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Nora Malone

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MessageSujet: cirice (kora)   cirice (kora) EmptySam 29 Déc 2018 - 1:10

kit et nora
i can feel the thunder that's breaking in your heart
i can see through the scars inside you
(cirice/ghost)

Rêves idylliques qui se dessinent sur les courbes de son corps.
Les déclarations muettes quand le bout de tes doigts se perd le long de son échine. L'étreinte au milieu de la vapeur, l'eau moins brûlante que ses mains sur tes hanches. Tes mots murmurés dans un éclat de rire, quelques minutes plutôt. I'm not staying one more minute with god knows what on my skin. This floor has never been cleaned up. Les lèvres gonflées par des baisers qui ne s'arrêtent jamais, le cœur achevé par sa présence. Le crâne foutu en miettes par ses mots. I can't let you down. Le palpitant qui a implosé à cet instant, les barrières éclatées. Il lit en toi comme dans un livre ouvert, l'américain. Ne connait que trop les fissures et les marques qui érodent ton esprit. Les pires confessions balancées sur un morceau de papier. Il sait tout, de cette envie de te laisser crever. De cette honte de ton échec. De cette impression de devenir inutiles aux yeux de tous. De ne plus rien apporter de valable aux autres. I wouldn't leave you. Ses propos que tu répètes en boucle dans ton crâne. Pour y calmer la tempête, pour y chercher l'accalmie.
Les doigts tremblants contre son visage. Ton corps entier, il vacille. Amour dévorant pour la raclure. Sourire ancré sur tes lippes, pourtant. Les yeux absorbés par la voûte céleste qu'est son regard. Les lèvres scellées aux siennes pour taire toutes ces mises en garde qui beuglent dans ton crâne. He's no good, Nora. He's hell incarnated. He's darkness.
He’s a murderer.

La bonne raison qui ne fait que hurler dans la boite crânienne. Le bon sens que tu ignores allègrement, pour mieux glisser contre son corps. Oublier les alertes. Capituler dans ses bras. L’embrasser avidement sous le débit médiocre du jet de douche. Trois lettres pour dominer ton être. Trois lettres pour poser les bases d’un nouvel espoir. Trois lettres pour refaire battre le sang dans tes veines.
(…)
Chaleur étouffante. Le bois craque et menace de céder à chaque instant. Tu ressers ton masque sur ton visage, inspire une goulée d'oxygène. Ton nom scandé à quelques mètres derrière toi. Regard jeté par-dessus ton épaule. Carver qui gueule au-delà du bruit du crépitement des flammes. « We're done with this wing, let's move. » Tu hoches la tête, balance un dernier regard dans cette pièce qui se consume à une vitesse hallucinante. Les yeux se perdent sur le matériel à jamais condamné dans l'incendie. Un pas en arrière. Un seul suffit, pour que le bas de l'uniforme s'accroche dans un morceau de métal. L'injure passe tes lèvres. Carver, il est déjà hors du champ de vision, persuadé que t'étais dans son sillon. Un genou au sol pour libérer l'emprise. Les flammes lèchent ta silhouette, évoquent un rapprochement inévitable. Les gestes brouillons, désordonnés par l'impatience. Par la panique qui s'installe lentement, traînée de poudre dans un coin de ton crâne. Et si t'arrivais pas à te défaire ? Les doigts tirent sur la matière. Une fois. Deux fois. L'ardeur qui gronde à quelques centimètres seulement. Le palpitant en fuite. Les membres tremblants.
Libération inespérée. « Fuck this shit. » Silhouette redressée, prête à repartir. Angoisse dissipée quand tu fais un pas en avant. Craquement. Bruit sourd. T'as à peine le temps de lever la tête, Nora. A peine le temps de discerner la masse sombre qui vient écraser ta carcasse. Souffle coupé. Poumons vidés, trop soudainement. L'inhalation salvatrice. Assassine, quand c'est la fumée qui s'incruste dans les voies aériennes. Le masque, il a explosé sous le choc. Toux douloureuse, halètements crucifiant. La silhouette brisée.
