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 leave a light on @victoria.
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Jillian Walsh


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MessageSujet: leave a light on @victoria.   Jeu 27 Déc - 16:23

La piège est plongée dans le silence depuis de longues minutes.
Victoria, assise, observatrice de la silhouette qui fait les cent pas. Talons pour faire grincer le parquet ; nervosité accrue comme à chaque fois. Malgré la confiance instaurée, malgré la complicité  naît du pire. Des souvenirs que Jill exècre parfois. Un contact amer avec les médecins dans cet établissement spécialisé. La gorge nouée de toutes les confessions incapables de sortir. L’esprit malmené par cette fatigue de la vie ; cette fatigue d’aimer. Elle avait choisi l’option la plus funeste avant de devoir en témoigner pour espérer guérir. Des conneries sans précédent à ses yeux.
Une colère si forte qu’elle abandonna tout.
Les réunions, les psychanalyses, l’espoir vain d’une guérison.
Une blessure pansée au fil du temps mais pas réellement cicatrisée. Les même maux qui revenaient en boucle. La psychiatre présente qui a pris le relais ; une approche différente, sans doute plus sincère, plus fonctionnelle. Alors, Jillian est restée. Même en réfutant l’envie de causer parfois, même en traînant les pieds pour venir.
A l’instant présent, une tension est palpable là où ses prunelles divaguent vers l’extérieur. L’appui tremblant de ses phalanges qui berce la baie vitrée. Ses yeux se perdent au milieu des silhouettes qui déambulent dans les rues de Brighton. Les lumières des fêtes passées encore brillantes pour conférer une féérie au paysage. La premier Noël depuis la mort de Soren. Le premier noël avec ce coeur endeuillé et endolori. Le fantôme de ce fiancé qui danse de trop près ; puis celui de Rhys devenant écarlate de colère.
Silence radio. Palpitant en berne. L’espoir de son visage au matin de noël. Des retrouvailles pour sceller un amour qui lui tord les tripes. Mais rien. Seuls les souvenirs douloureux pour déchirer sa poitrine. Le visage de Soren pour accentuer le tout.
Y a eu sa famille. Ses parents. Ses frères. Y a eu cette présence compatissante et tendre. Mais pourtant ça n’a pas suffit. Un manque trop cruel. Un manque trop exacerbé.
Une culpabilité sur les épaules quand ses doigts ont écrit un premier message. Pour mieux l’effacer, pour mieux le faire disparaître. Ignorance qui saccage tout ce que Jill désirait construire.
Alors cette dernière finit par se retourner et faire quelques pas vers un fauteuil. Sa silhouette y disparaît. Les mains contractées sur les accoudoirs. Tension qui se lit sous les traits fins de son visage. Lèvres rosées qui tremblotent.
Regarde-toi, Jill. Tu fais plus le poids depuis longtemps.
Pensées qui suffisent à la faire soupirer. Une contraction du myocarde et un soupire qui s’évanouit au milieu des silences équivoques.
— Je suis passée au cimetière avant de venir. Les fleurs disposées avant-hier sont déjà fanées. J’ai été assez stupide pour y voir un signe. Comme la colère de Soren après tout ce qui a pu se passer dernièrement. Comme la déception de la voir l’aimer encore si fort même quinze ans après. Jillian se trouve idiote. Ces superstitions ridicules. Cette impression de devenir folle face à la tombe de son fiancé. En lui parlant. En s’excusant. En regrettant.
Elle baisse les yeux, joue machinalement avec un bracelet offert par sa mère.
Et ses prunelles s’accrochent à celles de la psychiatre. — J’avance pas Victoria. C’est une sensation atroce que de voir le monde qui continue de vivre mais de faire du surplace. Elle hausse les épaules, la voix teintée par les sanglots. — Parfois, je me dis que Teddy aurait pas dû réussir à me sauver.
Première fois qu’elle ose le dire à voix haute.
Un fardeau pour sa famille au moment du drame. Cette peine. Cette douleur.
Une vie récupérée sous les pressions thoraciques de Ted. Et pourtant, une lassitude qui se fait vorace depuis Soren, depuis Rhys.

