fermeture du forum.

Partagez | 
 
 wicked games (margot)
Aller en bas 
Travis Dunham

Travis Dunham


⋅ paper notes : 142
⋅ since : 23/12/2018

click down

MessageSujet: wicked games (margot)   Ven 28 Déc 2018 - 22:32

Je gardais les yeux ouverts. La pièce ne bougeait pas, rouge et silencieuse, maculée d’éclats de feu et d’argent. Tout me semblait vide et incertain. Mon coeur suspendu entre les néons des rampes. Mon âme en perdition entre les tourbillons de cadavres et les détonations. Un chaos qui rythmait les ondulations des danseuses, à présent avachies, à plat ventre sur le carrelage . Tout à coup, la violence. L’apocalypse. Le bruit assourdissant de la chair fissurée. Je me débattais contre la foule. Ils venaient de donner l’assaut, les armes plaqués contre les tempes. Une guerre entre deux frères. Deux gangs. Et mille dommages collatéraux. L’échange de la poudreuse qui s’étiolait sur les tables. Mes mains tremblaient alors que j’appuyais sur la gâchette. Une habitude du corps qui se déchirait entre ses identités. Le flic rebelle. Le dealeur déguisé. Je furetais à la recherche de Margot. Son visage avait disparu dans les engrenages de la foule. Ma gorge hurlait son nom. La colère dissoute dans la peur. La paralysie des doigts qui raclaient la surface des comptoirs. Je l’avais lâché pendant une poignée de secondes. Et maintenant, elle n’était qu’une chimère entre mes paupières. Un fantôme qui enlaçait le souvenir de Delen. Je serrais les dents montant sur les chaises. Je ne voyais rien. La nuit voilait l’espace et pénétrait mes côtes. J’aurais voulu brandir mon insigne. Les sommer d’arrêter, de garder le silence jusqu’au poste de police. Mais la mission m’imposait cette retenue qui répugnait. Ce sacrifice de l’autre. Du sentiment. Je l’aimais. La réalisation était devenue évidente au fur et à mesure que j’avançais. Au fur et à mesure que mes ongles raclaient les parois des murs. Je me noyais sous une voute noire, que seuls les démons parvenaient à traverser. Amoureux au milieu des tueurs. Homme égoïste, bafouant ses enquêtes afin de la retrouver inconsciente sous les paillettes. Elle semblait si fragile au coin de la scène, les poignets courbées sur la plaie sanguinolente. Ses magnifiques cheveux auréolés par la couronne pourpre, effrayante, du liquide qui ne tarissait pas. Je me jetais à ses côtés. « Lina, réveille toi! » Murmurai-je en effleurant ses joues. Elle était immobile, presque morte. « Lina, je te l’ordonne … Réveille toi! Je t'en supplie ... » La voix rauque et chevrotante je me penchais afin de toucher l’impact de la balle. Le tissu collait à la peau. Et sa bouche bleue frémissait en gémissant. Ses yeux me transperçaient, larmoyants au milieu des piliers. Elle avait mal — la douleur parlait, elle répétait les soupirs de l’édifice qui tombait en ruines.

_________________
fire on fire, we're normally killers. with this much desire, together, we're winners.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Margot Atkins

