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Graham Shreve

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MessageSujet: please, don't move on [pv/lysandra]   please, don't move on [pv/lysandra] EmptySam 8 Sep 2018 - 19:11

Alors que son coeur et son esprit n'avait cessé de lui crier de la rejoindre, Graham avait tenté de laisser son espace à Lysandra. Elle avait beau être sa femme, il avait essayé de se mettre à sa place, celle d'une femme qui revient chez elle sans le moindre souvenir, après avoir disparu trois années. Il en avait souffert. Autant de son départ que de son retour. Il avait détesté rester éloigner d'elle, son âme soeur, alors qu'il n'avait qu'une envie, la retrouver près de lui au petit matin. Mais il avait prit sur lui, il avait fait passer le bonheur de la Hart avant le sien. Les jumeaux ne savaient toujours rien. Comment expliquer à des enfants de sept ans que leur mère est toujours envie mais qu'elle ne se souvient pas d'eux ? Il n'y arrivait tout simplement. Lorsqu'elle souhaiterait les voir, il leur en parlerait. Mais pour l'instant, Graham subissait toutes ces nouveautés seul, toutes ces questions et cette pression que lui apportait cette histoire digne d'un roman ou d'un blockbuster. Après plusieurs semaines, elle avait fini par le contacter, lui proposer de venir boire un café. Ils devaient parler, Graham le savait. Parler du passé, parler du présent et de l'avenir. De ce qu'ils allaient devenir, de ce qu'ils allaient faire. Il devait faire face, même s'il craignait le pire. Alors, un album photo à la main, le Shreve frappa à la porte de l'adresse qu'elle lui avait indiqué, son coeur s'emballant à l'idée de la revoir, de lui parler. Ça avait beau faire quinze ans, elle lui retournait toujours l'esprit avec un sourire, un regard. Graham lui sourit légèrement, presque amicalement, à cette femme qu'il aurait aimé prendre dans ses bras et embrasser pour le reste de la journée. Pourtant, il dû se contenter d'un rapide bonjour, avant de la suivre à l'intérieur de l'appartement. — I didn't really know what you needed for, but I bought pictures. Pictures of us. — Il déposa l'album sur la table, regardant à nouveau la brunette, détaillant ses traits comme il avait toujours aimé le faire. God, how much he missed her.You don't have to watch them if you don't want to.

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MessageSujet: Re: please, don't move on [pv/lysandra]   please, don't move on [pv/lysandra] EmptyJeu 20 Sep 2018 - 18:46