(@victoria walker)

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Victoria Walker
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MessageSujet: Re: leave a light on @victoria.   Dim 30 Déc - 1:51


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The problem with surviving was that you ended up with the ghosts of everyone you’d ever left behind riding on your shoulders. Paolo Bacigalupi.
La culpabilité semble ronger la blonde. Chaque jour un peu plus que son précédent. Sous les opales de Victoria, la jeune femme se déplaçait dans la pièce. D’un recoin à l’autre, silencieuse, songeuse. Jillian en avait trop sur le cœur. Un sentiment de trahison envers la personne qu’elle a perdu, un sentiment qui lui dictait qu’elle n’appartenait plus, nulle part. Qu’elle n’était plus que le fantôme d’une vie antécédente. Une ombre sans vie, sans grande conviction. Une carcasse d’une personne qui ne devait pas être là. La psychiatre ne pouvait que la comprendre. Les souvenirs de sa propre expérience enfouis au plus profond de son être, parce qu’aujourd’hui, il ne s’agissait pas d’elle-même, mais de Jillian. Comme à chaque séance. L’Anglaise lui prêtait une oreille attentive, son stylo gribouillant dans une feuille de son calepin. Non pour continuer à faire vivre ce cliché, simplement pour noter le progrès. Car oui, il y en avait. Sa patiente ne le descellait peut-être pas, plongée toujours dans un semblant d’obscurité. Mais il était bien là. Un pas en avant, matérialisé par sa prise de parole et ses aveux cruels. Une âme perdue qui retrouve le courage d’utiliser sa propre voix. Peu importait si les mots qui claquaient le silence de la pièce étaient rudes, l’essentiel, c’est que l’avocate devait les prononcer. Pour espérer un jour aller de l’avant. « Et pourquoi pas ? ». La question était évidente. Si la blonde jugeait sa vie complètement worthless, elle se devait au moins confronter les raisons. Creuser en profondeur, plus encore. Égratigner la surface de cette peine, aussi douloureuse soit-elle, pour savoir réellement tout ce qui se cache derrière.

Pandora’s box. La parfaite métaphore à l’esprit humain. Nul ne sait ce qu’il peut contenir, pas même son détenteur. Ainsi était faite la vie. Et Victoria ne pouvait s’empêcher de penser à une chose. Considérer l’insensé. Une possibilité pourtant réelle, et qui pourrait avoir tout son sens dans cette situation. « As-tu déjà considéré la possibilité que ton frère ne t’a pas sauvée ? Ou pas entièrement en tout cas. », Teddy n’a pas sauvé la Jillian d’avant. « Tout ce que tu as traversé fait que tu n’es plus la même personne. Tes expériences font que tu as changé. Quelque part, je pense que l’ancienne Jillian y a succombé. Tu as besoin de trouver qui tu es devenue. Sans Soren. Sans Rhys. Sans tes frères. », associer son existence à celle d’un autre, c’est signer son arrêt de mort. La vie est une simple réalisation ; toute personne qui croise notre chemin, ne restera pas forcément dans notre vie. Et que toute personne qui ne fait plus partie de notre vie, ne quittera pas pour autant notre cœur. Soren. Rhys. Quelqu’un d’autre, peut-être. Personne de plus, peut-être. Leur disparition soudaine crée un manque. Insurmontable quand l’un ne sait plus ce qu’il est, ou ce qu’il est censé être sans eux.


