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Ronan Costigan

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MessageSujet: deliver us (ronenzo).   deliver us (ronenzo). EmptyDim 30 Déc 2018 - 17:01

La clope coincée entre les lèvres.
La fumée qui comprime les poumons.
Le regard où le néant étreint les idées noires. Les poings condamnés aux corps qu’il défonce avec l’audace de se sentir vivant. Mensonges qui gouvernent ses reins. Culpabilité qui dénonce les conséquences putrides. Maison qu’il fuit à la première occasion. Monstre de lâcheté pour se défiler devant le regard sinistre de son épouse. Douce Ava au coeur meurtri. Douce Ava qu’il ruine de ses mains maudites. Le palpitant bloqué à un étage inférieur. Ascenseur émotionnel. Y a deux semaines. Y a un siècle.
Impression que le temps condamne le paysage.
Impression d’une mort lente et déchirante là où le feu ne brûle pas que dans les souvenirs. Ils sont ardents. Ces braises qui chagrinent les marques ancrées sur l’échine. Ces braises qui échauffent un abdomen sans vie. Ces braises qui font flamber ses idées. L’esprit torturé. L’esprit anesthésié par des images incessantes.
Un dos qui claque contre la porte. Des lippes tentatrices à la saveur céleste. Un regard pour lequel il se tailladerait les veines. Le sang prêt à couler ; comme la réminiscence de ce contact échaudé. Danse pour se fondre sur la chaire imposante. Il y repense. Il en crève. Nuit noire et solitaire quand sa carcasse s’éloigne de celle d’Ava. Distance entre les époux au milieu des draps glacés. Ses doigts pourtant brûlants qui s’y accrochent comme à sa peau.
Il sombre, Ronan. Il sombre à chaque seconde qui passe. Il sombre en encaissant les coups et en se damnant pour connaître son prénom. Des lettres imaginées se fondre sous l’ivresse des soupirs. Le palais prisonnier d’une identité qu’on appellerait supplice. Il lâche un soupire, l’irlandais. La gueule négligée par la barbe et la fatigue alors que ses yeux traînent sur les vitrines encore décorées. Magie de noël qui n’opère pas. Magie qui n’existe plus que dans des fantasmes interdits. Alors il resserre l’étreinte de sa main dans celle de son gosse. L’accroche à une existence dont il ne veut plus. Pas si c’est pour se condamner à cette douleur. Pas si c’est pour terminer dans le couloir de la mort sans le goût de sa bouche une dernière fois. Cian, il a des étoiles dans les yeux. Il est insouciant. Il est à l’abri du mal qui ronge son père. Il traîne ce dernier au détour d’une rue avant de se stopper brutalement.
Ronan, il capte rien. Ronan, il est aveuglé par la fumée de sa clope. — Dad ! Look ! I cannot believe my eyes ! La voix galvanisée par la vision au loin. La voix galvanisée par sa passion ; par son idole. Il saute sur place, fait pression sur la manche de cette veste aussi sombre qu’un myocarde nécrosé. L’irlandais, il baisse les yeux sur la tête blonde. — What ? Souffle nonchalant. Comédie qu’il peine à mener. La voix brisée, comme le reste. Un signe de sa main innocent et son regard qui se perd. Et Ronan qui se perd tout court. Une accroche dans le paysage. La nébuleuse vérité actionnant cette douleur répugnante. Les prunelles dilatées par la surprise et l’angoisse. Peur viscérale qui naît de l’audace des corps victorieux. Il racle sa gorge. Il est paralysé sur place. Les godasses enfoncées dans le bitume. Tout le poids de sa carcasse qu’il ne contrôle plus. Un haut le coeur. Une nausée qui surgit comme lui dans la nuit meurtrière. De nul part. Une tempête affolante pour tout ravager sur son passage. Un orage brutal qui couple le souffle. Son souffle. Ronan détourne les yeux. Incapable d’assumer la chimère qui s’élève. L’empire qui se construit sur un instant souillé par l’absence. — Lorenzo Farnese, my favorite player ! Un prénom. Un nom. Les lettres qu’il rêve de rouler sous l’opale de sa langue. Celle qui claquerait sous le palais dans une délivrance décadente. Ce prénom gravé dans chaque pore de sa peau comme l’anonyme d’une nuit. L’anonyme d’un rêve assumé. Ce bourreau. Torture à l’échine, torture au coeur. L’envie de pointer le canon d’un flingue contre sa tempe pour abréger la souffrance. Explosion sanguinaire pour effacer à la définitive sa nature. Envies refoulées depuis trop d’années. Question de respect ; question de normes. Un costigan, ça baise des sirènes. Et ça le fait bien. — I want to ask him for an autograph. Il finit par regarder son gamin. L’intensité des pulsations qui étouffent sa cage thoracique. Un poids qui devient aussi pesant que le souvenir de sa bouche flirtant sur sa chaire endolorie par l’envie. Il essaye de retenir son gamin. Rêve qu’il brise d’un coup d’oeil sombre. La main qui attrape la sienne avec fermeté. Colère impératrice. Colère reine. Colère rouge. — No. Hell no, Cian. Don’t move. We gonna leave now. Il crache le mégot au sol. Les dernières braises disparaissent sous la semelle crasseuse. Une seconde d’inattention et le gamin qui se fait la malle.
Course effrénée au milieu de la foule. Perte de contact qui le fait paniquer, Ronan. Les poings serrés alors qu’il emboîte le pas.
— CIAN ! Damn you. Prénom hurlé. Prénom condamné à la rage. Il sent son souffle se couper. Presque autant que toute circulation sanguine. Coagulation des synapses. Coagulation des rêves.
Il court à s’en rompre les poumons et finit par retrouver son fils.
Il est là prêt du damné. Il est là près de son damné. Possession irréaliste pour une relation qui n’est que cendres. La bile autour de l’estomac. Contracture de ses muscles. De ses os qui craquent sans vergogne.  — I asked you to stay with me. La voix colérique pour remettre le gamin à sa place. Attitude paternaliste. Parce qu’il vrille totalement, Ronan. Et c’est après cinq bonnes minutes de latence et d’ignorance qu’il ose soutenir son regard. Il suffit d’une étincelle pour raviver le mal. Celui qui ronge. Celui qui assassine.
Perles de sueur sur le front qui soulèvent les angoisses. Teint blafard masqué par sa barbe ébène. L’écho des saints pour piétiner ce mal. L’écho des saints pour marquer l’interdit. L’infidélité qui se mesure à un désir refoulé. L’infidélité qui maltraite le bonheur. Et lui qui martyrise son esprit. Pars, putain, pars et laisse-moi respirer. Pars et laisse-moi crever en silence. Pars et deviens mon plus bel échec. Pars et deviens mon pire manque. Il soupire, tient son gosse fermement contre sa carrure imposante et musclée. — Sorry for the trouble. The trouble. Celui qu’il a causé. Celui qu’il peint dans chaque pore de cette peau. Frémissement camouflé par les couches de vêtements. Mais ses yeux eux, est ce qu’ils savent encore mentir ?
Regarde ce que tu as crée. Regarde ce que tu as abandonné. Regarde ce que tu assassines.

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MessageSujet: Re: deliver us (ronenzo).   deliver us (ronenzo). EmptyDim 30 Déc 2018 - 19:17

