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Ean Ramseier

Ean Ramseier


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MessageSujet: photographs (mean)   photographs (mean) EmptyLun 11 Fév 2019 - 2:58

L’allure démesurée de la respiration.
L’air saccadé pour batifoler dans l’habitacle. L’air saccadé pour communier avec l’angoisse.
Les mains recroquevillées sur le volant. Les phalanges pour étreindre le cuir. Les yeux rivés vers l’horizon. Les vagues pour arrière-fond. L’étendue azurée où les souvenirs sont scandés. Les mouvements anarchiques de la mer. Courroux des astres pour ravaler les derniers sentiments. Par terre de cendres pour effacer les pas dans le sable. Gamin immature tombé sous l’impact des balles. Trésor sanglant pour sauver l’âme-soeur. Pacte avec le diable pour éclater les certitudes. Un vendu. T’es qu’un putain de vendu, Ean. Ton clan pourrait te fustiger s’ils savaient. Ton clan pourrait te trancher la gorge et t’assassiner pour de bon. La lassitude teintant la courbure des lippes.
Le coup de poignard dans les entrailles. Les paupières closes sur une seconde d’éternité. Le gamin fustigé d’un regard. Le gamin éclaté à terre d’un sourire. Les heures à discuter. Les heures à s’observer. Les clopes pour s’accumuler contre les lippes. Le désir pour cramer l’échine. Ce soir là, Ean, il n’a rien vu d’autre que la reine. Prince trébuchant sur les grains dorés pour rompre la distance. Le myocarde atomisé de sa présence. Les blagues à la con pour la faire rire. Les remarques stupides pour rameuter l’agacement sur ses traits. Puis les sourires la seconde suivante quand il se rattrapait. Gamin insolent bon qu’à danser sur la corde raide. Perdu entre la case du bien et du mal. L’amourachée affection pour le clan. Pour ces hommes qui tombent sous la violence. Pour ces hommes qui se relèvent sous l’honneur. L’absence pour creuser le palpitant. L’effet domino de la fois d’trop. Le prénom de Rafferty pour communier sous l’asphyxie des synapses. Une blague, putain. Ça devait être qu’une blague de l’aîné. La gueule de Leo pour brouiller les pistes. L’écho des ondulation salines contre les rochers. Les températures glaciales pour effacer toute trace de vie sur sa gueule.
Mort avec lui. Mort avec elle. Mort avec eux. Fantôme s’égarant entre les vivants. Fantôme ne trouvant plus le chemin à suivre.
Des heures enfermées dans une chambre miteuse. Le dos vissé sur le matelas. Le regard vissé vers le plafond. Les même pensées. Les même angoisses. Les réveils en sursaut. La sueur sur le front. Le thorax furibond de chaque palpitation. Les poings pour déchirer la surface endeuillée des draps. La mine noircie pour communier avec les pages blanches. Des heures à la dessiner. Des heures à l’inscrire sous le galbe des contours. Apprenti dessinateur pour saisir l’envolée des sentiments. Amoureux comme à la première seconde. Amoureux à s’en déchirer le palpitant. Seul comme un con.
L’image de Marlene. L’image du bébé. Son enfant. Sa chaire. Son sang. Lui-même trop immature pour s’être posé la question. Mais avec toi, j’aurais tout accepté. Je voyais pas ma vie autrement qu’à tes côtés. Je voulais t’épouser. Je voulais te faire mienne. Je voulais que tu portes mon nom. Que le monde entier me jalouse de t’avoir. Des promesses l’année de leur seize ans. Le château de cartes pour s’effondrer. Le désordre des idées. Le retour au bercail. Parce qu’Ean, il en pouvait plus. Il arrivait plus à faire semblant. Encore moins à vivre sans elle, sans eux. Fuite de l’Irlande maternelle pour gagner la patrie.
Et depuis le même bordel dans la caboche. Des heures tapis dans l’ombre à l’observer. De près ou de loin. La silhouette se fondant au milieu de toutes les autres. Pour espérer l’approcher. Pour espérer capter les effluves sucrées dans l’asphalte. Le coeur prêt à se cracher à chaque fois. Comme maintenant. L’idiotie des mots balancés sur le tactile.