Margot Atkins


⋅ paper notes : 886
⋅ since : 29/04/2018

click down

MessageSujet: Re: wicked games (margot)   Mar 15 Jan 2019 - 22:09

Le sol se dérobait sous ses pieds. Il s’effritait, comme une trainée de cendres noires et fumantes, que l’on regardait s’envoler au loin. Ses doigts s’étendaient pour le retenir, ce sol. Mais il s’ouvrait, laissait apparaître un gouffre, un puits sans fond, aussi noir que la nuit, que l’existence qui se profilait devant elle. Un frisson secoua ses membres engourdis. Le bruit sourd des tirs résonnait encore dans ses oreilles. Le genre de tonalité sourde et effrayante, qui s’insinuait dans chaque pore de son derme, pour laisser un impact violent. La douleur transperçait son bras jusqu’à l’os. Le sang lui collait aux doigts, le tissu de son pull tapissait la plaie. Elle se souvient de Travis, qu’elle avait laissé au milieu du club pour aller se changer. De Travis, et de son regard inquisiteur, protecteur. De son sourire chaleureux, rien que pour elle. Uniquement pour elle. De ce baiser, qui annonçait une soirée tranquille, une soirée comme une autre au Rabbit Hole. Qui était la promesse d’étreintes passionnées au lever du jour, de confessions murmurées sur l’oreiller. Ils venaient d’arriver, de fouler ce même sol qui s’effondrait sous son corps. Elle se pensait forte, Margot. Le genre de force à toute épreuve, qui se lisait dans ses prunelles, se voyait dans ses gestes précis. Mais la douleur était lancinante. Pourtant, elle se laissait glisser contre le mur, les doigts plaqués contre ce trou dans ce bras. La balle pulsait entre ses veines rouges. Elle sentait la chaleur qui s’émanait, pouvait presque goûter l’odeur du sang. Ses yeux étaient collés au plafond, aux néons colorés. Ils ressemblaient à de petits astres brûlants, scintillants de beauté au milieu de l’univers infini. Elle les fixait, et fixait, et fixait, jusqu’à ce que ses paupières ne se ferment. Puis il la tira de l’obscurité. Sa voix rauque, qui murmurait ce nom de scène qui lui collait à la peau. Elle l’avait choisi au hasard, parmi une liste non exhaustive de prénoms aux significations particulières. Lina, qui voulait dire belle et gracieuse. Lina, Lina, Lina. Elle n’était Margot que dans l’intimité de son appartement, à l’abri des regards et des oreilles baladeuses. Margot, quand il riait. Margot, quand il s’énervait. Margot, sensuel entre ses lippes. Mais la panique énonçait Lina. Lina, Lina, Lina. Comme deux étrangers au milieu du chaos. Elle ouvrit les yeux lentement, pour croiser les siens. Leur couleur était singulière, différente. Et ses prunelles brillaient avec un sentiment qu’elle ne reconnaissait pas. « J’ai mal au bras, » souffla-t-elle comme une évidence, la voix coincée au fond de la gorge. « C’est quoi ce bordel ? » S’enquit-elle finalement, en se redressant légèrement. Elle se focalisait sur Travis, évitant l'apparente anarchie derrière lui.

_________________
— she wears strength and darkness equally well, the girl has always been half goddess, half hell.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Travis Dunham

Travis Dunham


⋅ paper notes : 142
⋅ since : 23/12/2018

click down

MessageSujet: Re: wicked games (margot)   Mar 15 Jan 2019 - 23:26

Ils n'allaient pas se repentir. Des souverains du chaos, portant leurs armes aiguisées entre les murs du club. Et la lutte infernale d'un vice qui gangrénait dans la nuit. Des échanges de poudreuses transformées en bains de sangs. En règlements de comptes criminels. Mes jambes se repliaient sur le sol et mes phalanges tremblaient sur sa peau. Des visions d'horreur agglutinées sur des paupières qui pleuraient en silence. Tant de vérités ignorées. De sentiments inavoués. Au nom de l'honneur. Au nom de la vengeance. Au nom d'un mensonge devenu réalité. Je me redressais et observais les lieux. Une vie nouvelle, reflétant mes désirs cachés pour la danseuse qui s'effilochait sous les néons brisés. Le sang coulait sur les plaies. Une douleur ressenti par opposition. Une myriade de confusion entre le devoir et la passion. Entre la gravité de la situation et l'intimité de nos confessions. Je me penchais vers son cou. Ma joue sur la sienne. Une étreinte qui s'imprégnait de son contact, de son odeur et de ses failles. Des mots que je me refusais et qui s'imposaient pourtant dans les cris de panique. Je furetais autour de l'espace. Et mes yeux revenaient toujours vers elle. Captivés. Obnubilés. Margot était légèrement blessée. Sa beauté se fanait entre mes doigts. Et soudain son visage prenait les traits de Delen. Sa voix faisait écho aux chants des cortèges et aux sonnets de l'église. Ma poitrine se serrait tandis que j'appliquais un point de pression sur l'impact de la balle. « Tout ira bien.  » Sifflai-je en inspectant la profondeur de l'entaille. Les débris du plombs avaient effleuré la chair et transpercé le muscle. Le choc avait anesthésié la douleur mais le contre coup revenait avec ses spasmes lancinants. Et j'anticipais l'état de mal qui succédait à l'hémorragie. « Un dîner en famille qui a mal tourné. Ils vont se calmer mais il faut qu'on sort de là. » Sifflai-je en la redressant soigneusement. « Tu peux t'accrocher à moi ? » Un murmure qui se distillait sous le vent. Des syllabes qui pesaient trop lourds car le sens des mots s'entortillaient et les promesses se mélangeaient dans une valse dangereuse. « Babe, cette fois tu vas vraiment devoir arrêter de danser. » Je hochais la tête en esquissant un sourire. Je l'attirais vers la porte, la démarche instable et l'esprit aux aguets.

