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 flowers and seeds and hatred (r/poppy)
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Colt Barsentti


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MessageSujet: flowers and seeds and hatred (r/poppy)   Sam 12 Jan 2019 - 2:22


There is something about her eyes. Eyes don’t breathe. I know that much. But hers looked breathless.
• • •
Une après l'autre, les touches du clavier se suivent dans une symphonie bien trop rapide pour être une idée qui soit le moindrement intelligente. Perceptible à travers tout l'appartement qui n'est pas sien, le silence qui tombe est d'une pureté étrangère qui se ramènent avec appréhension sur les mains fatigués du littéraire à la peau rugueuse. Une touche d'impatience au travers de la gorge, son destin se trace sur cette feuille de papier dont le numéro causerait une désapprobation certaine de la plupart des critiques aux lunettes en forme triangulaires sur le bout du nez. That story better be good. Les voix forment un chorus terrifiant, jetant une malédiction silencieuse sur le manuscrit qui se prépare sous ses doigts. Le fruit semé est loin d'être prêt à être cueilli, il en vient à questionner la vérité, le vraisemblable qui frappe sur le clavier. L'enchaînement est aléatoire, l'inspiration encore plus douteuse, surtout lorsque l'italien se fixe sur le petit écran espérant qu'une illumination divine vienne à lui. Au lieu de quoi, la voix de son meilleur ami transgresse ses oreilles dans un moment presque idyllique qu'un écrivain peut se souvenir jusqu'à son lit de mot. Du moins, c'est ce que dirait Colt à tous ceux qui lui demanderont comment son roman a été interrompu; par la faute de Rye Russet, cet homme qui ne possède aucune limite, pas même celle de l'intimité. Certes, si sa voix est magnifique lorsqu'il en a envie, elle est tout aussi stressante en situation où les enjeux sont grands. Un soupir et un regard en sa direction suffisent pour que toute inspiration qui trônait dans son cerveau de deux centimètre se fanent, tel une fleur qui vient à peine d'éclore et qui ne verra jamais la lueur perçante d'eil sol. Du bout du menton - regard rempli de jugement auquel Colt sent des représailles et un lot un peu trop mesquin de moquerie mélangé à un parfum de "you'll thank me later" - son ami pointe un note jaune sur la table avec vigueur. Dérangé dans son élan romanesque, shakespearien, il lit le contenu du mot, souhaitant qu'on lui donne un somnifère plutôt que de devoir se coltiner les tâches ménagères. Après ce qui semble être une éternité à gémir sur le fait de devoir lever son royal fessier de la chaise, l'italien prononce des menaces auxquelles il n'y aura jamais de suite, pour se propulser hors de l'appartement qui n'est pas le sien. L'homme mi-enfant et mi-adulte, cherche du regard une boutique de fleur, réalisant à la seconde qu'il n'en connait absolument aucune. Pourquoi achèterait-il des fleurs? Pour séduire une demoiselle? Jamais Colt n'en avait trouvé l'utilité. Après tout, il avait eu Aly dans la poche pendant un moment, leur relation lui avait paru sceller, il ne manquait qu'une bague, qu'une demande, une qu'il aurait dû faire, mais que, comme tout, abandonement issues il a laissé tomber par peur d'avoir peur, peur d'échoué. Le réel mot pour leur rupture se résume aux mots: problème d'alcool, agressivité repoussé et idiotie pure et dure.
La boutique est encore plus ridicule que sur la map de son portable. Deux regards ne suffissent pas à ce qu'il réalise le pétrin dans lequel il s'est mit. La note de Rye ne contient aucune information sur le pourquoi il devait venir chercher des fleurs, il se souvient seulement avoir été légèrement irrespectueux avec la voisine d'à côté, mais elle l'avait chercher en venant toquer à la porte avec du chocolat prête à parler peine d'amour avec lui. Bien évidemment, Colt avait feint ne rien ressentir, être parfait, pour l'injurier quand elle a poussé pour venir toucher son âme. Le déchainement, un de ses meilleurs, n'avait visiblement pas plus à son nouveau colocataire. Il devait donc acheter des fleurs à celle qu'il évitait pire que la peste qui n'existe plus, pour s'excuser de façon poli. L'italien prit au moins cinq minutes à regarder le même bouquet, se demandant quel sorte de fleur voulait dire "Sorry I'm an ass" mais aussi "He forced me, I still don't like you". Ne voyant que des roses de toutes les couleurs, comme un couteau dans la plaie, Colt se redirigea vers les succulents, se disant qu'elle ne pourrait pas la tuer de cette façon. Puis une voix bien précise s'élève comme une lumière d'entre les cieux, une tentatrice de la dérision: "How fitting, to find Poppy Bloom in a flower shop. Almost sad it's not called the Blooming Flowers." Le rictus sur son visage est soudainement le plus vrai qui existe, enfin un terrain de jeu sur lequel se frotter. La meilleure amie d'Aly ne l'avait jamais porter dans son coeur, et à vrai dire, Colt ne voyait pas Poppy comme le symbole de la paix. Une Perséphone cachée dans le corps d'une Athéna. "Care to help me get flowers for Rye's neighbor? Apparently I offended her." Il hausse les épaules, montrant son indifférence envers toute la situation.

