passion. La bouche qui s’écarte pour retrouver de l’air. Le souffle court. Le souffle haletant. Les yeux brillants. Contours des lippes qui pourraient se violacer du manque d’oxygène. Les mains encore collées à ses courbes. Les mains encore racoleuses. Chienne à terre qui exige. Chienne à terre qui désire tellement plus. Sa peau. Sa bouche. Sa respiration. Son rire. Son corps pour le prendre d’assaut. Son corps pour le condamner à l’exil. Pêcheur au dos vouté. Pêcheur au creux des reins brûlant. Lame sur la colonne pour se cambrer. Comme à cette seconde précise alors qu’il le retrouve l’audace de la chaire. Peut-être un peu plus fort qu’avant. Peut-être un peu moins maladroitement. Confiance érigée par la langue qui filtre, la langue qui ternie. La chaleur me dévorait pendant le jour, et le froid pendant la nuit, et le sommeil fuyait de mes yeux. Le précepte pour rappeler les insomnies sans sans présence. Le précepte pour exorciser les menaces divines. Le précepte pour éradiquer les propos à l’encontre des genres qui se mélangent. Les moqueries. Les insultes. Les regards choqués. Les regards teintés de dégoût. Un homme ça baise une femme. Un homme ça glisse sa trique entre des cuisses avides de sensation. Ça se met pas à genoux devant un autre. Ça se met pas genoux à réclamer et à offrir. Brouillon de la vipère qui s’active, qui se précipite. Maladresse sous la rapidité et l’éclat de rire. Le sourire greffé au coin de la bouche. La vocalise prête à vibrer sous les cordes vocales. Comme les râles. Comme les gémissements.
Absolution du palais sur la chaire. Salvation de la langue sur le capital veineux.
Ascèse éconduite par tous le vice qui se déchaîne. Plus rien à perdre. Mais tellement à gagner, putain. Les genoux endormis, endoloris du verre. Liquide pourpre sûrement entrain de se déverser contre le dernier rempart. Et même ça c’est pas ce qui compte le plus.
Les phalanges filent sur l’abdomen. Sur les muscles du buste. Ils rôdent près de sa gorge dans un sursaut de la silhouette. Remontée caustique. Comme la chaire qui ronge la bouche.
Pénitence offerte sur les dédales luxuriants.
Je voulais te dire, j’y ai cru. Quand tu as débarqué, quand tu m’as foudroyé. Je voulais te dire, j’y ai cru. Quand t’es revenu, quand tu m’as fustigé. Je voulais te dire, je te retiendrai si tu me condamnes à ton existence. Je voulais te dire, je crois que je suis en train de tomber pour toi.
À la gloire du dieu tout puissant. A la gloire du blasphème.
À ta gloire, toi, que je sanctifierais comme mon plus beau choix.

_________________
je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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Lorenzo Farnese

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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyDim 20 Jan 2019 - 17:38

Doigts tremblants au-dessus du tactile. Le talon battant la rythmique contre le sol de ta chambre. Assis au bout du lit, la gueule encore trempée d’une douche froide. Pas assez pour éteindre les souvenirs qui brûlent dans le crâne. Pas assez pour effacer tes traits déformés par la fatigue. Pour faire taire cette voix, ces mots murmurés alors que la fuite se dessinait. Take care of you, please.
Mais putain, s’il savait. S’il savait que sans sa présence, sans son odeur, tu deviens timbré. Comment est-ce que tu pourrais prendre soin de toi, quand il n’est pas là ? Un souffle au bord des lèvres. T’en peux plus, Lorenzo. T’es fatigué de toutes ces histoires. De ce combat perpétuel pour ravaler ces envies qui rongent l’abdomen. Arracher ces pensées qui dominent les songes. Te débarrasser de sa gueule qui devient empire. Incompréhension violente de ces sursauts dans la poitrine. Tu peux pas t’accrocher comme ça à quelqu’un. Tu peux pas t’accrocher de la sorte à un inconnu. Un homme sorti de nulle part. Ressentiment trop nouveau pour venir ronger l’être. Tu ne t’attaches pas, Lorenzo. Jamais. C’est pas ta façon de faire. C’est pas toi. Des coups de reins juste pour calmer les pulsions. Des silhouettes qui s’additionnent sans jamais marquer le myocarde. Cœur qui ne bat que sous l’effort. Qui ne s’emballe pas pour un sourire. Pour une belle paire de seins. Pour une carrure décorée d’encres. Nouveau tour de la part du Malin pour mieux se jouer de toi. Pour mieux se moquer de ta pauvre personne.
La main droite qui file entre les boucles mouillées. Carcasse complètement avachie. Un coude sur la cuisse et la paume pour soutenir la tête. La supérieure tremblante autour de ton portable. Conversation maudite. Chargée de palabres trop différents les uns les autres. Des insultes. Des remontrances. De l’inquiétude. Rien qui ne tourne rond dans cette histoire. Clavier ouvert. Zone de texte qui reste vide, pourtant. Depuis cinq bonnes minutes, sans doute. Verrouillage de l’écran empêché à chaque fois. Qu’est-ce que tu pourrais dire, de toutes façons ? Jouer de cet humour plus que douteux et répondre à ses derniers messages. Yeah, I’m fine. Won’t go to this gala ever again. Lâcher des moqueries pour venir mettre à mal une relation déjà érodée. Provoquer la blessure au cœur, toujours plus. I thought you were supposed to delete my number, polpetto. Non. Ça ne va pas. Ça ne fonctionne pas. Pas avec les mots balancés au-devant des urgences. Pas avec la révélation au bord de ses lèvres pour faire trembler les tiennes. Claquer le palpitant au sein même d’un message. Avouer la douleur qui ronge au travers des écrans interposés. I think I’ve never wanted someone like I want you. And I’m terrified. Phalanges tremblantes autour de ton téléphone rien qu’à l’idée de laisser les lettres se former sur le tactile. Tu peux pas faire ça, Lorenzo. Tu peux pas aller ramper devant un mec que tu connais même pas. De ployer devant une punition divine. De laisser les cieux gagner cette bataille qu’ils ont engendrée. L’inspiration. Nouveau souffle pour sanctifier les songes brouillons.
Le portable balancé derrière toi, contre les couettes défaites du lit. Sommeil agité depuis trois jours. Depuis lui. Depuis la rencontre devant les urgences. Depuis vous. Nuits esseulées contre un matelas trop grand pour une seule personne. Quelques minutes perdues sur des applications à la con, dans l’espoir de décharger la pression contre un corps de plus. Même résultat à chaque fois. Quelques bribes de conversation. Puis ta disparition soudaine. Ça ne vaut pas le coup. Ce n’est pas assez. Ce n’est pas lui.
Avancée vacillante jusqu’au placard. Portes coulissantes claquantes contre le mur sous l’impulsion du geste. Les mains appuyées contre la tringle, le corps qui capitule. Les paupières closes, des prières au bord des lèvres pour faire taire toutes ces voix dans ton crâne. La sienne, surtout. Et l’autre. Celle qui Seigneur qui juge tes moindres mouvements. Tes moindres pensées. Tu n’es que péché, Lorenzo. Erreur ambulante. Tu seras crucifié pour l’exemple. Exposition du Mal qui ronge les Hommes. Souffle battant. Rage vivace au creux de la caboche. L’envie de hurler. De faire trembler les murs. De cracher la maladie jusqu’à ce qu’elle disparaisse. Jusqu’à ce qu’elle te laisse tranquille. Jusqu’à ce qu’elle te laisse être à nouveau toi. Sans tous ces défauts pour conjurer l’âme. Pour refermer cette haie d’honneur qui t’attends aux portes de l’Enfer. Jailler les envies nauséabondes. Bras tremblants, tétanisés par l’étreinte contre le support des étoffes. Énièmes sanglots ravalés. Les prunelles qui restent sèches. Arrête. Ressaisis-toi. T’es un homme, putain. T’es un mec. Pas une pédale qui chiale pour une autre.
Le revers de la main passant sur ta face. Remet la gueule en place avant de revêtir les couches de tissu. Masque de circonstance pour couvrir la bataille qui fait rage au milieu du crâne. Fermeture éclaire remontée jusqu’à la nuque. Puis les pas qui cognent contre le sol. Contre les marches de l’escalier. L’armure revêtue pour aller rejoindre les autres. Pour aller sourire au milieu du terrain d’entraînement. Feindre l’insouciance quand tu crèves de l’intérieur. Lâcher des railleries dégueulasses dans les vestiaires, alors que t’as le cœur en berne.
Des souvenirs qui paraissent bien lointain, à l’instant présent. Les jours précédents effacés par la chaleur de ses lèvres contre les tiennes. Le rictus sincère pour illuminer ta gueule. Des baisers pour enfin faire taire toutes les voix. Pour rompre le contact avec le Tout Puissant. Signer un adieu au Père. J’abandonne mes droits au Paradis, si c’est pour être béni de quelques minutes avec toi. J’renie tout ce qu’on a pu me mettre dans le crâne, si c’est pour entendre mon prénom sanctifié dans tes soupirs. Ronan. Simplement Ronan.
Râle de surprise aux gestes qui emprisonnent les membres. Ses phalanges pour dominer le cuivre tatoué. Hoquet d’impatience en écho avec le verre tremblant. Sourire au coin des lèvres de la tournure des choses. Une venue au milieu de la nuit. Résultat aléatoire sous le regard des saints. La peur de te faire rejeter, quand t’as poussé la porte du pub. De te faire insulter, quand t’as fait un pas de plus. De te manger réellement le poing, cette fois, quand tes lèvres ont apposé l’idée d’une trêve. Soupirs lascifs à la mesure du chemin de ses lèvres sur ton derme. Le moindre contact pour attiser toujours plus le feu au creux des reins. Les prunelles qui suivent l’autre. Qui rongent et dévorent. Se délectent du diamant brut qui s’anime. Regard noir blindé de tout ce désir resté enfouis trop longtemps. Des semaines à prétendre l’inverse. À essayer de te convaincre du mauvais fondé des réactions du corps. Du cœur. Son ordre révoqué, quand la dominante s’abat à l’arrière de son crâne. Doigts glissants entre ses mèches châtains. Les yeux plantés dans les siens. « Per favore. » Lippes tremblantes sous l’appétence qui sape. Murmure à son attention seulement. Voix éraillée par un silence béni sous les échanges torturés du vermillon. M’abandonne pas, Ronan. Pas maintenant. Pas alors que je ploie totalement face à toi. Pas alors que je t’accorde toute ma déchéance. Libération de la peau sous son regard. Et putain, c’est la première fois que t’es terrorisé de la réaction d'une autre personne face à l’exposition de la chair. Dernière chance pour fuir. Dernière chance pour retrouver le droit chemin. Ignorance parfaite de la possibilité ultime qui fane.
Frémissement de l’épiderme alors qu’il danse au-dessus de l’encre. Cheveux sublimés entre les doigts de la dominante. Caresses du bout des doigts contre le cuir chevelu. Cercles parfaits pour masser. Rassurer.
La tête balancée en arrière, un court instant. La poitrine gonflée par les charnues glissantes contre toi. Exhalation dans un soupir trahissant la fébrilité. Main droite cramponnée aux étagères d’alcool. La gauche toujours entichée de l’arrière de sa tête. C’est brouillon, c’est maladroit. Mais putain, c’est lui. Des espérances dépassées par le simple fait de le savoir à genoux devant toi. Débutant qui te fait plus tourner la tête que n’importe quelle gonzesse s’étant glissée dans tes draps. Lacunes comblées dans le désir qui déborde de ses lèvres gonflées. Sourire inscrit sur les tiennes quand tu repenses à la rencontre. Que tu repenses à cette calamité exercée autour de sa chair. Mouvements du vermillon peu assurés contre les veines saillantes. Étonnement au fait qu’il soit encore là, malgré l’échange désastreux de tes lippes. Sursaut de la carcasse à la main agrippant ta hanche. Coup brûlant au fond de la cage thoracique à chaque assaut de sa langue. La trique tremblante contre son palais. La silhouette entière vacillante dans la bataille. Lèvre martyrisée de tes dents. Regard planté dans le sien. Soulèvement du cœur aux détails de l’embrun sur ta gueule. Est-ce que tu vois dans mon regard l’effet que tu me fais ? Est-ce que tu sens à quel point j’suis en train de crever contre toi ? J’vais mourir. Mais je t’en supplie, Ronan. Ne t’arrête pas. Coups des hanches pour lui en imposer toujours plus. Des râles pour couvrir le son des claquements. Des souffles pour ne pas défaillir sous sa langue. Gémissement résonnant entre les murs quand il s’écarte. Impression de perdre la raison de vivre. De te retrouver sans le moindre reperd au milieu de nulle part. Supplications lancées par le biais des prunelles. L’envie qu’il revienne. Qu’il continue de te consacrer de ses lippes. Qu’il te bâtisse un empire du bout de sa langue. Alors la dominante impose le rapprochement. Force ton passage entre ses lèvres quand il ose enfin y revenir. Complainte claquante dans l’air. Les mèches serrées entre tes phalanges, la gueule de l’autre guidée autour de toi. Les deux mains pour contrôler la cadence. Pour mener au bord du précipice. Ricanement enchanteur contre ta peau gonflée. Le tien en écho. Putain, c’que ça paraît naturel. Putain, c’que ça paraît normal. Et qui sait, peut-être que c’était écrit, toi et moi. Peut-être que ça devait se faire, malgré les parjures divines. Parce que j’te jure, Ronan. J’te jure que quand j’vois ta bouche épouser aussi bien ma queue, j’me dis que ça pouvait pas se faire autrement.
Bordel, t’as le cœur qui va éclater. Des perles de sueur qui commencent à orner la peau échaudée. Mains moites contre sa face. Reins qui flambent de tout ce qu’il provoque. Son sourire devenu empire sur ta peau durcie. Son regard pour faire vriller la raison. Ses mèches contre lesquelles tes phalanges se perdent. Etreintes resserrées comme si c’était un chapelet contre les pulpes. Prières scandées contre son crâne. Cinq lettres lâchées dans un souffle. Cinq lettres pour mettre à mal le palpitant. Cinq lettres pour attiser sa chaleur. Un prénom pour conjurer toutes les souffrances. Pour chasser toutes les peurs. Tu ne penses plus à rien, Lorenzo. Plus à rien, sauf lui. Uniquement sa carrure pour dompter la rage battante dans ta caboche.
Ses mains à lui comme des brûlures sur le derme. La dominante abandonne son visage, glisse le long de son bras pour se lier à ses doigts. Étreinte suave. Accroche ultime. Quelques baisers parsemés sur ses phalanges. Accalmie de tes lèvres quand les siennes ravagent ta luxure.
Ultime coup de reins contre sa bouche. Dernière imposition de la peau durcie au bord de sa gorge. Tu l’attires vers le haut, Ronan. Bouffes ses lèvres encore bouillonnantes de toi. Énième rire contre sa bouche gonflée. Les barrières mises à terre. Corps à corps brûlant. Ton torse claquant contre le sien. Sa nuque piégée entre tes mains. Tu ne pourrais jamais assez l’embrasser. Jamais assez le posséder. Charme brut impossible à dompter. Impulsion de ta carcasse sur la sienne. Pas tremblants pour le guider jusqu’au mur. Écho distant à ce foutu sous-sol, à ces briques contre lesquelles tu t’es retrouvé acculé. Gestes chevrotants contre sa ceinture. Cuir desserré dans une lenteur qui pourrait te faire perdre la tête. Des baisers abandonnés dans sa nuque, contre ses épaules. Courbure du dos pour mieux laisser les lippes dévaler contre son torse. Des tatouages détaillés du bout du vermillon. Déclarations aphasiques contre le buste du divin. Sourire brûlant aux commissures des lèvres. Dépôts des lèvres contre sa mâchoire, au coin de sa bouche. Les mains qui s’affairent à le débarrasser de son jean, avec plus d’entrain que la ceinture. Morcellement du tissu au bas de ses jambes. Les doigts pour pétrir la chute des reins. Claquement des bassins, l’un contre l’autre. Chairs mises à nue, dans une étreinte nouvelle.
Les prunelles qui cherchent les siennes. Qui y détaillent le dégradé de couleurs. Il est tellement beau, putain. Éclat brut pour redorer les songes. Pour amoindrir la honte qui cherche encore à se creuser un passage jusqu’à ton crâne. Ses lèvres comme bouclier à toutes les attaques.
La dominante qui se perd contre son buste. Bouts des phalanges qui dessinent les muscles de l’abdomen. Bordel, ce qu’il te rend dingue. Ce qu’il fout en l’air tout ce que t’as pu construire. Caresse des lippes contre les siennes. Un souffle sur le labret. Poumons haletants du désir de l’autre. Creux des hanches sublimé de tes doigts. Provocation ultime pour lui faire perdre tous ses moyens. Avant qu’ils ne se perdent contre sa chair durcie. Avant qu’ils ne capitulent autour de lui. Ebat simplet pour le faire languir. Le faire demander. Dis-moi juste oui, Ronan. Accorde moi l’euthanasie. Laisse-moi crever contre toi. Tendresse contre les vaisseaux sanguins. Rythmique désaccordée de ton pouce sur les veines. Poignet qui s’active pour faire régner le plaisir dans son ventre.
Ixièmes baisers contre ses lèvres. Le vermillon qui s’immisce. Danse contre le sien. La main droite emprisonnant toujours la peau au bas de ses reins.
Soulèvement du cœur à son odeur. Son souffle comme une torgnole dans la gueule.

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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyDim 20 Jan 2019 - 23:14

Les effluves sucrées. Les sens soumis à la tentation.
Les regards qui se contrent. Les palpitants qui s’embrasent. Les phalanges de Ronan sur la peau de porcelaine. Les phalanges du mal pour éveiller le bien. Le vice flânant les contours d’un paradis maculé. La beauté des yeux. La goût du miel au coin des lippes. La chute vertigineuse de ses reins pour crouler sous l’influence de la pulpe. Ava, elle est belle. Beauté foudroyée par le dégradé en quelques secondes. Le rictus provocant de Ronan. La gueule cabossée d’un énième deal foireux. Les poignets entachés de barrières d’acier. Le verdict en suspend sur l’ossature virile de ses épaules. L’irlandais en une fraction du temps, il en avait plus rien à foutre de la sentence. Il en avait plus rien à foutre de l’odeur putride de la cellule. Y avait que la sirène pour compter. Y avait que le désir pour grouiller sur sa chaire. Remarques hasardeuses. Réponses contrecarrante chaque lettre sous le palais. L’accroche. Le caractère incendiaire. Les flammes pour danser sur les reins. Le rire pour déformer l’endroit lugubre. Le mélange suave de la chaleur et du défi. Venue pour sauver l’âme du bourreau. Repartie avec des doutes ancrés sous les couches du myocarde.
Scène en suspend. Caresses des lèvres. Caresses des doigts. Ronan qui se perd au creux de ses cuisses. Le dos qui se cambre sous l’appel de la diabolique. Traînée ardente pour réchauffer l’échine. Trainée ardente pour se visser sur l’abdomen. Dessin à l’encre de sa bouche. Sur ses seins qu’il sublime de leur galbe éhonté. Sur ses seins où il s’attarde pour faire frissonner la poupée. Sourire sur l’échine. Sourire sur l’ivoire. Une main pour venir saisir son visage. Une main contre cette joue qui rougit, qui réagit trop. Les lippes pour se posséder. Éreinte féroce du roi pour sublimer sa reine. La tour écarlate où ils siègent main dans la main. Choix fait délibérément. Emprise du clan sur la carcasse d’Ava. Emprise du clan pour poser le blase sous l’échine. Elle a choisi le monde souillé du vice et de la violence. Elle a choisi la main tendue vers les drames qui terrassent. Elle a accepté le destin tragique d’une meute où la paix s’annihile. Il a essayé Ronan. De la dissuader. De lui laisser entrevoir le pire pour l’éloigner. Déroute sentimentale peinant à l’autoriser à fuir pourtant. Déroute sentimentale l’ayant amené à tomber devant elle. Le coeur trop terrassé par l’amour. Le coeur trop terrassé par sa douceur.
Comme à cette seconde précise. L’azur ravagé par l’espoir. L’émotion pulsant au bord des lippes. Le regard apprivoisant le sien. Le regard se nourrissant de ses opalines. Le souffle pour les séparer. La respiration pour vriller. Marry me, babe. Trois mots pour sceller deux existences. Le paradis et les enfers. Le mal et le bien. La tyrannie et la douceur. La vie et la mort. L’amour et la haine. Contradictions émotionnelles quand sa seule certitude résonnait au détour de l’interrogation. Pas de bague sur le moment. Pas de grand discours. Pas de genoux mis à terre. Juste l’amour pour border le regard. Juste l’amour pour semer les certitudes. Ava, elle a rien répondu. Elle a hoché la tête. Elle a sourit. Un sourire capable d’éradiquer tous les maux de la terre sur l’instant. Un sourire capable de bouleverser le plus insensible des coeurs. Comme celui de Ronan. Époux aux griffes acérées. Epoux aux crocs exposés dans la nuit ténébreuse. Mal pour détaler. Mal pour faire exploser les promesses. Les paroles pour se balader sous le regard des saints. La certitude de l’aimer pour l’éternité. La certitude de sceller sa vie à la sienne. Les ténèbres pour noircir les contours des voeux. Les ténèbres pour ravager les souffles brûlants. Tragédie dépeinte rien qu’avec un regard. Rien qu’avec une empreinte sur l’abdomen. Chaire possédée pour éradiquer l’infini. Quand le sien se conjugue sous les lettres d’un unique prénom. Lorenzo. Sept mélodies pour glisser sous le palais et hanter le parterre cendré. Sept mélodies pour imbiber les veines d’une dose létale de lui. Il est foutu, Ronan. Pacte signé avec le diable à la seconde même où le carillon de la porte a sonné. Alerte pour l’ouïe. Alerte pour les sens. Voltige émotionnelle au creux du thorax. Empreinte italienne versée sous le couperet de la voix trop traînante. J’ai vendu mon âme au diable ce soir-là. J’ai vendu mes certitudes et mes aprioris. J’ai vendu mes larmes et mon deuil inachevé. J’ai vendu mon esprit torturé. J’ai vendu ma femme pour tes yeux. J’ai vendu mes promesses pour ton sourire. J’me suis vendu moi pour racoler ta chaire.  La chaire qui étouffe. Les gestes brouillons pour surplomber la beauté de l’instant. Le vice greffé sous le palais à mesure qu’il dévore, qu’il ronge. Les dernières barrières envolées avec l’amertume des regrets. L’esprit embrumé de son visage. L’esprit embrumé de son parfum. Les effluves boisées pour gagner les synapses. Les poumons ravagés des veines tentatives pour capter une once d’oxygène. La noirceur des iris pour contrer l’azur. La noirceur des yeux pour soulever l’espoir. Comme sa poitrine qui se creuse et se gonfle. L’appel du tout puissant pour calmer les ardeurs. L’appel du tout puissant pour racler les idéaux salaces. Tu seras puni mon fils. Tes pêchés seront le galbe de ta sentence. Les ailes du paradis tu éviteras, quand les flammes de l’enfer viendront te faire brûler. Tu seras puni mon fils. Pour avoir posé ton dévolu sur un homme. Pour avoir posé les genoux à terre en te nourrissant de sa chaire. Il regrette pas, putain. Il regrette pas de sentir le verre écorcher les rotules. Il regrette pas de sentir le sang picoter l’échine. Il regrette pas de se plier au seul roi de l’équation. Propre rôle conféré quand le patriarche a disparu. Le trône offert à l’aîné sous le joug de la sainte mère. Propre rôle effacé quand le paysage s’est brouillé. Quand le regard s’est surplombé au sien. Quand il est devenu sien au détriment des autres. Sans le désirer. Sans le comprendre. Sans même en apprivoiser l’idée. Là maintenant que sa langue roule. L’esquisse de l’empreinte brouillonne. L’esquisse de l’empreinte qui se conte sous les gestes de ses doigts. L’ébène prise d’assaut pour le retenir. L’ébène prise d’assaut au point de le faire vriller. Les propres mouvements offerts au creux de la bouche. L’avancée victorieuse sous l’impulsion de la pulpe. La peine à respirer. La peine à oxygéner son cerveau. Les idées de toute façon balancées plus loin sous le versant des enfers. Les mains qui remontent. Psaumes déposés de l’abdomen au torse. Du torse aux lèvres qu’il cueille du bout des pulpes. Baisers sacrés. Baisers divins. Le monde tourne plus rond. Ça cogne dans tous les recoins de ma tête. Mais putain, y a aucun regret à avoir. Mais putain, que je veux ancrer cet instant sous ma peau.
La gorge qui vibre. La gorge qui s’assèche. L’écartèlement de la chaire au profit des mouvements plein d’audace. Ronan, ce pantin qui retrouve la vie. Ronan, ce pantin qui chasse les années de mariage. Ronan, ce pantin qui fustige le tout puissant. Un regard vers les cieux alors que l’intention se fait de plus en plus vorace. Ce dieu auquel il ne croit même pas. Préceptes inculqués pour la forme. Préceptes inculqués pour se donner bonne conscience. Raison évaporée depuis trop longtemps sous le sanglant qui enrobe chaque lettre du blase. Raison évanouie sous les deals, les trafics, la couverture pourpre pour entacher le maculé. Un clan qui le renierait rien que pour l’audace de la scène. Les cordes vocales qui s’enlisent sous chaque vibration. Le palais qui claque. Les joues qui se creusent. La mâchoire qui se contracte et se bloque sous l’impulsion des coups de trique. Chaleur exacerbée sous le derme. La creux de la bouche où s’imprime son goût. Celui dont il voudrait s’imprégner pour l’éternité. Celui qu’il voudrait redessiner des traces de salives qui s’éprennent de la chaire. Celle qui rosie. Celle qui sursaute. Celle qu’il englobe de ses lèvres charnues. L’ourlet pour ricocher. L’ourlet pour pénétrer le derme. Influence au volupté sans faille. L’appel du diable. Le chant religieux scandé par les baisers. La carcasse récupérée contre la sienne. Les lèvres qui claquent. Comme les bustes. Comme les peaux qui se retrouvent. Gémissement là au bord des lippes. Gémissement là au bord des impératrices. Pour mieux l’enivrer. Pour mieux l’appeler. Reste. Ce soir et demain. Reste ce soir et les jours suivants. Reste pour m’étouffer de tes vices. Restes pour m’étouffer de tes maux. Restes pour m’étouffer de toi. Je plierai en quatre pour essayer de te rendre heureux.  Les pas brouillons. Les pas maladroits. Le dos qui frappe le mur. Râle de surprise. Regard complice. Le rictus sur les lèvres. Le rire qui virtuose le sien. Instant de grâce des âmes qui s’accrochent. Des âmes qui se possèdent. L’espoir aux iris d’un futur. Idée hallucinante quand le temps a filé trop vite entre eux. Idée hallucinante alors que l’alliance orne l’annulaire. Chemin d’acier qu’il ne peut même plus regarder. Comme les yeux tristes d’Ava. Épouse vissée au sol par ses conneries. Épouse qui ne réalise même pas le spectre de cette vérité qui dérange. Épouse qui se prend une claque dans la gueule comme celle reçue cette nuit d’orage. L’écho encore trop palpable de la foudre. Celle qu’il élance quand les phalanges tremblent sur la boucle de ceinture. Regard perché vers le sien. Pour le rassurer. Pour combattre les craintes. La main qui se cale contre la joue. La main qui devient tendre. Coton disséminé sur les pores de la peau. Là où la sueur devient victuaille du plaisir. Le bout des pulpes pour effleurer, pour calmer, pour rassurer. Sourire sur les lèvres. Incapable de s’arrêter de le faire. Le sien devenu empire depuis trop longtemps maintenant. Les couches de tissu qui tombent à terre. Les couches de tissu qui voltigent sur les chevilles. La chaire exposée aux yeux du tout puissant. Lui, rien que lui. Le corps de Ronan pris de tremblements. L’envie qui se mêle à l’angoisse. Le désir qui devient courroux des tourments. Le souffle haletant. La respiration saccadée contre sa bouche. Les résonances rauques pour s’éprendre de la surface rougie. Les yeux précipités de noirceur. Les yeux où le dégradé flanche comme lui face à Lorenzo. Y a plus à réfléchir. À y a plus à se poser des questions. Les doigts pour offrir enfin l’accalmie réclamée. Ondulations lentes, à peine franches sur la peau. Ronan qui vrille. Les lèvres entrouvertes. Les lèvres qui remuent alors qu’aucun son ne sort. Cruel manque des baisers. Cruel manque de lui.
Le diable qui s’accoutume d’une lenteur dégueulasse pour le malmener. Provocation des gestes quand le regard reste fébrile. Coup dans la poitrine. Coup dans le ventre. Ça s’entrechoque de tous les côtés et ça empêche de respirer. Ça fait du mal autant que ça fait du bien. Et il en réclamerait encore, Ronan. Jamais assez de l’italien. Jamais assez des saveurs fiévreuses et ensoleillées. Jamais assez de ses lèvres qu’il cherche à rattraper. Jamais assez de ses lèvres qu’il ne récupère pas pourtant. Jeu malsain du Malin pour le faire plier. J’suis tombé à genoux devant toi, putain. Ça te suffit pas ? J’suis tombé tout court quand tu as débarqué dans ma vie. J’ai trébuché au point de me casser la gueule. Les écorchures au coeur sans parler de celles sous le muscle. Pire qu’un tatouage, parce que toi, tu restes même pas ancré à mon échine la nuit. A bout de souffle, à bout de tout, Ronan il fait le premier pas. La main sur l’avant-bras. Verdure tatouée à l’encre noire qu’il galvanise d’une poigne ferme et équivoque. Le bassin qui s’aligne sur les mouvements qu’il force. Propre rythme imposé sous les doigts qui se font frivoles. Le regard sombre. Comme le baiser délivré. Empressement des lippes pour récupérer les siennes. Vipère au poing de la poudreuse qui les réunit. Énième rire dissimulé derrière la barrière charnue.
— Please, Renzo. Surnom de l’instant sous les sonorités qui roulent. La voix traînante de tout le désir alors que les mots sont crachés entre deux souffles. Deux respirations saccadées. Deux appellations charnelles. Il le fixe. La main libre contre sa nuque, les pouces bénissant la mâchoire. La splendide pour récupérer l’assaut des muscles. Puis les boucles qu’il frôle. Les boucles qu’il empoigne pour dominer. Pour le faire obéir. Rictus insolant en s’éloignant. Le propre contact que l’irlandais rechigne à offrir. Pour le rendre fou. Pour le rendre ivre. Pour le rendre accroc. Tu as vraiment espoir de devenir nécessaire à sa vie, Ronan ? Putain, t’es rien de plus qu’une queue entre toutes les autres. Le supplice des yeux. La paume pour empoigner les mèches cendrées. Le bassin pour obtenir. Coups plus acharné. Plaisir qu’il provoque, qu’il impose. Le front contre le sien. Là où les lèvres ne se séparent que de quelques millimètres. Distance infime. Conjure des respirations. Blasphème des soupirs. Le gémissement rauque pour perler sur les lippes. Celles qu’il vient récupérer dans une étreinte plus forte. Un dernier appui de sa main sur l’avant-bras pour se faire guider et les phalanges remontent. Les phalanges se calent dans la nuque. Pression sur la chaire. Bassin qui cogne. Bassin qui racole sa main, bassin qui racole sa chaire durcie. Frottements des triques pour achever l’asphalte. Les lippes qui s’égarent près de l’oreille. Les carnassières pour mordre le lobe. Les carnassières pour violenter. — Don’t stop. Les lettres qui dansent.  Les lettres qui appellent à l’aide. Ne t’arrête pas. Ni maintenant. Ni jamais. Concède-moi une partie de ton coeur quand le mien pourrait être tien. Concède-moi un peu de sentiments au milieu de l’enfer. Et je t’offrirai mon monde. Le corps qui tremble. Le corps vacille. La paume sur les doigts qu’il malmène. Pression plus forte. Pression pour condamner le corps qu’il fait reculer. Silhouette de l’italien pour s’encastrer dans le comptoir. Hargne du baiser. Hargne des gestes.
La perte de contrôle aussi vorace que les sentiments. La perte de contrôle aussi éprise que lui. Ondulation du bas-ventre pour se greffer dans un dernier souffle à sa main. Pêcheur chutant dans les abysses pour un inconnu. Pour un visage ancré dans sa tête sous l’ombre de la foudre. Rencontre hasardeuse comme des milliers d’autres. Rencontre qui marque et annihile les certitudes. Plus de questions à se poser ; rien qu’à accepter la sentence divine. Rien qu’à accepter l’idée qu’il pourrait tout changer.
Alors apprivoise ma chaire. Sanctifie-moi tiens.
Alors apprivoise mes lèvres. Et absout mes craintes.
Alors apprivoise mon coeur. Et je danserai près du tient.
Alors apprivoise mon âme. Parce que la mienne est à toi depuis le claquement du loquet.

