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Rhys Egerton

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MessageSujet: high for this (rhysian)   high for this (rhysian) EmptyLun 31 Déc 2018 - 0:31

D’asphalte et de néons. Poussières d’étoiles éventrées sur les allées de Brighton. Des pas claudiquants sur le rebord. Et l’attente passive devenue terrible. Un sentiment étrange, essoufflé au fond du palpitant. Trente minutes, putain! Une agonie céleste, ruisselant sur les arcs du coeur. Jillian, déchue derrière la porte. Une meilleure amie, seulement. Une jeune adolescente voilée par les mystères d’une passion étouffante. Ma voix se brisait avant de crier son nom. Des syllabes agglutinées au bout de la langue, brûlant sur les muqueuses engourdies par l’alcool et l’insubordination. Je les détestais tous. Je les détestais à en mourir. Elle avec. Elle toute seule. Une amalgame amoureux jaillissant comme les flammes de l’enfer. Je pinçais les lèvres en m’asseyant sur les marches de la véranda. Mes doigts tremblaient sur la rampe. Face au jardin silencieux, mes pensées s’emmêlaient. Epi d’un bonheur fugace, couché sur un champ calciné de souvenirs. Des visions inconnues. Une identité anonyme. Et ce nom porté comme une malédiction. Celui d’une mère errant dans les couloirs de l’hôpital. Je n’avais rien — orphelin d’un père oublié. Gosse abandonné. Rejeté à la naissance. On m’avait tiré une balle rouillée. Et lentement, je mourrais de tétanos. Mon corps était paralysé sur le sol. Je grommelais en repliant les genoux. Je grommelais en esquissant le moindre mouvement. Mes prunelles succombaient dans l’ombre d’une nuit parachevée. Le bal de promo et l’illusion d’une enfance insouciante. Je sentais toute ma colère lorsque je les regardais à travers la vitre. Une jalousie vindicative. De ces garnements aimés. De ces autres, choyés et choisis. Le bois crissait dans mon dos. Et la réalité m’extirpait de ma coquille. Jillian était enfin prête, ondulant au bras d’un frère bourru et affectueux. Je me redressais subitement. Elle était magnifique. Une robe écarlate et des jupons nacrées de toutes les longueurs dans lesquels ses jambes se noyaient entièrement. Elle semblait différente, ce soir— d’une beauté déconcertante. Son parfum embaumait mon esprit. Je vacillais dans mon ivresse afin de poser le bracelet de fleurs dans sa main. Enième mascarade d’une vie passée à se rire du danger. « Je la ramène en un morceau, Teddy. » Affirmai-je en lui adressant un clin d’oeil. Il était difficile de saisir mes allusions. De contenir le sens réel de ces paroles qui transperçaient mes lèvres. Parce que je mentais toujours. Jillian était prise au piège. Immobile, elle regardait son ombre l'engloutir dans mes sillages. Je la poussais vers une chute certaine, mais elle m’entraînait avec elle le long du précipice. Une fêlure — et mille fragments rafistolés dans une forme unique. « On y va ?» Je murmurais en ouvrant la portière de la voiture. Un tas de ferraille crachant ses poisons dans le vide. L’embrayage jonglait entre les pédales tandis que la nuit nous portait jusqu’au parking du lycée. La musique vibrait dans mes os. Des rythmes endiablés. Des silhouettes indéfinissables, arquées entre les volutes d’une fumée qui se dissipait dans le gymnase. Mes yeux furetaient autour de l’espace. La tête dans le vague. L’impression de flotter au milieu des tables. Je sautillais en agitant les bras. Oubliant les visages qui se déchiraient dans la salle. Oubliant la démarche débonnaire de Jillian et son regard revolver. Mon euphorie ricochait entre les murs. Des amis retrouvés. Des amantes passées, déguisées en majorettes et l’illusion intemporelle, d’être quelqu’un — d’être important. Souverain d’un royaume qui se décomposait sous l’influence de l’éthyle. Souverain d’une épiphanie monstrueuse où nos coeurs s’effleuraient sans accrocher. « Jill, danse avec moi ! » Et nous nous balancions jusqu’à toucher les étoiles. Vils et insouciants — avides d’une gloire qui se délitait sous les prismes de lumières. Je l’invitais et la bordais. Parce qu’elle était mienne dans le secret. Elle était mienne et je veillais à ce qu’elle le demeure. Aucun garçon ne l’invitait. Aucun autre ne pouvait la toucher.

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MessageSujet: Re: high for this (rhysian)   high for this (rhysian) EmptyMar 1 Jan 2019 - 15:01

