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 smell like coffee and bad decisions (joan)

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Brandy Fairchild

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MessageSujet: smell like coffee and bad decisions (joan)   Lun 4 Déc - 20:54

y'a le vent qui fouette son visage et qui fait voler ses cheveux, mais elle s'en moque. elle, la gamine des rues. celle qui se plait bien plus dans l'atmosphère extérieure, qu'emmitouflée près d'une cheminée à l'intérieur d'une demeure. parfois, tu croises des sdf dans les rues, gamine. ça te fait mal au coeur, surtout en ce moment. et puis finalement, tu te surprends à penser que tu leur apporterais bien un peu de compagnie. la chaleur d'un autre corps pour les apaiser. les humeurs du dehors sont souvent le cadet de ses soucis à la brune. elle est amoureuse de la pluie, émerveillée devant la neige. elle ne rechigne jamais à supporter ce que le ciel veut bien leur apporter. aujourd'hui, elle n'a qu'un gros pull sur le dos, une écharpe du même gabarit autour du cou et les mains négligemment rentrées dans les poches de son jean. ça lui suffit pour parcourir à pieds les quelques mètres qui la séparent du pub de sa grande soeur. elle n'y va plus aussi souvent qu'avant, brandy et ça lui manque. suite à la dispute d'avec les parents fairchild, elle a quelque peu pris le large avec toute la famille. mais cette situation ne lui convient pas tellement, elle veut retrouver sa soeur et obtenir des réponses à ses questions. parce qu'elle en a toujours plein la tête, la gosse. sa vie est emplie de points d'interrogation qu'elle aimerait pouvoir effacer une bonne fois pour toute. et elle entend le faire avec l'aide de joan.
au loin, elle aperçoit la devanture du blue crab, brandy. alors qu'elle ne s'en rend même pas compte, un fin sourire se dessine sur ses lippes. cet endroit ressemble beaucoup à une maison pour elle. sa soeur en détient tous les murs, ce qui en fait un repaire idéal. ici, elle se sent simplement bien et c'est le genre de choses qui n'a pas de prix. tu passes la porte avec l'aisance d'une habituée et tu vois la grande fairchild s'affairer même si le pub était loin d'être plein à cette heure-ci. tu te diriges vers le bar et t'y installes en attendant joan. en fait, elle l'admire sa soeur. celle-là même qui a réussi à trouver un sens à sa vie et qui s'est épanouie dans son truc à elle. brandy aussi aimerait trouver sa voie, mais ce n'était malheureusement pas aussi évident. tu me fais un cocktail ? mets ce que tu veux dedans, j'te fais confiance, qu'elle laisse entendre à l'intention de joan qui revenait vers elle. la brune en profite pour la regarder faire. elle ressemble tellement au modèle qu'elle rêverait de toucher du doigt, la petite fairchild.

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MessageSujet: Re: smell like coffee and bad decisions (joan)   Mar 5 Déc - 19:52