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je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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Lorenzo Farnese

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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyMar 22 Jan 2019 - 7:08

Des provocations lâchées au travers d’une rue. Gamin renvoyé sommairement pour ne pas assister au chaos infernal. Paire d’yeux détournée pour le sauver du dédale des palabres. La venue au pub, une poignée de jours après. Le maillot glissé sur le bar. Cadeau empoisonné, pour mieux infecter le paternel. Sourire de connard ancré sur les lèvres jusqu’à ce le poing s’écrase contre le mur, à quelques centimètres de ta gueule. Et putain, t’as tellement flippé à cet instant. De finir la tronche en sang, sous des assauts bien différents de la dernière fois où ses doigts rencontraient ta peau. Peur de voir les gestes défoncer tes traits. La face éclatée, pour avoir sucé une queue. Pour avoir fait honte au nom. Pour avoir laissé la bouche scander autre chose que des psaumes. Can I suck your dick ? Des pensées crachées trop vite, sans laisser le temps à la gueule de se la fermer. L’habitude traîtresse des palabres qui ne s’arrêtent jamais. Langue trop déliée par l’alcool, trop attirée par la chair de l’autre. Pulsions trop ardentes dans les veines. Besoin à assouvir au risque de perdre la raison. Au risque de laisser les maux s’infiltrer dans le crâne, les heures suivantes.
Son corps pressé toujours plus contre le mur. Main lancinante autour de lui. Assez pour provoquer. Baiser rapide déposé sur les lèvres avant de laisser tes yeux se morfondre dans les siens. Franchise brillante au coin des iris. J’en avais rien à foutre de ta serveuse, ce soir-là. Elle aurait pu être la plus belle gonzesse de cette ville, ça m’aurait à peine secoué. Parce que quand j’ai vu ta sale gueule, quand j’ai vu ton foutu regard, j’me suis senti vriller. J’me suis senti crever à l’idée de ne jamais te toucher. Les prunelles plantées sur la blonde pour tenter de sauver les apparences. De sauver la conscience. Tentatives vaines, à chaque fois que tes orbes faisaient naufrage contre la silhouette de l’autre. Qu’ils fuyaient, quand les siens s’imposaient. Comme un malfrat pris sur le fait. L’alcool avalé pour donner l’illusion d’une autre occupation. Des mots claqués à l’attention de cette fille derrière le bar.
Tu te souviens de ta fuite à travers la nuit, après la déchéance. De la façon dont t’as traîné ta carcasse jusqu’à ta baraque. Jusqu’à ta chambre. Jusqu’à ton lit où t’as laissé la terreur gagner. Un cri contre le tissu. Un cri étouffé pour ne pas réveiller la moitié. Sommeil aidé par la dose monstrueuse d’éthanol dans tes veines. Sommeil brisé après quelques petites heures, la nausée s’imposant dans la gorge. La gueule au-dessus des chiottes. La gerbe à laquelle t’as voulu associer son souvenir, au lieu de l’alcool. Premier mensonge qui a voulu s’immiscer dans ta caboche. Premier mensonge que t’as forcé jusqu’à y croire. Un instant, seulement. Ton visage a rapidement retrouvé l’oreiller. Une journée passée à te retourner sur le matelas, à enrouler ta silhouette dans la couette. Pas un mot vers l’extérieur. Unique dissertation à l’intérieur de ton crâne, quand l’esprit te sortait des rares passades de l’endormissement. Jusqu’à ce que Renata s’impose le soir venu, les traits bouffés par l’inquiétude. Come va, Lorenzo ? Des aveux lâchés dans la précipitation. Des secrets trop lourds contre le regard de ta sœur. Et ses bras pour encercler ta carcasse. Nuit passée contre elle, à laisser les craintes noyer la pièce.
Ça te paraît tellement loin. Tellement stupide, alors que la main de Ronan glisse contre tes traits. Silhouette chevrotante contre la sienne. Tremblante de cette peur mélangée au désir. Je flippe tellement, putain. C’est pas normal. C’est pas mes habitudes. Pourquoi est-ce que je sombre devant toi, alors que j’tape entre des énièmes paires de cuisses sans un regard en arrière ? Qu’est-ce que tu m’as fait, cazzo ? Un rire en écho au sien, pourtant. Zygomatiques torturés par tout ce qu’il provoque. Le contact de la paume sur ton visage pour remettre l’ordre dans le crâne. Te faire comprendre que le monde ne va pas s’écrouler ce soir. Qu’il s’érige sur ses lèvres que tu captures. Qu’il s’érige en même temps que sa chair au creux de la main. Doigts assassins contre la chair. Latence malsaine pour lui faire perdre la tête. Mieux le faire désirer, mieux le faire chuter. Rictus sur les lippes. Prunelles joueuses pour provoquer les siennes. Vouloir lui faire mal autant qu’il te fait souffrir. Son corps que tu sens se tendre sous l’étreinte lente. Cœur gonflé par les réflexes de sa peau. La langue qui se perd contre sa nuque. Les dents qui s’y imposent. T’es à moi, au moins ce soir. Au moins maintenant. Et même si j’sais que tu m’auras oublié demain, même si j’sais que j’suis qu’une passade, laisse-moi juste périr pour te sauver. Parfum inhalé à même son cou. Ton souffle pour y siéger. Empire construit sous les effluves de tes poumons qui peinent à se remplir. Les moindres expirations abandonnées contre son derme. Offrande complète au divin, au risque d’une chute trop dure.
Un râle pour rebondir contre les murs. Un râle pour approuver le geste autour du poignet. Contrôle perdu à son profit. Et putain, ça te fait sourire comme un con. Ça te fait éclater le palpitant dans la poitrine. Le désir enflé par le contact. Son regard comme dernier coup de poignard pour déchirer le thorax. Percer le cœur. La main qui suit son impulsion. Tu laisses l’aîné mener la danse, faire tanguer tes doigts autour des veines battantes. Ses phalanges qui brûlent l’avant-bras. Provoque toujours la chaleur au sein de l’abdomen. Bordel, c’que t’aimes ça. Et putain, tu te maudis de ne pas l’avoir embrassé dans ce sous-sol à la con. De ne pas avoir cédé malgré la colère et les mots. De n’être pas tombé à genoux devant lui une fois de plus. Instant perdu. Possibilité disparue dans les limbes. Le baiser dans lequel tu t’abandonnes. Tête voûtée en avant pour mieux laisser l’avidité régner. Son cristallin émanant de sa gorge pour galvaniser les songes. Complicité pour déconcerter l’assurance. Accroche à l’autre au lieu d’une simple luxure au bord des lippes. Puis le crâne qui flanche aux sons qui s’évadent. Des lettres pour te faire vriller. Familiarité soudaine pour faire rompre les synapses. Pire que l’étau des phalanges autour du motif floral. Pire que ses lèvres bouffant les tiennes. Un souffle haletant lâché contre ces dernières. Exaltation du cœur dans son sursaut. Les joues remontées dans la courbure des lippes. Mais tu m’achèves, Ronan. Tu me tues avec mes lettres souillant ta gorge. Tu me tues avec ce sourire à la con ancré sur ta gueule. Caresse suave contre ta face. Ta main droite qui file le long de son poignet. La demande muette du bout des doigts. Me lâche pas, je t’en supplie. Ne retire jamais ta peau de la mienne.
Grognement rauque au cuir chevelu souffrant. Le noir du regard pour le dominer du haut de ta stature. Écart imposé de son visage. Torture silencieuse que ta bouche tente de combattre. Torse serré contre le sien, contact que tu forces juste pour sentir son myocarde courir dans sa cage thoracique. Chercher la preuve que ce n’est pas à sens unique. Que t’es pas venu ce soir juste pour lui faire passer le temps quand l’épouse n’est pas dans les parages. Traits féminins qui s’imposent dans ton crâne. Qui brûlent le palpitant. Photos exposées sur un compte observé à la faveur de la lune. Une compression dans la poitrine à chaque fois que son sourire s’imposait sur le profil de l’aîné. Sentiment méconnu. Sentiment trop évident, pourtant. La peur au ventre à l’idée de tomber sur un cliché trop explicite. De sombrer sous l’agression d’un bonheur trop éclatant. Rien à afficher pour contrer le mal. Aucune gonzesse assez importante à tes yeux pour s’retrouver sur ton paperies. Renata impératrice du pixel. Unique représentante de son genre au regard des autres. Et de toutes façons, il s’en fout le Costigan. Il n’ira pas voir. Il est pas autant désespéré que toi. Il est pas autant accroché que toi. C’est qu’un jeu à ses yeux, Lorenzo. T’es qu’un défi pour animer le mariage.
Pensées chassées de ton crâne pour mieux laisser l'instant prédominer. La dominante qui oblige l’oubli. Sa chair qui s’impose au creux de ta paume. Rythme imposé. Rythme respecté. Il décide, Ronan. T’es qu’un clébard qui suit ses moindres mouvements dans l’espoir d’avoir une récompense à la fin. Et si j’suis assez bon avec toi, est-ce que tu me laisseras t’embrasser une dernière fois ? Est-ce que tu me laisseras te toucher une dernière fois ? Avant que tu ne foutes dehors, le sourire aux lèvres. Le visage calé contre le sien. Les lippes qui cherchent. Parjurent les saints juste pour sentir le goût du divin. Qu’on te laisse sombrer dans les chaleurs de l’Enfer, qu’on te laisse à la merci du Diable incarné sur Terre. La mélodie de son souffle contre ta bouche. Refrain pour bercer l’âme malgré la guerre qui y fait rage. Chant pour taire les insultes qui fusent dans le crâne. Remontrances assassines lâchées par les voix familiales. Par les voix de l’entourage. Tu nous fais honte, Lorenzo. Regarde-toi, à trembler devant la chair d’un mec. Regarde-toi, à vriller à cause de son odeur. Regarde-toi, réclamer ses mains sur ton corps. On ira cracher sur ta tombe au lieu de la fleurir. Alors putain, tu forces le passage jusqu’à sa bouche. Tu l’embrasses jusqu’à ce que le silence s’impose. Jusqu’à ce que le bruit de ta main contre sa peau durcie soit le seul cantique entre les murs. L’étreinte abandonnée par l’autre. Chemin libre pour tes phalanges qui accélèrent la cadence. Biceps saillants sous l’effort. Contacts lascifs contre ta paume. Contre ta propre queue. Des gémissements en écho avec ses coups de reins. Un soupir abandonné contre sa nuque pour répondre à ses mots. Sa voix comme carburant pour les muscles qui s’activent.
Écho du souffle quand le dos frappe à nouveau le mobilier du bar. La surprise qui fait chuter la dominante. L'impérieux capitulant alors que les reins cognent le comptoir. « Scusa, polpetto. » Éclats de rire pour contrer la gêne devenue reine sur le visage. Maladresse fatale du débutant. Main droite pour longer sa joue. Lèvres cherchant les siennes quand la gauche retrouve sa trique. Pulpes dansantes sur les veines. Cadence pour achever. Cadence pour faire gémir. Le pouce de la faible à l’aube de ses lippes. Prunelles plantées dans les siennes. Supplique dans le sombre des iris. J’te veux, putain. C’est pas assez tout ça. J’te veux, putain. Tu me fous en l’air, Ronan. J’te veux, putain. Bouche tremblante. Gorge brûlante. Supérieure qui abandonne sa chair. Glisse le long de son abdomen. Le long de son torse. Jusqu’autour de ses épaules pour mieux serrer la carrure contre ta peau suintante. Baiser sur l’épaule. Lèvres dans sa nuque. Souffle abandonné contre son oreille. Avant-bras orné de l’arborescence qui tangue contre sa hanche. La dextre qui s’empare de ses doigts pour les placer sur sa peau durcie abandonnée. « I want you so bad. » Voix éraillée par le désir. Tiraillée par la peur. La gueule qui s’écarte. Regard survolant le sien. Supplique silencieuse. Putain, vas-y avant que je change d’avis. Vas-y avant que je fuie encore une fois.
Les deux mains pour encercler son visage. Tes lippes pour dévorer les siennes.
Ton cœur pour appeler le sien.

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maybe you're the sun, and i'm the moon. and we were never meant to collide, but wouldn't it be spectacular if we did ?
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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyMar 22 Jan 2019 - 18:40

