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Ava Costigan

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MessageSujet: purple skies (ronan)   purple skies (ronan) EmptyLun 21 Jan 2019 - 22:31

Sang sur les mains.
Des tâches maculées sous la peau craquelée.
Un visage doux. Magnifique chevelure brune. Le teint surmonté d'yeux opales bouffés par l'ébène onduleuse. Mon reflet s'embuait sur la vitre. Une femme fantôme. Des courbes inconnues, chancelant sous la dentelle. Oeuvre entière et pourtant inachevée. De cet époux qui ne touchait plus. De cette promesse qui disparaissait. Un coeur qui s'éveillait de sa mélancolie. Le sentiment tragique bordé par les arcs d'ivoire et les mouvements essoufflées d'une poitrine qui susurrait encore son nom. Costigan, ma plus belle malédiction. Une vie emportée par le fleuve. Des fragments d'âmes balayées par la vase qui tourbillonnait entre les lisières. L'acte secret, presque fugitif. De cet amour malheureux. De cette passion émouvante. Je relevais la tête et agitais les pensées. Pour chasser le silence et séduire enfin. Car sous les jougs du mariage, le baiser était si justement dessiné. Des lèvres décomposées les unes sur les autres. Une bouche charnelle, cherchant dans l'abîme le contact de sa moitié. Je l'attendais toujours. Une conception romantique ou la mort volontaire. Un choix délibéré de faner dans ses bras. De respirer pendant quelques secondes l'essence de ces vices qui perlaient au coin de ses joues. Et à chaque nuit, son ombre intérieure dévorait la mienne. Une collision dans la surdité cruelle de la chambre. Une déception du corps à corps. De l'absence de l'esprit qui surélevait l'émotion. Il détenait un secret. Je l'avais longtemps pensé. Et maintenant, Ronan possédait tous les signes cachés d'un amour qui s'effritait. Ses pas écorchaient le marbre sous la semelle qui annonçait le grand désastre. Le deuil d'un frère et bientôt, le deuil d'une histoire. Je tremblais sous la brise nocturne. Les souvenirs confondus sur les murs. Une confession difficile à décrypter, même sous la surface innocente de ses sourires. Il était mon seigneur. L'oracle funeste d'une destinée que je lui offrais sciemment en retour de son amour. Je trébuchais sur mes pas. Le vestibule s'allongeait et l'attente devenait insoutenable. De demeurer. De rester. Figée et immuable. Emportée par une étrange douceur qui brûlait les chairs. Et sans doute, dans la contradiction de cette passion, je me languissais de la chute au milieu des épines. Le cadavre rouillé par les poussières et le parfum des chaux. L'âme putride au fond de la cage qui se contractait dans l'espace. Brasier de flammes mêlé à la sensation de misère éternelle. Je m'ennuyais de lui. Et je m'ennuyais de la vie. Mon ventre trop plat et le rêve esquissé d'un enfant où nos âmes fusionnaient encore. Mais la douleur était inhérente. De son refus qui me transperçait les yeux. De son renoncement qui aspirait mes espoirs et ne laissait qu'un filet de fumée dans le ciel. Je soupirais en me poudrant le nez. Un maquillage qui dégoulinait dans la solitude de la maison. Une démarche qui s'éloignait encore, me portant loin de la porte et de l'absolu. Je versais un verre de tequila et lapait la lame du couteau qui coupait le citron. L'inconscience au bout des yeux. Une ivresse au péril du sentiment où les myocardes dansaient sur la girandole captive des vagues. Je buvais à m'en tordre l'estomac. A en oublier l'abîme et l'anxiété de l'être. Un esprit de l'amour qui s'élevait et me quittait enfin. Libérée de son emprise. Libérée de ce qui dépouillait la raison. Je me levais et riais nerveusement face à cette mascarade. La table dressée au milieu des chandelles. Le repas refroidi dans les assiettes et des heures de préparation balayées par l'absence du mari. Je repliais les genoux et m'installais sur le fauteuil. Une révélation qui ricochait sur le toit. Le doute qui s'immisçait dans le cerveau. Et pourtant, je ne voyais rien. Je comprenais la responsabilité du clan. Je me conformais à la règle et l'acceptais dans la peur d'être rejetée. La poignée grinçait et sa silhouette bordait le hall. Une carrure monstrueuse où la fatigue criblait les poumons de tous les cancers. Il ne respirait pas. Il ne me regardait pas. Je me levais brusquement. Sa tête vacillait et l'instant se fissurait. Son regard croisé sur mes lippes incendiaires. Une absurdité qui inéluctablement nous menait à la confrontation. Je le fixais avec toute ma hargne. Lassée, blessée et biaisée. Tourmentée, devenue folle et enragée. A la triste constatation du trop réel. Qu'il se désintéressait de tout.  Avec toute sa force et tout son charme. Putain, il y mettait tout son coeur! Il se désintéressait de tout. Et de son allure, l'irone se dandinait et me frappait de plein fouet. Il se désintéressait de tout mais pas de ce qui le retenait si tard la nuit. Il se désintéressait de tout et j'étais là coincée dans le tombeau qu'il avait gravé de ses silences. Il se désintéressait de tout et surtout de nous. «Tu t'en fiches pas vrai ?» J'ouvris brusquement la robe et laissais la lingerie glisser sur le sol. Une peau dénudée face à ses prunelles vidées. Je chancelais vers lui, attrapais le peignoir et serrais la ceinture sur ma taille. «Tu n'es qu'un idiot, Ronan. Et si tu étais à ma place. Si tu savais ce que c'est de tomber amoureux de toi, peut-être que ...» Les prunelles se fendillaient. Je sentais les larmes rouler et faire naufrage sur mes joues. Il était dangereux pour moi. Désormais indifférent de me gagner ou de me perdre. Une vaine ambition mondaine. Une vaine déclaration où seule son règne importait. Je frissonnais en retenant les sanglots. Un ultime salut de l'épouse qui incarnait la élégance froide mais qui d'un geste meurtrier plantait ses ongles dans sa propre cuisse. Je la ressentais comme ça, cette désillusion de lui. Un rêve égratignée qui pourrissait sous le satin. Des plaies saignantes et des blessures noires qu'on camouflait derrière nos longues parades amoureuses.
Ce n'était qu'un mensonge.
Une vérité cachée pour garder la face.
J'étais malheureuse.
Et lui, encore plus.