Vision chancelante. Les prunelles chargées des larmes censées protéger de l'attaque. Aveuglée. « I can't breath. » Un murmure, au départ. Appel à l'aide vain. « I can't beath. » Complainte répétée à qui peut l'entendre. La poitrine ne peut se soulever sans une douleur lancinante. Frayeur en apothéose, quand le feu déborde de tous les côtés. Qu'il caresse l'uniforme déchiré. Et la douleur violente, quand il embrasse la silhouette. Un râle au bord des lèvres, l'angoisse maitresse de toutes les autres émotions. Le nom de l'autre lâché dans une prière. Six lettres qui écorchent la gorge, y remuent la suie incrustée. Corps chevrotant. Corps bouillant. Tu sens ta peau fondre, Nora. Se liquéfier sous les baisers des flammes. Il n'est plus là, Carver. Plus personne dans les parages. Que toi et la Mort.
Epiderme recouvert de sueur, tremblant comme jamais. Les yeux clos, mais les images bien trop nettes dans ton crâne. Voix éraillée par les trop nombreuses suppliques. « It burns, it burns ! » Hoquets emplis de sanglots. Respiration impossible à retrouver. Un poids trop imposant sur ta poitrine. Râle souffrant dans le fond de ta gorge. Un son à réveiller les morts tellement qu'il fait écho contre les murs de la chambre. Ces mêmes mots répétés, encore et encore. I can't breath. It burns. Comme un disque rayé.
Le crâne qui ne fait plus la différence entre songes et réalité. Trop comprimé par le manque d’oxygène. Des mots placardés dans le fond. You’re dying, Nora. Burned alive. Muscles crispés par la terreur. Douleur installée dans les moindres recoins du corps. Cette chaleur accablante, elle écrase tes dernières forces. Alors, tu sombres. Les bras tendus vers les limbes. Acceptes la Mort comme une nouvelle amante.
Lâches prise.
Te laisses crever au milieu des flammes.
Ta voix, elle n’est plus qu’un écho au loin. Dernier lien avec le monde des vivants. Tes mots, pareils à un refrain désormais. « I’m burning… » Ta peau crame. Se consume, se réduit en cendre.
Tu disparais, Nora. A tout jamais dans l’obscurité.
Carcasse calcinée comme dernier vestige de ton existence.

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MessageSujet: Re: cirice (kora)   cirice (kora) EmptySam 29 Déc 2018 - 14:58

L’empreinte de l’eau chaude sur les peaux d’ivoire. Le tempo de cette cascade humide là où ses lèvres disparaissent. Des baisers qui tapissent ce corps dont il veut s’imprimer chaque maux, chaque cicatrices. Celles qui subsistent et assombrissent la beauté de ses yeux. Le fantôme des flammes qui gagnent le combat ; empêchent la blonde respirer. Asphyxie quand l’oxygène devient denrée rare. Un cauchemar imagé au détour des lettres. Des mots assassins qui ont eu l’effet d’une lame tranchante. Hémorragie vécue par superposition à la sienne. Il a crevé à chaque confession, Kit. Le dos calé contre son matelas. Les poings coupés de toute circulation ; traversés par une hargne corrosive. Le coeur chagrin, le coeur entiché avant l’heure. Sentiment d’impuissance au creux des tripes à l’imaginer souffrir seule dans des draps glacés. Des réponses évasives pourtant. Incapacité à stigmatiser le réconfort dans les lignes noircies. Il a essayé. Il a pas réussi. Il en est convaincu. Alors il se dit qu’à ses côtés, il pourrait devenir son pansement. Une putain de couverture pour envelopper les plaies béantes. Les plaies encore douloureuses dans ce toucher qu’il libère à même sa hanche. Ses lèvres qui flirtent avec les siennes dans une étreinte de coton. Un regard tendre ; un regard amoureux.