Le goût singulier du sang. Les effluves des combats qui font rage.
La salle en délire au milieu des vies qui se perdent. Les ricanements pour épancher les myocarde. Les ricanements pour tapisser les recoins crasseux du sous-sol. Les ordres balancés pour l’espoir d’une respiration qui se coupe ; d’une hémorragie qui démarre. Les coups qui s’encaissent. Les coups qui pleuvent. Les mâchoires pour se dévisser à chaque poing. Les filets pourpres pour se cracher dans l’asphalte. Les iris incendiaires. Comme le feu qui rameute les brasiers d’existences pourries jusqu’à la moelle. La rage qui déborde des lèvres qu’on esquinte. La vie qu’on arrache de phalanges meurtrières. Les carcasses à terre. Les carcasses où ploient des godasses souillées de terre. L’éclat des rires comme communion macabre. Les vocalises déchirées du vice planté sous le derme. Déchirure de l’abdomen quand les côtes se brisent. Déchirure du thorax contre les poumons s’essoufflent. Déchirure du palpitant quand le mal devient le dominant. Et que l’âme n’est plus qu’une pute soumise à des choix féroces. Liberté assassine retrouvée sous le goût de la chaire bousillée. Les ecchymoses plantées comme des traces indélébiles. Des plaies béantes pour étirer le derme. Des plaies béantes qu’aucun pansement ne permet de cicatriser. Inflammation perpétuelle à la surface.
Infection qui creuse les viscères. Infection qui creuse le myocarde.
Infection qui danse sous l’oracle de lettres fustigées d’un gémissement rauque. Débâcle sentimentale pour contrer les idées. L’esprit dévasté du manque. L’esprit dévasté de la culpabilité. La honte pour peser sur la conscience. La honte pour effacer l’ombre de la reine.
Des heures latentes à observer le plafond. Des heures latentes à grincer des dents. Les poings calés sous les draps quand les phalanges ne cherchaient pas la saveur de sa bouche plus bas. Quand le bout des pulpes ne venait pas s’écraser sur la chaire durcie de son empreinte. Pour soupirer. Pour respirer à nouveau. Pour s’amouracher d’un vulgaire souvenir. Tu t’es infiltré en moi comme un putain de poison. J’ai raclé le goulot pour ne pas perdre ta saveur. J’ai raclé les bas-fonds pour m’ancrer de ta gueule. J’ai raclé les couches de mon myocarde pour me persuader que tu existais vraiment. L’absence trop brutale, trop ridicule. Une ombre de passage. Un spectre calé sous la descendance du mal. Envoyé des enfers pour foutre sa vie en l’air. Pour lui mettre le ventre en vrac.
Un énième combat comme issue de secours. Un énième combat pour l’oublier lui.
La silhouette bonne qu’à réclamer l’assaut final. La silhouette bonne qu’à longer les cordes effritées. Un premier poing écrasé contre sa gueule. Et c’est la sienne qui apparaît. Rage persiflante entre les canines. Mots crachés pour l’adversaire. Provocation. Insultes pour rameuter l’animosité. Un second point qui cravache dans la mâchoire. Et c’est la sienne qui vient danser sous son regard. Ronan, désabusé. Âme esseulée qui tangue à même le ring. Âme esseulée aux pas tremblants. La respiration haletante comme contre sa gueule alors que la soumise dansait sur sa trique. Il veut chasser son image. Il veut chasser l’effluve collée à sa peau. Il veut chasser la voix traînante et l’accent qui roule. Il veut chasser l’abomination condamnée par tous les saints. Alors il encaisse. Un autre coup dans le ventre. Et c’est son abdomen qu’il orne de sa langue là où la chimère fait rage. Le thorax pris d’assaut. Le thorax malmené du contact glaçant. La vue qui se brouille. La vue qui devient poudreuse. Maculée pigmentation au creux des iris alors qu’il titube. La carcasse pour s’écrouler quelques mètres plus loin. La gueule qui tape le sol imbibé de sang. La gueule qui tape le sol et racle la misère. Les yeux à moitié clos. Les paupières lourdes. Comme le fardeau collé au palpitant. Comme le palpitant collé aux synapses. J’me suis battu après ta fuite, ce soir là. J’me suis battu après ton ombre qui disparaît trop vite. J’me suis battu après ton empreinte qui reste trop. J’me suis battu pour plus rien sentir d’autre que la douleur. Et même au milieu des combats, même au milieu des coups, tu étais ma seule accroche à notre réalité. Tu étais ma seule accroche à notre monde à part. Tu étais ma seule rédemption ce soir là. Cloué à terre ce soir là. Comme dans les chiottes quand il était tombé le premier. Pauvre connard trébuchant sur les émotions au creux du ventre. Pauvre clébard trébuchant sur la laisse qu’il venait de lui foutre autour du cou. D’un regard. D’une empreinte. D’une traînée de salive. D’un souffle. D’une respiration. D’un désaccord des idées. D’un accord des myocardes.
Ricochet de la chaleur pour galvaniser le derme. L’asphyxie qui devient vitale. Comme le contact de son coeur. Poigne pour martyriser son avant-bras. Obéissance réclamée de la dominante contre sa queue. Obéissance de la dominante contre cette chaire qu’il fustige rien qu’avec ce rictus. Les pommettes saillantes d’un empire qui se dessine. Ronan, incapable de rester passif. Ronan, incapable de taire les émotions. Ronan, incapable de ne pas gémir là tout près des lèvres. Le geste salvateur. Le geste guérisseur. Le geste béni. Gloire aux dieux qui doivent cracher leur venin. Gloire aux dieux qui doivent condamner l’exil des peaux. Gloire aux dieux qui doivent se racler la gorge et déballer leurs courroux. Mais j’en ai plus rien à foutre du tout puissant. J’ai envie de le souiller comme je te souille. J’ai envie de le démonter comme tu me défonces le coeur. Paroles greffées sous la langue. Celle qui racole la sienne dans des baisers où s’épanchent les non-dits. La chaire qui déforme la paume. La chaire qui déforme la splendide. La chaire qui s’éprend d’un désir cruel là sur les reins. La cambrure pour souligner le vice. La cambrure pour réclamer encore un peu de répit. Les souffles qui gravitent. Les respirations qui brûlent à l’unisson. Les regards qui se font violence. Ronan, le sourire imbibant l’ourlet charnue. Le sourire pour raviver les émotions. Celles éteintes depuis trop longtemps. Les années de mariage pour galvaniser la routine. Les disparitions dans le clan pour racler la misère. Palpitant en berne. Palpitant déchiré de sanglots anonymes. Palpitant déchiré de tout ce qu’il n’osait pas dire. Combat intérieur pour lutter contre sa vraie nature. Au milieu des remarques acerbes. Au milieu des remarques éhontées de foi. Au milieu d’une meute où la différence ne devait pas s’incarner par deux triques qui se dressent. Par deux triques qui se contrôlent. Les genoux à terre pour saluer la sainte mère mais pas pour cogner sa bouche contre une queue. Les genoux à terre pour réclamer le pardon du père, pas pour s’écorcher la chaire comme celle qui s’enfouie sous la salive. Et pourtant si tu me le demandais, je tomberai à terre le premier. Je bénirai ta peau de ma langue. Je te construirai un monde où notre histoire ne serait pas condamnée. Je te construirai des songes où tu ne serais capable de voir que moi. Personne d’autre. Parce que je l’explique pas. Mais ça me tue de t’imaginer dans des draps salis d’une autre présence. Les ondulations qui s’accélèrent.
Les ondulations qui claquent sur l’échine. Assez pour que ça résonne dans ce bar au milieu des baisers éhontés. Au milieu des baisers où la salive combat les vipères. Au milieu des baisers où il n’y a plus aucune incertitude. Le bassin qui remue pour dompter la main. Quand la sienne se retient à sa nuque. La pulpe prête à déborder dans ses boucles centrées. La pulpe prête à déborder dans ses boucles noircies. Contact contre la chevelure qu’il rongerait pour le soumettre à lui, à eux. Contact contre la chevelure pour se donner de l’appui. Les jambes qui tremblent. Les jambes qui chevrotent. Incapable de tenir debout. Prêt à s’écrouler tellement c’est bon. Émotion vorace sur le derme. Émotion vorace là où les perles de sueur s’invitent dans le paysage. Émotion dévorante comme tout ce qu’il insuffle entre les couches nécrosées des poumons. Thorax qui se déforme comme les lèvres quand elles réclament leur dose. Velours déposé sur la surface rougie et gonflée. Velours déposé là où le roi domine. Dominante galvanisée par la danse du bassin. Valse de la vicieuse être les phalanges. Valse de la vicieuse sous la pulpe échaudée. Sourire en coin de Ronan.
Maladresse des gestes. Emportement des corps. Consonances échaudées au creux de l’oreille. Une demie-seconde pour sentir la colère annihiler le désir. Une autre pour plier l’égo. Surnom ridicule pour rappeler les provocations. Surnom ridicule pour rappeler les instants de disgrâce. Les Échos des moments funestes. Les Échos de la douleur à l’échine entre chaque remarque acerbe. Jeu malsain engrangé où aucun ne voulait chuter du trône. Quand lui n’était déjà plus qu’un soldat à terre pour lui baiser les pieds. Puis le rire pour sublimer le brouillon. Le rire pour l’emporter dans un putain de tourbillon. Ronan qui plaque sa main contre son visage. Pour le rapprocher plus. Pour le rassurer quand son nez frôle le sien. Douceur maculée. À l’instant des lèvres qui perlent sur les pommettes, la tempe et le front. S’ancrer de chaque parcelle de cette gueule l’ayant foudroyé sur place. Trop vite. Trop tôt. Sans aucune marche arrière possible. Les lippes qui se retrouvent pour mieux se condamner. Sanctification du mal là où la salive file. Sanctification du mal là où le vice dévale. Les rires en écho. Le rire nerveux de la situation. Les rire attendri du sien. Le rire tremblant de la suite. Regard plus sérieux. Plus regard parlant. Putain, Lorenzo. J’ai mal dans le ventre. Ça me tue. Tu me tues. J’crois que j’vais pas supporter de me réveiller sans ton empreinte. J’crois que j’vais pas supporter de me réveiller si tu décides de me chasser de ta vie. Comme une pauvre merde. Comme un inconnu de plus sur un tableau sûrement trop rempli. J’vais faire quoi sans ton rire ? J’vais faire quoi sans tes yeux ? J’vais faire quoi sans ta peau sur la mienne ?
Les regards qui se possèdent. Les corps qui se réclament. Soubresauts de la chaire entre ses doigts. Impulsion du bassin pour réclamer encore. Impulsion du bassin pour s’ancrer contre la chaire. Propre baise qu’il initie seul sous le scandale qui germe aux cieux. Un regard vers lui, le tout puissant. Un regard vers lui, le roi. Les yeux brillants. L’espoir suspendu aux vagues impétueuses comme celles contre l’abdomen. Carcasse attachée à la sienne. Carcasse ruinée par les assauts de ses bras. Soumis pliant aux volontés du dominant. Soumis pliant aux volontés de sa muse. Un rictus en coin pour déborder sur le coin des pouces. Un rictus en coin quand la langue cherche à taquiner la pulpe. Geste brouillon. Geste trop maladroit pour fonctionner et ça le fait encore plus marrer Ronan. La tête voutée pour accueillir ses lippes. La tête voutée comme offrande aux baisers qu’il vient peindre. Chaleur sur l’échine. Comme sur sa gueule. Les traits rongés de lui. Les traits écarlates de sa présence. Les dents pour condamner le lobe d’oreille. Le souffle qui s’y disperse. Le souffle qui s’y faufile comme une putain de vipère. Là où le venin peut s’éprendre de la scène.
Ses propres doigts posés en exil contre sa trique. Ses propres doigts pour frôler le vice. Les lèvres entrouvertes. Aucun son ne filtrant. Les lèvres entrouvertes. Et sa voix qui résonne. Déchirure au travers du palpitant. Cage thoracique assiégée par la peur. Le corps à bout de force. Le souffle à bout de vie. Il crève, Ronan. Impensable prononcée de cette intonation racoleuse. Impensable prononcée de ses yeux qui se toisent. Est ce que tu viens vraiment de me dire ça ? Est ce que tu as vraiment envie qu’on le fasse ? Est ce que tu vas regretter demain ? Est ce que tu iras t’arracher l’échine sous l’assaut de l’antiseptique ? Est ce que tu iras te désinfecter de moi ? Est-ce que tu chercheras à t’immuniser de mes lèvres ? Les peurs qui font rage. Les peurs qui tanguent au creux des reins. Lame acérée entre les jambes. L’angoisse de la suite. L’angoisse de maintenant. Quand même le contact des lèvres ne suffit pas à le calmer. Échappée belle contre lui alors qu’il finit par s’écarter. Abandon de quelques centimètres. Besoin de retrouver ses esprits. Besoin de conjurer le sort de damné. Besoin de respirer. Ses doigts pour saccager le contact gonflé de sa bouche. Ses doigts pour frôler sa présence encore trop vivace. Ses doigts pour frôler tout ce qu’il redoute. Son absence. Sa fuite. Sa carcasse qui se défile dans la nuit. Lâcheté pour octroyer la communion avec les saints. Lâcheté pour se rabibocher avec le tout puissant.
Une seconde de latence pour faire éclater le creux de la caboche.
Une seconde de latence pour sanctifier le désir.
Une seconde pour réaliser que y a plus rien d’autre qui compte.
Un pas précipité. Un pas maladroit. Les deux mains contre son visage. Les lèvres frôlant les siennes. Le front qui cogne. Le front qui possède. Les doigts qui roulent sur la mâchoire. Sourire pour le rassurer. Sourire pour une dernière promesse. Promis, juré, craché, j’vais pas me défiler. — You have no idea how much I want you too. Déclaration sur le contour des lippes. Celles qu’il vient caler contre sa nuque. Remontée ardente vers son oreille. Gloire du souffle qui rôde. Gloire du souffle qui s’exile. Comme sa bouche qui traîne trop. Comme sa bouche qui se fait chienne. Un dernier regard. Un dernier aval. Une dernière prière pour le divin. Ne me pardonne-pas seigneur. Parce qu’à cette seconde-ci, il n’y a plus aucune culpabilité. Plus aucun regret. Vois le visage de ce roi que tu as mis sur mon chemin. Vois le sourire de cet empereur qui a glorifié le mien. Vois le corps de ce prince pour qui tu me condamnes. Et Ronan, il baisse les armes. Il plie les genoux. Les mains pour détourner la silhouette. L’abdomen cognant contre le contour. Sa carcasse se pressant dans son dos. L’index pour contourner la clavicule. L’index pour chavirer sur les trapèzes. Descente lancinante de la pulpe le long du dos. Colonne prise d’assaut par une tendresse démesurée. Les reins sursautants de la tendresse qui se pavane. Les lèvres pour suivre le trajet des doigts. Les lèvres pour parsemer son échine d’une soumission totale. Les genoux qui retombe au sol. Les genoux qui retapent le verre. Les yeux qui se mettent briller. Gosse capable de chialer de l’Eldorado qui déborde. Les lèvres plaquées contre le bombé. Les lèvres pour demander une dernière autorisation. Les mains ancrées sur les hanches. Les pouces qui roulent sous le caramel. Des baisers parsemés. Des baisers en offrande. Dernière condamnation du pêcheur au sol. Des minutes entières à cajoler la chaire. Des minutes entières à lutter contre ses propres pulsions. La silhouette qui se redresse. Le souffle près de son oreille. La respiration valsante sur sa nuque.
Les doigts qui filent sur l’abdomen. Les doigts qui remontent sur les pectoraux. Assez pour venir flâner le contact de sa bouche. Quand la sienne déborde sur l’épaule. Sourire épris sur le derme. Sourire épris pour suivre la traînée frémissante. Lippes de l’italien dont il force le passage de ses doigts. Lippes de l’italiens pour souiller la pulpe. Traînée brillante comme les astres pour condamner l’action. Échappée folle vers le bas de ses reins. Échappées folle vers le doigt qui glisse, taquine, sans rien offrir. Le corps qui se crispe. Le corps qui combat l’angoisse. — You drive me crazy. Écho au creux de l’oreille. Écho au creux des sens qui s’éveille. La phalange marquée de son empreinte qui cherche, qui réclame. La phalange qui appuie et malmène au travers d’une dernière barrière. L’autre main contre sa hanche. Les lèvres dans sa nuque. Les lèvres dans son cou. Les lèvres sur le haut de son dos. Caresses comme des roses qu’il cueille en éradiquant les épines. Secondes de répit pour le préparer, pour le calmer, pour lui offrir la bénédiction de l’apaisement. J’vais me faire doux. J’vais me faire tendre. J’vais me faire tien dans une dernière chimère. J’vais t’offrir ce que tu réclames. J’vais effacer le brouillon. J’vais te condamner sous le reflet du soleil. J’vais t’animer de moi pour que tu m’oublies pas trop vite. La phalange qui déborde. La phalange qui s’immisce. La phalange qui se perd. La main qui vient contrer les flancs. La main qui remontent dans les boucles. La main qui vient calmer l’appréhension. Les lèvres qui embrassent son épaule. Râle contre l’échine. Râle contre le derme. Surface qu’il caresse. Surface qu’il sanctifie comme sienne. La respiration en suspend. La splendide qui attendrit de ses passages. La phalange à l’arrêt. La phalange stoppée en plein vol. — Set your own pace, Renzo. Les lettres qui dansent au creux de l’oreille. Les lettres qui voltigent pour le rassurer. Les mots qui s’alignent pour se faire doux. Vas-y, remue sur mes doigts. Vas-y impose-toi sur ma pulpe. Vas-y impose toi sur ma peau. Vas-y impose-toi dans ma vie. Ruine des années de promesses. Ruine des années de certitudes. Et j’te filerai les astres pour briller dans tes yeux.
Le menton calé contre l’épaule. Le menton calé contre sa peau. Les carcasses collées. Les carcasses  imprimées l’une à l’autre.
Toi, mon roi. Tout, mon prince.
Toi, mon soldat. Permet-moi d’être captif de tes lèvres.
Permet-moi d’être ton otage. Glorifie-moi sous les claquements de ta langue.
Glorifie-moi de ta chaire en moi.

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je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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Lorenzo Farnese

Lorenzo Farnese
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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyMer 23 Jan 2019 - 22:42

Des éclats de lumière bien trop différents du reste. Une carrure bien trop différente de toutes les autres. Des inconnues qui passent tour à tour entre tes doigts. Tour à tour entre tes draps. Poupées de chair pour faire frémir la tienne. Beautés sans nom que tu ne recroiseras pas. Que t’ignoreras tel un connard, si jamais un visage oublié réapparaissait dans le champ de vision. Comportement d’enfoiré, le rictus ancré sur les lèvres. Provocation malsaine pour faire comprendre que tu t’en fous. Manque de respect flagrant au genre opposé alors que ta sœur chercher à t’inculquer d’autres valeurs. Tentatives vaines. Conneries trop ancrées dans le crâne depuis deux décennies. Des années passées à écouter les palabres du paternel, des frères aînés. Les gonzesses, ce sont des chiennes de toutes façons. Tu les baises et après tu les jettes. Ceux de ta mère pour donner un dernier coup. Regarde comme t’es beau, mon fils. Tu pourras avoir toutes les filles que tu veux. Seulement Renata pour essayer d’améliorer les choses. Véritable tête pensante de la famille. Seul être raisonné au sein du foyer. Reflet dont tu ne suis pourtant pas les discours comme un suiveur. Gamin qui joue les Don Juan en étalant les billets et la gloire. Toujours plus simple, quand la livre sterling illumine les mains encrées. Des courses sur le terrain qui en ont entraîné d’autres derrière toi. Revers de la gloire sur le gazon. Des filles qui se réconfortent dans les songes de devenir une wag. Des filles qui veulent étendre le tableau de chasse qui se veut prestigieux en y épinglant l’homme facile que t’es. Des filles qui cherchent l’adrénaline à l’idée de se faire baiser par un nom plutôt que par une personne. Des nombres à la place de prénoms. Et le sien qui refuse de quitter ton crâne depuis des jours. Cinq lettres dansantes sur la langue. Murmurées du bout des lèvres quand tes phalanges gagnent ta chair. Sa gueule placardée partout dans ton crâne alors que le souffle peine à s’échapper des poumons sur les impulsions d’un plaisir solitaire. J’pense tellement à toi que ça en devient malsain. J’pense tellement à ta tronche. À ta voix. À ta bouche. À ta peau. J’pense tellement à toi que ça m’empêche de fonctionnement correctement.
L’oublie de toutes les contradictions divines contre ses lippes. Paumes épousant les côtés de son visage. Vermillon frénétique contre le sien. Un baiser empli de toutes ces pensées qui rongent le crâne. Un baiser pour dire tout ce qui reste muet. Un baiser pour laisser l’écume se mélanger à la sienne. Pour se rattacher aux derniers semblants de vie. Parce que putain, t’es certain qu’à l’instant où tu repasseras le pas de la porte, tu sentiras ton palpitant s’écorcher en dehors de ta poitrine. Tu sentiras ton souffle s’enfuir pour te tuer. Âme arrachée à la carcasse. Restée piégée contre celle de l’autre. Plus aucune protection pour empêcher la déchéance de l’être.
Dominante appuyée contre son dos, dans l’espoir vain de ne jamais le voir s’évanouir dans l’ombre. Bout des doigts dansants contre les muscles saillants. Tanguant contre les trapèzes contractés. Intrépide sourire pour orner les lèvres. Rire au fond de la gorge. Impression que tout va bien, à l’heure actuelle. Que les cieux ont fermé les yeux pour mieux laisser la liberté aux gestes maladroits. Jusqu’à l’écart. Jusqu’à l’abandon. Jusqu’à sentir le cœur partir en même temps que lui. Bras laissé en suspens là où son corps se trouvait encore les secondes précédentes. Les lippes arrachées aux siennes. Souffle impossible à récupérer sous l’effet de l’absence de l’autre. Prunelles éclatées de la scène qui se joue sous ton regard. Silhouette explosée sous le noir, observée dans les moindres détails. Le réel qui frappe, sur l’instant. La masculinité du Costigan pour exacerber la peur dans le crâne. Traits virils pour rappeler le Jugement qui rôde au-dessus de l’âme. Tu le vois, Lorenzo ? Tu le vois, le péché exposé sous tes orbes fautifs ? Le fruit que tes doigts ont arraché de l’arbre de la connaissance ? Alors tu sais que la seule chose qui t’attendra au trépas, c’est la fournaise. Brasier en écho à celui qu’il provoque au creux de tes reins impurs. Poitrine haletante quand la sienne n’y est plus collée. Il s’en est rendu compte, Ronan. Il a stoppé la décadence avant la peine capitale. Seul esprit censé entre ces murs où raisonnent encore vos soupirs. Son éternelle qu’il sauve du purgatoire dans l’ultime fuite. Et bordel, il a raison. Il a raison de s’écarter. De mettre un terme à tout ce cirque malpropre qui se joue depuis de trop longues minutes.
Alors pourquoi est-ce que ça te fait autant mal ? Pourquoi est-ce que tu sens ta carcasse se désagréger de la sorte quand il n’est plus là pour la soutenir ? Gosse peu assuré par toutes ces peurs qui rongent l’être. Tu voudrais détourner les yeux, Lorenzo. Arrêter de détailler les moindres reliefs de son corps. Arrêter de laisser les pupilles longer les encres. Se perdre sur la peau râblée. Pas foutu de le faire, pourtant. Un regard qui dégueule cette appréhension face à la réaction de l’autre. J’comprends, tu sais ? J’comprends le dégoût qui t’anime si soudainement. Mais j’crois qu’il est trop tard pour moi désormais. Parce que j’arrive plus à conjuguer sans ta gueule. Sans tes lèvres. Sans ta langue. Sans tes doigts. J’suis damné, Ronan. Et toi, t’as encore une chance. La dominante retombe, les phalanges s’accrochent au comptoir pour ne pas sombrer contre le sol. Le corps encore tremblant du sien. Les lippes gonflées de son contact. Les siennes contre lesquels les prunelles se perdent. Ses pulpes pour remplacer ta bouche. Myocarde qui a arrêté de battre dans le thorax. Damoclès réincarné avec la mort ondulante au-dessus de ta tête. La tombe dans laquelle tu plongeras la tête la première.
Tu devrais partir, Lorenzo. Te tirer de ton propre chef avant qu’il ne te jette dehors, tes fringues entre les bras au milieu de l’hiver glacial. Peur limpide sur les traits quand il s’avance. Souvenirs brillants du sous-sol et de son poing martyrisant la brique. L’évidence qui se dessine sous le spectacle menaçant. Ta gueule contre le sol. La salive rougeâtre pour s’infiltrer entre les lattes du parquet. Tu ferais un pas en arrière, si tu le pouvais. Les lèvres qui s’entrouvrent pour tenter de stopper les coups qui vont pleuvoir. Les lèvres qui sursautent quand les siennes les effleurent. Incompréhension pour noyer le noir des yeux. Tu cherches ses iris, tu cherches le schéma de qui se dessine dans sa tête. Dextre posée contre son torse dans son avancée. Dextre qui ose alors s’évader contre l’épiderme. Longer les hanches et provoquer du bout des doigts le galbe de ses reins. Son sourire pour ranimer le cœur atrophié. Un soupir lâché contre son visage. Rire léger à ses mots, à la crainte qui s’évanouit à sa place. Gémissement faisant vibrer la gorge à la chute dans ta nuque. L’échine qui s’éveille au bénissement par ses lippes. Dominante amoureuse des mèches châtains. Éveil des pupilles au contact de l’embrun. J’perds la tête, et je m’en fous. J’peux bien finir en Enfer, j’peux bien brûler dans les flammes éternelles. Je m’en fous parce que tu m’auras accordé ces quelques minutes de ton existence. Impulsion que tu suis sans rien dire. La paume de la faible posée sur le comptoir, contact froid pour contrer l’ardeur de ses gestes. Tressautement de la carcasse au contact retrouvé de sa peau. De son souffle. De sa chair durcie pressante contre le derme.
Souffle échaudé alors qu’il achève l’échine d’un sillon magnétique. Frisson exacerbé par la lente descente. Râle débordant des lippes. Impatience que tu peines à contrôler. Un deuxième à l’ajout de la bouche. Silhouette tremblante sous son feu. Il pourrait dire ce qu’il veut, le bon Dieu. Cracher sa haine et ses remontrances. Là n’est que jalousie malsaine du plaisir qu’il interdit. Dominante contre laquelle tu te fais violence. Geste pour adoucir la douleur qui fait rage dans l’abdomen réprimé pour mieux laisser l’ardeur s’aggraver. Cœur tambourinant dans la poitrine aux contacts initiés en dessous de la ceinture. Poumons échaudés d’un essoufflement débutant. Ta main gauche qui récupère sa nuque quand il remonte à ta hauteur. Bras tendu en arrière pour mieux sentir tes pulpes s’enfoncer dans son derme. Les doigts s’agrippant à sa peau de peur de le voir s’écarter encore une fois. Si tu me pousses, j’me relève pas. Si tu pars, je crève. Si tu m’oublies, je cesse d’exister. Expiration chaude contre son derme. Tu craches sur ses phalanges comme tu craches sur le livre saint. Doigt d’honneur à l’attention du Tout Puissant alors que les siens provoquent et malmènent. Un rire pour border les lèvres à son timbre qui résonne contre ta nuque. Les appréhensions écroulées par l’effleurement de l’autre. Par les gestes qui rassurent et le souffle qui ravivent la peau. Ondulation du bassin pour mieux le chercher. Les craintes écrasées sous le poids du désir. Muettes et enfermées à double tour dans un coin de ton esprit d’où leurs cris ne s’échappent pas. Tonalité rauque dans la voix pour l’implorer. T’aimes ça, te jouer de moi de cette façon ? Me faire attendre avec un sourire de connard sur les lèvres ? Jeu pour baiser les songes qui s’animent dans l’esprit. Jeu pour faire éclater le cœur dans la cage thoracique. Des secondes pour faire vriller le désir qui s’échaude.
Puis le sursaut de la chair à l’acte angélique. Souffle coupé au sein de la gorge par l’intrusion qui perturbe autant qu’elle enchante. Sentiment d’écrasement dans la poitrine face à l’étranger. Inhalation impossible. Ta main droite glisse le long du comptoir jusqu’à attraper le rebord. S’y raccrocher, quand tout menace de s’écrouler autour de toi. Tête voûtée pour mieux accueillir la sienne dans la maille brune. Instant suspendu. Seconde où les muscles se tendent, où le corps s’immobilise. Injure murmurée dans la langue natale. Combustion instantanée menaçante. J’suis pas bien, Ronan. J’suis terrorisé. J’suis effondré sous cette crainte que j’tente encore de noyer. J’ai besoin de toi, putain. J’ai besoin de sentir ton souffle. J’ai besoin de tes baisers sur ma peau. La respiration haletante quand les gestes se stoppent. Les mots en écho contre les murs. Reconnaissance lâchée dans un soupir trahissant la peur. Terrain trop inconnu pour jouer en attaque et pourtant, il ouvre le passage. Ton palpitant se soulève aux gestes trop doux pour paraître réels. Énième rire pour teinter la surprise sur tes lèvres. « Never thought you’d be so gentle. » Courage brouillon qui se bâtit sur un désir trop violent. Dominante tremblante qui vient épouser son avant-bras. Son geste imposé par ton impulsion. Les soupirs de plaisirs qui effacent les souffles tourmentés. Bassin ondulant contre la phalange. Tes propres doigts qui resserrent leur étreinte contre son poignet, qui exigent un rythme plus rapide alors que le corps s’habitue à l’intimité. Poitrine gonflée par les poumons qui s’animent.
Confiance aveugle dans le support de l’autre, quand la main droite abandonne le comptoir pour plonger dans ses cheveux. Silhouette retenue uniquement par le contact lascif contre la sienne. Me laisse pas tomber, Ronan. Me laisse pas tomber alors que j’lâche complètement prise contre les assauts de ton désir. Gémissements incontrôlés à la mesure de sa phalange. L’impression de crever sous une chaleur suffocante. L’impression de revivre sous un soleil de plomb. L’irlandais pour devenir empereur du plaisir. Messie pour gagner la Terre Promise.
La dominante glisse contre la sienne. Les pulpes qui donnent une impulsion contre un autre de ses doigts. Le cul racoleur. Avide de plus. Avide de lui. Exaltation violente hors de la bouche. Gueule déformée par l’absolution. Offrande du corps au divin. Don à sa peau.
Haine qui détale hors du crâne en même temps que le plaisir s’évade entre tes lippes.
Lui comme seul guide.
Lui comme seul élu.
Lui comme seule évidence.