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MessageSujet: Re: leave a light on @victoria.   Mar 1 Jan - 15:02

Jillian n’est pas douée pour les discours. Elle n’est pas non plus douée avec l’amertume des émotions. Silence conservé depuis la mort de Soren. Un mal-être retenu prisonnier d’un coeur anesthésié dès l’annonce sur le pas de la porte.
Ces hommes en uniformes pour bercer l’air d’une sentence endeuillée. Sa silhouette chancelante, lourde et paralysée à chaque mot. L’écho fût déchirant. Un coup de poing dans le ventre pour marquer l’échine. Elle se souvient des minutes qui ont suivi. Le corps inerte sur le sol glacé de son appartement. Les larmes retenues captives au bord des prunelles. Elle avait passé un premier coup de fil. Soren is dead. La voix écorchée de Teddy au bout du fil. Les questions répétées comme pour s’enquérir d’une réalité putride. Elle avait raccroché sans conter le moindre mot supplémentaire. Et son frère avait débarqué pour la relever du sol. Le reste du clan se faufila sur le même chemin. Ensuite, ce fût Andy. Des nuits entières à rester à son chevet. À la regarder tenter de s’endormir ; sa main dans la sienne. Mais la léthargie paraissait trop intense. Les funérailles. La vie sans lui. La vie sans eux. Jill, elle envoya un message à Rhys. Puis des centaines d’autres. Des insultes. Des regrets. Des sentiments calés entre les lignes. Seule l’ignorance subsistait en guise de réponse. Une douleur qui ne faisait qu’augmenter. Un ras le bol de la vie qui devenait trop fort. Alors ce soir là, elle a craqué. Des cachets fondants sous le palais. Un regard où le néant pouvait se lire. Une silhouette emportée par une eau glacée. Un dernier message à Rhys. Un autre à Teddy. Métaphore employée pour ne pas l’alerter trop vite.
Mais il avait compris. Il avait compris dès la lecture des premières lettres.
De tout ça, il ne reste que des images en ricochets. Des images bonnes qu’à souiller le paysage.  — Sauf que toutes les réponses sont en train de m’échapper. Tout me ramène à cet événement. J’ai l’impression douloureuse de faire du surplace. J’essaye d’avancer. J’essaye de me reconstruire. Mais tout en moi se bloque. C’est comme une paralysie imminente. Son travail où elle se force à sourire et à retrouver la confiance de ses pairs. Sa famille où elle sème la déception avec des choix douteux. Sa vie sentimentale avec un inconnu, avec une plaie béante au myocarde. Tout ne tourne plus rond. Tout s’ébranle. Jill, la première.
— Je me perds dans tous les versants de ma vie, Victoria. Elle ricane, la blonde. Ça sonne faux. Comme tout le reste. Elle se relève à la hâte.
Les poumons atrophiés par les angoisses. Une main contre son ventre pour contrôler sa respiration. La silhouette se mouvant de part et d’autre de la pièce. Un regard vers la psychiatre. Vers ce carnet où elle doit recenser toutes les fêlures exposées. Elle sent un poids sur ses épaules.
Elle sent un poids sur chaque muscle de son corps.
— C’est pathétique. Elle est pathétique. Jill s’adosse à la fenêtre. Un contact glaçant sur l’échine. La brillance des prunelles où se reflètent des maux à peine cicatrisés. La gorge bloquée. Les mots coincés. La salive avalée à la hâte pour tenter de calmer les démons. Jill, elle a mis du temps à parler. Elle a mis du temps à se confier à Victoria. Une oreille pourtant attentive. Des conseils à l’essence apaisante. — Cette dépendance affective pour quelqu’un qui ne m’aimera probablement jamais. Ce pessimisme d’un monde qui m’étouffe. Je suis prisonnière des souvenirs. Et ils sont bien trop douloureux. Le regard qui divague vers le sol. Les pensées qui brûlent sous l’insolence des démons. — Je suis une cause perdue, n’est-ce pas ?
Parce que c’est qu’elle croit en tout cas.