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L'hiver s'installait sur Brighton, déjà les vents du Nord se levaient et balayaient la jetée, réduisant le nombre de piétons et faisant s'emplir les restaurants, cafés et pubs du coin. Aucun passant ne souhaitait s'attarder à l'extérieur, au risque de t'attraper une belle angine. Pourtant, je prenais toujours autant de plaisir à courir le long de la mer, devant me battre avec les éléments et redoubler d'efforts pour avancer. Quelque chose qui me parlait au quotidien et qui m'avait toujours poussée à tout faire pour réaliser mes rêves. En y réfléchissant, cette vie que j'avais construit n'était pas loin d'être ma vie rêvée, j'étais ma propre patronne, je possédais un pub que j'adorais le long de mon endroit préféré au monde : la jetée de Brighton. D'ordinaire, j'avais également une famille très soudée que j'aimais plus que tout. Mais, dernièrement nous avions tous explosé chacun de notre côté. Il semblait que le mauvais oeil s'était abattu sur la famille Fairchild et que toute la malchance s'était accumulée autour de nous. La malchance ou les mauvaises décisions. Après tout, je n'avais jamais cru à quelconque sorte de chance, je m'étais toujours persuadée que quoique nous voulions réaliser, il nous suffisait de provoquer notre propre destin et le prendre en main. Se laisser sombrer en attendant que la vie s'illumine toute seule n'était jamais concluant, en tout cas, c'était ce que je pensais. Et cela m'avait plutôt réussi professionnellement, puisque je dirigeais désormais le pub de mes rêves. Je servais un client lorsque j'entendis une voix qui m'était plus que familière à l'autre bout du client dont la phrase me fit avoir un rictus d'amusement. Brandy était perchée sur un tabouret, sourire aux lèvres. Je déposai l’assiette de mon client et sa pinte et me dirigeai vers la plus jeune des jumelles Fairchild, m’écriant : « Désolée mais la maison ne sert pas d’alcool aux enfants Fairchild à… midi vingt ! » dis-je en me tournant vers l’horloge pour constater l’heure qu’il était. Définitivement trop tôt pour l’un de mes cocktails. Je m’appuyai sur le rebord du comptoir et scrutai ma petite sœur. « Qu’est-ce qui t’amène de si bonne heure ? T'as pas cours aujourd’hui ? » Deux questions à la suite, je me prenais légèrement pour Wyatt avec cette soudaine inquisition. Mais Brandy s’était faite rare dernièrement et évitait tous les membres de la famille depuis qu’elle s’était disputée avec nos parents et qu'elle était partie de la demeure familiale. Et ce soudain accès de rébellion n'était certainement pas anodin, je la connaissais suffisamment pour savoir que quelque chose se tramait.
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Brandy Fairchild

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MessageSujet: Re: smell like coffee and bad decisions (joan)   Mer 6 Déc - 20:21

le froid n'avait jamais été un ennemi redouté par brandy. elle qui aimait l'extérieur plus que toute autre chose, en tout temps et à toute heure, avait pourtant été heureuse de retrouver la chaleur d'un foyer en pénétrant dans le pub de sa soeur. l'un des endroits qu'elle fréquentait le plus parce qu'il faisait bon y trainer. c'était en quelque sorte le repaire de la famille fairchild. en rejoignant le bar, elle ne peut s'empêcher d'observer joan s'affairer. elle semble comblée dans ce qu'elle fait chaque jour, elle s'épanouit à vue d'oeil. et brandy, ça lui fait plaisir. elle aimerait avoir une révélation à son tour, un jour. après tout, elle avait encore quelques années devant elle. joan n'avait pas pris possession du blue crab l'année de ses vingt-quatre ans. et quand la grande brune arrive enfin vers elle, brandy s'empresse de lui commander un de ses fameux cocktails. la spécialité de joan. sans doute ce qui amène un tas de clients à revenir se poser ici même. désolée mais la maison ne sert pas d’alcool aux enfants fairchild à… midi vingt ! elle lève les yeux au ciel en entendant cette réponse, brandy. pardon patronne, on prend l'apéro' à partir de quelle heure chez toi ? après tout, elle était parfaitement dans les temps, la petite brune. pourquoi sa soeur avait-elle décidé de la contrarier ? un jus de fruits ne suffira pas à me réchauffer, qu'elle se sent obligée de rajouter. l'alcool l'aidera davantage dans cet objectif. et puis, elle est majeure depuis plusieurs années maintenant. joan n'a pas le droit de lui refuser un verre. qu'est-ce qui t'amène de si bonne heure ? t'as pas cours aujourd'hui ? dans le même temps, la maîtresse des lieux fixe sa petite soeur. elle en cherche presque où regarder, brandy. elle n'est pas à l'aise quand elle se sent épiée de la sorte, même si elle ne craint pas sa soeur. non s'il te plaît, pas toi joan. de la part de wyatt, elle était habituée aux sermons. et même si ça la saoulait, elle pouvait encore le comprendre. il était le seul homme de la famille et c'était devenu un devoir, une priorité pour lui de veiller sur les femmes de sa vie. mais de la part de joan, ça s'apparentait presque à de la science-fiction. celle qui ressemblait pratiquement le plus à brandy se permettait de lui faire des reproches. déguisés certes, mais des reproches quand même. alors elle détourne le regard avant de répondre. je terminais à 11h. ça va, t'es contente ? elle montre son agacement, la petite brune, comme toujours. maintenant, j'peux l'avoir mon cocktail ? si tu te répètes, tu obtiendras peut-être gain de cause, gamine.

