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MessageSujet: never be a right time @sahian.   never be a right time @sahian. EmptyMar 25 Sep 2018 - 17:27

Tu n’es qu’un bon à rien. Tu crois que tu arriveras à devenir une star ? C’est ridicule Samuel. Il serait grand temps pour toi d’ouvrir les yeux. Prend exemple sur Tobias.
Assis face au patriarche, le gosse étouffe. Les yeux éteints de toute émotion. La gorge nouée de cette rage qui perle. Les phalanges craquantes et vissées sur les rebords de la chaise. Son myocarde en proie à des mouvements anarchiques. Les mots aux abonnés absents pour répondre. Pour le mettre à mal. Pour le bousiller à son tour. Et lorsqu’il essaye de se relever et de gagner le combat, c’est une gifle hargneuse qui vient se coller sur son visage. La trace rougie déposée par l’amertume de son père. Une relation chaotique qui explose en plein vol.
Comme Samuel. Le gosse à terre de images qui défilent.
Le visage de Rhian qui devient son plus beau refuge au moment de la chute.
Et ce dernier qui s’éloigne, les éclats diaboliques de son rire. Puis le vide.
Le néant.
Il ravale ses larmes, se refusant à les offrir sur un plateau doré. Parce que y a pire. Parce que y a la réalité qui est venue lui vomir à la gueule. Quand Rhian a découvert la vérité pour son appartement factice. Quand il a vu le désarroi dans ses yeux et qu’elle lui a ordonné de plus lui adresser la parole.
Les mots qui tournent en boucle tel un disque rayé.
Les mots qu’il cherche à balayer pour la retrouver.
Et quand il s’apprête à se barrer de la demeure familiale, c’est Lola qui lui tombe dessus. Une tenue affriolante qui dévoile sa peau caramel. Ses lèvres dénaturées par un rouge cerise alors qu’elle se plait à remuer des hanches comme une poupée que trop d’hommes pourraient désirer. Elle se fait louve en ronronnant près de lui. Les mots aguicheurs viennent se fondre au creux de son oreille. Il serre les poings. Il lutte. Et elle en abuse. Quand sa main effleure son bras, quand elle se faufile sous son t-shirt. Lorsqu’elle opère une descente aux enfers, prête à capturer la boucle de sa ceinture pour l’ouvrir. Une caresse. Une effleurement qui ravive le feu, qui ravive la rage.
Son crâne cogne si fort que ça devient invivable. Il passe une main dans ses boucles exerçant une pression nerveuse contre pour que tout cela cesse. Mais rien ne se stoppe. Encore moins le manège de Lola. Elle le plaque contre le mur et exige de ses pulpes.
J’me sens seule Sam. Et j’sais que tu vas pas résister longtemps. Je vaux tellement mieux que cette fille.
La phrase de trop. Les mots forment une symphonie dégueulasse. Samuel, il est écarlate, il perd pieds. Il attrape le corps fluet de la diablesse et l’envoie valser. Elle chute au sol. Elle manque de se cogner contre la commode de l’entrée. Et elle le fixe comme s’il incarnait un monstre.
Le monstre de la famille. Le vilain petit canard. L’espoir déchu.
Une sombre merde.
Elle parle de vengeance. Elle cherche à retrouver de sa contenance. Mais lui il a disparu dans la foulée. Parce que la seule dont il a besoin n’est pas là. Il se plait à déambuler dans la rue. À acheter de l’alcool pour s’imbiber le palpitant. Assis comme un déchet le long d’un mur. La vodka qui coule dans sa trachée. Mais le remède ne prend pas.
Alors il continue. Il se rend malade.
Les effluves venant lui soulever le coeur. Celui qui fonctionne qu’à moitié sans la serveuse.
Il savait que ça arriverait. Que tout foutrait le camp et qu’il terminerait sur le carreau. Il aurait préféré épargner Rhian. La protéger de ce monde. La protéger de lui.
(…) Il titube et manque de s’écrouler devant la porte. Il tape une première fois. Son front butant contre la barrière métallique.
— Rhiaaaaan ! Ouvre steuplé.
