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 desmurs (ronenzo)
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Lorenzo Farnese

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MessageSujet: desmurs (ronenzo)   Mer 16 Jan 2019 - 21:13

ronan et lorenzo
rapidement coulent les eaux troubles dès que tes yeux troublent mes pas
je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi
je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là
(desmurs/eddy de pretto)

Le bruissement du sac pour te sortir de la torpeur. Lumière tamisée dans une pièce que tu ne connais pas. Douleur lancinante à l’intérieur du crâne. Un grognement au bord des lèvres alors que t’essayes de te redresser dans le lit. Pas le tien. Odeur aseptisée pour contredire l’idée d’être dans celui d’une gonzesse de plus. Tu peines à ouvrir les yeux, Lorenzo. Sursaute quand tu sens le contact sur ton épaule. « Aspetta, Lorenzo. » La voix de ta sœur, comme un appel vers la sortie des limbes. Les doigts posés sur sa main. Des souvenirs qui claquent par dizaine, quand la conscience se relève. Réminiscence douloureuse d’une soirée au milieu des Enfers. Le bruit sourd de ta gueule frappant le sol résonnant encore dans ta boite crânienne. La dominante frôle ton front. Des injures aux saveurs du sud sur la langue. Le regard planté sur ta frangine, la fatigue dissimulée sous quelques couches de maquillage. « What time is it ? » Elle s’installe à tes côtés, assise au rebord de ce lit sans âme. Un téléphone entre les mains. Le tien. Ecran illuminé sous l’impulsion de son geste, affichage digital pour indiquer le début d’après-midi. Elle se racle la gorge, Ren. Déverrouille ton portable d’un contact avec son empreinte. « It kept ringing when you were asleep. Mostly texts from your team mates. Héctor, too. And then, I noticed some others that you got last night. » Un rictus pour courber les lippes de ta moitié. Les sourcils froncés, interrogation flagrante sur tes traits. Elle en joue, de cette attention attisée. Les prunelles fixées sur ses doigts s’animant sur le tactile, glissant entre les conversations. « That dilf of yours really got worried. » Un rire pour conclure l’information dantesque. Le portable récupéré sans doute trop rapidement, exclamation pour trahir un sentiment indescriptible. Le surnom comme un coup de poignard dans le sternum. Polpetto. Agression des pixels contre tes iris. Lettres détaillées dans les moindres détails, un silence pesant dans la pièce. Juste ton souffle vacillant pour rompre le néant sonore. Palpitant retourné par une ponctuation incongrue. Des mots pour faire brûler l’échine. Chauffer les joues sous l’effet d’une honte trop ardente. Ça ne devait pas tourner de cette façon, putain. Ça ne devait pas faire mal de la sorte. Arracher le cœur en même temps que les espoirs ineptes.
Des mots balancés à ta sœur, au milieu d’une nuit apocalyptique. Le poids du jugement du Puissant sur tes épaules fragilisées par les doigts du diable, quand ta bouche s’est abandonnée au vice. Qu’est-ce qu’il m’arrive, Ren ? J’suis pas normal, putain. J’recommence mes conneries, j’recommence le Mal. Pourquoi est-ce que j’ressens ça, pourquoi est-ce que ça brûle de la sorte quand j’y repense ?
Pourquoi est-ce que j’ai flanché devant ce mec sorti de nulle part ?

Le portable balancé sur le matelas. Un haussement d’épaule pour tromper la vérité trop violente. « Poor guy got himself addicted. I could not care less about that fag. » Lies. It’s all lies. Sa sale gueule qui n’est que trop ancrée dans ton crâne. Son parfum comme dernière attache aux cieux. Son souvenir pareil au sentiment d’être chez toi.
(…) Signature grattant le papier, le sac d’affaire balancé par-dessus l’épaule. L’ombre de Renata que tu suis jusqu’aux portes coulissantes. T’as les prunelles plantées sur ton écran, les doigts s’activant à répondre à toutes ces sollicitations reçues durant ces dernières vingt-quatre heures. Une conversation évitée parmi toutes les autres. La fuite, même devant le plus simple des combats. Silhouette claquante contre celle de ta sœur, quand cette dernière se stoppe net dans ses pas. « Che cosa ? » Le portable rangé dans la poche arrière de ton jean, la tête relevée vers Ren. La sienne qu’elle secoue à la négative. « Niente. » Son bras qu’elle glisse autour du tien, ta carcasse qu’elle traîne jusqu’à la porte. La sensation malsaine dans la poitrine. Comme si son cœur à elle ne battait pas de manière normale. L’allure arrêtée, encore une fois. Ta decision. Violence soudaine dans l’esprit encore embué de la commotion. La surprise au bord des lèvres, dans un soupir. Il est là, le bourreau. La carrure avachie contre les marches. Chevrotante, pas assez protégée face à l’hiver mourant. « Go, I’ll wait in the car. » La gueule qui se tourne rapidement vers celle de ta frangine, traits froncés par les mots qu’elle débite. La tête secouée trop rapidement de gauche à droite. Est-ce qu’elle perd l’esprit, Renata ? Est-ce que c’est ta blessure qui fout en l’air la réalité pour mieux te torturer ? « It was not a question, Renzo. Come on. » Et te voilà traîné sur le linoléum de l’accueil des urgences. La carcasse suivant toujours aveuglément les impulsions de ta sœur. Pantin entre ses mains. Impératrice pour décider du reste. Les yeux qui n’osent plus affronter la vision du Jugement Dernier, à quelques mètres devant. La stature reconnue dans la seconde, les encres retenues dans les moindres détails. Les dessins sur sa peau comme des flashs dans la gueule.
Les portes s’ouvrent à votre passage, les doigts de ta sœur toujours attachés fermement à ton biceps. T’empêcher de partir. Te jeter dans la gueule du loup sans un seul regard en arrière. Duo de malheur arrivé à la hauteur de Ronan. La position tenue par ta moitié, assez longtemps pour qu’il capte ta présence. Puis elle te libère enfin, la sorcière. Sourire à peine désolé sur ses lèvres décorées. « I think I forgot my phone in your room. Wait for me here. » Maudite sous toutes les possibilités dans ta tête. Tu la regardes partir. T’abandonner à ton sort sans un regard en arrière. Bordel, tu la détestes autant que tu l’aimes.
La silhouette de l’autre que t’évites. Les godasses traînantes contre le goudron. Mains enfoncées dans les poches de ton jogging. Et putain, même quand tes yeux fixent l’intérieur des urgences, tu sens ton myocarde se consumer. Poids trop lourd dans la poitrine, les tripes comprimées. La raison qui te dit de te tirer, d’aller t’enfermer dans la bagnole de ta sœur. De ne pas lui accorder le moindre regard. La moindre attention. Mais t’es là, comme un con, la mâchoire serrée à essayer de combattre des envies assassines. Si tu savais comment j’ai besoin de te contempler. De sentir ton regard me fixer dans les moindres détails. Pourquoi est-ce que j’suis comme ça avec toi ? Qu’est-ce que tu m’as fait ce soir-là pour me foutre en l’air de la sorte ? Quel sort à la con tu m’as jeté pour que je m’accroche à un putain d’inconnu, comme si t’étais la seule bouffée d’air frais dans une pièce suffocante ? Puis y’a le courage qui monte, à un moment. Un sourire animal sur les lippes. Les prunelles, elles sont pourtant toujours perdues à travers la vitre. « Got your texts. Are you really that despe… » Lettres oubliées. Le reste qui s’évapore, quand tu tournes la tête vers lui.
Et y’a le poids dans ta poitrine qui se soulève. Qui secoue toujours plus ce pauvre muscle.
L’ombre d’un homme échoué sur les marches. La clope coincée entre ses lèvres. Son regard. Ses yeux. Globes injectés de sang, des cernes comme un précipice. L’impulsion d’un pas en avant, stoppée l’instant d’après. « Are you alright ? » Poison absent de la voix. Le rictus perdu. Tes prunelles, elles n’arrivent plus à s'échapper désormais. Capturée par la vision du Déluge. Capturée par les vagues dans ses iris extenués. « Did something bad happened ? » La dominante serrée dans ta poche, alors que tu crèves de la déposer sur son épaule. De serrer la chair dans un contact qui s’veut rassurant. Mais le rassurer de quoi, putain ? Parce que c’est pas toi qui va rester dans les parages. C’est pas toi qui va t’assurer que tout va bien.
C’est pas ta place.
C’est pas ta nature.
C’est pas le dessin qui a été prévu, tout là-haut.