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Victoria Walker
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MessageSujet: Re: leave a light on @victoria.   Jeu 3 Jan - 21:14


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« Absolument pas, Jillian. », Victoria rétorquait sans la moindre once de doute, ni dans sa voix, ni au fond de son regard. « Si c'était réellement le cas, je serais dans l’incapacité de justifier mes honoraires exorbitants. », la psychiatre dénotait avec une pointe d'humour une simple réalité, que la blonde acceptera tôt ou tard. Ses réactions n'avaient rien de pathétique. C'était humain. Quand l'esprit ne retrouve plus le chemin, et quand les sentiments qui viennent avec croulent dans le néant. L'espoir étouffe graduellement, et l'oxygène brûle pour laisser place à un incendie ravageur. Une fumée épaisse, d'une noirceur sans équivaut qui écrase les poumons, et empêche l'âme de retrouver sa respiration. La brune se contenta en cet instant de sourire. Le stylo reposé sur la surface de son bureau, et le calepin fermé, Vicky quitta son siège pour s'avancer dans la pièce. Tandis que sa patiente arrive enfin à tenir debout, en une seule place, la psychiatre opta pour du mouvement. S'approchant d'un meuble dans un coin de la pièce, essentiel à un instant tea time. Anglaise jusqu'au bout des ongles, Victoria. Et à défaut de pouvoir offrir à ceux qui la visitent une bouteille de whisky, une tasse de thé n'est généralement pas de refus. Pour détendre les nerfs et l'atmosphère. L'alcool avait parfois le même intérêt, sauf que la trentenaire n'irait pas s'amuser avec ça dans son lieu de travail. « The worst part of holding the memories is not the pain. It's the loneliness of it. Memories need to be shared. Es-tu familière avec cette citation ? », les souvenirs de celui qu'elle aimait de toute son âme, Soren. Les souvenirs de celui qu'elle aurait également pu aimer de tout son être, Rhys. Les souvenirs de ce qu'était sa vie. Des pensées qui ne sont plus qu'une amertume aujourd'hui, parce que la Walsh les entasse. Les enferme en elle, et ne veut les partager avec personne d'autres. Peut-être parce que parler du passé ravivera ses flammes et ses douleurs. Cependant, parfois, il faut passer par là pour véritablement faire son deuil. « Nous devons trouver le moyen pour toi de ne pas penser aux autres, pour une fois. », des fois, c'était tout ce qu'il fallait. Savoir trouver la définition de soi loin des autres. Pour Victoria, c'étaient ses livres. Une vision du monde qu’elle s’est forgée à travers des pages interminables de récits. Mots psychologiques, qui décrivaient l’esprit humain et sa complexité. Ses livres étaient l’exode, quand la brune a perdu sa mère, même si elles n’étaient pas particulièrement proches. Ses livres étaient l’échappatoire, quand elle a perdu son âme crédule à ses dix-sept ans. Ses livres étaient l’espoir, quand elle a perdu son mari. « La difficulté est que je ne peux pas te dire ce que c’est. », car la bouée de sauvetage de Jillian devait avoir un sens pour elle. Pour personne d’autre à part elle. Un symbole personnel, impossible à souiller par les déboires de la vie. Certains trouvent cela dans des objets, d’autres dans des missions humanitaires, où ils donnent un sens à leur vie autrement. « Thé ? », conclus la brune, en invitant la brune à s’asseoir.


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MessageSujet: Re: leave a light on @victoria.   Mar 15 Jan - 13:37

