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 bury me low (ava)
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Edgar Smith

Edgar Smith
vilified, crucified, in the human frame

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MessageSujet: bury me low (ava)   bury me low (ava) EmptyVen 25 Jan 2019 - 23:48

C’est sur un coup de tête qu’il lui a destiné quelques mots.
Une proposition. Banale, en apparence – aussi ordinaire que leur relation. Pourtant, il fait déjà nuit dehors. Ça ne l’empêche pas pour autant de s’extirper de son appartement étouffant. Il a chassé la poussière à son retour, Edgar. Mais ce n’est pas celle qui tapisse les meubles qui le dérange. Il soupire alors qu’un frisson s’arrache à son échine. Engoncé dans un manteau trop fin pour le protéger de la bise nocturne, il se dit qu’il aurait peut-être dû l’inviter chez lui.
Rejette l’idée.
La mauvaise idée.
Alors, il file jusqu’à son pub favori. Ombre imperceptible qui oscille à peine sous les lampadaires. Le patron, il a appris à le connaître au fil du temps. Au fil de ses soirées passées, accoudé contre le comptoir, un verre de whisky entre les doigts. Une clope aux lèvres, parfois – un écart qu’il s’autorise lorsqu’ils ne sont plus qu’à deux. À cette pensée, un sourire lui fend la gueule. Il est flic, Edgar. Il défend la paix mais surtout, il défend la loi. Et celle-ci, il ne la respecte pas toujours. Ou plutôt, il y obéit lorsque ça l’arrange. Lorsque ça lui convient. Lorsqu’elle lui donne un avantage – et il l’a, le ripou.
C’est lui qui l’incarne, cette loi, dans la rue. C’est lui qui fait trembler les adolescents turbulents du coin qui s’imaginent gouverner le monde sans savoir que ceux qui le dirigent vraiment ne se montrent pas.
Edgar n’y pense déjà plus lorsqu’il pousse la porte dérobée du pub. Une entrée étroite jonchée de caisses de bouteilles et de cartons. Edgar y navigue dans un tango douteux, hésitant et maladroit. Au-dessus de son crâne, c’est l’ampoule qui clignote. Et c’est la pénombre qui règne. « I feel like a thief. » Grogne-t-il pour lui-même dans un souffle las. À tâtons, il cherche la porte de l’arrière-boutique. Une poignée qu’il pousse enfin sur une pièce aussi – si ce n’est plus – exiguë que l’entrée.
Elle est déjà là, Ava. Comme promis. À la place de la saluer, à la place de s’attarder sur sa silhouette plus longtemps qu’il ne le devrait, son regard se pose sur le plafond. « Your storage room could use some new light bulbs. It looks like a murder scene and I’ve seen enough of them already. » Souligne-t-il d’un ton tranquille. D’un humour qu’il ne dissimule pas – c’est facile, avec Ava. Elle ne s’offusque de rien. Elle n’a peur de rien. Surtout pas de lui et encore moins de la nuit.
Et il vogue entre les rangées de bouteilles, le flic. Il dédaigne les mauvais crus et ignore les moins chers. Celles en plastique, celles infâmes. Celles qu’il s’enfile – s’enfilait - pourtant plus souvent qu’il ne souhaite l’admettre. Il se dit qu’il a tourné la page, Edgar. Qu’il a écouté les conseils – les ordres de Cecil. Il sait que se le dire, se le répéter, ne suffit pas à oublier. Pas plus que le verre qu’il s’apprête à avaler.
He just needs a bottle.
Something.
Anything.

Il s’arrête à l’autre bout de la pièce. Là où Ronan dissimule ses trésors – ses bouteilles les plus chères. Les plus vieilles. Les plus belles. Il ose, le flic. Comme il ose être là, en compagnie d’une femme qui n’est pas la sienne. D’une femme dont il connaît le mari aussi bien qu’elle. Il soupire à nouveau, Edgar – une énième habitude dans laquelle il s’empêtre – alors qu’il s’appuie contre une pile de cartons. Entre ses mains, la bouteille.
Il ne manque plus que les verres.
Les verres, et une réponse.
Ses pupilles d’acier cherchent les siennes. Un sourcil s’arque et la question qui lui brûle les lèvres depuis quelques minutes s’en échappe enfin. « So, what did he do to piss you off? » Curiosité déplacée. À moins qu’elle ne soit, à l’inverse, exigée. Attendue. Désirée, peut-être.
Après tout, ils ne sont pas si différents, Edgar et Ava.
Ils ne seraient pas là, sinon.

