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Yasin Shankar

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MessageSujet: play. pause. rewind. repeat. (yasina)   play. pause. rewind. repeat. (yasina) EmptyJeu 13 Déc 2018 - 23:22

Dans les orbes de l'espace-temps, la destinée doit bien s'amuser. D'une application sans photo en entretiens téléphoniques, Yasin n'avait jamais fait le lien entre Gabriela Baez, psychologue au pedigree impeccable, spécialisée dans les thérapies de couple et bien sous tous rapports, et la femme qu'il avait croisé lors de cette convention, des mois auparavant, bien sous tous rapports.
Peut-être que ça aurait dû lui mettre la puce à l'oreille. Qu'il n'y avait pas assez de perfection dans ce monde pour bénir autant de personnes, qu'il n'aurait jamais dû sous-estimer le professionnalisme de … de Gabriela. Il fallait dire qu'il ne l'avait jamais estimé, pour être précis.

Les choses étaient ainsi faites que Gabriela occuperait un poste vacant dans leur bureaux, qu'elle était plus que qualifiée pour, et qu'il devrait travailler en accord avec ces simples faits. C'était simple. Ce n'était qu'une histoire passée, qui a duré le temps d'une convention barbante. Ce serait encore plus simple, si la tentation n'était pas si grande.
La fin de journée s'annonçait finalement. Pas la première avec la nouvelle dans les bureaux, mais la première sans Victoria. Cette dernière n'était pas au courant de leur première rencontre, et Yasin n'avait nullement intérêt, ou l'envie, à le lui révéler. Il soupçonnait qu'elle ne mettrait pas longtemps à le découvrir, de toute façon. Il n'oserait pas le parier, mais elle pourrait le savoir dans deux jours, deux semaines … ou bien déjà le savoir.
Alors, traversant les couloirs vides, le psychologue se permet de rejoindre le bureau de Gabriela, frappant quelques coups contre la porte pour annoncer sa présence. Qui d'autre ? Ils n'avaient pas eu le temps de se parler, pas eu le temps de mettre les choses au clair. D'ailleurs, ils n'avaient jamais vraiment pris de moment pour se parler, tout court. Il ne savait rien sur elle d'autre que ce qui était annoncé sur son CV, ce qui était aussi peu que pathétique – elle avait été une inconnue, et elle aurait dû le rester. Or, elle ne l'était pas, et il n'était pas désolé.

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MessageSujet: Re: play. pause. rewind. repeat. (yasina)   play. pause. rewind. repeat. (yasina) EmptyLun 24 Déc 2018 - 4:12

Outfit – Un nombre incalculable de décisions l’avaient conduite à accepter un poste au sein d’un nouveau cabinet de psychologues, dans la ville côtière de Brighton. Une bourgade qu’elle avait maintes fois visités par le passé, sans jamais songer s’y poser. Trop attachée à Londres, à sa vie dans la capitale anglaise. L’avenir était tout de même parvenu à la faire revenir sur ce choix sans même qu’elle ne s’en doute, cachée sous le couvert d’une offre alléchante lui permettant d’exercer dans un environnement moins contraignant qu’un grand hôpital, où son profil ne cadrait pas réellement avec les attentes que ses supérieurs avaient posés sur ses épaules.
Deux, voir trois semaines s’étaient écoulés depuis qu’elle avait franchi la porte de ce bureau, vêtue de son tailleur sortit tout droit du presseur et de son assurance à toute épreuve, le tout ornée d’un sourire confiant. Sourire qui avait tôt eu fait de se figer, dès que son regard s’attarda un peu trop longuement sur la silhouette sur l’homme responsable de son embauche. Une voix qui lui avait paru familière à l’autre bout du fil sans qu’elle ne fasse le rapprochement. Souvenirs flous, embrouillés d’une soirée, d’un moment qu’elle rêvait parfois d’oublier, mais qui berçait un peu trop souvent ses nuits solitaires. Une erreur de parcours dans sa vie sentimentale, qui fit de son couple l’unique victime de cette passion qui avait eu raison de sa bonne conscience.
Mais est-ce qu’elle le regrettait?
Non.