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MessageSujet: Re: purple skies (ronan)   purple skies (ronan) EmptyMer 23 Jan 2019 - 16:53

Les pensées qui obnubilent. Les sentiments qui décrassent le palpitant.
Le visage qui hante. Le visage qui annihile tout le reste. Paysage portant son blase. Paysage portant encore l’empreinte exacerbée de son odeur. Les effluves pour narguer les sens à peine éteints. Les sourires pour pétrir l’échine. Les respirations pour se condamner. Le souffle haletant et possédé de ses vices. Le souffle haletant et possédé de sa chaire.
L’oxygène qui bouffe les lippes. Comme les poumons qui dégomment les contrées oxygénées. Les mains resserrées contre la bécane. Accélérateur pris d’assaut. Le pied pour défoncer la pédale. La vitesse sous le courroux des saints. La vitesse sous le courroux du divin. Le regard honteux de la scène trop salace, trop écoeurante. Pour ceux qui plient les genoux contre le bois. Pour ceux qui croisent les mains en crachant les psaumes. Pour ceux qui commandent l’abomination. Le voltige des genres qui s’aimantent. L’équation à un sexe qui dérange. L’asphalte aussi lourde que la douleur dans la poitrine. Revers du droit entre les couches de derme. Revers du gauche aux consonances sucrées. Les coups qui s’enchaînent. L’hiver qui glace le sang. L’hiver qui détonne contre sa gueule. Comme lui dans sa putain d’existence. Claque empourprée des certitudes. Claque empourprée d’une nature éteinte depuis trop de temps. La marque sur ta chaire. La marque sur ton coeur. Les dédales de questions que tu as refoulé pour pas blasphémer le blase.
La déchirure au myocarde. Plaie béante quand les regards se toisent une dernière fois. Accroche de l’adieu suspendu au bord des lippes. Les poings serrés de ne pas trouver le courage de le retenir.  Les phalanges assassines contre le derme. Comme un adieu. Comme une prose contée de la brillance empirique de ses yeux. Les émotions d’hier et de demain. Les émotions qui croulent dans le bas-ventre et celles qui suffisent à l’empoisonner pour l’éternité. Les mots coincés sous le palais comme sa chaire quelques heures auparavant. Le sourire chagrin pour orner l’ourlet. Le sourire chagrin pour dépeindre le mal qui ronge. La main, cette échappée belle contre la mâchoire. Baiser captif d’une déroute sentimentale. Baiser captif de tout ce qu’il crève d’avouer. Baiser captif de ces corps bons qu’à se chercher, qu’à se dévorer d’une chaleur animale.
Un pas de recul. La semelle qui traîne au sol. Comme les dernières émotions. Silhouette qui disparaît. Silhouette qui se conjugue avec la nuit sombre. Les astres éteints de la séparation. Les astres à peine vivants. Comme Ronan.
La bécane qui ronronne. La vitesse qui devient démesurée. Casque aux abonnés absents. L’idée de s’écrouler plus loin. Le corps pour se disloquer. Le corps pour se ronger de la punition divine. Coeur à l’arrêt. Sentiments sur le bas coté. Ça aurait plus simple de crever. Ça aurait plus simple que de souffrir de son absence. Ça aurait été plus simple que de se tirer une balle en plein coeur. Pour une putain de pipe. Pour un putain d’appel du diable. Pour ce sourire, cet empire. Pour ce rire, ce royaume. Les pensées qui fustigent. Le corps vouté sur la bécane. La froideur pour se calquer aux traits. Comme celle qui envahie la chaire depuis qu’il est parti.
Coup de frein brutal. La moto qui déraille avec les idées noires.
Coup de frein brutal. La moto qui déraille avec le palpitant.
Bâtisse refroidie par les mensonges. Bâtisse refroidie par les doutes. L’ombre du roi pour frôler les murs quand la reine s’entiche d’un amour vorace. Les corps qui s’éloignent. Les corps qui s’ignorent. Les mots qui crèvent. Danse des lettres qui ne comblent plus l’absence. Des excuses balbutiées pour contrer les autres questions. Des regards lourds de sens où le mal se personnifie.