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maybe you're the sun, and i'm the moon. and we were never meant to collide, but wouldn't it be spectacular if we did ?
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Ronan Costigan

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MessageSujet: Re: desmurs (ronenzo)   Jeu 17 Jan 2019 - 4:45

Les iris vissées vers la croix. Carcasse sur le banc de la chapelle. Silence religieux pour apostropher le maléfice. Émotions retenues en cage là où les sanglots tressautent. La gueule catatonique d’un film sanglant. Paupières closes quand les images cabriolent. Rythme à trois temps d’une valse sanguinaire. Au nom du père. Y a le myocarde qui s’affole. Les pulsations qui s’accrochent dans une mesure satirique. Les godasses dévalent sur le sol aseptisé. Couloirs maculés où les ombres s’évaporent. Ricochets des spectres. Ricochets des souvenirs. Nausée qui retourne l’estomac. Salive coincée au fond de la trachée. La rage qui fait trembler les cordes vocales. La respiration cloitrée dans des organes nécrosés. Souffle haletant pour écho au milieu des larmes et de la détresse. Poings cramponnés. Le sang pour pulser sous chaque phalange. Craquements osseux pour contrecarrer les informations. La louve. La meute. L’obéissance du regard. Le respect qui s’impose. Rythmique endeuillée. Répétition du maléfice putride pour contourner les lettres du blase. Costigan, famille maudite. Costigan, famille ensanglantée.
Dégradé où l’espoir crève ; où la tempête gagne.
Psaumes libérés dans un dernier soupire. La main empoignant celle de Leo. Ivoire où les larmes se précipitent. Pentes violacées pour cogner sous les yeux. Fatigue qui s’accumule ; fatigue qui assassine. Douleur féroce aux entrailles. Comme l’angoisse qui danse de ses pas macabres. Valse des démons qui imposent la sanction divine. Courroux du tout puissant pour frapper sur chaque muscle. Atrophie signataire du jugement dernier. Tu peux pas mourir, putain. Tu as pas le droit de nous laisser. J’en crèverais, tu le sais ? J’serais plus rien sans toi. Mâchoire contractée. Repère des poings encaissés. Au nom du père, du fils et de son esprit. Désolation sur les lippes quand la silhouette s’engouffre. Pas filants d’une chambre à une autre. Même visage ancré dans la caboche. Même visage pour siéger en roi. Le mal. Le démon où se dérobe les derniers débris de conscience. Peur viscérale qu’il n’explique pas. Répétition assurée que c’est qu’une erreur. Une misérable erreur telles les émotions au creux du ventre. Les pas qui trébuchent. Comme le myocarde. Prostré devant la porte. Prostré devant ce corps inerte. Consonance des machines. Médecins qui s’affairent. Pointe aiguisée entre les côtes. Trémulations des phalanges pour le sacraliser. Ronan écarté par une infirmière qui accourt. Retour à la réalité. Putride claque dans la gueule. Crochet sous la ligne de cette mâchoire brimée d’ecchymoses. Il a pas sa place ici. C’est qu’un étranger.  C’est qu’un prénom égaré au milieu des autres. Un goût amer sur la lippe. Un fragment pour gagner les astres. Au nom de père, du fils et du saint esprit. Amen. Les paupières qui s’ouvrent.
Lumière maculée pour aveugler ses iris. Éclats de rire d’une intonation trop familière. — Goddamn, Ronan, what's wrong with you ? Lorenzo is a fucking stranger and you're acting like he's a part of you. Les idées qui se brouillent. Les idées qui fustigent. Perte de repère entre le réel et l’imaginaire. Le frère maudit. Le frère inscrit dans le marbre. Planches de bois pour accueillir la dépouille. Silhouette inclinée vers celle de Ronan. Sourire provocateur sur les lippes. Il déraille, l’irlandais. Il vrille sous les effluves du mal. Il se dérobe, se lève, annihile les espoirs. A part of you. Idée ridicule. Ecrin sentimental où se réfugie les remords. La tête qui se secoue de droite à gauche. C’est qu’un putain de cauchemar. Répétition à voix basse pour s’en persuader. — Shut up, Rafferty. You’re dead. You shouldn't have any opinion. L’écarlate colère pour ourler les lippes. La carcasse contre le mur. Les poings pour serrer le tissu. Laisser ses paupières se cramponner pour effacer le visage de Raff. Pour effacer le poids du maillon manquant à la meute. Crocs dans la nuit pour l’appeler dans des complaintes chagrinées. — You're so mean, dude. You need to destress. Play with me. Pokémon are the best anti-stress effect, promise. Coup d’épaule pour le secouer. Doigts sur le tactile et l'amusement. Ean. Cousin écroulé sur un parterre de cendres. Détonation pour sceller le sort. Les fantômes qui ressurgissent et s’actionnent. Les fantômes qui pèsent et créent le chaos. Le rire désespéré qui déborde. Tu es en train de devenir fou. Comme ce soir là dans les chiottes. Comme ce soir là, au sous-sol. Comme maintenant. Personne va venir te sauver, toi. — Even dead, you’re staying a child. Et pourtant qu’il l’aime ce con. Comme ses frères. Comme ces liens du sang où la crime tapissent les corps. Pensées obstruant les iris. Pensées irriguant à peine les veines. Circulation apocalyptique quand les genoux s’effondrent. Pêcheur perdu sur le chemin divin. Tête relevée vers le tout puissant. L’image de Leo en train de lutter pour survivre. L’image de Lorenzo, inerte. Une claque d’un coté ; un revers de l’autre. Étouffement provoqué comme la chaire qui a raclé de trop près son palais. Il se borne à y repenser. Il se borne à le consacrer comme talon d’Achille. Manque cruel sur le derme. Mais pas autant que là dans sa cage thoracique. — Am I supposed to believe in god ? Chute divine contre les abysses. Chute divine contre le Malin. Prières qui ne sont plus qu’un crucifix pour les saints. Pardonne-moi seigneur de ne pas avoir su l’oublier. Pardonne-moi seigneur de ne pas avoir pu m’éloigner. Pardonne-moi seigneur de ne pas regretter. Le rire de Rafferty qui éclate. Et son bras qui s’enroule autour des épaules de l’ainé. Cadavre ambulant dont il ressent la chaleur. Contradiction de l’esprit là où la poussière devient cendres. — Ironic, bro. Very ironic. Clin d’oeil. Croire en ce dieu qu’il maudit. Croire en ce dieu qui a perdu le combat face aux démons. Bourreaux victorieux sous les lettres du patronyme. Ean et Rafferty qui se rapprochent. Face à face entre la vie et la mort. Les mains des hommes qui se lient, qui se retiennent et s’apprivoisent. Étreinte fraternelle pour subjuguer les étoiles.
Étole nébuleuse pour former l’indestructible. — Leo is strong. He won’t die.
(…) Réveil en sursaut. Chimère macabre dont il s’extrait. La carcasse endolorie. Les yeux injectés de fatigue. Le violacé qui s’accentue et roule sur l’ivoire. Même écho. Même son suspendu à chaque battement cardiaque. Ava, endormie sur une chaise. Deirdre, éteinte de l’autre coté du lit au milieu des angoisses poudrées d’amour. Ronan, il étouffe. Odeur chlorée pour effacer les maux. Effluves pour racoler la gerbe. La silhouette pour disparaître. L’air frais claque au visage. Semelles contre les marches. Lassitude pesante sur les épaules. La clope calée entre les lippes. Vipère qui dévale et aspire la nicotine. Vipère vautrée sur le bâtonnet nocif où se creusent les joues.
Instant de répit. Instant de paix.
Le paysage qui se teinte. L’éclat caramel de cette peau divine. Fantasme vermeille au creux des reins. La respiration qui se coupe. Le myocarde qui se contracte. Allure irréelle de chaque pulsation.  Le soulagement pour déferler. Il est en vie, putain. Disgrâce de l’imaginaire après des messages abandonnés de toute réponse. Les phalanges tremblent. Surprise s’étouffant dans la fumée qu’il crache. Ignorance feinte des iris qui se perdent vers le sol. J’y arrive pas. J’peux pas te regarder sans chuter à terre. J’peux pas te regarder sans avoir le coeur en morceaux. J’peux pas te regarder sans t’imaginer dans les bras de l’autre. J’peux pas te regarder et me dire que demain, nos chemins ne seront que contraires. Amertume dépeinte dans l’émeraude ; colère palpitante dans les vagues bleutées. Présence de cette gonzesse. Présence de cette brune qu’il imagine sanctifiée par les coups de trique, les coups de langue. Possessivité absurde venant lui soulever le coeur.
Il a pas le droit d’être jaloux. Il a pas le droit d’être troublé. Il a pas le droit de crever des non-dits. Pantin obéissant, soumis à chaque fuite, chaque ordre. Pantin altéré par les ecchymoses. Par cette hémorragie greffée au myocarde. Unique responsable qui s’extasie sous son regard. Tête à tête forcé quand la poupée s’éloigne. Acidité des mots prêts à être crachés en pleine gueule. Lorenzo qui se ravise. Sincérité libérée d’une question puis d’une autre. Éclat échaudé de sa voix. Réminiscence de son souffle au creux de l’oreille. Proximité pour caler le vice. Proximité pour faire pâlir le tout puissant. Prière finale crachée sous le palais. J’ai pêché mon père. J’ai semé le pire du bout des doigts. J’ai rongé le mal du bout de ma chaire. J’ai libéré les démons en m’accrochant au soldat tentateur. La fumée expulsée des lippes charnues. La fumée éconduite vers Lorenzo. Regards qui s’accrochent. Ronan, à bout de forces. Fatigue traduite par ce soupire. Inquiétude imbibée par les sanglots au creux des yeux. — My brother was at the gala. And now he's fighting to survive. Leo, putain, Leo serre-moi ma main ! Leo, j’suis là, j’te lâche pas. Leo me laisse pas. Mots crachés quand le brancard filait vers la salle d’opération. Phalanges étreintes pour une dernière communion. Mécanique fraternelle où l’écarlate coagulait sous la pulpe. Image pour le frapper. Image pour le faire trembler. Comme la couverture hivernale sur le derme. Tapage douloureux contre les tempes. Une main dans sa nuque ; une autre contre la clope. Les jambes qui se tendent, qui se replient. Craquement audible au milieu des silences évocateurs. La tangente contre laquelle il pourrait s’écrouler. Désordre émotionnel où Ronan s’échappe. Les yeux qui traînent un peu trop sur la carcasse italienne. Chaque parcelle sondée de ses yeux célestes. Chaque parcelle imprimée comme pour ne plus l’oublier. Nécessité de se rappeler. Nécessité de revivre seconde par seconde la rencontre avec les abysses. Jugement salace sabré par les gémissements. — My other bro died two month ago. It's quite funny to see how much our family is fuckep up. Ricanement qui s’échappe. L’ourlet des lèvres pour se marrer. Les nerfs qui s’extasient. L’angoisse qui combat. Raclure au creux du palpitant. Déferlement de cette impétueuse mer qui frôle les astres. Lui, étoile débordante d’un appel chatoyant. Lui, étoile débordante d’éclats  angéliques. Abord cosmique de sa main qui rêve de l’attraper, de saisir sa nuque, de frôler ses lèvres, de réclamer sa dose comme un camé. Pire qu’une aiguille dans la veine et du liquide pour faire planer. Pire que la poudre blanche qui étouffe les sens. Pire que les comprimés qui se dissolvent le long de la trachée. C’est ce que tu es Lorenzo. Une putain d’addiction. Une putain de drogue qu’on confère reine rien que pour oublier. T’es partout. Ici et nul part. T’es partout. Ici et ailleurs. T’es partout et ça me dévore.  La clope qui s’écrase. Une seconde qui baptise les lippes. Fumée crachée comme les ressentiments au creux des iris. — Glad to see you're okay finally. Résonance des doigts contre le tactile. Panique éhontée devant l’écran. Information en boucle. Information pour décharner les muscles. Crise d’angoisse déguisée face à l’épouse maudite pour ne pas éveiller les doutes. Aveu sincère. Aveu souillé d’un sanglot. Il le refoule, Ronan. Comme il refoule sa nature. Les dents qui grincent sous l’impulsion contractée de la mâchoire. Choix évaporé dans un paysage sardonique. L’acide sous l’échine en osant enfin le regarder dans les yeux. Traînée corrosive sur le derme en sentant ces frissons. Regarde l’effet que tu me fais. Regarde comme tu t’incrustes jusqu’à ma moelle. — Your girlfriend seems relieved too. Claque dans la tronche. Comme la douleur que ça cause chez lui. Tu t’attendais à quoi, Ronan ? Il se relève pour mieux s’écarter. Mouvement déraillé. Comme lui. Comme eux. Accroche visuelle sincère, pétrie d’émotions.
C’est le roi et la reine. C’est elle et lui. C’est eux sous la splendide ivresse.
C’est eux sous l’écho de lendemains maculés. C’est eux. Et lui, il n’est rien d’autre qu’une erreur.
Parcours dévié où il devient honte et blasphème.