Les journées de travail s’écoulaient, un rendez-vous en entrainant un autre, une clientèle qui se montra à la fois intéressée et intéressante dès les premiers instants, dès les premières consultations. Des heures qui passaient sans qu’elle n’ait le temps de véritablement s’arrêter, même pas pour aller luncher avec l’un ou l’autre de ses voisins de bureaux. Si les bavardages de couloirs avaient été plus profitable dans sa relation avec Victoria, l’autre psychologue associée qui logeait dans ses locaux, les maigres interactions qu’elle avait entretenues avec Yasin se limitait au strict minimum. Par pudeur, probablement. Par inconfort, logiquement. L’ironie de la situation dans toute sa splendeur.
Elle releva la tête de son carnet de notes lorsque des coups furent frappés à sa porte. Son regard, lui, bifurqua sur le cadran posé au mur. Aucun patient prévu à l’horaire. Aucun visiteur attendu à cette heure. Glissant hors de son siège, elle replaça d’un geste nerveux sa jupe avant d’aller ouvrir à qui le désirait. Un visage trop familier dont elle ne connaissait pourtant rien de plus que ce qui se cachait derrière ses couches de vêtements. Un homme dont le prénom lui échappait encore, jusqu’à il y a quelques jours, seulement. Un prénom qu’elle prononça avant de s’en pincer les lèvres. – Yasin. – Raclement de gorge. – Or maybe I should say Mr. Shankar. But I doubt it's necessary, right? Views the circumstances... – Dégageant l’entrée, elle invita le psychologue à s’introduire dans son bureau. Lieu qu’elle tentait, lentement mais surement, de mettre à son image, en y apportant sa petite touche personnelle. Quelques livres de sa propre collection occupait désormais l’unique bibliothèque de la pièce, et une toute nouvelle toile ornait le mur derrière sa table de travail.


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MessageSujet: Re: play. pause. rewind. repeat. (yasina)   play. pause. rewind. repeat. (yasina) EmptyVen 28 Déc 2018 - 21:26

Les heures sombres qui remplissaient le ciel. Une toile qui se tâchait doucement, sans l'ombre d'un nuage à l'horizon. Une nuit trop jeune pour les étoiles, une nuit trop jeune pour les regrets. Et qu'est-ce qu'il avait à perdre, Yasin ? Rien. Quelques minutes, peut-être plus. Il devait la voir, en privé. Gabriela. Cette inconnue aux fragrances familières, cette collègue dont leur passé commun n'avait rien de professionnel. Ironique, pour des psychologues dont la profession était de s'intéresser aux mécanismes du cerveau. Des mois auparavant, lorsqu'il avait quitté la convention, Yasin en avait plus appris sur l'anatomie de la brune que sur … le thème de cette convention, quel qu'il soit.
Il avait réussi à ne pas mentir à Victoria, en lui annonçant avoir apprécié l'événement.

Le hasard des choses faisaient qu'ils partageaient le même bâtiment dorénavant, et qu'inévitablement, une discussion s'imposait. Du moins, c'était comme ça que Yasin ressentait les choses, après avoir ressenti une gêne perpétuelle en sa présence ces derniers jours. Annonçant sa présence, il n'a pas à attendre très longtemps avant que la porte ne s'ouvre sur la porto-ricaine. Son prénom glisse d'entre ses lèvres, ce qui était aussi normal qu'inhabituel. Sa réflexion lui arrache un sourire, et il se laisse inviter dans le bureau de sa nouvelle collègue. S'il perd quelques instants à détailler les changements dans la pièce – le plus notable étant le tableau qui ornait l'un des murs – il ne s'y arrête pas plus que cela. Gabriela était, de toute façon, plus agréable à regarder que n'importe quelle pièce d'art. Gabriela. Prononcer son prénom était au moins aussi étrange que l'inverse. Yeah. I guess we can just - C'était bizarre, putain. Tellement bizarre, tellement ridicule. Ses paupières se ferment, ses sourcils s'étirent et dans un rictus, il avoue. This is so weird. Il a envie de rire, de rire de lui-même, d'eux, tant cette situation était à chier. I just wanted to forget these past few days and start again. If you don't mind.

