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Ivy Rhodes

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MessageSujet: poison and wine -- (leovy).   poison and wine -- (leovy). EmptyVen 18 Jan 2019 - 17:46

Sirène sous les gouttes échaudées. Impétueuses claques humides sur le derme. Les deux paumes prostrées le long de la faïence. La gorge nouée d’émotions déchirées par les larmes.
Paupières closes sur les éclats lumineux. Souvenirs racoleurs dans l’esprit torturé d’Ivy. Ecchymoses collées au visage. Coquard pour envelopper le myocarde. Croix divine enrôlée par les supplications. Cauchemar vivant. Réminiscence funeste. Respiration haletante. Regard prostré vers Leo. Carcasse étendue au sol. Ma vie pour la tienne. Promesse scellée sous l’union faussée où les sentiments s’éreintent. Assez con pour plonger. Assez con pour s’y accrocher. Assez idiot pour chuter à terre. Marre de sang dépeinte des larmes salées. Marre de sang où le tulle maculé se vissait. Les mains croisées contre l’abdomen. Les mains liées dans une prière silencieuse. Sincérité létale plantée sur les lippes. Le souffle haletant berçant le sien. Les expirations douloureuses de la chaire fumée par l’impact. Déflagration pour rappeler toutes les autres. Écho pour soulever le palpitant. Comme la peur de le perdre. Angoisse pas avouée à voix haute. Angoissée pourtant perceptible dans chaque larme sur le rosé de sa joue. Chaire cramoisie par le sel. Chaire brûlée par la vérité maculée de silence. Tête vrillante de gauche à droite pour marquer la négation. Don’t close your eyes, Leo ! Look at me. I’m here. You better survive cause I swear I’ll kill you again. You’re so stupid. Il avait essayé de rire. Rictus sur les lippes alors que sa respiration devenait hasardeuse. Tirage sur les jugulaires pour marquer la difficulté à s’accrocher à la vie. Envolée pourpre entre les deux carcasses. Plaie béante faisant écho l’une à l’autre. Une blessure pour miroir d’une existence bafouée. Les rafales refroidies pour galber l’échine à l’extérieur du bâtiment. Sortie où les rescapés s’amoncelaient. Sa main dans la sienne. Pas suivant les secours. Pas s’entrelaçant près du brancard. Promesse scellée d’un baiser sanglant. Une dernière fois, pour ne pas oublier, Leo. Et les paupières closes. Les paupières abandonnées de vie. Comme tout le reste. Des heures entières à se perdre dans les couloirs aseptisés. Requête des médecins de soigner les mauvaises blessures. Refus catégorique sous la rage des mots. Phalanges comme compagnes des siennes. Le regard sur le corps inerte. Le bruit des machines comme mélodie caustique. La sirène sertie de la même robe. Tulle d’ivoire là où le sang plantait le décor. Impossible de quitter la chambre. Impossible de le quitter. Ça ne devait être qu’un alibi. Un moyen de sauver les illusions. Un moyen d’obtenir des réponses. Alors pourquoi ça la tuait à petit feu ?
L’eau brûlante pour oublier. L’eau brûlante pour se réveiller. Une semaine de latence. Une semaine à ne plus avoir osé se pointer à l’hôpital. Clan rameuté autour du blessé. Clan rameuté pour exhiber l’amour dévorant. Clan étouffant pour une carcasse aussi fragile que la sienne. Un vulgaire message balancé. Un vulgaire message regretté la seconde suivant. Try not to die. Ivy, la ridicule. Ivy, la splendide reléguée au rang de fantôme parmi les vivants.
Des heures passées dans cet appartement trop vide. Des heures passées à porter son sweat. Des heures entières à se calquer de son odeur. Des heures entières à se demander à quel moment tout avait foiré. Refus de l’esprit d’y croire. Refus de l’esprit d’accepter. Lassitude du soupire qui filtre. Cran d’arrêt du robinet. Courbes enroulées dans une serviette. Ivoire qui dévoile les traces funestes. Cette cicatrice plantée sur l’abdomen. Écorchure sur le front. Rivière bleutée sur les bras. Assaut des pas rapides et fuyants. Assaut des convives qui se raccrochaient à la dernière note d’espoir. Mélodie finale d’une détonation de trop.
Les pas qui traînent vers le salon. Lumière tamisée exempt d’un regard fait de considération. La carcasse pour se stopper brutalement. — Holy Shit. Mots pour contrer la présence. Pour contrer le trouble. Chaleur irradiant du visage à la poitrine, de la poitrine au bas-ventre. Et là tout le long des cuisses qui pourraient se mettre à trembler. La carcasse pour éradiquer tout signe de respiration. Le souffle coupé. Le myocarde déchiré. Leo qui obnubile l’esprit depuis trop longtemps maintenant. Silhouette tapis dans les ombres à l’observer. La main pour resserrer la serviette. La main pour camoufler le pire qui grouille là sur les contours enflammés. Les iris accrochées aux siennes. Un échange plus évocateur que tous les autres. L’émotion narguant le contour ébène. L’émotion filtrante de ses lèvres qu’elle remue dans des ondulations divines. Des mots coupés de tout son. Putain, tu étais pas censé me faire cet effet. Tu étais pas censé compter. Tu étais pas censé me foutre dans de tels états. — Would you please stop scaring me every time ? La première fois dans son appartement. Carcasse imposée pour dicter sa loi.  Les autres fois. Carcasse imposée pour déposer le trouble. Pour se positionner dans le décor comme une putain de nécessité. Froideur ibérique des iris alors qu’elle avance d’un pas. Distance à peine rompue. Réel qui vogue entre les songes et les angoisses.
Prunelles pour toiser la silhouette. Appui volontaire vers cet abdomen heurté d’une balle. Appui volontaire vers ce cratère commun où les braises condamnent la vie. La gorge nouée. La mine épuisée à l’instar des traces violacées sous les yeux. — When did you leave the hospital ? Pourquoi tu as pas appelé ? Pourquoi tu as pas donné le moindre signe de vie ? Pourquoi tu m’as poussé dans mes derniers retranchements ? Insalubres paroles que la reporter condamne d’un énième silence. Pause entre les mots. Pause entre les lettres. Elle hausse les épaules. Elle feint l’indifférence alors que la vérité gagne chaque battement de la carotide. Pulsation équivoque comme tout le reste. Un frisson pour se dresser sur l’ivoire.
Barrière restante entre lui et elle. Cicatrices prêtes à se calquer. Destins misérables aussi. — I thought you would rather stay with your family. Ce clan énigmatique. Les ombres de la meute qui racolent au moindre mouvement. Les liens du sang face aux liens du mensonge.
Les deux astres qui s’emballent.
Les deux astres qui se contredisent.
Et les regards qui s’achèvent.