Il pourrait tomber à genoux devant elle, Kit. Sa putain de rédemption qu’il couvrirait d’un contact salvateur. De sa bouche, de ses doigts, de sa peau gravée à l’odeur de la sienne. Il a les idées qui vrillent. Les angoisses qui se barrent. Accalmie de passage. Accalmie à moitié réelle. Les sens éreintées par les soupirs, par les gémissements. (…)
Une main sur son abdomen. Sa tête nichée dans son cou. Les effluves de son parfum comme guide. Condamnation effacée par la douceur, par ce repos autorisé. Perspective d’une nuit calme. Loin des vices de la taule. Sommeil en dent de scie pour le gamin. Un oeil à peine ouvert sur les scènes salaces. Les insultes marmonnées pour briser l’écho trop silencieux du long couloir. Chemin parcouru par les derniers condamnés. Le vice accroché aux godasses dès qu’il s’y trainait. Portes du purgatoire où il aurait pu crouler rien que pour l’ivresse de la posséder elle.
Une décharge contre l’échine. Une résonance funeste. Voix brisée par les sanglots qui ne débordent pas. Respiration saccadée qui retracent le pire. Kit, il sursaute. Silhouette éveillée là où le palpitant fait rage. Battements démesurés pour semer la douleur contre sa poitrine. Cage thoracique écrasée comme celle de la poupée. Il peine à discerner le réel et les chimères. Les yeux encore embués qui se posent sur ce corps tremblant. Les phalanges graciles prêtes à se briser. Acharnement contre les draps pour se retenir, pour se donner de la force. Il la regarde subir les tréfonds de son existence. Celle que l’incendie a choisi de bafouer. Lui, pyromane assoiffé par le goût carbonisé des corps, elle qui maudit la chaleur, qui maudit les flammes. Il se redresse, attrape la silhouette torturée de Nora. Une main contre sa nuque, l’autre s’accrochant avec fermeté à son épaule. Pour créer le contact. Pour éteindre les drames. Une légère impulsion pour la réveiller.
L’azur de ses yeux rongé par les doutes, la douleur. La sienne qui fusionne avec ses entrailles.
Carcasse qui capitule à même la sienne. — Nora, wake up ! Son souffle contre ses lèvres. Danse chevrotante pour créer une accroche. Kit, il crève de la voir comme ça. C’est pire qu’un couteau qui se plante dans l’échine. C’est pire qu’un canon de flingue au creux de la bouche pour se faire sauter la cervelle. C’est pire qu’une pulsion qui carbonise le vivant.
Le monstre qui se fait docile. Le monstre qui devient volupté. Il effleure sa joue, l’oblige à ouvrir les yeux.  — Calm down please. Des mots crachés au bord de ses lèvres. Un souffle où s’éradiquent les démons. Il la regarde, il la couve de son amour, de tout ce qu’il n’ose pas dire le gosse. Ses bras qui encerclent sa carcasse. Ses doigts qui se perdent dans ses cheveux. Contact salvateur. Contact libérateur.  Puis ses mains qui encerclent son visage ; le front apposé au sien. Un échange qui en dit long. Paroles anonymes qu’il fait flamber au creux de ses iris. Cet étendu bleuté qui rappelle le mouvement anarchique des vagues. Il s’est perdu mille fois en cours de route, le gamin. À chaque fois c’est au mirage de la blonde qu’il s’est raccroché. Comme un forcené. Comme un désespéré baisé par la vie bien trop tôt. — Listen to me. Listen to me babe. You’re not burning. You’re alive. You’re with me. Il frôle ses lèvres. Juste pour la rassurer. Juste pour la soumettre à la réalité. Juste pour la délivrer du mal. Écho à toutes les prières veines de sa propre mère. Exorcisme idéalisé avec cette croix entre les phalanges. Un monstre reste un monstre, maman. Salope de figure maternelle qui lui soulève le coeur. Il en tremble, Kit. Il perd pieds avec Nora.