Un reflet nébuleux au détour du miroir.
Cascade dorée chutant sur ses épaules d’ivoire. Le tissu rouge pour épouser son corps d’adolescente. Les formes accomplies. Les courbes qui deviennent source d’inspiration pour certains types du lycée. Ceux qui lui parlent pour mieux se dérober. Ceux qui s’approchent pour mieux s’éloigner. Les aimants qui s’attirent et se perdent sur le fil. Sans qu’elle ne comprenne Jill. Des invitations reçues pour aller à ce bal. Et plus rien. Le néant. Une froideur dans le coeur. Puis l’essentiel qui s’est imposé. Son essentiel.
Rhys. Quatre lettres d’un prénom qui retient toutes ses faveurs. Quatre lettres d’un patronyme qui rythme les pulsations du palpitant.  Sentiments qui s’éveillent. Sentiments qui se renforcent. Jillian, elle a rien vu venir. Une claque pour l’innocence qui se perd. Le palpitant accroché à lui dans un romantisme affligeant. Une main dans le dédale doré, l’autre contre le pendentif autour du cou.
Un soupire. Des angoisses.
Et la silhouette de son frère qui danse dans le paysage. Second reflet dans le miroir. Peau à peau qu’ils forment. Complicité reine de l’instant. Il regarde sa soeur. Il l’observe et se rend compte qu’elle n’est plus la petite blonde qui courrait à ses côtés. Pincement au myocarde alors qu’il s’approche. — Je suis jolie ? La question pas anodine. La question pour sous-entendre tellement plus. La question pour viser son meilleur ami. Gamin perdu. Gamin balloté dans les bras d’une mère courage. Abandon vécu dès les premiers cris. Abandon pesant lourd dans la balance. Il en parle pas. Il fait comme si ça paraissait normal de grandir sans père. Des bleus à l’âme qui se torturent et qui rongent. Jill, elle en parle pas. Elle ramène pas la blessure sur le tapis. Elle essaye de le soutenir. Elle essaye de suturer la plaie. En vain.  — Beaucoup trop pour te laisser partir avec Rhys. Un clin d’oeil de l’aîné. Une remarque pas anodine. Volonté suprême de la protéger ; de l’empêcher de souffrir. Protection faite de maladresse et de tendresse. (…)
Elle a le coeur qui bat à s’en rompre en croisant son regard. Silhouette avec le tissu glorieux pour apposer la séduction. Le ventre tordu de tout ce qu’elle n’arrive pas à lui avouer. Statut de meilleure amie qui ne suffit plus à la satisfaire. Statut qui n’en finit pas de la blesser.
Chaque regard lourd de sens dans les couloirs du lycée. Chaque regard qui appelle à l’amour ; et récolte l’amitié. Elle sourit. Elle s’enivre. Elle attrape son bras. La route est sinueuse mais l’adolescente n’a d’yeux que pour lui. Comme dans cette salle décorée à la féérie des rêves. Des couleurs qui rappellent le maculé du paradis. La musique qui guette. La musique qui enivre. Sa silhouette qui ondule contre celle du sportif. Le rythme libérateur de frémissements trop intenses. Une main contre sa nuque pour s’y raccrocher.  Angela risque de m’étouffer avec ses pompons si je danse avec toi ! La peste. Le monstre. L’intruse. La gloire des classes sociales dans ce lycée. Celle qui remporte tous les suffrages. Peut-être même celui de Rhys. Simple idée qui suffit à casser le rythme de la danse. Jill, plus sérieuse. Elle s’approche, l’attire contre elle et le fait voûter la nuque. — Je suis prête à prendre le risque. Aveu déguisé. Souffle contre souffle. Lèvres à quelques millimètres des siennes. Hésitation de les capturer. Peur de tout ruiner entre eux.
Peur de l’abandon. Elle se ravise et esquisse un sourire embarrassé.
— Hey Egerton ! Canon ta cavalière. Tu me la prêtes pour une danse ? Fais pas ton égoïste bro. Provocation d’un co-équipier de l’équipe. Danse entre le chaud et le froid avec la lycéenne. Un pas en avant, dix en arrière. Sans comprendre pourquoi. Sans saisir ce qu’il cherche. Alors face à la requête, Jill secoue à la négative la tête. No fucking way. Elle coupe court à l’imaginaire du brun. Sa main qui glisse sur la joue de Rhys. Marque de tendresse. Marque d’appartenance.
Une manière de le rassurer. Une manière de s’imposer. — Fais pas gaffe. Y a qu’avec toi que j’ai envie d’être ce soir. Les lèvres posées sur sa joue.
Baiser trop chaste. Baiser trop futile à coté de l’ouragan qui se disperse autour du myocarde.

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MessageSujet: Re: high for this (rhysian)   high for this (rhysian) EmptyMar 15 Jan 2019 - 22:21

