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 five degrees (sord)

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MessageSujet: five degrees (sord)   Mar 4 Déc - 23:53

— did you think it was love ?
is love a feature of your kind ?
[ sord ] @governors

Les yeux creusés et les joues mal rasées. Il traîne des pieds jusqu'au bureau, longe les corridors trop familiers, cachant les marques d'une énième soirée d'excès derrière ses lunettes de soleil. Il s'avance et se fond dans la masse, malgré les regards curieux qu'on lui adresse, les sourires en coin et les murmures qui s'effritent sur son passage. Ses pas résonnent sur le sol, au moins autant que les regrets dans sa caboche blonde. Le goût de l'éthanol, encore résolument accroché à son palais, n'a pas suffi à diluer le reste dans son esprit. Son odeur à lui, la brûlure de ses doigts contre son derme, mais surtout la violence de ses mots sous l'écran de son téléphone. Forget it. Il aimerait parfois, Seth. Se cogner la tête assez fort pour tout oublier. Le bon, et le mauvais ; lui, dans son intégralité. Ses mimiques et ses demi-sourires, le camaïeu azuréen de ses prunelles, les harmoniques de ses gémissements. Tout oublier et reprendre à zéro. Tout oublier et ne jamais l'avoir rencontré. Mais la silhouette, elle est toujours là, dans un coin du tableau. Même quand il cherche à la fuir – à croire que ce monde n'est plus assez grand pour eux deux. Il lâche un énième soupir et abandonne le gobelet de café dans une poubelle, avant de s'imposer dans le bureau. Il ne prend même pas la peine de frapper, Seth, la fatigue efface son bon sens et les bases élémentaires de la politesse.
Le bureau est froid et vide et lui, il se fige quelque part au milieu, derrière un fauteuil trop confortable dans lequel il refuse de s'asseoir. Ses mains pincent le cuir et il fait rouler sa tête, oublie les tensions dans sa nuque. Un bruit presque trop léger le ramène à lui. Cette porte qui s'ouvre à nouveau, mais pas sur le patron non, sur lui ; sur l'autre. Il ne le regarde pas tout de suite, Seth. Il s'offre encore quelques secondes, avant la prochaine bataille. Inspire tant qu'il le peut encore, alors que l'air se fait vicié. « Where is he ? » Salut, tu vas bien ? Des formules d'usage qu'il balaye vivement de la main. Ils n'ont plus le temps pour ça – plus le cœur, non plus. Alors il se rabat sur le reste, sur du factuel. Une question qui perce le silence, mais qui importe peu, dans le fond. Abberline, il n'est pas pressé de le revoir, l'agent. Il arrivera pourtant d'une minute à l'autre, sans aucun doute.
Finalement, il tourne la tête. S'autorise un regard en biais, qui dérive lentement pour s'ancrer totalement au sien. Il le dévisage, caché derrière ses verres sombres, laisse ses iris redéfinir les lignes de sa silhouette. Ses lèvres se pincent et son cœur se serre, pour retenir tous les mots qu'il aimerait dégueuler là, juste pour lui faire du mal. À la place, il se détourne avec indifférence. Observe de loin la vue qui se découpe derrière les grandes vitres. « I'll have a coffee. With some milk and five sugar cubes. » Ses phalanges se resserrent sur le fauteuil, le poison perle de ses lippes écorchées. Il le rabaisse, car il ne sait pas faire mieux. Il ne sait plus.

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Ford Rosendale

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MessageSujet: Re: five degrees (sord)   Jeu 6 Déc - 22:17