— Look my eyes. L’azur qu’il a décrit dans ses lettres. Comme un moyen de capter son attention. Comme un moyen de capter son désir au détour des lignes tracées de son écriture à peine assurée. L’image de la blonde étendue sur son pieu, phalanges entre les cuisses rien que pour se damner de ses yeux bleus. Il en a sourit le gamin. Tel un connard qui s’approprie sa chaire, son âme. Et maintenant c’est elle qui dispose de tous les droits. C’est elle qui fait de lui un soldat à terre. À ses genoux qu’il baiserait de ses lèvres juste pour la soulager, juste pour libérer sa peau de ce dégoût putride. — Breath. Breath slowly. Une main qui glisse sur ce palpitant en ébullition. Une main pour défier le rythme anarchique contre sa poitrine. Il tente de battre la mesure d’une douceur à peine réelle pour lui. Un soupire filtre de sa bouche. Il se rapproche de sa nuque, là où les mots peuvent résonner. Contact de son buste pour capturer le sien. Il la serre, Kit. Il la serre à l’en étouffer. Il la serre pour la protéger du diable qui sème l’horreur. — I would like to take your pain away. All your fucking pain. Murmure à l’oreille. Caresse le long de son dos.
Regard bercé par le sien.
Chimère idéalisée dans des fantasmes langoureux.
Amour déchirant qu’il lui raconte de sa tendresse.
T’es en vie, Nora. Et moi, j’donnerais la mienne pour te sauver.

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MessageSujet: Re: cirice (kora)   cirice (kora) EmptyDim 6 Jan 2019 - 19:19

La gorge embuée par la fumée. Nuée de cendres brûlantes contre ton épiderme. La peau pareille à la cire d’une bougie. Douleur infâme qui dévore la chair, qui ondule et achève. Air absent des poumons carbonisés. Abandonnée au milieu de l’Enfer. Proie des flammes qui dansent autour de ta carcasse. Tu vois toute la scène, Nora. Tu te vois toi, bouffée par tous les côtés. Tu entends le bois craquer, souffrir sous la chaleur. Un son beaucoup trop semblable aux crépitements de cheminée lors des soirs d’hiver. Une musique aux oreilles. Elle t’appelle, toujours un peu plus. Comme une sirène face au marin. L’impression d’être à la maison. Jusqu’à l’éclat de lumière, jusqu’à ce bruit déchirant tout les autres. Capitulation de la poutre suspendue au-dessus de ton corps. Impact imminent, quand tu la sens s’approcher, toujours plus vite. Que tu vois les braises incandescentes, toujours plus proches.
Souffle coupé. Incapacité de le retrouver. Embarqué ailleurs.
Y’a une voix, au loin. Dernière accroche pour essayer de te garder la tête hors de l’eau. Un contact sur la peau pour apaiser les brûlures. Dernier rempart avant la mort. Avant l’oubli. Étreinte que t’es pas foutue d’attraper, pourtant. Renvoyée en arrière par des scènes plus violentes les unes que les autres. Poitrine écrasée par les mains d’Anderson à rythme régulier, son compte qui devient mélodieux à travers les cris alentours. Un, deux, trois, quatre… quinze, seize… vingt-neuf, trente. Nouveau souffle déchirant les voies respiratoires. Et le compte qui recommence. Come on, Nora. Come on ! Quatre lettres jamais prononcées dans la bouche du supérieur. Quatre lettres pour ramener à la vie.