Une illusion qui séduisait par ses silences. Nos doigts enlacés dans un mouvement fruste. Telle une passade. Une caresse qui s’interdisait malgré l’envie. Je l’aimais dans mes pires instants. Je l’aimais à contre sens — dans un feu qui consumait tout au fond de mon coeur. Et elle était magnifique, ce soir. Mon souffle tremblait au bout de mes lèvres. Pas un mot. Pas un son. Les sentiments s’entortillaient dans les allées sombres de la ville. Une route tortueuse menant vers l’infini. Je sentais le gravier sous nos semelles, les promesses portées par les voiles ténébreux de la nuit. Je perdais l’équilibre entre ses bras. Je perdais l’euphorie du bal et mon sourire aguicheur. Les gosses cools et les cercles d’amis n’étaient qu’un mirage sous mes yeux. Des silhouettes qui chancelaient entre les lumières. Mon corps ployait vers son cou et mes sentiments me tournaient en dérision. Un amour virulent — une maladie de l’âme qui en réclamait une autre. Il n’y avait pas d’excuse au désir. Pas d’autre, qu’elle. Des années à la penser. A respirer les effluves de son parfum sur oreiller. Une meilleure amie. Une meilleure partie de moi. Jillian Walsh. Nos lèvres scellées dans le secret. Nos balades le long du rivage. Et les escapades nocturnes, devenues matinales au coin du feu qui s’éteignait au bord de la mer. Des rêves écorchés par la lune. Une passion de la vie, de l'aventure qu'elle était la seule à comprendre. Ma main glissait sur ses hanches. Un moment qui se frictionnait entre les plis du tissu et les courbures d'une longue robe de satin, soudain de trop sur sa peau. Je le fixais avec émerveillement. Puis les voix valsaient autour de la salle. Et la coquille se brisait. Une danse à deux, enviée par les regards qui scrutaient et les provocations qui fusaient. Je serrais la mâchoire en me détachant de son étreinte. Trop jeune. Trop impatient. Des mouvements de reculs qui creusaient, sans le savoir, une distance entre nous. Au diable sa bouche au bord de la mienne. Au diable ces courbes pulpeuses qui s'inclinaient vers mon cou et ces baisers de roses que je rêvais de cueillir du bout des doigts. La colère aveuglait l'esprit et le courage manquait dans le coeur. Une douleur étrange. L'angoisse de la perdre. De la laisser filer. Comme un feu qui ravageait les entrailles et dépouillait la poitrine de ses poumons. Un vide qui s'enfonçait dans les alvéoles et ratissait les lobes anguleux des organes nobles. « Te sens pas obligée. Tu peux danser avec qui tu veux. » Une grimace mimée de son côté. Et une autre, plus saillante dirigée vers ce coéquipier qui osait s'immisçait dans la conversation. Je riais nerveusement en déboutonnant le col de ma chemise. Fou de rage. Fou d'elle. « Vas y bro j'te prête Angela et une capote. Ça risque d'être oversize quand même. J'ai vu la taille de ta coquille ! » Et nos prunelles s'enlisaient dans la foule. Le néant s'enroulait autour de nos gorges afin de nous couper le souffle. Mes pas s'enchâssaient sur le parquet alors que je poussais la porte. Le vent sifflait sur les façades grises du lycée. Une solitude étrange où mes démons s'élevaient afin de m'enterrer vif. Elle n'avait pas besoin de s'approcher. Elle n'avait pas besoin de rester et de m'affectionner par pitié. Mon amour était un poison qui gangrénait dans mes veines. Une lave putride de sentiments et de regrets, qui chaque jour, me retenaient dans la torpeur. Et si je n'étais pas à sa hauteur ? Si nos étoiles demeuraient à jamais contraire. Et que je n'étais que ce gars, à l'autre bout de l'autel, la menant vers les bras du prince choisi ? Je sortis un paquet de clopes et allumait la tige. La fumée griffait mon oesophage. Un mal à respirer devenu réel, maintenant qu'elle apparaissait à mes côtés. Je haussais les épaules en observant les lampadaires.  « Désolé mais je suis soulé. Tu sais il veut juste te sauter, c'est moche hein. » Une désinvolture feinte au milieu de nos espoirs juvéniles. Un désir de la protéger, de la chérir, de la contenir. Et toujours cette certitude de n'être rien — de n'être qu'un figurant dans sa plus belle histoire d'amour.

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MessageSujet: Re: high for this (rhysian)   high for this (rhysian) EmptyJeu 17 Jan 2019 - 16:41

La musique qui surplombe les mots. L’amertume qui se place au premier plan. Jill, spectatrice silencieuse du mal qui s’étale. Iris qui se vautrent sur les non-dits. Instabilité au creux de la poitrine comme à chaque fois.
Sentiments refoulés de ses sourires et de l’éclat de son rire. Il ne veut rien voir, Rhys. Ni les regards amoureux. Ni les mots qui rêvent de se cracher dans l’asphalte. Ni la peine à chaque écart vers d’autres. Ni le désir qui flirte de trop près avec l’échine. Relation à sens unique que la blonde vit de plus en plus mal. La silhouette écroulée dans les bras de son frère. Des larmes pour sertir le visage de poupée. Mots balbutiés pour de veines explications. Mots balbutiés pour tenter de le rassurer. Échec lamentable. Comme tout le reste quand ça concerne son meilleur ami. Coéquipier qui se met sur le chemin. Coéquipier qui toise et se fait maudire rien qu’à son sourire carnassier. Une main prête à frôler le bras de Jill alors qu’elle recule. Réponse comme des griffes acérées. Évocation d’Angela qui suffit à causer le trouble. Gonzesse superficielle qui obtient toutes les faveurs pendant que la blonde crève dans un coin. Silhouette errant dans les couloirs du lycée. Assez pour l’observer. Assez pour étreindre les sourires qu’il verse aux autres. Les lèvres racoleuses en cherchant d’autres. Les lèvres racoleuses pour une innocence souillée. Le palpitant vorace de tous les sentiments. Le palpitant vorace de ce qu’elle cherche à avouer tout haut. T’es pas que mon meilleur ami. Je suis tombée amoureuse de toi. Sans le voir. Sans le comprendre. Rhys, on peut arrêter les dégâts ? Couperet signé sous la fuite. La silhouette du surfeur qui s’éloigne. Courbes qui se fondent au milieu des lycéens. Jill pousse un soupire. Regard noir à l’autre. Sirène qui se délie entre les convives. Sirène qui s’éloigne de l’enfer. Sirène qui se raccroche à cette ombre. À ce coeur qui possède le sien. L’air frais caresse son visage. Clope allumée par l’adolescent. Fumée grisâtre pour brouiller la vue. Lèvres tremblantes de la blonde. Comme le reste de sa silhouette. Lassitude de ces conneries. Lassitudes des mensonges. Elle s’approche de lui. Les mains sur le tissu de sa robe. Remarque acerbe. Remarque bouffée d’une intonation qui pourrait faire croire qu’il éprouve quelque chose. Comme si c’était possible, Jill. L’envie de rire. L’envie de chialer. Blonde qui se plante devant lui. Index sous le menton pour forcer l’échange. Rencontre céleste des iris. La main pour graviter sur sa joue. Proximité qui se crée. Proximité qui échaude. Les souffles qui combattent à eux. Les souffles qui s’apprivoisent. Désir sur les reins de l’embrasser. Désir sur les reins d’être sienne. — J’ai pas envie qu’il me saute, Rhys. J’en ai rien à foutre de tous ces mecs. Y a que toi qui compte. Y a que toi qui m’importe.  La main qui glisse contre sa nuque. Là maintenant sur les boutons de sa chemise. Fièvre sur les lippes.
Elle combat les démons. Elle combat les siens. Elle combat l’ivresse en s’accrochant comme une forcenée.  — J’veux pas rester ici. Emmène moi à la plage, s’il te plaît. Là où on est bien. Là où il fait frais. Là où nos corps s’entrechoquent entre les vagues. Là où t’es libre, Rhys.
Le dégoût de la soirée. Le dégoût des autres. L’envie d’eux. Elle sent son corps vaciller là contre celui de l’adolescent. — Sauf si Angela tient trop à ce que tu finisses la soirée avec elle.
Dis-moi qu’elle compte pas. Dis-moi que c’est qu’une passade.
Un haussement d’épaule. Nonchalance qui revient. Nonchalance qui glane l’offrande. Un sourire en coin alors que ses phalanges se conjuguent aux siennes.
L’air glacé. Les astres en écho. La lune en reine. Impératrice céleste où se bercent les illusions et les envies. La fête qui bat son plein.
Quand les coeurs se refroidissent à l’extérieur.
Quand les coeurs se suspendent à une relation anarchique.

