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 promises (jazz)
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Ava Costigan

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MessageSujet: promises (jazz)   Mar 22 Jan 2019 - 21:10

Larmes de sel coulées au fond de la mer. Des images dispersées. L'amour en cavale, emporté par le ressac qui s'annihilait sur l'horizon de pourpre. Il ne revenait plus. Cet homme au visage d'acier. Cet être au coeur de bronze. Et je sentais la tempête brandir. Je sentais les nuages étouffer le ciel. Un danger par alliance. Une loyauté suffoquant dans le sang. Il ne voyait rien, Ronan. Pour lui, j'avais tout risqué. Parce que mon âme se penchait sur ses ténèbres. Mes prunelles enlaçaient l'ombre qui vacillait dans les siennes. Je l'aimais de toutes mes forces. Un chef de clan. Un tueur nébuleux, traversant les voiles de la nuit afin de mourir dans mes draps. Je soupirais en dévalant les marches de la maison. Une aisance à avancer, à quitter les barreaux de la prison dorée. Mes ailes se déployaient, consumées sous les vents d'hiver. Et pourtant, j'essayais de prendre mon envol. Au milieu des délices, de l'affliction et des douces douleurs, mon esprit sombrait entièrement dans la folie. Il se jetait dans le tombeau. Et les rêves se transformaient en cauchemars. Un corps fragile, emprisonné par le désir tourmenté d'une seconde grossesse. Par l'espoir d'un mariage heureux pour l'éternité. Nous avions tous nos démons. Et j'aimais les siens autant que le diable le pouvait. Un revers du maléfice qui m'arrachait de la réalité. Je fixais les cadrans de l'horloge qui tournait dans le vide. Mes semelles claquaient sur le parquet usé. Les reflets s'amenuisaient face à ma stature. L'éclat argenté d'une reine quittant son trône. Je vacillais vers le jardin avant de dévaler la chaussée. Les roues du bolide grinçaient sur la surface rugueuse. Jazz m'attendait. Un secret bien gardé. Une filleul adorée, cachée des vices des Costigan. Je veillais à ne jamais l'inviter dans mon antre. A ne pas mélanger son innocence aux chagrins d'un amour contaminé. Les cafés s'alignaient sur les galeries marchandes de la ville. Je vagabondais entre les façades reluisantes et m'attablais à l'intérieur d'un bistro. Une table contre la vitre, où le paysage ondulait dans la grisaille. Je souris et attendais l'apparition de la brune. Elle me manquait. Ses yeux maculés de jeunesses et ses prunelles étincelantes de malice. Une expression rayonnante qu'elle arborait depuis son âge et qui, étrangement, nous avais lié dans une relation fusionnelle. Mes pensées cheminaient autour de ma tête. Rêvant éveillée, juchant dans un silence impérial. La vie, dans sa simplicité manquait dans mes poumons. Un air pollué par la monotonie du travail. Les crises identitaires et la peur de l'inconnu. Des soucis troqués pour la frénésie d'une chasse qui semblait devenue éternelle. Je soupirais en fixant l'entrée. Les minutes se consumaient et Jazz apparu enfin. Je me redressais et tendis les bras vers sa silhouette. «Comment tu es belle !» Mes lèvres se posaient sur sa joue. Une affection maternelle. Une douceur exhalée pour la jeune femme, qui malgré les années, demeurait une enfant à mes yeux.

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Jazz Eaton

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MessageSujet: Re: promises (jazz)   Sam 26 Jan 2019 - 21:52

C'est une certaine lassitude qui habite Jasmine. L'impression que peu importait la direction qu'elle prenait, elle se retrouvait à chaque fois entre les yeux du Mal. Qu'il n'y avait aucun échappatoire à son histoire. L'expression regarder la vérité en face portait très mal son nom. Peu importait la direction, elle la voyait s'étaler partout, en lettres de sang. Plus Jasmine se concentrait et plus elle voyait rouge. Une harmonie de couleurs, déclinaisons du vermillon. Le rouge passion, le rouge impur, le rouge furieux, le rouge sang, le rouge déception, le rouge trahison. Comment dormir, alors qu'elle était encerclée ? Comment fermer les yeux ?
Les moments de répit n'étaient qu'illusions, éphémères instants de faiblesse. D'un point de vue extérieur, Jazz allait très bien. D'un point de vue intérieur, Jazz ne voyait que des ruines, des champs de bataille à perte de vue. Les rares espoirs bafoués devant elle. Les histoires s'enchaînent, uniques et pourtant si semblables les unes aux autres. Piégée dans ce labyrinthe, Jazz n'a jamais trouvé la sortie.
Alors quand elle accepte de voir Ava, sa tante, c'est le noir qui s'immisce dans le carmin. Un noir dérisoire. Un noir indiscret. Une sombre folie emplie de mystère, un trou noir dont Jazz n'avait aucune idée des tenants et des aboutissants. La seule chose certaine, c'était que le pétrole n'était pas connu pour soigner les maux. Et même si Ava était engluée jusqu'au cou, elle espérait encore que la voir suffirait à soulager son âme.

