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Noor Rassam

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MessageSujet: you and i here together / rami   you and i here together / rami EmptyLun 26 Nov 2018 - 9:50

L’horizon s’étendait à perte de vue. Il se mélangeait à l’eau salée, pour ne faire qu’un. Elle imaginait les angles arrondis de la Terre, des continents voisins. Elle pouvait presque apercevoir le Liban, et sa mer chaleureuse, calme, turquoise. La Manche était capricieuse et énervée, imprévisible et froide. Jamais accueillante, toujours repoussante. Noor s’y risquait l’été, trempait un ou deux orteils quand les rayons du soleil étaient assez puissants pour réchauffer son derme. Ils longeaient la jetée, côte à côte. Son regard se posait sur Rami, parfois. Sur la Grande Roue, sur les quelques courageux encore éveillés, sur ceux qui foulaient les galets glissants pour leur jogging matinal. L’alcool coulait dans ses veines. Une béatitude rendait ses membres légers, comme si elle volait, flottait sur les nuages présents dans le ciel. L’euphorie faisait encore vibrer son palpitant. La musique résonnait encore dans ses oreilles, dans ses tempes. Elle avait ondulé, le long de la piste, le corps effleurant celui d’un homme dont elle ignorait le prénom. Les néons colorés avaient fendu la foule. Puis elle l’avait vu. Au milieu des silhouettes, le regard brillant, posé sur elle. Un sourire avait gracié les lèvres de Noor. Il était lumineux, éclatant dans l’ombre. Rami faisait partie des meubles, depuis toujours. Une moitié de sa sœur, une part de Lina, ancrée dans leurs vies. Mais elle ne le voyait pas vraiment à l’extérieur. Ils n’étaient jamais seuls, toujours entourés par leurs familles imposantes et oppressantes. Elle l’avait rejoint, près du bar, le rire facile et les mains baladeuses. Ils avaient bu, ils avaient parlé. Et elle avait murmuré, au creux de son oreille, emmène-moi sur la plage, les pupilles dilatées et malicieuses. Alors ils étaient là, au bord de l’eau. Ses talons pendaient au bout de son index et de son majeur. Ses pieds arqués et fragiles heurtaient les cailloux qui ornaient la plage. Elle se languissait du sable frais et doux, agréable et délicat sur lequel il était plus facile de marcher. Le soleil entamait timidement sa course dans les airs. Il perçait la mer agitée progressivement, se découvrant chaleureusement. Le camaïeu d’orange et de violet se tatouait sur ses paupières émerveillées. « Ça fait bizarre de te voir sans Lina, » souffla-t-elle, cognant son épaule contre celle de Rami. « Elle est, genre, une extension de toi, » finit-elle dans un léger rire. Le Ying et le Yang, parfaitement emboîtés. Inséparables, depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvienne. Elle en profitait, Noor, de ce moment où le monde leur appartenait pour quelques heures.

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MessageSujet: Re: you and i here together / rami   you and i here together / rami EmptyDim 2 Déc 2018 - 12:19

