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Ronan Costigan

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MessageSujet: zombie (leo)   zombie (leo) EmptyDim 30 Déc 2018 - 19:18

La foule en délire. Des spectateurs souillés par la soif de sang.
Sous-sol du pub irlandais pour accueillir la violence des coups. Des âmes en perdition venant se disloquer à même le ring. L’odeur de moisissure trop présente. Comme les myocardes qui gangrènent un peu plus à chaque poing dans le ventre.
La chute est lourde. Un premier revers dans la mâchoire. L’autre dans les côtes. Tous les coups sont permis. Ronan, pantin manipulé par la hargne de l’adversaire. La douleur sur les traits entachés par le sang. Le ventre qui se tord. Carcasse au sol alors que les cris résonnent. Des encouragements vains. Une envie du combat fantomatique. Il pense à trop de choses, Ronan. Le visage de son père au rire diabolique. Celui qui grouille dans les couloirs fétides de la taule.
Il revoit Ean. Ce cousin. Ce frère. Emporté trop vite. Emporté par l’audace d’un amour qui aura eu sa peau. Colère encore présente comme à l’annonce du pire.
Puis ses paupières se ferment. Le corps encaisse la douleur.
Et il revoit Rafferty. Dernier échange de banalités dans la demeure du clan. Des éclats de rire moqueurs comme à chaque fois. Complicité évidente. Complicité ravagée par le drame. Couloir aseptisé où la nouvelle est tombée. Couperet pour séparer le clan. Couperet pour créer le chaos.
Distance imposée par Leo. Distance qui fait crever Ronan. En silence. Parce qu’il est bon qu’à ça. Fermer sa grande gueule sur tout ce qu’il le touche.
C’est peut-être pour ça que quand le coup déglingue son thorax ; c’est lui revient sur les berges d’un esprit contrarié. Un visage. Une peau qui échaude la sienne. Une voix qui fait vriller toute notion de bon sens. La rage au creux de la gorge. Des mots qu’il cherche à hurler mais qui sont prisonniers. Comme lui. Prisonnier d’un fantôme. Prisonnier d’une ombre de passage dans sa vie. Trop fugace. Trop douloureuse. Il l’appelle à lui. Il lui demande d’arrêter son manège. De cesser de lui retourner le crâne. Mais les plaintes sont mutiques le long d’une trachée asséchée par l’effort.
Les mains de l’arbitre qui gagnent les airs. Le combat qui se termine.
Victoire par k.o. Victoire par manque de vie.
(…) La silhouette est lourde. Le pied à fond sur la pédale de l’accélérateur.
Route sinueuse qu’il épouse dans des revers violents. Volonté de se tester ; volonté de danser avec la mort. Il souffle et resserre l’étreinte de ses mains sur la bécane. Le ronronnement du moteur qui se surplombe à la rage qui filtre de sa bouche. Insultes qui s’égarent à l’abri des regards, à l’abri des coeurs amoureux.
Colère qui s’exécute. Colère qui ronge l’impératrice à l’alliance souillée.
Aucune idée du pire. Aucune idée du mal qui ronge son époux. Juste les éclats de rage. Juste les remarques acides. Comme celui qu’il sent couler sur sa peau à chaque pensée vers son empreinte venimeuse. L’arrêt est brutal. Comme tout le reste.
L’irlandais est chancelant. Les veines imbibées par le whisky. Les veines comprimées par le flot alcoolisé. Les effluves qui pourrissent son haleine. Les effluves qui ne calment pas les maux. Il monte les escaliers de cette immeuble dont il ignore tout. Mascarade que son frère a choisi de mener. Une gonzesse dans les pattes pour berner le diable. Celui qui s’impose comme le spectre de Rafferty. Il a pas compris. Il a pas cherché à le faire. Soif de comprendre. Soif de vérité.
Leo, il s’éloigne. Leo, il laisse la distance gagner le combat.