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MessageSujet: Re: desmurs (ronenzo)   Jeu 17 Jan 2019 - 22:33

Sa gueule comme une nuit d’orage. Les cieux déchirés par les éclairs de ses iris.
Sans ta frangine pour te soutenir, t’as l’impression que tu vas t’écrouler. Sans sa main pour soutenir ton épaule, t’as l’impression que tu vas sombrer. M’abandonne pas, Ren. Pas quand j’fais face au Diable. J’ai besoin de ta lumière, putain. La sensation que le sol s’effondre sous tes pieds, quand ses prunelles ne croisent pas les tiennes. L’appel du vide. Vers le mélange dantesque des couleurs. Des nuances que tu pourrais repeindre à l’aveugle tellement qu’elles sont ancrées dans ton crâne. Carnations pour retourner la tête. Pour foutre en l’air les idéaux. Les opinions plantées dans l’esprit dès ton plus jeune âge. Les voix de tes parents, elles résonnent encore. Le voisin couche avec un homme. C’est sale. C’est contre nature. Dieu regarde et sera là pour juger en temps venu. Des mots pour marquer, pour forger. Une bande de gamins à éduquer selon les préceptes de l’Église. Cinq mioches, le même discours à chaque fois. Cinq gamins, et une seule pour ne jamais juger tes déboires. Le roc face à la tempête. Moitié du cœur. Moitié de l’âme. La seule à ne rien dire. La seule à ne pas cracher. La seule à ne pas rebondir sur les remontrances, même quand c’est toi qui les lâches. Quand cette partie logique de toi s’effrite. The other me is dead, I hear his voice in my head. Part d’ombre qui domine dans les pensées. Quand il est là, y’a tout qui vrille. Toute l’éducation qui éclate comme du verre. Cage de cristal matraquée par les mains de l’autre sur la chair. Un combat perdu d’avance dans le crâne. La raison qui préfère s’éteindre. Ne pas enregistrer, ne pas garder des souvenirs du funeste sort de ta carcasse.
Les yeux se plantent sur le sol, quand tu réalises que les siens ne s’y perdront pas. Iris qui préfèrent fuir, plutôt que d’affronter le spectacle apocalyptique. Plutôt que de remarquer une seconde de plus cette façon dont son regard traîne sur ta silhouette. Le corps tendu, mal à l’aise face à tout ce qu’il dégage. L’écart, pour ne pas vaciller en voyant sa carrure chevroter de la sorte. Trop peur des envies malsaines qui pourraient germer dans ta tête. Trop peur de ces réactions que tu n’es plus foutu de contrôler quand il est dans les parages. Parce que putain, il te fait perdre la raison, ce con. Il te met à terre de ses prunelles trop avides. C’est pas normal, bordel. Pas normal de t’accrocher de la sorte à lui. De sentir ton cœur crever quand tu penses à lui. De le sentir exploser, quand il est là. C’est pas normal d’avoir l’esprit complètement annihilé par un mec que tu n’as vu qu’une poignée de minutes dans ta vie. Par un mec. La honte envers les ancêtres. La honte envers les doctrines. Est-ce qu’il te pardonnera, le Seigneur ? Est-ce que t’as encore une place sous la voûte céleste, après ton erreur ? Est-ce qu’on s’en délecte, là-haut ? L’âme condamnée par le péché. Par les doigts de l’autre sur ta queue. Par ta langue sur la sienne. Regrets amers. Regrets forcés.
Sa gueule que tu retrouves, quand il se met à causer. Des paroles que tu bois. Sa voix comme le plus agressif des cantiques. L’échine réveillée. L’amertume entrant en collision avec la liesse. Salive avalée difficilement à ses mots. Tableau familial foutu en l’air. Le palpitant en berne, quand tu te vois ne serait-ce que quelques secondes à sa place. L’idée de perdre Renata comme le pire des supplices. Douleur claquante dans la poitrine rien qu’en l’imaginant. Un monde sans elle, un monde sans ses lumières. Rendu aveugle, sans la présence du guide. Cloitré dans le noir, sans la régularité du soleil. « I’m sorry about your brothers. » La voix éraillée, déstabilisée par les songes apocalyptiques que tu viens de t’imposer. L’absence de la jumelle encore plus violente, quand le crâne s’impose ces images de sacrifice. Sa silhouette dans un lit d’hôpital. Ses boucles brunes en cascade sur l’oreiller. Et ta carcasse à côté du lit. Un spectre à l’article de la mort. Parce que si elle venait à partir, tu crèverais avec elle. Abandon complet de l’existence, si elle n’est plus là pour l’éclairer.
Une main dans les cheveux, le pied qui racle toujours le sol. La carrure que tu quittes des yeux, un court instant. Juste assez pour jeter un énième regard vers les urgences. Juste assez longtemps pour apercevoir les traits de ta sœur, concentrée sur son portable dans la salle d’attente. Te rassurer que les idées ne sont que cauchemars. Que ta situation n’est pas la même que lui. Elle va bien, idiot. Elle va bien et c’est ton cerveau qui ne tourne plus rond depuis ton écart de conduite. Depuis que ta maladie s’est déclarée. La douce hérésie. « I hope he will recover. » I would send my prayers to him, if only I was still allowed to talk to God. Contact avec le Créateur rompu quand t'as cherché le sien. L'accès révoqué dans la seconde. Pareil à la Genèse, tu t'es retrouvé écarté après avoir laisser ta bouche s'emparer du fruit défendu.
Un rictus au coin des lèvres à ses palabres. Le sursaut dans la poitrine. Le coup dans les tripes. Le sang prêt à bouillir dans tes veines. Les messages en écho avec les paroles. Ces putains de lettres lâchées sous les pixels. La surprise de son inquiétude. La surprise d’être toujours enregistré dans son répertoire. Est-ce que ça lui plaît à Ronan, de jouer de la sorte avec toi ? Prédateur pour s’amuser de la proie. T’as trouvé plus fort que toi à ton jeu. La conversation évitée parmi toutes les autres. Une fuite de courte durée, tu le sais très bien. Mensonge que tu n'arrives pas à t'imposer assez longtemps. Les doigts qui auraient craqué, ce soir. Quand tu te serais retrouvé seul avec tes pensées. Les phalanges pour faire ce que l’esprit tente vainement de stopper. Le précipice trop tentant pour ne pas y sombrer. Ressaisis-toi, bordel. Retourne dans le droit chemin tant qu’il en est encore temps. Arrête de ployer face à ce type. « Yeah. Just a concussion, nothing serious. » Les prunelles qui le retrouvent. Et le cœur qui manque un battement quand c’est l’océan que tu croises. Un pas en arrière réprimé. Cette gueule qui fait peine à voir. Un fantôme sur le bitume, transparence accentuée par la blancheur de son t-shirt. L’ivoire à travers laquelle l’encre se devine. Les prunelles qui s’y perdent, sans contrôle. La cage thoracique qui peine à trouver l’air, quand les lettres maudites s’encochent dans ton crâne. Réminiscence de l’échec.
Ses yeux, que tu retrouves toujours. Reflet placide, accentué par la fatigue et les sanglots qui rôdent. Il est tellement loin, l’homme brut qui a failli t’encastrer contre le mur du sous-sol. Agression contre le myocarde aux souvenirs brûlants. À la façon dont tes lèvres cramaient en l’espoir d’une damnation éternelle. Une douleur dans ses prunelles que tu n’arrives pas à nommer. L’envie de n’être qu’égoïsme, et de t’accorder son malheur. Est-ce que j’ai, ne serait-ce qu’une infirme partie, de ta détresse ? Est-ce que j’compte un minimum, comme tu comptes pour moi ? Tu me ronges le crâne de ton souvenir. Toi, l’inconnu pour venir tout foutre en l’air. Toi, le mec installé dans ma peau en un temps record. Qu’est-ce qu’il s’est passé, qu’est-ce qui a déraillé chez moi pour que tu prennes autant d’importance en si peu de temps ? T’es plus qu’un pantin, Lorenzo. Marionnettes entre les mains de tes supérieurs. Sous les impulsions de ta sœur. Sous son regard. Un rire, pourtant. L’absurdité de la scène. Les yeux levés au ciel. Est-ce qu’ils se marrent aussi, les saints ? Un rebondissement dans leur feuilleton favori. Nouveau retournement de situation sous la direction du scénariste. La tête secouée de gauche à droite, le bout des doigts grattant la naissance du sourcil. Sourire installé sur les lippes quand tu récupères son regard. « She’s my twin sister. » L’espérance stupide au milieu du crâne. L’envie malsaine qu’il l’ait jalousée, Renata. Est-ce qu’il s’intéresse à ce point, le Costigan ? Est-ce qu’il en a réellement quelque chose à foutre, que tu sois au bras d’une gonzesse ou pas ? Parce que toi, ça te tue d’le savoir marié. D’imaginer cette femme contre sa peau, sous les draps du lit conjugal. Dégoût profond pour l’image d’une autre vue seulement au travers d’un réseau social que tu traques. Des clichés pour éveiller la jalousie non assumée. D’autres pour provoquer la chaleur dans le bas-ventre. Sa gueule sur l’écran, tes phalanges dissimulées sous le tissu. Aux mains du Diable. « She’s definitely the woman of my life, though. » Haussement des épaules. Les deux mains de nouveaux enfoncées dans les poches de ton pantalon.
L’armure de fortune pour contrer la tentation. Envie monstrueuse de chahuter sa peau. De réchauffer l’épiderme glacé par le vent.
De le toucher, purement et simplement. De brûler un peu plus sous son contact.
De laisser les portes du Paradis se refermer sur ta gueule.