La rive magnifique suspendue au coin de sa bouche. Ses regards électriques vibrant sur les galets de sable ternis. Et l’espace d’une seconde, ma tête chancelait sur ses épaules. D’avant en arrière, les pensées hésitaient. Un coeur étroit entre ses côtes. Et le ciel, pour seul témoin de nos ivresses. Je me détournais vers la mer. Dès que le divorce avait été annoncé — le sentiment était devenu réel. L’oraison funeste d’une vie antérieure. Des années de mensonge, bafouées par les discours du juge et les fausses tristesses des familles. Une période de probation. Une dernière chance de conciliation. Mais Maya n’était plus là. Elle avait disparue. Ses empreintes se dissolvaient. Les murs maculés, devenus fades et sans couleurs. Les couloirs vides et solitaires d’une maison abandonnée. Elle me manquait par dépit. Parce que la peur était viscérale dans mon abdomen. Mes doigts se crispaient sur mes genoux. Une étreinte cagneuse sur les articulations pliées sous le vent. J’avais pitié de l’extravagance humaine. De la dualité entre l’âme et son créateur. Un Dieu similaire, écorché par les religions qui se renversaient et se confondaient. Je soupirais en buvant une gorgée de bière. Mes prunelles effleuraient le ressac. Les visages se mélangeaient sous les cieux de mon Liban adoré. Et sa voix résonnaient au milieu des vagues. Ensorcelé, je restais là, assis à ses côtés. J’entendais son rire insondable et ses fluctuations mélodieuses. Une grâce exhalée naturellement. Parce qu’elle avait des yeux de danseuses aussi. Des paupières qui dansaient sur ses cils courbés. Des iris abyssales, ondulant sur les flots mouvants d’une nuit qui me semblait éternelle. Je la voyais — je la découvrais. Gamine qui s’élevait au milieu des inconnus. La volupté d’un parfum sensuel et étrange. Chaud et grossier. Doux et amer. Je respirais ses mouvements et la prestance sauvage d’une ballerine échappée des disciplines rigoureuses de la scène. « Lina ? » Mon souffle filait entre mes lèvres. Toutes les syllabes qui avait surgit me semblaient répétitives, comme puisées à la source de mon imaginaire. Lina, cette meilleure amie logée comme une balle dans le myocarde. L’impact du plomb nécessaire à la survie. Parce que sans elle, la plaie saignait et se vidait. Une relation ayant pris forme au milieu d’une éternité cristalline. Des sourires échangés dans la gaieté glaciale de Brighton. Des secrets murmurés sous les draps froissés par les étreintes fraternels et les promesses silencieuses. « Je ne sais pas. Tu es là, je ressens pas le manque. » Raillai-je en effleurant son poignet. Elle était aussi rayonnante que les étoiles. Partout sur la plage, j’apercevais l’éclat de cette lumière astrale. Un mirage qui m’apparaissait comme du temps figé et devenu mirage. Au dessus d’elle. De moi. De nous. « Tu es différente, ya helweh. » Et mon coeur s’accélérait, tout à coup. Comme dans un rêve qui s’accordait enfin. Une confession qui sonnait si vraie au fond de ma gorge.

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MessageSujet: Re: you and i here together / rami   you and i here together / rami EmptySam 15 Déc 2018 - 11:18

Les astres brûlants s’effaçaient du ciel. Les teintes de violet et d’orange s’emparaient des nuages, et les étoiles disparaissaient peu à peu. Ces étoiles, qu’elle pouvait observer pendant des heures, les yeux ébahis. Elle s’imaginait, parfois, les toucher du bout des doigts. Elle pouvait presque sentir leur chaleur, leur brillance effleurer son derme comme une caresse astrale. Il suffisait qu’elle tende les bras pour voguer au loin dans les nuages. Pour déployer ses ailes, et rejoindre l’immensité de l’univers, et ses constellations infinies. L’euphorie qui coulait dans ses veines, lui donnait cette impression de liberté. Loin du foyer familial aux dorures libanaises, loin de la matriarche tyrannique et obsessive. La plage était comme l’univers – vaste et infinie, dépourvue de touristes et de serviette multicolores qui la remplissait l’été. Un calme majestueux, avant une tempête de rires, de pleurs, de conversations animées. Elle la chatouillait délicatement, cette liberté, les pupilles dilatées et les pas légers. Une danse frivole, volatile, facile à exécuter pour son corps engourdi et son esprit embrumé. A l’opposé des chorégraphies millimétrées des ballerines rigides. Et Rami, l’accompagnait, les épaules frôlant timidement les siennes. L’espace d’un instant, elle n’était que l’adolescente discrète, succombant à ses grands yeux verts. Elle avait seize ans à nouveau, les joues empourprées par un simple regard, un simple geste. Un crush innocent, pour celui qui n’a toujours été que l’extension de Lina. Un duo inséparable, deux faces d’une même pièce, qu’il était impossible de dissocier. Deux âmes sœurs fraternelles, qu’elle admirait de loin. Les sentiments naissants s’étaient échappés aussi vite qu’ils s’étaient emparés de son palpitant fragile. Mais le cœur était faible, facile à amadouer. Et il tambourinait violemment contre sa poitrine. Il s’emballait, comme une machine qui déraillerait, quand ses doigts titillaient les siens, quand tu es différente quitta ses lèvres rosies par les reflets du soleil. Elle se sentait ridicule. Les confessions n’étaient que des mascarades, administrées par l’alcool qui empoisonnait leur sang. Pourtant, elle ne put contenir le sourire espiègle qui étira ses lèvres, ni le scintillement de ses prunelles. « En quoi je suis différente ? » Susurra-t-elle, ses dents s’enfonçant dans sa lèvre inférieure.