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MessageSujet: Re: flowers and seeds and hatred (r/poppy)   Sam 12 Jan 2019 - 17:38

Poppy, esseulée et frigorifiée, erre. Le talon de ses bottes cliquète sur les pavés alors qu'elle fuit le front de mer où l'air est rendu particulièrement cruel par les bourrasques qui s'élèvent de la Manche. Elle se glisse de ruelle en ruelle, gants en cuir dans les poches de son manteau en laine et les doigts malgré tout glacés. La promptitude sévère de ses pas maintenant l'illusion qu'elle sait où elle va. Leur réservation au Grand Brighton Hotel a expiré il y a plus d'une heure. La procédure la plus cohérente consisterait donc en l'invocation d'un Uber et un retour succinct au mothership histoire d'attendre le dégel devant le feu ouvert. D'un naturel relativement solitaire, Poppy est peu effrayée par l'idée d'aller au restaurant seule ; cela dit, la perspective d'un très posh afternoon tea au très très posh Grand Hotel sans Aly est trop déprimante pour être contemplée. La tradition mensuelle fut démarrée par nulle autre que la mère de Poppy, qui adorait emmener les filles dans les endroits les plus nacrés de la ville pour y jouer à la dinette grandeur nature avant qu'elle ne s'efface progressivement lorsqu'elles sont devenues capables de s'y rendre sans chaperon. La tradition tient bon depuis une vingtaine d'années. C'est le principe même d'un rituel. Fait pour être respecté. Elles ont déjà perdu Aggy en cours de route. Concours de circonstances, cette après-midi, Aly est bloquée à Londres et Poppy est seule. Goodbye fresh scones. Adieu finger sandwiches. Elle ignore si les textos ont arrêtés de passer car son amie est dans le train ou car elle est à cours de batterie, ce qui serait quintessentiellement Aly. Tant est que tous ses messages traînant gratuitement la ville de Londres et l'ensemble de ses habitants dans la boue lui sont revenus, flanquées de points d'exclamation rouges qui semblent la narguer. Lorsque son téléphone finit par sonner, son cœur fait un bond, mais une fouille dans son sac à main indique qu'il s'agit seulement de Connor. Les filles ont beau être particulièrement proches, même Poppy sait que le fait que son rythme cardiaque s'emballe davantage à l'idée de parler à sa meilleure amie qu'à son copain n'est pas de bonne augure pour la relation. Ugh. Whatever.
Connor the Third : (2) missed calls
Aly ♡ : Not Delivered (!)

Elle verrouille.

Seul antidote à la morosité interne et atmosphérique, Poppy va se noyer parmi les plantes. Ses pas la mènent jusqu'à la boutique sans qu'aucun choix conscient n'ait été pris mais à l'instant où elle passe le seuil, les seize formes de froid enroulées autour de son manteau s'apaisent. La boutique sent le printemps et les tulipes, l'odeur précise qu'elle avait il y a dix ans, quand Poppy l'a découverte pour la toute première fois, déterminée à modeler quelque chose à partir de ses noms propres et du jardin trop morne. Dans les deux minutes, elle a échangé salutations enthousiastes avec la propriétaire et s'est glissée dans la pépinière à l'arrière pour sélectionner des graines à planter au printemps. Entre temps, la cloche de l'entrée sonne à plusieurs reprises et Poppy flotte en lévitation contemplative dans le magasin, tentant de choisir quelle variété de roses thé ressemble le moins à des roses, de façon à faire plaisir à sa mère tout en conservant sa ferme politique anti-cliché. "Lisa, dear, do you think-" Ça ricane derrière son épaule et le menton de Poppy fait un virage à 180° jusqu'à tomber sur, of all people, Barsentti. Malgré le temps et la supposée flotte sous les supposés ponts, le premier réflexe de Poppy lui crie de le fixer un instant, impassible, avant de s'en aller vers le comptoir, prétendant pour leurs deux santés mentales qu'il n'existe pas. Or sa bonne résolution en ce début d'année est glissée dans la rainure du miroir de sa chambre, rédigée dans l'écriture ronde d'Aly après que Poppy l'ait très solennellement proclamé à minuit trois. "2019 : less harsh judgements, less snap prejudice." Yes well, rien de déclaré après trois coupes de champagne ne devrait jamais finir par écrit. "Ha. Clever." Le ton est sec et blasé, certes, mais il a au moins le mérite d'être un degré plus tendre que l'indifférence pure et dure qu'elle comptait lui réserver. À ce stade, l'inimitié entre eux tient presque de la mémoire musculaire. La question de Colt la surprend car ils ont tout sauf l'habitude de réclamer l'aide de l'autre. Cependant, elle n'est pas suffisamment naïve pour croire en la sincérité de sa requête. Du bout d'un index autoritaire, elle désigne un coin de la pièce, business-like. "Purple hyacinths are the most traditional apology flowers." S'il était qui que ce soit d'autre, elle lui dirait d'envoyer promener l'ennuyeux et ô combien désuet langage des fleurs. De choisir celles qui lui paraissent le plus charmantes car n'est-ce pas toujours le but d'un bouquet, réjouir le destinataire ? Mais il s'agit de Colt et elle ne risque pas de se plier en quatre pour le conseiller, lui. "However, nothing quite says 'I'll never do it again' like moving out." Elle se souvient vaguement avoir entendu qu'il vit chez Rye. La formulation de sa question semble le confirmer. Peu importe la source et/ou la véracité de l'information, aucune bonne résolution ne vaut la peine de laisser passer l'opportunité de lui décocher une pointe de snark et un sourire angélique. For old time's sake.

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MessageSujet: Re: flowers and seeds and hatred (r/poppy)   Mer 16 Jan 2019 - 1:50

Le passé file et se mélange à un présent corrompu par les erreurs statiques commises. Tout comme le froid, il pénètre la peau et se faufile dans les organes apportant une stupéfaction qui laisse des frissons dans l'échine. Une provocation insufflé et discrète qui alertent les sens, les mets aux aguets. La clémence de l'hiver, plaisante pour certains, démoralisante pour d'autres. Un froid glaciale qui provoque des expirations pour réchauffer les membres gelée par la température. Vêtements de doubles épaisseurs, suivant le mouvement du vent. L'humain agissant au contraire des plantes et arbres, qui perdent leurs feuillages; ajoutant des couches. Le passé agit de tel sorte; il perd son feuillage à chaque année, se désintègre. Les jaunes meurent au sol, les oranges tombent plus difficilement et s'accroche à leur branche mère, alors que les rouges flottent au vent, cherchant l'endroit parfait pour se poser, refusant de voir le moment critique venir. À quelque part dans Brighton, Colt agit de cette façon, en refusant avec insurgence, que le passé ne meurt. Il en vient, peut-être, de cette raison, qu'il agisse ainsi, repoussant tout ce qu'il sait sera bénéfique, satisfaisant et épanouissant. L'italien à la langue plus posh que plusieurs british-né, à la hargne provocante et ahurissante, se pousse à agir dans une banalité qui se veut presque normale. Le syndrome de l'insatisfait, de celui qui possède une peur infondé pour les fins heureuses. Peur d'être abandonné, d'être laissé à lui-même; il détruit tout sur son passage. Il fait exprès de tout ruiner. Car qui voudrait être heureux, qui voudrait de cette vie parfaite, avec des enfants, avec un mariage joyeux. Every fucking one, même s'ils ne l'admettront jamais.

Le karma lui senne une claque en plein visage à la vision de celle qui est le plus proche de son ex petite-amie. Celle qu'il n'a jamais toléré, qui lui a toujours dit, regard de braise, doigt s'enfonçant dans son torse: If you ever hurt her, you're dead. Il l'a blessé, mais dans cette histoire, les faits veulent qu'Aly le repousse, que cette douce fleur épanouie le quitte. Il pouvait aisément s'imaginer la conversation qu'elles avaient eu quand finally elle s'était débarrassé de son emprise. Une grimace passe sur son visage moqueur et devient stoïque, presque dégouté. Maybe flowers isn't a good thing, then. Ses pensés circulent en rond sur les fleurs. Instantanément il le sait, que des fleurs, elles meurent. Elles se fanent. Elle ne restent jamais belles longtemps, surtout en hiver. Quoi de mieux qu'une boîte de chocolat, pourquoi pas une tasse et un guide de chocolat chaud pour l'accompagner. Lui procurer une chaleur quelconque. Une qu'il a manqué en la présence de celle qui est la voisine de son mate. "Please, there's nothing I'd rather do. Sure Rye is silently begging for me to move out." L'italien pousse un rire moqueur, qui s'extrait de sa gorge avec un sentiment amer qui s'y cache. Les sous-lignes crient dans leur discrétion qu'il souhaite qu'on l'aide à se sentir mieux, à faire de sa vie une qui est différente de toutes autres. Il aspire à devenir meilleur, bon. Un homme fréquentable, avec des intentions plus sereines, plus idéalistes. Certes, son idéologie d'écrivain est pertinente, avantageuse et possède un côté à risque le plongeant hors de sa zone de confort. Un métier qui lui est soufflé par des voix inconnus, qui le ramène à une vie semblable à ce que les autres appellent heureuse. "Might be hard to believe, but I have no fucking idea how to live." Colt observe la silhouette de la femme aux fleurs, de la femme aux milles et unes métaphores, Poppy, voyant chez elle un élément que jamais auparavant il n'eut remarqué. Le karma ne frappe pas si mal, maintenant que les millions de possibilités semblent se matérialisés devant ses yeux. Le destin semble hurler à bout de poumons Poppy comme réponse à ses questions, à ses souffrances. La solution et l'aide qu'il demandait désespérément sans même le savoir lui-même. "Could you- could you help me?" Ses yeux rayonnent, ses mains regardant les bouquets et analysant avec son côté littéraire les éléments qui se présente. Cornelia. New house, joyful, cooks a lot. Herbs. Garden of herbs. Il se tourne vers Poppy avec un sourire, montrant sa découverte des mains. "You had that chance, you went to a great University. I'm trying to write a book, and you're the most honest person I know. Plus, you don't like me." Il sourit, décidant sur quelques herbes, cherchant du regard de quoi constitué le kit parfait pour la voisine qui, avec chance, ne le resterait pas pour bien longtemps. "Maybe, you could give me a hand to buy a house, too. Rye's always working and... I don't want to disturb Hana. You're all I have left since... her." Son regard se baisse, se perd sur le possible qui a été détruit par les flammes. Il se veut Icarus, à voler trop près du soleil et s'y brûlé les ailes. Il se croyait invincible, il ne l'a jamais été. Le réveil lui fit mal, mais dorénavant, il pouvait, comme le phoenix, animal fantastique légendaire, renaître de ses cendres. Il ne révèle pas son plan secret, de récupérer celle qui n'est plus sienne, qui est promise à un autre. "I'll do anything! Please, I'm desperate! I'll do your cleaning, your laundry, anything. Lo giuro sul mio cuore." Il supplie, fait ce qu'il n'aurait jamais voulu faire en présence de Poppy Bloom. Mais il ne le fait pas par choix; il le fait par envie de vivre, d'apprendre. Par envie d'être quelqu'un, de ne pas être un bon à rien qui passe ses journées à boire et gémir sur le passé. New year, new me..

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MessageSujet: Re: flowers and seeds and hatred (r/poppy)   Jeu 17 Jan 2019 - 18:16

Rien d'autre qu'une saillie revêche, comme ils en ont partagés tellement au fil des années. Practice makes perfect ; avec le temps, ils ont perfectionné l'art du sarcasme désertique. Tout l'humour raclé hors des mots, ne laissant derrière que l'inimitié stérile. Du temps où ils étaient encore en couple, Aly lui avait demandé de faire un effort pour essayer, au mieux, d'apprécier Colt, au pire, de le tolérer. Poppy avait accepté de mauvaise grâce. Le seul effort qu'elle avait réellement daigné faire fut prétendre œuvrer péniblement à la fonte des glaces. L'effort de masquer son impatience, mieux que rien. Aly avait pourtant essayé de les convaincre qu'ils avaient une ribambelle de points communs allant au-delà de sa simple présence dans leurs deux vies. Poppy ne s'est jamais laissée convaincre. Résultat, quand leur seul terrain d'entente attesté est devenu caduc, jouer à la tiédeur l'est devenu tout autant. Drapée dans les habitudes de plus ou moins sept ans de dédain mutuel, elle est certaine qu'il va répondre sur le même ton, deux trois quips arides puis chacun poursuit son chemin. À la place, et déviant sans scrupule du chemin pré-tracé, Colt réclame son aide. Le sachet de graines qu'elle tient dans la main droite s'affaisse dans son poing inerte. Wait, what? Poppy garde les lèvres pincées, persuadée que cette apparente vulnérabilité est une mise en scène, un trajet alambiqué vers une destination pourtant inéluctable. Elle s'attend à une punchline, waiting for the other shoe to drop. Malgré la surprise, la lente réalisation que l'inévitable n'apparaît pas, elle reste souveraine dans son orgueil. Droite comme un I, plantée devant lui avec une fermeté qu'il serait supposé imiter. Derrière un masque de gel blasé, elle est graduellement rongée par l'inconfort. Poppy est maladroite face à la fragilité. À trop peu la côtoyer, elle a fini par la trouver impudique. L'honnêteté brutale de Colt est trop intime pour être considérée acceptable, aussi la destinataire reste muette jusqu'au dernier moment humainement possible, quand le regard de Barsentti se plante plein d'appréhension sur elle à la fin d'une longue liste de doléances dont elle a à peine eu le temps de digérer les premiers mots. "Neanche per sogno." Le ton est adouci par les courbes romantiques de son italien hybride. Elle lui injecte un peu de marbre sur le retour au germanique. Posh et froid. "Not to be too antagonistic, but I'd rather sew my own eyes shut with a safety pin. Have some pride. I don't owe you a thing." Ni de lui trouver une nouvelle litière, ni de lire son chef d’œuvre. Il n'apprécierait probablement pas ses commentaires car si elle est certaine d'une chose, c'est bien la suivante : le paysage littéraire n'a pas besoin d'une portion fraiche de white boy angst. L'apparent désespoir de Colt n'est pas parvenu à la convaincre de sa sincérité. Elle le connaît trop mal pour pouvoir déterminer son degré de bonne foi. Pour tout ce qu'elle en sait, il pourrait s'agir d'une ruse sophistiquée ; il n'y est certainement jamais allé de main morte avec elle auparavant. Loin d'être une victime dans leur configuration, elle a toujours participé à la joute avec enthousiasme, rendant coup pour coup. "I'm sure Rye can make the time." L'intonation est appuyée. Poppy ne s'en réfère pas à l'expression idiomatique, non, elle est littéralement sûre. "And get her rosemary too. It'll keep the snails away so they don't devour the rest." There. Sa B.A., check. Elle a dispensé des bribes de sagesse. La seule faveur qu'elle est disposée à lui faire, et c'est déjà plus que ce à quoi elle avait prévu de se plier. Sur ce, Poppy tourne les talons et s'éloigne, se dirigeant vers le comptoir pour y régler la somme de son sachet de graines. Tant pis pour la sélection méticuleuse d'espèces de roses qu'elle avait prévu de conduire, moyennant longues recherches Safari et forces bruit de succion inconscients. Elle partira avec les premières graines venues. Jeu, set et match, elle a gagné cette manche. Sans équivoque. Pourtant, elle n'est même pas foutue de le savourer car il a ruiné le principe même de le partie. Deux mots qui ont suffit à brûler son esprit de compétitivité : "I'm desperate." À vaincre sans péril... Elle se voudrait plus rigoureuse mais c'est plus fort qu'elle. Elle agrippe une carte sur le présentoir du comptoir. La plus sinistre qu'elle puisse trouver, sorry for your loss, réalisant une seconde plus tard que le choix peut potentiellement être vu comme indélicat au vu du grand Alygate qui semble avoir éprouvé Colt –oh well, brosser Barsentti dans le sens du poil n'a jamais été sa priorité. Au dos, Poppy griffonne une série de chiffres. Poussant un soupir à fendre l'âme, elle se retourne et le lui tend. "My dad's in real estate. That's his work number. Tell him I sent you." Sourcils haussés, son expression de contrecœur coupable crie à Colt de prendre la carte avant qu'elle ne change d'avis.

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