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MessageSujet: Re: desmurs (ronenzo)   Ven 18 Jan 2019 - 18:23

Lippes fauchées par l’amertume. Colère sainte pour racler la gorge. Les mots qui cabossent le palais. Amer sentiment contournant le myocarde. Résonance vocale galbée des trémulations. Destin tragique qui se scelle sous les astres contraires. La scène dessinée sous chaque synapse.
Les phalanges mal assurées sur le tactile. Les pigmentations de l’image pour écorcher le creux des entrailles. Crevasse dans la poitrine où le sang coagule. Dépôt pourpre asséché. Odeur métallisée qui ravive la nausée. Éclatement respiratoire. Anarchie pulsative. La gueule calquée des souvenirs. La gueule atrophiée de lui. Le visage d’une autre quand celui du roi subsistait au détour de chaque pore ; de chaque neurone. Putain, qu’il a vrillé Ronan sur l’instant. Rage au coeur de l’imaginer défier les draps sous la chaleur de sa peau. Rage au coeur de l’imaginer sanctifier ses lèvres après avoir dépecer les siennes. Incrustation sous chaque couche de l’échine. Pour y siéger en empereur. Pour déguiser le malaise. Pour orner le mal-être. Condescendance de l’esprit enivré de lui, enivré de son odeur, enivré de sa chaleur. Sensations incapables d’être chassées. Sensations incapables d’être gommées. Des heures entières à essayer de se laver des pêchés. Des heures entières à tenter d’éradiquer le mal à coup d’eau brûlante. Ivoire rougissant comme tout le reste. Palpitant écarlate des pensées obscènes qui crèchent dans la tête. Vermeilles sur la peau comme ses doigts qui ont glissé trop de fois. Éternité conjurée sous les ondulations de la paume. Les même images. La même colère. Le même visage. La même envie. Le même sourire. Le même rêve. Putain d’entourloupe qu’il a même pas vu venir. Claque dans la gueule sous les gémissements camouflés contre la faïence. Lui, le prédateur acéré. Lui, le prédateur qui ravage et bousille les certitudes. Des heures entières à chasser l’épouse maudite au profit d’un fantôme. Chaleur dans le ventre. La voix haletante. La voix pour dernier supplice. Petite mort dédiée à chaque fois à celui qui est venu l’assassiner. Agonie octroyée sous l’écho du vice, sous l’appellation du mal. Agonie libérée du claquement démesuré du palais sur la chaire. Les néons pour apostropher les iris. Le carrelage dégueulasse pour écorcher les genoux. Scène peinte de traits sombres et maudits. Scène refaite sans le roi. Scène pour vriller. Scène pour se cloîtrer dans les ressentiments. Dégoût au bord de la gorge quand les draps sont froids et orphelins. Quand son regard détaille l’alliance abimée par le temps. Quand le regard ne voit plus que l’autre gonzesse dans le décor. Lame incisive entre les côtes. Fracture sentimentale qu’il ne comprend pas. Y a plus rien qui fonctionne chez toi, Ronan. Tu t’es fais doubler. Tu t’es fais ensorceler. Ce mec, tu le connais pas. Rêve pas d’un lendemain. Rêve pas d’une considération. T’es qu’un pion parmi les autres. Pénombre des iris. Instabilité des mots.
Dernière palabre regrettée dans la seconde. Réaction du corps qui tremble, qui s’écarte. L’esprit qui annihile tout le reste. Des lettres réconfortantes aux regards lourds de sens. De l’écho des respirations à la chaleur qui fustige. Y a plus que l’idée de le voir heureux avec une autre qui cogne là tout près du thorax. Déflagration scintillante pour faire cramer la possessivité. Là sous l’ombre du roi. Là sous le derme qui frissonne. Là sous le palpitant qui se contracte. Regard égaré vers celle de trop. Colère qui se greffe, qui se mêle à la partie. La fureur est cruelle et la colère impétueuse, Mais qui résistera devant la jalousie ? Verset divin. Verset éhonté qu’il imbibe de sa rancoeur. Ressentiment funeste là devant un inconnu. Un coup d’un soir. Une bouche acerbe et racoleuse. Une bouche ancrée sous les sursauts de la chaire. Une brèche au travers de la poitrine. Alors pourquoi ça te fait disjoncter ? Pourquoi tu te sens trahi ? T’es pathétique, Ronan.
La gueule qui peine à pas vaciller. La gueule qui s’écarte du droit chemin. Vice qu’il sublime de ses iris. Vice qu’il rameute pour un instant de répit. Bulle dans laquelle il veut se plonger. Espoir de sa chaire contre la sienne. Espoir d’un sourire pour guider son royaume. Soldat vaincu à terre depuis longtemps maintenant. La voix traînante pour reprendre ses droits.
Rictus sur les lèvres. Sourire coloré pour éloigner la tristesse du ciel. L’esprit qui fulmine. Les poings qui se serrent. Impression qu’il manie un pion de plus au milieu des autres. Impression qu’il se paye sa tête au dépend de ce qui grouille plus bas. Ça le rend dingue Ronan. Écorché vif prêt à bondir. Écorché vif prêt à se tirer une balle pour arrêter d’éprouver ça. Malin pour sertir les iris. Malin pour sortir le coeur. Incessante valse des idées qui s’opposent, des contradictions qui s’aimantent. La pointe traversante au détour du thorax. Oppression pour l’empêcher de respirer. Poids des mots. Poids de l’aveu. Les lèvres entrouvertes de surprise. La main derrière son crâne. Abruti en train d’afficher ses faiblesses. Quand la plus grande se métamorphose sous l’échine caramel. Miséricorde pour ricocher sur les fêlures. Appel du tout puissant pour dompter les prières.
Blasphème crapuleux au creux des reins.
Blasphème corrosif pour contourner le myocarde. Muscle en léthargie comme sa carcasse. Les doigts qui filent dans la masse brune. Couverture rugueuse pour camoufler les traits. Gêne palpable au bord des lippes. Gêne libérée par le rictus en coin. Soulagement pour bonifier les poumons. Respiration sur un tempo saccadé pour tout ce qu’il crée. Sa soeur, putain. Sa soeur. Regarde-toi, Ronan. Tu te retiens de sourire, tu te retiens de te marrer. T’es qu’un connard qui pense en séduire un autre. Ridicule chimère pour déformer ton thorax.  — Okay, I'm feeling kinda stupid right now. Berceuse du ricanement pour percer l’asphalte. Les yeux cherchant le bitume à défaut d’oser l’affronter lui. La bouche en coeur d’une excuse à la con. Lettres en suspend sous le palais. Roulade verbale où les émotions se confondent. Un pas de recul. Distance conservée. Sécurité assurée. Pourtant ça suffit pas à éteindre l’incendie. Ça suffit pas à abaisser les armes pointées vers la poitrine. Canon du flingue prêt à claquer à la gueule. Canon du flingue pour le baiser à terre.
Un regard qui se perd. Un regard qui se fait vague infernale.