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MessageSujet: Re: smell like coffee and bad decisions (joan)   Jeu 7 Déc - 17:51


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Brandy était la plus jeune des jumelles de la famille Fairchild et sans doute celle qui me ressemblait le plus. Nos caractères étaient très similaires, ce qui me poussait à être plus compréhensive envers elle qu'envers toutes mes autres soeurs. Peu importe ce qu'elle traversait, je comprenais tout à fait la tempête qui était en train de faire rage en elle. Suivre ses envies, ne pas décevoir, se trouver. Toutes ses pensées à la fois pouvaient être déroutantes et nous pousser à faire de mauvais choix ou à imploser. Puisque Brandy me ressemblait beaucoup, je savais qu'elle était en train de faire de mauvais choix, puis l'implosion viendrait après, une fois qu'elle prendrait conscience de ce qu'elle avait fait. Mais tôt ou tard, elle se trouverait et commencerait son chemin, dans un coup de tête qu'elle ferait après l'implosion. Après tout, c'était chaque fois sur l'un de ces coups de tête que j'avais arrêté mes études, puis que j'avais racheté le bar, quelques années après. Je ne m'en faisais donc pas pour elle, sur le long terme, mais je ne voulais pas qu'elle fasse des choses qu'elle puisse regretter. Comme sa querelle avec nos parents. Notre père avait beau être un personnage relativement agaçant, il nous aimait et voulait simplement le meilleur pour nous. A nous de lui prouver que le meilleur pour nous n'était pas nécessairement ce que lui croyait être bien. Ce qui, bien évidemment, demandait de contrarier le patriarche durant quelques semaines, jusqu'à ce qu'il réalise que la situation ne changerait pas parce qu'il l'avait décrété. Nous avions tous pleinement conscience de la source de notre entêtement. Brandy en était là, malheureusement, dans la phase où notre père voulait la contrôler. Je souris à sa remarque et lui fis glisser la carte des cocktails pour réponse. « Allez, choisis ton poison ! Et si t’es bourrée quand tu rentres chez ton frère, dis-lui que je le salue. », ajoutai-je avec un rictus de fierté. Si j’avais l’occasion d’agacer mon frère, ce n’était qu’un bonus, et Brandy semblait avoir bien besoin de ce cocktail. Cependant, je ne pouvais pas m’enlever de la tête qu’être sur la défensive à ce point cachait bien plus qu’un agacement par rapport aux questions incessantes. « Qu’est-ce qui se passe Brandy ? Et me dis pas que t’es juste fatiguée, parce que cette excuse, ça marche pas sur moi. » Je m’appuyai à nouveau contre le comptoir, regardant ma sœur avec bienveillance cette fois, je ne voulais pas qu’elle se sente persécutée. « Avant que tu ne te braques à nouveau, je ne suis pas là pour faire le flic. J’crois que tu vis chez l’un d’eux déjà et que ça doit te suffire… mais, je ne suis pas stupide, les excuses, cernes sous les yeux et accès de colères, ça me connait. » La situation était exposée, soit elle me parlait, soit elle se taisait, mais elle devait comprendre que je n’étais pas aussi dupe que Wyatt ou papa.
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Brandy Fairchild