Conséquence funeste d’une famille ébranlée dès que la sentence tomba. Il est mort. Et eux avec. Alors son poing cogne avec hargne à la porte.
La gueule défoncée, encore sanglante. Comme ce filet pourpre qui recouvre sa lèvre. Goût métallique sous le palais. Des bleus de plus. Une plaie béante à l’ombre de son arcade sourcilière. Il contrôle rien. Ni sa colère. Ni sa peine.
Ni ses envies. Ni l’exil de son égo. Emporté trop vite par la tempête qui subsiste. Des vagues dans lesquelles il s’est perdu en espérant se noyer contre son odeur. — Leonard !
Prénom de son frère. Toutes les lettres qui claquent sous le palais. Identité utilisée à la complète que quand il lui en veut, quand il a fait un truc de travers. Fratrie dysfonctionnelle où les deux ont tiré leurs cartes. Le fou et le roi. Le roi et le fou. Les ondes qui mélangent. L’entre choc d’un amour fraternel. Ronan, le modèle. Leo, son guide. Celui qui empêché l’irlandais de se noyer à chaque fois. Parrain de son gosse pour sceller la fraternité. — you better open the fucking door ! Et il frappe dedans. Il est là, Leo. Il a vu de la lumière sous la porte. Il peut entendre les pas derrière la frontière de bois.
Ronan, il perd pieds. Ronan, il crache du sang contre la porte. Vestige de ses blessures. Vestiges du mal infligé pour camoufler le pire.
Il tombe à terre.
Il tombe en enfer.
Il appelle à l’aide.
Des s.o.s. que plus personne n’entend.

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MessageSujet: Re: zombie (leo)   zombie (leo) EmptyLun 7 Jan 2019 - 22:04


La télévision qui tourne en fond et les lumières tamisées du salon pour éclairer une nuit solitaire. Il reste là Leo, à faire valser les balles et les morceaux du pistolet entre ses doigts, à décrasser, démonter, remonter. Il s'amuse de la mécanique minutieuse alors que son esprit est à des lieux d'ici, quelque part aux côtés du corps de Rafferty. Boîte qu'il revoit descendre six pieds sous terre, avec tous ses souvenirs et ses derniers sourires. Les larmes pour polir le marbre d'une pierre tombale, laissant une traînée de questions plus terribles les unes que les autres. Comment, pourquoi, qui. Un coupable qu'il cherche sous tous les visages. Dans son entourage et à l'autre bout du pays. Des connexions qui prennent et qui s'effondrent, des convictions qui s'effritent. Qui croire alors que la méfiance se glisse sous son derme comme une armure.
Il soupçonne le monde entier et sa famille d'abord. Trahison muette pour bercer ses enquêtes. Des regards à la dérobée, des yeux qui accusent et cherchent des réponses là où il n'y en a pas – où il n'y en a jamais eu. Le fratricide en option tristement envisageable – les Costigan sont prêts à tout pour l'avenir du clan. Abattre une brebis galeuse ne serait qu'un échelon de plus vers la chaleur d'un enfer qui leur tend les bras depuis longtemps. Ils ont le vice dans le sang. Mutation génétique transmise de génération en génération. Plus pourris les uns que les autres, à chaque décennie qui s'égraine dans le sablier. Leo ne déroge pas à la règle. Les mains dégoulinent de carmin et les marques creusées dans sa peau témoignent du pire. L'encre boucle le tableau, avec tous ces tatouages calqués sur son derme. Tantôt souvenirs, parfois simples mises en garde.