Les yeux pour sonder l’autre moitié de l’équation. L’irlandais pour plus belle inconnue. L’ombre de la nuit où les crocs déforment les sourires. L’ombre de la nuit où son odeur devient fléau.  — Yeah, she looks nice. Alors que je la détestais y a cinq minutes. Alors que je la maudissais d’exister au travers des pixels. Alors que je rêvais de l’éloigner pour capter ton attention. Un peu de temps encore, un peu de répit. Toi et moi. Sourire sincère dépeint sur les lippes. Les mains enfouies dans les poches arrières. Tissu pour rouler sous les pulpes brûlantes. Les pulpes engourdies de son absence. Pantin à la mécanique mal assurée. Pantin soumis au regard charbon. Braises d’une danse bancale. Les godasses bouffant le bitume. Les pointes au coeur. Les angoisses au ventre. Martyr des sentiments. Martyr du tout puissant. Carcasse éreintée. Carcasse qui s’affale sur une marche. Le contact glacé qui suffit pas à le réveiller. La vipère sur les lippes. La vipère qui ronge, s’insinue et délie. La vipère qui humidifie, s’attarde et racle les cicatrices. Les doigts pour saisir le téléphone. Tactile frôlé des centaines de fois. Tactile récupéré sous l’audace de songes diaboliques. Une réponse anonyme. Une réponse effacée. L’envie de plus. Un appel simulé. Un message d’une voix sanglotante. Please, don’t let me go. Please, give me a sign. Please, Lorenzo. Stop to torturate me. Geste coupé. Geste létal. Trop lâche pour oser. Trop lâche pour un énième risque.
Trop lâche pour le fixer à cette seconde précise. Haussement des épaules. Nonchalance de l’attitude quand ça bouillonne dans les veines. Quand ça sursaute comme le palpitant à chaque approche. L’écran finalement dirigé vers lui. Cian et le maillot pour sublimer l’image. Son sang, sa chaire. Sa descendance. Voeux éhontés de ne pas avoir de gosse d’abord. Ne pas faire subir aux autres ce que tous les costigans ont subi. Pression familiale pour dompter le crime. Pression familiale pour égosiller le blase. Pression familiale pour suivre le dictat écarlate. Putain qu’il a refusé cette idée, Ronan. Et maintenant, s’imaginer perdre son gosse, ça le tue. Comme songer à perdre Leo ramène l’amertume au premier plan. Pensée pour le frère. Pensée pour la moitié. Pensée pour les vagues pourpres qu’aucun navire ne peut combattre. Radeau qui s’éloigne du rivage. Radeau où crèvent les sentiments.  —  All his friends were jealous. Absolutely sure he'll become the new star of school. Sourire franc sur les lippes. Sourire qui pue pourtant la fatigue. La lassitude. Gosse comme dommage latéral d’un mariage qui s’épuise. Les sentiments comme allégorie cendreuse. Les sentiments comme fardeau. Incapacité à dompter les illusions. Pas quand il est dans les parages. Pas quand il rôde tel une étoile où se déshéritent les prières. Pas quand le palpitant nécrose de son absence. Pas quand les reins brûlent de sa peau. Mari qui capitule. Mari qui tue à petit feux la moitié maudite. Tragédie où s’éprend les traits de sang et d’amertume. Échec voué à s’écraser plus loin. Cian, spectateur désabusé de l’explosion qui gagnera. Brisures à terre ; comme sa carcasse. Château de cartes où le roi abat la reine. Le cavalier mène le combat. Le fou s’éprend des alliances célestes. Et tout s’écroule.  — Thanks for him. Ses yeux qui captent enfin les siens. Échange plus vrai que jamais. Brillance démesurée des iris où le dégradé devient rafale. Brillance démesurée des iris où les émotions ploient. Le téléphone rangé. Pulpes qui tremblent. Comme tout le corps. Les coudes enfoncés au sommet des cuisses. Échine qui crame d’une douleur latérale. Maladie chopée d’un regard. Maladie chopée d’une résonance échaudée. Maladie chopée d’un sourire. Son empire, putain. Y a pas de rémission possible. Et il le comprend en le regardant. Il le comprend en scrutant sa stature. Les yeux qui traînent, qui s’égarent. Chaque parcelle de la silhouette sacralisée par le désir. Chaque parcelle de la silhouette sublimée par le rictus en coin. Vocalises qui cherchent à s’extraire. Vocalises qui cherchent à défier les saints. Duel engrangé pour salir les psaumes qui libèrent la parole divine. Affront au tout puissant quand son seul désir se conjugue sous les lettres du prénom. Les syllabes murmurées sous la douche. Les syllabes déchirantes sur les cordes vocales là où les cauchemars sont victoires.
Il se relève, Ronan. Un pas vers lui. Un pas pour couper court à la distance. Une nouvelle clope. Effets latents de la nicotine sur la bouche gonflée de tentation. Première latte pour respirer. Oxygène récupérée par les poumons qui nécrosent. Ironie d’un sort scellé depuis le son de sa respiration, là près de l’oreille. Divinité sensitive pour le faire plier au milieu des chiottes.
Au commencement, il y a eu tes mots. Au commencement, il y a eu ton sourire. Ce soir là, tu es arrivé comme une bourrasque. Si vite, si fort. Tu as balancé les racines du mal sous mon derme. Tu as éradiqué la normalité. Tu as bousillé mes certitudes. Au commencement, tu portais le blase de regret. Tu portais la marque de l’erreur. Et maintenant, il y a toi, il y a moi. Peux-tu seulement entendre l’ovale de mon myocarde qui rend les armes ? Prend ce canon et flingue-moi. Parce que tu as lancé la première balle. Parce que tu as déglingué mon pectoral de sutures sanglantes.
Le pied qui tape le sol. La clope qui se consume. Les cendres qui filent entre les deux silhouettes. Métaphore bileuse des fragments sentimentaux étalés sous le regard.
— I'm sorry about last time and please don't ask me why. Crachats funestes. Crachats aux résonances mélancoliques. Il est désolée, Ronan. Désolé pour les mots versés dans ce sous-sol. Désolé pour l’éclat des poings contre le bitume. Désolé pour l’acide balancé à sa gueule. Désolé d’avoir laissé le démon gagner. Désolé de pas avoir su dire non dans les chiottes. Désolé de pas avoir retenu son bras. Désolé de ne pas l’avoir emprisonné contre sa carcasse. Il est désolé d’avoir été faible ; mais pas au point de l’étouffer d’un baiser caustique. Il est désolé de pas avoir imprimé la courbe de sa bouche contre la sienne. Étreinte dont il rêve. Étreinte dont il se nourrit au détour des nuits abandonnées de vie. Existence trop courte. Risque sur les épaules. Maléfice dans le viseur. J’dois te le dire. J’dois te l’avouer si jamais demain s’arrête. J’dois te consacrer roi pour quelques minutes encore. J’dois devenir ton calque si ton sourire se reflète dans le miroir.
— Okay, look, you know I'm not good at this. Just forget it. Excuses ravalées. Comme le sentiment qui siège sur son trône. Myocarde conféré comme audace empirique. Myocarde sacralisé pour échapper au divin. Il ricane. Il passe une main sur sa tronche. Soupire las. Soupire final. Les yeux captant les siens. Quelques centimètres pour éradiquer la froideur. Paysage glacial comme le manque qu’il crée. Un signe pour désigner les urgences.
Un geste du bras. Les phalanges qui cognent par inadvertance son torse. Là où le palpitant bat. Frôlement des somptueuses sous la gêne du regard. Les lèvres ourlées de mots qui ne sortent plus. La salive ravalée. Comme le reste. — I guess your sister is waiting for you. Mais ne pars pas, putain, reste, s’il te plaît. A toi, à moi.
A nos rendez-vous manqués. A nos mots sacrifiés.
À nos sentiments nacrés de doutes.

