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Rami Saab

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MessageSujet: help me lose my mind + seth   help me lose my mind + seth EmptyDim 12 Aoû 2018 - 0:15

Les lumières étaient aveuglantes. Des couleurs filant entre les murs du studio et l’impression de suffoquer derrière les caméras. Ils m’avaient écris une nouvelle vie, un mariage conditionné par les calculs mathématiques et les analyses psychologiques. Je m’étais plié par orgueil. J’avais vacillé sur le chemin de l’autel. Mariés au premier regard, déboussolés au second. Une part d’intimité qui s’offrait aux yeux du monde. Une romance adulée, mensongère et fragile. On ne s’aimait pas encore. Il était trop tôt pour poser les étiquettes. Il était toujours trop tôt. Je pinçais les lèvres en suivant les directives de la production. Quelques minutes à l’antenne, un sourire gêné et la maladresse d’un homme qui fuyait les projecteurs pour s’enfermer dans un monde imaginaire. Ils voulaient une suite au comte de fées. Un récit émouvant sur nos amours miraculés. Mais c’était faux. Cordelia était la femme que j’avais épousé. La femme que j’appréciais. Mais ce n’était pas l’évidence. Il y avait rien d’évident dans mes pensées. Je me noyais dans les assomptions, dans les croquis et les couteaux de bois vernis. Ma passion était manuelle. Je ne savais pas écrire les jolis mots. Je ne savais pas charmer et courtiser. Mes doigts se crispaient dans mes poches. J’avais besoin de respirer. Mes jambes s’évadaient entre les couloirs longilignes. Il y avait le bruit des décors qu’on déplaçait, les crachotements de la machine à café et le grincement des vestiaires roulant sur le parquet. Mon regard croisait les silhouettes vagabondes au bout de l’allée. Je les entendais s’affoler pour accueillir la vedette de Galactic fighters. Ma poitrine se serrait - lui ou un autre, ils étaient tous pareils. Des comédiens aux masques qui s’échangeaient de script en script. Seth était parti sans un mot. Il avait simplement disparu, promis à un rêve meilleur. Un petit ami que j’avais placé si haut, puis qui était devenu un anonyme - un étranger à mon coeur. La rupture m’avait épargné le calvaire de la vénération. Je posais la main sur la poignée de la porte. Sa loge était là, mouvante sous l’agitation des assistants. Je me sentais intrus dans un univers qui ne m’appartenait pas. Il ne se souvenait peut-être plus, de ces nuits à la belle étoiles. De ses baisers volés dans l’obscurité, loin des visages indiscrets. Une affection qu’on assumait pas, à deux mais qui ne pesait que sur lui. Quel humain était-il devenu ? Je ne reconnaissais pas son talent. Je me fichais de ses succès et de sa notoriété nouvelle. Il n’était qu’une rature dans ma mémoire, le souvenir d’une jeunesse insouciante. Je poussais la porte pour me faufiler dans son antre. «Hey …» Ma voix trahissait ma confusion. Je ne voulais pas être ici. Je n’avais pas ma place. Vainement, je ne parvenais plus à oublier mon imposture. Et j’espérais qu’il puisse comprendre. Qu’il puisse ressentir ma détresse face aux journalistes. Seth était dans son élément. Il avait retrouvé la clarté d’une lune qui ne brillait que dans ses yeux, une passion indéfinissable pour la reconnaissance des autres. Rien n’était plus hypocrite que le visage d’un acteur qui souriait, applaudissant à s’en rompre les mains, les rumeurs des tabloïds - seulement pour exister. Simplement pour vivre. « J’ai entendu dire que tu étais sur le set. Ça fait un bail … » Depuis nos escapades nocturnes. Depuis les halètements et les draps froissés. Il n’avait pas changé, toujours immuable. Je me redressais et lui tendais la main dans un geste cordial.