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MessageSujet: Re: smell like coffee and bad decisions (joan)   Dim 10 Déc - 0:14

elle ne s'attendait pas à essuyer un refus de la part de joan en lui demandant un cocktail, brandy. d'habitude, elle était toujours super fière de faire profiter de son talent à ses clients. et quand ceux-ci s'avéraient être de sa famille, c'était encore mieux. pourtant, elle doit batailler la petite fairchild pour obtenir ce qu'elle était venue chercher. elle n'avait sûrement pas affronter le froid du dehors pour se voir mettre un simple jus de fruits sous le nez. et sans ménagement, elle le fait savoir à sa grande soeur. parce que ça t'embête qu'encore une autre personne essaie d'avoir un ascendant sur toi alors que tu es majeure et vaccinée depuis bien longtemps. t'as passé l'âge de rendre des comptes même si trop de tes proches semblent l'oublier. allez, choisis ton poison ! et si t’es bourrée quand tu rentres chez ton frère, dis-lui que je le salue. et finalement, elle cède la gérante. à ce moment-là, elle comprend qu'elle a misé sur la soeur idéale dans l'optique où elle espérait obtenir un peu de répit. sur ses lippes, s'étire un large sourire victorieux et reconnaissant. ça faisait un bail qu'elle attendait que quelqu'un daigne lui lâcher du leste, et ça faisait un bien fou. tu jettes un oeil à la carte qu'elle te tend avant de t'en remettre au hasard. une fois de plus, t'es indécise. comme dans toutes les autres étapes de ta vie, pauvre gosse. elle laisse son doigt se balader à la volée sur le bout de papier. t'en as pas un à base de noix de coco ? qu'elle quémande finalement. elle a une envie soudaine qu'elle partage, la gamine. et là, c'est ma jo'. j'adore quand tu me parles comme ça. elle fait référence aux salutations que joan adresserait à leur grand frère au cas ou brandy abuserait sur l'alcool. ça ne leur rapporterait pas que des bonnes ondes, mais c'était du joan tout craché et ça lui faisait plaisir cette impression de retrouver cette soeur qu'elle admirait et aimait tant. pourtant, elle n'a pas le loisir de relâcher la pression des heures durant parce que la grande fairchild ne perd jamais le nord. qu'est-ce qui se passe brandy ? et me dis pas que t'es juste fatiguée, parce que cette excuse, ça marche pas sur moi. t'as presque envie de lui demander ce qui marcherait sur elle parce que t'as clairement aucune réponse à lui donner. tu sais pas ce qu'elle veut entendre, encore moins ce qu'elle croit comprendre. mais t'es pas à l'aise avec ça, elle est trop douée pour te percer à jour, joan. avant que tu ne te braques à nouveau, je ne suis pas là pour faire le flic. J'crois que tu vis chez l'un d'eux déjà et que ça doit te suffire… mais, je ne suis pas stupide, les excuses, cernes sous les yeux et accès de colères, ça me connait. les références à wyatt qu'elle ne tente même pas de dissimuler font sourire, brandy. pas très longtemps cependant, elle sent bien trop le regard de sa soeur sur elle. tentant de la décrypter et ça la bloque, la jumelle fairchild. mais bon sang joan, qu'est-ce que tu crois savoir ? elle en a par dessus la tête, la gosse. marre de subir des interrogatoires avec chaque membre de la famille. elle n'a plus les mots, la gamine. elle en perd son latin. j'sais plus quoi vous répondre jo'... j'ai rien à vous dire. mais dites-moi ce que vous voulez entendre, on gagnera du temps. elle ne sait pas ce qu'ils savent, la brune. elle ne sait pas sur quel pied danser alors elle n'a aucune idée de ce sur quoi elle doit miser. larguée en pleine mer, elle attend la bouée qui l'aidera à s'en tirer sans y laisser trop de plumes.