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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyJeu 24 Jan 2019 - 18:26

La carcasse qui traîne au sol. Les membres disloqués de son absence. Les membres raturés de ses lames assassines. Les iris où s’imprime la rancoeur. Les iris où tambourinent les doutes. Voltige émotionnelle de ses mains qui cherchent une accroche. Comme sur sa chaire. Comme sur son visage. Comme sur ce thorax qu’il aurait rêvé de déformer d’un tas de sentiments. Infiltration sous le derme qu’il aurait aimé causer pour l’empêcher de respirer. L’étouffer d’une douleur exacerbée comme celle qui colle aux muscles. Comme celle qui racole de trop près. Sensation qu’aucun cachet sous le palais ne pourrait calmer. Sensation qu’aucun traitement ne pourrait éradiquer. La moelle rongée par le mal. Punition tyrannique pour donner l’exemple. Regard atrabilaire pour stigmatiser les erreurs. Le poids du tout puissant et de ses ricanements dans les cieux. La gueule où s’essuient  les remontrances envers les pêcheurs. Foulées pour s’éloigner d’un chemin tracé d’avance. Des années à se persuader. Des années à se raccrocher. Des promesses prononcées. Le palpitant au bord de l’explosion sous le regard de la favorite. Reine de coeur ayant tiré la carte du bonheur sous l’éclat argenté de l’anneau. Roi de coeur qui combat la carte différence  pour se faufiler dans des codes imposés par le blase. Les lettres valsantes dans des non-dits. Les peaux pétries de violence. Les visages éclatés par les poings pour s’armer. L’immoral pour trôner sur les lippes. Comme les siennes ce soir là. Dédale de la chaire au fond de sa bouche. Dédale des veines pour sursauter. Comme le palpitant. Comme les sentiments. Gloire au puissant d’un regard pendant la disgrâce sur le sol des chiottes. Un homme tu es. Une femme tu baiseras. Une femme tu épouseras. Une femme, tu condamneras. Du droit chemin, tu ne t’écarteras pas. L’échec aussi lamentable que son état à chaque départ trop précipité. L’échec cuisant pour l’éradiquer de ses pensées. L’échec nommé impossible. Les consonances trop ancrées sous les pores. Les syllabes qu’il expire à chaque halètement.
La caboche pour frapper le béton. L’odeur létale du sous-sol où les souvenirs voguent comme des fantômes morts-nés. La moisissure pour pourrir les murs. La moisissure pour imbiber le décor. L’infection au coeur. L’infection à l’échine.
Les pulpes pour tapisser le parquet. Les pulpes pour se prostituer sous les ombres de sa présence. La courbe de sa silhouette contre le mur. Tour d’ivoire où l’écarlate s’invite. Tour d’ivoire où les poings cognent. Le roi pour bouffer la colère. Le roi pour s’imprimer du claquement des poings contre le béton. Froideur du contact où s’échauffe le sang. Froideur du contact où la plaie devient béante. Rien en comparaison de celle dans la poitrine.
Crevasse dans le myocarde. Couches où se superposent l’amertume. Les berges étirées par les affres. Calvaire dont il est le seul captif. Le bourreau déjà loin. Le bourreau à l’abandon de cette existence baisée par la surprise. Fraction de seconde où la réflexion n’importait plus. Fraction de seconde où seul lui dominait le paysage. Fraction de seconde où il n’y avait plus rien d’autre que son sourire. Reflet d’or sur chaque parcelles de ses lippes.
Souvenir vorace ancré pour se rappeler, ne pas oublier, de ne pas l’oublier. Sombre con raccroché à l’idée qu’il pourrait faire demi-tour. Franchir le seuil de cette porte. Regretter tout bas et agir tout haut. L’envie de vivre. L’envie de se réanimer sous le contact de la pulpe. S’excuser de la violence en malmenant sa bouche. S’excuser de ses démons en glanant son coeur.  S’excuser d’exister en le sanctifiant sien.
Pensées à l’abandon. Parce que ce soir là, y a eu personne pour panser la blessure. Y a eu personne pour orner ses lippes d’un sourire attendri. Y a eu que le froid de la nuit. L’écho des démons sous la crevaison de la chaire. La main compatissante d’Ava pour espérer une offrande sentimentale. Puis l’écho glacial du silence. La porte qui se claque.
Les sentiments qui s’affaissent. Ce soir-là, j’ai espéré te revoir. Ce soir-là, j’ai serré les poings pour que tu reviennes. Ce soir-là, j’ai renié ma femme une fois de plus à cause de ton souvenir. Ce soir-là, j’ai imaginé ton souffle sur ma peau. Ce soir-là entre deux sanglots refoulés, j’ai compris. Tu étais ici et ailleurs. Tu étais là et nul part. Et ça a suffit à me briser. Le calque du mal. Le calque des souvenirs. Méninges en déroute comme la raison.
Les sentiments pour prendre le pas. Les sentiments pour contrôler la dictature du corps. Le buste pressé dans son dos. Chaleur étouffante où la sueur se fond sur l’échine. Perles translucides pour couvrir l’ivoire et s’écraser vers le caramel. Dualité des pigmentations pour réunir les courbes. Dualité des pigmentations pour desquamer le palpitant. L’impression de crever en même temps qu’il revit. Abasourdi par la scène. Abasourdi par tout ce grouille dans les tréfonds de ses entrailles. Apogée lyrique de la vocalise rauque et tremblante. Jamais assez de ce contact pour raviver une surface anéantie par les années. Jamais assez de ce contact pour raviver un palpitant éteint par la peur des autres. Différence ancrée. Différence effacée par les railleries et les regards inquisiteurs. Les propos homophobes pour éradiquer l’accroche du genre. Les propos acerbes pour trancher les doutes déformant sa poitrine. La rancoeur ravalée sous le palais. Les picotements de la chaire annihilés pour se persuader de sa normalité. Psaumes répétés en silence pour les ancrer, pour les faire fonctionner comme une parole universelle. Dictat des divins qui carbonisent les astres. Traînée céleste dans le ciel qui s’éteint comme le vice qui soulève les coeurs. L’éclat de la tentation. L’éclat du désir. Là partout à la surface brûlante de la peau. Là au milieu des respirations saccadées. Mélodie pour asservir les saints. Mélodie pour condamner la plongée aux abysses. Mélodie pour glorifier le pardon impossible. Les idées soulevées entre les remontrances divines.
Tyrannie pourtant de la phalange qui se perd sous la chaire. Rythme latent pour se faire doux. Rythme latent pour composer avec Lorenzo. Le creux de ses reins se creuse à chaque assaut de sa dominante. La paume pour raviver le contact. La paume pour les emporter en enfer. Le souffle haletant contre l’épaule. La respiration calquée vers sa nuque. L’irréel pour border l’ourlet charnue. Sourire en coin. Éclats de rire qui ne peut se voir réprimer. Complicité pour réunir les âmes. J’ai plus ris comme ça depuis des mois, Lorenzo. Avant toi, le paysage n’était que ténèbres. Avant toi, ma vue se brouillait sur la tapisserie écarlate. Avant toi, mon coeur battait qu’à moitié. La carcasse des mots pour flirter près de l’oreille. L’anonymat pour se raviser. Les lippes caressant ses trapèzes. Les lippes surplombant l’échine. Les lippes s’appropriant ses courbes comme sa phalange possède. L’empreinte de la salive crachée pour imbiber la chaire. L’empreinte corrosive pour corrompre les mouvements. Ondulation effrontée pour camoufler les maux. Ondulation langoureuse pour le sentir réclamer. La voix traînante résonne au creux de l’oreille. Les lettres qui font sourire. Les lettres qui créent le chaos. La pression de son thorax où la respiration se fait la mal. Les pulsions prêtes à surgir. L’animal prêt à ployer. Endurance du souffle qui vogue entre les couches de derme. Endurance de l’emprise de sa paume libre contre le flanc. Pour le tenir en place. Pour l’empêcher de bouger. Pour exercer une pression enragée. L’échine flattée de la chaleur. L’échine martyrisée des dents qui s’y plante. La morsure du puissant, la morsure du vivant. Pour rameuter la trace suprême. Pour le marquer au fer rouge avant que les souvenirs ne disparaissent dans une vague de dégoût. L’échine rougissant sous les assauts du captif. La perfide qui écartèle. La perfide qui s’emballe. Prise d’assaut d’une pulsion menée par le roi. Combat gagné par le soldat. La seconde qui condamne la première. Pression sur l’avant-bras pour lui couper le souffle. Pression sur l’avant-bras comme étendu caustique. Tu me rends dingue, Lorenzo. J’vois plus qu’à travers ta peau. J’vois plus qu’à travers le goût de tes lèvres. J’veux plus respirer sans toi. J’veux plus conjuguer sans tes mots. J’veux pas apprendre à me passer de toi. T’es beau putain. T’es l’irréel au milieu des morts. T’es la vie au milieu des cadavres. Alors sauve-moi tant que tu peux encore le faire. Main libre pour forcer sa tête à s’incliner sur le coté. Les phalanges cramponnées aux mèches incendiaires quand les autres ravivent le brasier. Les lèvres pour se perdre de son oreille à la base de son cou. De son cou aux muscles contractés de son dos. Chemin doré qu’il sème. Chemin fruité qu’il récolte. Son bassin qui cogne en même temps que ses doigts. Son bassin qui réclame en même temps que la pulpe offre. Pression la trique au carrefour des immortels. Puis les phalanges qui s’échappent. L’absence qui fustige. La main contre l’abdomen pour le forcer à se retourner. Union des bassins qui se frottent comme des clébards. Les chaires qui se possèdent d’une étreinte féroce. Seconde de latente où la pulsion devient trop forte. Regard animal relevé vers l’italien. Iris ravagées par les flammes qui dansent comme des putes en chaleur. Les flammes qui souillent l’asphalte. Détonation qui court sur les reins. La main filant sur mâchoire. Emportée lyrique des phalanges contre le derme. Impulsion derrière sa nuque pour l’emporter. Ses pas calqués aux siens. Silhouette qui recule. Silhouette qui dévale dans le pub. Contours du parquet où les pieds traînent. Carcasses des ombres qui se sont évaporées dans la nuit. Empreintes des heures à trop réfléchir, trop penser, trop le peindre de son esprit embrumé. Je t’ai dessiné des centaines de fois. Je t’ai peint de mes doigts sur ma peau le soir, seul. J’ai redoré le blason de ma bouche sous l’imaginaire de la tienne. J’ai refais la scène des centaines de fois et à chaque fois tu me rendais encore plus fou. Les insomnies pour raviver les émotions. Les draps maritaux souillés de la nébuleuse traînée. Les draps maritaux entachés de tout le feu qui lacère les reins.
Tragédie sous le versant salace. Tragédie sous la tristesse de la maudite. La favorite délassée pour le roi. La favorite salie pour ce sourire, cet empire. Culpabilité en la toisant là où les larmes dévalent. Culpabilité refoulée par la passion qui écorche l’échine. Marche patriotique où les amants se toisent. Marche patriotique où les amants s’embrasent. Terrain miné où ils s’enlisent sous la salvation divine. Ses lippes qui retrouvent les siennes. Danse sensuelle des vipères quand les dominantes s’impriment sur les courbes. Incapacité à respirer. Incapacité à penser. Incapacité à arrêter de le ronger de ces filets empreints de vice. Les pouces qui roulent sur l’ossature contractée. Relais pris par le bout des lèvres. Baisers pour orner chaque parcelle. Baiser pour orner chaque recoin du visage. Territoire qu’il conquiert avec l’idée de s’y ancrer pour l’éternité. Pensées insalubres. Pensées sordides. Parce que Ronan, il le sait. Il le sent. Tout finira par s’arrêter. Tout finira par se briser. Son coeur avec. Sa fierté aussi. Celle sur laquelle Renzo dansera avec l’éclatant sourire sur les lèvres. Celle sur laquelle Renzo crachera avec le diable ancré aux iris. Cet étendu de cendre que Ronan détaille dans les moindres détails. Puis les mains qui se calent contre son bassin. Assez pour l’emprisonner. Assez pour le faire sien. Chiennes qui accourent et font pression. Chiennes qui possèdent. Là pour le soulever. Là pour le caler sur la surface de la table. Le bois tapissé de la chaire brûlante. Maladresse des gestes alors que Ronan se marre. Le rire pour éclore près de ses lèvres. Les dernières couches de tissus débarrassées et envolées aux enfers. La carcasse irlandaise penchée pour couper court à la distance. Sa respiration surplombant la sienne. Une main contre sa gueule, l’autre contre sa hanche. — Never thought you’d stay this time.
L’aveu pour percer l’asphalte. Pointe dans le coeur à l’idée d’un énième départ. La sincérité comme revers du droit. Il esquisse un sourire gêné, Ronan. Le pourpre prêt à se dépeindre sur les pommettes. Regarde l’effet que tu me fais. J’suis qu’un gamin perdu devant toi. J’ai eu peur. J’ai été terrifié que tu te casses. J’ai été terrifié que tu me laisses là avec toutes mes angoisses. J’ai été terrifié que tu me laisses là avec tout ce qui grouille au creux de mon âme.  Il se redresse, l’irlandais. Les poignets pour attraper les mollets de l’italien. Combat qu’il mène à présent seul. Les cuisses relevées. Les cuisses écartées. Là offertes dans un dédale luxuriant. Le dos condamné par le chêne. L’ivresse qui assoiffe. L’ivresse qui dégomme. Il se retrouve à genoux, Ronan. Il se soumet à lui dans un regret à peine existant. Les lèvres pour se déposer sur les chevilles. Traînée de soie pour remonter vers les genoux. Contours des rotules qu’il image du bout de la vipère. Le regard incliné vers le sien. Le souffle brûlant de tout ce qu’il veut. Les damnées qui s’étalent près du creux des jambes. Trop près et pas assez. Trop loin et pas assez. Respiration haletante contre la chaire durcie. Mouvement de survol. Effleurement condescendant quand la salive s’exile. La trique retrouvée entre les lèvres qui s’écartent. Simple contact. Simple succion sous la joue déformée, sous le palais envieux. Éclat de voix. Grondement des vocalises contre alors qu’il le sublime de son regard où les pigmentation se dégradent.
Abandon létal. Encore une fois. Comme avec le creux de ses reins qui brille encore de salive.
Les lèvres qui vénèrent. Gloire à cette peau qu’il esquisse comme une toile. L’abdomen pour accepter la sentence d’une bouche éprise de lui. Les flancs pour accueillir les caresses du bout des doigts. Les pectoraux pour déformer le thorax et suspendre la vipère à chaque écho du palpitant. Ses lèvres récoltées comme le goût sucré du fruit interdit. Baiser devenant précipice à toutes les autres envies. Là contre sa joue. Là sur sa tempe. Là près de son oreille. — I want you so bad.
Le rire. Les mots sublimés par la complicité. Les mains qui raclent les hanches. Pour les remuer. Pour les faire déborder de la table. Pour les ameuter contre son bassin. Danse des triques qui se sanctifient de psaumes en érosion. Comme la chaire. Comme le myocarde. Comme ses yeux.
Un peintre fou d’envie. Un peindre fou de lui.
Les prunelles rôdant pour s’approprier sa silhouette. Les courbes ravalées sous les derniers baisers. Les doigts glissant sur l’abdomen. Les doigts frappant sa propre bouche gonflée de lui. Pour les enfoncer. Pour les souiller de salive. Pour l’aguicher du regard alors que les phalanges reviennent danser tout près du feu. Échappée belle au creux de la chaire quand le corps se tend. Douceur maculée de chaque ondulation. Le faire plier. Le faire disjoncter. Le faire réclamer. Martyr sous les imposantes caresses. Martyr sous la valse maculée de sentiments. Fuite pour mieux s’y ancrer. Fuite pour mieux s’y dicter. Sourire sur les lippes. La main libre pour effleurer la chaire durcie. Volonté divine de le ravager sur chaque territoire échaudé. La paume qui se resserre. La paume qui se frotte. Salope qui s’éprend des veines en les contournant sous le bleuté douloureux. Salope qui le soumet alors que le regard devient noir. Folie nocturne. Folie céleste. Folie sentimentale.
Les terribles pour assouvir son cul. La diablesse pour le pousser au bord du précipice.
Les terribles pour abandonner quand la trique s’impose. Rapprochement terminal quand elle longue, frotte, réclame. Rapprochement létale quand elle effleure avec maladresse. Les poumons gonflés. La respiration coupée. Le souffle détourné de toutes les bonnes intentions de cette existence.
Appui à peine éprouvé. Appui à peine suffisant. Le regard fiévreux. Les lèvres pourtant tremblantes. — Keep breathing, I won't hurt you, I promise.
Je te ferai pas de mal, Lorenzo. J’serais prêt à me faire tendre. J’serais prêt à m’agenouiller pour te garder. J’serais prêt à me soumettre à tes envies, à tes éclats de voix, à tes doutes. J’serais prêt à oublier le monde si tu m’offres le tien. J’serais prêt à me mettre une corde autour du cou pour que tu flippes et que tu me retiennes. Alors tire pas le premier. Case pas le canon du flingue sur ma poitrine. N’appuie pas sur la détente, si j’compte un peu.
La chaire qui s’infiltre à peine. La main contre l’abdomen. La courbette de la carcasse au dessus pour venir frôler ses lèvres. Plus aucun mouvement. Plus aucun geste.
Alors réclame, si tu veux plus.
Alors embrasse-moi, si tu me désires.
Alors retiens-moi, si tu penses à demain.
Alors étouffe-moi, si tu as peur de l’alliance entre toi et moi.
Alors ne pars pas, si tu veux pas avoir ma mort sur la conscience.

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je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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Lorenzo Farnese

Lorenzo Farnese
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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyDim 27 Jan 2019 - 19:26

L’impression de sombrer au bord du gouffre. De sentir les barrières s’écrouler pour mieux t’attirer vers le vide. Tentation trop brûlante pour réussir à y résister. T’es foutu, Lorenzo. Tellement foutu depuis que t’as passé la porte de son putain de pub. Depuis que t’as croisé son regard. Depuis que tes prunelles se sont perdues sur sa carrure et son visage. Cette sensation d’étouffer, de sentir ta poitrine s’immoler sous l’embrun de ses yeux. Poids pour serrer le thorax à chaque fois que tu détournais la tête. La peur stupide de te faire prendre. De subir le courroux du Tout Puissant si jamais les prunelles venaient à se croiser une seconde fois. Alors elles se sont baissées. Jonglant entre ces bouteilles de bière entre tes doigts et le cul de cette serveuse qui ne faisait qu’amoindrir la chaleur s’animant au creux des reins. Et putain, c’est à cet instant que t’as senti que ça partait dans tous les sens. Que tu ne pouvais plus rien rattraper et qu’on se jouait de toi. Le désir déclinant sous la vision de la chair féminine. Le galbe rebondi sous cette jupe qui n’était qu’une attaque de pale qualité à l’image bénissant le crâne. La sienne.
Ce même sentiment éclatant le corps, quand les souvenirs ont claqué dans la caboche, au milieu de cette rue. Lettres dévoilées au mouvement du tissu. Réminiscence violente pour faire s’écrouler les derniers remparts. T’as pas résisté au siège, Lorenzo. Tombé si facilement face à la gueule de l’assaillant. L’encre contre laquelle les pulpes se sont perdues, quand tes lèvres anoblissaient sa chair. Seul morceau encore ancré dans la mémoire à la suite du passage de l’éthanol. Le cerveau qui a voulu tout effacer, tout faire sombrer dans les méandres de l’oubli. L’alcool comme simple outil pour faire disparaître une scène trop compromettante aux pieds d’un homme. Un travail qui aurait pu être parfait, sans ces mots tatoués autant sur sa peau que dans ton crâne. Till I die, SW. Torgnole pour ranimer le contact sur ton derme. Pour sentir à nouveau sa paume contre l’entre-jambe. Ses lèvres pour dévorer les tiennes. Pour ressentir à nouveau le cœur menacer d’éclater dans ta poitrine. Tu te souviens encore des pensées comme si elles étaient vieilles de quelques secondes à peine. Pourquoi est-ce je réagis comme ça, putain ? Pourquoi est-ce que ce tatouage à la con provoque autant d’images dans ma tête ? Pourquoi t’y es, d’ailleurs ? Dégage de mon crâne, bordel. Dégage de ma vie.
Autant de réflexions qui te font bien rire, maintenant que t’as précipité ton corps contre le sien. Que t’as laissé tes phalanges s’emparer des colliers autour de son cou. Que ta bouche a enfin retrouvé la sienne. Maintenant qu’elle s’aventure sur son épiderme dans l’espoir parfait de rassurer les gestes. On s’en fout. On y repensera demain s’il faut. Mais là, j’te jure que j’vais fermer ma gueule. J’te jure que j’vais rien dire et laisser ma langue faire le bien. J’te veux juste, qu’importe les conséquences qui me tomberont dessus après. Tant de mots qui meurent dans un gémissement contre ta lèvre piégée de tes dents. La main toujours accrochée à son poignet. Comme le pinceau de l’artiste guidé contre la toile vierge. Réalité déconcertante pour faire opposition avec la liste de conquêtes qui s’étend. Domaine où tu n’es que néophyte. L’inverse connu à de nombreuses reprises, pourtant. Quand ces gonzesses se retournent le sourire aux lèvres, pensant offrir le Saint Graal en se cambrant pour exposer la chute des reins. Et putain, c’est toi maintenant qu’es là à réclamer comme une pute. La peur qui se noie sous le plaisir. Une certaine gêne plus qu’une douleur. Effacée complètement, quand l’anatomie se fait à ses doigts. Injure de plus échappée entre les lippes à l’effet dévastateur. Concupiscence éclatante dans la voix qui s’augmente. Rictus évasif au milieu. La pression qui s’échappe du crâne dans cette hilarité complice. Qu’est-ce qu’on fait, bordel ? Regarde-nous, dans cette danse brouillonne. Regarde-nous, dans cette étreinte maladroite.
Mais surtout, regarde-moi. Regarde-moi et dis-toi que c’est devant toi que je ploie.

Ondulations du bassin stoppées par cette main contre ton derme. Ordre muet auquel t’obéis comme un pantin. Véritable jouet entre les bras du Costigan. Marionnette pour faire battre son désir autant que le tien. Râle rauque à ses phalanges qui dominent. À ses dents qui marquent. Peau rougie sous l’impulsion de sa mâchoire. Les lèvres relevées dans un sourire à la sensation que cela provoque sous l’échine. La dominante qui retrouve les mèches, retrouve sa tête. La tienne basculée en arrière pour tenter de capturer sa bouche, une infime seconde s’il le faut. Besoin vital de sentir ses lippes collées aux tiennes. De chercher sa douceur. Palpitant mis à mal par le contact salvateur. Le sien que tu sens vriller, quand ton dos se callent au maximum contre son buste. C’est vraiment moi qui provoque ça, ou est-ce que c’est juste la peur et l’adrénaline qui le font battre ? Est-ce que j’peux l’espérer comme un idiot ? Ses lèvres qui abandonnent les tiennes pour mieux tracer ce chemin sacré le long de ta peau. La faible retrouve le comptoir, s’y rattache quand tu sens ton corps sombrer sous les assauts du sien. Soupir brut au contact appuyé de sa chair contre ton épiderme. S’il savait, putain. S’il savait à quel point ça te rend dingue tout ça. À quel point les appréhensions et les craintes se sont effacées au profit de sa bouche. De son odeur. De ses mains. De lui. Un crâne qui refuse de fonctionner correctement quand il est dans les parages. Qui renierait tous les préceptes inculqués juste pour crever sous ses caresses. Un gémissement quand il disparaît. Dernier acte pour provoquer les terminaisons nerveuses animées par ses doigts. Le galbe encore tremblant du bonheur lascif. Poumons éclatés comme si t’étais sur le terrain. Une course effrénée jusqu’à sa carrure.
Tu souris tellement, Lorenzo. Les muscles du visage martyrisés tellement que le rictus s’ancre sur ta gueule. Le dos contre le comptoir, les mains qui s’extasient de retrouver l’entièreté de son corps. La gauche s’échappe de sa nuque, glisse le long du torse jusqu’à ses reins. Contact forcé, contact rapproché contre toi. Sentir la peau durcie contre la tienne, contre tes cuisses encore chevrotantes. Des baisers rapides contre sa mâchoire avant de retrouver son regard. De crever sous ses prunelles qui te détaillent. Promets-moi, Ronan. Promets-moi que t’arrêteras jamais de me regarder de la sorte. Promets-moi de ne jamais cesser de voir autre chose qu’un nom à baiser. Les lèvres tremblantes, avides des siennes. Qui restent à l’écart, pourtant. Pas foutu de détourner les yeux des siens. Comme un baume au cœur. Comme une façon de te faire comprendre que tu pourrais être plus. Que tu pourrais signifier quelque chose. N’importe quoi, s’il le faut. Tant que c’est pour lui.
Des mouvements suivis sans broncher. Des rires en écho avec les pas contre le parquet vieillot. Les doigts accrochés à sa peau pour ne pas chuter. Accrochés à sa peau pour ne plus jamais en repartir. Baiser dans lequel tu t’abandonnes sans réfléchir. Prières lâchées contre sa bouche. Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. Ses lèvres qui paraissent être créations des cieux. Les charnues pour faire gonfler les tiennes. La voix mourante au milieu. La respiration devenue optionnelle. Retrouvée seulement quand il s’amourache de ta mâchoire. Et encore. Les doigts glissent dans ses cheveux, tes lippes détaillent les moindres parcelles accessibles. Carcasse callée contre sa carrure.
C’est à peine si tu perçois le contact froid de la table, Lorenzo. La peau trop bouillonnante de la sienne. La peau trop amourachée de la sienne. Un rire en écho au sien. Les lippes étirées contre son oreille. Un souffle pour animer. Un souffle pour provoquer. Ça devient de la mélodie à mes oreilles, Ronan. La seule qui mérite vraiment d’être entendue. J’veux t’entendre rire. J’veux t’entendre t’esclaffer contre ma peau tellement que ça paraît irréel. Tellement que ça paraît parfait. Aide de piètre qualité pour évincer les derniers vêtements, les mains trop occupées à le serrer contre toi. Le regard qui s’illumine à ses mots. Pulpes de la dominante dansantes contre ses pommettes. « How could I leave ? » Ouais, vas-y, explique-moi. Parce que j’suis pas foutu de comprendre. J’suis pas foutu de savoir comment te résister. Comment ne pas penser à toi. T’es partout, Ronan. T’es tellement beau que j’en perds la tête. T’es tellement beau que ça m’empêche de dormir le soir. Tu m’obsèdes. Tu me possèdes complètement, et tu t’en rends même pas compte. Le cœur qui se soulève à ce sourire sur ses lèvres. Les phalanges s’échappent de ses joues pour glisser sur ce rictus. Pour l’ancrer dans ta mémoire à jamais. Garder un souvenir parfait de cette étreinte que tu sais maudite. Que tu sais unique. Le mariage de l’autre. La pression sociale. La haine de la famille qui coule tout autant dans tes veines. Autant de raisons pour tout oublier quand la porte se refermera après ton passage. Ce n’est pas fait pour durer. Ce n’est pas fait pour te sauver. Là n’est que machinerie du Seigneur pour te punir. Te donner l’absolution entre ses bras pour finalement te laisser sombrer dans les flammes de l’Enfer, l’instant d’après. Parce qu’une existence sans lui, ce n’est qu’abîme. Ce n’est que chute constante.
Alors tu préfères chasser ces idées, Lorenzo. Te concentrer sur Ronan et uniquement sur lui. Sur ses doigts qui possèdent et dirigent. Sur ses lèvres qui parcourent ta peau. Sur son regard qui soulève ton myocarde. Route ardente le long de l’épiderme. La main gauche qui n’arrive pas à quitter ses cheveux même quand il est au plus loin. Un soupir d’impatience à ce souffle contre tes cuisses. Rire pour contrer le mal qui ronge. « You’re such a tease, dio mio. » Puis ses prunelles que tu perds, quand le crâne part en arrière. Sa bouche contre la trique, ses lèvres pour la sublimer. Mèches serrées entre tes phalanges. Le bassin qui se soulève l’instant d’après, qui le cherche quand il se retire. Un râle pour trahir la désillusion. Putain, tu me rends dingue. Tue-moi, ça ira plus vite. Laisse-moi crever plutôt que de t’attendre. Laisse-moi mourir plutôt que ne pas t’avoir.
La poitrine gonflée à ses mots en écho aux tiens. Pas de marche arrière. Pas de fuite. Tu ne vas pas détaller, Lorenzo. Pas quand il est là, au-dessus de toi. Pas quand ses lèvres bénissent de la sorte ta peau.
Ta silhouette glissante contre le bois. Te rapprocher toujours de lui, de tout ce qu’il émane, de tout ce qu’il provoque. Désir tellement brûlant que le corps tremble comme une feuille sous l’effet du vent. Prêt à tomber à la moindre rafale. La bouche retrouvée. La langue qui s’impose. Qui déclare la propriété. Ce soir, uniquement. Il est tien, l’irlandais. Personne pour venir gâcher la messe.
Son regard pour lequel tu renierais tout. Ses mains pour lesquelles tu laisserais tout tomber. L’eau bénite lâchée contre sa peau, contre ses doigts qui s’imposent entre les lèvres. L’accord muet à la salive qui devient empire. Le corps qui s’arque, les muscles qui se tendent à la douce mort qu’il t’offre. Des gémissements pour lui faire comprendre. Des complaintes pour lui dire que c’est jamais assez. Que tu veux plus. Que tu le veux lui. Le bassin qui s’active. Danse autant contre ses doigts que contre sa paume entourant ta queue. Des gestes qui gagnent en confiance, qui creuse la différence avec les précédents. L’habitude qui s’ancre en même temps que tes sentiments.
Dominante qui tombe contre son cul, qui l’attire toujours plus. Les prunelles pour dégueuler mille mots. Arrête, putain. Arrête de jouer de la sorte. J’te veux, t’as pas encore compris ? J’te veux qu’importe le prix. Qu’importe les sacrifices. J’te veux, Ronan. La faible qui elle entoure son menton pour mieux forcer le regard. « Don’t you dare stopping, you hear me ? » L’appui sur l’accent pour mieux le faire vriller. Sur la chaleur de la voix pour mieux le provoquer.
Les dents qui retrouvent ta lèvre inférieure quand il autorise enfin les derniers sacrements. Les doigts de la gauche qui resserrent leur étreinte contre la peau à la chute de ses reins. Un râle non-dissimulé. La carcasse qui danse pour mieux trouver la sienne. Une gêne à laquelle tu ne penses même pas. Les sens trop éclatés par le désir qui ronge. Soulèvement du bassin pour le chercher, pour le forcer à continuer. Gagner quelques centimètres sous ta propre impulsion.
Puis tes lèvres qui s’écrasent contre les siennes. Le vermillon qui danse contre les charnues gonflées. Gémissement poussé. La dominante qui s’impose. Qui invite sa queue. Ronan. Cinq lettres que j’pourrais hurler au milieu de la nuit. Cinq lettres pour faire régner le plaisir. Cinq lettres que je confère reines au sein de mon crâne. Cinq lettres que j’pourrais marquer sur ma peau tellement que tu me brûles. Les doigts de la dextre glissent dans son dos. Les pulpes qui viennent y dessiner des cercles dans une douceur divine. Faire de sa peau une œuvre d’art sous tes gestes. Faire de sa carrure la plus belle des créations. Tes lippes qui s’échappent de sa bouche, se perdent dans sa nuque et sur son épaule. Marquent, elles aussi dans une pression moindre. Ne pas laisser de trace. Ne pas provoquer la débandade dans un mariage que tu souilles déjà.
Et tu ne regrettes pas, putain. T’as aucune honte à réduire en cendres des années passées au bras d’une autre. Ne serait-ce que pour le sentir contre toi. Sentir son parfum. Sentir ses lèvres sur les tiennes. Sentir son désir te mettre sur un piédestal.
T'es qu'un connard, Lorenzo.
Beau connard pour défaire les unions sacrées. Beau connard pour faire un ultime doigt d’honneur au Tout Puissant.
Beau connard qui s’écrase pourtant face à un nouveau dieu.