Sa voix se perd dans les méandres du silence. Elle ne répond pas. Mais il voit une ombre passagère sous la porte. Alors son poing frappe un peu plus fort. Il veut lui causer. Il veut s’expliquer. Il veut lui montrer que c’est pas un monstre.
Pas celui qu’elle imagine.
Pas celui que sa famille voit.
Rhian c’est sa bouée de sauvetage. Son paradis sucré. L’espoir du bonheur. L’espoir de la vie. Tout ne peut pas s’écrouler.
— J’sais que t’es là hein, y a l’ombre de tes pieds là sous la porte. Sinon c’est peut-être un fantôme et ça me fait flipper. Il divague le gosse. L’alcool brouille sa vue, brouille son esprit et il chute à terre comme un pauvre con. Mais ses doigts continuent de ramper le long de la porte.
Ses espoirs funèbres essayent de s’accrocher.
— Steuplé…
Et sa voix se brise dans toutes ces émotions qui tourbillonnent.
Toi aussi tu as honte de m’aimer, rhian ? La question disparaît dans un soupire alcoolisé.
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MessageSujet: Re: never be a right time @sahian.   never be a right time @sahian. EmptyLun 1 Oct 2018 - 18:02

Elle voit la photo, là, sous son nez, juste sous ses yeux bleus bercés d’un torrent de larmes qu’elle n’essaye même pas de ravaler. Elle voit la photo. Mais elle n’entend plus rien, isolée dans un univers parallèle puisque son monde s’est écroulé. La confiance se brise à l’instar d’un miroir fissuré en mille et un morceaux. Elle s’excuse à peine, balbutie des mots incompréhensibles avant de tirer sa révérence. Avant de se tirer. Loin de cette vipère qu’elle pense colombe. Loin de Lola et de ses mauvaises intentions.
Et dans la réserve du café dans lequel elle travaille, elle attrape le téléphone de l’établissement, la main et les lèvres tremblantes alors qu’elle s’adosse au mur pour se maintenir à flot. Elle se perd entre ce qu’elle aimerait être vrai et la réalité. Entre le Samuel qu’elle pensait réel et celui qu’il est. Et son cœur se serre davantage lorsque ça sonne dans le combiné. Elle souffre d’avance à l’idée d’entendre cette voix qu’elle aimait tant.
Ça lui torpille l’estomac, ça la détruit de l’intérieur.
- (…) Elle m’a montré. Je… laisse-moi tranquille Samuel. Je veux plus te voir. Je veux que tu te disparaisses.
Elle laisse tomber le téléphone et se laisse glisser jusqu’au sol, les yeux perlant cet amour perdu, parti en fumée. Et c’est vrai ; elle aimerait le voir disparaitre. De sa vie. Pour toujours. Et avec lui, cette douleur immense qui la paralyse à lui rappeler qu’elle n’est qu’humaine. Une vulgaire mortelle au cœur fragile et à la corde beaucoup trop sensible. Une corde dont il s’est amusé, à en jouer comme d’un vulgaire violon. Et elle se rejoue les scènes de leur histoire. Des scènes qui sonnent monstrueusement fausses, maintenant. Comme les bribes d’un lointain cauchemar qui ne cesse de la hanter.
Et elle ignore combien de temps elle est restée là, assise par terre, à fixer le mur et à danser avec un passé incertain.
Quelques minutes.
Plusieurs.
Des heures.
Un flou à en perdre la tête et à s’y perdre soi-même. Et trop fatiguée d’avoir pleuré à s’en brûler les yeux, elle se relève, pas même atteinte par l’idée d’affronter le regard des gens. Ça lui passe au-dessus de la tête. Et une fois dans la salle, elle laisse tomber son tablier à terre. – Je démissionne. Des mots fantomatiques. Dénués de chaleur humaine. Et très vite, Rhian se trouve loin. Loin du café. Loin de la terre.
Perdue à mille lieux d’ici.
Quelque part dans les airs.