La lassitude sur les lippes. La carcasse qui se traîne. Silence de plomb dans la baraque. Presque autant froid que son corps sans sa peau.
Le spectacle chagrin quand les yeux s’égosillent. Table dressée sous les décombres d’une énième déception. Déflagration dans la poitrine. Déflagration dans le trou béant causé par un seul et unique choix. Le canon du flingue sur la tempe.Un premier coup pour faire exploser le sacrement divin. Un second coup pour faire saigner les mots d’amour. Un troisième pour ravager la maudite. Ronan, il se racle la gorge. Le regard éteint. Quand la peau s’emballe encore des souvenirs. Le néant de ses yeux pour capter la porcelaine. Beauté irréelle que tous les hommes désireraient. Beauté irréelle que tous les hommes alpagueraient dans leurs filets. Le roi de coeur pour la condamner sienne. Le roi de pique pour inciser la blessure béante. Il ne bouge pas. Incapable de le faire. Léthargie dont seul Lorenzo peut le sortir. Des années à lutter, des années à se persuader d’une normalité répugnante, quelques secondes pour céder. Putain de chienne en chaleur ce soir-là, Ronan. Les mots assassins. Les mots racoleurs d’une douleur exacerbée. Les mains dans ses poches. Le souffle brisé. Comme toute sa carcasse. Le regard brillant de l’épouse. Tragédie dépeinte dans le maculé de sa peau. Tragédie dépeinte dans la pigmentation céleste des iris. Il a peint son portrait des centaines de fois. De ses lèvres. De sa peau. De ses doigts. De sa chaire durcie. Il a peint son portrait des centaines de fois. Et il devient le pâle reflet d’une macabre vérité. La distance pour brutaliser le vice. La distance pour brutaliser les efforts. Corps dénudé tatoué de son empreinte des milliers de fois. Corps dénudé tatoué de son pouvoir avec l’alliance sacrée. Corps qu’il ignore. Corps dont il s’éloigne. Un peu un arrière.
Un coup d’oeil à l’ivoire. Une pensée vers le caramel.
Soupire pour filtrer hors de ses lippes. — C’est maintenant que tu le réalises, Ava ? Il ricane, Ronan. Rire nerveux. Rire malheureux. Je souffre, tu le vois pas. Je me noie, tu me sauves pas. Je chute en enfer et c’est toi qui allumera l’incendie quand tu sauras. Le couteau manié sur cette mâchoire qui se contracte. La rage au coeur. La rage au ventre. Les propos acerbes comme la voix traînante et glaciale. — A la minute même où tu as dis oui, tu savais que tu épouserais un monstre. Le clair de lune. Les astres pour régner. Scène céleste. Nébuleuse condamnation des alliances qui se croisent. Des sentiments qui s’animent. Des voeux qui se prononcent. Des lèvres qui se cueillent. Des roses qui éclosent. Les épines qui s’éloignent.
Pour revenir de plein fouet, là sous le derme. Et dans la froideur des iris. — Pour le meilleur et le pire, tu t’en rappelles ? Je m’en souviens de ma manière de te regarder. Le tissu maculé. Les lèvres cerises. Tu étais tellement belle, Ava. J’avais aucun doute. J’étais amoureux. Raide dingue de toi. Raide dingue de ton odeur. Raide dingue de tout ce que tu créais chez moi. Je voulais t’appartenir pour l’éternité. Désolé de me défiler quinze ans après. La silhouette qui s’approche. La carcasse qui détonne tout près de la sienne. La main hésitante. La poigne souillée de son empreinte. La pulpe pour réchauffer le maculé. Les larmes chassées de ses doigts encore brûlants de sa peau. Chaleur pour déglinguer les synapses quand la glace surplombe le myocarde.
— Ne pleure pas. C’est pas toi.  Tu y es pour rien. Tu m’as aimé comme personne saura sans doute le faire. Tu m’as aimé au point de renier ta patrie, ta famille et tes idéaux. Tu m’as aimé au point de me conférer roi quand moi j’te fais reine souillée des mensonges. — C’est moi.
Il baisse les yeux, Ronan. La main encore calée contre son visage. La main encore calée sur cette échine malmenée par l’acidité des larmes prêtes à ployer.
Tu aurais jamais dû tomber amoureuse. maintenant, tu tombes tout court.