Le regard perdu dans le vague. Clarté des iris qui se plantent vers le sol. Néant traçant les contours de ses traits. Aquarelle ivoire pour ricocher sur sa tristesse. Celle qui imbibe. Celle qui résiste à tout. La gorge nouée de pensées trop sombres, trop désordonnées. La main contre le fauteuil dans une étreinte accrocheuse. Pour se retenir à quelque chose. Pour tenir le coup.
Confidences filtrantes hors de ses lèvres rosées. Confidences pour marquer la confiance face à la brune. Des mois entiers pour oser s’ouvrir à elle. Des mois entiers pour quitter sa léthargie. Souvenirs encore trop vifs de sa carcasse écrasée sur ce lit. Murs aseptisés de toute émotion, de toute vie. Les phalanges recroquevillées contre les draps. Les yeux vidés de sentiments. Le coeur chagriné comme chaque muscle. Atrophie pour l’empêcher de bouger.
Respiration en suspend. Respiration brisée par les sanglots. Les visites successives de ses frères, de ses parents, de sa meilleure amie. Rien n’y faisait. Des heures entières à écouter les psychiatres, à écouter des ramassis bons qu’à lui filer la nausée. Colère pour faire grincer les dents quand des paroles acerbes osaient sortir. Elle a jamais pu parler, Jill. Des mois pour oser faire un pas vers les autres. Des mois pour oser sourire. Des mois pour oser rire. Des mois pour évoquer le pire en contournant chaque mot. Peur d’affronter la réalité. Peur d’affronter la vie.
Avec Victoria, ça a mis du temps. Des séances à regarder le sol, à balbutier quelques bribes de paroles pour la forme. Des heures à avoir le coeur lourd de confessions. Des heures à se demander à quoi tout ça rimait. Des heures à réaliser à quel point le chemin semblait encore bien trop long.
Elle l’écoute Jill. Chaque mot tapant dans sa boîte crânienne alors que son regard finit par croiser le sien. Elle hausse les épaules, un soupire lourd quittant sa bouche.
La carcasse redressée. La carcasse blessée par des maux tellement intenses. Des maux qui empêchent son monde de tourner rond. Son monde de s’accrocher à l’espoir même infime du bonheur. La langue qui parsème ses lippes pour camoufler les angoisses. La langue qui rôde sur ses lippes dans un sursaut angoissé. — Les souvenirs sont entrain de m’échapper, Victoria. J’ai l’impression que plus le temps avance, plus Soren s’éloigne. J’essaye de m’accrocher. J’essaye de lutter. Je veux pas l’oublier. Je veux pas effacer son visage de ma mémoire. Éradiquer les effluves de son parfum, le son de sa voix. L'intonation qui se brise. La souffle qui agonise. Comme Jillian. Des heures entières à serrer ses vêtements, à s’enivrer des bribes d’odeur. Des heures entières à serrer le portrait du fiancé maudit. Des heures entières à écouter son dernier message vocal. Hey, bébé. Je vais quitter le campement pour un autre. Paraît que ce sera du grand luxe là-bas. Pas autant que dans tes bras. Tu me manques, Jill. Je te promets que je rentre bientôt. Je te promets que tout ira bien. Et dans moins de deux mois, tu seras officiellement mienne. Les gars sont en train de me chambrer, allez, j’y vais. Je t’aime. Ne l’oublie pas. Chaque mot ancré dans sa poitrine. Chaque mot ancré dans sa boîte crânienne. Le son de la voix de son fiancé pour semer le trouble. Les larmes à chaque fois. Message écouté des centaines de fois pour ne pas oublier. Message écouté des centaines de fois dans un deuil impossible. Ballotement entre le passé et le futur qui portent ce prénom de quatre lettres. Rhys qui lui bouffe autant l’esprit que les souvenirs. — Mais je suis aussi certaine qu’il est temps pour moi de me relever. Parce qu’elle en peut plus de s’enfermer dans sa tristesse. Elle en peut plus d’éprouver une telle culpabilité. Elle veut avancer. Elle veut revivre. Elle veut se persuader que demain peut être meilleur. — Personne pourra m’aider à le faire. Y a que moi pour me tirer de ce merdier. Je le sais. Et c’est ça le plus terrifiant.
Un soupire. Un hochement de tête à la proposition de la psychiatre. Silhouette qui défile vers la sienne. Les phalanges qui attrapent la tasse de thé. Liquide encore fumant qui dévale le long de sa trachée. Le goût imbibé sous le palais. Les iris pour conjurer les doutes quand elle accroche son regard. Canines malmenant ses lippes. Nervosité qui ne fait qu’accroître.  — Comment on fait Victoria ? Comment on s’accroche à la vie quand on en a perdu le goût si souvent ?  Comment je suis censée vivre si c’est sans ses bras ? Ricanement angoissé qui coupe court à l’imaginaire.
Ricanement qui fait écho à toute l'ironie de cette histoire.
Quinze années d'un fardeau qui écrase sa poitrine.

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