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MessageSujet: Re: high for this (rhysian)   high for this (rhysian) EmptySam 19 Jan 2019 - 18:42

Fragilité du coeur et du sentiment. Une nuit enlaçant les pulsations essoufflées. Et le rythme saccadé, perturbant le cours des pensées. Jillian se débattait entre mes côtes. Une chimère sinueuse, laissant son emprunte sur les battants d'une poitrine cassée. Je l'aimais d'un amour égoïste. Il y avait du désir. Et peut être de la douleur. Des instants qui se découpaient et se fracturaient entre mes rétines. Je me tournais lentement, expirant les volutes empoisonnées dans la ruelle. Elle était belle. Mon expression s'allégeait, l'étreignait avec mystère, tendresse et fascination. Mais dans chaque rêverie, il y avait la chute. Un retour brutal à la réalité qui nous contraignait au silence. Une amitié étouffante bercée de l'illusion d'un demain. Je n'étais que Rhys, le gosse illégitime et abandonné. Une ombre fugitive et fragile, prête à disparaitre dans l'obscurité de la cour. Ma chemise enserrait mon cou et la veste enflammait ma chair. Mais qu'est ce que tu pensais? Que l'accoutrement suffirait à la séduire ? Qu'une mascarade pouvait tout changer ? Je grommelais en esquissant quelques pas dans le noir. La colère s'injectait dans mes veines. Une chronique de l'amour malheureux, tourbillonnant dans mes viscères qui s'éteignaient les uns à la suite des autres. Je voulais la détester pour ce mal mais l'éloigner remuait la plaie plus fort. Mes doigts s'agitaient entre les cendres de la cigarette. Des poussières grises, ondulant sur l'asphalte qui ravalait mes pensées. Une image d'elle dépeinte dans mon cerveau. Sa chevelure nébuleuse, ses yeux vifs et sa bouche rosée dont la courbe fluctuante se murmurait dans un glissement mélodieux lui tenant lieu de marche. Encore et toujours, le son des talons qui raclait la surface de la lune. Des pas enchâssés, s'égarant loin de la salle de danse et des soupirants. Je relevais la tête avec nonchalance. Une expression imperturbable et une gorge fermée. Des mots que je me refusais, au péril de ma vie. Ce combat des émotions qui se noyait dans l'espoir impossible. Probablement, de peur de tout gâcher. Car la surdité cruelle de la déception pouvait nous ôter cet équilibre. Car une vie sans elle, même comme ça, ne valait pas grand chose. « T'es gay ? Ou pire vierge ? » Sifflai-je en faisant tourner la flamme de mon briquet. Une assomption terrible. Des angoisses refoulées qui émergeaient et se transformaient en piques. Je ricanais nerveusement. La distance se creusait le vide devenait insupportable. « J'ai pas envie d'aller à la plage, Jill. C'est le bal de promo on va probablement me couronner. » Roi des cons. Roi des idiots. Un titre qui collait à la peau, qui entaillait les cellules et laissait sa trace dans l'âme. Je me confondais dans ma rage. Dans l'envie de l'embrasser et celle de prendre la fuite. « Angela c'est une copine. » Mon souffle s'interrompait. Je m'approchais de son profil et effleurait ses boucles sauvages. Ma main lâchait le mégot et l'autre remontait le long de son échine. Lorsque la musique s'arrêtait, nous dansions seuls dans le silence de la nuit. Mes jambes s'arquaient et l'entraînaient suavement dans une valse merveilleuse. Je posais mon menton sur son épaule et souriais. « Et toi, t'es ma cavalière. » Mes lèvres se perdaient contre son oreille. Syllabe après syllabe, elles s'approchaient pour tomber dans le vice d'un baiser éternelle, tatoué sur sa mâchoire.