(…)
Elle rouvre les yeux, anesthésiée par cette fatigue constante qu’elle accumule depuis des heures. Elle s’oblige à dormir, pour se couper du monde et surtout, de cette peine grandissante qui fait d’elle une énième victime de cette mascarade. Rhian le sait : elle n’a rien d’extraordinaire. Un chagrin d’amour, comme il y en a tous les jours, partout. Et si sa douleur lui prend toute son énergie et contamine toute sa vie – elle n’a aucun effet pour le reste du monde. Insignifiante. Au point de s’attirer l’ignorance de Samuel dont elle n’a aucune nouvelle. Et même si cela était sa volonté, elle ne peut s’empêcher de remarquer qu’il baisse bien rapidement les bras. Un nouveau coup de couteau qui s’ajoute à la longue liste. Et poussée par un vente de folie, elle se relève pour aller affronter le taureau par les cornes. Et une fois devant la porte du jeune homme, elle cogne à s’en briser les phalanges. La tête pleine de toutes ces choses qu’elle a envie de lui dire. Des mots qui s’évaporent à la vue de cet inconnu qui lui ouvre. – Il est là Samuel ? Elle fronce les sourcils, déstabilisée alors que l’homme lui indique que non, il n’est pas là. Et soudain, elle revoit cette photo posée sur le chevet. Et elle reconnait ce visage. Il ne lui faut pas beaucoup plus de temps pour comprendre. Et malgré sa naïveté, Rhian réalise finalement ce qu’il se trame. Elle ne prend même pas la peine de s’excuser. Elle se tire, incapable de faire autrement.
(…)
Elle fait les cent pas dans l’appartement. Mais très vite, on vient la déranger, la sortir de ses pensées. Elle reconnait cette voix. Son cœur en premier. Et il se déchire rien qu’à l’écouter hurler de l’autre côté de la porte. Elle se hisse sur la pointe des pieds pour l’observer à travers l’œil de bœuf. Elle ne lui ouvrira pas. Pas peur de cet étranger dont elle ignore tout, même si elle croyait le connaitre sur le bout de ses doigts. – Arrête Samuel ! Elle s’arrête un instant. Elle en vient même à se demander si c’est son vrai nom. – Va-t’en, avant que j’appelle la police. Elle ferme les yeux, mal à l’aise d’en venir à de tels extrêmes, mais elle ne se sent pas en mesure de lui faire face.
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MessageSujet: Re: never be a right time @sahian.   never be a right time @sahian. EmptyVen 5 Oct 2018 - 19:13

Samuel, il étouffe. Le palpitant remué par les doutes. Le souffle court et galbée de ces effluves alcoolisées. L’odeur amère de la vodka qui imbibe ses veines. La rage qui déploie son tapis doré dans sa boîte crânienne. Celle qui rôde. Celle qui crée l’asphyxie dans sa cage thoracique. Des poumons nécrosés et un souffle à peine visible quand les monstres gagnent. Il vise son père. Le patriarche de la famille qui brille par ses remarques acides, ses regards rythmés par le dégoût et la distance imposée avec son fils. Il songe à Tobias. Son aîné, son talon d’Achille. Sa plus grande faiblesse qui fait de lui un pantin mal articulé. Des fils qui se brisent, qui se déchirent et lui qui ne sait plus comment fonctionner.
Les rêves abandonnés. L’exil de ses envies. L’exil de ses besoins.
Un pauvre gosse rongé par les doutes. Et cette impression d’être un bon rien. Le raté de le famille. Celui qui crée le déshonneur d’un héritage funeste. Il étouffe dans des carcans imposés. Dans des idéaux qui ne sont plus les siens. L’adolescent qui s’extasie. L’adolescent qui dévore la chaire de ces filles de passage. Celui qui se croit au dessus de tout. Il existe plus. Il est enterré dans les abysses d’une vie enragée. Il blâme son père. Il blâme son frère. Il blâme sa mère d’être témoin silencieuse de l’enfer qui déroule un parterre fait de cendres.
Il se blâme surtout lui. D’avoir accepté d’être celui en retrait. D’avoir donné autant de pouvoir à sa famille. D’avoir cru que l’argent faisait tout. D’avoir accepté ce défi stupide.
D’avoir voulu s’amuser des sentiments d’une inconnue.