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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyMar 29 Jan 2019 - 1:39

La forteresse des certitudes.
Les années pour imposer une vérité universelle. Les années pour devenir des chapitres similaires. Un disque rayé pour sauver les apparences. Un disque rayé pour combattre le mal. Les picotements ignorés sous le derme fracturé par les autres. Les entrailles tordues par des questions qui crèvent. Des silences surplombés par les moqueries. Des silences surplombés par les remarques assassines. Le canon du flingue contre la poitrine. Les lettres acerbes pour cogner. Volonté étriquée par une obsession familiale. Volonté étriquée par des esprits répugnants. La différence pour honorer la disgrâce. La différence pour sanctifier la honte. La différence pour racoler le mal.
Alors Ronan, il a baissé les armes. L’insolence collée au myocarde. La dictature des autres pour s’imposer. Existence conduite par les mains de fer quand la sienne tremblait pour le pire.
Le blase qui claque dans l’asphalte. Les lettres qu’on respecte. Les lettres qui s’imposent. Les lettres pour faire plier les genoux. Les lettres pour créer le chaos. Les lettres pour rameuter l’excitation entre les cuisses. Les lettres pour faire trépasser l’adrénaline sous les couches anesthésiées. La langue qui roule sous le palais. Les mains qui rôdent sur les courbes. Vautour autour des poupées. Les yeux ravagés de désir. Les yeux possédés par le vice. L’égarement des pulpes. Rien que pour frôler. Rien que pour raviver le feu sur les reins trop cambrés. Les salopes qui attendent et espèrent. Les salopes qui dansent des hanches pour mieux réclamer. Les salopes qui tombent à genoux pour sucer la gueule grande ouverte. Les salopes qui tombent à terre en soumettant à la volonté du roi. Les peaux pétries de la violence. Les peaux pétries de l’ignorance. Condamnation divine.
Ça paraissait simple. Ça paraissait la marche à suivre. Baisser le regard. Agir comme le roi des connards. Manger la poussière de l’amertume. Racler les conséquences éhontées.
Voir la roue dérailler. Comme son existence. Trop de fois. Le sang pour calquer les idéaux. Le sang pour entacher l’ivoire. Le sang pour dégommer le myocarde.
Anesthésie latente des années qui défilent, des années qui créent le chaos. Les cieux pour balancer la victuaille astrale. Les cieux pour observer le spectacle.  
La punition divine. L’envolée des doutes.
Un regard. Un sourire provocateur. Une peau halée. Des rayons maculés pour lui claquer à la gueule. Une rencontre pour bouleverser. Une rencontre pour tout foutre en l’air. Des années de promesses. Des années à se persuader d’être normal. Des années à creuser les reins de sa femme. Une seconde pour chuter. Une seconde pour céder. Tentation divine racoleuse là sous le derme brûlant. Les phalanges encaissants les assauts d’une envie pressante. Les épines d’une rose à peine cueillie, à peine glorifiée. L’envie de résister. L’envie de rester un mari aimant et fidèle. Il a suffit d’une seconde. Il a suffit d’un regard. Il a suffit d’un sourire. T’es rentré dans ce bar au milieu de la foule et y en avait déjà plus que pour toi. Ça m’a donné un coup dans le ventre. Ça m’a donné un coup dans le coeur. Tu as été la sensation de vie qui manquait à la mienne. Tu as combattu la mort en imposant ton souffle. Comme celui qui rôde dans les souvenirs funestes. Tentative insalubre de l’oublier. Tentative devenant des échecs à même le derme. Tentative devenant des attentats suicides au creux de la poitrine.
L’assaillant au sourire victorieux. La victime pour chuter à terre.
La victime pour crever entre les décombres. La poussière des détonations. La poussière d’une relation brouillonne. Les murs où pourraient s’écorcher le pourpre. Les murs où pourraient s’écorcher les corps. Le sol où le verre s’écrase. Des débris de bouteille. Des débris d’eux. Les échines écorchées des fantômes à terre. Les échines écorchées des sentiments qui se cloîtrent au creux de la poitrine. J’en ai rien à foutre d’avoir mal. J’en ai rien à foutre de saigner. La douleur elle a commencé avec ce poing dans le ventre quand tu m’as regardé. Elle s’est poursuivie quand tu as choisi de fuir. Et ce ne sera rien comparé à demain.
Les consonances ensoleillées pour claquer à l’oreille. Le sourire pour réponse. Le palpitant qui se ronge de mouvements irréguliers. Anarchie sous la couche pigmentée. L’inspiration qui racole les dernières sacrements. L’expiration qui rejète les dernières prières. Marche arrière impossible. Incapacité à se décoller de lui. Les échines qui valsent. Communion parfaite de l’ivoire et du caramel. Communion parfaite des souffles qui se sanctifient. Capture de l’instant. Paysage qui dégouline du vice que trop de gens viendraient condamner. Paysage qui abandonne les dernières cendres d’une union tragique. La vue brouillée. Les sens en exil. La main pour se cramponner à lui. La chaire durcie pour frôler l’interdit. La mine fébrile. Les tremblements brouillons. La peur viscérale de le voir se lever et se barrer. La peur viscérale de le voir se lever et réaliser. La peur viscérale de se retrouver sur le carreau martyrisé par le roi de coeur.
Pression contre le thorax pour l’empêcher de respirer. Pression contre le thorax pour annihiler le dernier souffle. Le dégradé qui se perd sur l’échine. Les bassins qui s’entrechoquent. La mélodie au grès des claquements. La dominante de l’autre pour bercer le galbe de son cul. L’audace du geste. L’audace de la possessivité. Les reins qui se creusent. Les reins prêts à réclamer la torture finale.
Les doigts sur la trique. Les doigts pour épouser la chaire. Les doigts pour dompter le vice. Le sourire en coin. Le bonheur pour ourler les lippes. Je me sens bien là. Je sais que demain les regrets viendront me claquer au visage. Mais à cette seconde précise, y a plus que toi. À cette seconde précise t’es mien. Ton parfum pour me rendre fou. Ton sourire pour me condamner. Ta peau pour me faire frissonner. Ta voix pour me pousser au bord du précipice.
Les mots qui disparaissent sous les râles.
Les siens qui claquent dans un affrontement nébuleux.
Traînée de cendres pour faire enrager les cieux. Le maculé pour devenir rouge désir. Ordre pour conjurer l’éclat brûlant. Ordre pour faire vriller les dernières bribes de bon sens. Ordre pour le condamner sur le bûcher divin. La gloire de la différence au détriment de la haine. La gloire du genre qui se mélange. Adoration satanique pour les saints qui pleurent leur dégoût.
Mais plus rien ne compte. Plus rien n’existe. Que ton nom soit sanctifié.
Comme le sien qui roule sous le palais dans une supplication céleste. La peau en alerte. Les ondulations des phalanges contre sa colonne. Le dos pris d’assaut. Le dos couvert d’une tendresse symptomatique. Sensualité des gestes, sensualité du tracé. Contour des trapèzes sublimés. Contour des muscles qui sursautent. La pulpe brûlante pour honorer le derme. La pulpe brûlante pour peindre la toile. Oeuvre d’art où l’audace conquiert l’aquarelle. Les éclats de couleurs pour pigmenter l’ivoire. Les éclats de couleurs pour colorer le myocarde. Les couches qui s’imbriquent. Les couches qui rendent l’irlandais captif d’un sentiment inexplicable. Les lippes entrouvertes. Le souffle trop vorace contre les siennes. Respiration qui communie avec l’ourlet rougie d’indécence. Les dents qui malmènent. Les dents qui racolent. Pour le marquer. Pour le consacrer saint. Les rires qui deviennent poussière des sourires. Les rires qui conjuguent le mauvais sort. Le dos devenant l’ombre du roi. Le dos devenant le terrain conquis des phalanges. Il aime ça, Ronan. La tête qui bascule en arrière. La bouche qui accueille la sentence. L’échine qui frissonne. L’échine qui se fait chienne en réclamant plus. Comme le bassin qui se soulève. Comme le bassin qui déborde pour dévaler contre la chaire. Elle s’infiltre, elle saccage, elle dévore. Plus de place au hasard. Une main recroquevillée contre la table pour l’impulsion. Une autre contre la trique. Celle qu’il malmène. Paume qui se frotte. Paume qui empoisonne. Le contact échaudé. Le contact vénal. Le contact assassin avec le sourire au coin des lèvres. Malice qui ricoche quand la complicité devient reine. Malice qui blasphème les idéaux nauséabonds. Les chaires qui s’apprivoisent. Les chaires qui s’appartiennent. J’te fais la promesse pour quelques heures de n’être qu’à toi.  J’te fais la promesse de crever sous tes assauts. J’te fais la promesse de décrocher les astres pour les peindre sur ta peau. J’te fais la promesse de renier mes convictions pour te consacrer roi. J’te fais la promesse de soupirer ton prénom si tu me consacres tiens. La main de l’italien pour faire pression sur la trique. Le corps qui se crispe. Contracture de l’abdomen pour défier les sens. Voltige des sentiments qui s’ancrent sous le derme. Tatouage qui apostrophe l’évidence endeuillée par un futur baisé d’avance.
Les bustes pour s’épouser. Les bustes pour faire rougir l’échine. La main qui contrôle son cul. Possession qui le fait gémir. Possession qui fait claquer les râles sous le palais. Les phalanges dans son dos pour le maintenir le long de sa carcasse. L’autre contre sa hanche pour sentir les bassins claquer. Symphonie dantesque pour faire chialer les saints. Symphonie diabolique pour faire vomir le divin. Sa bouche qui vient retrouver la sienne. Étreinte où le vermillon ronge. Étreinte où les lèvres gonflent à l’unisson. La splendide écarlate.
Ronan, il réfléchit plus. Le vice ancré au creux des reins. Les mains plaquées contre sa gueule. Les lippes qui racolent. Les lippes qui emprisonnent. Étreinte où la salive devient impératrice. L’empressement où débordent les émotions. Les souffles qui se fustigent. Le gémissement à même la mâchoire où les baisers s’exilent. Comme sur ses épaules. Comme sur ce buste qu’il décore d’une offrande suprême. Comme sur cet abdomen qu’il contourne pour mieux remonter. L’arrachée maladroite de la sanctification vorace. Les mains pour saisir les hanches. Les mains pour racoler le bassin. Les mains pour le faire pencher dans le vide. Là en suspension contre sa trique. Là en suspension où la chaire est possédée et écartée. Là où la chaire devient sienne.
Il gémit Ronan. Il gémit et se sent vivant. Il gémit et à l’impression d’avoir désiré ça toute sa vie. Carcan imposé par les lettres du blase. Carcan imposé par les remarques homophobes et les moqueries. Tu peux pas t’imaginer être toi, Ronan. On te tuera avant l’heure. On te fera brûler sur la place publique. On te déchirera le coeur pour avoir désiré un homme. On te tirera une balle entre les deux yeux si tu penses ne serait-ce qu’une fois à recommencer. Punition que l’irlandais est prêt à accepter. Sentence pour teindre la paume de sa main qui pétrie la chaire. La paume de sa main qui pétrie les hanches. L’ivoire qui devient trainée écarlate. Nébuleuse desquamation pour ravager les couches. Nébuleuse ivresse où le roi condamne le prince. Serviteur prêt à tomber à terre. Esclave prêt à se damner tant sa peau le réclame.
La main sous ses fesses pour le soulever de quelques centimètres. Voltige pour rameuter la pression de sa carcasse contre la sienne. Voltige pour rameuter la pression des coups, des claques, de la possession. Ronan qui s’impose. Ronan qui l’épuise. Les respirations saccadées. Les respirations en alerte comme l’anarchie des mouvements. Une main contre le bois. L’autre dans ses reins. Caresses pour effleurer la colonne, pour longer le bas du dos, pour remonter contre sa nuque et le forcer à voûter le crâne en arrière. Baisers dispersés sur l’échine de son cou. Contracture de la mâchoire sublimée des charnues. Lippes reconstruites sous le dessein des siennes.
Sourire pour éclore contre le reflet dans le miroir. Sourire pour dompter la complicité. Ce que t’es beau quand tu souris. Ce que t’es beau quand tu ris. T’es comme une comète qui trépasse dans le ciel. T’es comme une comète pour laquelle on damnerait son propre monde. Tu as filé dans ma vie. Tu m’as foutu une putain de claque. Tu as réanimé les cendres. Et maintenant ça brûle partout au creux de mon thorax. — Tell me how much it’s good. La provocation sur les lèvres. La provocation dans le dégradé. La provocation sur les trapèzes qui se contractent. La provocation sur les reins qui s’éprennent. Le visage à hauteur du sien. Sa main qu’il attrape pour la caler sur son cul. L’étreinte d’une gifle sur le derme. Prise de contrôle qui le fait marrer, Ronan. Le bassin qui remue. Le bassin qui assume. Bombé sous l’éclat des muscles pour réclamer sa dose. Pour exiger plus. Le regard fiévreux de lui. Le regard fiévreux d’eux.
Les lèvres près des siennes sans lui octroyer la gloire finale. Les lèvres près des siennes sans s’exiler sur le paradis sucré. Il ricane, l’irlandais. Le front près du sien. La sueur comme traînée voluptueuse. Les mouvements qui stoppent. Les mouvements qui s’absentent. Le corps qui recule à peine. Assez pour libérer la chaire durcie. Assez pour le faire orphelin de sa queue.
— Moan against my lips now, if you want more, Lorenzo. Le prénom qui claque. Les lettres qui traînent. Les lettres qui dansent. Les lettres qui sacralisent l’union.
Le sourire. La main contre sa hanche. L’autre contre sa nuque. Gémis, maintenant. Montre-moi à quel point tu aimes ça. Montre-moi à quel point tu me veux. Montre-moi à quel point tu as pas eu ta dose. Montre-moi que tu pourrais finir camé rien que pour nos corps qui s’empoisonnent. Maladie infiltrante les chaires. La gloire du divin pour peser sur les épaules.
La bout de la chaire qui flirte. Le bout de la chaire qui racole. Le bout de la chaire qui appuie et s’éloigne. Le bout de la chaire qui revient et attend la sanctification finale.
Toi, l’astre d’ailleurs. Toi, la vie après la mort.
Toi, l’antidote au mal. Toi, la pigmentation colorée après le noir.
Toi, cette présence maléfique qui me fait vivre.
Toi, cette présence éternelle qui pourrait me sauver.

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Lorenzo Farnese

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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyMar 29 Jan 2019 - 23:13

Une scène qui ne fait écho à aucune autre. Des gestes qui semblent sortir d’une autre dimension tellement qu’ils paraissent irréels sous ton impulsion. Douceur exacerbée des doigts contre la peau de l’autre. Douceur exacerbée des lèvres sur les siennes. Douceur exacerbée des gémissements qui résonnent contre les siens. Le bassin qui le cherche, qui le réclame comme les derniers sacrements. Alors c’est ça en fait, d’être à attendre le plaisir donné par l’autre ? De devoir espérer la délivrance. De prier pour mieux crever. De crever pour mieux sentir. Rapports de force divergents aux ébats qui régissent ton existence. Contraste net avec toutes ces paires de cuisses entre lesquelles tu t’es perdu. Des corps pour laisser le tien assouvir le besoin. Des corps que tu recroises jamais plus d’une fois. Et pourtant, t’es là, Lorenzo. Accroché à son échine pour la seconde danse. À soupirer des cantiques en l’espoir de continuer à compter des énièmes rencontres de vos épidermes. La différence marquée à l’instant où tu l’as laissé fermer le rideau de fer, sans chercher la fuite. Pas une histoire de rôles inversés, pourtant. Y’a que des égaux dans ce foutu pub. Que lui et toi sur la même ligne. Dans la même souffrance. Plongés dans ce même désir qui bouffe les reins et ronge les crânes.
La faible qui épouse son visage quand la dominante s’amourache toujours autant sa chair durcie. Qu’elle incite et étreint. Des râles comme propagande sur les lippes. Des affiches que tu placarderais partout pour mieux laisser le reste du monde connaître ta déchéance. Connaître ta fin entre ses bras. Des mots crachés à qui voudrait bien l’entendre, pour exprimer cette ardeur qui dévore le bas-ventre. Son prénom pareil à un hymne bon à être hurlé sur les toits du monde. Idiot piégé par des iris trop clairs. Par une bouche trop dessinée. Par une peau trop marquée. Des ecchymoses par dizaines que les phalanges évitent. Ne pas lui faire mal, quand tes soupirs chantent le bien. Des interrogations qui restent en suspens contre ses lèvres. Pourquoi t’es comme ça, Ronan ? C’est quoi toutes ces marques ? C’est quoi ta vie, en dehors de ces rencontres miraculées ? Dis-moi, j’serais prêt à t’écouter des heures. Dis-moi, j’boirai tes paroles tellement que ta voix me tord le crâne. Traces bleutées. Traces jaunâtres. Assez pour contrer la peau claire et les dessins pour l’orner. Un baiser rompu pour mieux laisser le regard lui brûler l’épiderme. Traînée du sombre pour longer les lignes de son corps. S’abreuver des détails avant qu’ils ne disparaissent à la faveur de la nuit. Avant qu’il ne s’évade, Ronan. Que l’euphorie retombe. Que le désir s’écroule sur le parquet miteux. Qu’il retourne se noyer dans les draps du lit conjugal. Parce que c’est toujours comme ça. Une nuit pour t’étreindre. Une nuit pour laisser les pulsions gagner. Et le reste d’une existence à effacer ton souvenir au profit d’une bague ornant l’annulaire. L’habitude pour prendre le pas sur les espérances. Car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. Inscrit sur la pierre. Inscrit dans ton crâne.
Alors tu lâches prise, Lorenzo. L’espace de ces quelques minutes dans l’angle mort du Seigneur. Le bassin qui cogne entre le sien et la table. Qui racole et exige. La carrure de l’autre comme dernière accroche avant de crever. Dernier repas du condamné. La trique qui baise sa main. Les veines qui frottent à la paume. Le galbe qui crève de son contact, qui s’arque contre la pression de sa main. Pantin de chair entre les bras du divin. Les lèvres gonflées contre sa nuque, contre sa clavicule. Sa peau qui fond comme l’hostie sur ta langue. Et la sienne qui inonde ton épiderme. Qui crame toute sensation dans un sillon dantesque. La gueule balancée en arrière. La gueule qui cherche à remplir le souffle quand le sien ricoche contre l’échine. Éclats du plaisir raisonnant dans la gorge. La dextre contre ses mèches. Qui empoigne et s’y rattache. L’impulsion de la gauche autour de sa chair pour mieux violenter la tienne. Mieux te faire crever. Mieux te faire plier. Des rires pour s’accoler aux siens. Trahison des songes sur le bout de la langue. T’as tellement le sourire, Lorenzo. Les traits illuminés par son regard. Les traits bénis par ses lèvres. Puis le cœur qui manque un battement, entre temps. Fauché par l'irlandais.
Un souffle contre sa mâchoire. Les lippes qui survolent. Ton torse se gonfle sous l’effort pour mieux se coller au sien. Jamais assez près. Jamais assez de ses baisers. Jamais assez de ses regards. Jamais assez de son odeur. Jamais assez de lui. L’échine qui tressaute au contact de la pulpe le long des vertèbres. Râle sifflant entre les dents qui serrent leur étreinte contre sa bouche. Gémissement en écho avec le geste et le va-et-vient incandescent de sa trique. Oscillations pour bénir l’être. Ton cul qui ondule. Ton cul qui réclame. Perles de sueurs pour l’extrême onction.
Étreintes des charnues sur les tiennes. Lascivité débordante comme l’écume au bord des lèvres. Son sourire pareil à un empire. Arrête ça, Ronan. J’commence à bâtir des espoirs. J’commence à bâtir des rêves contre ton épiderme. Des songes contre tes lèvres. Des illusions contre son souffle. Ne fais pas miroiter devant mes yeux ce que tu ne vas jamais m’offrir. Ravale ce bonheur avant qu’il ne me devienne vital. Le rictus que t’aimerais dégager de sa bouche en y écrasant la tienne. Mais ça serait arrêter de le regarder. Arrêter de l’admirer.
Sa voix pour border les espérances. Pour raviver cette flamme déjà trop brûlante. Bout des doigts contre son visage. Pulpes dansantes contre les pommettes. Contre les tempes. « I can’t. I fucking can’t. » Complaintes lâchées dans un gémissement rauque. Pas foutu de parler. Pas foutu d’exprimer à quel point t’as l’impression de crever. De renaître. À quel point ça ronge ton être. Des mots qui ne seront jamais assez fort pour décrire. Un plaisir avoué d’un baiser. Le front collé au sien. La faible raccrochée à sa nuque. La dominante plaquée contre son cul à sa demande. Phalanges qui épousent le galbe et possèdent le muscle. Insiste sur le bercement de sa queue. Ton souffle teinté de ces sons trahissant l’ivresse. Le bassin qui accélère et l’emprisonne. Geste inespéré quand les siens se meurent. Silhouette chevrotante quand il s’évade. Râle incontrôlé à la chair qui se dérobe contre l’érogène. Coup fatal à la disparition complète. La gauche qui s’agrippe, s’attache à la chute de ses reins. Pars pas, putain. Me laisse pas. Pas maintenant. Pas ici. Pas sans toi. L’impatience installée sur les traits. Rictus au coin des lèvres pour marquer le désaccord. La faible qui vient cogner dans son épaule. Et le rire qui en découle. « Are you serious ? Dio mio. » Complicité déconcertant pour mettre à mal l’assurance habituelle dans les ébats. Palpitant qui s’évade de la poitrine. Arraché de la cage thoracique pour s’exiler entre ses mains. Il pourrait en faire ce qu’il veut, Ronan. Le piétiner sur place, et t’arriverais encore à dire merci.
Carcasse qui se redresse contre la carrure. Pieds touchant le sol. Regard pour dominer de ta stature. Provocations ancrées sur les lippes. « Think you’re tough, uh ? » Pulpes dansantes contre son torse. Contre les lignes dessinées. Contre les encres. Caresses superficielles. Puis c’est la paume qui s’écrase contre le thorax. Impulsion contre lui pour forcer le recul. Forcer la marche arrière du Costigan. Écho du dos claquant contre le mur froid. La gauche qui remonte sur la poitrine, glisse jusque dans la nuque. S’abandonne à la naissance des cheveux. Ton souffle pour survoler le même passage. Route de la soie sur son derme. Tracée par tes lèvres. Tracée par ta langue. Tracée par tes dents qui ne font que cajoler. Le visage niché au creux du cou quand ton corps se presse au sien. Parfum inhalé jusqu’à ce que les poumons éclatent. « Cazzo. Quanto sei bello. » Palabres murmurés contre la carotide. Aveu à bout de souffle. Voix traînante contre l’épiderme. La chair à l’aube de son visage bénie par ta bouche. La faible qui épouse sa hanche, l’intérieur de la main pour effleurer les lettres sacrées encrées sur le derme. Les prunelles qui retrouvent les siennes. L’embrun pour faire sauter le myocarde à l’intérieur de la poitrine. Certitudes éclatant les doutes. Certitudes pour faire briller le noir des iris. Tu me rends dingue. J’pense à toi tout le temps. Tu hantes mes jours. Tu hantes mes nuits. Y’a plus que ta gueule quand j’cherche le plaisir. Y’a plus que tes lèvres pour me dégouter d'en embrasser d’autres. Tu m’as complètement retourné le crâne et j’sais plus quoi faire à part te sentir trembler entre mes bras. Pensées éteintes contre ses lippes. Vermillon amouraché du sien. Possession muette pour mieux crier la vérité. Bassin qui cherche le sien. Triques qui se jaugent. Un soupir pour rompre les claquements de la peau.
Bordel, ce que t’es piégé, Lorenzo. Complètement fait prisonnier de ce mec. Séquestré par un désir devenu roi. Silhouette de l’autre qui danse. Les muscles du dos offerts à ton regard. Empressement du genou pour mieux le plaquer contre la brique. Tu dis rien. Pas une bribe de parole pour rejoindre le monde des sons. Lippes gonflées par les baisers qui abordent les épaules. Accostent les omoplates. La bouche qui ose marquer la peau, là au milieu des ecchymoses. Pensées inespérées que ton passage reste inaperçu aux yeux de la femme, entre les blessures mettant à mal l’épiderme. Descente de la langue qui sublime les lignes de sa colonne vertébrale. Remontée identique.
La dextre contre sa hanche. Au creux de ses reins. Sur le galbe rebondi. Sourire de connard contre sa tempe. Les doigts qui provoquent, survolent et valsent. Paume libre contre le mur. Gueule du loup dessiné sur la dominante pour le menacer.
L’abandon de ton propre plaisir pour mieux faire miroiter le sien. Douce vengeance à sa demande précédente. Envie trop brûlante de le voir sombrer sous ton impulsion.
L’égoïsme scintillant devenu terne en sa présence.
Besoin viscéral de l’entendre. De le sentir se contracter sous tes assauts.
De le voir déstabilisé comme il t’a fait tomber.