La tête cogne, la lumière assassine. Echec de trop sous les effluves d'alcool. C'est la dernière fois que j'bois, que t'essaies de te convaincre à chaque fois que les dégâts te reviennent en pleine gueule. Réputation éclatée aux yeux de celui foutu sur un piédestal depuis que t'étais môme. Icône devant laquelle tu as salement trébuché en tentant de te prosterner. Comportement exécrable, les mots pour suivre derrière. La honte foutue à Seth, par la même occasion. Promesses, encore. Plus jamais. Et la chute, quand l'esprit s'est perdu dans les réminiscences d'une nuit à sens unique. La peau du brésilien, tu la sens encore contre la tienne. Le parfum que le crâne n'est pas capable d'oublier. Sa sale gueule placardée dans les moindres recoins de la caboche. Son silence comme alarme. Ghostée en surpuissance, alors que l'autre a carrément quitté le staff du club et la ville sans un mot. Disparition du jour au lendemain, sans laisser la moindre trace. Par ta faute. Alors l'alcool, pour combler toutes ces voix qui gueulent dans ta tête. Un soir de trop, où les bras rassurants de Renata n'étaient pas là. Absence de la seule à connaître les maux. La seule à pouvoir les contrer de sa voix apaisante. Ta carcasse contre sa silhouette, nichée contre ton double alors que tu lâches prise. Chiales, sans les limites imposées par les conventions. Craches tout ce qui te ronge le cœur. Il s'est barré, sans prévenir. Il m'a foutu en l'air et a tourné les talons en m'laissant comme le dernier des cons. Des soirées qui se succèdent et se ressemblent, quand les pensées déraillent sans prévenir.
Des verres que t'as arrêté de compter. Les prunelles divaguant le long des formes de la serveuse. L'insistance déplacée pour obtenir plus que son nom. Refus en bloc de la blonde. Rifiuto qui ne sait pas tenir sa liqueur. Fuite vers une porte dérobée au refus de trop. La démarche brouillonne, la silhouette gardée en équilibre par cette main qui glisse sur le mur. Planqué dans les chiottes pour retrouver la raison. Et y finir à genoux. Chute aussi douloureuse que les autres. Tu cherches encore ce qui a éclaté dans ton cerveau pour que ça termine de cette manière. Pour que tu sombres contre cet inconnu. La provocation dégueulant de tes lèvres, impossible à retenir. Ces mêmes lippes qui ont fini contre lui, après une danse pitoyable des mots. Souvenirs vagues noyés sous les vapeurs d'alcool. Visage déjà oublié, voix devenue sourde. Mais les trop nombreux dessins décorant sa peau, ils sont calqués dans ton crâne. T-shirt soulevé par tes mains avides, encres découvertes sur la peau de l'amant éphémère. Une phrase résonnante dans la tête. Till I die SW. Un parmi tous les autres sur le derme. Derniers vestiges de l'erreur nocturne.
Deux semaines à tenter d'oublier. De te guérir entre les cuisses des gonzesses passant ton chemin. Défilé de silhouettes ondulantes dans ta piaule. Toutes plus différentes les unes que les autres, dans cet espoir vain d'être soigné des pensées malsaines. T'aimes pas les hommes, Lorenzo. Rafael, il était l'erreur d'une vie. Le moment faiblesse. T'as mélangé une amitié fusionnelle à quelque chose d'autre. Alors pourquoi est-ce que ton cœur explose toujours autant quand tu penses à lui ? L'autre, il n'est qu'une preuve en plus que l'alcool n'est pas fait pour toi. Que ton cerveau disjoncte totalement quand l'éthanol se dilue dans tes veines.
Banalités échangées au téléphone avec ton ainé. Détails de ce qu'il se passe au pays, depuis ton retour de Milan. Quelques jours passés chez toi, pour les fêtes. Le manque déjà ressenti, quand t'entends la voix de ton frère. Ta veste tirée par un geste trop doux pour paraître agressif. La tête tournée vers cette petite silhouette. Visage aux yeux écarquillés. Gamin à l'air ahuri. Ça t'fait sourire, Lorenzo. Le même regard, à chaque fois. Et putain, tu t'en lasseras jamais de voir cet émerveillement dans leurs prunelles. Comme quand c'était toi le gosse, lors de ta première rencontre avec Arsène Wenger. Tu coupes ton frère dans son discours. « Ci vediamo dopo, Gabriele. » Ecouteurs foutus en boule dans la poche de ta veste, rictus écartant tes lèvres en direction de la tête blonde. « Hey kiddo, what's up ? » Ton poing contre le sien, avant de te baisser à sa hauteur. « I can't believe it's you ! » Le rire débordant de tes lèvres, l'instant d'après. Bonheur injecté dans les veines dans ces moments. Les meilleurs côtés du boulot, de la célébrité qui en découle. Et putain, t'aimerais tellement être un meilleur modèle pour ces gosses. Ne pas décevoir en continuant tous ces déboires que t'arrives pas à retenir. La connerie dans la peau. « I was so happy when you beat Everton yesterday. », qu'il dit avec cet énorme sourire, le gamin. Fin d'une série de matchs sans la moindre victoire. Un nul, pour sauver la face. Contre Arsenal. Le cœur battant en entendant le champ des supporters dans un camp adverse. Un sentiment auquel t'arrives pas à te faire. « Yeah, it was a good win for us. » Pas résonnant sur les pavés, une troisième silhouette qui s'impose dans la scène. Tu relèves la tête, croise le visage du nouveau venu. Pas son regard. Le mioche récupéré contre la carrure imposante. Corps redressé par la suite, les yeux légèrement baissés pour inspecter les traits rudes du bonhomme. « No problem, he's a cool kid. » Clin d'œil en direction du gosse, le sourire décorant toujours ton visage. Mains enfoncées dans les poches de ton blouson en cuir.
Tradition qui en devient presque ridicule : réactions naturelles des gamins, puis le parent derrière pour calmer le jeu. Tu t'en fous d'être emmerdé de la sorte, Lorenzo, tant que tu fais la journée de quelqu'un. « Dad, can I have your phone to take a picture ? » Yeux relevés vers le visage paternel, mais qui retrouve rapidement tes traits. « If Lorenzo is ok… » Demande qu'il peine à former sous l'appréhension de la rencontre. Tes iris divaguent entre les deux. Jonglent entre le bonheur débordant du petit, et l'air hagard de son géniteur. Il va bien, ce type ? « Definitely, as much as you want ! » Une simple phrase, une poignée de mots pour foutre en l'air les dix prochaines minutes du père.

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Dernière édition par Lorenzo Farnese le Dim 30 Déc 2018 - 21:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: deliver us (ronenzo).   deliver us (ronenzo). EmptyDim 30 Déc 2018 - 21:28