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MessageSujet: Re: help me lose my mind + seth   help me lose my mind + seth EmptyDim 12 Aoû 2018 - 10:09

joey & seth

my heart can't take this damage
and the way i feel, can't stand it
(changes @xxxtentacion (remix))

Une vie qui bascule en un coup de téléphone. Deux mois qui l'éloignent de la personne qu'il était autrefois. Avant les contrats et les caméras, avant cette amorce de célébrité et ce rôle sur-mesure. Il a parfois du mal à se rappeler de la personne qu'il était, il y a soixante jours – mais il sait pour sûr qu'il n'était pas le même. Enfermé dans les cuisines de la pizzeria, à jouer avec la pâte et la sauce tomate. Il n'a pourtant pas demandé à changer ; pas tant que ça, pas aussi vite. Mais il n'a pas vraiment eu le choix, il s'est juste laissé happer par le courant et les promesses douteuses de son agent. Il ploie et lui obéit, suit ses recommandations, pour ne pas dire ses ordres. Se conforme à l'image qu'il veut pour lui, qu'il dessine pour la population et ses futurs spectateurs. C'est l’effervescence dans la loge et Seth, il est un peu perdu. Il regarde son téléphone et le grand miroir, ces petites mains qui s'agitent pour le rendre présentable – étincelant pour la lentille des caméras. Il se laisse simplement faire, déjà un peu habitué à ces routines de star. La porte s'ouvre sur une nouvelle silhouette et Seth, il n'y prête pas attention, jusqu'à ce que trois lettres percent le silence. Son regard s'ancre au nouveau reflet dans le miroir et le monde semble ralentir – ou bien accélérer. Il tente de cacher son trouble sous un demi-sourire, Abberline. Puis il les congédie tous presque silencieusement, leur demande cinq minutes de répit avant de se lever de sa chaise. Ils disparaissent et laissent un vide qui n'est pas plus rassurant. « Hm, salut. » Qu'il rétorque enfin, le détaillant, alors que mille et un souvenirs lui reviennent à la face avec une violence inouïe. « Ça faisait longtemps oui... » Une éternité depuis les promesses vaines d'un amour sans avenir. Il se souvient pourtant de tout, Seth. Il se souvient qu'il était plus jeune et encore plus insouciant. Que Joey était plus vieux et que ça avait quelque chose de rassurant. Mais c'était sans doute pour cette raison que ça n'avait pas pu marcher. Seth, il avait été trop lâche pour l'aimer aux yeux du monde. Joey, pas certain de l'engagement. Dès ses prémices, cette relation avait été vouée à l'échec, et ça avait fait du mal. Seth, il se souvient de l'avoir aimé, pourtant. Plus qu'il n'aurait jamais pu l'admettre. Assez pour ressentir cette gêne qui lui tord aujourd'hui les tripes et ce pincement qui lui vrille le cœur. Ça voulait dire quelque chose pour moi, tu sais. Il lui serre la main et balaye les souvenirs d'un battement de cils. Rencontre le métal froid de son alliance. Ah, oui. « J'ai vu pour ton mariage. Félicitations. » Il acquiesce doucement et relâche sa main. Enfonce ses dix doigts dans les poches de son costume sur-mesure. Il se pince les lèvres et s'appuie contre un des meubles bas de la loge, le dévisage, s'imprégnant de ces traits qui ont durci sous les effets du temps. « Pour quelqu'un qui fuyait l'engagement, j'ai été surpris. » Une pique injustifiée qui glisse de ses lèvres. Il sait qu'il a eu sa part de responsabilité dans l'histoire de leur rupture – certainement bien plus que Joey, même. « Mais t'étais pas mal dans ton costume. Et ta femme est ravissante. » Un soupir coule sous ses syllabes et il se détourne, Seth. Se détache et feint l'indifférence, pour cacher sa surprise et les ressentis qui s'agitent en pagaille dans sa caboche blonde.