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Dernière édition par Ivy Rhodes le Lun 21 Jan 2019 - 14:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: poison and wine -- (leovy).   poison and wine -- (leovy). EmptyVen 18 Jan 2019 - 23:25

—  i'm growing black mud up around my veins
And I'm going backwards, shutting out the name
[ ivy + leo ] @layla

Douleur lancinante gravée dans la chair. Marque qui taille le derme, s'étire, se distend sous les gestes. Sa carcasse au bord du vide, au bord du matelas, et le regard qui fouille le néant. Prunelles qui cherchent des réponses sur le sol aseptisé de sa chambre. Comment est-ce qu'il a pu survivre à ça – à nouveau. Increvable, comme le reste de sa fratrie. Immortel qui a vendu un autre morceau de son âme contre quelques jours de plus  dans cet enfer qu'ils appellent Terre. Un dernier miracle, demandé du bout des lèvres. Une septième vie avant de s'oublier dans une nuit sans rêve. Coma provoqué. Chirurgie sanglante. Machines et molécules pour le maintenir en vie. Son regard dérive vers la table de chevet. Fleurs qui fanent et s'asphyxient sur les relents javellisés. Témoins d'une affection trop sincère. L'amour d'un clan, des monstres qui se sont relayés à ses côtés, pour lui ordonner de survivre. Les Costigan, ils ne se couchent devant personne, Leo. Pas même devant la faucheuse. Poésie bancale d'un paternel éternel. Coup de chances et heureuses coïncidences, ou instinct de survie surnaturel ; ils s'en sont toujours tirés, même aux portes de l'enfer.
Les balles ricochent encore contre ses tympans. Sursaut d'adrénaline dans les veines quand il se souvient de cette sensation. La balle qui perfore l'âme. La balle qui l'entraîne par le fond. Sensation de crever sur le sol trop froid de cette salle de réception. La vue s'est brouillée lentement et l'ouïe s'est fermée aux murmures du monde. Pathétique tableau romantique d'un Romeo mourant entre les bras de Juliette. Une histoire à en faire pleurer les étoiles.  Juliette. Les pensées tournées vers la brune dès son retour parmi les vivants. L'esprit saturé par ses larmes et l'odeur du sang. Les supplications plaquées contre ses lippes, dans un baiser macabre, saveur hémoglobine. Elle était toujours là, votre copine. Jour et nuit. Du début à la fin. Mots lâchés au hasard d'une conversation avec une infirmière, histoire presque romancée. Un pincement au palpitant pour Costigan et un sourire indifférent pour barrer ses lippes. Pas certain d'y croire. Pas certain de vouloir y croire.
[…]
L'air qui se raréfie dans les poumons, à chaque pas qu'il prend pour aller chez elle. Une porte trop de fois bousculée, claquée, qui se fait aujourd'hui obstacle infranchissable. Le regard vissé sur la surface lisse et le cœur qui tambourine pour faire demi-tour. Elle m'a sauvé, putain. Palabres qui tournent en boucle, à lui en filer les pires migraines. L'esprit encore embrumé par les antalgiques – une pathétique excuse de plus pour ne pas franchir le pas. Il inspire profondément, Costigan. Ravale sa faiblesse et s'impose dans l'appartement. Une minute s'écoule et elle est là, au milieu de tout, de rien. Un monde qui s'effrite entre ses paupières, cendres matérielles qui gravitent autour de sa silhouette. Elle est le centre de tout, soudainement. Elle justifie les lois de la gravité et celles des forces. Plus et plus. Moins et moins. Ils s'opposent. Plus et moins. Ils s'attirent. Deux pas timides pris en avant, alors qu'il se laisse capturer par son regard ourlé de cernes. L'épuisement en un camaïeu violacé pour border ses paupières. Elle est morte avec toi, Leo.
« This afternoon. » Mots qui s'échappent difficilement d'entre ses lippes. Les sentiments qui menacent de déborder, alors qu'il a le cœur au bord des lèvres. « I went to Deirdre's. » Maison de la mère, d'une reine épuisée par les allers et retours dans les couloirs de l'hôpital. Détail qu'il mentionne en écho à sa remarque sur le clan. Le clan avant tout Ivy. Tu l'as bien compris. Vérité qui s'étiole alors qu'il se tient là, devant elle. Plutôt que devant eux – Ronan, Alexeï, les autres. Famille dysfonctionnelle qui l'aurait invité à chanter ses aventures fabuleuses autour d'un whisky irlandais. Soirée au pub, au repère, à décrire sa cicatrice et enrober de bravoure ce qui s'est véritablement passé au gala. La peur qui lui a serré les tripes et une envie brève de rejoindre Rafferty, pour se reposer définitivement. Tout ça, il le troque pour un peu de silence. Pour être devant elle. C'est pire que de se prendre une balle. Pire que de crever sous les lustres de cristal. L'affronter elle, ça fait plus mal encore que tous ces coups de scalpel qu'on a pu lui mettre dans les tripes. Putain Ivy, c'est devenu bien trop réel, tout ça.
Il résiste. Les pieds campés au milieu du séjour et les prunelles qui contournent la silhouette. Les règles du jeu sont devenues floues. Les lignes du contrat se sont diluées dans les larmes et l'hémoglobine. Il crève d'envie de bafouer la distance qui les sépare et de l'attraper dans ses bras. Son cœur en dérape. Il veut l'envelopper de sa présence, s'imposer – sans idée secondaire, pour une fois. On aurait pu en crever. Évidence qui ne suffit pas à le faire ravaler sa fierté. « I'm glad to see that you're ok. » Mots pour hacher le silence. Palabres forcés qui lui décapent les cordes vocales – j'aimerais pouvoir dire plus, dire mieux. « You look tired, though. You should sleep. » Conseils ridicules pour meubler un silence inconfortable. Mots de substitution pour ne pas avoir à dire merci, ou autre chose qu'il pourrait regretter. Alors il retire sa veste, Leo. L'abandonne dans un coin de l'appartement et la vie reprend son cours, comme s'il ne s'était rien passé. C'est à peine s'il la regarde, à peine s'il ose, le cœur en vrac, l'âme au bord du vide. Ils ont tout suturé, Ivy et pourtant regarde-nous, on saigne encore.

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MessageSujet: Re: poison and wine -- (leovy).   poison and wine -- (leovy). EmptySam 19 Jan 2019 - 14:32