L’ignorance.
Un regard pour assassiner la vérité. Cette lame qu’on aiguise et qu’on plante là ça fait mal. Le palpitant ravagé de mille et une rancoeurs. Les minutes latentes d’une arrivée, d’un souffle qui se perd, de sa voix qui résonne. Une scène irréelle qui flirte telle une chimère au goût de sang.
Le gamin à l’émerveillement collé aux prunelles.
Le gamin à l’innocence qui gomme les erreurs.
Une figure paternelle qui sombre au milieu des ténèbres. Ils se dressent sur chemin. Ils empiètent sur son espace vital. Il ronge sa moelle d’une délice trop espéré. Il ronge sa moelle d’une réalité absurde. Les contradictions qui dansent là où l’oeil de son fils brille. Putain, t’es mal barré, Ronan. Silence gardé pendant de trop longues années. L’amour laissant place à l’habitude. Le désir laissant place à la routine. La routine pour confirmer les doutes. La routine pour confirmer ce que le clan maudit dans des remarques moqueuses. Etiquette qui ramasse la poussière. Sexualité qui ne compte que quand elle se perd entre les cuisses d’une sirène. Ava, il avait désiré sa peau autant que ses lèvres. Il avait craché la chaleur de son souffle sur sa nuque à mesure que sa chaire possédait chaque dédale de ce corps d’amazone. Ava, ça avait été l’évidence au milieu des doutes. Et maintenant, elle devenait l’éclat d’une amertume. Une couverture lugubre qui ne camouflait plus les maux trop ancrés.
Il en crève, Ronan. À chaque seconde un peu plus. Le whisky pour éponger l’évidence. Les combats pour anesthésier le manque sur sa peau. Une douleur cruelle qui revient le gifler de part et d’autre de cette tronche marquée par le temps. Les ridules comme gage des années écoulées. La barbe assombrissant le paysage. Gueule qu’on remarque. Gueule qu’on craint. L’aîné d’une fratrie respectée pour éviter de bouffer les foudres sanguinaires.
Mais la seule foudre qui traverse l’horizon, c’est la nonchalance dans son regard. C’est l’ignorance qui vient lui bouffer chaque contour tordu de ses entrailles. Un coup dans le ventre. Le pire des coups. La gorge nouée. Les muscles tendus et douloureux. Il se retient, Ronan. La violence suspendue aux mots exempts de tout son. La violence déchirée là où les souvenirs rôdent. Il rôde le monstre, il empiète sur les battements de son coeur, il le bousille de ses iris, il le bousille de sa présence. Mais pas devant le gosse. Jamais devant le gosse. Promesse faite à l’instant où ses premiers cris ont résonné dans une salle aseptisée. Il avait pas à subir les dommages collatéraux d’une famille bercée par le sang et les trafics. Il avait pas à goûter l’enfer. Pas maintenant. Pas tout de suite.
Idéaux s’imposant que ce gosse finirait par prendre le relais de son père. Qu’il se retrouverait sur le trône au milieu des abysses. Des abysses où il plonge la tête la première rien qu’à la voix enfantine.
Une requête. Des photographies pour saisir les souvenirs. Le seul qu’il aurait aimé s’ancrer sous le derme est en face. Footballeur. Monstre. Frontière mince entre le désir et la haine.
Le vice claquant sous le soupire qui filtre. — Cian, please. Les points serrés. Le regard rongé par l’agacement. Incision autour du myocarde. Les poumons qui ne sont qu’un vaste champ de bataille. Et lui, son soldat, son combattant. Il gagne. Si tu voyais comme ça me déglingue. Si tu voyais comme j’en crève avant même d’avoir rongé ta peau jusqu’à la rosé du matin. Mais son fils, il sait comment le manipuler. Il sait comment obtenir.  — Five fucking minutes. Hurry up. Il passe sa main dans l’intérieur de sa veste. Il farfouille dans cette poche pour récupérer le téléphone. Les phalanges tremblantes, pas assurées. Danse caustique comme tout le reste. Un mouvement anodin. Un morceau de tissu qui se soulève. Une peau qui apparaît. Vestige de sa bouche contre. Vestige de sa chaleur pour l’étouffer. Mort délicate bonne qu’à se damner pour la revivre. Et l’encre qui apparaît. Inscription gravée dans le derme. Till i die SW. Jusqu’à ma mort Simon Wesburn. Le meilleur ami. D’enfants innocents à adolescents en mal d’adrénaline. Le clan Costigan pour guider les drames. Il avait seize ans, Ronan. Une nuit avec l’ombrage des étoiles. Des éclats de rire, une bouteille à la main. Un moyen de se tester. Un moyen de rentrer dans le moule. Les regards curieux sur un deal en provenance d’une grange derrière le manoir. Les silhouettes chancelantes pour se hisser et disperser les questions. Le paysage, il s’est brouillé en peu de temps. L’éclat de la voix du patriarche, celle du client. Une première détonation. Puis une seconde. L’irlandais, il a flippé. À un tel point qu’il a pas vu. Il a pas compris. Carcasse de son meilleur au sol. La chaire déposée sur l’herbe humide. Une balle perdue. Une balle au travers des débris miteux du hangar. Mauvais endroit, mauvais moment. Il avait hurlé Ronan. Il avait porté le corps sans vie au creux de ses bras. Bro, come on, wake up, don’t leave me. Y avait eu les perles salées pour diluer le sang. Et l’écho de la voix de son père. Remontrance d’avoir trainé dans les parages. Remontrance de se retrouver avec un cadavre sous les bras. Conséquence macabre annihilée quand la décision fût prise de mentir. Si quelqu’un apprend ça, on tombera tous, Ronan. C’est ainsi que se rythme notre vie. Toi aussi, tu feras couler le sang. Le corps de Simon foutu dans le coffre de la bagnole. Plus de cinq cent kilomètres pour se retrouver au bord d’une falaise. L’adolescent tremblant. Il chialait tellement que son père lui a foutu la raclée de sa vie. ferme ta putain de gueule, maintenant. Alors il a arrêté. Il a accepté la sentence. Il a accepté son blase. Il a regardé le corps de son meilleur chuter de quinze mètres pour finir dans les vagues salées.
Épisode sous silence. Personne n’a été mis au courant. Ni les frères, ni sa mère, ni les parents du défunt. Il avait seize ans quand pour la première l’aiguille a tapé son derme pour y caler une dose exacerbée d’encre. Et encore maintenant, il y pense.  — I don’t have all day. Le tissu qui retombe quand il tend son téléphone à Cian. Quelques échanges cordiaux, quelques photographies.
Et l’asphyxie. Il supporte plus, Ronan. Quand Cian revient à sa hauteur, il pose une main sur son épaule et se baisse pour lui faire face. Les doigts sur sa joue pour lui inculquer le respect des règles. — Wait for me in the car. And for once, listen to me. Une clé tendue. Un ordre. Une nécessité.
Poids trop lourd qui écrase chaque millimètre boisé de sa peau.
Effluve de son parfum à lui qui cherche ses sens, qui cherche le vice.
Fou de rage, fou des souvenirs, il l’observe. Un regard noir. Un regard où transperce la haine d’une telle indifférence. Il enfonce les mains dans ses poches, tire sur son blouson et mord sans conséquence sa lèvre. Épaisseur qu’il démonte de ses canines. L’odeur du tabac encore calqué edessus.  — Thanks for your precious time. L’insolence dansant sur les mots.
Tout qui revient. Tout qui tourne. Tout qui s’emballe. Comme cette nuit là. Comme quand il est venu le ramener à la vie sans le comprendre. Comme quand il a oeuvré de cette bouche tentatrice et de sa poigne salvatrice. Peau frottée mille fois pour chasser sa présence. En vain. Esprit torturé bien trop de fois sans réussir à se le sortir du crâne. Les questions d’Ava. Ses questions à lui pour écraser le restant d’oxygène au creux de ses poumons.  — Give me back my phone right now. Une requête. Un ordre. La voix écartelée par l’envie de le foutre à terre. L’envie de le détruire comme il le fait. Ce feu qu’il crée. Cet incendie qu’il entame. Cette condamnation au pire.
Quand il devient le mieux. Putain. Les idées déglinguent tout. Ronan, complètement rongé. De la tête aux pieds. Chaque pire de sa peau. Il se penche. Il arrache le téléphone de ses mains. Quelques centimètres d’une proximité retrouvée. Si tu savais comme j’te veux. Si tu savais j’te hais. Si tu savais comme avec toi, j’me sens moi. — And it was a good win for me as well. Les propos repris. Les propos en écho à ceux entendus en débarquant.
Et il regrette. Et il recule. Et il s’éloigne avant de sombrer.
Pourtant, la chute est là. Présente depuis trop longtemps.
Présente depuis que sa peau s’est ancrée à la sienne.

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MessageSujet: Re: deliver us (ronenzo).   deliver us (ronenzo). EmptyDim 30 Déc 2018 - 23:24

L’impatience non dissimulée du paternel, sentiment exposé à de trop nombreuses reprises dans des scènes semblables. La peur de gêner, la plupart du temps. De te faire perdre ton temps pour quelques clichés et une signature sur un morceau de papier trouvé à l’arrache dans les poches. Quelques minutes, tout au plus. Pas mort d’homme, dans tous les cas.
L'insistance dans le regard du gamin pour enfin faire céder l'autre. Il te lance un sourire victorieux, le dénommé Cian. Rictus que tu reproduis en miroir. Il a une bonne tronche, le mioche. Pas comme le père. Cette face décomposée, à l'instant où il s'est pointé. Comme si t'étais la source de tous les maux du monde. Y'a ton cœur qui se pince pour le petit, pour cette réaction à la con que son géniteur démontre sans la moindre retenue. Un regard que tu ne peux discerner. Dont tu ne peux comprendre la véritable teneur. Est-ce qu'il l'a saoulé le gamin, pour se pointer en face de toi ? T'en sais rien. T'en sauras jamais rien. Mais cette gueule qu'il affiche, elle n'inspire pas la sympathie.
Accord verbal et le gamin qui s'emballe. Ne tient plus en place. Un rire bordant tes lèvres. Innocence si pure, loin de tous les exemples que t'as pu donner. Des doigts tremblants que tu suis du regard, les bras croisés sur le buste. Y'a quelque chose qui ne tourne pas rond chez l'homme d'en face. Bombe à retardement qui semble sur le point d'exploser. Les interrogations qui s'enchaînent à la même allure que les suspicions. Alcool, drogue, peur ? T'en as aucune idée. Alors tu fais un pas en arrière, de peur que ça soit autre chose qu'un portable qu'il sorte de sa poche. T'es paranoïaque, maintenant ? Prunelles plantées sur le geste qui ne semble que trop difficile à réaliser. Prunelles qui divaguent plus bas, quand le tissu remonte et que la peau s'impose.
Et ton cœur s’arrête.
Lettres dégueulées par l'épiderme. Phrase qui fait écho dans ton crâne. Ces mêmes initiales qui n'ont fait qu'embrumer ton esprit, te rappeler ton échec. Visage de circonstance que tu cherches à garder, les traits fermés à la moindre réaction. Les bras qui bougent, quand même. S'écarte de la poitrine où plus rien ne bat. Les mains enfoncées dans les poches arrières de ton jean. Vas-y, exposes les faiblesses en cas de coups. Mécanique du corps qui n'a aucun sens. Armure de tes bras que tu abandonnes à l'instant même où le danger se présente. T'as le ventre qui se tord, Lorenzo. Souvenirs qui éclatent dans la caboche, aveuglent et mettent à mal. Tes propres palabres, tes propres suppliques à son égard. Propos déplacés lancés à un vulgaire inconnu, l'éthanol parlant à ta place. Un mot qui cogne, revient sans cesse. Polpetto. Surnom débile sorti de nulle part en voyant la carrure du bonhomme. Envergure que tu dépasses de ta stature. Tu sens la salive quitter l'intérieur de ta bouche, ta gorge se sécher sous les échanges familiaux. Five minutes, que tu n'entends que de loin. Le regard suit la scène comme si de rien était, mais le crâne est à la traîne derrière. Encore coincé dans les chiottes de ce bar. Contre lui.
Le gamin qui t'embarque, ramène l'esprit à la réalité. Corps qui s'éloignent après avoir été trop près l'espace d'un instant lascive terminé depuis des jours. Souvenir soudain trop riche, alors qu'il semblait à des années lumières. Le dos tourné à l'autre, à l'instigateur de l'erreur. Distance qui brûle, pourtant. Ronge la tête. Coup d'œil au gosse qui a déjà déverrouillé le portable. « Here, give it to me. I'm good at this. » La main tendue vers le bas, vers le mioche qui obtempère dans la seconde. Les doigts qui attaquent, pianotent sur l'écran. Une simple lettre choisie au hasard envoyée par message. Et ton propre téléphone que tu sens vibrer dans la seconde. Qu'est-ce que tu fous, bordel ? Un passage que tu effaces, un instant après. « I like your name, it's Irish, isn't it ? » Il hoche la tête, Cian. Fierté sur les traits à la suite du compliment. Et tu ne mens pas, Lorenzo. Tu saluts l'originalité agréable à l'oreille. La demande pour installer le sous-entendu, pourtant. « Does your dad have an Irish name too ? » Quelques clichés pour immortaliser l'instant. Pour marquer à jamais la vie du gamin. Des photos qui vont tourner dans la cour d'école et dans le voisinage. « Yeah. He's called Ronan. » Ronan. Cinq lettres pour déchirer le palpitant autant que ses cinq doigts ardents dans ton boxer. Basta, Lorenzo !
Deux, peut-être trois photos encore. Puis le retour en Enfer. Vers lui et ses regards qui font sens, maintenant. Gosse envoyé ailleurs dans la seconde. « Thank you so much, Lorenzo ! » Un signe de la main, puis il s'évade. Arbitre qui se retire en plein milieu du combat. Un regard de jais qui te foudroie sur place, quand tu le croises. Mâchoire serrée pour ne rien laisser paraître. Intérieur des joues érodés jusqu'à sentir le gout métallique. Le cœur qui manque un battement, quand ses dents martyrisent la lippe. Flash de réminiscences non souhaitées. Mal-être de l'âme à la vision assassine. « Nessun problema. » Langue natale qui provoque plus qu'autre chose. Palabre innocente, pourtant. Un ton qui change le sens. Une main dans la poche alors que la dominante tient toujours l'appareil. Comme un défi stupide pour contrer ses mots.
Les poumons se vident et refusent de se remplir. Approche trop rapide, trop soudaine. Tu fais un pas en arrière. Contact violent contre tes doigts. Contact salvateur, putain. Veines en ébullition, corps tendu. Peur que tu n'avoues pas, que tu ne reconnais pas. Comme tout le reste. Toutes ces envies qui mordent ton abdomen, assassinnent les songes. Crâne qui implose, quand les mots reviennent. Qu'il est toujours aussi proche, quand il les dégueule. Tu ne respires plus, Lorenzo. Incapable de prendre la moindre inhalation pour sauver ta pauvre carcasse. Tu le toises, pourtant. Baisses les yeux pour détailler sa silhouette pendant de trop longues secondes. L'incandescence au creux des reins alors que tu t'revois les genoux à terre. Que tu sens encore sa main se refermer sur ta peau durcie. Des gestes brouillons, débutants de part et d'autre. Passion éphémère pour guider le reste. « I have no idea what you're talking about. » Légèreté dans la voix, pour y cacher la souffrance qui règne dans la tête.
Mensonge effronté.
Honte trop dissimulée.
Les deux poings serrés dans les poches de ton blouson. Les ongles malmenant la peau jusqu'à laisser des marques. Comme celles que Ronan a abandonné dans ton crâne. « Better not keep your son waiting. » La voix étrangement assurée quand tu reprends la parole. Facétie pour contrer tout ce qui fait mal, tout ce qui brûle dans ton crâne.