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je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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Lorenzo Farnese

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MessageSujet: Re: desmurs (ronenzo)   Sam 19 Jan 2019 - 1:21

Un sourire en coin pour faire tout faire s’écrouler. Tours de guet aux bases érodées par ce foutu rictus sur sa gueule. Tes lippes en écho avec les siennes. Un rire au bord des lèvres. La gêne ancrée dans l’embrun. Sentiment à la con qui s’installe dans ton crâne. Est-ce qu’il était réellement jaloux, le Costigan ? La possibilité qui ronge le cœur. Croyance abrutie. La beauté en laquelle tu refuses de croire. Parce que ça fait trop mal, putain. Ça te bouffe les nerfs. Ça te détruit, d’avoir ces pensées en tête. D’espérer comme un connard. De rêver d’une attention que tu fantasmes seulement. Assassinat par les songes. La carcasse foutue en l’air par l’imagination malsaine. Et putain, si on te voyait dans cet état. Il dirait quoi, ton père ? Ta mère ? Tes frères et sœurs ? Seulement Ren pour venir arrondir les bords d’un cadre trop étriqué. Un cadre dans lequel tu t’es complu, des années durant. Des mots crépités à l’attention des pédales. Moqueries au bord des lèvres à l’attention des autres. Petite raclure de bas étage, les mains enfoncées dans les poches de son froc, à cracher devant les pas des gamins différents du quartier. Plus si différent, maintenant. Des palabres pour faire mal, pour blesser des gosses. Tu te sentais fort, gavroche sur le bitume. Les quartiers pauvres de la capitale lombarde en lesquels tu te prenais pour un roi. Petit con sacré empereur devant tout les autres, par ton propre chef. Éclats mauvais de la voix, le pied posé sur le ballon. Ricchione. La haine dégueulée au visage de ce pauvre mioche venu pour jouer avec ta bande de vermines. Les godasses traînantes contre le goudron lors de sa fuite, sous les rires accusateurs.
Et maintenant que t’es là, à le regarder, tu les entends encore raisonner dans ton crâne. Poids dans la poitrine. Regrets amers de cette connerie déconcertante. La blessure sur les traits du gamin encore trop nette dans ton crâne. Tu devrais te tirer, Ronan. Te barrer au lieu de me regarder de la sorte. Je vais te briser. Tu vas me briser. Le regard balancé du côté de la rue, des gueules inconnues dévisagées au lieu de la sienne devenue trop familière. Le monde qui tourne alors que le tien semble s’être arrêté. « Yeah, maybe you are stupid. Stupide de me parler, stupide de continuer à m’accorder de l’attention alors que je ne suis que péché et damnation. Le Mal envoyé pour te mettre de travers. Succube du perfide pour tout foutre en l’air. L’équilibre familial désaxé par tes erreurs. Le mariage de Ronan souillé par tes pulsions. Ta santé mentale foutue en l’air par les pensées dantesques.
Mais plus tu sens ses prunelles sur toi, plus tu inhales son parfum de là où il se tient, tu sens tout partir dans une direction que tu ne peux retenir. Que tu n’essaies pas de retenir. Le regard de nouveau tourné vers l’autre, et la blessure de le voir toujours plus loin. Salive avalée difficilement. Tes prunelles suivent les siennes, détaillent ta frangine plantée sur une des chaises de la salle d’attente. Son téléphone à la main. L’excuse pour te laisser entre ses mains explosée en un millier de fragments. La mâchoire serrée par la vérité trop éclatante. Simple hochement de tête pour répondre à ses mots. La peur trop violente au creux des tripes. L’évidence dont il va forcément se rendre compte. Oui, j’ai parlé de toi. Oui, j’ai crevé dans ses bras en repensant à toi.
Oui, elle m’a livré en pâture devant toi.

Les iris qui le retrouvent. Le cœur qui flanche. Ses lippes étirées dans un assassinat silencieux. L’effet miroir sur ta gueule, l’instant d’après. Équilibre rendu vacillant par son sourire. Par son regard. Par lui. L’assurance fracassée par les muscles de son visage. Et tu meurs, Lorenzo. Un peu plus à chaque seconde. Un peu plus à chaque fois que ses prunelles croisent les tiennent. Elle est où, la bataille qui faisait rage hier, et les tous les autres jours précédents ? Damné par l’ourlet de ses lèvres. Damné pour lui. Palpitant lourd dans la poitrine, prêt à éclater. Champ de bataille sous le derme. Le moindre de ses mouvements épiés. Les poings serrés dans les poches de ton jogging. Le vermillon sur les lèvres comme ultime provocation dans le silence. Coup dans le bide. L’abdomen qui s’anime toujours plus. Pareil à l’animal provoqué par la couleur. Inhalation rendue difficile. Regarde-toi putain, comme un adolescent. Seulement l’ombre de ta personne.
Un pas en avant. Un deuxième. Un troisième, pour examiner la photo dépeinte sous les pixels. Le gamin. Cian. Petite tête blonde utilisée à contrecœur pour mieux atteindre le géniteur. Ignominie effacée en partie par le bonheur éclatant du mioche. Tes mains toujours dissimulées sous le tissu du pantalon, alors qu’il suffirait d’un geste. De l’excuse du téléphone pour mieux chercher son contact. Prendre l’appareil pour mieux détailler le précieux cliché. Pour mieux laisser tes doigts glisser contre sa peau. Pour mieux chercher la mort. Geste retenu. Muscles des bras tendus pour stopper le réflexe. Le rire dansant sur les lèvres. Moquerie absente. « I was sure he would make a great impression during playtime. » Et cette même expression à la con, toujours ancrée sur son visage. La commissure divine pour conjurer le sort. Assez pour demander le pardon aux yeux des saints. Assez pour effacer tous les maux régnant dans ton crâne. Un haussement des épaules avant de faire marche arrière. De retrouver la place initiale. Distance qui devient glaciale. Centimètres qui s’étendent pour mieux faire vrombir la guerre. Faire sonner le manque de l’autre. « Nessun problema. Just wanted to make the kid happy. » Doux euphémisme de la situation. Du désir de le revoir qui faisait rage. De l’envie de te pointer en terrain ennemi pour jouer les envahisseurs. Pour le faire paraître comme conquis. Y sombrer, en quelques secondes seulement. L’assaut réprimé par la présence d’une sirène. Chevelure de feu pour agresser le regard et le myocarde. Ses gestes pour brûler ta peau en même temps que la sienne. Puis son ombre que t’as suivi comme un clébard jusqu’au sous-sol. Jusqu’aux Enfers. Son regard qui déchire le ciel dans un énième orage. Qui transperce les derniers semblants de l’âme encore protégé de cette armure obsolète. Protection rendue archaïque par sa présence.
Des soupirs qui résonnent encore dans ton crâne. Une supplique teintée d’un accent que tu n’as fait que marteler dans ton souffle. Can I suck your dick ? Palabre d’un homme anobli par l’alcool. D’une carcasse chevrotante, brûlante de désir pour ce mec. Une gueule parmi toutes les autres. Une gueule au-dessus de toutes les autres. Prière pour faire honte à Dieu. Genoux au sol, l’autel fait de chair. Le derme ardent d’une envie infernale. Comme maintenant, où ses prunelles ne traînent que trop longtemps sur tes formes. Pression au sein de la cage thoracique. Respiration difficile. Regard fuyant, pour ne pas prendre le risque de rougir. Concentration centrée sur Renata. L’appel silencieux. J’vais plus rien contrôler, Ren. Sors-moi de là. Viens me sauver avant que je ne me bannisse des cieux, par ma seule folie. Viens me sauver avant que je ne sombre. Avant que je ne foute tout en l’air d’un geste profane. La peur au ventre. De dépasser les bornes, sous le regard des autres. Sous son regard. De t’autoriser la chute dans le vide, sans qu’il ne soit là pour te rattraper. La paranoïa latente ; et s’il se jouait de toi ? Et s’il provoquait pour mieux blesser ? Réminiscence de ta connerie dans les rues de Milan.
L’attention attirée par ses mouvements, pourtant. Par la carrure qui s’approche. Par la carrure qui conquiert les derniers centimètres jusqu’à ta carcasse. Souffle absent. Impossible à retrouver, quand c’est son parfum que tu respires en dernier. Le buste légèrement balancé en arrière. Tentative vaine de retrouver un minimum d’oxygène. L’air dérobé par sa respiration. Surprise non dissimulée sur tes traits. Rire nerveux au bord des lèvres. « You’re not the first, and clearly won’t be the last to want to smash my head against a wall. » Le même méchanisme de défense. Ce même humour douteux pour contrer la guerre qui fait rage dans le crâne. S’il savait, Ronan. S’il savait à quel point ses mots font mal. À quel point il frappe là où la plaie ne s’est toujours pas refermée. J’aurais dû t’embrasser, ce soir-là. J’aurais dû mettre mes idéaux de côté. J’aurais dû profiter de l’occasion au lieu de laisser ma tête chanter les cantiques appris étant gamin. Et maintenant, tout n’est plus que désolation sur ton passage.
Le regard attiré par les gestes. Par la danse de sa main contre son propre visage. La peau sur laquelle tes lippes crèvent de se perdre. Espoir silencieux, ravalé au profit de la bienséance. Le combat que t’essayes encore de mener. Que tu tentes encore de gagner, acculé dans la dernière position de défense. Lutter pour préserver la normalité de l’être. Ne pas être comme le mioche insulté au détour du terrain de foot goudronné.
Jusqu’à l’attaque ultime.
Jusqu’à sentir le frôlement contre le cœur qui bataille pour rester à sa place. Respiration qui disparaît toujours plus vers les limbes. Crâne fracassé par un contact aléatoire. Pire que les balles qui ont fusé dans cette salle, quelques heures avant. Prunelles abaissées dans le coin de l’œil pour mieux détailler les siennes. Y chercher une once de sincérité. La trouver. Palpitant en berne. Douleur tiraillant le pauvre muscle. Tu déglutis. Ne cherche même plus à respirer. Bataille perdue, aujourd’hui. Les lèvres tremblantes, avides des siennes. Le reste de la guerre laissée à un autre jour. Basta, Lorenzo. Ressaisis-toi. Repousse le Malin, car il sera trop tard pour te repentir. La bouche entrouverte, mais aucun son pour s’en échapper. La dominante qui s’échappe de la poche. À mi-chemin dans l’air. Tentation trop forte qui ronge la chair. De caresser la sienne. Creux des reins incandescent sous le contact de son souffle. Expirations brûlantes contre le derme. Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation ; l'esprit est bien disposé, mais la chair est faible. Haletant contre sa silhouette. Prêt à implorer pour la vie qu’il peut t’insuffler. « Ho così fame. » Sursaut en arrière. Main gauche désormais dissimulée dans tes boucles brunes. Le sourire de Renata pour remettre de l’ordre dans ta tête. Son regard, pareil à des mots. Désolé, Lorenzo. Mais t’es à la vue de tous. Les mouvements épiés en permanence. Peur constante. La moindre interaction prête à être jugée entre les pages de la presse à scandale. Un autre pas pour t’éloigner de l’autre. De sa chaleur réconfortante. Le bras de la moitié autour du tien. Ses doigts serrant contre le biceps pour ramener à la réalité. « Really sorry about that little conversation of yours, but we have to go. Before my phone died, I booked us a nice restaurant. » Coup d’œil balancé à la reine. Remerciement muet sur les lèvres. Merci de me tirer de là. Merci de me sauver d’une mort certaine.
Mort identique pourtant, quand tu sais que les corps vont s’éloigner. Une fois de plus. Une fois de trop.
L’impossibilité d’ouvrir ta gueule. Voix coincée dans le fond de la gorge. Prunelles piégées par ta frangine, plutôt que d’affronter la douleur en face. Plus facile à regarder. Plus facile à fixer. Familiarité fortifiante. Reflet croisé, un instant. « We’re good to go ? » La tête qui dit oui, le cœur qui dit l’inverse. Poitrine gonflée. Le souffle qui revient, par lentes vagues.
Pas assez vite pour retrouver la stature.
Pas assez vite pour effacer la chaleur bouillonnante dans les veines.