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MessageSujet: Re: smell like coffee and bad decisions (joan)   Sam 16 Déc - 18:52


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Le rôle de grande soeur n'avait jamais été quelque chose d'inné en moi. Je n'étais pas la soeur qui brosse les cheveux de ses cadettes, celle avec qui l'on pouvait parler de garçons jusqu'à une heure du matin en pleurant et pouffant de rire à la fois, et encore moins celle avec qui l'on pouvait passer un après-midi au centre commercial. Mais avec le temps, j'avais appris à me faire une place dans la vie de mes soeurs, pas forcément de la même façon pour toutes, mais développant une relation unique avec chacune d'elles. Avec Brandy, malgré nos quelques années de différences, la relation avait toujours été assez fusionnelle tant je me revoyais en elle. Mais la petite Brandy était bien plus sensible, bien plus à fleur de peau et anxieuse de ne pas arriver à faire quelque chose de sa vie, tandis que j'avais plutôt tendance à me laisser porter par ce que je pensais être bon pour moi. Faire confiance à son instinct n'est pas quelque chose de facile, puisque le manque de confiance en soi nous fait douter de nos propres choix, qui pourtant nous paraissaient évidents au départ. Je ne dirais pas que j'avais confiance en moi, mais plutôt que je ne me posais pas ce genre de questions. Généralement, je ne m'embarrassais pas des choses qui pouvaient me prendre la tête. D'où ce profond problème avec les relations amoureuses. Mais Brandy elle, se cherchait et doutait tellement d'elle qu'elle s'en perdait en chemin. C'est en la regardant détailler la carte des cocktails que mon regard s'attendrit, pour cette soeur que je voulais protéger d'elle-même. Ramenée à la réalité par sa voix, je réfléchis un instant à ce que je pouvais faire comme cocktail pour satisfaire son envie de noix de coco. Après avoir ouvert le frigo en quête de lait de coco, je sortis tout ce que devait contenir le cocktail en question. « Je te fais ça, t’as pas de problème avec le rhum j’espère ? » Je ne me souvenais pas qu’elle m’ait un jour dit ne pas aimer ça, mais les soirées un peu trop alcoolisées pouvaient souvent laisser un souvenir amer. J’eus un rictus de fierté lorsque Brandy me rappela qu’elle aimait quand je lui parlais comme ça, quand je prenais sa défense face au reste de la famille ou lorsque je m’imposais face à notre frère pour qu’il lâche du lest à la plus jeune jumelle. Tandis que je versais chaque ingrédient avec précision dans le shaker, je jetai des coups d’œil à ma sœur qui se démenait de toutes ces forces pour dissimuler son embarras et sa gêne face à mes questions. Cela tombait bien, c’était précisément ce que je souhaitais provoquer en elle pour l’amener à craquer et à se trahir. Il n’y avait que comme ça que Brandy se confiait lorsqu’elle avait décidé de n’en faire qu’à sa tête. Mais tout cela était pour son propre bien. « Hé je ne prétends pas être madame Irma moi hein, tout c’que je dis, c’est que t’es pas dans ton assiette en ce moment et ça m’étonnerait que ce soit le stress des exams… » Puisque tu ne vas plus à la fac. Mais ça, je n’en étais pas encore certaine et je ne voulais pas qu’elle se braque maintenant, alors qu’elle était à deux doigts de craquer. Je me mis alors à mixer les ingrédients dans le shaker en le remuant dans une danse frénétique, forçant la conversation à être interrompue par le bruit de l’instrument. Je versai le cocktail en silence dans un verre et déposai un charmant petit parasol rose ainsi qu’une paille blanche, qui allaient parfaitement avec la couleur bleue du cocktail. On ne me connaissait pas meilleur talent pour assortir les couleurs que lorsque je faisais des cocktails. « Un Blue Hawaiian très chère, ne le siffle pas trop vite il est chargé ! » Je ne l’avais pas goûté, mais je savais très bien la dose que j’y avais versée, et l’odeur dans le shaker ne trompait pas. Je vérifiai qu’aucun client ne me demandait et contournai le bar pour venir m’asseoir aux côtés de Brandy, désireuse de me rapprocher d’elle. Dans tous les sens. « J’ai pas envie que tu me serves le même discours tout fait qu’à papa ou qu’à Wyatt. C’est normal de ne pas savoir où on va. Mais prépare-toi, parce que papa ne va pas te lâcher à Noël, tu le sais aussi bien que moi. » C’était ce qu’il faisait, il nous aimait, mais il ne pouvait s’empêcher de vouloir apposer son empreinte sur nos vies personnelles. Je la vis me regarder avec toute l’incompréhension et la sensibilité dont elle pouvait faire preuve, alors je décidai de me confier, dans l’espoir qu’elle le fasse à son tour. « Quand j’ai déposé toutes mes économies à la banque en disant que je rachetais le Blue Crab, je crois que je n’ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. Parce que si je me ratais, non seulement je n’aurais plus rien, mais vous me verriez tous comme une folle incapable de se tenir à ses engagements. » Je déglutis et levai le regard vers Brandy, confiant pour la première fois à quel point j'avais eu peur de m'écraser. « Pourtant, si je ne l’avais pas fait, j’aurais sûrement fait la plus grosse bêtise de toute ma vie. Et Dieu sait qu’à l’époque, tout le monde me le criait ça, que c’était la pire erreur de ma vie, espérant me faire changer d’avis. » Je vis qu’elle ne savait pas où je voulais en venir, alors j’achevai ma tirade simplement, « Ce n’est pas parce que tout le monde te dit que c’est une connerie que c’en est une. Décrocher de la pression et penser à toi, ça ne peut qu’être bénéfique ! » Après tout, arrêter mes études pour me consacrer à mon petit boulot de merde, comme aimait à l’appeler le patriarche Fairchild, m’avait plus éclairée dans ma vie que rester plantée sur un siège d’université.
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MessageSujet: Re: smell like coffee and bad decisions (joan)   Mar 27 Mar - 0:52