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Rami Saab

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MessageSujet: Re: help me lose my mind + seth   help me lose my mind + seth EmptyDim 12 Aoû 2018 - 14:15

Cette alliance, je l’oubliais. La morsure du métal s’effaçait sur les bords de mes phalanges repliées. Je ne m’appartenais plus. L’émission conditionnait mon existence, une image indéfinissable - comme ce sentiment qui tailladait mes côtes. La jalousie d’un succès dont je ne faisais pas partie. Ou simplement, cette incandescence qui s’accommodait au bonheur. Je balayais mes pensées d’une poignée de main affirmée. Un monstre au seuil de mon coeur, l’impression de suffoquer dans le silence de sa loge royale. Son sourire emprisonnait mon regard. Je l’imaginais encore, à des années lumières de ses tournages. Nous étions jeunes et insouciants, des rêves plein la tête et l’amour bouillonnant dans les tripes. Une succession de haut les coeurs et d’escapades dans les ruelles de Brighton. Il était cet animal nocturne, étincelant sous les arcs de la lune. Sa démarche était fuyante entre mes bras. Parce que même à la belle époque, nous n’étions pas réels. Une abomination qu’il avait du mal à exhaler. Les défaillances et les entraves d’une passion qu’il lui était difficile d’accepter. J’étais pareil, abstraction faite du sexe. Je détestais les engagements et les promesses d’éternité. Mon mariage n’était qu’une mise en scène. Un pari stupide qui était devenu impulsion. Je ne la touchais pas. On s’appréhendait encore. Cordelia dans son monde, et moi dans mon univers. Pouvait-il comprendre ce vide ?Avoir une moitié à enlacer et préférer le silence de l’atelier - s’attarder des heures entre les planches et les vernis et succomber aux errances d’un esprit fugace. J’étais lent dans mes réflexions. Je n’apprenais pas de mes erreurs. Dyslexique à l’école, handicapé du sentiment. Je vivais en synergie avec les autres, dépassé par les répliques à dire, les gestes à avoir en face de la caméra. Une imposture à laquelle Seth s’adonnait aussi. Mais par choix. Par conviction. «Merci, félicitations pour … Tout ça.» Je fixais les décorations et les guirlandes autour des murs. C’était beau - étincelant. Mais je préférais ses lumières. Je préférais les émotions au coin de ses yeux et les consonances de ses rires juvéniles. Une identité qu’il avait troqué pour la gloire de son Hollywood adorée. Un jour son nom sera gravé sur le marbre. Et un jour, je marcherais dessus, avec mes semelles sales et mes sentiments d’amertume. Je n’étais pas impressionné. Il méritait mieux qu’une reconnaissance télévisuelle et une horde de fanatiques qui adulaient un personnage de fiction. Je haussais les épaules en laissant échapper un rire nerveux.  « Oh, il parait que les gens changent. J’ai vu pour ton couple. Je suis content, tu as toujours voulu être conventionnel Ce n’était pas méchant. Seth se voilait la face. Il reniait l’évidence, les ressentis, les regards - ce qu’il y avait entre nous. Nos ballades dans l’obscurité sous les lueurs des lampadaires, main dans la main. J’étais plus vieux et aujourd’hui j’étais usé. Je ne voulais pas qu’on s’attache. Qu’on se perde dans les déclarations. Il était parti et je lui avais accordé sa liberté. Il n’y avait rien à attendre de nos complexes refoulés. Rien à espérer. « C’est étrange de se retrouver sur le même plateau, je ne suis pas très à l’aise. » Grommelai-je en hochant la tête. Je n’avais aucune certitude sur notre rencontre. Je me doutais qu’il voulait brouiller les pistes. Prétendre que je n’étais qu’un anonyme, croisé dans les coulisses de l’émission. Et je m’en accommodais volontiers. Parce qu’il avait raison, Seth. En cet instant, nous étions seulement des étrangers.