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MessageSujet: Re: deliver us (ronenzo).   deliver us (ronenzo). EmptyLun 31 Déc 2018 - 1:00

Les points serrés contre le tissu. Une chaleur qui s’éprend du derme. Une froideur qui s’éprend du myocarde. Des battements au ralenti. Une respiration qui n’est plus que demi-mesure. L’illusion pitoyable d’une situation sous contrôle. Perte de repère dès le premier regard. Le son de sa voix. L’accent italien roulant les lettres sous ce palais avide de plus. Une bouge rongée par les mots soumis à la tentation alcoolisée. Les effluves encore capables de dégommer tout ce qu’il reste de censé chez Ronan.
Le néant. Parce que y a plus rien de censé depuis que Lorenzo est dans les parages. Toile de fond d’une relation que les églises condamneraient. D’une relation que le clan vomirait. D’une relation qui le condamne à une effervescence libératrice et tyrannique. Les contradictions qui enchaînent l’irlandais. Chaîne d’or épousant le contour de ses chevilles, de ses poings. Les phalanges prisonnières d’un désir trop pressant. Il aurait dû le sentir. Il aurait dû le comprendre. Lui au maléfice greffé sous l’échine. Lui, à la mine hagarde, observatrice. Il n’a rien vu venir. Il n’a pas vu l’orage s’abattre. Il n’a senti que les décharges électriques au creux de l’abdomen. Il n’a vu que sa chaire devenir l’esclave de ses lèvres. Sa peau appelait la sienne dans un gémissement teinté de désespoir. Et demain, ce sera comment ? Et demain, ça me fera quoi d’me réveiller sans ton odeur ? Supplice au bord du palpitant ; idées complètements ahurissantes. Comme tout le reste. Comme la colère qui fait rage. Celle qui fait battre les veines dilatées sur ses avant-bras. Celle qui fait gronder ses reins. Celle qui martèle les lettres de son prénom. Lorenzo, t’es comme une étoile. Tu as filé trop vite dans le ciel. Tu as filé trop vite dans ma vie. Reviens me hanter. Poésie à deux balles que le criminel pourrait lui cracher rien que pour récupérer ses lèvres à même le derme. Couche trop épaisse, rongée par les ecchymoses et les cicatrices. Par les marques d’encre aux significations grotesques et douloureuses. L’échine comme toile silencieuse de tout ce qu’il ne dit pas. Refuge de l’aiguille qui file, qui s’insinue et grave à vie.
Comme son bourreau. Quelques minutes au milieu d’une éternité nauséabonde. Quelques minutes au milieu d’une mort prématurée. Un électrochoc pour soulever son thorax. Un électrochoc pour réanimer les émotions. Tombé sous le coup des balles. Tombé sous le coup de ses lèvres. Il le regarde, Renzo. Il détaille ses traits. Cette peau bonne qu’à l’attirer. Cette odeur bonne qu’à ancrer les lettres du chaos sur ses reins. Cambrure dissimulée par les vêtements. Des frissons pour stigmatiser ce qu’il éprouve. Ronan, il plonge dans la gueule du diable. Ça cogne de plus en plus fort. Comme ses poings qui rêvent de le frapper. Le foutre à terre et malmener sa gueule pour le faire souffrir autant qu’il souffre.
Y a pire que les balles. Y a pire que les poignards. Y a pire que les claques d’un père exempt de toute émotion. Y a pire que la mort.
Y a son ignorance. Réunion des sentences pour venir l’enterrer sur place. La mine fermée quand il évoque son fils. L’inspiration qui exacerbe le mal-être. L’expiration qui renouvelle l’air. Pourtant en le matant, Ronan, il accepterait l’idée de crever d’un manque d’oxygène. Si c’est lui l’étouffe de sa bouche. Si c’est lui qui l’étouffe de ses mains.  Si c’est lui qui l’étouffe de ses mots. Prêt à terminer sur le carrelage pouilleux de son pub pour revivre la scène. Boucle non bouclée. Coeur pas assez ravivé par les flammes. L’enfer trop dépeint. Les poings qui quittent sa veste et se serrent trop fort, trop douloureusement. La circulation exempte de tout mouvement. La chaire qui salive de la sienne. — Shut the fuck up. Don’t ever talk about my son. Les mots sont violents. Les mots sont froids. Ils ne sont plus que stigmate de la rage. Pas cian, pas mon fils. Plante-moi un poignard dans le ventre, mais ne l’évoque plus. Culpabilité trop pesante d’imposer ça à son fils. À cette épouse que trop de gens ont considéré comme le trophée de Ronan. Honte de ce qu’il est. Honte de ce que les autres pourraient penser. Costigan t’es qu’une petite pédale. Sucer des queues ça t’excite ? Autant que celles que tu encaisses entre tes reins. Les paroles qui ont défoncé la mélancolie de ses nuits trop de fois. La peur du regard de son fils quand il serait en âge de comprendre. La peur de le perdre ; avant de se perdre tout court. À cause de lui. À cause de ce parfum qui incise les sens. À cause de cette bouche qu’il détaille beaucoup trop. Un mouvement de recul et ce sourire sur les lippes. De la provocation. Un mensonge courbé par l’envie de se faire distant. La manière dont Renzo chasse les souvenirs.
Comme si je n’étais qu’une queue d’plus dans ton existence, pauvre merde. Il se retient de lui crier ça, Ronan. Ça doit être ce qu’il est. Un gain de plus sur un tableau trop fourni. Un gain de plus sur une liste sans fin. Un nom qu’il a dû effacer avec les effets de la gueule de bois. Comme la sienne au réveil. Comme la sienne en ouvrant les yeux et en se sentant brisé. Tous les muscles bloqués, peinant à émerger. La main d’Ava sur son abdomen ; féline qui cherchait des baisers. Le dégoût comme unique récolte. La carcasse se dérobant sur la douche. Une main contre la faïence. L’autre contre le bas de son ventre. Juste un frôlement pour percevoir l’émergence de son eldorado. Il a plus le temps de réfléchir, Ronan. Les démons comme guide. Le blase qui revient lui trancher la gorge. Can I suck your dick  ? You asked me twice. And one more to be sure. Deux putain de fois. Il se rappelle des mots.
Il se rappelle de la mesure de son souffle entre chaque palabre. Il se souvient de la dernière question. Il se souvient de sa réponse. Un non qui a précipité un virage à mille à l’heure. La pédale d’un accélérateur sur lequel il a appuyé avec l’envie de se prendre un mur ; l’envie de s’écraser contre lui.
Rivière d’or, rivière au mouvement salvateur. Rivière où il se noierait. Prière répétée sans honte. Pardonnez-moi seigneur. Pardonnez-moi mes pêchés. Pardonnez le désir qui creuse mes reins. Pardonnez-moi les fêlures éveillées. Mais surtout pardonnez-moi d’pas l’oublier. Il avait osé blasphémer son dégoût de la religion. À genoux devant le tout puissant. Mots gerbés alors qu’il rêvait de sa bouche sur sa chaire. Comme si une main dans les mailles du tissu n’avait pas suffit. Y avait eu ce prêtre de passage. Il avait regardé le saint bafoué d’un oeil compatissant. Une pitié presque à peine dissimulée. Ça l’avait fait dégueuler Ronan. Sortie précipitée de l’édifice. La gerbe pour teinter les marches sacrées.
Manière de chercher à se sauver. Quand Lorenzo vient de le refaire plonger. Alors il cherche à se calmer, il cherche à gagner. Mais c’est toi qui gagne. Tu me rends ivre de toi. Tu me rends ivre des souvenirs. Une clope qui s’extirpe. Elle se coince dans cette bouche charnue. Elle libère des arabesques fumantes. Il tire dessus. Comme il voudrait tirer sur sa chaire durcie. Comme il voudrait la bouffer avec l’insolence d’un bourreau. Comme lui. — Alcohol sure turns you into a slut. Il ricane. Il aiguise les mots. Tel cet orage qui dépeint les éclairs dans un ciel sombre. Une bourrasque entre les vagues qui remuent trop de choses. — Big cock, tiny brains, you should definitely work on your skills, dear. Haussement des épaules. Sourire collé sur la face. Il se croit drôle, Ronan. Il se croit fort. Mais putain qu’il est faible. Putain qu’il n’est rien sans ce contact charnel. Il bouge pas. Il se contente de fumer. Il se contente de dévorer le bâton de nicotine. Le contact apaisant sous le palais. La cendre qui tombe au sol. Et ses cendres à lui que Lorenzo récupère pour les envoyer aux enfers. Peut-être devient-il son seul enfer. Le seul où il foncerait tête baissé. —  I'm really disappointed. I'm your polpetto after all. Surnom ridicule qu’il prononce avec le sarcasme comme seul étendu. Il penche la tête sur le coté, affiche une moue moqueuse. Un dédain qui n’est que façade. Une victoire qui n’est que chimère.
Lorenzo, son supplice.
Lorenzo, son poignard.
Lorenzo, le commanditaire d’un attentat au creux des reins.
Et ce sang qu’il fait couler.
Je saignerai jusqu’à l’hémorragie pour me sentir vivant sous tes doigts.