Carcasse chevrotante entre les bras de l’inconnu. L’odeur encore trop nouvelle. Brins de lune pour venir illuminer la pièce. T’as les yeux lourds, Nora. La tête éclatée sous une migraine grinçante. Voix arrachée par des cris qui ne s’arrêtent plus. Tu brûles, putain. Tu brûles et y’a rien pour venir stopper la douleur lancinante qui ronge le derme. Attaque les dernières bribes de vie présente dans l’ossature. Impression d’étouffer, de te sentir lentement glisser vers les limbes. Dernière tentative de survivre, quand tes ongles s’accrochent à la peau en face. Que tes doigts se rattachent dans le dos de l’inconnu. Des mots, pour combler tout le reste. Des ordres, pour faire réagir le crâne léthargique. Cette chair que tu empoignes alors que tu n’arrives toujours pas à respirer. Les prunelles injectées de larmes, perles salées pour raviver la peau morte. Look at my eyes. Des iris que tu cherches frénétiquement ; tu fouilles dans l’obscurité jusqu’à ce que les traits de l’autre se dessinent. Et c’est comme une claque dans la gueule. Kit. He’s here. Of course he’s here. Because it’s your own hell, Nora. And he sits on the throne. Salive ravalée pour nettoyer les plaies internes. Puis tu sombres, Nora. Te laisses couler contre sa silhouette quand il étreint la tienne. T’as la gorge arrachée, par la fumée ou les cris. T’es pas certaine. Rien, et tout est réel en même temps. Puis c’est l’écart que t’imposes, après quelques secondes à peine. Carcasse éloignée de la sienne alors que tu t’échappes des draps. « You got to stay away from me. My skin will only burn yours. » Les pieds contre le sol, un vêtement trop large enfilé à la volée. La porte de la salle de bain claque après ton passage.
Un jet d’eau glacé pour effacer tout le reste. Effacer les maux et les déchirures. La peau se hérisse, appelle à l’aide au contact de la fraîcheur dévorante. Tu l’ignores, pourtant. Le crâne trop rempli. Le crâne trop blindé de ces souvenirs qui s’entrechoquent. Les mains apposées contre son visage pour ne pas laisser les sanglots tomber. Pour effacer les soubresauts du souffle retrouvé. Once again, you died. Tu te laisses glisser contre la faïence, le tissu trempé. Position fœtale pour renaître. T’es vivante, Nora. T’es vivante putain. Un souffle au bout des lèvres, un murmure trop bas que même les saints n’entendraient pas. Trois lettres répétées pour appeler l’autre. « Kit… » Un écho trop faible entre les quintes de toux. Un appel à l’aide qui ne traverse pas les murs de la salle de bain. Please come and help me. Please come and save me. Les yeux embués fixent la porte, fixent ce verrou que tu n’as pas enclenché. Peut-être que tu savais, dans le fond. Peut-être que ta conscience est encore vivante, quelque part au milieu du champ de bataille qu’est devenu ton crâne. Tes mains glissent le long de tes jambes, resserrent l’étreinte des cuisses contre le buste. Enfant brisée par les affres de ce monde. Gamine aux rêves trop grands, foutue en l’air dès la première occasion. Un corps brisé qui ne peut se remettre droit tout seul. Comment tu trembles, bordel. Silhouette secouée, entre la peur violente de crever et la froideur de la flotte sur le derme. T’entends comme un murmure, Nora. Voix venue d’outre-tombe pour venir te malmener. C’est la cicatrice qui te cause. Qui te prie de la détailler sous ses moindres reliefs. Qui t’ordonne de t’imposer cette vision d’horreur. Elle susurre, chatouille l’échine de par son souffle trop invisible. Les trois lettres à nouveau lâchées dans un souffle. He can’t hear you, darling. He does not care. It’s only you and me, until the end of times.

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MessageSujet: Re: cirice (kora)   cirice (kora) EmptyDim 6 Jan 2019 - 21:05

Respire, Nora. Respire. Tu es en vie. Tu es là.