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MessageSujet: Re: you and i here together / rami   you and i here together / rami EmptyVen 28 Déc 2018 - 17:59

Les mots s’entortillaient dans ma bouche. Incapable d’avouer — de lui livrer le secret d’une solitude qui broyait mes poumons. Le divorce, cette ignominie. L’échec d’une promesse murmurée au bout de l’autel. Et maintenant, le vide exécrable d’un amour fané. Les discours de nos parents qu’on décevaient encore. Je pinçais les lèvres en me redressant. Le ressac ondulait sur l’azur infini. Une trêve temporelle, où nous étions seuls spectateurs de la chute. De mon coeur. Des néons. De cette attirance qui brûlait ma peau. Nos silhouettes se perdaient dans un instant. L’envie enserrait ma conscience. Et Lina disparaissait. Lina n’était qu’un mirage. Une moitié d’âme qui s’effaçait pour laisser place à une autre. Je hochais la tête et me tournais vers Noor. Cette soeur déchue. L’étoile brisée au milieu du ciel. Elle semblait différente loin de la scène. Une créature échappée des jougs de la passion, rayonnant sans les exigences de la danse et les chorégraphies compliquées. Et je l’appréciais. Je me perdais dans les fragments d’une lumière que son prénom nous offrait au clair de la lune d’Orient. Un mystère romantique venue à moi, telle une illusion de bonheur. Une illusion de quelque chose. Je me noyais dans les vacarmes du vent. Elle jouait avec le feu. Et je me consumais à chaque mot. Je sentais la frénésie d’une course qui ne prenait jamais fin. Nous étions des astres tournoyant. Milles facettes qui se cachaient du monde et qui se découvraient enfin derrière le voile. Elle me fascinait entièrement. Avec sa désinvolture et ses pommettes saillantes. Son regard embrasé et ses lèvres pulpeuses. Elle se dessinait sous mes paupières, habitait la courbe de mes cils et colorait la prunelle de mes yeux. Je chancelais avec hésitation. La toucher elle, l’intouchable. Effleurer sa bouche et la saveur interdite de ces rêves qui se mélangeaient dans mon esprit. Ma gorge se serrait subitement. Elle ne comprendrait pas les maux du coeur hybride. A moitié vil, à moitié saint. A moitié vivant, à moitié défunt. Mes doigts effleuraient les galets. Je riais en me laissant choir à ses côtés. « Tu es différente c’est tout. » Parce qu’elle avait la contrainte du devoir. Elle se mourrait dans l’ombre d’un idéal, attendant avec impatience la lucarne qui s’ouvrait sur l’extérieur pour lui offrir une vie de liberté. Et je le voyais ce soir, tel que je l’avais ressenti pendant des années. Cette lune qui aguichait la mer. Cette stature élégante qui se mouvait dans le noir, prisonnière de ses collants et de ses ballerines. « Ça te dérange que je le remarque ? » Me moquais en fixant l’horizon.

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MessageSujet: Re: you and i here together / rami   you and i here together / rami EmptyDim 20 Jan 2019 - 15:34