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MessageSujet: Re: purple skies (ronan)   purple skies (ronan) EmptyJeu 24 Jan 2019 - 22:45

La poésie de la première parole. Un son transfiguré au bout des lèvres. Sentiment cendré par la flamme jaillissant de la nuit. Ronan brûlé vif, paradant jusqu'à la mort dans les ruines d'une ville calcinée par les horreurs du clan. Mon amour lui ressemblait. Dans ses bras, il se suicidait, tué par l'allégresse d'une caresse interdite. Une fusion devenue stérile. Un passion me tenant éveillée dans son ombre et ses secrets. Nous étions unis, solennels face aux autres. Deux âmes jumelées au bout de l'abysse. Il me regardait. Il était parfois moi bien plus que je ne l'étais moi même. Ronan, usurpateur d'une vie. Bourreau aux baisers de sang. Je l'avais enlacé pour la dernière fois. Je l'avais chéri sous les draps ardents d'un plaisir d'extase. Et si j'avais su, je l'aurais retenu toujours dans ce lit brodé de roses. J'aurais haleté mes rêves et mes fantasmes. J'aurais planté mes ongles dans son dos et arraché le vice de sa tête. Mais il était trop tard. Les larmes se creusaient et la chair chavirait. Une émotion qui s'enlisait presque honteusement dans le coeur. Chagrin indolore. Des heures à attendre, à espérer. Et la révolte. Le mystère voilé de mensonge. L'indignation d'une promesse décortiquée sous la pulpe de ses doigts. La vision était terrible. Un pardon qui se murmurait en silence car jamais, il ne serait nôtre. Mon chéri, mon amour penché sur les alcôves des enfers. Meurtrier assassiné par ses propres chimères. Voleur au bonheur volé. Une tragédie, tour à tour apaisante et inhibée. Je me redressais et encerclais le tissu autour de ma taille. Il n'y avait pas de désir dans ses yeux. Seulement, cette distance. Une mélodie soufflée au rythme du naufrage. Ronan ne connaissait rien de ma souffrance. Un désarroi final, éprouvé dans l'intimité de l'aube éternelle. L'échec de notre mariage m'avait rendu malade. Destin des dieux et destinée singulière d'une femme à genoux face aux portes rouges de sang, auparavant caressée, choyée. Maintenant, abandonnée et seule. Mère d'un fils et épouse d'un fantôme. Une étiquette qui s'écaillait et des souvenirs qui envahissaient les poumons. Je respirais à contre sens. Je vomissais mes espérances et ravalais mes sacrifices. Il avait raison. Cette blessure était ma préférence. Mais les entailles du myocarde et les nécroses des nerfs. Toutes les lésions étaient gravées sur la pointe du poignard qu'il tenait sous la main. J'esquissais quelques pas dans ce dessein qui aspirait l'essence de nos sourires. Esprits en fusion. Esprits dégoulinant de rage. Un dernier regard vers lui, vers le reflet qui se distillait sur la vitre. Non, ce n'était pas réelle. La désillusion bordait mes paupières et les sanglots roulaient sur mon coeur. Je voulais que ça s'arrête. Tout. Lui. Moi. Cian. Je voulais fermer les yeux. Et oublier. Effacer. Recommencer. Sa voix résonnait entre les murs éclairés par la valse des chandelles. Hymne à la douleur. Pure déréliction. Un chant funeste noyé dans les pensées macabres et l'anticipation d'une déchirure insoutenable. Je l'écoutais encore. Foutaises. Assomptions lâches et colériques, perpétuant l'égoïsme initial de l'homme. Il était faible et misérable, éphémère entre les néons qui filtraient à travers les rideaux du salon. Et pourtant, il se tenait avec la fierté d'un souverain. Il marmonnait ses phrases et régurgitait ses vérités. Alors qu'il suffisait d'un sourire pour annihiler l'instant. D'une main posée sur ma joue. De ses prunelles extasiées par mes iris. Ronan me servait un magma bouillant de vanité et de mensonge. Un mal être que je ressentais en lui. Un mal être que j'ignorais tout comme il se fichait du mien. Un corps à coeur espéré à même la peau. Et maintenant, un bras de fer de nos âmes en combustion. Je le détestais en une fraction de secondes. Je cramais et renaissais de mes cendres, impétueuse au milieu des promesses carbonisées. Je rejetais la faute sur ma naïveté. Sur le romantisme désespéré et le manque, d'une affection dont il me privait délibérément. Parce que ce n'était pas moi. C'était lui. C'était les étoiles. Et les constellations d'un cosmos qui mourrait en entier. « Ne flatte pas ton ego. Tu n'as pas encore, l'ardeur pour être un monstre. » L'insolence saignait au coin de mes lippes. Une injure maquillée de dédain et d'insubordination. Il ne voyait qu'une épouse, soumises aux Costigan, mais autant qu'il refusait son devoir conjugal, je refusais d'être trophée. Je levais les mains et tremblais au contact de ses doigts. Nos phalanges se pressaient, comme pour se dire au revoir. Une séparation incarnée par la froide élégance de cette lutte du respect. S'il perdait le mien, il perdait celui des autres. Domino qui s'effondrait avec ces mouvements que j'esquissais hors de sa prise. «Le pire ce sera, alors. » Je fermais les paupières et glissais le long de la table. Jambes repliées sur le sol glacée. Une balance retrouvée, à même le sol. J'avais besoin du néant. De sentir mes rétines sécher et mes organes s'appauvrir. J'étais inutile pour mon époux et dangereuse pour moi-même. Une chute inéluctable. Un coup de couteau, porté avec une puissance obscure.
Dans quelle mesure étions-nous si différent ?
Il y avait son ombre en moi.
Une âme abîmée, sollicitant ses ténèbres pour exister.
Un avidité à tomber.
A sentir l'exaltation du sang.
Et la frénésie de l'interdit.
L'envie de porter le monde en mon sein.
De donner naissance au chaînon manquant.
Je relevais les yeux et révélais tout à coup la fulgurance de mes sentiments. Loyauté de sang. Loyauté incendiaire. Une statue grecque, belle et majestueuse. Un corps qui se redressait et s'alignait à nouveau face à lui. «Ronan, bien sûr que c'est toi.» Reproche déguisé et qui soulevait le voile pourpre. Je n'étais pas stupide. J'avais eu le courage de quitter ma famille, d'abandonner ma carrière et de l'aimer pendant quinze ans. Osait-il imaginer, ce dont j'étais capable pour le garder à mes côtés ? Une soif de réussite, reportée sur lui. Sur notre vie. Je secouais les épaules. «Tu veux m'expliquer ce qui te retiens ? Ou tu préfères me laisser imaginer?» Je soufflais en pinçant les lèvres.
Ce n'était pas un reproche.
Ni une supplication.
Je restais muette.
Exilée dans mon propre corps.
Exilée dans ma maison.
Mon mariage.
A présent, il tenait les rennes.
Il nous menait droit dans le mur.

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MessageSujet: Re: purple skies (ronan)   purple skies (ronan) EmptySam 26 Jan 2019 - 14:09