à cet instant, tranquillement posée sur ce tabouret accolé au bar, elle se rendait compte à quel point ses proches lui manquaient dernièrement. brandy n'avait peut-être pas été la seule instigatrice de cet éloignement forcé, mais elle y avait fortement contribué. pouvoir admirer joan aussi à l'aise dans son milieu, échanger avec elle si naturellement et se sentir comprise au moins encore un peu lui faisait du bien. c'était comme une bouffée d'air frais dont elle n'avait pas été gratifiée depuis trop longtemps. aux côtés de cette grande soeur, elle avait toujours eu l'impression d'être elle-même, simplement elle. joan était celle qui avait sûrement fait des erreurs identiques aux siennes, à son âge. ce pourquoi elle s'avérait être la mieux placée pour écouter sans forcément juger autant que l'aurait fait wyatt. alors si elle voulait sauver sa peau, elle allait devoir bien maîtriser son jeu, brandy. mais pour l'heure, il lui fallait un cocktail pour mieux gérer ce qui allait suivre et aussi parce qu'elle n'avait jamais pu résister au savoir-faire de sa soeur. joan n'avait pas son pareil pour rendre accro ses clients. et c'est la noix de coco qui lui fait de l'oeil, ce qu'elle ne manque pas de communiquer à la patronne des lieux. celle qui ne se fait pas prier bien longtemps finalement, et c'est tant mieux. je te fais ça, t’as pas de problème avec le rhum j’espère ? elle secoue négativement la tête, le sourire emplie de malice, brandy. c'est wyatt qui croit que j'en ai un. tu ne pouvais pas t'en empêcher, ton frère revenait perpétuellement sur le tapis. pas très étonnant quand on savait qu'il supportait tes sorties nocturnes, tes soirées arrosées et toutes les autres conneries que tu ne te sentais même pas gênée de lui infliger. mais je t'assure qu'il est loin d'avoir la science infuse. petite ingrate que tu es. incapable de respecter quoique ce soit, ni qui que ce soit. mais alors qu'elle se croit finalement libéré de la pression familiale pour un temps, le répit n'est malheureusement que de courte durée. il fallait bien qu'elle tente sa chance aussi après tout, chacun son tour. sauf que plus les jours passaient et plus elle peinait à se trouver des excuses valables, brandy. à trop mentir tout le temps et à tout le monde, elle finira par se perdre dans ses propres mensonges jusqu'à finalement se trahir et réduire à néant tous les efforts accomplis. elle se tortille, change de position sans cesse, signe évident de son mal être actuel. hé je ne prétends pas être madame irma moi hein, tout c’que je dis, c’est que t’es pas dans ton assiette en ce moment et ça m’étonnerait que ce soit le stress des exams… t'entends bien qu'elle est loin d'être madame irma ta soeur, et ça te rassure dans un sens. ou elle t'aurait percé à jour en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. au final, t'as peut-être encore une chance de t'en sortir sans trop de dommages. un blue hawaiian très chère, ne le siffle pas trop vite il est chargé ! elle remercie sa soeur d'un sourire, trop heureuse que la conversation dévie sans qu'elle n'ait eu à user de mille-et-uns stratagèmes. elle se retient de dire à joan que l'alcool ne sera pas de trop pour la discussion qui s'annonce et dont le répit ne fut que de courte durée. elle