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MessageSujet: Re: high for this (rhysian)   high for this (rhysian) EmptyLun 28 Jan 2019 - 3:25

Les sentiments écarlates.
Comme les pommettes qui se creusent sous la lassitude. Les yeux qui roulent des non-dits. Les émotions passées sous silence au détriment de la vie. Rhys, gamin perdu. Rhys, adolescent victorieux. L’insolence pour ourler les lippes. La condescendance pour ravager les palpitants.
Les courbes qui sont reines là où les phalanges glissent. Les courbes qui sont reines là où les bouches s’entrechoquent. Jillian, la muette.
Jillian, la spectatrice. Les ricochets de leurs rires qui deviennent une symphonie teintée des larmes. Le corps étendu trop souvent sur son lit. Les muscles recroquevillés le long des draps. Les bras de Teddy pour venir l’enlacer. Le contact rassurant. Le contact tendre. Le baiser sur la tempe pour sceller l’amour fraternel. Des heures à se confier. Des heures à lui raconter les dédales sentimentaux. Des heures à espérer ne plus souffrir.
Échec cuisant à chaque fois. Parce que Jill, elle arrive pas à décrocher. Elle arrive pas à oublier. Le même trouble quand le surfeur se présente dans le viseur. Le même souffle court quand la distance ne devient qu’un reflet échaudé. La même respiration saccadée quand les mots dépassent les pensées. Relation où le mal s’infiltre alors que l’amour déborde. Et ça lui pèse de plus en plus.
Elle arrive plus à discerner le faux du vrai. Les sentiments de la haine. Les sourires des larmes.
Les mains qui retombent contre la tulle. Les phalanges qui s’ancrent au tissu de cette robe. Le corps envahit d’une mélancolie folle. À l’instar de la clarté de la lune pour se refléter au creux des iris.
À l’instar de ses épaules qui s’affaissent et de l’échine qui frissonne. La gorge serrée. Les points claquant l’amertume. Est-ce que tu vois un peu ma souffrance, Rhys ? Elle se recule, Jill.
Assez pour l’observer. Assez pour soupirer aux conneries qui filtrent. La mine lassée des mots. La mine lassée de lui. Ignorance trop féroce qu’elle se prend dans la gueule quand les autres apparaissent dans le décor. — Je suis plus vierge, abruti. Mensonge éhonté. Innocence qui colle encore au creux des cuisses. Innocence qu’elle voulait lui offrir sous les échos de leurs soupirs. Comme dans les plus gros clichés romantiques. Comme dans les plus gros clichés émotionnels. Échec cuisant. Parce que Rhys, c’est qu’un putain d’égoïste et parfois ça lui donne envie de crever à Jill. Pensées macabres pour une adolescente. Pensées macabres pour celle à qui la vie est censée sourire.
Elle recule, la blonde. Parce qu’il veut pas abandonner les rêves de gloire au milieu des cons. Il veut rester à ce bal et omettre les envies de sa meilleure amie. Il est assez con pour évoquer le maillon endiablé. Il est assez idiot pour ne pas voir les larmes prêtes à rouler sur les joues. — Tu sais, ça m’est égal que tu sois roi, surtout si c’est Angela la reine.
Elle hausse les épaules. Elle penche sa tête sur le côté alors que les mèches dorées virevoltent. Alors que la nébuleuse brouille la vue. Un léger rictus en coin quand il essaye de se rattraper. Cavalière ? La suite en suspend. Parce qu’elle a envie de plus, Jill. Et elle est même pas foutue de lui dire.
Elle est pas capable de laisser le rouge de ses lèvres percer l’asphalte.
— Le seul statut qu’elle mérite, c’est roi des pouffes. Remarque écarlate de colère.
Et le doute qui devient certitude quand il rôde de trop près. Les lèvres dansant dans son cou. Le souffle chaud. La tentation au bord du précipice. Le corps qui tremble. Le corps qui se fragilise. Influence éhontée du surfeur. La main de Jill pour s’accrocher à son avant-bras.
L’autre pour glisser autour de la cravate. Le derme frissonnant. Le derme lui appartenant. Ses lèvres qu’elle mordille. Ses lèvres qu’elle veut voir condamnées par les siennes.
— Rhys… Le prénom qui vogue dans l’air. Le prénom qui racle la tension passagère.
Et les yeux qui croisent le bleuté des siens. Sérieux retrouvé. Vérité au bord des lèvres.
— Tu vas voir le cran de m’embrasser cette fois-ci ? Les doigts qui tirent sur la cravate. Assez pour les rapprocher. Assez pour le voir vouter son corps. Assez pour que leurs souffles communient.
Et maintenant ?

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MessageSujet: Re: high for this (rhysian)   high for this (rhysian) EmptyDim 3 Fév 2019 - 21:19