Pourquoi c'était si simple lorsqu'ils ne disaient rien, et si compliqué à la seconde où ils devaient se parler ? Il tenta de reprendre contenance, se redressant et n'appliquant sur son visage que le sourire poli qu'il offrait à ses patients. Pendant un court instant, il s'est revu, en train de mordre son sandwich à pleines dents, voyant débarquer à l'improviste ce jeune inconnu dans son bureau. Yasin était devenu maître dans l'art de porter un costume trois pièces et était capable d'apporter des conseils même au plus avisé des patients – ce jour-là, le fils du collègue qui, fut un temps, occupait ce même bureau où il se trouvait à présent. Il était capable d'entretenir des rapports professionnels avec une collègue.
Reprendre depuis le début. Et pourtant incapable d'oublier ce qui s'était passé. Hi. My name is Yasin Shankar and I'm a psychologist in this office for almost three years now. It's a great pleasure to welcome you here and please, call me Yasin. Si ses paroles avaient tenu le choc et passé haut la main l'examen du type le plus chiant du monde, ses prunelles avaient commis l'erreur fatale de croiser celles de Gabriela dont il n'arrivait pas à se défaire. Pas alors qu'il n'y avait qu'un pas entre eux, pas alors qu'il n'y avait littéralement rien dans cette pièce qu'il pourrait prétendre trouver intéressant.

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MessageSujet: Re: play. pause. rewind. repeat. (yasina)   play. pause. rewind. repeat. (yasina) EmptyDim 6 Jan 2019 - 21:42

Les présentations usuelles d’une première rencontre, un détail duquel ils avaient fait fit des mois auparavant. Le poids des mots ne pouvant égaler le langage de deux corps qui se découvre, s’apprivoise sous le couvert d’un anonymat libérateur. Des lippes ne laissant s’échapper que des soupirs de cet échange lascif. Des murmures dont seuls les murs de cette chambre d’hôtel avaient été témoins. Un secret scellé à double-tour derrière la porte de cette consultation privée qui manquait pourtant de professionnalisme.  Deux êtres qui ne devaient pas se recroiser, deux routes qui avaient pris des directions opposées. Au détour d’une courbe, le destin se bidonnait bien de son petit coup de maitre.
De l’autre côté du décor, planté dans ce couloir et n’attendant qu’une invitation pour la rejoindre dans ses retranchements, Yasin patiente à l’image de ceux qu’ils font parfois un peu trop attendre dans la salle leur étant dédié. Mais la porte s’ouvre bientôt sur l’étrangère aux courbes familières. Et des mots glissent entre ses dents. Une constatation en guise d’aveu. Une remarque pour ceindre ce qui leur semble pourtant évident. Ce malaise palpable qui empoisonne l’air ambiant. Un inconfort qu’ils partagent communément.
Il y a son prénom qui lui brulent les lèvres, son étrange qui parvient jusqu’à ses oreilles. Incongruité à laquelle elle devra s’habituer. Se familiariser. Une vile nécessité. Un rire nerveux s’échappe de l’ancien amant, un rire qui trouve écho chez elle, alors qu’il s’avoue vaincu face à l’étrangeté de cette situation. – Awkward, too. If I can say. – Une façon comme une autre de désamorcé cette bombe qui menaçait à tout moment de leur sauter à la figure. Une explosion qu’ils parviendraient sans doute à contenir, si chacun y mettait du sien. Évidemment. – Go ahead, then. – qu’elle l’encourage, alors qu’il émet le souhait de repartir à zéro. De rejouer cette scène qu’ils avaient omis de pratiquer, préférant passer de la théorie à la pratique sans s’encombrer des conventions. Un vœu terriblement pieu qu’elle aimerait bien pouvoir lui accorder, mais qu’elle n’a pas les moyens de lui faire oublier.
Encore faudrait-il qu’elle en désire autant.
Un discours barbant et des propos mémorisés, récités. Tel un pauvre gamin planté devant sa classe pour un exposé oral. Elle l’écoute, pourtant. Emmagasine chaque information qu’il peut bien vouloir lui livrer. Si peu pour compenser ce qu’elle connaît déjà de lui, sous ses couverts de professionnel affirmé. Un clash percutant entre souvenir et réalité, songe et vérité. L’examen de son regard qui s’impose sur la silhouette de son opposé suffit pourtant à corroborer les faits que son système nerveux lui transmet en pensée. Le contour de sa mâchoire. La forme de ses lèvres. Le pli au coin de son œil avisé. Des pupilles qui se croisent. Un flagrant délit mit à nu sous la lourdeur de son regard. Raclement de gorge pour briser le silence des lieux. – May I? – Se présenter, évidemment. Tel qu’il est sous-entendu. À son tour de se prendre au jeu. – Gabriela Baez, I’m the new psychologist in this office. Just arrived, days ago. I did my specialty in sexology and I advised couples who deals with some difficulty for several years, now. – Des mentions sur un curriculum vitae, des détails d’un parcours professionnel couché sur papier dont il avait toutes les cartes en main. – I'm pleased to have the opportunity to work here.Pleased to meet you again, too. C’est une distance bien éphémère qui s’impose entre les deux. Quelques poussières pour combler ce terrible creux. Une idée fugace de s’imposer à nouveau dans son univers. Rictus amusé au moment de réaliser que le travail a déjà été entamé. – Sorry I must say, but you’re much more skilled with your hands than with your words, Yasin. – Remarque incendiaire qui risque de tout faire s'enflammer.