La poitrine qui tambourine.
Sensation de vie qui s’éprend de corps morts y a bien longtemps. Carcasse traînée depuis des mois avec le funeste comme fardeau. Écho des balles perdues contre l’abdomen. Écho des balles retenues sous le derme. Hémorragie lascive autour du corps inerte. Réminiscence putride. Réminiscence volatile ce soir là. L’écho de la première détonation. La foule qui presse le pas.
La foule qui vient l’emporter dans un dédale d’angoisses. Le cri strident pour se raccrocher à lui. Le cri strident pour dépecer sa tristesse là près de ses cordes vocales. Les yeux brillants. La chute. Silhouette malmenée par les coups de talons et les démarches empressées. Silhouette malmenée par l’empressement pour soulager la peur. Les supplications silencieuses pour réclamer l’accalmie divine. Please, Leo. Save me from darkness. Please, Leo. Save me from myself. Lettres crachées sous les souffles haletants. La douleur lancinante au creux des flancs. Tout près des berges encore béantes de la cicatrice. Les bras chauds de l’homme pour soulager la carcasse. Étreinte pour réanimer la vie. Étreinte pour sceller le pacte avec le diable. Je tombe, tu tombes. Dictat d’une relation sous les astres mensongers. Dictat d’une relation sous les complaintes lunaires. Incompréhension de l’esprit. Incompréhension de la respiration qui s’accélère. Incompréhension de la pointe au travers du myocarde. Ça devait pas compter. Ça devait pas importer. Rage sous les phalanges liées avec le regard baigné de larmes. Pression tremblantes de la pulpe pour contrer l’hémorragie. Le visage livide de Leo. Les traits affaissés. Le sourire qui ne prend plus. Le rire qui sonne faux. La distance qui n’existe plus. Les illusions qui deviennent criantes de vérité. Masque ridicule qu’Ivy n’avait plus eu la force de porter. La silhouette inclinée au dessus de la sienne. Toutes ses forces réunies pour le sauver, pour tenter de contrôler la tragédie. Les prières répétées en boucle dans l’ambulance. Les oreilles exemptes de tout son sauf celui de sa respiration. Résonance brouillée. Résonance vivace. Avant que les paupières ne se scellent. Avant que les lèvres ne s’étreignent là où le sang coulait. Baiser métallisé comme le goût sous le palais. Amertume sentimentale pour saccager la reporter. Amertume sentimentale pour brouiller les pistes. Et sa main qui n’a pas lâché la sienne. Éloignement forcé quand le clan a rappliqué. Les frères. La belle-soeur. La mère. La toute puissante. Regard imposé sur sa carcasse alors qu’Ivy a eu la sensation de crever un peu plus. J’avais pas ma place entre eux, Leo. Désolée d’être partie. Désolée d’avoir lâché ta main.
Culpabilité pesant sur les épaules. Comme l’amertume qui ronge le myocarde. Les regards qui se croisent. Les regards qui s’évitent. Les regards qui se retrouvent. Les regards qui se condamnent. Les courbes encore perlantes d’eau chaude. Quand le décor ressemble à une asphalte glacée et maculée. Ivoire qui frissonne. Ivoire qui crève d’une seule envie. Franchir la distance. Se réfugier dans ses bras. Bénir les dieux de l’avoir sauvé. Bénir les dieux de l’avoir épargné. Reculer. Regretter. Et reprendre la déferlante mensongère. Mais est ce que c’est encore possible d’ignorer ce qui vient nous bouffer depuis ce drame ?  Des heures passées chez Marlene pour pas regagner l’appartement seule. Des heures passées à être allongée à ses côtés, le regard vissé vers le plafond. Le film de la soirée pour ternir les synapses. Le film de la soirée pour comptabiliser les doutes. Angoisses greffées sous le derme. Comme lui, putain.
