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 touching things you shouldn't (cornelia)
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Rye Russet

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MessageSujet: touching things you shouldn't (cornelia)   touching things you shouldn't (cornelia) EmptySam 19 Jan 2019 - 10:18

wanting someone
who doesn't deserve you
is hell on earth

C'est la quatrième fois que les yeux du taxi man déraillent sur lui à travers le rétroviseur et, comme pour les trois premières, les siens s'y reflètent une fraction de seconde plus tôt. Deux canons fumants qui fusillent le miroir avec une telle intensité que, selon toutes probabilités, il aurait dû se briser sous l'assaut. Rye suppose qu'il ne pouvait pas blâmer le pauvre type pour sa curiosité. Sous le toit de la Skoda, l'air pétille. Il est pratiquement certain qu'il suffirait d'une étincelle pour que la bagnole s'embrase toute entière. Avide de tester sa théorie, il fait tournoyer son briquet habilement entre ses doigts. Son pouce se laisse un peu plus séduire par l'appel onctueux d'une audace orageuse après chaque tour, flirte un peu plus franchement avec le mécanisme.
Ce soir, il est d'humeur nucléaire.
Son autre main, Rye la garde repliée contre son ventre. Tendrement, elle pulse; la douleur juste suffisamment lointaine pour virer bruit de fond, juste suffisamment proche pour empêcher son esprit flottant de papillonner trop loin. Et dans tout ça, la sensation n'est même pas si désagréable. La radio crache une rediffusion des nouvelles du jour, chacune d'entre elles plus déprimante que la précédente, et ça lui fait regretter le morceau de bubblegum pop qui jouait juste avant. Décidé à ne plus écouter, il déroule la fenêtre jusqu'au bout et puis pose l'oreille contre l'encadrement. La symphonie nocturne enrobe tout le reste, presque aussi capiteuse que l'alcool qui attise ses veines. Le trafic est assez dense pour bourdonner, les battement feutrés du cœur rutilant de la ville qui frémit dans la jeunesse de la nuit, mais pas assez pour freiner la course du taxi. Le plus délicieux, c'est la morsure exquise du vent sur ses pommettes. Il l'imagine souffler à l’intérieur aussi, faire la tri dans sa boîte crânienne en soulevant tout ce qui n'est pas assez substantiel pour rester. A commencer par les souvenirs vaporeux de la soirée. Trop aériens pour résister aux bourrasques, ils virevoltent quelques mètres derrière la voiture avant de glisser sous les roues d'un camion. Quand il se redresse, il se demande simplement par quoi le mistral les a remplacés.

Rye n'a jamais craint le froid, il a le sang beaucoup trop chaud pour ça. Tout le monde s'abrite sous les couches et lui il se régale du gel parce qu'il planque un soleil bouillonnant sous la surface tiède de sa peau. Le seul hiver qu'il redoute, il est métaphorique et émane de l'opposé de le fenêtre ouverte, de l'autre côté de la banquette. Une épaule polaire et une nuque dédaigneuse. C'est tout ce qu'il voit de Cornelia. Quand elle s'est engouffrée dans le taxi juste après lui, et même si sa contrariété était évidente, l'idée qu'il en soit la cause ne lui a même pas effleuré l'esprit. Recroquevillée contre sa portière, le cou vissé sur la latérale, visiblement précautionneuse de maintenir la distance entre eux supérieure à la superficie de l'Atlantique, le message passe loud and clear. Son existence n'est pas seulement causale à son irritation, elle en est la source effective. "No one died, Cornelia." Sa susceptibilité lui reste en travers de la gorge, si volumineuse dans le fond de sa bouche qu'elle étrangle sa voix, et entendre l'écho de sa propre émotivité aurait été insupportable si le silence n'avait pas été pire. Rye n'a pas nécessairement besoin de le vouloir pour blesser autrui. Malicieusement, il appelle ça "the unlucky side-effect to my delightful company". Dans le bordel phosphorescent des trente dernières minutes, il n'est absolument certain que d'une seule chose : le crac solennel et ô combien satisfaisant de l'arrête nasale du crétin quand son poing l'a percutée. La suite des événements s'est fondue en merdier confus, masse de white noise inconséquent face à la prépotence de l'éclosion furieuse de l'adrénaline dans son système sanguin. Qui a dit quoi, qui a fait quoi, ente le moment où son poing s'est encastré sur la tronche de what's-his-face et celui où il a été forcé de monter dans le taxi - "You're too drunk. Just go home." - il n'en a aucune foutue idée, mais campe sur la conviction qu'il ne lui à rien fait à elle. Une seule possibilité survit au processus d'élimination : elle lui en veut pour son comportement général, et ça laisse un sale goût dans son sillage. Qu'elle se drape de mutisme, soit. Il refuse cependant d'être le réceptacle de son jugement, ou, pire, de sa déception. Qu'on le revoit à la maison a déjà été suffisamment infantilisant et, contrairement à elle, Colt et les autres obtiennent son absolution par défaut. Un privilège qui leur est accordé pour des années de bons et loyaux services. A Cornelia, il ne doit strictement rien. "If you have something to say, just fucking say it." You're too drunk. Faux. Rye est précisément pas assez ivre, la paume si avide d'une verre pour lui tenir compagnie qu'elle démange. Tout ce qu'il a toujours voulu, c'est le confort cotonneux d'une ébriété si exhaustive qu'elle plonge le monde entier dans le fond d'une piscine. Tout ce qu'il a toujours voulu, c'est la véritable indifférence.