soupire avant d'avaler une première gorgée du breuvage, la brune. la plus grande fairchild s'installe tout près de la petite afin de poursuivre. j’ai pas envie que tu me serves le même discours tout fait qu’à papa ou qu’à wyatt. c’est normal de ne pas savoir où on va. mais prépare-toi, parce que papa ne va pas te lâcher à noël, tu le sais aussi bien que moi. bien sûr qu'elle sait tout ça. mais elle a trop d'interrogations dans la tête, brandy. et les réponses ne viennent pas avec. ce pourquoi elle regarde sa soeur, sans trop savoir quoi dire, complètement démunie. quand j’ai déposé toutes mes économies à la banque en disant que je rachetais le blue crab, je crois que je n’ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. parce que si je me ratais, non seulement je n’aurais plus rien, mais vous me verriez tous comme une folle incapable de se tenir à ses engagements. t'as envie de lui dire que pas toi, t'aurais jamais réagi comme ça. parce que t'es pas le genre de personne à juger les autres sur ce que tu ne gères pas mieux. mais tu ne pipes pas mot, de façon à la laisser continuer. pourtant, si je ne l’avais pas fait, j’aurais sûrement fait la plus grosse bêtise de toute ma vie. et dieu sait qu’à l’époque, tout le monde me le criait ça, que c’était la pire erreur de ma vie, espérant me faire changer d’avis. elle avait toujours eu l'oreille attentive, la gosse. elle apprécie que ses proches lui racontent des étapes de leur vie, qu'ils se confient à elle. mais elle ne capte vraiment pas pourquoi joan lui explique tout ça et ce que ça vient faire dans cette conversation. brandy était bien loin de vouloir racheter un commerce. car même si c'était le cas, elle aurait les poches trop vides pour mener à bien ce projet, aussi fabuleux fut-il. ce n’est pas parce que tout le monde te dit que c’est une connerie que c’en est une. décrocher de la pression et penser à toi, ça ne peut qu’être bénéfique ! et c'est à ce moment-là qu'elle comprend enfin tout le sens de la manœuvre et qu'elle met aussi le doigt sur l'essentiel. brandy ne s'était pas trompée sur le compte de joan, elle était définitivement la plus à même de la comprendre sans la juger. elle baisse les yeux, gênée, honteuse, de cacher des aspects de sa vie à sa propre famille. ses mains et ses doigts dont elle-ne-sait que faire, se baladent autour de son verre à cocktail. une contenance bien minime qui ne la protègera pas très longtemps. elle hésite encore parce qu'elle aurait tout aussi bien pu s'effondrer dans les bras de sa soeur. en quête d'un réconfort trop longtemps espéré mais qu'elle ne méritait pourtant pas. j'fais que de la merde jo'... j'mens à tout le monde, tout le temps. et j'suis fatiguée de tout ça, fatiguée de devoir tout justifier, fatiguée de jouer un rôle. je sais pas où est ma place, je sais même pas où j'vais et j'ai surtout même pas le droit de vous imposer ça, à vous. j'suis en-dessous de tout, moi qui aurais tellement voulu vous rendre fiers... quelle prétention. les yeux au bord des larmes, de celles trop longtemps contenues, elle ne parvient pas à relever le regard. elle n'a pas, ou plutôt elle n'a plus, la force d'affronter qui que ce soit. la comédie avait bien trop duré.

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