[ Outfit ] Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis son retour à Brighton, pourtant, Lysandra avait toujours cette impression de n’être qu’une étrangère dans sa propre ville. Dans sa propre vie.  Ses précieux repères, elle les avait égarés quelque part dans le chaos de la guerre et elle peinait à s’en façonner de nouveaux. D’anciens visages, d’anciennes histoires étaient restés ancrés dans sa mémoire, mais toujours cette impression de manque, de vide. Ce sentiment d’être incomplète. Sa famille et ses proches faisaient de leur mieux pour l’épauler dans cette période troublée, l’encadrant du mieux qu’ils le pouvaient, mais il ne comprenait pas le mal qui s’insinuait en elle, la souffrance que l’absence de ses propres souvenirs provoquait. Personne ne le pouvait. Elle était seule à se battre contre une chimère qui avait pris résidence dans sa tête. Les messages de Graham étaient tout de même parvenus à mettre un léger baume sur son cœur chargé. Inconstamment, son entourage l’avait maintenu à l’écart pour favoriser sa convalescence, mais Lysa en était venu à la réflexion que c’était une erreur. Ils avaient tant partagés ensemble, qu’il semblait être la personne appropriée pour la guider. Pour lui faire découvrir la femme qu’elle avait été. Celle qu’elle aimerait redevenir, si tant est que ce soit possible. Il avait accepté de venir à sa rencontre, d’entrer dans son univers aseptisé, de franchir ces années de silence, de distance qui s’étaient imposée d’elles-mêmes entre eux. La nervosité s’était glissée sournoisement en elle, sans qu’elle ne sache réellement pourquoi. L’appréhension, probablement. Celle, d’à nouveau, lire cette déception, cette tristesse dans son regard. Elle n’y était pour rien, pourtant, Lysandra. Et elle le savait. Mais le poids de la détresse des autres s’ajoutaient à la sienne,  une charge qui s’alourdissait de jour en jour, un fardeau qu’elle s’obligeait à porter, pour soulager sa conscience, se disait-elle. La machine à café tournait doucement dans un coin de sa cuisine, laissant s’écouler un liquide chaud dans la carafe de service, n’attendant que l’arrivée de l’invité. Lysandra, elle, laissant ses doigts pianotés sur le haut de ses cuisses, assises inconfortablement sur le sofa du salon, droite comme un pique, dans l’incapacité de se détendre. Ses épaules frémirent lorsque quelques coups sont frappés à sa porte. Elle se trouve idiote d’ainsi sursauter alors qu’elle savait pertinemment qu’on viendrait bientôt toquer à son appartement. Graham l’attendait de l’autre côté, ses lèvres étirés d’un fin sourire malgré la grisaille qu’elle pouvait percevoir dans son regard. Elle-même fit l’effort de lui rendre la pareille, tâchant de se montrer avenante à son égard. Il la suivit rapidement à l’intérieur alors qu’elle lui faisait découvrir son petit havre de paix en bord de mer. L’une des deux portes françaises étaient d’ailleurs ouvertes pour laisser entrer le vent marin dans la pièce. La femme avisa d’un coup le dit-album mentionné par son convive. – That’s kind of you. I’ve seen plenty of them, already, but I never get tired of it. Even if it’s a little bittersweet for me. – La Lysandra qu’elle voyait sur ces photographies semblaient si heureuse, si épanouie. Son passage en Syrie l’avait complètement annihilée, potentiellement détruite. Celle qui en était revenu n’était plus qu’une ombre d’elle-même. Et ça la peinait. – Coffee is ready, if you want some. – Lui annonça-t-elle afin de briser la glace pour de bon, jouant l’hôte attentionnée telle qu’elle l’avait toujours été.


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MessageSujet: Re: please, don't move on [pv/lysandra]   please, don't move on [pv/lysandra] EmptyLun 3 Déc 2018 - 13:10

Leur relation était toujours complexe. Jour après jour, alors que la mémoire ne revenait pas à sa chère et tendre, Graham se sentait se perdre de plus en plus. Il avait beau essayé, rien n’y faisait. Elle ne se souvenait simplement de rien. Ni de leurs habitudes, ni de leur mariage, ni même de leurs jumeaux. Ça lui semblait insensé, au Shreve. Il s’attendait à ce que, en le voyant, Lysa retrouve la mémoire comme on le voit dans les films. Mais rien à faire. Il était un inconnu à ses yeux, un inconnu dont le coeur se brisait à mesure où elle le repoussait. Graham s’était promis de faire face, cette fois. Il ne la pousserait pas trop fort à se souvenir, il saurait rester à sa place. C’était tout ce qu’il y avait à faire, s’il ne voulait pas la perdre pour toujours. Il ne voulait pas de son regard plein de pitié, encore moins de celui qui le fait passer pour un fou. Ce qu’il voulait, c’était la retrouver, l’espace d’un instant. Parce que, malgré les années, malgré sa disparition et sa perte de mémoire, Graham Shreve n’avait jamais cessé d’aimer Lysandra. Pas une seule seconde. Quand la porte d’entrée fini par s’ouvrir pour laisser apparaitre sa femme, c’est un léger sourire qui s’afficha sur les lèvres de l’homme. Il n’en ferait pas trop, il l’avait promis. Un sourire quasi identique se fraya chemin jusqu’aux lèvres de la brune. Politesses. Simples politesses. Graham entra, la suivit, alors qu’elle lui présentait rapidement l’endroit. You should be home with me and your kids. Il le pensa, fort, mais n’en dit rien. Il devait se montrer compréhensif, c’était le seul moyen. Le brun déposa l’album sur la table, regardant à nouveau sa femme avant de lui répondre. — Well, you can look at them when I’m gone. Or we can do it together and I can tell you the stories behind them. It’s really… It’s really just up to you. — Il se surprenait presque à être cet homme compréhensif, alors que tout chez lui lui criait de reconquérir sa femme. Mais il le savait, la Lysandra devant lui n’était pas vraiment sa femme. Elle ne l’aimait pas, pas comme sa Lysandra l’aimait, des années plus tôt. — I’d love some coffee, thank you. — C’était comme un premier rendez-vous, il marchait sur des oeufs avec la femme qu’il connaissait pourtant par coeur. La laissant aller chercher le café, il prit place sur le sofa, attendant un instant avant qu’elle ne revienne. — So… How are you adjusting to everything ? I know, it’s a stupid question. I’ve just never had to dealt with… with an amnesic wife, before, I guess. — C’était de l’humeur. C’était supposé l’être, tout du moins, et il s’accorda un léger sourire pour le lui faire entendre.