Echo des baisers. Echo des silhouettes qui se frôlent. Écho de la tentation où la vice et la violence gagnent. Écho de la manipulation, des mots acerbes et de tout le foutoir qu’ils ont décidé de semer à deux. Le corps bon qu’à se retourner et cette main posée sur la place trop vide. Trône où le prince a voulu s’imposer. Dommages collatéraux pour dompter le précipice sous leurs pieds.
Comme à cette seconde précise. Leo qui reprend la parole. Discours rapide, discours placide. Mots balancés sans conviction. Comme les gestes qu’il opère. Comme l’indifférence qu’il sème. Comme la distance qu’il crée. Les regards qui se croisent pourtant. La colère qui grimpe. La colère qui possède. Tu t’attendais à quoi Ivy ? Vous êtes des étrangers au milieu du scandale. Y a pas de place pour les sentiments. Détresse de la chute quand elle a touché la vie à ses cotés. L’instabilité des phalanges. Tremblement éhonté. Serviette resserrée contre ses courbes. Poupée qui rompt la distance de quelques pour forcer l’échange. Iris brillantes et ternies pour accrocher les siennes. — You died in my arms, asshole. Kinda complicated to sleep like everything was okay. Elle n’a pas pu s’y résoudre. Même rythmique à chaque fois. Les paupières qui se scellent. La fatigue qui teinte le contour des yeux. Les rêves qui reviennent. Les chimères pour cauchemarder. Les chimères pour emporter la raison. La folie ourlant les lippes. Quelques minutes de répit. Puis le réveil en sursaut. Le corps trempé de sueur. La poitrine en alerte. Respiration coupée, respiration saccadée. Le prénom de Leo dépassant les lippes. Le lit vide. L’appartement désert. Réalité cramant les dernières parcelles d’espoir. Elle secoue la tête, Ivy.
Le dos vouté pour attraper un dossier. Des photographies. Des informations. Des points pour discerner le vrai du faux. Un prénom. Rafferty. Frère maudit. Frère sanglant. Quête de vérité pour retrouver la paix. Loin de lui, elle a cherché Ivy. Elle a pas arrêté d’accumuler les soirées dans la demeure des Burgess. Éviter les appuis du regard de Charles au profit du reste. Essayer de comprendre le destin tragique du frère costigan. L’espoir qu’en trouvant des réponses, Leo se réveillerait. L’espoir qu’en trouvant des réponses, Leo s’apaiserait. Tâche prise à coeur comme tout le reste. Et ta quête à toi, t’en fais quoi ? Elle n’y a pas pensé. Pour la premières fois depuis des mois, c’est un autre qui a obtenu toutes les faveurs. — I wanted to find the truth to relieve you after all this. Ricanement. Mélodie sarcastique comme la foudre qui perle dans les iris. Elle craque Ivy. Sans doute trop. Sans doute maladroitement. Incapacité à contrôler quoique ce soit. Pas quand Leo se retrouve greffé à l’équation. Influence nauséabonde qui soulève son palpitant. — So take that. I don’t ever care. Le dossier balancé sur le canapé. Les clichés du défunt qui s’étalent. Macabre danse du papier glacé alors que les mots claquent.
La reine qui tire sa révérence. Un mouvement de recul.
Les yeux chargés de tout ce qui ne sortira probablement jamais. Les yeux sertis du mieux quand elle déploie le pire en pleine gueule. — And now, you better go to deirdre's. Ordre claqué d’une voix cinglante. Pourpre déformant les intonations. Le regard vissé vers le sien. Incapable de le lâcher. Incapable d’abandonner. Incapable de s’imaginer le drame avec une fin qui se nommerait mort. — It’s your home. I’m not. Sourire en coin. Sourire perfide quand le palpitant s’éteint à la définitive.
Le poids des regrets. Le poids de l’entichement. Carcasse qui disparaît dans la chambre.
Du répit. Du repos. Les paupières incapables de se fermer. Peur trop vorace.
Les formes pour se fondre sur le rebord du lit. La peau tremblante. La peau maculée de son absence.