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MessageSujet: Re: deliver us (ronenzo).   deliver us (ronenzo). EmptyLun 31 Déc 2018 - 20:55

Nuée d'images plus douloureuses les unes que les autres. Visages éclairés aux néons, mais pas foutu de retenir le sien. L'esprit trop embrasé par l'alcool, défoncé par l'éthanol dans tes veines. Des traits rudes qui explosent ton crâne, maintenant. Refus répétés sur ses lippes. Regard azuré transperçant la silhouette. Le palpitant vrillant dans la cage thoracique. T'as que des souvenirs parsemés, éclatés aux quatre coins de ta tête. Morceaux planqués pour mieux oublier. Morceaux ressurgissant quand l'encre joue les électrochocs. Flash en pleine face. Le sol crasseux contre lequel tes genoux ont claqué, en quelques minutes à peine. Une phrase répétée, encore et encore. Une prière. Assurance déconcertante dans l'attitude dantesque. Regard empli de désir, lascivité non dissimulée à l'attention d'un vulgaire inconnu. La liqueur comme carburant à la connerie. Parce que tu n'aimes pas les hommes, Lorenzo. Tu n'aimes pas leurs sourires, leurs mains. Leur chair. Ce n'est qu'un état second, incontrôlable. Punition divine pour toutes les erreurs de ton existence. Echec contre nature qui ne sert qu'à te rappeler à l'ordre. Arrête de te comporter comme le pire des abrutis, ou le Seigneur te renverra une autre épreuve d'un même acabit. Tu n'as pas écouté, la première fois. Tu n'as pas réalisé que le brésilien n'était qu'un ordre à la repentance. Un moyen de te faire comprendre l'Enfer qui t'attendait. T'as pas suivi les consignes célestes, en continuant cette vie de débauche.
Alors Il a renvoyé Ronan pour te punir à nouveau.
Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination. Noté noir sur blanc sur le livre sacré que tes parents t'ont foutu entre les mains dès que tu savais lire. Alors pourquoi est-ce que le Bon Dieu te jetterait dans les bras d'un homme, si ce n'est pour te châtier ? Mais Lorenzo, est-ce que c'est ta religion le véritable problème, ou cette peur qui te ronge le crâne ? Celle de l'inconnu. De la réaction des autres. De ta famille. De ceux qui t'ont mis cette vision dans la tête.
Non, t’as eu le temps d’apprendre à passer par toi-même. Et tu décrètes que ce n’est pas normal. Instinct apocalyptique qui ne devrait pas se découvrir sous ton échine.
L'écho de sa voix pour te ramener dans la rue. Une riposte sur le gamin que tu ne relèves pas. Lèves les yeux au ciel seulement, parce que c'est plus simple que de le regarder. Pauvre gosse. Puis les palabres qui claquent contre son palais. Les répliques d'une pièce de trop basse qualité. Ton texte, Lorenzo. Le scénario que t'as créé sur le moment. Une phrase pour ouvrir les portes de l'Enfer. Une question pour en tester la chaleur. Une réponse pour y plonger tête baissée. L'insistance éclatante dans ta mémoire. « Doesn't sound like something I would ask to a stranger. » Oh, mais tu l'as fait, pourtant. A deux reprises pour obtenir la réponse tant espérée. Tu t'souviens de la chaleur dans tes veines, de la course dans la poitrine à chaque fois que tu réduisais la distance. De ce sourire étirant tes lèvres, canines exposées pour désorienter la proie. De la façon dont ta langue a trébuché sur celle de Shakespeare. De ce soupir victorieux quand il a cédé, Ronan.
Ses gestes que tu détailles d'un œil qui se veut désintéressé. Traits blasés pour planquer le bordel monstre dans ton crâne. Est-ce que tu peux capter à quel point tu me déstabilises ? A quel point tu mets à mal mes armures ? Les prunelles suivent les doigts, inspectent et redoutent toujours. Des phalanges conquérantes dans tes cheveux, contre ta tête. Ardente contre la peau durcie. Etreinte sans grande assurance, sans l'aplomb de l'expérience. Assassine, pourtant. Cinq armes caressant la chair pour mieux te foutre à terre.
La clope comme un couperet. Trop bien installée entre ses lèvres. C'est elle qui te provoque, danse sous ton regard en t'imposant les pires images. Torture de l'esprit, quand c'est toi que tu vois à la place. Que t'imagines ses lippes blessant les tiennes. Cramer ton épiderme. Trucider la chair entre tes cuisses. Myocarde serré, douloureux dans ta poitrine. T'as l'impression de crever sur place. Mâchoire serrée pour l'empêcher de tomber.
Un ricanement, quand même. Slut. Vérité incandescente. La débandade, quand c'est la suite qu'il crache. Les yeux baissés vers cette gueule. Cette face déjà marqué par le temps qui a déglingué ta raison au détour d'un moment de faiblesse. Poings tremblants dans les poches de ta veste, peau rendue moite par cette instabilité des sentiments. Tu le détestes, ce type. Abhorres cette attitude qu'il revêt. Cette assurance qui érode la tienne, peu à peu. Alors que putain, tu crèverais rien que pour sentir à nouveau son contact sur ta peau. Tu feins la surprise, Lorenzo. Tente de rendre sublime ce nouveau rôle-titre. Une main sortie de la poche, palme ouverte devant ta silhouette comme pour contrer tout ce qu'il est. « Wow man, I need to stop you right here. I mean, good for you if that guy had a nice cock, but it was not me. » Un pas en arrière. Un écart que tu creuses toujours plus. Une fuite que tu prépares. Sourire innocent aux commissures des lèvres, alors que le Malin continue de danser dans ton crâne.
Polpetto. La gorge déglutit. L'accent pour trahir, foutre en l'air toutes les précédentes réfutations à ses arguments. Alors, tu lâches. Abandonnes face à un adversaire trop puissant. Les deux mains en l'air en signe de replis. Un regard que tu fuis, maintenant. Le bleu disparaît du champ de vision, emporte avec lui ce pauvre muscle dans ta poitrine. « Ok, I'm done here. I don't know you, end of the discussion. » Puis la silhouette se tourne. Retraite en plein milieu du champ de bataille, les troupes décimées par le camp adverse. Par Ronan et ses mots trop justes. Par Ronan et son allure. Par Ronan et cette putain de clope entre ses lèvres.
Par Dieu lui-même.
Tu te barres, Lorenzo. Le crâne foutu en bordel et le cœur encore piégé dans la conversation. T’enfonces les mains dans tes poches. Contact contre le froid, celui de ton portable. Une notification pour attiser les flammes. Un numéro enregistré en quelques secondes dans ton répertoire.
Une erreur pour décevoir le Divin, encore une fois.
Mais lequel ?