Les galets glissaient sous ses plantes nues. Chaque réticence, chaque appréhension s’envolait sous ses pas légers. La brise matinale les attrapait dans ses bourrasques, et les emportait au loin, dans les flots marins, contre les façades des buildings de la jetée. Loin de ses inquiétudes. Loin de sa conscience. Il était différent, lui aussi. Un autre homme, sans famille, sans le confort de leurs maisons familiales. Il se révélait, à part entière, sans les étreintes de Lina, sans leur complicité étouffante, qui les enveloppait dans un cocon que personne ne pouvait pénétrer. Deux faces d’une même pièce, deux âmes liées pour la vie. Et les autres, simple mortels, se contentaient d’observer en silence, envieux de cette relation mysérieuse. Un astre vibrant parmi les étoiles satinées. Elle papillonnait des cils et gloussait. S’évadait, s’envolait, dans l’espoir qu’il la rattrape et la touche. Les limites étaient floues, quasi inexistantes derrière ses paupières rosées. Ses doigts effleuraient son poignet, son épaule frôlait la sienne. Des gestes hésitants et tendres. Une invitation silencieuse, cachée derrière une mer calme et un soleil lumineux. « Non, ça m’plait, » dit-elle, dans un battement de cils supplémentaire. Le voile était tombé. Son palpitant cognait contre sa cage thoracique. La douleur était plaisante, presque surprenante. C’est comme si, soudainement, une porte s’était ouverte, comme si elle le voyait pour la première fois. Ses escarpins glissèrent de ses doigts frêles, pour échouer sur les galets poussiéreux. L’eau salée était tentante. Les vapeurs d’alcool brouillaient encore son esprit euphorique. Quelques pas les séparaient de la houle, et Noor voulait s’y jeter, y plonger et nager, nager, jusqu’à l’apaisement. « J’ai envie de me baigner. » En un claquement de doigts, sa robe s’échoua sur ses escarpins. L’air léchait son derme dans une caresse sensuelle, fraiche. L’émotion se lia aux frissons qui dansaient sur son corps à moitié dénudé. Le crépuscule et ses premiers rayons, l’alcool et l’excitation, étaient suffisants pour taire le frémissement de ses membres. Et elle s’avança, un rire enfantin quittant ses lèvres. Elle plongea un premier orteil, puis deux, puis son pied, puis le deuxième. Progressivement, l’eau remonta jusqu’à ses mollets. Elle était fraîche, même en plein été. Elle était capricieuse, cette Mer. Imprévisible et colérique, jamais chaleureuse et sage. « Allez, viens ! » S’écria-t-elle vers Rami. « Elle est bonne, je t’assure ! Regarde ! » D’un geste de la main, elle envoya un peu d’eau dans sa direction. Quelques gouttes l’atteignirent, et un large sourire étendit les lèvres des Noor. Ses prunelles pétillaient avec malice et espièglerie.

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MessageSujet: Re: you and i here together / rami   you and i here together / rami EmptyDim 20 Jan 2019 - 16:09