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maybe you're the sun, and i'm the moon. and we were never meant to collide, but wouldn't it be spectacular if we did ?
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Ronan Costigan

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MessageSujet: Re: desmurs (ronenzo)   Sam 19 Jan 2019 - 11:08

Palpitant terrassé par les doutes. Palpitant terrassé des angoisses. L’impression que la cage thoracique se disloque. L’impression que la cage thoracique se brise. Ricochet des côtes qui cognent l’une contre l’autre sous la fracture. Coup dans le ventre à chaque pensée trop égarée.
La meute pour entourer Leo. Louve blessée au premier plan. Phalanges cramponnées aux siennes. Mouvement inerte contre la paume glaciale. Mouvement inerte comme cette silhouette fracassée par le chaos. Echo satirique aux chapitres macabres. Tous les autres tombés au front sous l’impulsion des balles et du courroux divin. Tous les autres tombés au front comme des soldats maudits. Tragédie dépeinte sous l’éclat du blase. Les lettres pour s’allier et s’entrechoquer. Les lettres pour dépeindre un voile cendré. Les lettres qui roulent sous le palais dans une mélodie funeste. Danse des intonations où on les craint, les méprise, les fustige de pensées irascibles. Conditionnel d’une vie qui se raccroche au son des machines. Les fils pour subjuguer les traits fatigués de la mère.  Reine ayant apposé son graal. Succession sacrée pour remplacer le père. Pour combler l’absence. Respect imposé à chaque mot. Chaque volonté exaucée par des pantins voraces de bien faire. Chaque volonté exaucée par des pantins flirtant avec les abysses. Beauté de ses yeux où se reflètent les coulées sanglantes. Tranchées où se perdent les morts. Tranchées où les os craquent.
Tranchées où la vie devient anonyme.
Comme les sentiments. Ronan luttant contre ses propres pulsions. Ronan luttant pour ne rien montrer. Dégradé où les pigmentations frôlent l’asphyxie. Dégradé où les émotions s’occultent au profit d’une force inexistante. Le corps éreinté. La carcasse qui a foulé le bitume trop souvent. Certitudes d’une vie banale écrasée par le poids des questions, par le poids des regards.
Les effluves de l’alcool pour se donner du courage. Racoleur à la peau doré et au sourire déloyal. Colère s’extasiant sous chaque opercule d’envie. Des refus balancés pour se filer bonne conscience. Des refus où s’entrelaçaient les envies. Chaleur contre la gueule qui flirtait avec tout le corps. Incapacité de bouger. Incapacité de respirer. Cavalier foudroyé d’une première balle quand leurs regards se sont croisés. Énigmatique impression d’une décharge en plein coeur. Énigmatique impression d’une envolée lyrique au creux du ventre. Tout ça ignoré au profit de la banalité sentimentale. Tu vas pas te mettre à bander pour un pauvre type, Ronan. Pensées égarées au bord des synapses. Étau des méninges pour l’empêcher de respirer. Ego surpassé par le roi. Pudeur déchirée par ses lippes. Des minutes de provocation pour gravir le vice. Des minutes où son attitude devenait aussi détestable qu’attirante. La chaleur proclamée reine sous le derme. La chaleur combattant les démons. Rebords du myocarde nécrosés depuis longtemps. Amour maudit qui s’enlisait aux abîmes de la tristesse. Incapacité de sentir le palpitant s’emballer. Incapable de sourire sans se forcer. Routine passée par là. Routine ayant dépeint un manque bien plus cruel. Nature soulevée dans l’esprit trop de fois. Puis chassée d’un revers colérique. Pauvre pêcheur égaré entre les vagues divines. Jugement dernier octroyé à chaque fois sous le supplice des saints. Tout puissant pour poser son empreinte encore échauffée. Sanction pour désirer un homme. Sanction pour s’écarter du droit chemin. Sanction pour glorifier l’anormalité vicieuse. Les genoux à terre des remords au creux du ventre. C’est pas normal, putain. C’est pas normal de le désirer, c’est pas normal de te damner pour son sourire, c’est pas normal de rêver de sa peau, c’est pas normal de tout foutre en l’air rien que pour le goût de sa chaire. Refus des lippes. Acquiescement des sens. Fraction de seconde pour vriller. Fraction de seconde pour s’autoriser un écart. Le oui sanctifié de son rire pour obtempérer. Les rotules prêtes à se disloquer sous le claquement lubrique. La mâchoire en terrain conquis sur une chaire trop brûlante, trop pulsante. Les veines encastrées de couleurs assassines pour faire vriller la vipère. Psaumes pour tressauter entre les jambes comme une quête éternelle. Impression de respirer. Impression de vivre. Impression de se retrouver.
Certitude rien qu’en le fixant dans les yeux. Certitude rien qu’à l’éclat de malice. Fauché en plein coeur. Fauché tout court. Ça avait été une évidence sans qu’aucun n’ose s’approprier l’idée.
Puis cette vie avec des regrets, cette vie avec des doutes. Cette vie avec des questions en suspend. Cette vie avec la peur au ventre. Greffe des angoisses pour le frère, le sang. Greffe des angoisses pour un putain d’inconnu lui ayant retourné la caboche. Dualité des sentiments où les interrogations revenaient se glisser entre les pages jaunies du livre. Encre déliée par le temps qui emportait l’envolée des souvenirs. Ne dis rien, Ronan. Ne montre rien. Tu es marié, tu es père de famille. Qu’est ce qu’ils diraient d’une pédale dans la famille ? Qu’est ce qui dirait d’une tarlouze qui ferait bien trop tâche dans le décor ? Pensées pour faire saliver l’amertume. Doctrine imposée des mains serties de haine. Du père à la mère en passant par les autres maillons. Nécessité d’être comme les autres. Nécessité d’être dans le moule. Nécessité de voir le palpitant s’éteindre au profit d’une vie dénuée de sentiments. Mécanique infernale pour faire plier le maudit.
Comme face à lui. Regards qui se perdent. Regards qui se contrôlent. Respiration bloquée au fond de la trachée. Distance réduite par le désir, par le besoin. Apprivoiser son souffle même de loin. Apprivoiser ses yeux même de loin. Cendres étalées au creux des iris qu’il racolerait pour quelques minutes supplémentaires. Brasiers qu’il allumerait sur son échine pour le voir s’essouffler. Vipère qu’il ferait rouler sur les parcelles caramélisées rien que pour gémir. Écho caustique des soupirs pour unique galaxie. Voûte céleste pour teindre l’ambiance. Astres solaires pour réchauffer les palpitants. Sincérité pour désaxer les yeux. Sincérité pour bouleverser les non-dits.