_________________
fire on fire, we're normally killers. with this much desire, together, we're winners.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Margot Atkins

Margot Atkins


⋅ paper notes : 886
⋅ since : 29/04/2018

click down

MessageSujet: Re: wicked games (margot)   Mer 30 Jan 2019 - 12:34

Les néons clignotaient au-dessus de sa tête. Une valse brisée, qui se déversait sur son visage, aux couleurs rosées, violettes. De l’ombre, de la lumière. Un impact de balle, qu’elle pouvait voir à travers le verre de l’ampoule. Un impact singulier, différent de ceux qui avaient percé le mur, les fauteuils, les canapés, les bouteilles d’alcool. Son bras. Une balle, qu’elle sentait encore fumante. Une douleur lancinante. Le genre de sensation presque impossible à décrire ou imaginer. Le plomb contre la chair. Le liquide pourpre contre l’ivoire. Sa main appuyait vainement sur la plaie. Le sang s’écoulait à travers ses doigts frêles. Ils n’étaient pas assez grands, pas assez forts pour l’empêcher de saigner. Ses grands yeux bleus furetaient autour de la pièce. Des hommes couraient, de part et d’autre. Des danseuses s’agitaient dans le chaos. Certaines étaient tombées, touchées, comme Margot. Elle pouvait voir la rigidité de leurs corps, le vide dans leurs prunelles. Pourtant, elle refusait d’y mettre les mots, d’y croire. Ses bras se jetèrent autour de la nuque de Travis. Son corps se pressait contre le sien, pour y trouver le réconfort qui la rassurerait. Son cœur battait, et battait, et battait. Boom boom boom. Toujours plus vite, toujours plus fort. Une étreinte qu’elle refusait de quitter. Une sécurité rassurante, tant il était imposant, tant elle était fragile dans ses bras. Mais il s’éloigna, le regard inquiet. Elle posa une palme rouge sur sa joue, buvant ses paroles, buvant ses consolations. Tout ira bien. Un mantra, qu’elle répétait, encore et encore, dans sa tête. Seulement, elle était terrifiée, Margot. Elle vivait une scène apocalyptique, elle qui n’avait connu que les déboires d’une mère alcoolique. Les armes, elle ne les avait jamais vues, jamais approchées. Mais elle savait que le Rabbit Hole était au cœur d’un trafic qu’elle préférait ignorer. Elle siffla de douleur quand il appuya une nouvelle fois sur la plaie. Tout ira bien, qu’elle pensa. Tout ira bien. « Un dîner en famille qui a mal tourné ? » Répéta-t-elle, la voix coulante de scepticisme. « Te fous pas de ma gueule, » murmura-t-elle en se relevant. Elle passa son autre bras autour de la taille de Travis. La porte n’était pas loin. Quelques mètres, à enjamber débris et meubles. Elle esquissa un rire, mais les mots restèrent coincés au fond de sa gorge, interrompus par un tir. Puis un deuxième, puis un troisième. Puis des rafales assourdissantes. Ses ongles s’enfoncèrent dans la peau de Travis, alors qu’elle se baissait, le corps collé au sien. Et le martèlement de son palpitant contre sa cage thoracique l’assourdissait presque autant que le bruit des balles.