La chimère au goût de cendres. Les éclats des braises sur la chaire d’ivoire. Le souffle haletant. Le coeur qui se fracasse dans un dernier sursaut. Les mains jointes pour raviver une respiration carbonisée. Un flambeau de vie qui s’éteint. Comme cette carcasse inerte au sol. Images dépeintes sous l’effusion des mots. Des confessions hasardeuses. Des aveux glissés entre les lignes. Les phalanges contractées à chaque lecture. La gorge nouée. La gorge paralysée. Il a bouffé la misère des lettres. Il a accepté la sentence des mots. Des réponses aussi vagues que l’anarchie de son âme.
Trop instable pour causer. Trop instable pour savoir quoi dire. Propre amoureux des flammes qui banderait rien que pour un incendie. Des contradictions accrochées aux méninges. Une opposition des ténèbres entre celle qui vient les combattre ; celui qui préfère les allumer de ses phalanges assassines. Des pulsions enfouies en taule. Prisonnier des barreaux d’aciers. Prisonnier de cette obligation de soin. Prisonnier de la tarentule qui rôde au creux de son ventre. Kit, il y a trop pensé. Recommencer. Laisser une allumette glisser et s’embraser. Voir une première flamme. Et des dizaines d’autres. Sourire de ses canines carnassières en se félicitant. Les veines apaisées de tout ce qui y bat. Les veines soulagées du fléau qui a décidé de se pencher sur son berceau. Les mauvaises fées. Les mauvaises envies. Organisme nécrosé par la soif du mal. Un monstre. Un putain de monstre. Coupable avide de retrouver les sensations sur sa chaire. Les iris brillantes du désir maléfique. Et il se déteste pour ça. Il se donne envie de vomir à chaque reflet dans le miroir. Parce que Nora, elle a failli crever à cause de ce qui le rend vivant. Dualité nauséabonde pour lui soulever le palpitant. Respire, Nora. Respire. Tu es en vie. Tu es là.
Répétition d’un murmure. Répétition de son propre souffle qui se brise. Les mots en alerte pour la rassurer. Le palpitant contracté de cette douleur qui devient sienne.
Séparation trop brutale quand elle s’éloigne. Esprit fustigé par les souvenirs. Carcasse revivant pas à pas le film du drame. Il est démuni, Kit. L’azur des yeux pour capturer l’instant. L’azur des yeux pour essayer de la ramener à la vie. Échec lamentable. Alors, il ose rien faire de plus. Comme un con, assis sur le lit à la regarder. Comme un con, assis sur le lit à accepter de la voir prendre la fuite.
Les deux mains sur le visage pour se calmer. Pour tenter d’y voir clair. Ça vrille. Ça vrille à une allure insolente. Il se lève. Il fait les cents pas. Il se revoit prisonnier de sa cellule. Les insultes de son co-détenu à chaque lettre. Allez, avoue, tu rêves que d’une chose, c’est de la sauter comme une chienne. Les poings ravalés pour pas faillir à ses promesses. Un animal enragé qui arrêtait de respirer parfois tellement ça devenait trop difficile. Cage thoracique écrasée par les ressentiments. Impression de crever, lui aussi. Il lâche un soupire. Sa carcasse qui tombe sur le lit. Yeux vissés vers le plafond. Réflexion étreinte par les doutes avant de se relever. Les pas pour le ramener à une réalité foudroyante. La carcasse prise d’assaut par les gouttes d’eau. Le tissu ancré à l’échine. Le palpitant qui rate un battement. Entourloupe sentimentale pour laquelle il plonge la tête la première.  Tu devais être qu’une passagère dans ma vie. Tu devais pas t’imposer, tu devais pas me faire tomber amoureux. J’sais même pas ce que c’est d’aimer. J’sais même pas ce que c’est d’être humain.Et il sait même pas lui dire. Il sait même pas l’avouer. Des sentiments qu’il refoule. Des sentiments qu’il ignore. Comme les pulsions qui dansent sous le spectre des limbes. Il veut pas s’imposer. Il veut pas devenir un monstre de plus dans son esprit torturé. Idée de la laisser sauve avant de l’enchaîner au mal. La salive coincée dans la gorge quand il s’approche. La silhouette qui se glisse sous la douche, là à genoux devant elle. Là soumis à tout ce qu’il éprouve, à tout ce qu’il désire.