Un cri qui perce. Appel à l'aide dégueulé sur les effluves alcoolisées. Les veines pompent l'adrénaline sous le coup de la surprise, mais les harmoniques sont trop familiers pour qu'il en vienne à s'inquiéter, alors il va ouvrir, Leo. Dévisage l'épave qui se dresse devant lui. L'ombre d'un aîné. Carcasse décharnée, traits déformés par la violence humaine. La surprise le prend aux tripes mais il n'en montre rien, Leonard. Éternel impassible – son monde pourrait s'effondrer qu'il cillerait à peine. « Shut up, you're gonna wake up the whole neighbourhood. » Des mots qui claquent dans un calme précaire. Il fronce les sourcils Costigan, en voyant l'hémoglobine contre la porte – une énième raison offerte à Ivy sur un plateau d'argent pour gueuler. Peu importe, ce n'est pas sa priorité ; il le fait entrer. Soutient comme il peut sa silhouette chancelante pour l'entraîner dans l'appartement. « What are you doing here ? And what the fuck happened to you ? » Il claque la porte comme il peut et l'amène jusqu'au sofa, où il l'abandonne sans grande délicatesse.
Les ombres dansent entre le sang et les hématomes qui coulent sous son derme. De son frère, il ne reste plus grand chose, ce pauvre type qui lui fait face semble ridicule dans la peau de Ronan. « Look at you, you drunkard. » Le mépris au bord des lippes et la distance qu'il impose en se redressant. Il l'observe, de sa stature. Les contours fracassés de son visage et le rouge qui lui mord la peau. Les reliefs inhabituels et les creux dans une chair à vif. « Who did this ? » Il demande quand même, Leo. Il demande malgré lui. Malgré la mort de Rafferty et les soupçons qui pèsent trop lourd sur ses épaules, il garde ce réflexe. Inquiétude pour l'autre, pour sauver le sang, sauver le clan. Éducation violente taillée dans son esprit belliqueux. Il questionne pour motiver sa rancune. Questionne car c'est ce qu'ils font, dans la famille ; protéger les uns et les autres. Élevé dans la fraternité et l'esprit de vengeance. Œil pour œil, et pour une dent, toute la gueule.

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MessageSujet: Re: zombie (leo)   zombie (leo) EmptyMer 9 Jan 2019 - 13:50

Costigan. Danse désaxée des lettres. Meute où la louve règne. Les canines carnassières au milieu de la nuit. Berceau du vice. Berceau du mal. Les regards qui se croisent. Le respect qui s’impose. Les étreintes pour camoufler le sang. Les étreintes pour camoufler la haine. L’adrénaline greffée au myocarde. Dommage collatéral que chacun encaisse en silence. Respect de la reine au milieu des princes. L’ombre du roi plane encore mais s’effrite.
Le trône qui salive de pourpre. Le trône qui salive du mal. Abysse enfoncée jusqu’à la moelle. Les éclats de voix ravalés par les ordres matriarcales. Elle parle, on se la ferme. Rhétorique qui dégouline. Comme l’amertume que chacun dissimule. Les émotions au second plan. Les actions au premier. L’un se casse la gueule ; les autres signes pour tomber avec. Les doigts d’une main qu’on détruirait d’une amputation sanguinaire.
Ean, le premier domino qui a chuté. Détonation pour lui faire racler le bitume. Détonation de la vie aux cendres. Rafferty, maillon manquant à l’union céleste. Mort prématurée où tous les sentiments implosent. De la méfiance à la rancoeur. De la douleur à l’incompréhension. De l’incompréhension à la vengeance. De la vengeance aux larmes. Costigan. Blase qu’on n’est pas autorisé à bénir de ses larmes. Blase qu’on souffle, la fierté dansante sur les lippes. Blase qu’on déçoit une fois, mais pas deux. Exclusion que les saints profanes à chaque connerie de trop.  Ronan, il a imaginé. La vie sans son clan. La vie sans ces merdes. La pointe dans le palpitant. La mine biaisée d’être sans eux. Comme avec Leo. Petit-frère surprotégé. Petit-frère guidé sur la voie sanglante. Les phalanges vissées dans ses épaules trop innocentes à l’époque. Tu as pas le choix, un jour, ce sera toi la relève. Tu feras couler le sang comme nous tous. Palabres lunaires du frère aîné. Palabres assourdissantes qui résonnent encore. Il reste plus rien de l’union. Il reste plus rien d’eux. Discorde semée comme le dernier souffle. Éloignement forcé. Éloignement subi. Etau dans la poitrine. Étau desserré par les coups dans la gueule. Par le whisky qui grouille au creux des veines. Par sa main qui se perd sur une queue. Par la sienne qui claque sous le palais de l’autre.  Par Ava qui s’efface au profit des souvenirs. Par l’amour qui crame derrière les parcelles d’ivresse. La rage au coeur d’y penser. La rage au corps de faire sans. Absorption ridicule des idéaux.