La douleur, cette comptine dansant au creux des prunelles.
Le doute, cette apostrophe raclant les contours de sa mâchoire.
Les pigmentations chagrines de l’épouse. Les pigmentations accablées de l’époux. Les échines qui virevoltent dans une distance saccageant le myocarde. L’échine encore échaudée d’une empreinte racoleuse. L’échine encore tremblante d’une vérité à peine assumée.
La dérive du corps sanctifié par l’impur. Léthargie apposée d’une lame balancée au milieu d’un couloir. Asepsie des sentiments. Clan où le maculé se transforme en sang. Clan où la vie devient mort. Les âmes sordides qui dansent d’une effusion souillée par la violence. Les corps qui chutent comme des dommages collatéraux aux erreurs. L’absence de Rafferty qui pèse. La carcasse sans vie qui hante. Les poings serrés près de la table refroidie. Les larmes aux creux des yeux refoulées pour honorer le blase. Un Costigan ça serre les dents, ça chiale pas. Dictat patriarcale pour faire taire les émotions. Les certitudes qui déferlent. Les doutes qui entachent.
Effet domino d’une famille qui se disloque. Comme les membres ravagés par les coups et les combats. Hargne de la gueule s’écrasant à terre. Chaque revers devenant un moyen de vivre. Chaque revers devenant une ivresse incisive. Un surplace où la communion des morts écrasent les vivants. Distance qui s’impose avec les frères. Méfiance qui orne les regards écarlates de colère. Ronan, spectateur enragé. La respiration haletante du patronyme qui ripe sous le palais. La respiration défenestrée du mur contre lequel le corps s’écrase. Perte de repère bien avant l’infiltration du Mal. Sursaut sous les couches nécrosées pour réanimer.
Les années qui se déchirent comme les pages abimées d’un bouquin. Les années qui se condamnent comme les regards qui font désordre. L’amour qui fait tâche dans le décor ; quand le désir picote l’échine sous le courroux divin. Le lit refroidi des absences et les bras creusés du manque.
La culpabilité pesant sur les synapses. Le regard flou d’observer la maudite. Le regard brillant de glorifier les erreurs. Il respire à peine Ronan. Baraque glaciale pour rétablir la cruelle vérité.
Baraque glaciale pour éteindre le brasier filant sur ses reins.
L’ivoire sertie des phalanges assassines. L’ivoire annihilées des lippes charnues. L’hésitation qui fait rage. Les muettes pour contrebalancer l’acidité des mots.
La reine défiant le roi. Les fous comme spectres de fond. Ronan, il ne dit rien. Les yeux éteints. Dégradé lugubre où se perdent les dernières émotions. Les mains dans les poches. Les mains coincées sous le tissu. Contracture musculaire pour s’empêcher de crier. Morsure contre la joue déformée par la chaire quelques heures en arrière. Empreinte charnelle sous le palais qu’aucune lettre n’effacerait. Désinfection impossible de la plaie causée par Lorenzo.
Dictature sentimentale imposée sous le versant des divins. Punition de la chaire qui s’éprend pour avoir désiré un homme. Punition du myocarde qui gangrène pour avoir raclé le sol où le verre s’est esquissé. Crasse sur les rotules comme celles qui courent sous les muscles ankylosés de son passage. Il étouffe, Ronan. Il se déteste autant que lui. La crevasse sous le derme face au regard qui s’embrume. L’épouse teintée des mensonges. L’épouse teintée des angoisses.
La chute brutale de la silhouette. Les courbes désirées au premier regard qui s’écroulent. Et chaque certitude avec. La gorge serrée. L’amertume ravalée d’un filet de salive sous la langue qui s’anime. Soupire lascif ourlant les lippes. — You’re done, Ava ?
Compassion qui crève comme la marque de l’alliance à l’annulaire. Les doigts ripant sur l’argent. Je t’avais dis que tu me détesterais. J’avais dis qu’un matin, la rosée effacerait les sentiments. Je t’avais dis qu’une nuit, le maculé ne serait plus qu’écarlate. Tu m’avais assuré que non. Je crois que tu avais tort, Ava. Tu étais bien trop naïve en pliant sous mes coups de reins, sous les assauts de ma bouche pour te condamner à être mienne.
Les combines verbales en suspend. La confession qui assombrit toutes les autres. Ronan, il passe une main contre sa gueule. Les phalanges pour rôder sur les zones cabossées. L’index pour racler les psaumes. L’index pour racler le prénom sanctifié de ses gémissements. Il inspire. Il expire.
Il cesse de respirer. Asphyxie éponyme qui dure une seconde, et sans doute un millier d’autres.
Les godasses qui raclent le parquet. Le son détonnant au milieu des morts. La carcasse qui se voûte. La main qui file et agrippe le menton. La pression exacerbée sans doute douloureuse, faisant rougir l’échine. Les iris pour voltiger dans une communion déconcertante. Le souffle s’égarant comme le reste. La colère greffée aux lèvres. Celles qui tremblent du manque. Putain de camé. Celles qui tremblent des lendemains incertains. — Fifteen years, goddamn ! We’ve been married for fifteen years. That's not a good enough reason  ? Le rire pour ricocher dans l’asphalte.
Le rire pour martyriser les larmes. La nervosité sous les vocalises. Les doigts qui couvrent l’ivoire. Volupté près des pommettes. Libération dans les mèches qu’il balaye d’un revers.
Douce Ava. Les certitudes d’hier. Les doutes de demain. La peau maculée qui frémit sous les baisers. Le corps qui tremble sous les assauts. La langue qui ravage le creux des reins. Les myocardes qui battent à l’unisson. On était beaux, Ava. On se croyait au dessus des lois. On se croyait invincibles. Regarde la lame venue nous trancher la carotide.
Marre de sang pour récolter les âmes.
Marre de sang pour sacrifier les sentiments.
— I asked you to be my wife. I changed because of your love. And I don’t regret it. You gave me a son. I gave you a name. Seriously Ava, don’t piss me off due to your fucking scares. I'm here even if i'm falling apart. La langue qui roule sous le palais. L’acerbe des palabres pour claquer. La cruelle vérité pour contourner les lettres. Il ne regrette pas de l’avoir épousée.
Il regrette d’avoir souillé les sacrements, les promesses.
Il regrette la vérité qui grouille trop bas, trop fort.
Et c’est sa carcasse qui s’effondre près de celle d’Ava. Assis là à coté d’elle. Le regard vers le néant. Le souffle rapide. La main qui ploie sur cette chaire dénudée. Le bras qui s’enroule près de ses épaules. Effleurement des lippes sur les mèches insolentes.
Puis l’abandon. L’absence. Le manque. Les traces rougies de ses soupirs.
Les marques stigmatisées de tout ce qu’il a crée. — Rafferty’s death, Leo, family business, my fucked up mind…  Il sourit, Ronan. Rictus chagrin avec la gueule de ses frères en décor de fond. L’écho de la mort sous la vie qui se réanime.
Distance forcée pour effacer l’animosité et la douleur.
—  I'm tired of all of it. Fatigué de mentir. Fatigué de lutter. Fatiguer de m’accrocher aux illusions. Fatigué d’avoir honte. Fatigué de te briser.
Les cuisses relevées. La main près de celle de l’épouse.
Le contact impossible. Comme le pardon.