Une inconnue qui a fini par le faire chavirer. Le faire tomber raide dingue d’elle. Telle une rencontre inopinée. Celle qu’on dessine dans des films romantiques et des livres où la fin est forcément heureuse. Une maladie qu’on choppe et dont on ne veut même pas guérir.
Même s’il a menti. Même s’il a rendu la réalité moins dégueulasse. Il s’en veut Samuel. Il aurait aimé être plus fort. Il aurait désiré lui balancer ses maux, ses faiblesses, le pire. Et pourtant, il a pas pu. Ça lui filait la nausée de se confier. De rendre l’horreur tellement plus réelle, tellement plus vraie. C’était pas une question de confiance. C’était de la honte. C’était de la peur.
Il a flippé comme un dégonflé. De voir Rhian se barrer. De voir son regard horrifié. De lire de la déception sur le maculé de sa peau. La finesse de ses traits qu’il peint d’un regard amoureux. La beauté de son âme qu’il voudrait greffer à tous les connards de la terre. Pour leur montrer que ça existe. Pour leur montrer à quel point la serveuse elle est belle. Elle est belle comme une oeuvre d’art dont on voudrait imprégner chaque trait coloré. Elle est belle comme cette innocence qui s’enflamme parfois. Et lui, il est fou amoureux. Un amour qui le tue à petit feu avec cette barrière de bois qui crée le chaos.
Les doigts qui filent dans une supplication silencieuse. Et Rhian qui cause. Rhian qui craint. Rhian qui exige. La voix de sa petite-amie qui vient le bousiller. Il avale sa salive alcoolisée et un haut le coeur débarque. Samuel, il ferme les yeux l’espace d’un court instant.
Un paysage clair s’éprend. Tout est calme. Tout est doux. Et il se remémore le mieux. Il repense à leur premier baiser. Cet instant où il a compris à quel point c’était fort. Le palpitant prêt à céder devant tant d’intensité.
Et lorsqu’il rouvre ses paupières, c’est le diable qui chante. C’est le diable qui gagne.
Alors Samuel, il se relève. Il titube et manque de chuter à terre. Ses boucles ébènes tombent sur son front alors qu’il donne un premier coup dans la porte. Le front buté vers le bois et la rage au ventre de pouvoir s’expliquer, de pouvoir lui balancer la vérité aussi sordide soit-elle.
— Appelle les flics si ça te chante, j’en ai rien à foutre. Les mots claquent. Les mots rongent son palais. Ses deux mains se fondent vers la porte et il tremble le gosse. C’est la rage qui se calque à son échine. Il pousse un soupire. Il est plus dans son état normal Samuel. Un état second où l’ivresse combat les démons. Une rage sanguinaire où il se voit assassiner son père, son frère. Une marre de sang qui sème le chaos et qui lui offrirait du répit. Une haine viscérale qui se mélange à un amour fraternel inavoué. Comme si les sentiments pouvaient pas exister chez les Clifford.
La pudeur avant tout, mon fils. Les mots qui résonnent. La voix du patriarche qui cogne contre ses tempes en accentuant la colère.  — J’ai menti. Je t’ai menti sur un tas de trucs mais parce que la vérité est tellement dégueulasse Rhian.
Les paroles sont éphémères. Elles apparaissent et disparaissent aussitôt. Des aveux qui s’absentent. Des aveux qui s’effritent. Il sait pas y faire le gosse. Il sait pas comment annoncer le pire sans la perdre. Sans perdre la seule personne qui a su l’aimer, qui a su entrevoir le mieux pour anéantir le pire. Il serre les dents, Samuel. La ligne de sa mâchoire qui se contracte et qui élance une brûlure déchirante.
— Je devais pas. Il balbutie. Il y voit plus vraiment clair. Malgré la lumière de l’étage qui paraît l’aveugler. L’alcool gagnant. Les sensations de l’ivresse qui se font de plus en plus sentir.  — Je devais pas tomber amoureux de toi putain. Ça ne devait être qu’un pari. Un putain de pari. Un numéro de drague dépeint dans le café. Ça aurait dû durer quelques heures, quelques jours tout au plus. Ça aurait dû se stopper net sans possibilité de retour en arrière. Mais Samuel, il éprouvait rien quand Tobias a balancé une énième idiotie. Il s’est dit tu gagneras pas cette fois-ci. ; trop lassé de le voir lui et son sourire carnassier. Sauf que c’est Samuel qui est en train de tout perdre. — J’ai pas menti sur ça. J’ai pas menti sur le plus important. Même si t’en as plus rien à foutre maintenant. Et le silence devient trop froid. Le silence s’impose et disperse les perles d’horreur. Alors il réfléchit plus réellement.