_________________
— she wears strength and darkness equally well, the girl has always been half goddess, half hell.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Travis Dunham

Travis Dunham


⋅ paper notes : 142
⋅ since : 23/12/2018

click down

MessageSujet: Re: wicked games (margot)   Sam 9 Fév 2019 - 11:30

Utopie du sentiment distillée dans le sang. Souffrance encadrée dans l'entaille du plomb. Je me penchais lentement, les pensées emmêlées dans l'agitation du club. Une âme au vent. Des identités chevauchées au creux du palpitant. Flic à la dérive car le mal était réel. Dans chaque coin de la pièce. Dans chaque étincelle de lumière. Un coeur brisé qu'elle fauchait de sa crypte. Un jeu, maintenant. Des frasques sentimentales qui me retournaient l'estomac. Margot, regarde moi. J'suis qu'un imposteur. Je t'utilise. Je t'use pour ma putain d'enquête. Mais il y avait quelque chose dans ma poitrine. Un vide comblé par ses baisers. Un froideur qui glaçait les chairs. Je l'observais en silence. Le temps ne guérissait pas les plaies. Le deuil était pire que la mort. La vengeance plus forte que la promesse. La gorge nouée par les vérités. La peau tailladée par l'absolution. J'étais parti trop loin. Je m'étais égaré du droit chemin. Mes poings serrés sur le sol. Mes ongles enfoncés dans le carrelage qui tourbillonnait dans le noir. Des instants qui se transformaient en éternité. L'échec cuisant d'une romance de mensonge. Pardonne-moi, mon amour. Je la portais à bout de bras, éloignant les désillusions du sentier qui se rétrécissait sous nos pas. Les tirs explosaient dans le couloir. Vendetta ravageuse. Une sordide affaire de gang. Je me précipitais vers la porte et la déposais contre le mur. La blessure saignant. La peau vomissant les débris de la balle qui avait déchiqueté le muscle. Je déchirais un bout de sa robe afin de former un garrot autour de la plaie. « Je t'emmène à la maison. J'ai de quoi te soigner la bas.  » Une révélation qui susciterait sa curiosité. Dextérité des mouvements. Habitude des tirs et des chocs balistiques. J'avais grandi dans le domaine. Je m'étais forgé au milieu des crimes, de l'autre côté du miroir. Mon visage était sombre. « Ravale ton sarcasme, laisse en un peu pour plus tard. » Parce qu'il fallait extraire la balle. Il fallait nettoyer et recoudre. Je pinçais les lèvres. « Tu me fais confiance ? » Je lui adressais un sourire crispé. L'envie de tout balancer. L'envie de retirer le masque et de dévoiler mon nom, mon origine. Mais les lampadaires s'inclinaient dans la nuit. La lumière crevait sur l'asphalte alors que je plongeais dans les ténèbres. Le choix difficile. Le mauvais choix. La tentation était trop forte. Le fantôme de Delen hurlait dans ma tête. « J'peux pas t'emmener à l'hôpital. » Et ruiner ma couverture. Et tout faire perdre, maintenant, si proche du but. Les mots dégoulinaient sur ma langue. Je me détestais de lui faire subir mes folies. Je me détestais d'imposer mon idéal lorsque le monde s'effondrait derrière les murs du Rabbit hole. Mes yeux la transperçaient. Mes yeux la suppliaient. onne moi une chance, Margot.

_________________
fire on fire, we're normally killers. with this much desire, together, we're winners.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé


click down

MessageSujet: Re: wicked games (margot)   

Revenir en haut Aller en bas
 
 wicked games (margot)
Revenir en haut 
 Sujets similaires
-
» Tournoi CE le 21 Novembre 2009 à Rôle Games Marseille
» 05. The games we play
» Cherche games de 40k
» Even angels have their wicked schemes ♈ 9 juillet, 14h17
» Hunger Games - La nouvelle ère - RPG

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
- call it what you want. ::  :: brighton west side.-
Sauter vers: