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Azel Brixton

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MessageSujet: it's too cold outside for angels to fly (rye)   it's too cold outside for angels to fly (rye) EmptyMer 16 Jan 2019 - 16:38




- rye et az -


La main épaisse du vieux soulard s'abattit dans un éclair de violence sur le visage de la gamine, sa peau de porcelaine sembla se briser en mille et un morceaux et son maigre corps, s'écrasa lourdement contre le parquet. Sa tête heurta le sol dans un bruit sourd, lui arrachant un cri de douleur. Elle tenta de ramper pour s'échapper, mais son corps entier la faisait souffrir, rouée de coups depuis une dizaine de minutes elle était à bout de force, suppliait seulement son père d'arrêter. En vain. Ça ne fit qu'accroitre la rage qui vrillait le visage rougeâtre du rustre bonhomme, et il commença à lui asséner de puissants coups de pied dans l'estomac. La gamine se tordait de douleur, à chaque coup de pied la douleur la tétaniser un peu plus, elle était recroquevillée sur le sol, implorant le ciel que tout ça s'arrête. Et comme toute réponse, il lui crachait des insultes au visage, vomissant sa haine comme si tout ça donnait un sens à sa vie de misère, comme si elle était responsable des pires maux qui toucher son existence gangrenée par l'alcool et la violence. Azel hurlait à l'aide, vainement, personne ne viendra la sauver. Personne n'est jamais venu. Elle pleurait, le suppliait d'arrêter, mais au lieu de ça l'épaisse silhouette de l'homme s'abattit sur elle, la plaquant au sol, et son poing féroce s'écrasa sur le visage de la gamine, j'vais te donner une bonne raison d'me supplier, qu'il cri.  une fois, deux fois, un sifflement aigu tinta aux oreilles d'Azel, les sons autour d'elle commencèrent à se distordre, et ce n'est qu'au troisième coup qu'elle perdit connaissance. Le vieux soulard ne s'en redit même pas compte, et continua de frapper, exhumant toute la violence qu'il renfermait en lui, qui le pourrissait jusque dans ses veines, jusqu'au plus profond de son âme. Azel n'était plus qu'une poupée de chiffon étendue sur le sol, ses genoux bleuis, son visage éclaboussé de sang, des hématomes tachant sa peau habituellement blanche comme de la neige. Une large entaille griffait son épaule et son dos, d'autres marques rougeâtres ciselait son dos, des marques de coup de ceinture. Ça avait commencé comme ça. Les coups de ceintures. Il était revenu saoul, complètement hors de lui, il venait de perdre son salaire au jeu. Ils n'avaient plus un rond, Azel avait déjà mis son maigre salaire à contribution pour payer le loyer, et le mois ne faisait que commencer. Alors la gamine, elle avait explosé, elle en pouvait plus de tenir à bout de bras un homme qui passait son temps à boire, jouer, dilapider ses revenus de misères. Le vieux bonhomme, il avait pas apprécié qu'elle lui face la leçon. Alors, il lui a montré qui avait le dernier mieux sous ce toit. Et c'était lui, parce qu'Azel, elle faisait à peine quarante-deux kilos, elle était chétive, ses os frêles dessinant une silhouette toute en angle, elle était petite et n'avait aucune chance face au monstre qui l'avait élevé. Il pouvait la briser toute entière en quelques secondes. La carcasse inanimée de la gamine jonchait le sol, et le vieux la laissa pour morte dans le couloir, avant de partir dans le salon où il se laissa lourdement retomber sur son fauteuil, débouchant une nouvelle bouteille de whisky bon marché. Azel resta inconsciente de longues minutes, la douleur émanant de tout son corps brisé, pulvérisé.
Puis le son aigu revint, tintant douloureusement à ses oreilles, lui transperçant les tympans, et ses yeux se rouvrirent péniblement. Chaque respiration était une torture, la douleur la clouait au sol. Pourtant elle rassembla le peu de forces qui lui restait pour se mettre debout, chancelante, et dans un élan désespéré elle ouvrit la porte et s'enfuit. Son visage la faisait souffrir, elle sentait le sang couler le long de sa tempe, et sous son nez. Sa lèvre était elle aussi fendue, et le goût âcre de son sang se répandait dans sa bouche, révulsant son estomac. Elle tenait fermement la rampe des escaliers, tenant à peine debout, elle manquait de tomber à chaque marche qu'elle descendait. La douleur lancinait dans tout son corps, émanait de chaque organes, de chaque os, lui arrachant des grimaces à chaque mouvement. Elle était à bout de forces, incapable d'aller ou que ce soit, mais elle ne pouvait pas rester là. Elle fini par sortir de son immeuble, il pleuvait des cordes dehors, comme souvent à cette période de l'année. Le froid mordit son corps, la saisit, et ça la rassura quelque part, elle était vivante. Les pieds nus, vêtue d'un simple t-shirt qui lui tombait aux genoux, les cheveux plaqués sur son visage par le sang coagulé, elle offrait un bien triste spectacle. La gamine s'engouffra dans les rues, marchant presque machinalement là ou ses jambes encore fébriles voulaient bien l'emmener. Il fallait qu'elle prenne une décision, qu'elle aille quelque part, qu'elle aille chez quelqu'un. Qui? Il était plus de minuit, elle ne pouvait appeler personne parce que son téléphone était encore là bas, et ses forces s'amenuisaient de seconde en seconde. Son esprit lui ordonna de se rendre chez Rye, il habitait à une ou deux rues d'ici, mais surtout il savait. Il avait déjà vu les cicatrices, et même si c'était il y a longtemps, c'était la seule personne sur cette fichue terre qui savait. La seule personne à qui elle ne pouvait plus mentir. Azel traina son corps meurtri jusque devant l'endroit où le jeune homme vivait, persuadée que ce soir, il était sa seule chance. Elle poussa la lourde porte d'entrée du bâtiment, et tenta d'essuyer les larmes sur son visage avant de se dresser devant l'encadrement de la porte de Rye. Son poing s'écrasa trois fois contre le bois, et elle espérait de tout son coeur qu'il soit là, se sachant bien incapable d'aller autre part. La gamine tremblait, transit de froid, tordue de douleur. Son coeur résonnait lourdement dans sa poitrine, résonnant dans ses tympans. Pourvu qu'il soit là. Et comme pour répondre à ses prières, les gonds se mirent à grincer. La silhouette du jeune homme se dessina devant la porte, et Azel tenta de ravaler tout le mal qu'elle ressentait pour ne pas s'effondrer devant lui. C'est.. c'est pas si terrible que ça en a l'air. les bras croisés contre son torse, tout ses muscles tendus par le choque et la peur, elle parvenait quand même à minimiser la situation, comme si admettre qu'elle avait mal, qu'elle avait froid, et qu'elle avait peur ferait d'elle quelqu'un de faible. Elle a pas le droit d'être faible Azel, elle se l'est toujours interdit. C'est juste que je sais pas où dormir. qu'elle lâche simplement pour justifier sa présence ici, au milieu de la nuit, sanguinolente et trempée jusqu'à la moelle.

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MessageSujet: Re: it's too cold outside for angels to fly (rye)   it's too cold outside for angels to fly (rye) EmptyMar 29 Jan 2019 - 13:44

"Pour la cinquième fois-"
Holy. Fuck.
Rye a supposément l'estomac bien accroché. La stature stoïque. Le regard fixe. Porte son apathie monarchique exactement là où elle se voit le mieux : vissée sur les traits insondables de son visage. Le centre bouillonne, mais l’extérieur est plongé dans le silence d'une nuit sibérienne. On lui arrache difficilement une réaction qui ne tombe pas sous le joug de sa sainte trinité personnelle, eyeroll-smirk-snarl. Trop blasé pour le reste, il se confond dans la tiédeur statique de son fatalisme, là où rien d'aussi délicat que la compassion ne pousse. Pourtant, lorsque la silhouette chétive d'Azel se dessine dans l’embrasure de la porte, il sent masque glisser. Imperceptiblement d'abord, quelques millimètres à la verticale. Puis la foutue gravité décide de s'en mêler et l'envoie se fracasser lourdement à ses pieds. Et pour la première fois aujourd'hui, sans lui, Rye crève de froid. Sur ce même plancher, des litres et des litres de sang métaphorique ont été épanchés. Sans rechigner, il a tout frotté, parce que c'est précisément ce qu'il fait de mieux. On le demande dans ce genre de situation parce qu'il est comme ça; même à la vue d'une gamine cruellement décolorée par les ecchymoses et la morsure du froid, Rye ne perd pas le nord. Là où d'autres se seraient catastrophés en questions inutiles - les où, quoi, comment, les pourquoi, les "est-ce que ça va ?" ou bien même les "tu veux que je t'emmène à l'hôpital ?" - du haut de sa contenance fissurée, il jauge la menace, analytique et éternellement task-oriented. Il prononce que la plus imminente s'appelle hypothermie et, comme ça, sans un mot parce que quoi dire, s'efface derrière la porte pour la laisser entrer.
Rye a supposément l'estomac bien accroché. La stature stoïque. Le regard fixe. Mais sa prise sur la poignée est un peu trop ferme pour relever d'une nécessité purement mécanique. Il en vient à se demander s'il n'aurait pas préféré qu'elle ait trouvé une autre porte où frapper. S'il ne s'est pas enfin heurté à un problème trop grand pour lui, mal ajusté peu importe le pan par lequel il l’attrape. Si le sang qui coule sur son parquet ne serait pas un peu trop littéral, un peu trop rouge, un peu trop abondant. Néanmoins, Rye s'active, parce que rien ne précipite aussi bien à l'action que qu'on ait besoin de lui. Il découvre avec soulagement que ses mains demeurent aussi sûres qu'elles l'ont toujours été, immuables dans la tempête, constantes sous la pression atmosphérique, et ça force son esprit à s’immobiliser à son tour. Il soupire, à découvert.
Si Rye tangue, alors Rye ignore qui il est.
Il commence par fermer la fenêtre ouverte sur la rue tranquille et monter les chauffages jusqu'au maximum. Comme d'habitude, il fait caillant ici. L’implacable logique prend le volant et le conduit droit jusqu'au coin cuisine où il place la bouilloire sur le feu avant de disparaître dans la chambre adjacente. Entre les quatre murs de son appartement, la véritable empathie est peut-être rare, mais les solutions prospèrent dans le climat aseptisé laissé dans le sillage du mobilier rudimentaire. Un confort rustre, mais terriblement efficient. Quand la lumière frappe les contours de son petit séjour sous le bon angle, il a presque l'air chaleureux. Lorsque Rye réapparaît, il est chargé de deux plaids et de la maigre trousse de secours qu'il garde dans sa salle de bain. "T'as l'autorisation de t'asseoir." C'est asséné avec beaucoup plus de force que prévu, le ton grondant de sarcasme. Il ne devrait pas, il n'en a pas le droit - pas après la nuit qu'elle a vécu, mais il y a une délivrance salvatrice dans la réalisation que whatever-the-fuck-that-was se distille déjà en colère, que la détresse s'est déjà envolée. Les veines battantes d'une rage chauffée à blanc naissante, il se sent enfin comme lui-même, même si ça veut dire que c'est le genre d'acide qui est impossible à diriger. Il ne sait pourtant que trop bien que ce n'est pas la bonne stratégie à suivre avec Azel, qu'elle a le fight or flight plus machinal qu'un chat errant, la fierté cramponnée dans les poings. Il comprend ça. Il respecte ça. Jusqu'au moment où ça s'imprime en camaïeu violet sur son épiderme. "T'attends quoi pour réagir, Azel ? Qu'il soit trop tard ?" Il y a une responsabilité à trop savoir, et, dans ces moments-ci, elle est étouffante. Sous l'éclat du plafonnier, la violence se fait assourdissante. Un hurlement qui fait écho à des vieux regrets, mais surtout à une impuissance incisive. Tout ce qu'il pense, c'est que c'est injuste qu'elle vienne dégorger son agonie sur lui en espérant qu'il l'absorbe, et puis l'oublie. Ça marche pas comme ça. Rye a supposément l'estomac bien accroché. La stature stoïque. Le regard fixe. Mais il y a des choses que même lui ne peut pas supporter.
Azel s'assoit et Rye enroule les couvertures autour de ses épaules. "Tu peux rester ici le temps que tu voudras, mais seulement si tu acceptes de voir un médecin d'abord." Pour appuyer son bluff, il compte beaucoup sur son désespoir, la certitude que si elle est venue ici elle n'avait nulle part d'autre où aller. Il compte sur la douleur et la fatigue pour museler la combativité, sur la tension tranchante dans sa voix, sur la perspective qu'elle a dû se préparer à l'éventualité. Parce que Rye ne courbe jamais l'échine et elle devrait le savoir maintenant.
La constance pour ligne d'horizon. Si Rye tangue, alors Rye ignore qui il est.

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MessageSujet: Re: it's too cold outside for angels to fly (rye)   it's too cold outside for angels to fly (rye) EmptyMar 5 Fév 2019 - 23:00




- rye et az -


La douleur émanait de chacun de ses pores, tordait le moindre de ses muscles. La douleur dans ses jambes, la douleur dans son dos, lancinante sur sa peau ou brulante contre ses os, la douleur partout, la douleur tout le temps. Le marbre fissuré, pulvérisé d'avoir tant résisté. Elle a tenu trop longtemps, résisté trop fort, et elle était là, en mille et un morceaux, dressée sur ses jambes fébriles devant la porte de Rye. Parce qu'il n'avait jamais parlé. Parce qu'il n'avait jamais trahi son secret. Parce qu'il était le seul à pouvoir l'aider ce soir. Elle n'avait pas besoin qu'on s'inquiète pour elle, elle avait besoin qu'on la rattrape, qu'on la retienne à la surface, elle qui était en train de sombrer dans les abysses des enfers. Poupée de pierre devenue poupée de papier, ce soir elle n'avait plus la force de lutter. Elle s'avouait vaincue, il avait gagné. Il l'avait eu, ce connard. Il avait réussi, à la bousiller, la flinguer de l'intérieur, à détruire chaque parcelle de son corps, de son âme. Ses yeux ahuris incapables de se refermer, à chaque battement de cils elle revoyait les coups, ressentait la ceinture couper sa peau, les poings écraser son visage. Et cette rage, cette haine, cette envie de la voir saigner. Ce soir Azel, t'as dansé avec les anges. T'as failli crever, et ça, ça t'fais flipper. Parce qu'elle peut rien contre la mort. Elle a beau se battre, on n'échappe pas à la grande faucheuse. La peur qui lui tord les entrailles, la honte qui lui brûle l'estomac. T'as perdu, Azel. Et les larmes qu'elle retient, encore. Elle voudrait s'effondrer, se répandre, pleurer. Mais elle en était incapable, impossible de lâcher prise. Même ça il lui a enlevé. Le droit de n'être qu'une adolescente. Azel, t'es complètement fucked-up, tu tournes plus rond. Tu ressens plus rien et tu ressens trop de choses en même temps. Ça se bouscule à l'intérieur de sa tête, l'envie d'hurler de douleur, et ce besoin virulent que quelqu'un la prenne dans ses bras. Parce qu'elle se sent tomber, elle se sent s'enfoncer, couler au fond de l'océan sans avoir aucune idée de comment nager. Elle peut plus respirer. Puis l'angoisse qui monte, et s'il refermait la porte? Si cette fois, c'était vraiment elle contre le monde entier? À avoir tant repoussé les mains tendues, c'est peut-être tout ce qu'elle méritait. Pourtant il la laisse entrer. Sans un mot. Alors elle s'enfonce dans l'appartement du garçon, le regard perdu dans cette soirée peinte de terreur.
Elle est à demi consciente la gamine, encore assommée par les coups, engourdi par la douleur, pourtant elle se rendait compte que c'était injuste. Injuste de venir frapper à la porte de Rye. Injuste de lui demander de gérer quand elle n'en était plus capable. Injuste de venir s'échouer à ses pieds alors qu'il n'était pas responsable. Pourquoi lui? Parce que c'est ce qui faisait le moins mal. Que lui la voit plutôt qu'un autre. Pas son meilleur ami, non, elle aurait jamais supporté son regard sur son corps fracassé. Pas Jimmy non plus. Elle avait passé tant de temps à lui prouver qu'elle était forte, qu'elle avait les épaules solides, alors s'effondrer devant lui, jamais. Mais Rye. Rye lui, il savait. Il avait eu le malheur de le savoir. Et ce soir, elle n'avait pas la force de se mettre à nu devant une autre personne, d'exhiber ses faiblesses devant quelqu'un qui ne se doutait de rien, c'était trop difficile, trop douloureux. Trop. Elle s'était dit que la honte la boufferait un peu moins avec lui, pourtant son regard sembla peser des tonnes sur sa carcasse décolorée, l'humiliation se répandant dans ses veines comme du venin, l'attrapant à la gorge et lui nouant l'estomac. Elle voit la silhouette de Rye s'activer autour d'elle, mais elle est plus là la gamine, y'a plus personne à l'intérieur. T'es qu'une loque Azel, une putain de loque. Les démons qui chantent dans sa tête, les démons qui hante son âme trouée. Et les mot de Rye, beaucoup trop brusques, beaucoup trop secs, qui l'arrachent de sa léthargie avec violence, qui la piquent et la ramènent à la réalité. Réveille-toi bordel. Le traumatisme encore marqué au fer rouge sur son visage, chacun de ses muscles encore tendus par le choque, elle