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MessageSujet: Re: poison and wine -- (leovy).   poison and wine -- (leovy). EmptySam 2 Fév 2019 - 23:58


Souvenirs calqués sous les paupières. Les balles qui ricochent et les corps qui se cherchent – se perdent. La brune, sauvée de justesse d'une marée humaine ; des pieds dans les côtes et la violence jusqu'au creux des os. Une fraction de seconde et le monde qui se renverse, alors qu'il lit l'angoisse dans ses prunelles. Save me. Supplique qui se perd sur les gémissements douloureux. Panique qui anime ses gestes. Un ravisseur qui s'approche, qui ordonne – bien naïf de penser qu'on pouvait faire ployer un Costigan. Gosse détraqué qui s'est senti pousser des ailes et sous un caprice impulsif, a sorti son arme. Une fraction de seconde, et le monde qui s'effondre. La verticale s'aligne sur l'horizontale et le regard pétille sous les lustres et les jeux de lumières. Un battement de cils. Le souffle qui s'échappe et la vie qui s'effrite entre ses côtes. Le cœur en panique et l'âme qui se rattache à la vie, alors que la carcasse étreint la mort comme une vieille amie. Ivy, au milieu du champ de bataille. Les yeux noyés de larmes et les lèvres tremblant sur des mots sourds. Stay alive, please. Syllabes fracturées alors que le froid enlace ses côtes. C'est la fin. Pensée pour Rafferty, pour tous ceux qui ont senti les balles percer leur chair pour dire au revoir. Mafieux et ratés, raclures des bas fonds qui se sont battus pour échouer aussi lamentablement. Antihéros au dessein funeste. Costigan, maudits de génération en génération.
Réveil inattendu dans un monde blanc et javellisé. Des silhouettes aux yeux bouffés par le sel et l'inquiétude. Deirdre échouée sur un fauteuil, au milieu d'un décor devenu trop familier. Des bips et des machines, des tuyaux et un compte-gouttes devenu insoutenable. Famille qui se relaye à ses côtés, mais une silhouette manque toujours à l'appel. Ivy, Poppy. L'ennemie, l'amante. Amour factice qui n'aura pas survécu à l'épreuve des balles – jusqu'à ces mots de l'infirmière, dans un moment de silence. She was there, you know. Day and night, watching over you. Confession ignorée. Confession qu'il balaye à ce moment même, alors qu'il est de retour chez eux – chez elle. Face à face inconfortable. Mots noués dans sa gorge et les tripes qui se serrent, parce qu'il réalise, Leo – il comprend. Il a survécu.
Les mots vacillent jusqu'à ses oreilles. You died in my arms. Vérité qu'il reçoit comme une claque dans la gueule. Violence inouïe qui appuie un peu plus encore sur l'authenticité de la chose. You died. Souvenirs flous et le goût du sang sur ses lèvres – et la tiédeur des siennes avant le départ pour l'au-delà. Il détourne le regard, Leo. Il ploie, pour une fois depuis longtemps – depuis jamais. Il abandonne parce que ça le bute, ça le crame de l'intérieur, une telle révélation. See ? She cares. Sensation grisante et dévastatrice, parce que personne n'en a jamais rien à faire – ça fait une éternité au moins qu'on ne s'est pas soucié de lui comme ça – famille à part. Toutes ces filles de passage, ces corps étreints, ces corps salis par la facilité du vice. Il a craché sur les sentiments, sur les ressentis, sur tout ce qui le retourne à l'intérieur à cet instant précis.
Dossier étalé sur le sofa. Des mots qui claquent dans le vide. Costigan, il ose toujours pas l'affronter, sa reine. Il canalise le pire en serrant les poings. Tremblements qui lui rongent les phalanges, alors que ses mots à elle s'alignent comme autant de reproches. La curiosité est oubliée – effacée après un coup d'oeil sur ces clichés macabres de Rafferty. Souvenirs qui lui scient le crâne et se mettent en parallèle avec ses propres aventures – toi aussi, t'aurais eu tes putains de cliché Costigan, si elle t'avait pas sauvé. Les mains pressées contre l'abdomen, il s'en rappelle que trop bien, Leo. Lutte contre la douleur. Lutte contre la mort. L'hémoglobine en flaque et le derme qui pâlit. She saved you. « Stop this. Please. » Murmures qui s'évadent dans le silence. Mots qui valent rien. Elle domine, même quand elle en crève.
Parce que c'est bien ce qu'elle fait, la reine. L'inquiétude comme un poison qui se distille dans les veines – tout se relâche, si soudainement, alors qu'il se fait fantôme pour la hanter dans sa propre demeure. Son regard se calque sur le sien. Les mots défilent sur les lippes, s'égarent jusqu'à ses tympans, comme un dernier coutelas jeté en sa direction. Just leave. Volonté justifiée, dont elle ne se cache même pas. Elle s'évade dans la nuit et sa carcasse à lui, elle se détend à peine. L'esprit partagé, entre une fuite rassurante et une nouvelle bataille vers sa chambre à elle. Les pensées se bousculent et se fracassent. Des options qui s'assemblent et s'opposent, remettent tout en question ; les règles d'un jeu qu'il ne comprend même plus, les conséquences, plus terribles les unes que les autres. Depuis quand est-ce que t'es si perdu Costigan ? Parce que d'habitude, c'est facile. D'habitude, il dégueule son venin et il tourne les talons. D'habitude.
La silhouette s'arrête devant le sofa et les paumes cueillent les clichés. Photos qui dansent entre ses doigts tremblants. Rafferty. La bile qui remonte dans la gorge avec cette douleur lancinante pour lui ronger les nerfs. Il méritait pas ça. Et toi non plus. Disparition qu'il vit comme une punition – il aurait dû être là, il aurait dû le protéger. Tout ce qui lui reste aujourd'hui, c'est un chemin semé d'embûches vers une rédemption sanglante – la vengeance et rien d'autre. C'est peut-être un semblant de pudeur – peut-être le malaise qui lui dévore les viscères – qui le pousse à rassembler le dossier, à l'abandonner sur un coin de la table. Ça appartient au passé. Le présent lui, se désintègre sous ses pieds. Et le futur, il crève entre des draps trop froids.
Un pas puis deux, le chemin qui s'ouvre sous ses pieds le conduira directement en enfer. Il sent déjà le brasier qui s'anime et irradie dans ses reins, lui gangrène l'âme. La cadence s'étiole quand il arrive au bord du précipice. Cette chambre où il ne se sent plus le bienvenu. Puis, il réalise que ça n'a jamais été le cas, après tout. Il n'a jamais été invité à y dormir – il s'y est imposé, sans gêne, sans considération pour elle. Aujourd'hui, c'est différent. Trop différent. Il la regarde, les prunelles qui contournent la silhouette. Reliefs et creux, une respiration qui s'amenuise dans le corps frêle. Les draps qui se soulèvent à peine pour donner signe de vie. C'est à ton tour d'arrêter l'hémorragie, Costigan.
Mais non, c'est vrai.
T'es bon qu'à la faire saigner.