Dernière édition par Gabriela Baez le Jeu 7 Fév 2019 - 2:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: play. pause. rewind. repeat. (yasina)   play. pause. rewind. repeat. (yasina) EmptyJeu 10 Jan 2019 - 23:13

L'idiot. Il s'était emmêlé tout seul. D'un pas de côté d'une action injustifiée d'un rendez-vous approprié. A pieds joints, il avait sauté au milieu du désastre et les mains liées, il tentait d'échapper à la sentence. Pire – plus il parlait et plus il pouvait voir l'étau se resserrer autour de sa gorge. Chaque parole n'était qu'affront, qu'étrangeté. Comme s'il était anormal que ces deux-là s'expriment de cette manière – après tout, ils étaient plutôt doué pour déchiffrer le langage physique.
Il devait mettre leur passé derrière lui pour envisager une relation professionnelle avec Gabriela, mais un signal d'alarme lui criait au désastre. Même avec ses encouragements, il frôlait le désastre. Comme si la frôler elle n'était pas suffisant. Juste un peu de rien entre eux, une poignée de centimètres qui les jugeaient sans pitié. La brune aussi, dont le regard ne taisait pas le fond de ses pensées.
Le soulagement dans ses veines quand, enfin, elle brise leur silence. Yes, please. Est-ce que ses mots à elle appelaient à l'aide, aussi ? Est-ce qu'entre les mots se glissaient des signaux de détresse ?
Sans doute pas.
Il n'y avait que lui. Stupides murmures au fond de son crâne, stupide décision d'être venu frapper à sa porte. Il écoute religieusement des informations dont il connaît déjà l'existence, dont, clairement, ils se moquent tous les deux. Des paroles pour faire façade, murs de sa propre prison. Il l'avait cherché, Yasin, en venant la déranger. Comment s'en dépêtrer, maintenant ? Encore faudrait-il qu'il puisse se détacher de son regard, de son emprise invisible. Coincé, il n'était pas certain de ce qui adviendrait lorsque les barrières céderont. Ce n'est pas la liberté qui l'attend. Ce n'est pas son costume qui l'empêchera de succomber, Yasin n'est pas un super-héros.

Il n'est rien qu'un pauvre mortel dans l'orbite de Gabriela, Miss Monde. Sûrement qu'elle s'était trompée de concours, que c'était Miss Univers plutôt parce qu'elle pouvait pas être humaine, elle pouvait pas être comme lui. Elle pouvait pas flirter avec lui. Mais elle était bien plus douée que lui, l'alien. What a shame. Alors il n'avait qu'à se taire.
Et à laisser ses mains parler. C'était si simple.

(mais il n'est qu'un putain d'être humain, lui.
Un foutu être beaucoup trop faible pour choisir
entre la raison et la passion,
il se laisse brûler par les allumettes,
se laisse marquer aux portes de l'abattoir.)


Pourtant quand il l'attire à lui, rompt la distance entre eux, c'est pour glisser encore des mots au creux de son oreille. Quand bien même elle lui a dit que c'était une mauvaise idée. Il y verse ses suppliques – avec un peu de chance, elle l'écoutera. So tell me, are we a straight up messed couple ? Because I'm having some serious difficulties talking to you, and I'd like some advice ... Il parle trop. Fais-moi taire qu'il réclame en silence.
Il n'a qu'à tourner la tête, juste un peu, pour que ses lèvres effleurent sa joue. Ce n'est qu'un baiser fugace, une invitation. Un bonsoir ou un adieu.