L'ivresse mêlée au coeur brisé. Les effluves du vin et l'odeur de sa peau. Un contact qui gangrénait dans ma poitrine. Une distance que j'imposais pour garder l'équilibre. Lina, ma meilleure amie. La moitié d'un myocarde qui palpitait à contre sens. Dans nos illusions, nos lèvres se frôlaient et nos corps se dévoraient. Une promesse susurrée par les autres. Une évidence qu'ils voyaient et imposaient. Mais la réalité s'abattait sur nos épaules. Et le visage de Noor hantait mes pensées. Une attirance malsaine. Un désir de la chérir et de la contenir. Ils ne comprenaient pas ce besoin d'évasion au bord de la mer. Cette rencontre sur les rivages libanais et l'instant suspendu entre ses paupières qui se débattaient sous la lune. Je la voyais pour la première fois. Cette petite soeur, enchanteresse de mon univers. Une gamine tout à coup enflammée par la passion qui cramait mes entrailles. Et si je l'avouais, je mourrais dans mes cendres. Si je l'avouais, je devenais une abomination comme les autres. Une chimère qui se dissolvait dans son ombre. La voix de Lina faisait écho aux mugissements du vent. Un instant révolu. Un fantôme étouffé sous les ondulations du ciel. Je me redressais et riais à gorge déployée. Bonheur brûlant de fantaisie, tel un espoir qui avait naquit de rien. Un miracle sentimental éveillé par la sirène qui s'envolait vers les vagues. Sa robe glissait sur les galets. Et le feu s'embrasait dans ma poitrine. Une addiction crée avant la première dose. Des jambes qui s'arquaient et la suivaient malgré la fatigue. Les gouttes s'écrasaient sur mon torse dénudé. Je me tournais et observais mes vêtements froissés. La coupure était brutal entre le mouvement et la course sur le sable. Mon corps se précipitait avant que mon âme le rejoigne. Je m'enchantais de sa joie. De la liberté qui nous enlaçait dans son sein et nous livrais dans l'évidence d'un plaisir exquis.  « Noor...  » Un murmure étouffé dans ma conscience. La malédiction nous rongeait de l'intérieur. Toutes les poésies arabes ne suffisaient pas à combler le vide, à sublimer la beauté de l'être qui ondoyait sous mes prunelles embuées. Un flou imposé par sa magnificence. Une grâce de danseuse qui s'imposait malgré la frénésie de l'alcool et l'adrénaline qui s'injectait dans les veines. La dentelle brillait dans le crépuscule. Des bouts de tissus qui s'entortillaient dans mon imagination. Je m'approchais et effleurais ses épaules. L'eau montait dans mes genoux et glaçait mon esprit. Mon étreinte l'entourait et mon coeur cherchait la chaleur du sien. Je résistais pourtant à l’innocente séduction de nos avances avinées. Il y avait tant de douceur interdite à devenir l’amant chaste et clandestin. Une idée qui choyait ce désir insupportablement tendre. L'envie était ravageuse — proscrite par nos  bienséances. Je me penchais et ma bouche se pliait sous la courbe harmonieuse de son visage. « Qu'est ce qui se passe ? » Une supplication soudaine. L'incompréhension face à ce changement étrange. Des chairs retournées. Des émotions inversées. L'erreur était facilement fatale. Et pourtant. « J'ai envie de t'embrasser. » Je sifflais en posant mon front contre le sien. Des peaux qui s'effleuraient avant de s'éloigner. Les valses de la mer qui s'accentuaient et nous tiraient hors du rêve. Je lui adressais un sourire et la poussais entre les vagues. La fraîcheur de l'été nous submergeait alors que je tombais à mon tour dans les profondeurs d'une abîme qu'elle creusait pour deux.

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MessageSujet: Re: you and i here together / rami   you and i here together / rami EmptyMer 30 Jan 2019 - 9:30

L’eau salée léchait son derme chaud. Une vague, puis une deuxième, puis une troisième. L’écume la happait, menaçait son équilibre. Ses orteils s’enfonçaient dans le sable. L’espace d’un instant, elle n’était plus une danseuse. L’espace d’un instant, les rêves de sa mère ne se mêlaient plus aux siens. La mer l’embrassait, l’attirait dans ses abysses profonds. Un trésor se découvrait sous ses pieds nus. Une échappatoire fait de poussières d’étoiles, d’iode et de Rami. Un homme, qu’elle découvrait loin de ces meubles qu’il créait, loin du tumulte familial, des coutumes et du libanais chantant. Ils étaient libres, enlacés par le ciel vaste, par la brise et l’alcool. Deux âmes perdues, échouées sur des rivages brûlants. Une frénésie, qui pulsait dans ses veines comme les ondes d’une musique entêtante. Plus rien n’avait de l’importance. Les ballets, qui occupaient son esprit. L’ambition dévorante. Ses muscles fatigués et arqués. Il n’y avait que les galets rosés, l’horizon rosé qui s’étendait à perte de vue. Et lui, lui, lui. Un crush enfoui dans les tréfonds d’un palpitant qui ne battait plus que pour la danse. Ses iris brillaient de malice, d’envie, de joie. Et Rami, il scintillait, il s’avançait vers elle, et Noor, elle était aveuglée par son sourire. Par son corps, par ses mains et ses mots. Et dans son ventre, des petites bombes explosaient, des petits papillons agitaient leurs ailes colorées. Un sentiment langoureux, partagé par l’aube et le paysage illuminé de rayons de feu. « Est-ce que ça a vraiment de l’importance ? » Un murmure susurré entre eux, entre leurs fronts collés, entre leurs corps se frôlant. Et ses mains, elles effleuraient ses bras, son flanc, son torse. Des caresses timides, presque chastes. Puis il s’éloigna, et elle tomba, jetée entre les vagues, le corps surpris, l’eau la submergeant entièrement. Un rire éclata du fond de sa gorge, alors qu’elle se redressa, ses membres retrouvant automatiquement le chemin vers Rami. « T’as pas le droit d’utiliser ta force comme ça. » Toujours dans un rire, les lèvres étirées jusqu’aux oreilles. Elle croisa son regard chatoyant. Son rire mourra doucement, et son sourire s’effaça lentement. Ses mains se posèrent, fermement cette fois, contre sa nuque. Puis peu à peu, elles encadrèrent ses joues, la barbe rugueuse sous ses palmes. Et, les pieds levés sur des pointes parfaites, qu’elle améliorait à chaque entraînement, qui devenaient de plus en plus pointues, elle captura ses lèvres entre les siennes. Un baiser prude, d’abord. Un contact tendre, bouche contre bouche. Les papillons s’affolèrent au creux de son estomac, et elle se rapprocha, le rapprocha d’elle, pour le sentir davantage, pour toucher un peu plus. Et elle l’embrassait à pleine bouche, oubliant les conventions et toutes les voix qui lui murmuraient qu’elle ne devrait pas.