Téléphone d’infortune pour ne pas brouiller les pistes. Identité inconnue au bataillon.  L’entrée en matière désastreuse. La hackeuse pas dupe. Lui, sombre crétin. Parce que tu n’es plus que cendres, Ean. Tu n’es plus qu’un ramassis de poussière. Tes parents ont pleuré ta mort. Marlene a disparu avec toi. Tes proches n’ont pas supporté l’affront. Tu étais où quand les larmes coulaient ? Tu étais quand le deuil semblait impossible pour tous ? Ici et nul part. Ici et ailleurs. Le ras le bol. L’impulsion des mains qui quittent le volant. La porte qui se claque. La tête baissée où la capuche traîne. Les poings au creux des poches et les godasses qui raclent le bitume. Demeure détournée par la silhouette. L’oeil à vif des courbes qui défilent comme des ombres. L’oeil à vif de la collision qui brigue l’audace. Une fenêtre ouverte. La réflexion abandonnée.
Organe vital qui ne bat qu’à moitié sans elle. Présence requise pour réanimer les couches nécrosées. Déflagration trop réelle entre la poitrine. Le fantôme du corps sans vie à terre. Les yeux perdus dans le néant. Les yeux déglingués par la tristesse en la perdant elle. Il escalade le muret, Ean. Apprenti cascadeur qui se retient au rebord et finit par se casser la gueule dans une chambre. Un bruit assourdissant. Une injure pour déborder de la bouche. T’es tellement stupide, putain. Tu ferais tâche dans un film de super-héros. La carcasse qui se relève. La capuche encore installée. Les battements croisés dans la poitrine entre crainte et excitation. Quelques pas. Et l’empreinte de la reine dans chaque recoin. Son odeur. Ses passages. Cette vie sans lui. Cette vie pour lui. Une fraction de seconde pour rompre la distance. Une fraction de seconde comparable à une claque dans la gueule. La silhouette désirée de ses lippes pour lui faire face. La chevelure noircie comme le deuil forcé. La surprise. L’instabilité. Le visage maculé. L’étreinte écarlate de la tension qui règne. Ean qui s’approche. Tambourin dans le thorax pour effriter les souffles. La main pour voltiger contre la bouche. L’empêcher de parler. L’empêcher de hurler. L’empêcher de lui cracher sa haine à la tronche.  L’autre main pour empoigner sa taille. Contact pour réchauffer les espaces nécrotiques. Contact pour réchauffer l’ambiance. Juste pour se sentir vivant. Bien vivant.
Le regard qui traduit le trouble. Le regard qui s’amourache comme au début. Comme au premier chapitre d’une histoire gravée dans le marbre. — Ok, you’re not dreaming. Les mots chancelants et maladroits. Parce qu’il est bon qu’à ça, Ean. Bénir les autres de ses conneries et se marrer comme un bouffon. Sa respiration pour graviter sur sa propre main. Le sourire en coin. Le sourire à l’audace qui foudroie. — It’s me. I didn’t turn into a zombie. I swear. Blague ridicule. Echo à ses films favoris. Écho aux heures passées à caresser sa peau devant l’écran télévisé. Des heures passées à ronger son cou entre deux scènes sanglantes. Éternel enfant qui a sûrement refusé de grandir. Neuf mois écoulés et l’impression du temps qui file sous les décombres. — I’m going take my hand off your pretty mouth. You shouldn’t scream even if you’re loving it. L’allusion graveleuse. Bon qu’à déconner même dans les pires instants. Bon qu’à effacer le sérieux de son sourire étincelant. Le pourpre pourtant trop présent sur les pommettes. La honte du face à face. La honte des explications qui ne prendront pas. La honte de la vie qui s’est stoppée sans retour en arrière possible. Des chapitres manquant à la bobine du film.
— I’m sorry, babe. Surnom prononcé d’une voix lascive. La langue qui racle le palais. La gorge qui s’assèche. Comme le palpitant. Trop longtemps privé d’elle. Trop longtemps privé de son corps.
La pire condamnation. La perpétuité sans son accroche. — I didn’t want to scare you. J’sais pas quoi te dire, Marlene. J’sais pas par où commencer. Faut que tu m’aides. Faut que tu me dises un truc. Tu me détestes ? Putain mais quelle question. Je t’ai détruis. Je nous ai détruis, merde. Avoue que tu préférais me voir mort. Les épaules qui se haussent. La capuche qui chute. La gueule exposée dans la pénombre. Les mains qui abandonnent les courbes sacrées. — What’s up ?
Abruti inégalable. Comme les sentiments qui dévorent.
Comme les sentiments qui ravivent l’incendie.

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chaque jour la même rengaine, j'en veut à la terre entière, j'ai ce manque d'oxygène qui me fait angoisser. on d'vient des solitaires drogués aux somnifères.
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