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MessageSujet: Re: help me lose my mind + seth   help me lose my mind + seth EmptyVen 24 Aoû 2018 - 12:54

Des mots qui sonnent creux mais qui roulent sur les lèvres pour meubler les silences. Ils ne sont plus les mêmes. Les années se sont étirées entre les silhouettes, creusant un fossé qui lui semble infranchissable, désormais. Seth, il a l'impression de ne plus savoir grand chose de Joey. Plus rien du tout, même. Il ne lui reste que quelques souvenirs, ancrés à sa peau, ses lèvres. Des images de nuits éternelles où ils pouvaient être n'importe qui. D'instants secrets, volés au grand jour, éparpillés dans la pénombre. Une relation gangrenée par l'égoïsme et les doutes d'Abberline, nécrosée par ses volontés de toujours tout dissimuler. De vouloir tout et son contraire – l'amour et les bons moments, mais pas les mauvais, et encore moins le regard des autres. Peur du jugement. Peur d'être différent. Peur tout court. C'est sans doute pour cette raison et un millier d'autre que ça n'a pas marché. Qu'ils sont là, aujourd'hui, si proches et si distants. Deux inconnus qui se dévisagent, alors qu'ils se connaissent plus intimement que quiconque dans ces studios. Félicitations. Un sourire écorche ses lèvres et il hausse un peu les épaules, Seth. Faussement modeste. Tout ça, comme il le dit, c'est terriblement factice. Matériel et sans importance. Loin des véritables efforts et des réussites. Loin des échecs aussi, qu'il cache dans l'ombre. Des secrets qu'il garde et accumule dans ses ventricules. Un jour, son cœur explosera sous tous ses non-dits, et le monde se régalera de sa déchéance. Un jour qu'il espère le plus lointain possible. Les mots de Joey roulent sur ses tympans et Seth, il s'en pince les lèvres. Cache ses déceptions et ses blessures derrière un énième sourire. Il hausse les épaules. Songe à Leo et à son agent. À ces jeux qu'il ne maîtrise pas le moins du monde et qui finiront par le tuer, bousiller cette carrière naissante pour le laisser mourir dans un coin du studio. « Elle est sympathique. » Et elle l'est vraiment, Leo. Elle est même bien plus. C'est pour toutes ces raisons, qu'elle ne mérite pas d'être prise dans l’œil du cyclone. Tout ça, c'est ridiculement médiatique et un jour, ça lui fera du mal, à elle aussi. « J'ai changé, c'est tout. Peu importe ce qui s'est passé autrefois, ça ne voulait pas dire grand chose. » Qu'il lâche en détournant le regard. Il n'arrive même pas à dire la vérité. Même pas à lui. Un soupir coule sur ses lèvres et il fait un pas, puis deux. Le silence est écrasant et source de malaise, même pour lui, même pour Abberline. Kane revient à l'assaut de ses mots et l'acteur, il en rit un peu d'abord. Il s'avance, un sourire emprunt de malice débordant de ses lippes. Laisse cinq de ses doigts courir sur un faux-pli de la chemise du brun. « Quoi ? Tu veux dire que je te mets mal à l'aise ? » Il lève le regard, l'ancre au sien. « Il n'y a pas de quoi. Tant que tu tiens ta langue, tout devrait bien se passer. » Il hausse un peu les épaules, dévoile sa plus grande crainte avec une indifférence feinte. Il a peur que Joey trébuche sur les mauvais mots et en dévoile plus que permis. Qu'il fasse éclater ses secrets les plus terribles aux oreilles des journalistes, et que son monde entier s'en trouve renversé. Il reste proche, Seth et en profite pour le détailler. Observer ces petites rides qui ont conquis le bord de son regard et ses cheveux en bataille. Puis, il prend de la distance. Un pas en arrière, guère plus. « Tu n'as pas à t'en faire. Ils t'aiment déjà. » Les spectateurs. Les journalistes. Ce monde de requins et de faux-semblants qui est le leur, désormais.