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MessageSujet: Re: purple skies (ronan)   purple skies (ronan) EmptySam 2 Fév 2019 - 22:24

Aviler le temps. Tomber dans le vide, la silhouette fanée au bout du couloir. A la gloire de la flamme essoufflée. A la gloire de quinze années épuisées, réduites à néant par les soupirs de la nuit. Ce n'était qu'un chiffre. Une putain de mascarade. Ronan, l'étranger au visage de marbre. Ses yeux transperçaient les néons. Une colère qui s'imposait dans le coeur. Des blessures de sang régurgitées pour mieux infecter la chair. Voix devenue chimère. Cascade de sons agglutinés au coin de la bouche. Je ne le reconnaissais pas. Et je ne voulais pas le reconnaître. Seule dans ma douleur. Dans l'éclaboussure du sentiment. Des confusions giclées sous la peau. Hémorragie de l'âme, saignant à travers les courbes exposées entre les fils de dentelle. Une tentative ridicule d'aimer, de toucher. Je le fixais, les larmes desséchées sur les rétines ébahies. Le mal se propageait dans la pièce. Tout se distillait, la lueur des chandelles, l'odeur de la nourriture, le parfum de la désillusion. Des gestes étouffés dans un quotidien pris pour acquis. Parce que j'étais servante et il était souverain. Démon sur son trône de glace. Bourreau du palpitant qui lui avait juré allégeance. Aime moi ! Aime moi ! Supplication amère. Sentence perpétuelle. Je repliais les genoux et me redressais dignement. Assez, de ces lamentations ! Assez du chagrin qui tailladait les entrailles et consumait les souvenirs. Je vacillais entre les meubles. Sourire sardonique pour orner le dédain. Il me brisait et la douleur parlait pour faire écho aux soupirs de l’édifice en flammes. Un mariage qui se comptabilisait comme la période d'incubation d'un virus. « Oh dear, i'm not even close to be done! » Insolence claquée sur la langue. Des canines qui étincelaient sous le velour rouge. Je n'étais pas une femme qu'il pouvait quitter — je n'étais pas une épouse dont il pouvait se lasser. Mes doigts glissaient sur le rebord de la table. La confusion faisait suite aux absences. Le désir cendrée sous les doigts. L'envie d'un baiser qui écorchait les lèvres. Je ne bougeais plus, les mouvements modérés dans la pénombre du salon. Une intelligence criminelle absorbée avec le temps. Des pensées stratégiques, ponctuées de sang et de vices. Innocence souillée par amour. Une humanité qui s'extirpait de l'ivoire. Des battements de coeur perdus entre les courbes concaves du thorax. Ce foyer tombait en ruines. A cause de lui. Pour lui. L'insouciance de Ronan était un cancer mortel. Une malédiction incurable, contaminant tous ceux qui le touchaient. Je hochais la tête avec lassitude. «I never asked you to change. I had a name before you and I will continue to have one after you're long gone. Because this is how it goes, Ronan. You sound pathetic. If you regret me, you regret your own blood. You regret Cian. So please, be my guest. » Une froideur impériale. Tel un cygne qui étendait gracieusement le cou vers le lac glacé. Une blancheur de nacre dont l'ombre était toujours noire. Dualité de l'âme et de l'esprit. De l'amour et de la vengeance. Je m'approchais et mon âme tombait en lambeaux à ses pieds, écrasées sous le poids de ses tourmentes. Ronan mentait. Il puait le sex et l'alcool. Je le sentais défaillir, le souffle saccadé et les organes vidés. Il avait déjà purgé sa peine. Une plaisir exilé loin de nous. Cliché de truand. Cliché du surhomme hanté par ses morts. Je me penchais sur sa carcasse putride. Dernière relique du roi déchu. Ses épaules roulant de part en part, sur les murs délavés. Son chagrin palpable, comme le souffre après l'incendie. Un air lourd, perforant les poumons et les alvéoles. Je n'avais plus d'empathie. La guerre faisait rage et elle nous emportait dans ses sillages. Cian, dommage collatéral de ces amoureux maudits. Une promesse abîmée parce que quinze années, c'était trop ! Et que ma reconnaissance se limitait là. A ces lippes répugnantes. A ses désirs intoxiqués. «You're not hard for me Ronan ? » Une lueur sarcastique, perlant au coin des yeux. J'effleurais sa mâchoire. Des mensonges. Des excuses pour justifier ses conneries ! Rafferty n'était plus là. Leo s'éloignait, rongé par la paranoia d'une famille gangrénée par sa propre chair. «Don't blame it on the dead. You were born fucked up. Keep it together, stand up Costigan.» Mes phalanges comme des griffes sur sa peau. L'amour qui revenait dans un détour. Emotion hybride de peine et de loyauté. Une putain d'injustice du coeur. Je soupirais en plissant les yeux. Ma tête retrouvait sa place sur l'épaule de l'exécuteur. La vérité faisait mal. Mais il devait l'entendre. Il devait l'étreindre et l'étouffer. Je déposais un baiser sur sa joue. Supplice des morts, telle une mise en garde amoureuse. Une nouvelle promesse posée sur son derme. Vice des mafieux qui se juraient condamnation. «I know you lie, my love. And I choose to believe you. It's easier to pretend this way. To hold on to the little respect I owe as a wife. Don't push. If you want to go, i'll be going.» Mes bras entouraient son crâne. Je l'enlaçais jusqu'à m'en tordre de douleur. Jusqu'à en crever de désespoir. Une lame qui s'enfonçait trop fort.
Un supplice éternelle.
Parce que j'avais promis.
Et contrairement à lui, je n'avais qu'une seule parole.