Un coeur diamond fissuré dès qu'il s'éveillait de ses ensorcellements. Jillian, magnifique dans sa robe de soie, le bustier serré pour accueillir mes étreintes. Un instant, arraché de la crypte. Des fragments d'amour dispersés au clair de la lune qui se noyait dans sa nappe argentée. J'étais prisonnier. De la contempler. De la désirer avec cette ferveur tourmentée. Je me penchais, rêvant éveillé d'effleurer sa peau. Etranger et vide. Insouciant et perdu. Une conscience affligée, prête à sombrer dans la folie. Le corps paralysée par une halte sur la chaussée irrégulière. Et tous les chagrins gangrénaient dans ma chair. Père invisible. Mère absente. Des gardes nocturnes où seul, j'attendais ses retours de l'hôpital. Blouse blanche et sourires épuisés. Elle se fanait, maman. Elle crevait dans ses chimères. Ce con, qui l'avait abandonné le ventre arrondi. Un monstre cruel. Un idéal qui contaminait mes pensées. Qui me faisait trembler le soir, lorsque les cauchemars inondaient les draps. La colère se tressait autour de ma gorge. Une parure d'amertume qu'il était impossible de retirer. Me sauve pas, Jill. Mes doigts se déliaient, lâchement subitement sa prise. Une joute verbale initiée pour garder la face. Car je n'avais pas le courage de la perdre aussi. D'exister dans la parallèle sans elle. Meilleure amie. Moitié d'âme. Un tout qui s'enfonçait dans la peau. Sa bouche ondulait dans la pénombre, brisant le sceau d'une promesse qui nous tenaient en otage. Je me fichais de ses expériences sexuelles. J'essayais d'oblitérer le mal, de l'ignorer jusqu'à ce qu'il s'efface. De l'imaginer nue dans les bras de l'inconnu. Un cheminement de la passion, apparence en apparence. Un grain de peau maculé par le contact d'un autre que moi. Le mal s'enfonçait et je ricanais nerveusement. « Ouh, fais attention la limite entre émancipée et pute est très fine. » Remarque acerbe, gerbée à contre coeur. Une jalousie qui faisait écho à la ritournelle émotionnelle. Je la détestais d'être lumière. De briller aux crochets du ciel. Je la détestais d'appartenir au monde, d'exister sous les louanges des astres, de se tenir paisiblement et d'insuffler la tourmente dans mon coeur. Malheur à moi, amoureux de la roulette russe. Un jeu de hasard dangereux. Tout gagner ou tout perdre. Alors, je préférais le milieu. Une vie de fugitif dans l'illusion d'une amitié qui s'écorchait avec le temps. Je pinçais les lèvres en aspirant les vapeurs de ma cigarette. Une nonchalance adoptée pour lui plaire. Une carrure d'athlète et une gloire déchue dans l'équipe de rugby. Le sommet où je me trouvais seul, dans les bras d'Angela et des imposteurs. Jillian était réelle. Elle se consumait entre mes yeux. Elle brûlait mes rétines et imprimait ma mémoire. J'agitais les manches de ma veste. Des ourlets trop étroits. Un tissu trop lisse. Je déboutonnais les boutons et tirais sur la cravate. « T'es jalouse ? C'est toi ma number one, chill. » Je la taquinais en attrapant ses hanches. Le sentiment au bord de la déroute. De ses mots. De ses putains d'allusions. Elle soufflait sur les brasiers. Elle incendiait le myocarde. Un bout de nous, flottant sur les insignes lumineuses. On se noyait sous la houle ravageuse. « Jillian... » C'était un long regard bleu clair. Elle glissait ses griffes dans mon col. Arme tranchante sur l'artère palpitant. Ma respiration s'accélérait. Nous attendions. Tout était immobile. La cour était silencieuse, comme prise au piège. Mes lèvres vrillaient sur sa joue. Un contact de sang. Un supplice qui éveillait le pire. Des cercles dessinés à même les muqueuses jusqu'à la commissure des lèvres. « Non. Si je t'embrasse, je le choisis. » La partie terminée. Un forfait déclaré pour sauver ce qui restait de nous.
Parce que je l'aimais trop fort.
Parce que la chevalerie s'éveillait en moi.
Qu'elle me blâme.
Qu'elle se détache.
Dans mon âme, la crevasse était éternelle.
Et je méritais une médaille.
Un putain de trophée et la statue du crucifié à mon effigie.
Car le bon choix, c'était pour les autres.
Et qu'elle était ma différence.  
Mon unique chance d'être un type bien.

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Jillian Walsh

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MessageSujet: Re: high for this (rhysian)   high for this (rhysian) EmptyMer 6 Fév 2019 - 17:43