— Come here. Il attrape Nora. Il vient la caler dans ses bras. Sa tête là tout près de ce palpitant qui s’embrase. Les phalanges qui glissent dans les mèches humides. Les phalanges qui apaisent et pansent les maux. Mais qui pensera les miens ? Idée ridicule qu’il pourrait guérir. Idée ridicule que ça pourrait s’effacer. Le démon sacré qui bouffe sa peau. Le démon sacré qui le condamne à un exil lugubre. Il dépose un baiser sur son crâne. Il resserre son étreinte. Il pourrait l’étouffer de sa douceur. Il pourrait la bousiller de son amour. Il le sait. Les yeux perdus dans le vague alors qu’il peut entendre chaque sursaut cardiaque. Alors qu’il peut se nourrir des craintes qui font rage. — Breath slowly. Il s’assoit là au milieu de la douche et ne la laisse pas tomber. Il la rapproche un peu plus. Il se laisse aller à un comportement jamais acquis. Plus habitué à insulter, frapper, menacer, et cramer des corps. Plus habitué à se flamber les neurones à défaut de faire vivre son myocarde. Mais là, avec Nora, tout prend son sens. Tout s’apparente à une vérité céleste. Autant que la beauté de ses yeux. Autant que le charme de ses lèvres. Autant que la malice de son rire.
Il aime tout chez elle. Du mieux au pire. Des défauts aux qualités.
Il se nourrit de son odeur. Il se nourrit de sa peau. Les doigts pour condamner la peau brûlée. Les doigts pour ordonner au ciel un peu d’accalmie. Il veut panser la blessure. Il veut se panser avec.  — Nothing bad could happen to you again cause I'm here. Les deux mains qui arpentent son visage. Pour l’encercler. Pour la forcer à ouvrir les yeux. Pour la forcer à regarder ce monde qui pourrait graviter entre eux deux. Pour qu’elle lise là au fond du bleuté tout ce qu’il est pas foutu d’assumer.
Les lèvres qui frôlent les siennes. Juste pour la rassurer. Juste pour la réveiller.
— And I promised to never let you down. Promesse griffonnée à la fin d’une lettre. Il avait osé balancer ça avant de le regretter. Il avait flippé qu’elle n’écrive plus. Qu’elle se dise que ça devenait n’importe quoi. Qu’elle comprenne que choisir son profil constituait une erreur misérable. L’angoisse accrochée à la chaire jusqu’à ses mots, jusqu’à sa réponse. Un soupir de soulagement. Un émerveillement scotché sur les lippes. Nora, il avait fini par l’avoir dans la peau. Aussi facilement qu’une chute. Métaphore ridicule de tous ces gens qui tombent amoureux. De tous ceux qui tombent de douleur. De tout ceux qui espèrent et crèvent la seconde suivante. Nora, ça avait été la paix au milieu du chaos. Ça avait les ailes angéliques au milieu du rire diabolique.
Rédemption. Putain de rédemption.  
Gloire à sa mélancolie qui devient sienne. Gloire à son charme qui devient une parcelle de son myocarde. Gloire au bien qu’elle fait défiler pour écraser le monstre. Les lèvres calquées sur son front pour une étreinte rassurante. — So we gonna stay under the shower until you’ll feel better. On y restera le temps que tu veux. Parce que y a que toi qui compte. Y a que toi pour me guider maintenant. Le dos qui frappe la faïence. Les jambes qui s’étalent. Sursaut de ses mains viriles pour la ramener sur lui. Contact éradiquant le vice quand il caresse la chaire. La tête calée contre la sienne.
Le mal et le bien. L’enfer et le paradis.
Le bourreau et la captive.

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