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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyMer 30 Jan 2019 - 18:37

Les convictions tapissées de pourpre. Antidote contre l’égo à chaque remarque. Les regards moqueurs pour batifoler sous le myocarde. L’anarchie des battements. La colère qui ploie à la surface des phalanges. Les ecchymoses comme empreintes contre l’ivoire. Les écorchures calées entre les muscles. Léthargie sous les chapitres qui s’accumulent. L’allure des années qui défile, qui empiète sur les dernières zones de vérité. Les mensonges rongés par les trafics. Les trafics conférant le vice au creux des paumes. Paradis blanc dégommé par la couverture cendrée. Les rires sardoniques pour faire plier les âmes. Les canons des flingues pour se trimbaler sur l’échine. Le regard animal se perchant au dessus des carcasses sans vie. Les coups dans la gueule pour rameuter de l’oxygène. La meute, cette tarentule dans la nuit. La meute, cette chienne qui aboie.
Les crocs plantés vers les cieux. Dernière once d’innocence. Dernière prière. Dernier souffle.
Et la respiration qui s’emballe. Comme la vie. Comme les doutes. Ceux terrés dans un coin de la caboche. Ceux éveillés sous les corps qui se frôlent sans s’apprivoiser. Ceux éveillés sous la langue qui roule trop près du palais. Ceux qui suffisent pas à éteindre la voix qui pèse. La conscience pour annihiler le calme. La conscience pour rappeler la nature. Celle qui fait tâche dans le décor chez les Costigan. Celle qui soulève le coeur. Celle dont on ricane. Celle qui assassine comme le flingue au creux de la bouche. Détonation de trop et les bout de chaire pour se disperser à terre.
Corde raide où la carcasse danse. Corde raide où Ronan se perd depuis deux mois. Perte du frère pour créer le chaos. Perte du frère comme coup de poing dans la gueule. Éclat endeuillé qui surplombe les derniers airs de sa respiration. Symphonie saccadée. Symphonie souillée. Ralentissement des battements cardiaques. Paupières trop lourdes. Muscles ankylosés et racoleur d’un mouvement détonant. Lèvres closes sur les non-dits. Lèvres assassines sur la violence des mots. Rage intérieure qui s’extériorise dans les éclats maculés de l’union. L’épouse bousculée. L’épouse précipitée. L’épouse silencieuse. Gueule de connard pour ignorer la souffrance. Gueule de connard pour regretter. Poids de la culpabilité. Une seconde. Une rencontre. Une déroute.
Léthargie repoussée sous le blasphème qui gît le long de l’abdomen. Le cendre qui toise le dégradé. La provocation, reine de la soirée. Quand le roi filait contre sa chaire. Intonation de la bouche qui a claqué sur la chaire. La victorieuse qui a étalé sa saveur. Les secondes qui paraissaient en suspend. La chaleur étouffante. Comme les ressentiments.
Une négation pour faire sombrer les dernières cartes. Le roi de pique à genoux. La reine de coeur dans les brumes nébuleuses. Abandon de l’anneau d’acier pour caler la paume sur la gueule halée. Force des empreintes. Force des mouvements.
C’était une nuit sous le versant du hasard. C’était une nuit pour écharper les derniers carcans. C’était une nuit pour revivre. C’était une nuit pour se comprendre. C’était une nuit pour tout changer. C’était eux. C’était fort. C’était beau. Mais pas autant que maintenant. Pas quand l’asphyxie condamne ses poumons. Revers du droit dans le thorax. Revers du gauche dans le palpitant. Mouvements aléatoires. Mouvements écorchés. Brûlure au troisième degrés sous l’échine. Celle qui carbonise de son empreinte. Celle qui s’emballe de chaque caresse, de chaque contact. Dose réclamée comme un camé sur le point de crever. Qu’est-ce que tu m’as fait putain ? C’était pas écrit entre les lignes tout ça. Tu devais être qu’une erreur au milieu des autres. Tu devais être qu’une ombre de plus. Tu devais pas t’imposer. Tu devais pas devenir nécessaire. Tu avais pas le droit, Lorenzo. Tu devais pas te pointer et me retourner le crâne. Tu devais pas te pointer et ruiner mes certitudes. Tu devais pas te pointer et anéantir mon ego. J’suis prêt à ployer. J’suis prêt à ruiner les chapitres amoureux. J’suis prêt à tout, là.
Les mots étouffés sous les vocalises rauques. Les psaumes pour se faire salopes endiablées. Comme les mouvements qui claquent. Comme les mouvements qui cessent. Comme les ondulations qui voltigent. Comme les ondulations qui assassinent d’une lenteur exacerbée. Bassin meurtrier qui se frotte, qui enchaîne et assigne à comparaître. La trique qui danse. La trique qui offre. La trique qui prive. Contradictions des envies. Érosion des pulsions. L’insolent sourire pour plier face au sien. Les peaux condamnées. Communion céleste. Accroche des astres au creux des iris. Les pores étouffés par la brûlure. Les fronts qui se collent. Les pulpes qui fusent là près des pommettes. Trajet lascif sur les tempes. Un soupire plus fort. Un soupire plus corrosif. Instant de grâce au milieu du vice. Peinture éhontée sous les traits pourpres. Les mots qui fusent. Les mots qui se crachent. Le sourire sur les lèvres de l’irlandais. Échappée d’un rire brisé par un gémissement de plus. Le contact de la main contre son cul. Les reins qui se creusent. Les reins qui s’affolent. Cambrure démonstrative quand la queue s’impose. Bouche qui communient. Glorification des souffles qui se possèdent. Les yeux cloitrés vers les siens. Incapable d’arrêter de le mater. Incapable d’arrêter de détailler chaque éclat pigmenté. Putain, j’pourrais passer des heures à t’observer. J’pourrais te toiser quand la rosée du matin débarque. Quand la nuit s’assombrit. Quand les silhouettes défilent. Quand les corps s’abandonnent. Quand plus rien ne compte à part toi. Quand plus rien ne fait sens à part nous. Le temps qui devient cruel. Comme l’exil de la chaire. Comme l’impatiente qu’il crée. Sourire ourlant les lippes. Le coup dans l’épaule. Le rire. Les mots sous l’accent du soleil. Quand il est le sien depuis le début.  — not so a good boy, then. Les mots de l'autre qui manquent. L'absence qui serre le coeur. L’insolente vérité alors que les mains s’accrochent à ses hanches. Assez pour le rapprocher. Assez pour le caler à nouveau contre lui. Assaut de la trique qui fustige. Assez de la chaire qui empoisonne. Sursaut du derme qui se contracte. Brouillon des gestes pour devenir plus féroces, plus affirmés. Claquement des bassins. Claquements des bustes. Ivresse des lippes qui valsent. Communion éternelle pour se chercher, se trouver. Gémissement à l’échappée au carrefour de la mâchoire. Les ongles lacérant l’échine. Les ongles s’appropriant la surface caramélisée. Marque apposée pour qu’il se rappelle. Pour que le lendemain n’efface pas la nuée empirique. Pour que le lendemain n’efface pas son passage.
Comme une bourrasque trop intense. Comme une tempête qui disparaît avec l’amas des cassures. Comme une météo capricieuse dont on omet les conséquences. Comme si de rien n’était, comme si nous n’avons pas existé, comme si nous n’avions pas crevé de plaisir. Le bassin qui tape. La chaire durcie qui s’infiltre. Danse incessante au creux des abysses. Les mains calquées sous le galbe bombé. Muscles pris d’assaut pour se retenir, pour le retenir. Baisers sur la mâchoire. Baisers sur la joue. Baisers sur le contour du front. Puis les lèvres qui se retrouvent. Ordination émotionnelle qui claque. La puissance du contact. La puissance du ravage. Épines des roses pour se planter sous la derme en pensant à l’abandon, à demain, au manque de sa présence.
Sourire sans lorgner sur l’ombre du roi. Rire sans ses vocalises. Vivre sans sa chaleur. Espérer sans l’opale de ses yeux.
Les désillusions prêtes à froisser le regard. Lettres d’or pour communier le seul prénom qu’il veut gémir. L’incessant tourment collé à l’échine. La main qui se cale contre son cou. L’autre qui relève sa cuisse. Scandale filant la gerbe au tout puissant. Ronan qui lui crache à la gueule comme la salive visse celle de l’italien. Étreinte charnelle pour déposséder les vivants. Étreinte charnelle pour achever les saints. Terre promise entre ses cuisses. Vibration possédée de chaque coup de trique. Vibration possédée de chaque assaut. Soldat à la victoire au bout de la queue. La chaire rosie, durcie, étouffée de la sienne. La table qui recule, qui avance, qui se calque sous chacun des mouvements. Je contrôle plus rien. Tu me rends fou. Tu me rends vivant. Tu me rends différent. Putain, ma belle étoile. Putain, ma belle comète. Putain, cette tempête enragée dans le creux de mon ventre. Putain, cette sirène scandaleuse sur mes reins. Tu m’as fais plonger du réel de l’ivresse, de l’ivresse à l’irréel. Viens pas me dépouiller de toi.
La condamnation finale. L’échappée brutale.
Le thorax qui se soulève. L’épiderme accueillant la rafale de soie. La main pour contrer le geste de plus. Marche arrière enclenchée. Surprise du regard. Surprise du sourire. Malice sur les lèvres quand les siennes crachent une provocation. Le sourcil arqué. Le dos frappant le mur. Les dents sur la charnue inférieure. Les iris fiévreuse. Mouvement écorché de la poitrine qui peine à se lever. L’envolée belle vers un autre endroit. Une terre sainte. Un paradis luxuriant. Il tremble, Ronan. Assurance qui s’écroule. Assurance qui devient brillance plantée dans les yeux. Assurance qui s’évapore comme l’impression de sécurité. Il l’observe. Il détaille chaque éclat sur sa belle gueule. Il détaille le derme sur lesquels ses lèvres crèveraient pour en imprimer le goût. Les cuisses qui peinent à trouver un équilibre. Une main contre son flanc pour se soutenir. Le flirte de son souffle sur les lippes. La proximité qui dérange les saints, le clan. La proximité qui entache les promesses. La proximité qui souille l’union sacrée. La proximité nécessaire. La proximité vitale. Les doigts qui traînent trop. Comme la voix. Comme tout. Remontée à la naissance de ses cheveux. Contact frivole. Contact élancé. Contact brûlant. Un soupire filtrant de la charnue quand sa gorge peine à affronter le vice. Les yeux qui se ferment. Saveur irréelle qui frôle l’échine. La main de Ronan pour se caler dans le dos. Remontée lancinante pour capter chaque frisson, chaque réaction. Les siennes qui ne sont plus que soumission et désordre. La cuisse qui se relève, qui frotte sa hanche. Son bassin qui ondule, qui réclame. Le visage niché au creux du cou.
Sensation qui efface les sacrifices. Sensation qui éradique les doutes. Sensation qui dessine la tendresse à même l’échine. Comme cette main qui remonte contre la nuque de l’italien. Pour frôler la peau du bout des doigts. Pour y dessiner des formes approximatives. Les pulpes pour se perdre dans les boucles. Les pulpes pour les consacrer reines de l’instant. Le sourire en coin en l’entendant rouler des mécaniques. L’accent qui déborde. L’accent qui ricoche. Virevolte sentimental sous les couches de derme. Décharge électrique à la surface. Le palpitant qui s’accélère. Mouvements libératoires. Oxygène qui crèche dans les poumons. T’es qu’un bourreau. Tu me fais tiens, tu me consacres roi, tu m’offres l’occasion de revivre. Et demain tu viendras me faucher. Tu viendras m’abattre comme un chien. Tu danseras sur ma carcasse. Tu cracheras sur mon regard vide. Et tu continueras ton manège. Avec toutes les autres. Avec tous les autres. Supplice des palabres. Supplices de l’anonymat qui piège le l’ourlet. La langue qui bute contre le palais sans aucune accroche. Et ça le tue Ronan. Il le veut. Il le veut tellement.
Ses deux mains plaquées contre son cou. Pour l’emporter contre son buste. Pour l’emporter contre les marques noircies. Pour l’empêcher de le torturer plus. Baisers animés d’une passion sans faille. Baisers animés par l’ivresse. Les prières condamnant l’acte. Les prières sur lesquelles il crache la gueule ouverte et avide de lui, de sa chaire, de sa queue. Les bassins qui tanguent. Les triques qui dansent dans une valse brouillonne. Les sourires. La possession.
Ce buste qui est condamné contre le mur. L’exil des regards. La tendresse pour salut patriotique. La douceur pour hymne à eux. La sensualité de la bouche qui court. La splendide qui berce les épaules. La main de Ronan contre la pierre. Le front calé dessus pour savourer. Les soupirs contre sa propre chaire. La respiration haletante. Le bassin qui remue. Le bassin qui réclame là où les mots n’ont plus force de sortir. L’autre main en arrière pour frôler son flanc, sa hanche. Lui, qui se fait victorieux, qui se fait dominant. Les carnassières pour ronger les omoplates. Marque apposée alors que ses traits se crispent. Vestige laissé au milieu des décombres. Des bleus au derme. Des bleus au coeur. Le coup de poing final dans l’abdomen pour le marquer à vie.  Marque-moi, Lorenzo. Marque-moi de tes dents, de tes lèvres, de tes sourires. Marque-moi de ton rire, de tes hanches, de ton âme. Marque-moi et fais moi tiens. Promis, on se fera roc pour supporter l’extérieur. Promis, on se fera roc pour supporter les saints. Promis, j’en aurais rien à foutre tant que tu es là. Traînée sardonique. La vipère qui descend. La vipère qui longe la colonne. Les reins qui se creusent. La cambrure qui rassure. La main qui se cramponne au mur. L’autre qui espère malmener sa peau. La sienne qui frôle, qui attise. Comme les tentatrices qui dansent sans offrir. Le supplice qui ricoche. — Fuck Lorenzo. L’injurieuse pour danser, pour sanctifier la douleur. Le cul qui racole. Le cul qui attend. La tête tournée vers la sienne. Une main en arrière pour le forcer à se rapprocher. Scène salace des langues qui frisent l’asphyxie. Les bouches qui claquent. Les bouches qui se déciment. Gémissement rauque. Grognement pour suivre. Morsure sur la lippe du Malin. Rire en échos. Mélodie dorée pour capturer les âmes. Union sacralisée par le vice.
Coup de son bassin contre les doigts. Réclamation éhontée alors que son regard fustige le sien. Et la tête qui cogne le mur à nouveau. Ses bras qui attrapent les avant-bras. Descente sur les poignets pour les serrer avec force, avec hargne. Dépit sentimental où tout s’entrechoquent. Comme les paumes de ses mains qu’il force à venir s’écraser sur son abdomen. Comme les paumes de ses mains qu’il ordonne reines contre la trique. Frottement de la chaire sur la trique. Allure du plaisir qu’il s’autorise à mener. Allure du plaisir qu’il crée en détournant le regard, en gémissement vers sa direction. Ça ne suffit pas. Il veut étouffer de lui. Il veut étouffer et toucher la vie du bout des doigts. Alors ses lèvres cherchent les siennes. Désespoir collé sur la gueule alors qu’il esquisse un rictus à peine perceptible. Le bassin qui danse. Le bassin qui se visse contre la dominante.
Et y a plus rien à comprendre. Y a plus rien à saisir. L’oxygène qui dégomme les couches nécrosées. Le palpitant qui bat à s’en rompre. Cassure à l’âme. Cassure des promesses.
L’héroïque résistance qui ne suffit plus. — I need more, cazzo. I want more. L’insulte qui roule sous le palais. L’insulte reprise comme dans son répertoire. L’insulte qui n’a pas le même charme.  L’insulte qui contre l’ordre. C’est ton tour, c’est ça ? C’est tour de jouer avec moi ? Tu fais que ça depuis le début. Tu viens, tu donnes et tu reprends tout. Tu viens, tu donnes et tu dégages de ma vie en me laissant orphelin. Alors laisse pas mes reins crever de ta tyrannie.
Le cul cherche. Un appui. Une seconde d’éternité. L’impression d’en finir sous ses mouvements. Il réclame comme une chienne. Il réclame comme un pêcheur en exil entre les mailles des sirènes. Il le réclame lui, putain. Les mains du footballeur qui s’affairent plus bas. Le bassin qui cogne. Violence des assauts, comme la violence des lippes assassines qui cherchent les siennes. La traînée salivaire pour écorcher les surfaces. Les respirations pour tanguer. Et eux pour s’abandonner.
Et maintenant, fais ce que tu veux de moi.
Et maintenant, oublie les dernières angoisses.
Et maintenant, sens la chaleur de mon corps. Et maintenant sanctifie-moi à ton nom.
Et maintenant, promets-moi de ne pas disparaître.
Et maintenant, infiltre-toi sous toutes les couches de chaire. Parce que tu t’es infiltré dans ma poitrine depuis l’début.

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je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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Lorenzo Farnese

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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyVen 1 Fév 2019 - 17:29

Débandade du crâne. Des idéaux qui se castagnent les uns contre les autres. Les mots haineux du père. Les propos acerbes de la cadette. Les palabres déplacés de la mère. Les discours acides des aînés. Autant de lettres pour venir faire éclater le contraste entre l’éducation et la façon dont tes lèvres brûlent la peau du Costigan. S’ils te voyaient, la famille. S’ils te voyaient en train de sombrer contre un mec. Causeries banales au détour d’un déjeuner dominical. Homophobie banalisée au travers des conversations. Homophobie exacerbée quand on parle directement de ces malades. Un sourire sur ta gueule pour approuver. Les lippes qui s’animent pour confirmer. J’en ai vu deux en passant devant l’Arco della Pace, tout à l’heure. Ça se cache plus maintenant. Insultes entre deux bouchés des plats préparés par Aureliano. L’accord du reste de la famille. Des conneries qui sont toujours les mêmes. Des injures qui se ressemblent au fil des jours. Des crachats aux pieds des autres.
Attitude haineuse qui s’est retrouvée enfermée à double tour quand la célébrité à commencer à taper. L’obligation de rester clean devant les caméras. De jouer les role models auprès des gamins alors que le cerveau est nécrosé par l’intolérance. Sourire immaculé quand les pensées murmurent le mal. Des éclats de voix contre les murs, quand les propos se cognent contre ceux des autres. Bagarre par les mots au milieu du vestiaire avec certains coéquipiers qui prônent l’ouverture d’esprit. Avec Héctor, et son combat à la con pour que les autres s’assument. Sans que tu dises quelque chose pour accentuer la peur. Tu t’en souviens, de ces engueulades sur le sol londonien. À l’abri du regard des autres. Seulement l’espagnol et toi pour laisser les idées s’opposer. Rage au ventre de vouloir lui faire comprendre ton point de vue, de vouloir lui faire comprendre que non, ce n’est pas normal. L’autre qui joue les avocats des pédales, qui défend l’aberration. Qui ouvre sa gueule pour prôner la soi-disant tolérance. Seules ombres au tableau d’une amitié qui remonte aux premières apparitions sous le maillot des Gunners en 2014. Qu’un gamin de dix-sept ans, lâché dans un pays qu’il ne connaît pas. Une langue que tu parlais à peine, mais assez pour vouloir contrer les mots de ton pote. Petit connard à l’allure assurée.
Connard grandi à l’allure anoblie par les gestes de Ronan.
Les doigts du divin contre la peau, contre la hanche qui ondule pour mieux se mettre à sa hauteur. Baisers contre la nuque. Baisers pour contrer les injures familiales. Baisers pour les faire taire dans ton crâne. Oublier, ne serait-ce que pour quelques minutes. Instant sacré entre ses bras. Ta carcasse pour épouser la sienne. Pièces uniques d’un puzzle calciné par les aprioris. Contracture des muscles du dos au passage de ses phalanges. Trapèzes soulevés par l’impulsion de ses pulpes. Soupirs dévalant le long de son épiderme. Achevé sur place par l’irlandais. Tu n’es que maladie, Ronan. Syndrome pour faire battre le cœur. Plaie béante pour creuser dans l’assurance. Pour mettre à mal les barrières construites par les propos éducationnels. Par ces propres idéaux que tu t’es ancré dans le crâne. Gémissement avide à l’emprise contre tes cheveux. Masse brune où il le droit de se perdre. Accord donné ce premier soir où les genoux ont rencontré le sol dans les chiottes. Accord donné par le geste réprimé. Une main qui a préféré rester accrochée à sa cuisse plutôt que de l’écarter des boucles. Fierté de l’égocentrisme. Fierté de l’apparence. Les mèches comme chasse gardée des contacts des autres. Les mèches comme unique zone interdite des contacts charnels. Les mèches pourtant malmenées par ses phalanges. Tu t’en rends pas compte tellement que c’est banal, mais c’est juste dingue, Ronan. Réalise juste à quel point je ploie devant toi. À quel point je me laisse faire sous ton contact. À quel point t’as un pouvoir sur moi. À quel point je suis déjà abattu par tes balles. Tellement de lettres prêtes à être crachées contre son cou. Des aveux pour faire trembler les saints. Pour éroder le plafond céleste.
Sourire astral pour border tes lèvres, quand les siennes s’imposent. Un rire cristallin contre sa bouche. Connivence débordante des lippes. J’ai pas choisi, putain. J’te jure, j’ai pas choisi cette sexualité qui me maudit. J’ai pas choisi de crever de l’intérieur à chaque fois que j’pense qu’un mec peut me faire perdre la tête. Mais bordel, Ronan. Toi, je t’ai choisi. Toi, j’ai voulu t’avoir. Sa carrure que tu pousses toujours plus contre le mur sous l’impulsion de ton thorax épousant le sien. Battements de ton cœur pour résonner contre les deux masques théâtraux encrés sur son pectoral.
La douceur des gestes pour contrer les habitudes malsaines des échanges charnels. La douceur des gestes pour ne pas blesser la peau déjà malmenée. Inquiétude sur les rebords du cœur à l’idée de son corps roué sous des assauts bien moins adorateurs que les tiens. Peur sortie de nulle-part pour venir amenuiser le crâne. Peur pour la santé d’un type croisé seulement à des hasards miraculeux. Peur de perdre ce qu’il pourrait représenter. T’es comme un espoir. T’es comme cette flamme au milieu de l’hiver glacial. Le baume pour contrer le mal qui ronge. Les attirances maudites. Les besoins dantesques. T’es cet idéal que j’ose même pas rêver tellement qu’il paraît lunaire. Tellement qu’il paraît lointain. Rictus s’échappant des lèvres à l’injure de l’irlandais. Sursaut du palpitant à ton prénom sur sa langue. Et la tienne pour venir sanctifier sa peau.
Ta silhouette pour étreindre la sienne quand il impose le combat des lippes. Quand il racole et obtempère dans la seconde. Contorsion de la nuque pour mieux crever sous le baiser. Pour mieux crever d’envie pour lui. Râle sanctifié à la chair malmenée par les dents du divin. Son impatience écarlate quand le galbe cogne contre la dextre. Et putain, ça te fait marrer, Lorenzo. Véritable enfoiré qui se moque à gorge déployée des envies de l’autre. « What ? Is something bothering you ? » Un sourire contre son épaule. Dépôt rapide des lèvres. Marque frêle des dents sur le derme.
Abattement du myocarde à ses décisions qu’il impose en même temps que ses phalanges autour du poignet. Le souffle chaud contre l’échine. Les halètements pour mettre à mal les poumons. « Impaziente. » Pas d’écart, pourtant. Pas de fuite pour venir rompre le paysage céleste. Le bout des doigts glisse contre sa peau, contre son ventre dans ce passage qu’il inflige. Caresses suaves à l’orée du désir. Phalanges pour étreindre les veines saillantes. Phalanges pour chatouiller la chair. Qu’un pantin sous l’égide de son plaisir. Tu le vois, au moins ? À quel point tu peux faire ce que tu veux de moi. À quel point j’suis soumis à tes caprices. À quel point t’érodes les bases de mon existence. J’suis qu’un guignol qui attend seulement que tu le guides.
La bouche se perd contre ses omoplates, contre sa nuque. À la naissance de ses cheveux. Des soupirs pour recouvrir la peau de l’autre. Respiration autant saccadée que les mouvements de la dominante contre sa queue. La provocation de la paume pour tenter de retrouver un minimum de force dans la balance. Les gestes stoppés à l’instant même où sa gueule cherche la tienne. Faible qui remonte jusque dans sa nuque pour faciliter le combat des lèvres. Qui vient se perdre contre ses mèches pour mieux tirer sa tête en arrière. Phalanges serrant le châtain pour mieux le tenir en place. Phalanges serrant la trique pour mieux le sentir tanguer. T’as les lèvres qui tremblent, Lorenzo. Qui cherchent les siennes. Qui cherchent son souffle. Qui cherchent sa peau. Drogué qui réclame, drogué qui espère crever de l’overdose, plutôt que de souffrir du manque le lendemain. Parce que ça va être ça, hein Ronan ? Quelques coups de bites, avant que tu retournes enlacer ta femme. Quelques minutes où tu nous laisses exister, avant d’aller jurer fidélité à une autre. J’suis habitué, de toute façon. Des ébats qui veulent tous dire la même chose aux yeux des partenaires. Et même si ça me crève de le dire, j’pourrais pas t’en vouloir. J’savais ce qui m’attendait. Tu feras pas exception, malgré l’envie qui me ronge le crâne. Dernière apposition des lèvres contre les siennes, avant que la dextre n’abandonne sa tête. Qu’elle dévale de nouveau le long de son échine. Tracé sacré des pulpes, quand la dominante s’amourache toujours de sa chair.
Éclats de rire contre les murs à ses mots. À la façon dont il s’approprie la langue natale comme il s’approprie les songes. « Wanna get revenge for my accent, Ro ? » Un murmure contre son oreille. Les dents pour provoquer le lobe. La langue pour se jouer de sa nuque. La faible pour venir s’apposer contre le galbe à nouveau. S’appuyer sur la chair pour mieux se moquer de lui. Sourire carnassier sur ta gueule alors que tu la niches dans son cou. La respiration sur la carotide. Duel du souffle contre les veines battantes. Dépôts chastes des lippes. Douceur inespérée quand t'es au contact de quelqu’un d’autre.
Danse de la gauche contre sa trique. Des mouvements pour mieux le faire ployer. Pour mieux le sentir se battre pour conserver cet équilibré précaire sur ses jambes tremblantes. Est-ce que c’est l’excitation, ou bien la peur ? Parce que y’a les deux qui me bouffent depuis que j’ai osé t’embrasser ce soir. Depuis que j’me suis pointé ici. Depuis que j’ai croisé ton regard pour la première fois. Ton putain de regard, Ronan. Le bleu pour m’attirer. Le vert pour me piéger. Le beau mélange pour m’accrocher à toi comme un connard. Ta propre chair durcie que t’imposes contre le creux de ses reins. Ton désir calé contre sa peau. Son prénom lâché dans une supplique. Cinq lettres chargées de cette lascivité qui te dévore. Cinq lettres comme une prière pour sanctifier l’ivresse. Cinq lettres pour remplacer les cantiques à l’intention des cieux. Tes phalanges pour dessiner les moindres reliefs de sa queue. Tes phalanges pour chérir son épiderme quand la faible remonte. Passage latent contre sa hanche. Contre le biceps exposant le folklore de son sang. Le ricanement idiot qui s’échappe à l’attention qui s’attarde un peu trop sur tous ces dessins. Du plus brouillon au plus réussi. Puis les doigts qui repartent. Détaillent le haut de son dos pour mieux se rapprocher de ta bouche. L’écume pour recouvrir les pulpes. Un crachat pour contrer ceux lâchés à l’attention de la pédale du quartier milanais.
Est-ce que tu te revois au moins, Lorenzo ? Avec cette attitude d'un branleur qui s’prenait pour le roi. À maudire les autres sans la moindre retenue. Repense à eux, maintenant que t’en es.
Voix sifflante que tu veux chasser. Le serpent pour venir onduler dans le crâne. Pour tenter de contrer les désirs violents qui t’animent. Alors les mouvements se font plus ardents contre sa queue. Doigts oscillants dans une précision qui se veut chirurgicale. Tu préfères l’entendre lui. Entendre ses soupirs. Entendre ses râles. Entendre son plaisir, plutôt que le Mal qui rôde dans ta caboche.
Les phalanges bénies par la salive qui s’évadent à nouveau. Chutent encore contre son échine. Pression de ta trique plus violente contre le haut de son bassin. Dos voûté pour laisser le front cajoler ses trapèzes. « Voglio te, Ronan. E non solo stasera. » Vérité pour venir déchirer le cœur. Vérité dissimulée sous la langue natale. Cœur battant d’une allure folle. Cœur menaçant d’exploser. Cœur trop abîmé par sa présence. Les mots lâchés rapidement. L’expression accélérée pour éviter qu’il s’en souvienne.
Alors seulement, tu lui accordes les derniers sacrements. Les pulpes qui provoquent, qui dessinent les contours. Sa trique abandonnée à contrecœur, pour que la dominante s’appuie contre la brique. Quelques baisers déposés sur son épaule, dans une tentative bête de se faire pardonner de l’absence soudaine. Râle essoufflé quand la phalange s’immisce. La torture lente pour ne pas blesser. Ne pas surprendre. Doigt d’honneur à l’attention du Tout Puissant. L’oscillation pour le faire danser. Centimètres lents. L’étalage du désir qui se fait patient. Ta bouche qui dessine les détails des encres sur le haut de son corps. Ta langue qui recouvre les tatouages de tes propres couleurs. Putain, t’en aurais jamais assez de lui, Lorenzo. Jamais assez de sa peau. Jamais assez de son odeur. Jamais assez de sa voix. Dans quoi tu t’embarques, stronzo ? Bordel, tu sais que tu vas le regretter. Tu sais que quand l’euphorie s’éteindra, que quand l’adrénaline mourra, il n’y aura plus que la honte pour te ronger. Stare zitto, Lorenzo. Des ordres pour tenter de contrer les idées à la con qui cherchent à revenir. Qui veulent gagner du terrain. Qui veulent éroder les espoirs stupides. L’index de la faible bénissant sa chair. Unique acteur pour provoquer l’ivresse dans ses veines. Dans sa gorge. Dans son crâne. Dans son cœur.
Le souffle se perd contre ses cheveux. Contre sa nuque. Cette dernière que tu dévores des lippes en t’imposant une fois de plus contre le galbe. Six phalanges pour le sentir se contracter. Deux doigts pour le faire caner. J’ai pas envie de crever seul. J’ai pas envie d’être le seul à sombrer. Crois-moi que tu vas chuter avec moi, que tu vas m’accompagner dans la déchéance. Parce que j’me vois plus aller quelque part sans toi, maintenant. Ondulation du poignet. Biceps tendu par le rythme traînant que tu lui imposes. Ta queue toujours collée à sa peau. Ton propre désir que tu lui exposes alors que tu veux faire exploser le sien. La dominante qui se violence pour ne pas le toucher. Muscles du bras qui s’extasient du combat, qui déforment le motif floral. Le lion de la droite pour disparaître à mesure des sinuosités contre son bassin. La gueule contre son crâne. L’essoufflement pour chatouiller le châtain.
Poitrine en pleine fuite.
Mais la carcasse qui reste collée à la carrure du divin.