serrait les poings si fort que ses ongles finirent par pénétrer sa chaire. Elle balance un regard noir à son interlocuteur, sa seule défense aux vues de ses faibles forces. Assez pour lui montrer qu'elle comptait pas le supplier, que s'il voulait pas d'elle, il avait qu'à le dire, elle pouvait bien aller crever plus loin. Elle s'exécuta quand même, grimaçant en étouffant un gémissement de douleur alors que son dos frôla le dossier. Ses plaies à vif qui irradiaient sa carcasse squelettique. Un squelette déformé par les os brisés et mal ressoudés. Son t-shirt imprégné de sang qui s'était collé à la blessure dans son dos. La fièvre grandissante de son pauvre corps tentant de guérir. Et le froid, le froid qui s'infiltre jusque dans ses os, le froid qui mord ses pieds et dévore son âme. Le froid qu'elle ressent jusqu'au fond de sa poitrine.
Puis les mots de Rye, qui s'entrechoquent, qui lui éclatent en pleine figure, et l'accable encore un peu. C'est vrai ça, qu'est-ce que t'attends? La vérité, c'est qu'elle a la trouille Azel. La trouille de partir et qu'il la retrouve. La trouille de le dénoncer et qu'il s'en sorte. La trouille qu'il se mette encore plus en colère. Qui pourrait la protéger? Qui pourrait lui promettre qu'il finira derrière les barreaux? Personne. Y'a la colère qui s'immisce jusque dans son myocarde, et qui la prend à la gorge, le rythme de son coeur qui tape dans ses veines, elle a envie de crier, d'hurler sur Rye, de lui dire qu'elle pouvait pas réagir parce qu'elle était morte de peur. Mais elle se contenta de serrer les mâchoires un peu plus fort, et de fermer ses poings un peu plus fermement. Ses ongles tranchant sa peau, la douleur comme seul moyen de contrôle. Le regard fixe, le menton relevé, même à l'agonie elle ne s'avouera pas vaincue. Il y a cette muraille autour d'elle, cet acier infranchissable, plutôt mourir que de s'avouer vaincue. Pourtant elle a besoin d'aide la gamine, mais c'est si dur de baisser les armes. Même avec Rye. Elle est toujours là, accrochée à sa fierté comme si elle seule lui permettait de survivre. Incapable de s'ouvrir, incapable de faire confiance. Complètement bousillée, détraquée par des années de sévices silencieuses. Elle enroule la couverture autour de sa carcasse décharnée, agrippant fermement les angles de ses mains gelées, les muscles toujours crispés. Et les mots de Rye qui l'ébranle, encore. Voir un médecin. L'angoisse qui l'attrape à la gorge, qui monte en elle et la fait bouillir, l'angoisse qui vient d'envelopper son coeur et qui l'empêche de battre, l'angoisse qui pèse une putain de tonne sur sa cage thoracique. L'angoisse qui lui retourne l'estomac et lui file la nausée, qui lui vrille le cerveau et lui retourne l'estomac, l'angoisse qui la fait tressaillir de tout son être. Et elle explose Azel. Elle vole en éclat. Non! Putain mais Rye tu comprends rien! Je peux pas, je peux pas aller à l'hôpital, je veux pas, j'y arriverais pas, je peux pas raconter tout ça, je veux pas montrer tout ça à quelqu'un que je connais pas putain mais Rye c'est de toi que j'ai besoin! et la colère qui monte, qui explose à l'intérieur d'elle, la peur qui déstabilise, la fait perdre pied, ses poings qui agrippent les plaids et sa voix qui se brise en milliers de morceaux, elle cri, elle se débat contre la menace. Ç'en est trop, pas ce soir, pas maintenant. Sa gorge nouée, l'idée de devoir montrer toutes ses cicatrices, de devoir raconter, de devoir se rappeler de chaque coup. Elle ne pouvait pas, c'était au dessus de ses forces. Je leur fais pas confiance, et j'ai pas besoin d'aller là bas, j'veux pas Rye t'entends? J'peux pas, j'veux pas y aller, j't'interdis de m'y emmener, j't'interdis d'appeler qui que ce soit, je te jure, je, putain, tout mais pas ça, j't'en prie! J'veux juste être tranquille, j'veux pas y aller, j'veux juste dormir, arrêter d'avoir mal, je veux juste rester avec toi, j'veux plus avoir mal et ça m'fait peur, j'suis morte de peur Rye! et ses mots qui se fracassent les uns contre les autres, qui ne veulent plus rien dire, sa respiration anarchique, l'air qui commence à lui manquer, l'angoisse qui l'assaille de toute part, et enfin les larmes. Des larmes de rage, de peur, d'effroi, de fatigue. Des milliers de larmes qui roulent sur ses joues, tout mais pas ça, qu'elle répète, au bord du précipice. Brisée.

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