L’esprit gangréné par l’alcool et les doutes. Il envoie valser son poing une première fois dans la porte. Il a plus rien à perdre. Il a déjà tout perdu.
Mais y a aucune réponse. Alors c’est un second poing qui vient frapper le bois. Si fort que ses phalanges rougissent. Que le sang commence à perler et laisse une trace pourpre sur la porte. Il sent même pas la douleur. Il ressent plus rien à vrai dire.
— Rhian ouvre bordel ! Je partirai pas. Je te jure, j’vais pas me casser.
Et tant pis si elle le déteste un peu plus. Tant pis si elle appelle les flics. Ça l’empêche pas de scander son prénom. De hurler au point que sa trachée brûle. De frapper contre le bois en imaginant le visage des monstres. Et ces larmes qui regorgent dans ses yeux. Qui sont prêtes à dévaler mais qui se voient chasser d’un revers de la main.
Un filament pourpre venant ravager sa peau maculée.
Alors ils ont gagné, c’est ça ?
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MessageSujet: Re: never be a right time @sahian.   never be a right time @sahian. EmptyMer 10 Oct 2018 - 20:20

Des lèvres rouges d’une audace qu’elle croyait sincère. Lola parle. Des mots. De simples mots. Sciemment balancés, à la volée, comme si de rien n’était. Sans crier gare. Quelques mots. Rien de plus. Suffisamment pour que la vie toute entière de Rhian s’effondre, comme un grand souffle sur un château de cartes – aussi facile que cela. Entre ses doigts filent les cendres d’une réalité perdue. D’une réalité qui n’en était pas une. Et se repasser les scènes du passé en boucle n’y changera rien. Il a menti, à de nombreuses reprises. Et elle en vient même à se demander s’il était sincère avec elle. Si cette relation a réellement existé. Ou n’était-elle qu’une chimère, un mirage dessiné dans un désert de solitude. Ça la torture, toutes ces questions. Et elle souffre de celles à venir. Mais il ne lui laisse pas le temps d’encaisser les coups. Pire, il en rajoute, les phalanges ensanglantées à tambouriner contre sa porte. Les yeux perlés de remords. Et elle l’observe, Rhian, la boule au ventre, le visage déchiré par les doutes et la consternation alors que les effluves des liqueurs qu’il garde au bord des lèvres passent le pas de sa porte fermée. Seule barrière qu’il lui reste pour la protéger de celui qui a fait de son cœur un martyr. Elle le regarde d’un seul œil, mais elle ne le reconnait pas. Ses traits lui sont familiers, mais il apparait sous un jour différent. Plus sombre. Moins glorieux. Et ça lui retourne l’estomac, à Rhian, de voir cet inconnu qui ne lâche pas le morceau. Il ne partira pas. Quoi qu’il en coûte. – S’il te plait, Samuel, pars… comme une supplication. À fleur de peau, à bout de nerfs. Elle aimerait s’endormir pour échapper à ce triste retour de flammes qui réduit leur histoire à néant. Elle ne sait plus qui il est, lui, l’homme ivre dans le couloir de son immeuble, à hurler du haut de ses poumons une vérité qu’elle n’a pas envie d’entendre. Elle aurait préféré demeurer dans le mensonge. Là où tout était plus beau et teinté de douceur. Elle serre fortement son poing, ses ongles mordant sa chair. Elle n’a pas envie de lui ouvrir. Mais tout la pousse à faire sauter cette ultime barrière. – Viens, elle lui attrape brièvement la main pour le tirer à l’intérieur, puis la relâche dès que possible, une fois la porte à nouveau close. – J’ai des voisins. Et contrairement à toi, je n’en ai pas « rien à foutre ». Son visage est assombri par une palette de sentiments nouveaux qu’elle se découvre à mesure que leur histoire s’étiole. Elle s’éloigne, demeure loin de lui. Le regard perdu vers un ailleurs où