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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyDim 3 Fév 2019 - 1:36

Le regard salutaire du mal. L’encre marine pour siéger au milieu des dernières vagues d’espoir.
La carcasse devenue létale de chaque passage, de chaque revers encaissé. L’âme automate pour coller aux stigmates du blase. Le maudit qui conduit à la tragédie. Le maudit qui s’impose et rôde telle une bête sauvage. Les canines maculées sous les écorchures de la nuit. Les voix qui traînent et salivent d’impatience face à la traînée pourpre. Les respirations qui s’égalisent à chaque versant colérique. L’union des mains. L’union des silences. Les lettres pour former le ravage. Les lettres pour danser sur les brasiers. Gamin qui court à en perdre le souffle. Gamin qui se raccroche. Gamin qui serre les poings en implorant le tout puissant. Le ricanement sardonique du patriarche. Les phalanges qui claquent contre la gueule. Le menton qui se redresse. Les yeux qui se croisent. Les yeux qui se toisent. L’autorité écarlate pour fustiger les dernières couches d’innocence.
Les rêves à l’arrachée. Les rêves à l’envolée. Dédale des chimères qui fustigent et raclent la nécrose. La crasse autour du myocarde. La crasse autour des paumes. Celles qui barricadent les émotions. Celles qui s’écrasent contre les corps sans vie. Celles qui pétrissent les échines pour se donner l’impression d’être un homme, un vrai. La dictature imposée de l’enfance à l’adolescence. Modèle assigné pour flirter avec l’idéal du père. Aucune place pour le hasard. Aucune place pour l’à peu près. Des heures entières à glaner le mal. Communion des idées macabres pour claquer dans l’asphalte. Coeur brouillon d’écouter. Coeur lassé d’espérer. Ronan, pauvre con qui a suivi la marche. Petit soldat obtempérant. Soumission pour contrer les derniers revers. Ceux du droit quand les poings patriarcales rôdent. Ceux du gauche quand les étendues divines viennent souiller le maculé. Les pulpes enfoncées sur la mâchoire. La gloire de ton nom, Ronan. La gloire du blase, pour te forcer à filer droit. On chiale pas chez les costigan. On serre les poings. On se mord la joue. On avance. On oublie. On ordonne. On condamne. Et si tu tombes, oublis pas de te relever.  Le gamin fauché par les revendications. Le gamin qui n’a pas eu d’autres choix que de suivre. Les godasses traînantes sur les pas de son père. Les godasses traînantes sur les dernières marches de l’église pour capituler. Des psaumes crachés sous l’échappée émotionnelle. Des larmes soutirées loin de moqueries, loin des remarques acerbes.
Puis le contour des cicatrices. Les écorchures pour rameuter la douleur. Les heures passées au milieu du clan. Les heures engagées à faire comme les autres. La main sur le coeur pour honorer le blase. La main sur le ventre pour refouler les autres émotions. L’acerbe vérité qui dégouline des chaires gangrénées. Les crevasses où règnent l’amertume. Les crevasses où s’accumulent les questions. Celles qui crèvent à chaque remarque balancée pour banaliser l’horreur. Ces deux hommes qui se matent. Ces deux hommes qui se désirent. Ces pédés, ces tantouzes, ces pédales, ces tapettes, ces fiottes, ces monstres. Ces erreurs de la nature. Ces erreurs du divin. Les cieux qui condamneront. Les cieux qui vomiront. Et eux qui crèveront pour avoir pêché.
La lame pour trancher la carotide. L’hémorragie sous le spectre de chaque insulte.
L’insolence de Ronan pour hausser les épaules. Les canines pour sublimer les rictus endoloris.
Il est de ceux là. Il est de ces monstres qu’on craint. Il est de ces erreurs qu’on régurgite. Il est comme ces hommes que le clan a fracassé à cause de la différence. Il est comme ces corps éreintés à terre qui chialent, qui supplient un dernier pardon.
Il est comme celui qui finira dans le caniveau si le clan l’apprend. Il est comme celui qui finira entre quatre planches de bois quand le couperet dégommera les derniers idéaux.
Les craintes qui fourmillent et s’éloignent.
La respiration saccadée de l’italien pour réanimer la chaire. Cadavre sauvée des abysses par la poigne des caresses, la poigne des échines bonnes qu’à se condamner. Le Malin pour provoquer. Le Malin pour rire à gorge déployée. Les vocalises lyriques et amusées pour se fendre la gueule. Pour se foutre de la douleur qui lancine. De la douleur qui tranche l’abdomen de l’irlandais. L’épreuve suprême. La tentation avortée par le désir exacerbé. La tentation ruinée par toutes les certitudes. Même quand tu me tortures, ça me donne envie d’en redemander. Même quand tu me tortures, ça me donne envie de te connaître encore plus. Même quand tu me tortures, ça me donne envie de rester. Même quand tu me tortures, c’est toi qui t’impose, c’est toi qui gagne. Et moi qui me fout à terre. Moi qui réclame, moi qui attend que ça. Tu m’as retourné le crâne. Tu m’as débarrassé de mes carcans. Et demain tu vas dégager de ma vie, comme si plus rien ne comptait. Et surtout pas moi.
La perte de repère. La perte de contrôle. L’assoiffée nécessité d’un peau à peau. Ce corps à coeur qui débute depuis trop longtemps maintenant. La main calée contre sa queue pour remuer comme une chienne. La main calée contre sa queue pour sursauter à chaque mot. Berceuse au creux de son oreille avec l’accent qui roule, l’accent qui charme. Rature verbale pour l’amuser, pour esquisser ce sourire. L’ourlet charnue dansant sur la complicité naissante. Les poumons gonflés. L’air incapable de s’enfouir. Les poumons dépossédés de vie quand il vient la claquer contre la chaire durcie. Les doigts qui flirtent, les doigts qui assassinent le trajet gonflé et douloureux des veines. Dégradé où le pourpre se mêle aux appuis bleutés. Insistante douleur pour réclamer plus. Bassin cognant contre la paume. Bassin exigeant quand les mots s’abandonnent.
Ils ne seront jamais assez précis.
Ils ne seront jamais assez justes.
Pas pour exprimer ce qu’il éprouve là dans ce dédale de chaleur et de luxure. Pas pour exprimer la rage des pulsations sous la couche éteinte du myocarde. Pas pour exprimer ce qu’il a ressenti ce soir là, quand les néons dominaient, quand il s’imposait. La nuit fauchée de ses yeux. La nuit idéalisée de son sourire. Le lendemain chagrin quand le vide rythmait les derniers supplices. Une main contre la pierre. L’autre contre son avant-bras. Le chemin des pulpes sur l’apogée noircie. La torture des gestes, du rythme qui lancine. La torture des lippes qui stigmatisent la terre sainte. L’échine où déborde les caresses. L’échine qui frissonne. L’échine qui redore son blason. Les ecchymoses pansées par l’émotion. Les ecchymoses effacées par la lubie des splendides. Les charnues qui réclament à chaque fois. Surface échaudée qui crame. Surface échaudée qui étouffe. La tête retournée, la tête qui vrille. Putain qu’il a envie de plus Ronan. Sentir sa bouche claquer contre la sienne. Sentir la vie recommencer à déferler sur ses reins.
Soumis aux gestes de l’autre. Soumis aux sentiments qui gagnent le combat.
La main qui plonge en arrière. Sa nuque saisie du bout des pulpes. La sienne maintenue vers l’arrière pour obtempérer. Pute soumise aux volontés du puissant. Pute soumise à la hargne qu’il crée. À l’impatience qu’il suggère. À l’irréel qu’il précipite.
Les lèvres qui cognent. Les langues qui s’entrechoquent. Le venin qui se déploie comme eau bénite à la dernière communion. Les mèches prises d’assaut comme tout le corps. Tension inégalable sur la ligne tendue de l’abdomen. Tension inégalable là contre sa trique qu’il oblige à remuer sous la paume. Libération salvatrice à chaque ondulation. Gémissement pour s’écraser contre les lippes. Nuée céleste pour infliger les sacrements. Désordre sentimental pour sanctifier le trouble.
J’peux plus rien contrôler. J’ai plus envie de le faire. J’ai plus la force de lutter. C’est toi le gagnant. C’est moi le prisonnier de ton sourire. C’est moi le prisonnier de l’éclat échaudé de ta peau. C’est moi qui espère comme un pauvre con. C’est moi réclame comme une chienne. Tu aurais pas dû te pointer la bouche en coeur et le regard fier. Tu aurais pas dû débarquer et me briser de ton indifférence quand la nuit se remballe.
Tremblements des lippes au milieu des certitudes. Les regards qui se toisent. Les regards qui se cherchent. L’exécution du rire qui éclot au milieu des gémissements. La provocation de l’accent. L’ivresse des mélodies captant les rayons du soleil. La punition de sa main qu’il fait reculer contre hanche. Ses ongles qui s’y ancrent. Ses ongles qui menacent. Et son sourire pour déborder des charnues. Une lame dans myocarde quand la tête se niche dans le cou. Pesanteur des lippes qui valsent sur l’ivoire endeuillé. La caboche pour décliner, pour l’accueillir, pour en vouloir encore plus. La silhouette chancelante. L’impression de s’écrouler. L’impression de crever à chaque centimètre qui les sépare. Une pensée pour le lendemain. Une pensée pour les jours suivants. Une pensée pour cette vie sans lui. Un enfer pour ployer. Une condamnation dont il ne sortira pas indemne. Il le sait. Au bord du bucher, tu me feras danser. Au bord du ponton d’exécution, tu riras. La corde autour du cou tu mettras. Les flammes tu allumeras. Sur mon âme, tu cracheras. Et puis à faire semblant, tu continueras. Les non-dits. Ceux qui seront rois quand la rosée du matin perlera. Comme le feu sur ses reins. La trique malmenée de la dominante. Le bassin butant contre sa chaire durcie. Repos de la féroce contre le galbe de son cul. Le sourire sur les lèvres. L’insolence de Lorenzo pour conjurer la scène.
La sanctification du mal qui rôde, qui cherche, qui extirpe les derniers doutes. Les râles rauques. Vocalise sous le palais où la vipère claque, où la vipère salive.
La peur calée dans l’abdomen. La peur calée au creux des cuisses. Celles qui tremblent. Celles qui vacillent alors que le roi ordonne la prochaine conquête. Les diamants éclatés dans le dégradé à la lueur d’angoisse. La gorge serrée. La voix tremblante sous les râles.
Les mots volés de toute compréhension. Les paroles balbutiées qui cognent près de l’oreille. Le charme de l’accent. L’ivresse de la langue qui roule. Ronan à bout de souffle pour essayer de comprendre. Les sens exilés par sa seule présence. L’hymne à l’envie quand le bassin réclame.
Le sacre des trapèzes. Le dos vouté pour offrir la bénédiction des lippes. Celles qui traînent trop. Supplice pour le rendre instable, fiévreux. Une main contre le mur. Les briques où cogne la paume pour se raccrocher. La tête qui se détourne. La nécessité de le regarder. La nécessité de lui montrer qu’il contrôle rien. Qu’il est terrorisé mais veut plus reculer. Qu’il est terrorisé mais attend que ça.
Je peux plus partir, même avec toute la volonté du monde. Parce que le mien, il a finit par tourner autour du tien. Le céleste de tes yeux sous le virevolte de tes mots. La malice de ton sourire pour panser les blessures. Ta présence comme nécessaire. Ta présence comme vitale. Ta présence comme irremplaçable.
Crispation du faciès. Infiltration de la phalange. La chaire qui s’écarte. La chaire qui accueille la sainte. Manigance du tout puissant qui dégomme la dernière frontière. La douleur surplombée par l’envie. La douleur surplombée par la brûlure. Celle de sa langue contre son dos. Tâches d’encres recouvertes du poison. Ondulation du doigt pour racoler les mouvements. La paume sur le mur. L’autre sa hanche pour se retenir. Étreinte pour faire rougir l’échine. Roulade de la chaleur pour ne pas perdre son point d’ancre. Le souffle rapide. Le souffle saccadé. Le front butant contre sa main. La carcasse penchée. Le cul relevé. Les reins creusés pour l’accueillir encore plus. La dominante pour saisir son bras, pour forcer sa paume à communier avec son abdomen. Couper court à la distance. Couper court à la peur de le perdre. Les corps en exil l’un contre l’autre. Les peaux brûlantes. Les peaux glorifiées. La traînée bénite de la sueur sur son front. Les doigts de la faible qu’il vient remonter sur son torse, puis près de ses lèvres.
Pour les embrasser, pour les sanctifier, pour se faire doux au milieu de l’orage. Pour se faire calme au milieu des vagues impétueuses. De l’unité à l’équilibre. Deux reines pour blasphémer le roi. La surprise. Les traits tirés et les canines pour dévorer la lippe inférieure. La ronger jusqu’au sang. L’échine qui frissonne. L’échine qui sursaute.
Le besoin de plus quand Ronan perd pied. Une minute pour réfléchir. Une seconde pour vriller. Le bassin qui devient insolent. Là à remuer contre ses doigts. Là à s’avancer et à se reculer sous la mécanique de son cul. Plus d’air pour inspirer. Plus d’air pour expirer. Poumons privés de vie quand le creux de ses reins n’est plus qu’une chaire à vif. Le sourire. Le rire. La provocation. La main qui cogne le mur. L’autre qui condamne sa faible. Danse de l’artiste pour la faire valser de ses flancs à son ventre, de son ventre à son torse, de son torse à sa trique. La paume qu’il frotte avec vigueur alors que son cul est possédé des démons. Il tient plus en place, Ronan.
La caboche qui se détourne. La main qui décale contre la nuque. La main qui remonte pour empoigner les boucles cendres. Une impulsion plus forte que toutes les autres. Une impulsion pour le rapprocher plus. Distance à peine de mise. Les peaux qui se confondent.
Les corps prêts à voguer à l’unisson.
Les corps prêts à tanguer au milieu de l’océan. Là où les sentiments ne sont que des paroles avortées. Comme tout ce que je crève de pas te dire. Même si on se connait pas. Même si on s’est rencontrés y a pas longtemps. Même si ma vie je la vois pas filer droite sans toi. Même si ma vie je l’imagine plus sans ta présence. J’suis tellement ridicule. Ça te ferait marrer hein ? Évidemment que ça te ferait marrer. Tu ressens rien toi. Tu es qu’un diable au sourire doré.
Le Malin pour la chute finale. La paume pour forcer le passage. La paume pour se contorsionner et se poser sur sa dominante. Ordre de la vicieuse pour demander. L’autre qui n’offre pas la sanction divine. Les chants religieux souillés par les gémissements.
Les chants des sirènes combattus par les râles rauques qui grognent sur les cordes vocales.
— I'm only going to say this once, so listen well. Les mots tranchés. Les mots hachés par la respiration haletante. Les mots précipités sur l’ourlet charnue des lippes. Une main sur le mur, l’autre encore sur l’avant-bras pour racoler la dominante. Les phalanges qui remuent. Les phalanges qui s’enfoncent. La chaire qui s’écartèle. La tête détournée. Ses lèvres pour chercher les siennes. Baiser sanctifié sous le grognement. Baiser sanctifié sous la salive qui ricoche. Les canines qui s’imposent. Les canines qui défoncent. Communion des écorchures qui dansent les unes au dessus des autres. Le marquer. Le faire sien. Rameuter les questions des autres quand la seule réponse claquera sous l’impulsion de son prénom. — I want to feel you more deeply again.
Le blasphème pour faire vomir les saints.
Le blasphème pour accaparer l’attention.
Le blasphème pour chasser les idées noires.
Et son souffle brûlant pour capter l’essentiel.
Le soldat à terre. Le palpitant crevant sous les balles. Les décombres près de la maudite.
Le héros de guerre qui n’a plus qu’une visage : le sien.