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MessageSujet: Re: purple skies (ronan)   purple skies (ronan) EmptyJeu 7 Fév 2019 - 14:24

Les éclats de rire éradiqués par les cris.
Léthargie du palpitant qui ne bat qu’à moitié. Respiration approximative pour se donner l’impression d’être vivant. Carcasse traînée dans la nuit. Carcasse traînée au milieu des ombres. Perte de repère. Perte d’envie. La gueule de Rafferty dans le décor. Même scène refaite en boucle. Disque rayé qui cogne dans les mailles du myocarde. Le souffle rapide au milieu du couloir aseptisé. Le souffle saccadé sous le poids de l’attente.
Les yeux embués de la louve. Les bras protecteur du fils pour crucifier les larmes. Les mots balbutiés sans aucun impact. Pas comme celui des balles. Pas comme celui de la violence. Pas comme celui du passif familial. La hargne pour dicta. Le sang pour échappée funeste. Tout est remonté durant cette nuit là. Bile au bord de la trachée pour espérer capter un signe du tout puissant. La nouvelle prise en pleine gueule comme une lame de poignard.
La main calquée contre la barbe. Les cernes violacées pour se rameuter. Les larmes pour s’effacer. On chiale pas chez les costigans. Il en avait eu envie, Ronan. Chialer son dégoût. Chialer sa peine. Chialer sa colère.
Toutes les émotions gardées sous silence. Toutes les émotions gardées enfouies au fond de sa chaire. Des heures à ne rien dire. Des heures à fixer le néant. Parce que la vie continuait. Parce que c’était comme ça à chaque coup dur. Poignard dans le bide. Sursaut de lucidité. Passivité. Et tout repartait.
Pas cette fois. Pas après Rafferty. Pas après lui.
Rencontre désastreuse au milieu du bar. La nuit insolente pour annihiler les certitudes. La nuit provocante pour faire frémir. Chaque éclat encore présent dans un coin de la caboche. Mémoire photographique de l’instant. Du sourire sur les lèvres aux questions de l’autre. Des refus à la capitulation. Des genoux à terre à la gueule vissée contre la trique. De la main sous le tissu aux regards apeurés. Du monde qui s’écroule à la vie qui se réanime. De l’abandon à l’apogée nocturne en passant par maintenant. Désordre émotionnel. Carcasse en vrac du manque. Les illusions qui ne prennent plus. L’épouse maudite dans le décor. L’épouse souillée par ses conneries. Le regret en demi-teinte sur l’ourlet. Quinze années de promesses. Quinze années à honorer les mots crachés sous le reflet des astres. Quinze années à honorer le visage de porcelaine. À glorifier son corps de ses baisers. À sanctifier ses reins de ses ondulations. Une vie. Une éternité. Des années où elle n’a été que la seule évidence pour Ronan. Étoile au sourire sucré pour faire briller la noirceur du vice. Poupée au regard qui détonne. L’empreinte des iris greffées vers les siennes pour faiblir à chaque fois. Il était tombé comme un con pour Ava. Sans s’en rendre compte. Sans vraiment vouloir le réaliser. Les mains accrochées à son corps qui tanguait. Les lèvres captives sur la peau brûlante et rougie des caresses. Les rires pour se faire complices. Les sourires pour se faire amoureux. Y en avait que pour la reine. Aucune autre capable d’égaler cette beauté d’ailleurs. Aucune autre capable d’égaler la force des sentiments.
Aucune autre. Puis y a eu lui.
Quelques secondes pour le foudroyer. Quelques secondes pour le condamner. Instabilité émotionnelle des peurs perchées sur l’abdomen. Ce n’était pas normal. C’était pas réel. C’était qu’une erreur au milieu de toutes les autres.
C’est devenu une certitude ce soir. Et Ronan, il craque. Ronan, il voit plus clair. Les paroles d’Ava pour venir le frapper de plein fouet. Virevolte des mots pour créer le chaos. Les poings serrés au sol. Les phalanges qui craquent et se déchaînent sous le poids des émotions contraires. Comme les astres qui ne savent plus communier entre le roi et la maudite.
Les mots qui claquent dans l’asphalte. Discours de reine devant un pauvre connard abimé par le mal. Discours de reine devant la carcasse sans vie. Fatigue qui se dépeint sur chaque trait ; sur chaque respiration. La proximité avec l’épouse. Le contact de leurs corps qui se frôlent. La gorge nouée. Les ressentiments. La colère. Le manque.
Un soupire pour filtrer hors de sa bouche. Une main sur son visage. Pulpes souillées pour dépeindre sur la porcelaine. Le dégradé assombri par l’ivresse passée. Le dégradé où perlent les remords d’une vie éteinte. Il se racle la gorge, Ronan. La pression contre la poupée. La pression contre la sirène. Là où les vagues ne sont que des ricochets qu’on nommerait amertume. — It's easy to believe lies instead of the bloody truth. costigan's way, sure. Le ricanement. La réalité putride. On ignore la vérité. On se greffe aux illusions. On ment comme on respire pour finir par gober chaque leurre. On a le sourire  calqué sur la gueule et on préfère ça que chialer comme des gonzesses. Et les bras pour entourer sa carcasse. Contact forcé. Contact surpris. Ses propres mains lasses qui finissent par entourer son dos. Remontée le long du peigneur. Séparation ultime d’un peau à peau qui enivrait les sens y a encore quelques semaines. La pointe dans le coeur. Les paupières closes sur les erreurs.
L’étreinte pour réanimer les dernières promesses. L’étreinte pour captiver le souvenir encore ardent au creux de l’abdomen. La respiration vive là dans la nuque d’Ava. Sursaut de la culpabilité qui se mêle au pourpre. — I could never regret our wedding and Cian. Les regards qui se croisent. Les aveux sincères. Impossible de regretter sa chaire, son sang. Impossible de regretter l’union sacrée qui lui a permis de tenir debout quinze ans. Et à présent, une rencontre suffisant à tout ravager. J’me déteste, Ava. Pour te faire du mal, pour te mentir, pour pas lutter contre la maladie qui me ronge. — You’re not only my wife. You’re a part of me. And even if everything’s falling down, it will never change. Peu importe l’issue, il n’oubliera pas, Ronan. Il ne pourra pas la considérer comme un fantôme du passé. Comme une idée banale, comme un regret. Une partie assassinée et souillée de son âme. Une partie encore raccrochée par le ciment de l’anneau d’acier. — I refuse to be like my father. You deserve better than Deirdre. Modèle corrosif qu’il vomit. Comme toute la haine que leur relation a pu inspirer. Les lippes qui tremblent.
Les deux mains contre le visage de son épouse. Les deux mains pour se raccrocher.
Comme une dernière fois.
Comme si l’adieu paraissait plus facile.
Comme si les erreurs se faisaient victorieuses.