Avec ses mots et ses mauvaises manières. Ses mains qui saisissent et qui assassinent. Ses mots qui se plantent vicieusement entre les omoplates, entre les côtes – atteindre le myocarde à tout prix. L'amertume lui pique le palais. « Thank you. » Mots qui lui arrachent les lèvres. « That's what you want to hear ? Need to hear ? Thank you. » La tournure fait douter de la sincérité. C'est trop appuyé. Des mots arrachés, qui s'alignent pour faire plaisir. Pourtant, il en pense pas moins – mais c'est trop difficile de l'admettre. Ses lèvres se pincent et la respiration s'accélère. C'est un pas en avant, puis un pas en arrière ; deux directions qui s'opposent et deux choix de vie, aussi. Une mascarade de plus en plus douteuse, ou la fuite pour retrouver la raison. Mais putain qu'elle est douce à vivre la folie, quand c'est entre ses bras à elles. Aveux qui ne trouveront jamais le chemin de ses babines carnassières. C'est trop compliqué d'aimer. Bien plus facile de détester.
Il pourrait disparaître, juste par fierté. Disparaître, histoire de l'achever. Vengeance injustifiée. Violence sans saveur. Mais son corps, il s'avance, sa carcasse, elle s'échoue. À ses côtés. Une de ses mains pour attraper son poignet, la faire pivoter. Il s'impose au-dessus d'elle. S'impose tout court. Le souffle qui manque et le cœur qui se fracasse contre sa cage calcifiée. Il a tellement de mots au bord des lippes, Costigan. Palabres maladroits, poésie douteuse qui pourrait ravager le monde et tout remettre en question. Alors il dit rien – il fait. Il dit rien et il l'embrasse, calcine à son contact. Fougue oubliée, flamme ravivée. Il a peur, Leo, peur qu'elle le bouscule, peur qu'elle le repousse. Et pourtant tu sais que tu le mérites. Il l'attend, la gifle. Le coup dans les côtes et les dents qui malmènent ses lèvres. Mais il s'oublie contre elle et ses mains, elles se perdent contre le derme, alors que les gémissements impatients s'étouffent dans la nuit. « Thank you. » Mots hachés par le désir. Rage qui le ronge. Rage de vivre, après la mort.
Il a trop attendu. Trop espéré. Lui a fait miroiter mille et une versions de lui, jusqu'à se prendre une balle – jusqu'à en crever, pour enfin montrer son vrai visage. Il se dit que la nuit enveloppe ses défauts et que les ombres masquent ses cicatrices. Ce soir, il peut être n'importe qui, pour elle – contre elle.