Fardée, pour cacher les cernes violettes qui s'épanchent sur son visage, Jazz accoste le bar où elle était attendue avec une bonne vingtaine de minutes de retard. Des soucis de dernière minute qui l'avaient retenu à la marina. Rien d'irréparable. Et dans les bras de sa tante, cette phrase sonnait encore plus vrai. Après des années de visites éclipses et d'une relation aussi épaisse qu'un cheveu, cela n'avait pas été immuable. Avec le temps, ce bout de rien était devenu fil d'Ariane.
Sois pas ridicule. C'est toi qui est magnifique. La trentaine plus qu'entamée, un enfant, et Ava au milieu, qui rayonnait. Astrale, rares étaient les femmes à mûrir aussi divinement bien. Un baiser échangé, avant que la brune ne se laisse choir sur la chaise d'en face. Une fois encore, le schéma se reproduisait. Du pareil au même. Peu importait les intervenants, l'issue, elle la connaissait d'avance. Les maux du millénaire, déguisés d'une bouche à l'autre.
Brighton, ville maudite. Il lui avait fallut se perdre dans les Caraïbes pour découvrir la dolce vita. Il lui avait fallut revenir sur les berges anglaises pour découvrir le pot-aux-roses. La laideur de cette ville, implantée dans le cœur de ses habitants. Des fantômes en pagaille, qui comme Jazz, comme Ava, posaient avec application leurs sourires sur les masques pâles. Une lividité animée par la destruction. Désolée pour le retard, j'espère que tu n'as pas trop attendu. J'ai eu une urgence à la marina. Quelque chose que son patron appelait une urgence et qu'elle appelait la routine. Un empêchement visible sur l'horloge – mais avec Jazz, c'était habituel. Il y avait toujours quelque chose qui la happait, la retenait. Malgré tout, contre vents et marées, elle finissait toujours par répondre présente.

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MessageSujet: Re: promises (jazz)   Sam 9 Fév 2019 - 18:25

Enfant de coeur. Une nièce portée à bout de bras. Des sourires partagés dans les jardins de la ville. Elle était précieuse, Jasmine. Sa chevelure ébène et ses rires enjoués. Un amour éclairé par les louanges de la lune. Des années d'eclipses dans l'ombre du clan. Et malgré la distance et la soumission, ce besoin presque irrémédiable de la voir, de la toucher. Je me redressais sur mon siège, guettant son arrivée sur la jetée. Une démarche graciée de ce charme latin qui s'exhalait à chaque pas. Elle ressemblait à sa mère. Cette soeur muette. Ce creux dans le coeur. Une absence qui pesait sur ma conscience. Car j'en avais choisi un autre. Alliance avec les ténèbres qui engloutissaient l'âme. Des truands, des criminels. Une vocation de loi bafouée pour purifier le sentiment. Et ce fils, né de l'ombre, pour sanctifier l'existence. Je souris en admirant son profil. Une fierté de la connaître, de l'enlacer de cette étreinte chaleureuse. Je ne voulais pas me perdre dans les sillages de Ronan. Je ne voulais pas disparaitre et lâcher mon identité. Cette autre famille que Cian méritait. Une vie normale. Une vie autre. J'effleurais sa joue dans un geste maternelle. Elle avait choisi des études de criminologie. Un contraste effarant avec mon mariage. Une similitude agréable avec ma carrière d'avant. Je l'observais avec affection. Une douceur dans les traits, une mélancolie d'être naufragée dans les mers d'Irlande. «N'importe quoi! » Ce compliment qui ornait mon expression. Une sincérité transcendante au milieu des mensonges et des secrets. Jasmine était mon havre de paix. Mon échappatoire vers quelques instants de vérités. Je l'écoutais attentivement. Son retard n'était pas grave. Je l'aurais attendu. J'aurais attendu une éternité. «Rien de grave, j'espère. » Je sifflais entre mes dents. Toujours prête à intervenir. Les réflexes aiguisés afin de garder un oeil sur elle. J'étais vigilante avec ses récits. Un besoin de la protéger, de la chérir.  Parce que je connaissais ces univers de noirceurs. Je connaissais l'esprit fourbe et malsain qui régnait sur la ville. «Il faut que tu me le dises si quelque chose te tracasses, pas vrai ? » Ma voix se dissipait dans les vacarmes de la rue. Un brouhaha porté par le gazouillement des oiseaux et les soupirs du vent. Et pourtant, mes yeux ne la quittaient pas. Mes yeux étaient figés sur ses opales cristallines. Sur chaque fragment d'âme noyé dans ses iris.  

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