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je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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MessageSujet: Re: purple skies (ronan)   purple skies (ronan) EmptyMer 13 Fév 2019 - 12:56

Une lumière distillée dans les yeux. Ronan, dernier pilier. La colonne dressée au milieu des fantômes irlandais. Il me regardait de ses opales desséchées. Babe, je ne trouve plus les mots. Mythologie sentimentale. Une affection qui nous élevait après la chute. Amants de l'éternel, suffoquant entre les draps empourprés de désir. Ma main glissait sur sa joue. Des larmes graveleuses, résonnant au creux de l'âme. Loyauté de marbre lorsque les murs s'effondraient sous le vent. Il était ma malédiction, la passion immuable dans ma chair. Des années de promesses, brisées dans l'instant qui se déroulait entre les barreaux de la prison dorée. Je le fixais avec insistance. Amour sans restriction. Sacrifice qui tenait lieu de déclaration. Seule au bord de l'abîme, prête à tomber pour lui. J'avais mal de ses souffrances. Je pliais dans l'angoisse qui roulait dans ses veines. Un parfum de roses épineuses, entaillant la ligne trachéale. Des serments d'avant devenus amères au bord du palpitant. Je l'écoutais dans ses décombres. Je voyais les ruines et les poussières d'un deuil qui pourrissait dans le coeur. Je brûlais de lui. Je brûlais du manque qui colorait l'horizon nuageux. Femme de fer laissée comme relique sur une étagère. Le trophée à remplacer lorsque l'éclat disparaissait dans la nuit. Je hochais la tête. Je ne voulais pas le quitter. Je ne voulais pas abandonner. Ce fragment de nous, qui ondulait dans mes bronches. Ce bout de lui, incrusté dans mon être. Je l'aimais de folie. Je l'aimais jusqu'à m'en tordre les viscères. Et s'il ne le voyait plus ? Si mon étreinte ne suffisait pas ? Peau de nacre dévêtue dans l'ombre. Les hanches galbées, priant pour le toucher. Pour le contact visuel. Mais son regard était vide. Des lucarnes de ténèbres percées. Je m'inclinais dans ses sillages. J'effleurais la plaie invisible. Je la ressentais sans connaître son origine. Un millier de questions. Un millier de tourbillons qui déferlaient sur les vagues. L'équilibre secouée sous le ciel. Ses mots, devenus putrides autour du décor. La froideur de la maison s'infiltrait dans mes yeux. La distance creusée pour retrouver la terre promise. «Guess I'm a Costigan too. » Affirmation cruelle. Il m'avait sacré reine de son enfer. Des idéaux calqués sur les miens. Une nouvelle habitude à vivre selon les règles de la famille, selon la bienséance criminelle. Lui donner un fils, un héritier. Plier sous le poids de l'immoral lorsque la conscience se faisait discrète. J'étais la chimère façonnée de ses doigts. L'étrangère rendue souveraine par le sang-pur greffé dans sa moelle. Je respirais à l'envers, l'étreinte douloureuse entre ses griffes. Il brisait toutes mes défenses. Impossible de prendre la fuite. Impossible de m'extirper à la réalité qui chancelait sous mes côtes. «I know you've been through a lot, Ronan. But we cannot be defeated. And Jesus Christ you are allowed to be real in here ! You don't have to pretend with me.» Je pouvais tout comprendre. Je pouvais prononcer les sentences et alléger les peines. Avocate radiée. Esprit de loi pour imposer la justice. Je sondais ses mouvements. Je les imaginais, tous. Il avait couché ailleurs. Je le sentais dans ses vêtements. Dans son haleine. Dans les membres engourdis par l'effort. Ironique comme la trahison importait peu face à sa détresse. Je me fichais des dérapages. Qu'il se réveille de la torpeur. Qu'il serre les poings et annihile ses démons ! Je ne bougeais pas, le visage à sa merci, le sentiment voltigeant entre ses lippes. La peur me gagnait. J'étais paralysée telle une proie face à son prédateur. Je voyais l'éclat des crocs qui, bientôt, allaient tout déchiqueter. Et j'anticipais la tragédie. L'accord fébrile de nos voix qui hurlaient à l'unisson. Les larmes crystals au coin des yeux, je l'observais avec toute ma hargne. La colère disparue pour laisser place au coeur brisé. «Then stop turning me into her ! Stop making me your god damn mother ! That's all they see. The second to be broken. The next to be forgotten. My name is yours as long as you keep it. But i'm not dancing along if you're just sinking deep. Babe, you're my husband and I love you. But I have a son to protect from your world. From you even. » Cette vérité qui tranchait les entrailles. Je ne voulais pas lui mentir. Les rôles étaient inversés depuis la naissance de Cian. Il était l'astre qui dominait mon ciel. Ma lumière. L'étoile filant sur la vase dégoulinante. Il était trop jeune — trop précieux. Je me redressais légèrement, le souffle court, les pensées emmêlées dans la vision d'horreur. L'instant qui s'allongeait pour opprimer les confessions. «And I want another child. I want something for us to be a whole again. Why are you against it ? You are not a monster. And I was born for this. To carry life. To give you anything you need. So please just tell me what the fuck you need from me. Quit hiding behind bars and whisky and depraved legs. You are more than this. Don't be just any man. Because you are mine. You are my man. » Une rage qui déstabilisait les pensées. L'envie d'aimer enterrée dans le coeur. Je soupirais en m'éloignant, le peignoir serré autour de la taille. «Stand up. You're going to catch a cold. » Du givre qui coulait dans son âme. De la froideur, imposée pour se donner bonne conscience. J'étais faible, avançant à reculons dans les eaux troubles lorsque son regard se posait sur mes blessures. Je chavirais encore, prise dans l'émoi d'une passion qui éclatait à mon insu.
Parce qu'il était ma seule évidence.
Ma seule réalité.
Le combat qui menait à ma perte.

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