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Ivy Rhodes

Ivy Rhodes


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MessageSujet: Re: poison and wine -- (leovy).   poison and wine -- (leovy). EmptyDim 3 Fév 2019 - 13:51

L’essoufflement colérique.
La respiration sous la mesure maladroite. Éclat à peine maîtrisé. Les phalanges ancrées aux draps pour se raccrocher. Perte de contrôle éradiquant les dernières couches de bon sens. Les souvenirs flottent à la surface. Tout près des lèvres qui tremblent. Tout près des iris qui brillent.
Une robe souillée de pourpre. Tâches d’hémoglobine pour trôner comme des reines endeuillées. L’ivoire ravagé d’écarlate. L’ivoire brûlé des larmes. Les premières qui s’autorisent à perler. Les premières après le drame. Après les détonations. Après l’agonie des derniers mois.
La voix chevrotante au bout du fil. Les mots balbutiés à sa meilleure amie. I’m at the hospital. Leo too. It’s really bad. I can’t lose him. L’aveu pour repousser les dernières barrières. Presque aussitôt regretté. La communion de la peur et d’une vérité bien plus macabre. La corde raide où la mascarade se perd comme les dernières onces d’espoir. Palpitant anesthésié par le canon du flingue. La vie éradiquée sous les couches de nécrose. Pantin qui respire à peine. Automate qui s’accroche à la case vengeance. Mais cette nuit là, la frontière n’existait plus. Les mensonges non plus.
Putride réalité bonne qu’à lui claquer à la gueule.
Putride réalité bonne qu’à lui soulever le coeur.
Les pas alignés le long du maculé. Comme sa carcasse incapable de décoller de la chambre. Les phalanges où le sang coagule. Les phalanges où la mort s’imprime un peu plus. La rythmique du scope pour apposer les derniers signes de vie. Quand la sienne a été fauchée en même temps que lui. Sa douleur calquée à la sienne. Sa douleur pour reflet caustique. Les tentatives vaines de l’éloigner. Les tentatives avortées par la hargne de sa voix. J’te laisserai pas, Leo. Si tu tombes, je tombe. Tu te souviens de cette putain de promesse ? J’ai rien oublié. J’ai rien simulé quand mes mains épongeaient ton sang. Des heures entières à son chevet. Insomnies pour déballer les contours violacés de ses yeux. L’impossibilité de partir. L’impossibilité de le laisser. Union sacrée sous le versant des mensonges, d’une comédie grandiloquente. Peine pourtant exacerbée. Peine pourtant bien vissée sous les couches du myocarde. Muscle anesthésié par son propre drame. Combat perdu d’avance. Les pieds tanguant contre les décombres de sa vie ; de son passé. Quand le futur est accroché à une putain de machine.
Le clan qui se rameute. Le clan qui envahit les lieux. Le regard glacial de la louve. Le regard suspect des princes. Elle a craqué, Ivy. Elle a tiré sa révérence avec les larmes coincées dans la gorge. Présence à peine légitime. Tu avais pas ta place, tu le sais. Tu étais qu’une inconnue. Tu étais que le néant au milieu du sang. Tu étais qu’une tâche dans le décor.
L’abandon fatal pour son palpitant. Ses doigts pour frotter l’échine pourpre. Ses doigts pour s’activer et tenter d’éradiquer les derniers souvenirs. Au point d’avoir mal, au point de ressentir une putain de brûlure sous l’assaut des frottements. Rien n’y faisait. Rien n’a fonctionné.
Il est resté ancré.
Il reste imprimé dans sa caboche. Et là contre cet organe qui ne bat plus qu’à l’envers.
Son regard vissé vers le plafond. Ombre de son souffle pour passer la barrière des lippes. La poitrine gonflée de la rancoeur. La poitrine blessée de l’ignorance. Le sursaut. La porte qui s’ouvre. Le bourreau qui s’approche. Pas un regard. Pas une considération. Fierté dépeinte sur la mine colérique. Les draps qui se soulèvent. L’accélération des pulsations. La fabuleuse qui s’entrouvre quand le souffle filtre. La fabuleuse qui est prête à racoler l’exil, à exiger l’absence. Pulsion dansante contre les reins et étouffée par un soupire.