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MessageSujet: Re: please, don't move on [pv/lysandra]   please, don't move on [pv/lysandra] EmptyMer 26 Déc 2018 - 3:45

Les mois qui s’écoulaient sans que la situation n’évolue. Des souvenirs qui figuraient toujours au nombre des absents. Des mémoires qui refusaient se remonter à la surface pour combler ce vide flagrant laissé par leurs déficiences. Une épreuve de plus, un énième échec dans ce parcours du combattant. Lysa était lasse, fatiguée de se livrer bataille au quotidien. Lasse de voir son identité entière lui être subtilisée, remplacée par cette simple étiquette qui lui collait désormais à la peau : amnésique. La maladie qui passait avant l’être humain. Son mal-être favorisé au détriment de son bien-être. Des médecins et des spécialistes à qui elle tournait désormais le dos. Un acharnement médical n’ayant eu sur elles que des conséquences, et qu’elle n’avait plus le cœur de supporter. Une désapprobation parentale qu’elle balayait du revers de la main. Elle ne souhaitait que reprendre le contrôle sur sa vie. Faire ses propres choix, prendre ses propres décisions. Car si une partie de son passé défaillait toujours, son futur lui appartenait encore, et elle ne voulait que cette part de sa vie lui échappe à son tour.
Il y avait toujours cet inconfort qui s’incrustait dans les moindres parcelles de son épiderme lorsqu’elle se retrouvait en compagnie de Graham. Un étranger à ses yeux, mais un homme qui la connaissait pourtant par cœur. Un homme qu’elle avait jadis aimé. Un époux tendre et un père aimant que son esprit se refusait de lui remémorer. Il n’y avait plus, désormais, que les photos et les vidéos pour parler d’eux, d’un passé pas si lointain mais qui restait terriblement nébuleux pour la journaliste. – I’d like it if you would look at them with me. You’re probably the best person to tell me these stories, after all.  – Ses parents et ses sœurs pouvaient lui parler autant qu’ils le désiraient de son mariage et de la venue au monde de ses enfants. Mais Graham, lui, avait vécu ces moments si particuliers à leur vie commune. Il était l’homme ému vers qui elle avait remonté l’allée. L’homme au visage rayonnant les bras duquel reposaient deux minuscules bambins. Il restait sans doute le seul à pouvoir lui retransmettre ces émotions aussi vivement que lorsqu’il les avait vécus. – I’ll be back with the coffee in a minute. Make yourself comfortable. – Il n’en fallut pas plus pour qu’elle le rejoigne au salon, deux tasses du liquide brulant entre ses mains qu’elle déposa délicatement sur la table d’appoint. Son interrogation la laissa un moment songeuse, et bien qu’il tentait d’y mettre un peu de légèreté, Lysa n’était pas dupe. Elle pouvait percevoir son malaise. Un sentiment qu’elle ne connaissait que trop bien. – You know, I’ve never been an amnesic wife before either... – tenta-t-elle tout de même de plaisanter, même si le cœur n’y était pas. Le son de sa voix et le sourire apposée à ses lèvres, tout ça sonnait faux. – I won’t say it’s easy because it isn’t. Struggles are part of my everyday life, now. But… I guess it could have been worse.  – I could have died there. I should have died there. Des phrases qu’elle se répétait bien trop souvent. Des songes qui la hantait continuellement. – I always feel like I didn’t do enough. But at the same time, I don’t know what else I could do, so... I’m trap in the middle of this mess with no one else to blame but me.  – Un discours des plus désolants, mais qui permettrait sans doute à Graham de comprendre ce qui se passait dans sa tête. De mettre des mots sur les nombreux ressentis qui l’accaparaient du soir au matin. – I guess it's not much better on your side. I’m sorry you have to deal with this.And with me.