Les mots pour fracasser. Les mots pour faucher.
Animosité crachée du bout des lèvres. L’incendie qui alimente les regards. Lassitude de la blonde. Soupire filtrant pour imposer la colère. Clarté du regard pour fustiger les intentions.
La dynamique infernale entre les meilleurs amis. Un pas en avant. Dix pour reculer.
Chemin entrouvert pour des retrouvailles amoureuses. Chemin brisé par la rancoeur. L’interlude qui ne prend plus. L’interlude qui n’offre plus qu’une symphonie répugnante.
Des paroles balbutiées en guise de réconciliation. Des larmes pour bercer les désillusion. Les lèvres pincées des confessions funestes. Tout ce que Jill garde enfouie dans les tréfonds de son âme. Tout ce qu’elle crache les soirs d’hiver face à son frère. Recroquevillée dans ses bras pour trouver un peu d’accalmie. Les larmes au bord du précipice. Les pansements collés sur chaque plaie par l’étreinte fraternelle.
Assez idiot pour replonger à chaque fois. Addiction démesurée pour Rhys. Les quatre lettres du prénom qui voguent à la surface de l’échine. Celle qu’elle rêve de voir bénir de sa bouche. Celle qu’il voudrait désirer comme toutes les autres. Les anonymes de ce monde qui passent sous les draps froissés. Toutes ces gonzesses du lycée qu’il consacre sienne pour quelques minutes, quelques heures. La blonde comme témoin silencieuse à chaque fois. La blonde come spectatrice chagrinée. Le palpitant qui bat à s’en rompre. Les points qui se serrent. Manière déguisée de tenir bon. Manière déguisée de glaner les sentiments. Amour dévorant venu la ronger depuis ses quinze ans. L’esprit embaumé par son regard azur. L’esprit captif de son odeur, de la chaleur qu’il dégage et de tous les doutes qu’il consacre. Existence bousillée sous le poids des non-dits. Et Jill, elle y arrive plus. À être sereine. À faire mine de s’en taper. À oublier les écarts de conduite. À oublier la peine qu’il cause sans même s’en rendre compte parfois. Bonne qu’à attendre. Bonne qu’à espérer. Bonne qu’à souhaiter le meilleur quand le pire vient la foudroyer.
Proximité retrouvée. La chaleur pour courir sur les reins. Les mains prisonnières de sa nuque. Les lèvres pour se frôler. Les lèvres pour se désirer. Le palpitant sur le point de rompre. Des pulsations anarchiques comme tout ce qui règne. Je sais plus comment te faire comprendre les choses, Rhys. Je suis même pas sûre que tu as vraiment envie de le savoir. Les mains qui empoignent les hanches. Les bassins qui se frôlent. La gêne. Le pourpre pour dégommer les pommettes. Les doigts suspendus à la cravate. Pour le forcer à courber l’échine. Pour le forcer à se baisser à sa hauteur. Les lèvres prêtes à communier. Les lèvres prêtes à se consacrer. La tension qui grimpe. La tension voltige. L’impression de plus savoir respirer. L’impression de plus comprendre comment tout ça fonctionne. Première fois que les corps se surplombent de la sorte. Première fois qu’elle comprend à quel point son amour est dévorant. Là partout comme une maladie. Là partout comme une nécrose sur la chaire. Tombée tout court depuis trop longtemps. Auto-persuasion qui ne fonctionne même plus. Comédie qui ne prend plus.
La chute finale. La détresse dans le regard quand Rhys dérape le long de sa joue. Amour avorté. Amour mitraillé. Jill, elle craque. La déception pour pointer son courroux.
La gorge nouée. Les larmes prêtes à dévaler. Les mains qui retombent contre le tissu à la couleur du sang. Celui qu’il fait valser sous les décombres d’une tentative avortée. Perte de repère alors qu’elle se met à rire nerveusement. L’éclat pour étouffer les silences pesants.
— Mais tu me choisis pas. Le constat est clair. Le constant fait mal. Douleur pour écarter les derniers doutes. Il ne te verra jamais autrement que comme la bonne copine. Statut qui ne suffit plus. La proximité qu’elle impose à nouveau. Hargne pour atteindre son apogée. Les doigts contre le menton pour forcer l’échange. Les lèvres trop près des siennes. Le contact frêle. Le contact pourtant bien réel. Une pression à peine convaincue. Une pression où le corps tremble. Les mains accrochées aux dernières bribes d’espoir. L’écarlate déception sur le visage de porcelaine. Ivoire peint de honte et de désillusions. — Tu as même pas assez de courage pour m’embrasser. Un dernier rire. Un dernier éclat.
Et elle se barre, Jill. Silhouette qui se détourne comme les vagues. Comme ces ricochets pour frapper les rochers. Comme ces ricochets pour abîmer le paysage. Dédale marin pour s’amouracher des astres. Traînée céleste qui ne réussit qu’à briller dans ses iris claires. — J’ai plus envie de faire la fête. Elle s’adosse au muret. La tristesse sur les traits. La tristesse sur les lèvres. Le corps endolori par la déception, par le froid, par la distance. — Va récupérer ton titre. Ordre claqué d’une voix froide. Autant que l’échine qui frissonne. Les dents pour frapper. Elle hausse les épaules, Jill. Un regard lourd de sens vers Rhys. Deux adolescents au milieu d’une bataille sans précédent. Deux adolescents qui ont sûrement grandi à l’envers. L’ombre du père absent. Et l’amour qui ne suffit pas à le satisfaire. — T’es le roi, tu sais. T’es le roi des cons. T’es le roi des abrutis. Et moi j’suis assez conne pour te courir après. Le constat répugnant. Une année à taire les émotions. Une année à accepter de le voir dans les bras d’autres. Une année à faire semblant de tout. Une année à se dire qu’elle y survivra pas. Naïve et fleur bleue. Rosée fanée à cause des épines du surfeur. — Et même là, t’es pas foutu de me voir.
Le regard baissé.
Le palpitant en berne.
Elle capitule. Il gagne.
Elle perd. Il peut sourire.
Le chapitre se termine.

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oublier ces heures qui tuaient parfois à coups de pourquoi le cœur du bonheur.