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MessageSujet: Re: help me lose my mind + seth   help me lose my mind + seth EmptyLun 10 Sep 2018 - 9:49

Un vide qui oppressait au milieu de ces mots balancés loin des caméras. Je me redressais au coin de la loge, laissant le voile tomber et recouvrir les sentiments. Une douleur sourde. Un spasme du coeur surgissant du passé. La rupture qui se répétait, ses sermons et le déni d’une réalité qui avait succombé sous mes doigts. Je l’avais touché. Je l’avais ressenti. Un jeu d’enfants, des halètements ondulant entre des lèvres fissurées et l’impression d’un envol imaginaire. Il ternissait les souvenirs. Je ne supportais plus sa nonchalance. La façon qu’il avait de se détacher de nous, de réduire notre intimité. L’amertume s’enfonçait dans ma gorge. Je ne réagissais pas par pudeur — par inconscience surtout. L’instant se fracturait entre les lumières et les vacarmes du couloir. Une agitation du studio qui parvenait à happer mon attention. Je m’imaginais ailleurs, en dehors de ces murs et ces mascarades, sans l’influence de l’audience et des textes préconçus. Une condition forcée par les médias, par ce mariage étalé sur la place public. Et ça me dérangeait. D’exposer ma vie. D’exposer mes sentiments. Et surtout, d’exprimer ma nostalgie face à cet amant perdu. Seth, l’imposteur. Son image se confondait avec celle d’un personnage de fiction. A force de jouer, il avait fini par transposer la comédie, par devenir sa propre marionnette. J’esquissais un sourire lascif. Mes jambes étaient arquées, immobiles face à ses provocations sensuelles. Puis il y avait le silence imposé. Les bourdonnements de mon palpitant et l’explosion des souvenirs sur mes prunelles. J’aurais voulu briser la distance, tendre le bras et établir le premier contact. Sa main contre les fibres du tissu. Sa main contre ma peau avec seule limite un vêtement. Quelle pensée affreuse! Il en parlait comme d’une maladie. Comme un poison qui s’injectait dans les veines et broyait les viscères. Mais l’amour était réel. Il n’avait d’yeux que pour l’âme. Et la mienne s’était couchée près de la sienne. Pendant des mois, elle avait respiré les méandres de son esprit. Je le fixais avec étrangeté, hésitant à braver le danger mais il y avait les autres. Un tourbillon de corps qui s’affolaient autour du set afin d’accueillir nos proses mensongères. Il me révoltait. Sa bouche était suspendue dans l’ignominie de ses paroles, de sa crainte de l’exposition. Il avait toujours redouté les regards et les jugements insignifiants d’une foule inconnue au détriment des personnes réelles. Des personnes qui, vraiment, l’avaient aimé. Je hochais la tête en m’éloignant. Une expression de dégout ruisselait sur mes joues. Des yeux qui s’étiraient lentement et l’étincelle d’une flamme qui se mourrait dans les cendres de nos anciennes relations. «Je suis mal à l’aise pour toi, ça doit être difficile de vivre en apnée. » Je lissais les plis de ma chemise en grommelant. Je n’appréciais pas son arrogance ni ses manières de me blesser à perpétuité. Il n’avait plus le droit de déployer ses armes acérées, d’enfoncer la couteau dans la plaie et de m’abandonner dans l’oubli.  « C’est une faveur que tu demandes ? Peut-être que tu devrais essayer poliment.» Je soupirais en me tournant vers le miroir. Me reflet se noyait dans le décor. Un visage que je ne reconnaissais pas. Une existence de propagande et un millier de followers, adulant un couple devenu habituel. « Et juste pour info, tu m’as aimé aussi. » Une confession cruelle, vocalisée pour la première fois. Une confrontation que je n’avais jamais osé auparavant, de peur de le froisser — de le perdre dans ses complexes et ses angoisses. Mais il était trop tard à présent. Et je n’étais qu’une chimère oubliée. Un homme qu’il aurait préféré être femme, simplement pour pouvoir l’aimer sans avoir honte.