Sourire en coin en l’écoutant. Sourire en coin aux lettres qui traînent trop. Aux sonorités ensoleillées. À la chaleur qui se propage. Au sang qui se bloque. Au sang qui coagule au creux des reins. À l’ivresse que ça soulève. À la douleur que ça dessine. Celle de se dire que rien ne sera possible. Celle de se dire que c’est qu’une chimère parmi les autres. Celle de se dire qu’il ne fera pas le poids dans une vie écrite d’avance. Star au ballon qui se mouillera pas pour un pauvre type comme lui. Tu t’attendais à quoi, Ronan ? Tu le connais pas ce mec. Tu croyais pas qu’il allait risquer quoique ce soit pour toi. T’es qu’une ombre, t’es qu’une vague. T’es qu’un spectre qui crèvera dans la nuit. Arrête de t’accrocher. Poings serrés contre le tissu alors qu’il sombre. Envies assassines de ses mains pour se fondre sur les hanches. Envies assassines de son souffle pour posséder l’étendu d’ivoire. Envies assassines des lippes accrochées aux siennes. Envies assassines d’une prise berçant le creux de l’oreille. Des mots qu’il balancerait pour le séduire. Des mots qu’il balancerait pour le retenir. Un pas au bord du précipice pour libérer la putride vérité. Un pas au bord du précipice pour libérer tout ce qui s’écharpe avec les mensonges.
Incapable de baisser les yeux. Incapable de le regarder autrement que comme son roi. Tête d’affiche pour une tragédie sentimentale. Perte de contrôle. Perte de repère. Et tout qui s’éclaircit rien qu’avec l’ombre du sourire. Il vrille Ronan. Il se retient du pire. Attraper sa nuque. Visser ses mains contre la courbure contractée. Laisser éclater le courroux dans un baiser salace. Vipères pour s’apprivoiser et faire ployer le venin. Tentation des phalanges sous le tissu pour frôler l’échine. Silhouette qu’il précipiterait contre le bitume. Pour le posséder. Pour annihiler les doutes. Flammes qu’il condamnerait du bout des doigts là sur les reins. Flammes qu’il rongerait d’échappées salivaires pour le faire plier. Contraction des muscles qu’il créerait pour ombrager le roi.
Les images qui s’accumulent. La chaleur qui gagne. Les lèvres ouvertes sans qu’aucun son ne puisse filtrer. Dernier condamné qui s’étale au sol sous la chaleur des cendres. Mégot écrasé de sa godasse. Regard obnubilé par la splendide gauche. Espoir irréel de le voir se rapprocher, poser sa paume sur la gueule maudite. Contact pour le rassurer. Contact pour le rendre un peu plus vivant. Songes qui s’exilent vers un ailleurs. Interruption bancale.
Mouvement de recul des corps. Apparences déployant les ailes d’un paradis cabossé. Brune triomphante des mots. Brune accaparée par le regard désabusé du frère. Ronan qui ne bouge pas. Sombre con paralysé par cette présence. Sombre con paralysé par la peur de le voir disparaître. C’est un adieu ? Est ce qu’on arrête les dégâts ici et maintenant ? J’y arriverai pas, j’crois. J’vais pas être capable de continuer à faire semblant. J’vais pas être capable de continuer à  seulement fantasmer tes lèvres et ton souffle. Je chute devant toi si ça te fait rester. Je te construirai un berceau sentimental si tu t’y réfugies. Putain, tu vas me laisser, alors ? Regard brillant pour contrecarrer l’absence des mots. Les lèvres entrouvertes. Sourire à la tristesse répugnante pour les étirer. Le palpitant en étau. La cage thoracique prise d’assaut par des angoisses incontrôlables. Les phalanges qui roulent et craquent. Les pulsations d’une cadence infernale. Les pulsations d’un désir fécond. Il ne dit rien, d’abord. Silence conservé quand son regard se fait vorace d’évocation. Émotion palpable. Tremblement du corps. Tremblement des lippes. L’impression d’un bout de chaire arraché en l’imaginant déguerpir. L’impression d’un bout de palpitant qui passe à la trappe sous les pas capable de l’exiler loin de lui. Loin du mal. Marque du tout puissant pour créer le chaos. Jardin d’Eden trop imagé entre des draps brûlants. Sanction divine pour glorifier le banal. Hochement de la tête. Comme pour marquer le cran d’arrêt. Comme pour l’autoriser à partir. Reste encore un peu. Continue de me bouleverser. Continue de me faire vibrer. Continue de me rendre ivre. Continue d’être toi au milieu de mes imperfections. Continue d’être toi au milieu de ce nous qu’on sanctifierait de nos baisers. Je t’en prie. Paroles saintes où le galbe vicieux s’écrase. Intentions sordides pour surplomber les peurs.
La brune qui finit par suivre les pas de l’autre. Dernier regard. Dernière attention. Dernier soubresaut dans la poitrine. Dernière aquarelle peinte à la cendre des yeux et l’espoir maudit des siens. L’envie de plus. L’envie d’une dernière sincérité.
Perte de repères. Perte de contrôle. Les godasses qui traînent sur chaque escalier. Cette foule d’inconnus. Cette foule de non-dits. Il finit par arriver à la hauteur du roi. Cavalier pour saisir son bras. Geste à la discrétion du dégoût des autres. Geste à la discrétion des regards curieux. Les mains qui se frôlent. Le contact qui électrise. Le contact qui ravive. Blessure béante qui se rouvre. Hémorragie pour couperet létal. Chaleur graveleuse dans le ventre. Le palpitant déjà en berne. Les battements anarchiques comme ses agissements. Qu’est ce que tu fous, putain ? — Lorenzo.
Le prénom qui roule sous le palais. Les phalanges qui se frôlent comme marque du temps. Secondes latentes où les yeux deviennent ode à la vérité. Les yeux qui s’accrochent. La brune qui baisse les siens. La brune qui se sent de trop. La brune, le maillon d’une rencontre forcée. D’une rencontre bouleversante. Il tremble, putain. Il se perd dans les méandres d’une nuit pour capituler. Le maculé des néons sous le regard où le charbon s’impose. Le maculé des néons pour l’aveugler. Comme lui avec sa beauté. Comme lui avec son sourire. Comme lui avec la tentation semée de cette bouche avide. Et merde, t’es foutu alors fonce, Ronan. Prends toi un mur et tape toi le crâne dedans. Explose toi la tête pour réussir à le sortir de tes pensées. — I wasn’t able to delete your number. Il a besoin que Lorenzo sache. Requête exigée d’un simple message. Ordre balancé comme si ça devenait une facilité déconcertante. Incapable de rayer l’identité du tactile. Incapable de chasser les idées. Les envies. Incapable de le chasser lui. Essais vains des centaines de fois. Il esquisse un sourire triste. Un sourire où les larmes pourraient brûler les contours. Un dernier frôlement des phalanges. Lui qui monte une marche. Lui qui le surplombe du regard. Les mains enfouies dans les poches de son jean. Les mains qui deviennent cratères. Manque d’oxygène.
Manque de lui. — Take care of you, please.
Et sois heureux, Lorenzo. Même sans moi. Même sans mes lèvres. Même sans mon regard. Même sans mon corps contre le tien. Même sans nos souffles qui s’accrochent. Même sans nos intentions maladroites. Un dernier regard. La silhouette qui pèse, qui disparaît.
Roi maudit à la recherche d’une issue de secours. Regard de la maudite qui s’approche.
Ava, ne me touche pas. Ava, ne me regarde pas.
Ava, si tu savais comme tout n’est que ruines.
Ava, si tu savais comme y a plus que lui dans mes méninges.
Soldat foudroyé par le canon du flingue. Soldat foudroyé par le bruit des bombes.

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je ne peux bluffer mes blessures, quand tu t'approches, ben c'est l'émoi. je ne peux bluffer mes fêlures, quand tu t'approches je n'suis plus là.
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