Ronan, c’est qu’une loque. Le prince qui sème le sang et récolte l’enfer. Le prince qui sème le vice et récolte la souffrance. Les genoux pliés vers la mère sainte pour implorer le pardon. La respire haletante d’effluves alcoolisées. La carcasse qui n’est qu’atrophie. Et ce palpitant qui n’est que ruines. Il ricane. Il ricane sans contrôle. Le rire qui claque sous le palais et roule sous la langue. Prête à se délier. Prête à cracher le venin. Le poison comme crucifix à quinze ans de mariage. Un regard désabusé sur le sol. La langue pour panser l’écorchure à vif. Grain de sels sur la plaie en pensant à demain. — Don't remember. Probably, a bastard like me. Des coups qu’il encaisse. Des combats qu’il perd. Une sentence pour camoufler les maux. Une sentence pour se sentir vivant au milieu de la mort. Respiration en suspend. Respiration brutalisée par chaque appel des poings. Ça l’aide à tenir. Ça l’aide à supporter. Carcasse baisée et rongée par le sang qui coagule. Les ecchymoses au coeur ; à l’âme. Des blessures plus intimes. Celles qu’on n’évoque pas. Celles qui deviennent contre-nature. Honte greffée sous la pulpe encore échaudée du ravage. Le manque au creux des tripes. T’es qu’une pauvre merde, Ronan. C’est toi qui aurait dû crever comme un rat. Pas Rafferty. Pas Ean. Sacrifie qu’il aurait accepté à la gloire du clan. À la gloire des siens.
Famille pétrie par le mystère. Famille pétrie par les failles. Trop camouflées. Trop profondes. La non-évocation de l’infâme. La non-évocation de ce qui se cache sous les couches de derme.  
Ronan, il mate Leo. Le pied qui frappe sur la table basse. Bruit assourdissant teinté du silence glauque. Aucun respect pour les autres. Aucun respect pour lui. Déchet humain qui gît sur le tissu de ce canapé. Seconde peau pour quelques secondes alors qu’il se relève. Silhouette mal assurée. Les muscles plaidant coupable. Les lèvres rageant de rancoeur. Il titube. Il manque de s’écrouler une fois, sans doute deux, et trop de fois. — I've never needed you more than now. Un rire triste s’échappe. Un rire tapis d’alcool. Un rire serti de douleur. Le goût métallique sur les lippes. Vipère salivaire qui ne suffit pas à éradiquer le mal. Son empreinte. Son vice. Son odeur. Son goût. Et tout ce qu’il n’aura pas eu le temps d’espérer. Il arrive à hauteur de Leo. Et il le repousse. Une main contre ce buste. Une main contre ce tissu qu’il étreint. — But you decided to forget us. La voix qui tremble de sincérité. La voix qui tremble d’un sanglot. Chialer, c’est pour les tapettes, Ronan. Les larmes c’est pour les pd, alors ravale-les. L’écho du patriarche avec la claque en pleine gueule pour faire rougir l’échine. Les regards penchés au dessus de la falaise. L’abandon du corps dans les vagues. L’abandon de Simon dans les méandres. Des perles salées refoulées, en érosion là au creux des iris.