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je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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Lorenzo Farnese

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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyMar 5 Fév 2019 - 7:11

Son corps pareil à une toile sublimée par l’artiste. Taches d’encre par dizaines pour recouvrir le derme. Pour magnifier sa carrure. Même les plus brouillons d’entre eux arrivent à le glorifier. Le Costigan, il a pas l’air d’avoir honte des ratés. Pas comme toi, et toutes ces œuvres recouvertes par d’autres au fil du temps. La lassitude qui se pointe toujours rapidement, alors que le motif n’expose qu’une poignée d’années au compteur. Passages réguliers chez le tatoueur pour faire des retouches, pour modifier et agrémenter. Éternel insatisfait. Gamin avec trop de possibilités entre les mains. Des marques soi-disant indélébiles qui finissent toujours par disparaître si elles ne trouvent plus grâce à tes yeux. Facilité déconcertant à tourner la page. Pas ici, pourtant. Pas avec lui. Pas contre lui. Pas sans lui. Pas quand ton cœur s’emballe de la sorte. Sa présence trop encrée sur ton épiderme. Impossible de t’en débarrasser. Impossible de laisser quelque chose d’autre la recouvrir. Impossible de la faire disparaître sous la brûlure des lasers.
Piégé par les assauts de sa peau. Le crâne fait prisonnier. Le cœur en berne. Sentiments éclatés au sol en même temps que les morceaux de verre. Les sentiments sur lesquels ses genoux sont venus s’écrouler pour mieux bénir ta chair de ses lèvres. Pas foutu de piger ce qu’il se passe dans ta tête. Ce qui anime autant tes veines quand sa gueule est dans les parages. Explique-moi, Ronan. Parce que moi, je comprends plus rien. Qu’est-ce que tu m’as fait pour me mettre dans des états pareils ? Je suis là à céder devant toi comme une pute, prêt à danser sous tes moindres mouvements. Prêt à obtempérer aux moindres demandes sortant de ta bouche. Je capte pas ce qu’il se passe. Je capte plus rien à cette débandade dans ma caboche. Scène trop irréelle pour vraiment se rendre compte du poids qui se dessine. Des regrets qui ondulent au-dessus ton crâne. Qui menacent de s’écrouler à la seconde même où tu sentiras l’asphalte glisser sous les pneus de ta moto. À la seconde même où tu t’écraseras dans tes draps froids.
À la seconde même où ce sont des traits auxquels tu penseras au réveil.
Parce que putain, il est partout l’irlandais. Il s’incruste sous l’échine. Il se joue conquérant sur le royaume qu’est ta silhouette. Soldat d’un premier soir. Empereur du deuxième. Ce même claquement des genoux contre le sol. L’écho des tiens qui a résonné quand ce sont ses rotules qui ont rencontré le parquet archaïque. L’image qui repasse en boucle dans la boîte crânienne tellement qu’elle semble venir d’un autre monde. Le désir pour lui. Le désir pour un homme. Passade que tu pensais oubliée depuis l’absence soudaine d’un autre devenu fantôme. Moquerie intensive à ce moment de faiblesse dont t’as fait preuve. C’était rien, Lorenzo. Tu le sais très bien. Un coup de trique pour visiter le Brésil. Un coup de trique pour ouvrir une nouvelle porte vers les Enfers. Un coup de trique pour maintenir le sommeil du démon dormant. Moyen comme un autre de laisser les pulsions gagner, pour mieux les oublier l’instant d’après. T’avais réussi à t’en convaincre, Lorenzo. Au travers de l’éthanol et de ces gonzesses ouvrant les cuisses plus rapidement qu’un bonjour. Le démon que tu pensais assassiné. Vaincu une bonne fois pour toute.
Le démon réincarné sous les traits de Ronan.
Ses gestes que tu suis religieusement, la dominante entraînée par ses phalanges. Les points sur l’épiderme pour trahir la réaction à sa main épousant ta hanche. Les pulpes de la gauche qui s’embrasent contre son abdomen. L’envie de laisser le bras l’entourer pour mieux le serrer. Mieux le sentir chevrotant contre ta carcasse. Ton souffle, c’est une putain de mélodie. Une berceuse que je viendrais recréer dans mon crâne avant de dormir. La mélopée pour guider mes gestes entre mes cuisses quand le désir se fera brûlant et que je n’aurais pas ta carrure à chérir sous mes doigts. Les battements hasardeux de son palpitant perçus dans le sillon sacré. Le pèlerinage jusqu’à sa bouche. Un sourire pour étirer les lippes quand les siennes s’apposent. La surprise annoncée dans un soupir. Douceur du geste qui s’associe au reste. En accord avec toutes ces pensées qui deviennent reines depuis de trop longues minutes dans ton crâne. Les songes trop douloureux pour être prononcés à haute voix. Espoir idiot. Des palabres qui ne seront que trop regrettés le lendemain, si jamais ils venaient à naître dans le monde des sons. J’ai peur, Ronan. Je suis flippé comme jamais, mais j’ai pas envie de fuir pour autant. Je suis con, je le sais très bien, mais je peux pas m’empêcher de me dire que c’est différent. Que t’es différent. Je te le jure, j’ai jamais senti mon cœur battre de cette façon. J’ai jamais eu autant de désir pour quelqu’un. Et bordel, je suis terrorisé parce que t’es un putain de mec. Un homme pour signer mon péché. Le cœur trop lourd de tout ce que le crâne retient. De tout ce qu’il ravale en l’espoir de tout oublier. Parce que ça serait plus simple comme ça. Parce que ça ferait moins mal.
L’accentuation des gestes sous la courbure de ses reins. Les deux doigts oscillants contre sa chair. Les deux doigts pour s’immiscer. Pour écarter. Pour caresser. Ses gémissements comme chants divins entre ces murs. Un homme pour défier le Seigneur. Un homme pour faire bouillir. Un homme pour mettre à mal l’éducation. Un homme pour te renvoyer en pleine gueule ces mots crachés des années en arrière. Ricchione Les insultes bénies par le crachat au sol. Devant les pieds du gamin trop différent à tes yeux et de ceux de ta petite bande. Baron du mal et de l’intolérance, les autres jeunes sous ton égide. Petit con qui se prenait pour le grand du quartier, motivé par ta belle gueule et ces quelques centimètres pour surplomber les autres. Mais tu t’es mis à genoux devant ce mec pourtant.
La paume de la dominante s’active contre sa chair durcie. Les pulpes observatrices contre les reliefs dessinés par les veines. Mécanique du poignet pour mieux le sentir se dresser contre la main. Souffle lascif lâché contre son oreille. Dépôt des lèvres dans le haut de sa nuque. Trainée des dents jusque sur ses épaules. Appui vain. Marques éphémères. Les vrais qui se perdent dans ton cœur. Tu voudrais y apposer clairement ta dominance, Lorenzo. Marquer sa peau au cas où sa mémoire se ferait défaillante. Mais qu’est-ce que tu crois ? Bien sûr qu’il va oublier. Bien sûr qu’il va passer à autre chose dès demain. Et tu ferais mieux de faire la même chose, cazzo. Arrête de foncer la caboche baissée dans le péché. Arrête de te plaindre de ne pas pouvoir respirer alors que c’est tête la première que tu as plongé.
Le vermillon amouraché de sa peau. Les clavicules gagnées quand sa silhouette s’impose contre la sienne. L’assaut des phalanges prolongé sous son impulsion. Le râle hors de la bouche alors que ses doigts s’emmêlent dans la masse brune. Cette même décharge électrique à chaque contact avec les mèches de jais. Le loup de la main dansant au-dessus de sa queue. Sublime adoratrice du Mal qui tressaute contre ta paume. Tes prunelles plantées sur le spectacle qui s’y joue. Et ta propre trique pour s’écraser d’autant plus contre le creux de ses reins. Contact ardent. Caresses brouillons qui suffisent à animer ta chair. La respiration installée dans sa nuque. Des baisers contre cette dernière que tu as arrêté de compter. Un empire que tu pourrais construire à cet endroit même, sous la direction de tes lèvres. Son parfum inhalé jusqu’à n’en plus pouvoir. Jusqu’à oublier toutes les autres odeurs de ce monde rendu terne sans sa présence. Le sourire contre son échine à sa dextre qui s’impose. Son impatience dessinée par les mouvements de ses phalanges pour précipiter les tiennes. La poitrine se gonfle contre son dos à mesure des gémissements bénissant la pièce. Des soupirs pour illuminer l’obscurité. Des sons lascifs pour raisonner dans ton crâne. Musique à l’oreille. La plus belle des odes à tes gestes. Sa voix comme ultime poing dans la gueule. Son timbre comme de l’huile sur le feu déjà incontrôlable. Sa bouche accueillie comme une gorgée d’eau après la traversée du désert. L’écume qui se mélange à l’hémoglobine. L’épanchement salace de la langue contre la sienne. Respiration devenue secondaire, tant que ses lippes claquent contre les tiennes. Le râle lâché au contact violent contre l’inférieure. L’assaut prolongé. La demande pour plus quand tu rapproches ta carcasse pour ne faire qu’un avec son corps. Les marques dont tu te fous allégrement. Le goût métallique qui ne vaudra jamais le sien.
La pression des doigts contre sa queue. Les oscillations divines contre le tracé bleuté. Le désir dessiné des pulpes contre sa chair. C’est tellement bon, de te sentir durci contre ma paume. De me dire que c’est ma gueule et mes gestes qui provoquent ça. Je suis habitué, pourtant. Accoutumé de toutes ces fois où il me suffit d’un sourire pour tremper les cuisses de ces gonzesses. Mais putain, là je te jure, j’ai l’impression de toucher la gloire du bout des doigts. Regarde dans quel état tu me mets. Regarde bien. Parce que je sais que je suis qu’un passage.
Et tant pis, je m’en contenterai. Je suis déjà consacré de par cette nuit avec toi comme seule étoile.

Un rire de connard contre ses lèvres. La réclamation du divin qui provoque l’arrêt total des phalanges contre son cul. Danse stoppée nette. Les deux immobiles entre sa chair écartée. La dominante qui ne suit pas l’exemple, pourtant. Toujours cette même adoration de sa trique contre la paume chauffée par le frôlement répété. Le vermillon glisse de ses lèvres à sa mâchoire. De sa mâchoire à sa nuque. De sa nuque à ses omoplates. Traînée brillante laissée par la salive qui cherche à marquer du mieux possible. Le souffle contre sa peau. Chaleur balancée contre son épiderme. L’essoufflement chanté au creux de son oreille. Bouche avide qui remonte le long de son visage. L’apposition des lippes contre sa joue. Contre sa pommette. Contre sa tempe, alors que la gauche se fait plus lente, plus douce. « You decide, Ronan. » Voix traînante. L’accent pour marquer le prénom du divin. Provocation de la langue natale encore trop ancrée dans l’anglais, malgré les années sur le sol d’adoption. Plus doué de ta langue pour faire frémir que pour parler un dialecte différent de l’italien. Les demandes de l’autre qui deviennent des ordres. L’œuvre des phalanges qui reprend. L’avant-bras droit plaqué contre son cul pour mieux le faire onduler. Mieux le faire sombrer. Oscillations dantesques pour l’entendre crever. Va-et-vient impur aux yeux des saints. Leurs prunelles souillées autant que son corps sous ton impulsion. Ta gueule pour s’amouracher de la sienne. Tes lippes redessinent les moindres détails de son faciès. Putain, ce que t’es beau. J’arrive à peine à y croire. Quand je t’ai vu la première fois, j’ai senti mon cœur sauter. J’ai senti mon cœur s’emballer. J’ai croisé ton regard, et j’ai su que j’étais foutu. Prêt à tout juste pour sentir ton souffle effleurer ma peau. J’aurais vendu mon monde pour un court aperçu du tien. L’excuse d’une fierté blessée par un autre, mais la boisson ce n’était que pour donner du courage. Envie trop brûlante au creux de l’abdomen quand l’onyx détaillait sa carrure du coin de l’œil. La serveuse comme parfait alibi quand c’était lui qui te regardait. Peur dévorant les viscères et pourtant, t’as déboulé dans ces chiottes à la première opportunité. Jugement Dernier. Les sabots des monstrueux destriers apocalyptiques résonnant encore dans ton crâne.
Le nez qui frôle la barbe. Qui demande le regard. L’embrun retrouvé en même temps que le souffle. Les secondes qui s’étirent sous le poids de ses iris. Tapage du cœur contre ta cage thoracique. Contre son dos. « Baciami. » Vermillon pour dessiner tes lèvres. Et les siennes que tu captures d’un baiser trop chaste. L’invitation qu’il doit saisir.
Phalanges toujours conquérantes contre le galbe. Pression appuyée contre les terminaisons nerveuses. Les gestes guidés par les contractions contre tes doigts. La recherche de son plaisir comme le Saint Graal. Dominante devenue épouse de sa queue. Paume rougie. Paume abîmée tellement que les frottements deviennent empire. T’as besoin de l’entendre, Lorenzo. Qu’il crache le bien que ça lui fait. Une torture qui se fait toujours plus vite à chaque assaut. Une violence qui se fait nécessaire contre lui. Les lippes à quelques millimètres des siennes. L’attente qui devient brûlante.
Embrasse-moi, putain. Fais-moi tien.
Avant que tout ne s’écroule. Avant que je ne retourne dans l’ombre de ton mariage.

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MessageSujet: Re: the tragic truth -- (ronenzo)   the tragic truth -- (ronenzo) EmptyMer 6 Fév 2019 - 4:34

La vue endeuillée. Le myocarde assiégé.
Les idées fauchées par le mélange sardonique. La grâce exorcisée par le vice.
Comme le creux de l’abdomen. Comme le myocarde. Comme le regard. Le carillon de la porte pour rameuter l’attention. Le sourire de connard pour disperser les cendres. Le regard aguicheur pour être seul au monde. Les lippes insolentes pour gagner du terrain. Champ de bataille où il n’y avait plus qu’eux en quelques secondes. Soldat fustigé en pleine résistance. Gloire du chant patriotique que l’autre versait pour honorer le sang. L’écho des mitrailleuses et des coups de canons pour salir l’ambiance. Une boucherie naissante là où les dommages collatéraux tanguent. Plus d’abri pour échapper à la hargne. Plus d’abri pour se planquer sous les couches d’infortune. Rangées de barbelés pour les séparer. Le coeur pour un dernier salut. Les mots pour fustiger. Les mots pour capter les infimes lueurs du ciel sous le versant funeste. Le silence macabre avec les cadavres dans les tranchées.
Une scène apocalyptique. Une scène pourtant trop réelle.
Ronan, ça n’a été qu’un putain de bleu face à tout ça. Incapable de ne pas foncer. Incapable de ne pas saisir les foulées pour gagner le dernier combat. Les lèvres bonnes qu’à se persuader du contraire. Des refus extirpés sous le poids du désir. Les picotements de l’échine pour rappeler l’immonde vérité. L’envolée de chaque pulsation pour défoncer la cage thoracique. L’envolée de chaque pulsation pour racler les couches nécrosées. L’envolée de chaque certitude pour s’écraser dans l’asphalte.
Comme les contradictions. Comme les soupirs. Comme cette chute finale. Les genoux à terre. Les genoux raclant la froideur du carrelage. Les rotules endeuillées par la capitulation. Les mains enfoncées dans ses mèches cendrées. Les mains enfoncées pour donner la dynamique. Danse du bassin pour se sentir crever sous chaque assaut de la vipère. Les lèvres tremblantes de l’irlandais pour témoigner. Le crâne frappant le mur. Impulsion pour le mater, impulsion pour savourer. L’irréel au creux de ses phalanges éreintées par les trafics, par le sang qui coule, par le blase honoré du dédale corrosif. Les splendides de l’autre cognant sur les hanches pour se retenir à la surface du monde. Le sien qui s’est écroulé en une seconde.
Un non pour le retenir. Un non pour se persuader. Un non pour s’offrir. Un non pour célébrer la déchéance. Une pensée pour le clan. Une pensée pour l’épouse. Une pensée pour les saints qui cracheraient leur venin. Une pensée pour tous les silences sous les éclats sardoniques. Tu te foutais de la gueule de ces pédales Ronan. Tu étais le premier à rire. Tu étais le premier à fermer les yeux. Tu étais là pour suivre le mouvement. Tu as pas osé te démarquer. T’en as tué plus d’un de tes conneries. Et maintenant c’est toi qu’on tue. Retour de manivelle dans ta belle gueule. Retour de manivelle pour effacer les derniers sourires. Le revers en pleine gueule. Les absurdités balancées pour satisfaire le père, les proches, les divins. Les absurdités pour éradiquer l’envie silencieuse.
Celle qu’il n’a pas réussi à faire taire. Celle que l’italien est venu lui arracher de la gueule. De sa bouche sur sa chaire. De ses mains sur l’échine brouillée. De sa respiration saccadée. De ses préludes calquées sur ses lèvres.
Le pêché originel pour courber les lippes. Doigt d’honneur vers le tout puissant quand les phalanges écartèlent la chaire. Sensation pour défoncer les dernières barrières. La poitrine où les mouvements font rages. La poitrine où la sensation de vie s’éprend de la mort. Incapable de réfléchir. Incapable de respirer. Brûlure de chaque mouvement comme la paume qui embrase la trique. Celle qui remue et réclame. Celle qui attend et espère. Mouvements qui font désordre pour capter le chemin sinueux. Les veines qui sursautent. Les veines qui pulsent. Dégradé entre le pourpre et l’océan pour marquer la douleur, pour marquer l’impatience. L’étau qui se resserre autour de la queue et qui oppresse. Mouvements catatoniques qui embrasent le ciel. Comme son myocarde. Il crame sur place, Ronan. Il trébuche devant lui.
Il trébuche pour lui. Et j’pourrai tomber, que ça me ferait rien. Et j’pourrai taper le bitume, que je ressentirai rien. Et j’pourrai crever d’un coup de lame contre la carotide pour mieux m’en taper. Mais me demande pas d’espérer sans toi. Me demande pas de conjuguer sans ta peau et ton odeur. Me demande pas de retourner moisir dans mes mensonges. Les corps qui s’embrasent. Les corps qui se rapprochent à chaque fois plus. Les peaux qui se fondent, ne font plus qu’une. Les peaux qui deviennent l’étalage du vice et de la douceur. Alternance entre les vestiges incisifs pour laisser des souvenirs. Et le volupté des lèvres, le volupté des caresses.
Ronan, il devient ce putain de pantin. Ce soumis au tout puissant. Les trapèzes condamnées par les derniers sacrements. Les gémissements en guise de chant divin. Les mains qui se calquent aux formes pour mieux s’exiler vers le mur. Les mains qui racolent pour mieux s’échapper le long de l’échine. Chaleur au bout des pulpes. Désir au bout de la vipère. La gueule qui se détourne en glanant un baiser de plus. Mélange symptomatique du sang qui perle là où les canines marquent. Mélange éhonté qui détonne. Le goût métallique pour s’approprier l’union. Désinvolture des gestes. Comme ces sourires qui se croisent, qui se condamnent. Comme ces sourires qui deviennent berceau de leur complicité. Coup d’état en plein myocarde. Sensation de vie qu’il voudrait manier comme les ficelles d’un pantin. Ne pas arrêter de respirer à ses côtés. Ne pas arrêter de rire pour capter le sien. Ne pas cesser d’écrire entre les lignes rien que pour son sourire. Désordre des idées qui empêchent Ronan d’y voir clair. Instant n’offrant aucun répit.
Le corps qui réclame. Le corps qui désire. L’insoutenable attente du sacrement de ses reins. L’audace du regard. L’audace du dégradé le tumulte rencontre l’espoir. Une main plaquée en arrière pour s’accrocher à sa nuque. Nécessité vitale de sentir sa carcasse calquer la sienne. Comme un miroir où l’idéal naît de nos corps. Comme un miroir où l’idéal naît de notre rencontre. Comme un miroir où il n’y a plus que nos gémissements pour étaler la buée. Comme un miroir où il n’y a plus que nos regards pour conter les derniers chapitres. Le rire du Malin. Le rire pour cautériser la plaie. Le rire pour manipuler la marionnette. Silhouette de chiffon bonne qu’à être traînée, qu’à racler le sol quand il s’impose dans le décor. Comme à cette seconde-ci. Les impératrices exemptes de tout mouvement. Quand la dominante s’active. Les frottements incessants contre la chaire durcie. Possession divine du roi. La douleur des veines qui sursautent. Celles qui réclament encore plus. Parce que ça suffira jamais. J’en aurais jamais assez de toi, Lorenzo. Tu t’es infiltré comme un poison. Et moi pauvre con, j’crève de te goûter pour l’éternité. Les respirations saccadées comme les baisers. L’approximation des lippes sur la mâchoire, sur le contour charnue, au creux de la nuque. Débordement sur les épaules qui se contractent. Tension musculaire pour capter l’attention. L’ivresse du regard où filtre l’incendie. Le visage devenant la putain de peinture de l’italien. Fabuleux traits de pinceaux pour raviver l’irréel. Chimère qui offre l’impression d’une beauté déraillante. La maladresse pour stigmatiser les craintes. Les certitudes avalées comme les filets de salive qui s’éprennent l’un de l’autre. La paume pour frapper le mur avec hargne.
Le gémissement pour sublimer les lèvres qui remuent. Le cul avide de ses gestes. Le cul avide de sa passion. Ondulations pour racoler. Ondulations pour forcer le passage. L’accent au creux de l’oreille. Le sourire pour communier. Disgrâce émancipée de la gueule des saints qui vomissent l’instant. Majeur pour fustiger les psaumes. Le blasphème, la prière des amants. Le blasphème, la prière des pêcheurs. Le blasphème avalée comme la chaire. Il pourrait se marrer, Ronan. Le rire chagrin qui ricoche sur le rire complice. Le rire complice pour fustiger les sarcasmes passés. Défilé au creux de la caboche des instants volés, des instants pour rythmer cette satanée sensation dans le ventre. Du premier regard aux genoux sur le sol. De sa main filtrant dans le tissu au baiser maladroit. Des insultes à la haine. De la haine au désir. Du désir à ce qu’il n’ose pas essayer de comprendre. Et quand le dernier chapitre résonnera à l’aube, mon coeur perdra une couche. Mon coeur vivra un nouveau deuil. Mon coeur crèvera en silence. Comme ces années à se persuader d’être normal.
La requête qui claque dans la langue natale. L’accent pour rouler. L’accent pour séduire. Décharge à la surface de l’échine. L’incompréhension reléguée par la bouche qui obsède, la bouche qui se fait chienne. Les mouvements de plus en plus ravageurs. La dominante pour glorifier la trique. Les phalanges pour remuer comme des salopes enragées. Le vice poussé sur la corde raide. Le vice étalé sur les traits qui se crispent, les traits qui s’épuisent. La paume retenue par les briques. L’autre cramponnée aux cendres. Brasiers qui dégoulinent sur le creux des reins. Brasiers qui réclament l’extrême onction. Le bassin relevé. Le bassin dressé vers les tous puissants. Danse patriotique des phalanges qui claquent, s’extirpent, reviennent, condamnent. Les corps qui s’épousent, se confondent. Il sourit, Ronan. Il sourit et finit par forcer le passage de la vipère. Là au creux de sa bouche pour le ronger. Baiser salace, baiser qui fera rougir la plus grosse pucelle de la ville. Les gémissements avalés. Les soupirs qui fusionnent avec la surface gonflée de désir. Plus rien ne compte.
Plus rien ne fait sens. Pas même les phalanges qui se cramponnent. Le bassin à l’égal des lippes qui cherchent et trouvent. J’perds la tête en t’embrassant. J’voudrais marquer l’instant au fer rouge. J’voudrais t’imposer le souvenir éternel. J’voudrais que tu respires plus qu’à travers moi et mon empreinte là sur ta putain de bouche. J’voudrais que tu réfléchisses plus qu’à travers moi et mon goût sur tes doigts. Lorenzo, j’vais faire comment sans toi ?  Prénom balbutié sur les lippes d’un gémissement plus rauque que tous les autres. Symphonie sardonique comme l’instant. On nous cracherait dessus là haut. On nous traiterait de tarlouzes en pointant le canon du flingue sur nos tempes. Mais j’te défendrai. J’tuerai pour ta belle gueule. J’tuerai pour que tu m’accordes encore un peu d’importance. La respiration de plus en plus vive.
La dominante qu’il arrache de sa queue. La dominante qu’il redresse vers le mur. Pour caler sa bouche contre. Pour gémir contre. Morsure éhontée quand les cuisses trembles. Possession de la chaire quand la traînée nébuleuse marque le sol, marque l’éternité. Éclat de voix précipité sur la main. Rire mêlé au dédale. Rire mêlé au bruit assourdissant. Les pensées sur le bas-coté comme le souffle. La sueur qui s’apposent sur les briques. L’ourlet charnue dévorant encore la dominante. Possession insolente alors qu’il vrille, Ronan. Les regrets en exil. Les regrets à l’abandon. Sa silhouette qui se dégage. Sa main contre la nuque de l’italien. Pression exacerbée des pulpes pour le soumettre. Encore un peu. Rien qu’un peu. Sa propre carcasse qui se traîne pour précipiter la sienne contre le mur. Contact glaçant des briques sur la surface encore brûlante des souvenirs. Les dents qui dérapent sur l’inférieure. Les genoux qui claquent le sol. Peau rougie par les brisures de verre. Peau encore rougie par les souvenirs. Apogée du désir quand sa main empoisonne la chaire d’un frottement graveleux. Tête inclinée pour mater le tout puissant. Tête inclinée pour capturer les cendres. La trique qui se perd sous la paume insolente. Ça dure des secondes, sûrement des minutes. La bouche en manque de lui.
La bouche en manque de son goût. La chaire s’infiltrant sous le palais. Les joues creusées pour mieux aspirer, pour mieux corrompre. Plus rien à perdre. Plus rien à regretter. La main unie à la bouche. Communion qui détonne sur les veines. Bruit de succion pour résonner. Bruit de succion pour rappeler le désordre là haut. Des regards qui se croisent. Les mains de l’italien pour cramponner l’ébène. Assez fort pour assurer à lui seul la cadence. Assez fort pour l’obliger à dévorer encore plus. Le sourire de Ronan contre sa trique. L’application de la vipère.
La surdité des prières pour sauver son âme. Crucifix final quand les joues s’exécutent. Le creux dessiné pour racler la courbure de la mâchoire. Assez loin pour arrêter de respirer. Assez loin pour sentir son regard s’agrandir. Assez loin pour le faire sien. La chaire qui tressaute. La chaire qui étouffe. Comme lui.
La chaire qui bouleverse le palais. La langue qui ravive les terminaisons nerveuses. La langue qui s’éprend. L’amoureuse intention au bout de la trique. Un léger rire. Un regard qui en dit long. Et la tête qui cogne sous les menaces des phalanges.
Des secondes. Des minutes. Le corps épuisé. Le corps ravagé par les trémulations. Les gémissements plus rauques. La voix grave. Le prénom expulsé avec hargne. Comme la poudreuse qui s’amourache du palais. Pulsion au fond de la gorge qu’il ravale sans réflexion. Le goût pour sanctifier l’instant. Le goût pour les condamner à mort. Et j’oublierai pas. Je serais incapable d’passer à autre chose. Tu as tiré la première balle ce soir là. Tu m’as mitraillé à terre de tes yeux, de tes sourires, de ton rire. Tu m’as fais camer de ton audace. Et demain, j’vais devoir respirer sans toi. Demain j’vais devoir rentrer et faire semblant. Demain j’vais m’oublier et éteindre le mal que tu as causé. J’vais me persuader que c’est possible. J’vais me persuader qu’on passera à autre chose. J’me regarderai dans le miroir et comprendrais que non, ce n’est pas possible. Les rotules douloureuses, rougies et blessées. La main contre la hanche pour se redresser. Le corps refroidi de l’absence du sien. L’incapacité de ne pas réagir. Les deux mains plaquées contre ses joues. Les lèvres pour frôler les siennes. Les lèvres pour se faire tendre. Le sourire. — I wouldn’t forget. Respiration éclatée et saccadée.  Jamais. Ce sera impossible. T’es partout. Les lettres de ton prénom incrustées sous le derme. Bonnes qu’à sertir les étoiles dans mes yeux. Et demain, tout s’éteindra. (…)
Les carcasses près de la sortie. Ronan qui frappe le sol de sa godasse crasseuse. Les joues encore rougies des ébats. Les amants terribles pour rester sur la réserve. Un soupire hors de la bouche.
— I was never very good at saying goodbye. Il ricane, Ronan. Il s’approche, prêt à franchir une dernière barrière. Prêt à goûter ses lèvres une dernière fois. La main de l’italien sur la poignet. Les regards brillants. Les regards désabusés.
Je crois que c’est pire que tout. Te voir là prêt à te casser. Te voir là sans savoir te retenir. M’imaginer un réveil sans ton souffle. Tu t’es ancré sous mon derme. Comme un tatouage. Comme une oppression indélébile. Ici et ailleurs, tu ne me laisseras plus aucun répit. Renzo qui donne l’impulsion. Des pas de recul pour arriver à la hauteur de Ronan. Les regards pour s’embraser. Les lèvres pour s’épouser.
Dernier baiser. Dernier contact. Tendresse de l’union. Les mains dans le cou, les pouces sur la mâchoire. Les fronts pour cogner. Les corps pour s’épouser.
Le goût de l’adieu sur les ourlets. Le goût de l’adieu comme une déchirure.
Crevasse au myocarde à l’engagée des ondulations. La main de l’irlandais pour se retenir au dessus. L’autre dans ses cheveux. Dernière étreinte. Dernière union.
Demain à l’aube, nos coeurs ne battront qu’à moitié.
Demain à l’aube, tu ne seras qu’un souvenir.
Demain à l’aube, tu noieras le paysage de ton absence.
Demain à l’aube, nous ferons semblant.
Comme depuis trop longtemps.

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je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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