brillait le soleil, avant. Avant toutes ces révélations, avant que ne tombent les masques. Et Rhian, elle sent son rythme cardiaque s’affoler à l’instar de sa respiration qu’elle ne parvient plus à calmer ; parce qu’elle a mal, parce qu’elle s’énerve. Contre lui, oui, mais surtout contre elle-même. Elle se déteste d’avoir pu être aussi naïve – d’être si stupide. Elle n’a rien, aucune clé, pour affronter la vraie vie. Et elle ne peut s’empêcher de penser à son village natal qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Pas pour vivre ce genre de déceptions. – Comment ça, tu ne devais pas ? Ça la frappe soudainement. Les mots lui reviennent et elle se questionne. Mieux, elle se trouve une voix. Et soudain, Rhian n’a plus peur des mots, ni même de les prononcer. Car il y a des questions qui demeurent sans réponse. Et tout est allé bien trop loin pour reculer. – Tu avais prévu de ne pas tomber amoureux de moi ? C’est… fucked up. Elle ne termine pas sa phrase, abasourdie. Elle ignore ce qu’elle devrait en penser. – Je comprends plus rien Samuel ! Le ton monte dans les tours alors que ses yeux océan miroitent des larmes qu’elle ne se donne plus la peine de cacher. Elle pousse cette voix nouvellement trouvée. Elle se dit que si elle hurle sa peine, peut-être qu’elle s’envolera. Mais elle demeure intacte. Non, elle se fait plus vorace. Plus virulente. Comme une seconde nature qui lui colle à la peau. – Et t’as pas menti sur le plus important, Samuel ? Et je suis censée te croire, alors qu’une fille vient me trouver pour me prouver le contraire ? Elle le confronte enfin, de l’autre côté de la pièce, mais le regard rivé sur lui. Elle n’a plus envie de boire ses paroles. Plus envie d’être celle dont on se moque. Ses traits sont meurtris et rougis par ces sentiments qui la déchirent, qui lui torpillent le creux de l’estomac. Elle en est malade, Rhian, de le voir au beau milieu de son salon, ses mensonges encore chauds sur le bout de ses lèvres comme sur le bout d’un canon. Touchée dans le cœur. – J’ai même pas envie d’entendre tes excuses. Je veux plus. J’ai envie de partir, loin de Brighton. Loin de toi, Samuel. Les mots résonnent entre les murs de son petit appartement. Et si Rhian n’est pas du genre à faire du mal aux gens, elle n’arrive pourtant plus à se contenir, crachant sa vérité comme elle le ressent. – Cette vie n’est pas pour moi. Tu me l’as confirmé. Ses mots sont bien moins colériques, mais pas moins attristés. C’est une triste réalité qu’elle dépeint. Et elle en souffre, terriblement. – Je te déteste… murmuré comme un secret qu’elle ne peut plus garder. – Je sais que je regretterai de t’avoir dit ça demain, mais je te déteste.  Parce que tu n’as fait que mettre de la distance entre nous quand moi, je t’ai tout donné. J’ai plus rien, Sam. Tu m’as tout pris. Elle porte sa main à son visage et elle le plonge contre sa paume, cherchant à se débarrasser de cette vision qu’elle ne supporte plus. Elle fait les cent pas – toujours loin de lui. Et pourtant, son parfum, mêlé à l’odeur de la vodka, traverse la pièce. Elle le sent malgré elle. Et elle se rappelle – des jours où tout était plus joli. Où son cœur battait uniquement les mesures d’une mélodie d’amour. Ce ne sont plus que des notes disgracieuses, aujourd’hui. Des ruines d’un hymne à jamais muet. – De toutes les filles avec qui tu pouvais jouer, pourquoi tu m’as choisi ? Je t’ai rien fait pour mériter ça. Elle le regarde à nouveau, à bout de souffle. Elle n’en peut plus. Et elle rend les armes d’un combat auquel elle n’a jamais voulu prendre part.
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