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MessageSujet: Re: play. pause. rewind. repeat. (yasina)   play. pause. rewind. repeat. (yasina) EmptyJeu 7 Fév 2019 - 0:02

Ils n’étaient que deux silhouettes qui tanguaient l’une vers l’autre dans un océan d’ambiguïté. Là où les mots s’étaient tus, des mois plus tôt. Là où les gestes avaient su écrire sur leurs peaux toutes ces choses qu’ils n’auraient su se dire. Un silence réconfortant, enivrant, qui les avaient englouti tout entier. La noirceur pour les cueillir en son sein, et sceller cet épanchement passionné au nom d’un anonymat qui désormais se voyait révolu. Curieux hasard parmi tant d’autres choses. Une série de circonstances pour venir ébranler un statu quo quasi-permanent. Il n’avait suffi que d’un nom méconnu sur un curriculum vitae, que de sa voix chantante au bout du fil pour convaincre l’autre de ses compétences. De ses qualités professionnelles. Car de son physique qu’il maitrisait du bout de ses doigts, il connaissait déjà tous les secrets.
Feindre un désintérêt lui avait paru plus raisonnable que de confronter le passé. Courbettes de politesses pour masquer le curieux malaise qui persistait pourtant malgré le passage du temps. Un face à face avec la réalité qui lui rejetait en plein visage les erreurs et les blessures qu’elle avait semé dans son sillage. Elle regrettait la portée de ses actes, les conséquences de ses actions. Un poignard planté en plein cœur de ce presque fiancé prêt à monts et marées pour elle. Prêt à se damner, si elle le lui avait demandé, et qu’elle avait condamné pour l’éternité à subir le courroux de son myocarde blessé. Elle ne regrettait pourtant pas l’acte en lui-même, Gabriela, non. Il avait été libérateur. Salvateur. Les interrogations trouvaient enfin des réponses, et ses doutes, des échos dans ses propres ressentis. Débandades d’un couple dont la date de péremption avait depuis longtemps expirée.  
Il expie un soupir quand elle daigne enfin parler. Prendre la parole pour combler ce silence alourdissant entre eux. Des phrases qui s’agglutinent au creux de sa gorge et qu’elle déblatère sans vigueur, jouant ce petit jeu des convenances qui sonne trop faux. Question de se leurrer plus encore sur la nature de leur rapprochement. De cette distance qui s’étiole peu à peu à mesure des secondes qui s’écoule dans ce petit monde qu’est le leur. Maladresse de ses mains qui se serre l’une contre l’autre, moiteur qu’elle décèle au creux de ses paumes agitées. Palpable tension qui se cultive dans le creux de leurs yeux. Entre ces regards qui se dévisagent à défaut de pouvoir se détacher l’un de l’autre. Comme des aimants, deux pôles opposés qui s’attire indéniablement, sans qu’il puisse être possible de ralentir cette collision pourtant prévisible à des mètres à la ronde. La remarque qui claque au bout de sa langue. Le sourire qui se pose sur ses lèvres pincés. Il ne suffit que d'une petite étincelle pour rallumer le feu d’une passion incendiaire qu’ils avaient cru éteintes, laissée sur des cendres fumantes qu’un seul souffle pouvait raviver. Le sien tout contre sa peau. Tout comme ses mains pour s’agripper à sa taille, tel un prédateur qui s’empare de sa proie, sans savoir lequel des deux menait véritablement ce combat.
Le frison qui danse contre son échine alors que sa voix se cueille tout contre son oreille. Des propos au contenu si inoffensifs mais pourtant si indécents ainsi sortit de la bouche de l’amant. Des murmures qu'elle fait luire pour donner résonance à ses mots. – Quite frankly, I’m not really sure what we really are, Yasin. – Son prénom comme une supplication, alors que les lèvres de l’autre trace leur passage le long de la chair rougit de son visage gracile.  – But you should know, actions speak louder than words. – De sages paroles pour le tenter de le faire taire. Un geste pour éviter de lui prouver le contraire. Quand sa tête pivote en sa direction, c’est sa bouche qui frôle la sienne avec une certaine hésitation, flirtant avec ce désir chevronnant qui prend naissance dans le creux de son ventre. Un désir fugace de posséder ces lippes. De se les approprier à nouveau, ne serait-ce qu'un maigre instant. Une provocation pour mieux le torturer. Pour mieux se faire désirer. Kiss me. Imploration silencieuse d'une pauvre âme en perdition, prête à faire naufrage contre sa peau.
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