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MessageSujet: Re: please, don't move on [pv/lysandra]   please, don't move on [pv/lysandra] EmptyVen 11 Jan 2019 - 18:12

Elle avait toujours été tout, pour lui. Sa femme, son amour d’enfance, son âme soeur. Son univers. Sa disparition avait relativement changé l’homme que Graham été, et malgré son retour, il était incapable de retrouver ce qu’il était avant la tragédie. Il n’était que l’ombre de lui-même, mais jamais Lysandra n’aurait pu l’imaginer. Les souvenirs de leur amour envolés, elle avait forcément oublié comment Graham était, avant. Doux, aimant, souriant, inspiré. Rien avoir avec le Graham qu’elle avait retrouvé, depuis son retour en ville. Ouvrant l’album devant lui, il feuilleta quelques pages, les photos défilant devant lui en ne lui laissant apparaitre que deux vieux souvenirs, un amour oublié, sûrement mort. Son regard se releva finalement sur la jeune femme. Le même visage, les mêmes yeux. C’était bien elle, la femme des photos, la femme dont il était fou amoureux depuis le lycée. Pourtant, rien n’était plus pareil. Qui aurait pu croire, en les voyant là, qu’ils formaient un couple heureux et amoureux ? Personne. Même Graham, n’y croyait plus. Le café servit, l’homme attrapa la tasse, buvant quelques gorgées pour ravaler son chagrin et ses souvenirs, quitte à s’en brûler la gorge. Il devait faire son deuil, il devait oublier, tourner la page. — I know it’s not easy for you, Lysa. That’s why I’ve been trying to… see this whole mess from your perspective, and it’s definitely harder for you than it is for me. — Une confession qu’il aurait sûrement préféré taire, dans l’espoir qu’elle ne soit qu’un mensonge. Graham souffrait de cette situation, savoir qu’elle était pire pour Lysandra n’arrangeait rien. Oh, il aurait tout fait pour arranger les choses. Mais il était loin d’être capable de lui rendre ses souvenirs. Les plaisants, seulement, alors qu’il aurait fait disparaitre les autres, pour atténuer sa douleur. Non, Graham était loin d’en être capable. Il ne pouvait lui offrir rien de plus qu’une épaule qui lui semblerait étrangère, si elle voulait s’y aventurer à y verser quelques larmes. — You don’t have to blame yourself. You really don’t. — Son regard se posa sur la brunette. Comment pouvait-elle ? Avec ce qu’elle avait vécu, jamais Graham n’aurait pu la blamer de la sorte. Il en avait souffert, de ce retour, de la revoir. Mais jamais il ne lui avait reproché quoi que ce soit. Lysandra subissait, autant que lui. Il en avait conscience. Un léger blanc s’installa, un silence qui laissa le temps à Graham de réfléchir. Continuer ou se taire. Il prit une inspiration, posant le regard sur son café, avant de reprendre. — I don’t think I’ve said this, or at least I didn’t say it enough. But you have no idea how happy I am, that you are doing okay, Lysa. I thought I’d never see you again. — Il en avait rêvé, de la revoir, de se retrouver là, assit tout près d’elle. L’amnésie ne changeait rien à tout cela. Lysandra était bien là. Sa femme était en vie. Ses enfants avaient toujours une mère, malgré les aléas. Elle allait bien, quelque chose qu’il avait cessé de croire, après une année à l’attendre, désespérément, alors que tout le monde avait laissé tomber. Elle lui était revenu, quoi que le monde pouvait en dire. — I’m glad I was wrong.I missed you.