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MessageSujet: Re: you and i here together / rami   you and i here together / rami EmptySam 9 Fév 2019 - 9:45

Le sentiment ensablé sur l'horizon libanais. Des mots éparpillés dans les nuages. Son visage, inanimé entre mes paupières. Telle un instant fissuré dans le temps. Une étreinte devenue utopie. Mes jambes se repliaient afin de la rejoindre au milieu des vagues. Désir découpé dans les veines. Souffrance du coeur qui anesthésie la raison. Je n'étais sûr de rien. Nos identités se distillaient dans le rivage. Nous étions libres de nos chaînes. Deux gosses. Deux âmes soeurs. Ma main glissait sur sa peau. Je m'approchais, hypnotisé par ses valses entre les ondulations de la mer. Noor, lumière des étoiles qui crève les chairs. Noor, petite soeur oubliée sur les scènes de théâtre. Et mon ombre s'inclinait sur la sienne. Mes lèvres suppliaient pour son souffle. Je souris en plissant les yeux. Amalgame des réalités, emmêlé dans l'ivresse qui perfore l'estomac. Des effluves de vins, des effluves d'insouciance. Ma gorge se déployait en murmurant les mots. Nous, les expatriés anonymes. D'ici et de la bas. Nous, les hybrides de la culture. Et moi, pire que tous, noyé dans le duel des religions, un duel des cultures et des identités. Pris au piège entre l'héritage de ma mère et celui de mon père, là où l'amour échoue pour rendre honneur à l'union. Là, où mon existence semble abomination. Lina était la seule à comprendre. Lina était ma famille. Le lien plus fort que tout. Plus intense que l'hérésie de l'âme. Le corps paralysé par le regain de conscience. Le corps suspendu dans l'attente interminable. Les prunelles de Noor jaillissaient du noir, magnificence des iris qui transcendent. J'étais le pantin entre ses doigts. Alors qu'elle se hissait pour me faire courber. Alors que sa bouche déposait son poison sur mon coeur. Mes mains s'élevaient afin d'encadrer son visage. Je la happais du sable afin de sombrer dans son baiser. Souffle saccadé, souffle enfin retrouvé après des années en apnée. Depuis le mariage. Depuis le divorce. Depuis la naissance. Un sens à la vie qui submergeait le cerveau. Et l'envie de plus. De toujours plus. L'addiction qui succédait à la première dose. Ridicule obsession qui tourbillonnait entre mes côtes. Je ne m'arrêtais plus. « T'as pas le droit d'utiliser tes charmes comme ça. » Sifflai-je sur son cou. Mes lèvres traçaient des sillons sur son derme étincelant. Des perles de douceur qui vibraient sur les gouttes d'azur. L'eau qui nous entourait afin de nous enfoncer dans le doute. La putain de confusion prenant tout à coup l'assaut. Le jeu s'achevait, ce soir. Où peut-être commençait-il enfin. Je la déposais délicatement, le regard fixé sur son profil gracieux. « Je savais que tu étais différente. » Un revers caché entre ses cils courbés. Une âme déambulant dans la monotonie, longeant la mer afin de retrouver ses pairs. Un autre, comme moi. Un autre, faite pour moi.

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