Ronan, il s’accroche désespérément à son frère. Il s’accroche désespérément aux dernières prémisses de vie. Puis, le mouvement de recul est brusque. Trop brutal. Le corps qui titube et s’écroule quelques mètres plus loin. La tête prête à frapper le rebord de la vitre. Les phalanges gisant sous les bleus. Un regard désabusé. Un fardeau trop intense.
— I cheated on my wife with a guy. L’aveu grisant la scène. L’aveu flirtant avec irréel. Délivrance létale à chaque mot qui surgit de la frontière charnue. Délivrance calée sous la colère et la langue qui roule.  L’alcool comme guide. L’alcool comme carapace. Y a qu’à Leo qu’il aurait pu l’avouer. Y a qu’à Leo qu’il aurait pu faire face. Pas rythmés par l’envie d’en finir. Par l’envie de crever dans des silences assassins. — I should probably regret it. But funny fact, I don’t. Les bras levés en guise de désolation alors que le rire éclate. Plus fort que les autres. Plus désabusé. Le monde qui berce par l’éclat de larmes. La peine pour souiller les traits fatigués, tirés par le vice. Il mate, Leo. Signature apposée sur sa condamnation à mort. Il va tout perdre, Ronan. De sa femme à son clan. De son clan à son fils. De son fils à toute fierté. Et pourtant ça grouille de l’envie de recommencer. Ça grouille de l’envie de crever d’une dernière overdose de lui. — Sure, now, you have a reason to be ashamed of being my bro. Trémulation sous chaque lettre peignant sa langue. Il ricane une dernière fois. Mais le paysage n’est plus qu’émotion.
Le paysage n’est plus qu’un souvenir déchirant.
Un coup de poignard dans la nuit.
Ne me déteste pas pour avoir fauté. Ne me déteste pas pour ne pas être le frère parfait. Ne me déteste pas d’être un modèle bancale.

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MessageSujet: Re: zombie (leo)   zombie (leo) EmptyDim 20 Jan 2019 - 16:40

Les sentiments contraires qui se fracassent de l'intérieur. Haine engendrée par le décès prématuré de Rafferty. Amour fraternel, tissé depuis une éternité dans la chair du palpitant. Évidence génétique. Le clan avant le reste, tout le reste. Le clan avant soi-même. Le clan, jusqu'à ce qu'ils en crèvent. Élément que leur frère cadet a pris trop à cœur, dernièrement. Deux mois à peine qui se sont écoulés, depuis la macabre nouvelle. Des appels répétés et des messages laissés sur son répondeur. Dépêche-toi Leonard. Il est au bloc. Dépêche-toi. Suppliques murmurées par tous les membres de cette foutue famille. Des appels au secours qu'il n'a pas su entendre, alors qu'il succombait à Morphée, après une énième nuit d'excès. Je suis désolé. Mots échappés à son arrivée à l'hôpital. Mots sans impact, qui n'ont même pas été entendu. Parce que c'était trop tard. Parce que Rafferty n'était déjà plus.
La réponse tombe, insatisfaisante. Indifférence alcoolisée, que Leonard prend comme réponse. Il ne fera pas plus d'efforts – il en fait assez comme ça. Au nom du clan et d'une époque révolue. Un autrefois merveilleux, où ils étaient complices. Où Ronan était son modèle et Leo lui, se serait prosterné à ses pieds comme le plus fidèle des dévots. Plus tard, je veux être comme lui. Comme Ronan. Mots de l'enfant insouciant. Litanie murmurée comme un secret, à chaque bougie soufflée, chaque vœux prononcé. Aujourd'hui, c'est différent. Aujourd'hui, ce sont les contours d'une épave, que son regard redessine. Pauvre type imbibé d'éthanol. À la prose blessante, à la carcasse éclatée. Sa main contre son torse et un pas forcé vers l'arrière. Il réagit à peine, Leo. Il accepte simplement de reculer, car lutter ne servirait à rien. You decided to forget us. Un sanglot qui tombe dans ses oreilles, avec un impact terrible. Il essaye de cacher le pire de ses réactions, Leonard. Que dissimuler ce cœur qui se serre, à l'intérieur. Mais ses lippes tremblent, et ses phalanges se resserrent sur ses bras croisés.