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MessageSujet: Re: please, don't move on [pv/lysandra]   please, don't move on [pv/lysandra] EmptyDim 27 Jan 2019 - 4:01

Elle s’imaginait, parfois, être à même de pouvoir de remonter le temps. De reculer quelques années en arrière, et de s’arrêter là ou cette ultime décision de partir avait tout fait basculer. Se raviser, changer d’idée et rebrousser chemin, sur le quai d’embarquement, à l’aéroport. Dire non à cette offre, cracher sur cette opportunité qui allait sa vie. Il n’avait jamais si bien dit. Cette simple décision l’avait ultimement conduit vers sa destruction.  Vers sa mort, en quelque sorte. La mort de cette femme qu’elle avait été, avant. L’épouse, la mère, la fille. Désormais, sa silhouette n’était plus qu’un mirage de ce passé, qu’une illusion. La Lysandra qu’ils avaient tous connus et chéris avait péri en Syrie. Disparue, emportant avec elle, dans son ombre, une multitude de souvenirs et de mémoires. Il ne restait plus d’elle, désormais, qu’une carcasse vide qu’on tentait de rapiécer depuis de nombreux mois, sans l’ombre d’un succès. Un véritable échec ambulant qui n’avait de cesse de laisser dans son sillage incompréhension et déception. Un poids difficile à porter pour les frêles épaules de la rescapée. Une lourdeur de l’âme qui ne savait que la faire sombrer un peu plus dans les abimes de ses pensées. Une noirceur dans laquelle elle noyait, jour après jour. Et la pierre accrochée à son pied l’empêchait de remonter à la surface. Blottit entre ses mains, la tasse de café brulante laissait s’envoler devant elle un léger volume de fumée vaporeuse. Son regard s’y était égaré, le temps de quelques secondes. Le temps de s’évader de ce présent truffé de chimères qui ne cessait de la hanter. — You can’t... You can’t understand all that I’ve been through. No one can… — La triste vérité. Un traumatisme qui laissait des traces indélébiles sur sa peau, quand ses ongles s’enfonçant dans la chair quand leurs voix résonnaient dans sa tête. Quand ses nombreuses terreurs nocturnes la privaient d’un sommeil réparateur et que les cernes se creusaient sous son regard éteint. Elle n’ignorait pas que son état avait aussi des répercussions sur son environnement. Sur les gens qui osaient encore graviter dans son champ d’attraction. Ses proches qui souffraient de ces années où on leur avait arraché leur chère Lysandra. Qui pleuraient des souvenirs oubliés, pourtant chaudement gravés dans leurs mémoires. Un passé qu’ils semblaient parfois valoriser plus que le présent. Plus que l’être vivant qui se tenait devant eux. — Some people makes me feel like I have to. Like what they’ve lost is more important than what came back… — Une épave, rien de plus.  Sans même avoir portée une seule fois le café à ses lèvres, la tasse retrouva sa place sur la table basse des mains de l’ancienne journaliste. Elle n’avait point besoin du goût acre de la caféine pour laisser un gout amer naitre dans le creux de sa gorge. Une amertume qui se mêlait à une peine sourde, qu’elle ravalait sans lui laisser le temps de remonter à la surface. Les mots de Graham auraient dû lui faire plaisir. Ils auraient dû mettre ce baume sur son être esseulé. Il n’y avait que bienveillance et gentillesse dans ses propos. Pourtant, pourtant son esprit broyait du noir. Et fermant les yeux un instant, c’est un soupir attristé qui se fit entendre. Las. — Graham… — qu’elle murmura sans oser le regarder. Sans même tourner la tête en sa direction. — It’s been nearly a year since I’m back, you know. — Un évènement que d’autres aurait sans doute voulu célébrer, mais pas elle. Non. — And I keep saying that I’m okay… but that’s not true. I never was. I’m tired of pretending. — Un aveu délicat, fragilisant, qu’elle rendait à demi-mots, souhaitant presque que ces derniers ne soient pas entendus. Mais elle se doutait que Graham ne perdait rien de son discours. Qu’il tendait l’oreille pour capter le moindre son, le moindre sanglot. — I’m a burden for my family. For you, especially. And I don’t want you to live like that. To sacrifice your life waiting for me. Or the girl I used to be… — Une femme qui n’existait plus, qu'il ne reverrait sans doute jamais. Dans ses rêves, seulement. Et sur ce papier glacé où leurs sourires étaient imprimés. — I... I want you to be free. Free of me. — Le couperet qui tombe, véritable poignard enfoncé en plein cœur de cet homme près à se damner pour elle. Mais dont l’amour est trop lourd à porter. Tout comme cet anneau qui brille toujours à son annuaire.
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