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maybe you're the sun, and i'm the moon. and we were never meant to collide, but wouldn't it be spectacular if we did ?
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Ronan Costigan

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MessageSujet: Re: deliver us (ronenzo).   deliver us (ronenzo). EmptyMar 1 Jan 2019 - 14:56

Il se croit puissant, Ronan. Un dieu baisé par les émotions. Un dieu avec le blasphème au bout des doigts. L’insolence qui ricoche sur les lèvres.
Les maux qui embrument le palpitant. Assurance qui n’est que dédale. Dommage collatéral d’un désir qui trouble la raison. Rupture effrontée sur l’échine qui frémit. Les marques indélébiles pour exil du ressentiment. Naissance des reins où son souvenir se perd. Abdomen où il est la seule victoire apposée. L’irlandais, il ricane. Mélodie qui assomme. Mélodie qui flingue.
Réalité pour le meurtrir. Incendie pour le condamner. Il a qu’à fermer les yeux pour se rappeler. Il a qu’à fermer les yeux pour plonger. Tapisserie de cendres contre laquelle sa chaire carbonise. Effluves pour lui rappeler son odeur ; son empreinte. Le dos calé à la porte. Le tissu en vrac rien que pour libérer la chaire. Des cicatrices pansées par l’assaut de cette bouche pour laquelle l’irlandais raserait les étoiles. Des supplications pour retenir les démons. Des aveux pour condamner les saints. La croix graveleuse détenue par les vierges qu’on veut bafouiller. Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation, l'esprit est bien disposé, mais la chair est faible. Putain de seigneur qu’il dégueule, Ronan. Putain de prières qui ne sont que des chutes brutales. Délice du vice auquel il a cédé. La gueule ouverte d’en redemander. La gueule avide de lui. Tentateur. Soumission au diable. Écart du droit chemin. Celui inculqué par le patriarche. Blase qu’on respecte, blase qu’on craint. Adolescent aux yeux ravivés par toutes ces sirènes. Le ricanement du père. L’absolution du fils. Il avait quinze ans. Il avait quinze ans quand la succube est venue le ronger. Main flirtant avec ce qui débordait entre les jambes. Pulpes sur cette chaire qui se découvrait. Pulpes graveleuses sur ces zones qui s’ignoraient. Le premier émoi. Les premiers soupirs. Tu seras un homme, fils. Palabres patriarcales. Alors Ronan, il a obéit. Il a bénit les volontés familiales. Il a perdu les derniers soubresauts d’innocence. Il a offert les baisers et les caresses. Il a servi le scandale de ses mains outrageuses.
Rite de passage. Initiation décadente. Aîné de la patrie pour servir les exigences du roi Costigan.
Les tourments gravés dans la chaire depuis trop longtemps. Les silences qui ne suffisent plus à éradiquer le mal. Celui qui court, celui qui s’insinue. Celui que son clan vomirait.
Celui que Lorenzo éveille. Celui que Lorenzo crée. Encrage oppressant. Asphyxie réelle. La gangrène des émotions quand l’ignorance vient lui taper la mâchoire. Pire que tous les revers encaissés sur le ring. Pire que tous les sentiments éprouvés en quarante-deux chapitres.
Canon du flingue qui se planque sur l’abdomen. Prêt à tirer. Prêt à assassiner. Trop de fantômes. Trop de morts. Ean. Rafferty. Tous les autres. Et lui avec, rien qu’en soutenant son regard. Et lui avec, rien qu’en le bouffant des yeux. La clope comme seule compagnie de ses lèvres orphelines. Il pompe frénétiquement dessus. Il avale la nicotine. Il salive du goudron. Il se flingue avec les mots du footballeur. Agonie débutante sous le fantôme des néons. Exécution finale sous les palabres. Effet d’un boomerang. Transe macabre. Aller-retour des lettres qui capitulent. Comme Renzo. Phrase de trop. Chaînes impures au bout des poignets qui s’élèvent. Capitulation noircie par les démons.
Fuite au milieu de cette foule que Ronan ignore. Les silhouettes chancelantes, trop bavardes, trop invisibles. Une seule seconde pour le planter sur place. Une seule seconde pour le condamner à l’apostasie. Une pensée vers la descendance. L’envie trop forte. Le mégot qui s’écrase. Son palpitant aussi. Crash inévitable face au manque qui revient. Sensation dévastatrice. Alors la réflexion devient secondaire. Les godasses qui traînent sur le bitume. La carcasse qui se faufile entre les ombres vers cette rue plus calme. Terre conquise par son paradis acerbe. — Hey Farnese. Le patronyme qui claque sous cette langue vicieuse. Le venin qu’il sème d’une énième provocation. Chemin barré par cette stature de roc. Le sourire conquérant. Comme le sien contre sa peau ce soir là. Comme le sien contre ses lèvres. Putain de pulsion devenue un rêve éveillé. Une fin brutale. Alors Ronan, il le lâche pas. Il le détaille. Chaque parcelle de son corps y passe. Avide du moindre recoin. Avide du moindre signe de faiblesse. Parce que t’es devenu mon talon d’Achille. T’es devenu ma préférence. T’es devenu mon indécision. Putain, j’en crève. La semelle de la pompe qui frotte la caillasse. Les images qui reviennent. Encore, merde. Souffle rauque, haletant. L’ivresse débordante. Les mains accrochées à sa cheveux. Étreinte pour s’enfoncer dans les abysses. Étreinte pour s’enfoncer et réclamer encore plus. Empreinte libératrice qui devient une hémorragie. L’hémoglobine tanguant là où la coulée pourpre fait rage. Partout. Silhouette qui n’est plus que précipice. Il le mate. Il se marre. Il étouffe ses craintes. Parce que demain n’existera plus. Parce que demain, il disparaîtra. Une ombre céleste que l’irlandais n’aura même pas eu le temps de conquérir. Un royaume qu’il n’aura pas pu lui offrir.  — You bail better than you suck. And you do it well. Seule expérience. Seule tentative. Seule attirance éhontée pour le caramel de sa peau. Pour le sucre de ses lèvres. Pour la beauté de cette gueule qu’il se tatouerait pour ne pas oublier. Contours à l’encre comme ceux encore présents là plus bas. Vice greffé sur la gueule. Un pas vers Lorenzo. Mais la distance qui se coupe pas. Chimère d’une envie imbibant les veines. Celles qui palpitent ; partout. Insultes profanées envers le grand divin, là-haut. Envie de le précipiter contre la roche. Envie de le ronger comme il le ronge. Lèvres contre lèvres. Corps contre corps. Coeur à coeur. Celui qui tangue, celui qui nécrose. — You was more comfortable when your lips came around my dick. L’alcool, sainte mère du vice. L’alcool pour se filer du courage. L’alcool pour oser. Ronan, désespérément sobre à l’éclat de cette nuit. Toute conscience de l’envie. Toute conscience du cancer bon qu’à la bouffer. Une putain de maladie chopée sous le témoin des silencieux. Une lame au creux des reins. Pêchés lascifs au milieu des vagues. L’innommable réalité. Tu étais un outrage, un ouragan. Tu étais une tempête, tu étais une bourrasque. Tu étais le mieux effaçant le pire. Tu étais le désinfectant sur la plaie. Tu étais le bateau bon qu’à m’faire tanguer. Tu étais toi, tu étais la délivrance. Captures scabreuses des mots coincés. Des mots abandonnés.
Libération sadique de ce sourire. Le sarcasme pour empereur. Les doutes sous le palais. — Hurt your knees during practice ? Il provoque. Il fait saigner. Comme lui saigne depuis la première seconde, depuis la première remarque. Un coup d’oeil vers ses jambes, vers l’objet de sa réussite. Il s’y attarde, imagine s’y perdre, imagine les posséder. Une nouvelle clope qui efface la dernière. Le même courant provocateur sur le bâton grisé. Inspiration. Expiration. Mais elle est où l’oxygène ? — Smile man ! I'll keep your little dirty secret. A son tour, les bras qui se lèvent. Signe de paix. Signe d’une armistice qui vient pourrir les palpitants. Le tissu qui se soulève à peine. Le spectre d’une peau pas assez dévoilée. Son secret à lui aussi. Celui qui viendrait bousiller quinze ans de mariage. Celui qui viendrait le pousser face à la porte de secours. Celui qui viendrait l’assassiner sous le regard honteux du clan. On est pas des tarlouzes chez les Costigan. La fumée crachée à sa gueule. La haine crachée à cette bouche. L’écarlate sur la tronche masquée par la barbe à l’abandon. Till I die. Il finit de l’achever. La répétition de cette marque à la signification trop douloureuse. Cette marque accaparée par les lèvres de Renzo. Attention qui a buté sur l’encre noire. Répétition mal honnête. Répétition nécrotique. Insistance des lippes, de la pulpe brûlante. Il s’y est attardé, il s’y est imposé. J’ai plus rien à perdre. Ton ignorance cogne. Ton oubli m’flingue. Ta distance m’fait saigner. Tu entends la mélodie de l’adieu ? Tu entends la symphonie de la souffrance ? Allez, Lorenzo. Achève-moi avant d’te barrer.
Les lettres roulent. Les lettres sillonnent.
Et lui, il se perd sur l’effluve du tabac. Sur l’effluve de son odeur.
Et lui, il se perd face au footballeur.
Et lui, il devient cette ombre. La sienne.