L'aveu qui fait trembler le monde. Il le regarde chuter et cracher ses mots, dégueuler ce qu'il pense être des regrets, au début. Il n'en est rien, parce que de toute évidence, Ronan ne s'en veut pas. La nouvelle est surprenante mais une fois de plus, il cille à peine, Leonard. « So you're into sucking dicks now ? This family keeps surprising me. » Mots acides, pour cacher son empathie. La moquerie pour le blesser, pour faire comme s'il n'en avait rien à foutre, Leonard. But truth is, he cares. Il l'écoute rire et crever sur le plancher. Ses ricanements macabres et ses regards sévères. Il subit tout ça en silence, Leo, et attend que le calme retombe. Qu'il ne reste rien de plus que les inspirations trop fortes de Ronan. Ses doigts se desserrent sur ses propres bras et la paralysie se dissipe dans son corps entier. « You're done ? » T'as fini ton petit numéro, Ronan? Ton calme, attitude sévère. Il ne compte pas s'effondrer dans ses bras et lui frotter le dos, Leonard. Ça ne lui ressemble pas.
Il s'avance, finalement. Des pas silencieux dans une nuit qui appelle au repos des âmes. Il s'approche et s'accroupit à sa hauteur. Visse son regard dans le sien. « You know what makes me feel ashame, Ronan ? » Les prunelles glacées et un silence forcé. Une fraction de seconde pour le laisser réfléchir, même s'il n'attend pas de réponse. Son regard contourne rapidement sa silhouette, et puis il reprend. « You, acting like a fucking drunkard. You, pissing blood on my floor. You, complaining about your life like a teenager. Man up. » Liste non exhaustive, qu'il pourrait étirer encore longtemps. Il pourrait même y mêler Rafferty, et tous les drames qui ont englobé cette famille. « I don't care that you're into guys. » I'm not dad. Patriarche aux propos glaçants. Tantôt homophobes, surtout réducteurs. Sans doute que le paternel lui aurait arraché la tête, si c'était dans ses oreilles que la confession était tombée. Mais c'est pas le cas, et Leo, il n'en fait pas une affaire d'état. Il est un peu triste pour Ava. À peine inquiet des conséquences – ce n'est pas sa vie, après tout. Tant que ça n'impacte pas le clan.
Il se redresse, déploie sa carcasse. Lui désigne le sofa, plus loin. « Now get up and take a seat on the couch, I'll be right back. » Voix apaisée, mais à l'intérieur, c'est toujours le bordel. Trop d'informations à gérer. Le cœur qui se serre entre ce qu'il veut et ce qu'il doit faire. Il ne lui tend même pas la main pour l'aider à se relever – juste pour lui rappeler que la rancune est toujours là, ancrée dans les chairs. Il disparaît simplement à la salle de bain pour récupérer une trousse de soin, puis revient sur ses pas. « And don't throw up on the couch. My girl is going to kill me. » Remarque qui se glisse dans un soupir, alors que ses phalanges s'égarent dans la trousse, à la recherche de quoi soigner les blessures de guerre, à la recherche d'un peu de compassion.

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MessageSujet: Re: zombie (leo)   zombie (leo) EmptyLun 21 Jan 2019 - 17:51

Les effluves de l’alcool. Les effluves de l’amertume. Les effluves du sang.