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Cornelia Strenton

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MessageSujet: Re: touching things you shouldn't (cornelia)   touching things you shouldn't (cornelia) EmptyDim 27 Jan 2019 - 7:45


you're making me feel, like what's real ain't real but it's real to me
you nailed my heart to your wall and disposed of the rest of me
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Regard perdu dans le paysage cherchant à s'échapper de cette cage qui se referme, une claustrophobie dans la gorge menaçant de faire exploser son battant déjà emballé. Get out, crie son intelligence avec panique, son corps réagissant au moindre phénomène se produisant aux alentours. Phares apparaissant dans un moment d'inattention, freins enclenchés lors d'un feu rouge, yeux la fixant comme si son visage contenait une infirmité, une erreur. Une main contre le visage ne suffit pas à rassurer l'âme hors d'elle, une expérience qui fait remonter des souvenirs, qui laisse le trauma l'empêcher de respiré. Son souffle devient court, le long marathon dans la mer reprend, sans sortie de secours, la seule façon de s'échapper est de cesser de lutter ou de se tenir éveillé le plus longtemps possible, jusqu'à qu'une main se tende finalement à son secours, jusqu'à ce que le cauchemar incessant, loin derrière dans un passé sinistre, cesse de la hanter lorsque ses paupières se referment, lorsque ses pensés se faufilent à travers sa mémoire vive qu'elle n'a pas eu le temps d'effacé, qu'elle souhaiterait faire disparaître lors de ses instants d'instabilités complets. Impacts désavantageux d'un destin poignant mis dans les mains d'autrui, une marche funèbre évité de justesse par les cris alarmants qui résonnent toujours de façon stridentes comme un éternel rappel à la réalité. La migraine se propageant, le décibels montant, bruit sourd, vision obstrué par les lumières des véhicules dans la rue au trafique hâtif.
Breathe, Cornelia. Breathe.