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MessageSujet: Re: bury me low (ava)   bury me low (ava) EmptySam 26 Jan 2019 - 12:57

Fragments poétiques éparpillés dans l'abysse. Des images de bonheur fugace, délayées dans l'obscurité de la nuit. Mes yeux se posaient sur les murs de la chambre. Les ombres de nos silhouettes s'effleuraient dans la douceur d'un instant imaginé. Ronan n'était pas là. Et j'ignorais tout de lui. De ses silences et de ses secrets. L'amour se distillait dans l'espace entre flamme et feu. Des âmes vagabondes, errant dans l'édifice d'un mariage de lassitude. Ma bouche terne, ma jeunesse fanée et le sacrifice d'une destinée avortée au nom de la promesse. Carrière de loi, bafouée sur les portes du tribunal. Et depuis, j'étais spectatrice de ma propre déchéance. Un procès d'éternel face aux regards inquisiteurs et aux truands méfiants. Moi, étrangère entre les rangs. Femme trophée, aimée puis ignorée. Un nom qui faisait tremblait les lèvres et une prestance méritée après des années de lutte et de courage. Je n'avais peur de rien. Mon sang coagulait dans les bronches de ces poumons fait de cendres et de poussières. Une statue de marbre, dressée face aux lampadaires qui crachaient leur lumière comme des instants chavirés dans le ciel. Je soupirais et filais dans la rue. Un silence de mort, brisé par les claquements successifs de mes talons sur la chaussée. Les pensées cheminaient autour de ma tête. Des doutes mêlées aux regrets. Des émotions et des inepties. Le temps à l'arrêt. Le coeur fracassé dans un équilibre imposé dans les règles du clan. Je ne devais pas m'aventurer si loin, si tard. Et pourtant mon esprit se rebellait contre la volonté des siens. Je choisissais les errances inconnues. L'appel d'Edgar et l'ivresse malsaine d'une nuit qu'on oubliait déjà le lendemain. J'avançais entre les tables désertes du bar. Les vapeurs du vin embaumaient les murs assombris. Etait-il possible de revenir en arrière ? De quitter le royaume de glace ? Je soupirais en me faufilant entre les rangées de bouteilles. Mes phalanges glissaient délicatement sur les goulots de liquide précieux. Une collection façonnée par un mari absent. Des élixirs de plaisir fugace, ingurgités à grosses gorgées pour inhiber la conscience. Je jetais mon dévolu sur un grand cru. L'ambré du verre ondoyait sous le faible éclairage du plafond. Une obscurité désirée pour voiler la vérité. Je me redressais lorsque la voix d'Edgar soufflait dans mon dos. Des mots entonnées avec une légèreté étrange. Car je perdais la mesure du temps. Mon esprit lévitait dans ses doutes et mon âme voyageait dans la mélancolie. Notre empire déchu. Empire de ruines et de silences. « Are you scared your fellow bobbies will come to arrest you ? We both know, love, that darkness repairs evil. » Je lui adressais un sourire mesquin. Les lampes se réfractaient sur nos carcasses ondulant dans la pénombre. Je m'approchais et posais gracieusement mes griffes sur ses mains. Ensemble, nous tenions la bouteille de son choix. Je l'observais avec instance, serrant l'étreinte interdite dans une impulsion de folie. «He was asking too many questions, obviously. » Une défensive maquillée sous les rythmes d'une sérénade factice. Je me détachais et longeais le couloir afin de sortir les verres. «Cheers to us. To the broken bulbs and all the secrets we won't share tonight cause i'd rather have fun with you! » Des confessions suicidaires. Une confrontation mielleuse. Je vacillais sur le comptoir et retrouvais ma place sur le trône de sang. Costigan, malédiction du coeur. Romantisme putride et loyauté mortuaire. Tant de blessures cachées. De regrets mal digérés. Je regardais le vide dans les yeux d'Edgar. Identique au mien. Identique aux maux et aux chagrins d'une condition humaine que nous détestions amèrement. Et avec chaque lampée d'ivresse, la douleur s'effaçait, ne laissant qu'une envie atone — une cavité dans l'âme.

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