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MessageSujet: Re: high for this (rhysian)   high for this (rhysian) EmptyMer 13 Fév 2019 - 12:59

La musique filtrait sur l'horizon. Des voix, des silhouettes valsants entre les néons. Mon regard glissait sur sa robe. C'était irréel. Cet instant. Nos doigts emmêlés. Le besoin de l'embrasser, de crever dans ses bras. Jillian était versatile. Elle soufflait la flamme qui embrasait mon âme. Elle ployait sous mes lamentations et tendait la main qui échouait sur mon coeur. Constance des sentiments pour infecter les yeux. Une amitié inscrite dans la chair. Une incapacité à s'accorder. A trouver l'harmonie entre les lignes de la partition. Et malgré les promesses, il y avait cette limite franchie lorsque ses lèvres remuaient dans l’ombre. Je la fixais avec étrangeté. Je vacillais — je sombrais. Pouvait-elle écouter les hurlements du myocarde qui aboyait son nom ? Jillian Walsh. Jill, mon amour. Jill, pour toujours. L'espace creusé dans les côtes. Le vide qui s'enfonçait dans les plaies pour pétrir la douleur. Elle nourrissait le mal depuis des années. Cette évidence du coeur à coeur. Cette naïveté juvénile qui manquait avec les autres. Les filles. Les copines. Les chimères de la nuit aux galbes langoureuses couchées sur les draps. Je relevais lentement la tête. Sa colère appelait la mienne. Une confrontation qui commençait toujours. Le déni pour étouffer le sentiment. Le déni pour étouffer tout court. Je serrais les dents, les poings agrippés à ses hanches. Une complicité ravageuse. Des idées, un million de fantasmes dans chaque fragment de souvenir. Je n'arrivais pas à me pencher. Je n'arrivais pas à cueillir le fruit interdit. Parce qu'elle était plus importante que le reste. Elle était l'équilibre qui me retenait au bord de la crevasse. Cette mélodie qui berçait les doutes. Gamin solitaire. Gamin abandonné, étouffé dans les étreintes de la mère absente. Une génétique défaillante. Silhouette imposante au milieu de la foule. Une démarche rustique et des yeux perçants. Des mains fortes et un esprit d’ailleurs. L’accent qui roulait au fond de la poche gutturale. Tel un animal sauvage. Un étalon indomptable. Origine froissée sur le bout de papier. L'acte de naissance pour ne rien dire. Pour ne rien trouver. Ce besoin d'appartenance qu'elle ne comprenait pas, qui m'empêchait de la saisir maintenant, de la happer du sol et de m'enivrer de ses parfums. Je fronçais les sourcils. Elle attaquait, la première. Insolence bordant ses lippes voluptueuses. Insolence pour élargir la blessure et saigner le coeur. « C'est ce que tu crois vraiment ? Que j'te choisis pas ? » Déception autour des yeux. Le vide dans les côtes. Elle avait le pouvoir d'éveiller les démons. De susciter mes vices. Je la laissais s'éloigner, les pas reculant vers le mur. L'impact glacée pour retrouver la contenance. Elle divaguait, Jillian. Elle se noyait dans l'illusion du rejet. Mais je n’avais rien fait. Je voulais la protéger. De moi. Des mecs. De tout. Mon regard était insistant. Il la crucifiait sur la place publique. Il réclamait cette justice qu’on m’avait ôté. « T'embrasser et après ? On baise et on passe à autre chose ? » C'était ce que je faisais. Enchaîner les corps et les extases. Oublier les identités et les connexions. Être le con, le volatile. Je grimaçais en enfonçant mes poings dans ma veste. Son chagrin était contagieux. Il glissait comme une lame dans ma gorge. Elle me faisait mal, putain. La fête touchait à sa fin. Il n'y avait pas de couronnement pour le roi des ténèbres. Cette peur tailladant les poumons. Cette peur philosophique de l'amour, de l'attachement. Le sentiment s’épandait comme une prison dans mon coeur. Une prison qui resserrait ses étaux sur mes entrailles. Je vacillais. Je me perdais. L'insouciance prenait l'assaut de la raison. Je m'approchais en titubant, la cigarette coincée dans le bec. Les lueurs tournoyaient autour des lampadaires. Qu'elle se moque de cette réputation de lycéen. Qu’elle se moque de moi et de ce qui était important. Demain, nous devenions adultes. Demain, nos actes étaient déjà manqués. Histoire d'amour dérisoire. Romantisme écoeurant lorsque les pères se barraient et que les mères crevaient dans les gardes interminables. J'avais la haine contre le monde. La haine d'exister, d'être là. La rage sifflait dans mes bronches. Des alvéoles en état de mal sous l'atélectasie des tissus mous. Les poumons qui s’affaissaient pour ne plus respirer. Je grommelais en la hissant du sol, prenant sa silhouette de force sur mon épaule. Je marchais vers la sortie. Des pas secoués par les images qui ravageaient le cerveau. Des fantasmes et des idéaux, crevé dans la fuite tant espérée. Je me dirigeais vers la plage. Le ciment se transformait en galet sous mes chaussures. J'épousais les formes de l'océan. Les vagues qui s'écorchaient sur les roches mousseuses. Le ressac qui jouait sur le rivage avant de retourner dans l’azur. Jill ne bougeait pas, crispée dans mes bras. La chute anticipée dans la mer. La course effrénée pour nous jeter dans la gueule des éléments. Mouillés. Glacés. Les peaux tremblantes et les âmes chevrotantes. Je me redressais et capturais ses joues. Le regard transpercé par les étoiles qui flottaient sur la nappe noire. Le regard transpercé par ces larmes qu’elle étouffait dans ses prunelles. « T'as retrouvé tes esprits ? » Je marmonnais en l'attirant violemment contre mon visage. Des lèvres en collision. Un choc brutale, qui enflammait l'espace autour de la ville. Je la sentais dans mes inepties. Effluve de grâce après des heures de tourmente entre les murs de la salle de bal. « C’est que des conneries, Jillian ! Je suis ton meilleur ami. Tu vaux mieux que ça. » Je frisonnais dans son contact. S’il te plait oublie. Faisons comme si de rien n’était. Un mirage. Une illusion, noyée sous la constellation qui chavirait dans le ciel.

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