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MessageSujet: Re: deliver us (ronenzo).   deliver us (ronenzo). EmptyMer 2 Jan 2019 - 21:09

Une fuite à travers les silhouettes, pour éviter de trop lorgner la sienne. Malgré les palabres crachées à son visage, tu ne te souviens que trop de cette soirée maudite. Tout qui revient dans un flash, comme si tu t'étais pris un coup à l'arrière de la caboche. Tu t'en rappelles, Lorenzo. De la lumière vacillante entre les murs dégueulasses, où les écrits au marqueur se chevauchent. Du brouhaha filtrant au travers de la porte. De la fraicheur qui claquait ta peau, provenant de cette fenêtre entrouverte. De cette impulsion au fond du crâne, quand tes yeux sont tombés sur sa gueule. Prunelles sombres trop accrochées aux lèvres charnues, les imaginant longer ta nuque. Tracer un sillon ardent sur ta peau. Des pensées que t'as essayé de chasser à l'instant même, que t'as voulu ravaler. Mettre ça sur le compte de l'alcool, comme tout le reste. Le corps qui a vrillé en premier, en s'rapprochant de l'autre. Silhouette surplombant celle de l'irlandais, le sourire carnassier et le regard lascif baissé sur ses traits. Réminiscence parfaite de cette image, maintenant. Quelques encres sur la peau en guise d'interrupteur. Une simple phrase exposée sur sa peau, et ce sont les souvenirs qui dévalent, qui attaquent. Tu serres les poings dans tes poches, serres la mâchoire pour ne pas hurler en plein milieu de cette rue. Tu te souviens de ta voix, traînante et aux tonalités étrangères accentuées. De ces mots que t'as murmuré en l'espoir de le faire sombrer. Ton espoir, ton rêve d'un soir. Cauchemar, quand il débarque de nulle part. Le nom du père craché derrière ton dos. Des lettres qui nourrissent la rage, qui hérisse le poil sur le derme. La fierté devient une insulte dans sa bouche.
Il se glisse devant toi, Ronan. S’impose dans ton champ de vision. Possède toute la lumière et prend en otage les iris. Un brasier dont le regard ne peut se détourner, dont le corps de ne peut s’écarter. Allure stoppée net. Un pas en arrière, sans doute. Défense de piètre qualité face à l’autre. L’injure passe tes lèvres, la douceur de l’italien sur la langue pour cracher le mécontentement.
Son regard insistant, il pourrait te flinguer sur place. A chaque seconde, à chaque fois que cette nuance d'émeraude et d'azur glisse le long de ta silhouette. Mélange des couleurs, prêt à faire éclater ce pauvre muscle dans ta poitrine. Arrêtes tes conneries, putain. C'est qu'un pauvre mec, une erreur sous les effets de l'éthanol. Reprends-toi, rincretinito. Un ricanement au bord des lèvres, la déstabilisation qui veut se faire passer pour de la moquerie. Mais t'es un piètre acteur, Lorenzo. La tête secouée de gauche à droite, l'air qui se veut détaché. Alors que putain, c'est la tempête à l'intérieur. C'est le crâne qui explose quand tu l'vois devant toi. Rencontre éphémère sous les effluves de l'alcool. Instant où l'instinct a parlé. Quelques secondes d'une étreinte impie, rattaché sa peau pour ne pas finir écrasé par tous les maux du monde. Une poussière dans ton existence. Rien. Et pourtant, il s'incruste. S'installe sous ta peau sans ménagement. Un visage précédemment oublié désormais placardé dans les moindres recoins de ta tête. Pourquoi est-ce que t'es comme ça, Lorenzo ? Pourquoi est-ce que tu t'accroches de la sorte à ces réminiscences maudites ? Pourquoi est-ce que tu sens le rouge te monter aux joues, quand il ne te regarde que trop ? « Dude, you seem obsessed with that blowjob that I definitely did not give you. » Négation insistée, comme si t'essayais de te persuader toi d'abord. C'était quelqu'un d'autre, ce soir-là. Un autre toi. Esprit malsain installé dans ton crâne, envoyé du Seigneur pour malmener ta pauvre carcasse pêcheresse.
Un sourire que t'as envie d'arracher de ses traits. Une tronche que tu voudrais fracasser, tellement qu'elle te provoque. T'appelle. Cette clope dont t'as envie de le dépouiller. Le priver de l'arme trop dangereuse. Allégorie lascive, actrice remplaçant la chair durcie. Bâton de nicotine bouffé pour être provoquant, pour mettre à mal ton pauvre crâne. Mâchoire serrée, soupir lâché. Ses mots, en écho constant avec la rencontre impure. Tu secoues la tête, Lorenzo. L'agacement trop encré sur le visage. « Don't you have something more important to do than bothering me with your nonsense ? » Le regard qui arrête de fuir, s'impose dans le sien dans une recherche stupide de dominance. Mais c'toi le pantin, ici. C'est toi le gosse qui se retrouve blessé après avoir voulu jouer dans la cour des grands. Le cœur piétiné par les godasses de l'autre. La raison éclatée entre ses mains.
L'attaque ultime. Le bide qui se tord à ces mots qu'il dégueule. Till I die. Antisèche avec laquelle t'as quand même loupé l'exam. Voix éreintée par une anxiété trop brûlante, le ton chevrotant. « If I ever wanted to try sucking a dick, I would clearly not do it to some old, low-cost version of the bad guy cliché. » Les jambes qui s'activent, rapprochent ta silhouette de la carrure de l'autre. L'esprit qui s'emballe, quand son parfum revient l'assassiner. Le même que durant l'échec. Agressif au creux de tes reins. Souvenirs qui réveillent, provoquent cette chaleur sous ton abdomen. Des détails trop justes, trop beaux. Tes lippes se posant dans une harmonie parfaite sur sa peau encrée, sur sa chair relevée par le désir. Ça te broie, ça te détruit. Ça te rappelle beaucoup trop tout ce que tu refuses d'être. T'es un vrai mec, Lorenzo. Tu te fous pas à genoux devant un autre. Tu n'implores pas pour le moindre contact libidineux. Tu ne laisses pas l'odeur d'un homme cramer tes songes.
L'épaule cogne contre la sienne quand tu passes à sa hauteur. Contact incandescent au travers des étoffes. Opposition parfaite au vent froid qui glisse contre ta peau. Les yeux plantés dans les siens, cette différence de taille que tu lui imposes par un regard rabaissant. « Come on, take a good look at me. I can do way better than you. » Une belle gueule pour faire flancher n'importe quelle pédale dans cette foutue ville. Pour posséder n'importe quel cul. Et pourtant, c'est à lui que tu penses quand t'oses t'imaginer étreindre un homme. C'est lui que tu vois quand les songes te forcent ces images dégueulasses. Déchéance de l'humanité. Espèce punie au jour du Jugement Dernier. T'en fais pas partie, Lorenzo. Jamais.
Puis cette fois, tu te casses vraiment. Accélères le pas vers une rue adjacente pour noyer ta carcasse dans la foule. Tête baissée et capuche remontée. Une poignée de mètres, avant de te dégager. Et tu t'mets à courir, Lorenzo. Fonces comme sur les terrains. Tes poumons criant à l'aide, surpris par l'effort inattendu. Allure précipitée, les pas claquant contre le bitume. Cours, stronzo. Cours jusqu'à ce que ton cœur pète pour ne pas le laisser être fait prisonnier.