L'alcool flotte dans ses veines, barely there, à peine perceptible. Ses sens plus aiguisés que sobre. Une sortie, c'est tout ce que désirait la londonienne au cœur léger, la londonienne qui cachait dans les méandres de ses yeux une vie au détour phosphorescents, aucune connaissance n'osait les observer dans la pénombre, par peur de voir la vérité qui se cache. Tête en l'air, joie de vivre incomparable, Cornelia souhaitait une soirée pour oublier tout, penser à sa propre personne, mettre de côté le drama entourant les rénovations, ses nouveaux amis, sa sœur, sa famille, son sang et ses terreurs nocturnes. Était-ce demandé trop au destin, une seule   fois de ne pas s'acharner, de trouver autre cible que son esprit déjà torturé? Le goût de fer qui avait monté dans sa bouche face à la scène, ressemblait à celui  - spéculation de son conscient – de la faux possédé par la mort guettant à la fenêtre  pour savoir si aujourd'hui serait le bon. Not today, not yet, avait-elle dit dans cette voiture à voix haute à une ombre devant elle, refusant de laisser tomber, avant de perdre connaissance. Ce qui se produisait, violence, sang, colère, cris, fit paniqué la parti qui sommeillait, qui attendait avec patience d'être appelé, provoqué. Son sang ne bouillait pas. Ses sourcils ne se fronçaient pas. Ses ongles ne s'enfonçaient pas dans sa peau. La colère sous toutes ses formes, remplacé par la peur. Celle qui apose des frissons sur son épiderme, qui laisse sa tête rivée vers la fenêtre, ses jambes parfaitement alignés. Celles qui plus tôt, ont manoeuvré son corps loin de la scène, grondant comme une mère, grommelant des plaintes. Ce dégoût, transformer en affolement provoque le recroquevillement de son corps contre la portière, le plus loin possible de son corps à lui. Concentré, elle sursaute lorsqu'il lui adresse la parole, lorsque sa voix la déconcerte par son émotion. Le silence prend fin, à son plus grand regret, seul souhait de la soirée : garder le silence. No one died. Les paroles restent en travers de sa gorge déjà gonflé par les sentiments, par l'anxiété qui lui donne la nausée. Le taxi est trop petit pour cette conversation, pour eux deux. Not yet, not this time. Un nouveau  tressaillement s'empare de ses pores, s'infiltre dans son système nerveux et contamine ses organes, le froid envahisseur, contagieux qui commence par sa nuque et atteint ses pieds en une question de secondes. "Oh really? So because no one died, that makes it alright?" Sur le ton de la défensive, la vérité est stridente dans sa voix, se lit entre les lignes, bien que seul sa réaction physique est suffisante à comprendre qu'il doit garder ses distances. Son silence perturbé, tué par sa curiosité qu'elle aimerait jeter par la fenêtre comme un vulgaire chewing gum. Crispé, refroidi, en alerte, sa jambe se croise pour agrandir les centimètres les séparant.  "You wouldn't understand, and you don't care." Lance-t-elle, ses yeux se tournant vers lui pour prendre contact, les lumières la rappelant à l'ordre, prunelles de nouveau plaquer contre la vitre, mains entourant son corps pour se protégé. "Do you even care about the consequences of your action? You-you could've hurted him badly, Rye!" Le bégaiment vient avec un naturel qui laisse une trace de ce passé qu'elle tente de caché dans les profondeur de sa tête, caché sous son crâne. Les souvenirs qui menacent de se montrer, se révéler sans sa permission. La commissure de ses lèvres laissant la noirceur touché la compréhension de son interlocuteur, alors que ses yeux chassent les mots, les évaporent d'un regard. Tic, une main est passé contre sa côté gauche, caressant par dessus son manteau la longue cicatrice causé par la violence. Elle peut presque sentir le froid venir chatouiller la plaie refermer depuis des mois, une douleur acéré causé par le choc, le traumatisme. Cet homme au bar, s'en était sortie mieux qu'elle, la violence le frappant alcoolisé, quelque peu ralentie, sans être volontairement pour atteindre sa vie, seulement pour briser la prétention que ses lèvres soufflaient avec une moquerie qui aurait justifié une réplique; non pas un coup. Un nez cassé n'est rien, s'il est bel et bien cassé. Certes, la couleur mauve avant qu'ils quittent indiquait clairement qu'il ne s'était pas contenu, Rye. Tant mieux si le but était de retirer l'envie au beau parleur de l'injurier ou de se moquer. Il porterait la leçon avec un nez crochu. "The guy probably has a broken nose. If that's what you were going for, congratulation, you succeeded." Victoire amer, elle espérait. Le trafic lui donne une sensation d'étouffement, Cornelia souhaite sortir de ce taxi au plus vite, de cette voiture avec de yeux de tous les côtés qui la fixe, qui se demande ce qu'elle a. Air. I need air. La fenêtre ouverte de Rye n'est pas suffisante. La panique qui est contenu dans son torse risque d'éclaté, d'explosé sans que personne ne puisse prendre les débris et les recollés. Le traumatisme qui agit dans sa puissance la plus tétanisante, poussant sa tête à dérivé vers des visages brumeux instaurant la plus pur, remplaçant les événements actuels et les modifiant en une tragédie. Tout se mélange, s'entrecroise dans une symphonie paralysante et gravissime. Inhale, exhale, everything will be fine. He won't hurt you. Elle s'empêche de penser plus loin, de questionner son raisonnement ou sa connaissance de l'homme à côté d'elle. Do I really know him?.

_________________
------------------------------------------------------ her courage is sewn in the stitches trailing her spine and when i kiss her bruises, i can taste a fighter.
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