Ecchymoses collées à l’échine. Plaies béantes pour rameuter la douleur. Aussi lancinante que déchirante. Là sous le spectre de la nuit. Là sous le spectre des monstres. Le goût métallique sous le palais pour lui rappeler les erreurs. Pur lui rappeler les coups dans le ventre. Les coups dans la gueule. Traits cabossés comme le palpitant. Pris en otage par un inconnu. Pris en otage par un type dont il ne connait que le prénom et l’odeur boisée. Un type dont il ne connait que le regard cendré et le sourire écarlate. Un type qui a choisi de le précipiter dans le fossé près de la porte échaudée des enfers. Tu es marié putain, tu devais pas céder à la tentation, tu devais pas ruiner quinze années de promesses. Le visage d’Ava pour salir la scène. Le visage d’Ava pour disparaître au profit de l’échine caramélisée. Celle qui hante ses pensées. À chaque seconde. À chaque minute. Désordre temporel pour l’empêcher de retrouver la raison. La condition des astres contraires qui ne sont plus que collision. Le ciel teinté de foudre et de colère. Punition du tout puissant pour une relation que trop de gens nommeraient anormale. Le clan qui le condamnerait sur un bucher. Le clan qui ne verrait en lui qu’une petite pédale, qu’un élément qui se superpose à la honte. Famille ravagée par le sang. Famille ravagée par la mort qui danse là tout près des corps en vrac. Y a eu Ean. Y a eu d’autres. Puis y a eu Rafferty. Frère maudit. Frère absent du décor depuis deux mois. Nouvelle impossible à avaler. Nouvelle impossible à accepter. Les pas accumulés dans le couloir aseptisé. La voix tremblante pour ordonner à Leo de se pointer au plus vite. La voix tremblante pour ordonner à Leo de pas faillir à la promesse éternelle du clan. Si y en a de nous qui tombe, on tombe tous. On est des frères. Y a rien qui viendra nous séparer. Rien. Même pas la mort. Il pourrait ricaner, Ronan. Parce que sa disparition a tout foutu en l’air. Méfiance quand la reine défile. Méfiance quand les princes s’agenouillent devenant elle. Méfiance quand les questions éclatent. Méfiance quand les réponses s’écharpent. La mine effacée par la tristesse. Les traits tirés des heures entières à contempler le plafond. Insomnies où un seul visage fait rage. Où un seul visage s’impose dans le décor. Les idées qui tournent à l’envers. Mécanique chaotique. Comme tout le reste. Vie baisée sous le fardeau de la naissance. Berceau où les regards se focalisaient. Berceau où les mains tâchées de sang venaient s’agripper. Destin installé sous le courroux du tout puissant. Celui qu’il souille de pensées érotisées par les lettres d’un seul prénom. T’es ridicule, putain. Tu le connais même pas. Tu devrais rien éprouver de plus que du dégoût.  Les poings serrés.
La carcasse à terre. Les émotions pour tapisser le parquet. Les émotions pour égosiller le palpitant. Un soupire las alors que son regard finit par croiser celui de son frère. Cadet dont il est le plus proche. Fierté dans les prunelles à chaque réussite. Main sur l’épaule à chaque coup dur. Étreinte pudique à chaque doute. Moitié ayant tiré la carte fuite lors du dernier jeu. Éloignement forcé. Éloignement subi qui fait rage. Comme tout le reste. Les mots qui fusent. Les mots qui flinguent. Palabres reçues comme des claques en pleine gueule. Défonce des traits. Défonce de la lèvre esquintée. Globules rouges coagulés près de l’arcade. Tableau dépeint d’un énième combat ; celui de trop. Le soupire lasse pour s’imposer hors des lèvres. La pointe au travers du myocarde avec les lettres dansantes. I don't care that you're into guys. Le regard brillant pour soutenir le sien. Soulagement passif pour déborder de cette bouche abimée. Soulagement passif pour contrer toute l’animosité du clan pour la différence. Pour l’égal des genres qui dérange trop. Remarques acerbes contre les hommes qui conjuguent à deux. Remarques acerbes comme les hommes qui plient les genoux pour goûter au vice. Moqueries balancées d’une voix trop piquante. Comme une tâche d’acide sur l’échine. Comme ce patriarche qui dictait sa loi, imposait le style. Putain qu’il a eu envie de gerber Ronan quand certains doutes se posaient. Putain qu’il a eu envie de gerber quand certains doutes devenaient foudroyants là sur la chaire. Le cadet pour sauver l’aîné. Tableau pathétique. Tableau ridicule. Il se laisse pourtant faire. Il obtempère.