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MessageSujet: Re: help me lose my mind + seth   help me lose my mind + seth EmptyMer 3 Oct 2018 - 21:18

Des souvenirs qui se calquent sur les faux pas du présent. Seth, il cherche à fuir son passé, mais il accroche sans relâche le regard de Joey. Il y cherche l'approbation et la répulsion. Un soupçon de désir aussi, égoïstement ; il a besoin d'être vu, Abberline. Besoin d'être apprécié et au-delà encore, besoin de plaire. Besoin de savoir que non, Joey n'a pas oublié. Ni les nuits éternelles, ni ses éclats de jalousie. Il cherche la preuve que tout cela a existé, même dans une autre vie. Que ça a laissé des traces – les mêmes qui scarifient son âme de long en large. La discordance fait claquer sa langue et trembler ses jambes. Il veut paraître fort et indifférent. Détaché et presque lassé de cette relation qui était la leur, autrefois. Pourtant, quand il happe ses prunelles des siennes, il n'y lit que les erreurs. Ses propres ratures, imposées au brun. Il s'en veut juste un peu, culpabilise quand les souvenirs sont trop réels, trop poignants. Il sait qu'il lui a fait traverser un petit enfer, main dans la main. Qu'il lui a imposé la discrétion et la fuite, qu'il s'est montré trop demandeur et trop distant à la fois. Éternelle ambivalence qui a ruiné la passion et bousillé leur amitié. Une maladie chronique qui lui dévore le palpitant une fois de plus, alors que sa nouvelle victime s'appelle Ford. Il le chasse de ses pensées, lui, l'autre. Prend un pas en arrière. Une distance de sécurité, comme si les mots taperaient moins fort contre sa carcasse, à cette distance. Il se pince les lèvres et en perd le souffle, Seth, s'étouffe sur les vérités que Joey lui balance avec tant de dédain. « Tu t'inquiètes, c'est mignon. Je vais bien. Merci. » Un soupir et le regard vide. Il fait semblant Seth. Semblant que ça ne l'atteint pas, semblant de n'en avoir strictement rien à faire. Il joue la comédie et fait de l'autre son ennemi. Balaye la confiance d'hier pour essayer de se protéger d'aujourd'hui et des conséquences que pourraient avoir les mots. Il semble avoir oublié, Seth, que la distance limite les dégâts physiques, mais certainement pas la vitesse du son. Les syllabes claquent à ses tympans comme un rappel à l'ordre. Une dernière provocation qui remet tout en question. C'est une affirmation qui tombe des lippes de Kane, un fait gravé dans la pierre, figé sur les irrégularités de son encéphale. Deux connexions qui se font et une troisième qui grille ; son expression se fige, à Abberline. Il sent sa paupière battre et ses tripes se serrer. Il déglutit et se laisse avaler par le silence, confronté à ses angoisses, à des vérités qu'il aurait préféré oublier. « C'était facile, Joey. » Il se pince les lèvres et hausse les épaules. Lui impose son regard glacé et son expression la plus froide, la plus détachée. Il n'a plus envie d'en rire, Seth, même plus envie de lui concéder un de ses sourires un peu moqueur dont il a le secret. Il a envie de fuir et de s'évader. De renverser le sablier et de faire en sorte que cette rencontre ne se soit jamais produite. « Je n'avais qu'à claquer de la langue pour que tu rappliques. C'était presque pathétique. » La méchanceté au bord des lèvres. Il se cache derrière son pire visage et crache sur son bon fond pour ne pas avoir à reconnaître que c'est Joey qui a raison. Il enfonce ses mains dans les poches de son costume sur-mesure. Lui adresse un regard aussi dédaigneux qu'agacé, le cœur au bord du précipice. « Je ne pense pas qu'aimer soit vraiment le terme, donc. C'était distrayant, rien de plus. » Il oublie tout le reste pour sa fierté, Seth. Oublie que Joey pourrait le pourrir sur les plateaux et leur montrer à tous, à quel point il est laid, le petit prodige de la galaxie.

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