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maybe you're the sun, and i'm the moon. and we were never meant to collide, but wouldn't it be spectacular if we did ?
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Ronan Costigan

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MessageSujet: Re: deliver us (ronenzo).   deliver us (ronenzo). EmptyJeu 3 Jan 2019 - 3:12

L’écho de ces trois mots.
Les lettres qui s’étalent et s’ancrent dans l’échine. L’aiguille qui pénètre et se faufile. La douleur qui fait grimacer. Les poings serrés. Les larmes orphelines. Le palpitant éponyme d’un fantôme. La culpabilité pour saccager l’ego. Le revers du vice pour souiller son adolescence. Une double-signification au carrefour des songes. Pour cet autre là-haut. Pour lui en face. La gueule de l’italien qui brouille les environs. Provocation éphémère sur les lèvres de l’irlandais. Il conte une victoire qui s’éteindra. Il conte une fierté que Lorenzo piétinera. Jusqu’à la mort, jusqu’à ce que l’enfer nous sépare, jusqu’à ce que tu me flingues, jusqu’à ce que tu gagnes, toi mon bourreau. Toi ma condamnation suprême. Les pensées, elles s’égarent. Comme les sentiments.
Poussée lyrique accrochée au coeur. Des poèmes qui dérapent au creux du tourment. Une prose qu’il lui dédierait. Des lignes noircies pour le faire sien. Les lettres contre son oreille ; comme son souffle. Trop rauque. Trop haletant. Respiration soumise au vice. Le corps qui résonne de son empreinte. L’odeur qu’on oublie pas. L’odeur qui gravite. L’odeur qui assassine.
Il a tout fait pour l’oublier. La carcasse trainée dans cette baraque glaciale le soir-même. Une question d’Ava pour se heurter aux silences. Une habitude. Une détresse. Sa main pour chercher sa peau. Un écart brutal, désordonné. Pas l’endroit, pas la moment, pas la bonne personne.  Excuse balbutiée dans une supplication. Ne fais pas ça. Ne viens pas me toucher. Pas après lui. Réalité immortelle, silencieuse. Contact charnel devenu placide, bouffé par les années où le feu s’est éteint. Alors, l’irlandais s’est écroulé sous les gouttes brûlantes. Silhouette bouffant la faïence. Les mains qui ont frotté le derme encore brûlant. Pour effacer les traces. Pour effacer les souvenirs. Pour l’effacer lui. Position de fœtus. Pauvre gamin perdu depuis trop de temps. Ronan, il a craqué ce soir là. Dans l’anonymat le plus total. Des larmes refoulées comme une nature exempte de considération chez les Costigan. Des blagues foireuses. Des remarques acerbes. Des coups dans les tripes à chaque fois. Interrogation lunaire. Interrogation de l’abîme. Blasphème que tous les prêtres de ce monde auraient condamné. Le croix entre les phalanges pour exorciser le mal. La croix entre les phalanges pour contrer les démons. Paraît que Hannigan, son truc, c’est les queues. Il s’en enfile chaque soir avec sa grande gueule avant de s’en prendre dans le cul. Faut vraiment être dégénéré pour aimer ça. Le ricanement général a résonné autour de la table. Les verres qui claquaient pour célébrer l’innommable intolérance. Discorde semée par les lèvres assassines d’un membre du clan. Décor familial qui annihilait les libertés. Ronan, ça lui a fait un mal de chien. Il a jamais su expliquer pourquoi. Peut-être que tout devient réel maintenant. Alors il s’est contenté de ricaner. Il a suivi le mouvement d’un dégoût coincé au fond de la gorge. Ce soir-là, Ronan, il a goûté à la mort. Il est resté à terre pendant une bonne heure. Il est resté à terre depuis lui.
Pas immunisé contre son sourire. Pas immunisé contre sa peau. Pas immunisé contre son contact brûlant. Toxine qu’il se serait injectée dans les veines pour combattre le mal.
Appel biblique tombé dans les contre-courants. Appel biblique rejeté par les vagues impétueuses. Venin sur la peau. Venin au coeur. Tu es qu’un putain de poison Farnese. Tu me ronges, tu me démolis, tu m’ignores, tu me perds. J’me noie avec l’idée de ta main dans la mienne. J’me noie avec l’envie de ton souffle sur ma peau. Les déclarations mutiques qui deviennent armes de poings face à l’italien. L’acerbe de ses mots qui narguent les gestes.
Des réponses incisives. Presque aussi répugnantes que son ignorance. La confiance comme à s’effriter. Il brûle sur place, Ronan. La carcasse imbibée d’eau bénite pour le ramener à la réalité. La tronche qui disparaît sous la flotte une première fois. Lave-moi complètement de mon iniquité, Et purifie-moi de mon péché. Une respiration. Une seconde plongée pour se raccrocher à la chimère du pardon. À la chimère d’une culpabilité qui s’effrite. Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur. Lave-moi, et je serai plus blanc que la neige. Des préceptes qui font dégueuler Ronan. Ange au coeur rouge. Ange au coeur violence. Les phalanges souillées des combats et des trafics. Les yeux cramés des visions caustiques. Le palpitant possédé comme un démon. Expiation délimitée par son propre regard. Il l’écoute. Il crève. Il l’écoute. Il sombre. Les poings prêts à se serrer. La clope qui perle de cendres sur le cuir de ses pompes. L’empreinte chagrin de sa peau sur la sienne. Mots répugnants. Mots putrides. L’esprit déglingué de tout ce qui grouille.
Il se veut victorieux, Ronan. Le roi au milieu des détonations. Le roi au milieu des blessures. Il s’écroule à la distance qui se rompt. Palpitant qui s’emballe. Palpitant qui cède. Les pensées obscures enroulées au bout des doigts. Ceux enfouis dans les couches de tissu. Contact maladroit pour le voir grimacer. Contact maladroit en se découvrant. Il est cet incendie. Il est ces flammes. Il est ce pêché inconditionnel. Il est ce mal qui ronge. Il est l’ovale des rêves inavoués. Il est ce briquet où la pouce déborde. La flamme allumée. La flamme condamnée aux pores de sa peau.
Un contact de l’épaule. Bousculade. Le regard qui domine. Simple proximité pour enflammer les ailes vénéneuses. Il tremble, Ronan. Un frémissement silencieux, irréfutable. Les phalanges mal assurées qui craquent. Ossature défoncée par ses courbes verbales. Espace vital entaché. Espace vital esquinté. Les pupilles dilatées de colère. Les pupilles dilatées de son ombre. C’est ce que tu es. Une ombre. Une libération de passage. Une asphyxie. La gloire d’mon désir. La beauté d’mon vice. L’irréel avant le massacre des émotions. — Calm down Lorenzo. Sept lettres à l’or fiévreux qu’il prononce pour la première fois. Sept lettres qui roulent pour stigmatiser le mal. Le claquement aussi vif que ses lèvres là, tout en bas. Sifflement dans la nuit ; sifflement des astres. Il le regarde, craque, cède. Il le regarde, souffre, meurt. En silence. Le sang de l’irlandais, il ne fait qu’un tour. Le poignet qui gesticule. La paume refermée sur ce tissu. Pour l’attirer, pour le faire plier sous l’impulsion divine. Insolence qu’il vomit. Ignorance qu’il régurgite. Étreinte sublimée par la détresse oculaire. Étreinte sublimée par le souffle rauque sur ses lèvres. Il lui crache sa hargne à la gueule. Il lui crache les idéaux écroulés sous le poids de sa présence. — You’re going to hurt yourself. Ronan ricane. Ronan fait mine de s’en foutre. Pourtant, ça fait un mal de chien. Ça déchire le palpitant, le ventre, les muscles. Ça condamne l’âme au pire dédale. Les corps qui se rapprochent, qui pourraient s’étreindre. La nuque voutée de le détailler. Les relents de nicotine libérés à sa gueule.
Son odeur qu’il disperse sur son buste.
Les abysses sous son regard. Impossible à oublier. Impossible à chasser. — Go back crying to your mother, please. Il relâche enfin la poigne. Chute qui se rate de peu. Quand la sienne n’est qu’une réalité macabre. Absolution qu’il cherche dans un signe du tout puissant. La fuite de sa silhouette entre les ombres. L’orphelin sur le carreau. L’orphelin de toute emprise. Un autre abandon. Un autre déchirement. Les yeux qui brillent. Appel désespéré sous le silence pesant.
Il regagne la bagnole. Il regagne sa baraque. Il croisera le regard d’Ava. Il ne dira rien. Il s’éloignera. Il s’isolera. Il craquera. Puis c’est dans la nuit que son ombre disparaîtra. Coups sur le ring. Coups sur le chemin de désolation.
Il tombera par k.o.
Comme le revers dans sa gueule.
Comme le revers au palpitant.
Vestiges d’un millésime italien. Toi, rien que toi, Renzo.

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je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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