Son poignet pris d’assaut. Poupée de chiffon entre ses mains. Elle le regarde, Leo. Elle le regarde avec une intensité qui frôle l’apogée divine. Elle le regarde et c’est son corps qui tremble. La tête qui vrille en l’écoutant. J’en ai rien à foutre que tu me remercies. Je t’ai pas sauvé pour la gloire de tes mots. Je t’ai sauvé parce que quand tu mourrais à terre, c’est moi qui crevait aussi. A petits feux. Comme tous les sentiments qui rongent. Comme tout ce qu’on essaye d’ignorer. Le souffle qui ricoche sur les lèvres. Perte de repère quand elles sont prises d’assaut. Baiser salvateur. Baiser au goût d’irréel. La surprise où se confond un râle. La poitrine gonflée contre sa carcasse là où sa main vient bercer sa nuque. Exil des sens pour cramer les reins qui se creusent. Une cuisse qui se relève pour s’imprimer à la sienne. L’autre main qui se retient aux draps.
Est-ce que c’est bien réel ? Est-ce que c’est bien ce que tu veux ? Qui de nous deux est en train de mentir ? Dis-moi que c’est vrai, dis-moi qu’on fait pas semblant.
La réponse à la grâce qui danse sur les lippes. Recul impossible. Abandon inimaginable. Le sourire qui étire les damnées. Et sa main qui condamne sa nuque. Étreinte à la passion aussi vivace que les non-dits. S’accrocher. Perdre pied. Sombrer. Et réclamer encore. — Shut up idiot. I don’t need it. Les mots balbutiés à la surface échaudée. Entre deux respirations. Entre deux mesures saccadées. Elle n’a pas besoin de reconnaissance, Ivy. Elle a seulement besoin de lui. Même sans le dire. Même sans le montrer autrement qu’à travers des gestes assassins. Gueule bousillée par le drame. Ange déchu qui devient diablesse au couteau aiguisé. Lame pour se planter. Lame pour assassiner. Ses lèvres frôlent les siennes. Un geste sensuel, un geste brûlant. Les respirations dansent dans une valse corrosive. La main pour remonter sur les mèches noires. L’autre pour se tenir à son avant-bras. — I only need you to stay alive. Les lèvres pour se précipiter dans son cou, contre sa mâchoire. Les lèvres à l’oeuvre pour s’empêcher d’en dire plus. Le palpitant écorché. Le palpitant prêt à exploser.
La peur qui se mêle au désir. Le désir qui se mêle à la rancoeur. Et la rancoeur qui brille de ses dorures, de ses diamants. Ivy, elle finir par saisir la main de Leo. Pour venir la faire danser contre sa cuisse. Chemin contre l’ivoire avant de la souiller entre ses reins. Juste pour frôler le tissu. Juste pour frôler l’interdit. Juste pour qu’il sente la bénédiction du geste. Juste pour qu’il sente que tout ça, c’est bien réel. C’est bien vrai. C’est eux. C’est aussi puissant qu’anarchique. C’est aussi beau qu’immonde. C’est aussi vivant que mort quand l’absence se crée. Elle tremble, Ivy. Elle angoisse, Ivy. Elle a pas partagé les draps d'un autre depuis trop longtemps. Proximité retrouvée. L’impression de revivre. L’impression de ne plus entendre les notes macabres.
— I'm not faking it. Là ce que tu sens au creux de mes cuisses. Là ce que tu sens quand mes lèvres crèvent des tiennes. Là ce que tu sens contre ma poitrine. Les battements épousant les tiens. Tu serais seulement cap de le remarquer ? Elle esquisse un sourire. Le pourpre pour combattre les pommettes. Et sa silhouette qui se redresse. Sa silhouette qui peut pas se soumettre. Les rôles qui s’inversent. À califourchon, prenant d’assaut son bassin. Les mains de part et d’autre de son crâne. Les lèvres pour frôler les siennes. Douceur animée sous l’éclat de la taquine qui frôle, qui cherche. Les mèches ébènes encore humides pour capter les pores. Puis les doigts qui remontent le t-shirt. De quelques centimètres. Pansement encore racoleur sur l’échine. Délimitation écarlate pour rappeler le mal, pour rappeler l’éclat des balles. La pulpe qui contourne avec une douceur amoureuse. Juste quelques secondes. Juste pour panser à son tour. Juste pour rassurer. — Does it hurt ? Attention captée par les regards en exil l’un vers l’autre. Les lèvres entrouvertes. L’hémorragie qui ravage le myocarde.
Les doigts qui réparent. Les doigts qui guérissent.
Mais qui nous guérira du pire, Leo ?

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je n'avouerai jamais que certaines de mes propres émotions m'effraient, je te déteste comme cette phrase qui dit c'était trop beau pour être vrai.
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