La carcasse qui s’exile sur le canapé. Dans cet appartement dont il ne connait rien. Incompréhension sous l’instant alors qu’il esquisse un rictus aux propos de son frère. Rictus désabusé. Rictus pour sauver les apparences. Mais de quelles apparences tu parles ? T’es rien de plus qu’une sombre merde, Ronan. — Always thought you was less fucked up than us. Les mots qui franchissent le barrière esquintée. Leo assise face à lui. Le regard des frères qui se croisent. Le regard des frères qui s’apprivoisent à nouveau. Le regard des frères qui se retrouvent. Ronan qui baisse les armes. Ronan qui peut pas s’empêcher de vouloir le protéger. Même quand c’est lui qui fout tout en l’air.  Your girl ? Goddamn, Leo. It sounds like you could be in love. Un léger rire qui tire sur les plaies. Rappel de la douleur qui se scotche à la gueule. Cette gonzesse, Leo en a vaguement parlé. Y a une fille. Pas besoin de plus de détails. Ronan, il a pas cherché à discuter.  Ronan, il a accepté les silences. Seule volonté de voir son frère heureux. Seule volonté qu’il foute pas tout en l’air comme lui avec Ava. Mariage sur le point de céder au vice nébuleux de son empreinte. Mariage sur le point de céder à cause de ses conneries, de ses choix. Il se laisse manipuler par les phalanges du frère. Tampon imbibé d’antiseptique. Produit incolore qui brûle l’échine. Comme son souvenir. Comme sa présence dans ses chiottes ce soir là.
— Who is she ? Mom will hate her, you know it ? Louve protectrice. Louve sur le réserve avec les étrangers. Louve prête à acérer les crocs. Les fils pour hocher la caboche. Les fils pour accepter l’influence matriarcale. Ava, la seule qui s’est infiltrée sous les couches avec autant d’aisance et de facilité. Reine de coeur pour bouffer le roi. Reine de coeur pour l’amener à l’union sacrée.
Reine de coeur étouffée par la tristesse. Et les déclarations en suspend. — I don’t imagine what she could say about me and Lorenzo. Regard désabusé dans le vague. Regard désabusé alors que les effluves alcoolisées condamnent le rire sarcastique. Elle te tuerait, Ronan. Elle te chasserait de la baraque avec les yeux gonflés de larmes. Elle te renierait comme si tu n’étais qu’une petite merde de plus. Une raclure sur le parquet qu’elle effacerait d’un coup de talon. Hypothèse qu’il n’arrive même pas à se fixer dans l’esprit. Parce que de toute façon y a pas matière à détailler. Y a pas matière à en dire plus. L’inconnu s’est barré. Une première fois. Et une seconde fois. Il s’est barré parce que leur relation n’est rien de plus qu’un maléfice pour faire marrer les cieux. — Yeah, that’s his name. A man. An italian. A football player. Liste des défauts qui s’accumulent. Le connard à la gueule d’ange adulée par le fils. La connard à la gueule d’ange désirée par le père. Tableau dansant sur les notes pathétiques. Tableau dansant sur les notes macabres.  — I don’t even know what’s wrong with me, bro. Enième rire. Enième désillusion.
Y a rien qui fonctionne à l’envers depuis Rafferty. Depuis lui. Univers en désordre dans lequel tu as plus ta place, Ronan. — Thanks. Juste ça. Rien de plus. Pudeur trop de mise entre eux.

_________________
je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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