Couché trop tard, levé trop tôt. La nuit à peine entamée quand le téléphone a sonné, foutant en l'air ce sommeil brouillon que tu n'as que trop galéré à trouver. L'esprit trop embué, trop occupé par ce même visage. Ces mêmes mains, brûlantes contre ton épiderme. Et rien pour effacer la guerre dans ton crâne, quand les mots acerbes ont coulé de tes doigts sur le clavier. Des échanges ponctués d'une haine factice, que t'imagines réelle dans une recherche vaine de réconfort. Des rêves vides, comme dernier bouclier solide. Protection qui a pourtant volée en éclat par les appels répétés de ton autre bourreau. L'horloge affichait une heure indigne et tu t'es levé, pourtant. T'as traîné ta carcasse à travers la ville, jusqu'à la gare. Une nuit en miettes, que t'as essayé de récupérer contre la vitre du train. Aller-retour à la capitale, pour récupérer un putain de bout de papier. Pas un merci, quand t'as déposé le contrat sur son bureau.
Tu carbures au café depuis de trop longues heures, peines à tenir debout malgré ton sang noyé dans le liquide brûlant. « FORD ! » Le son pareil à un grincement sur un tableau, agression contre tes oreilles. Il beugle, à travers le mur. Apparaît dans l'encadrement de la porte, ce même visage fermé à tout sentiment humain. Tu relèves la tête, quitte des yeux l'écran de ton ordinateur portable pour affronter les siens. « Go get me my coffee while I'm gone. Ten minutes. » Il passe devant ton bureau, ignore les potentielles remarques qui pourraient passer tes lèvres. Et qu'est-ce que tu peux dire, de toutes manières ? Tu soupires, serres la mâchoire. One day, you will quit. Just hold on until then.
Neuf minutes. Tu pousses la porte de son bureau, les phalanges serrant le café noir, sans sucre, avec supplément crème. Le liquide brûlant que tu préférais lui jeter à la face plutôt que de le déposer délicatement à côté de son clavier. Des gestes qui deviennent presque mécaniques. La même scène, pratiquement tous les matins. La même aujourd'hui.
Presque.
La silhouette assassine qui se dessine, réveille le sang dans tes veines. Lui, et son air assuré, comme s'il possédait les lieux. « Coming in one minute, give or take. » Le ton qui se veut neutre, professionnel, à l'idée que l'autre débarque au milieu d'une guerre qui s'installe. Tu déposes le gobelet sur le bureau, à la même place que d'habitude. Cherches à ignorer sa présence, alors que son parfum est comme une agression. La fragrance encore ancrée dans ton crâne, comme sa voix résonnante contre tes lippes. Les soupirs lascifs, impossible à oublier. Son regard, que tu préfères éviter à l'instant. De peur de chuter, de sombrer à la seconde même. Et cette langue qui claque, assènent des mots d'un ton trop différent de celui de ses suppliques suaves. Y'a un rire qui passe tes lèvres, résonne contre les murs. « Good for you, Starbucks is down the street. » Ce même venin, devenu réflexe entre les lippes de l'acteur. Des assauts auxquels tu devrais être habitué, mais qui déchirent pourtant toujours autant ce pauvre muscle dans ta poitrine.
Des pas qui se rapprochent, résonnent comme un danger dans ton crâne. « Seth, pleasure to see you. » L'agent te contourne, comme une vulgaire pièce du mobilier, la main tendue en direction de ton démon. You can try all you want, boss, but the throne of my personal hell is taken. Tu t'adosses contre la fenêtre, croise les bras en détaillant la scène qui se joue sous ton regard. « You kept me waiting, did you lost your phone or something ? Here, take a sit. » Il s'installe, lui. Sur ce fauteuil en cuir qui écrit patron en lettres majuscules. Et alors que tu deviens invisible, tes prunelles divergent, se perdent sur les traits de l'acteur. Glissent le long de ses mèches blondes, définissent sa mâchoire. La chaleur au creux du ventre, le crâne qui rejoue cette nuit dans ses plus beaux détails.

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MessageSujet: Re: five degrees (sord)   Jeu 6 Déc - 23:58

Des regrets qui s'alignent entre les parois de sa boîte crânienne, dès qu'il le voit, lui. Lui et ses regards appuyés, lui et ses sourires conquérants. Ça simple présent lui soulève le cœur, au point de vouloir en dégueuler toute la rancœur du monde. Il lui en veut, Seth. Mais il s'en veut, aussi. D'avoir essayé, d'avoir voulu être quelqu'un d'autre que celui qu'il est devenu. Il s'en veut, d'avoir été aussi bon, aussi naïf. Il s'en veut d'avoir tant aimé ça, juste pour le haïr un peu plus aujourd'hui. Les frissons qui dansent sur ses vertèbres sont violents, au moins autant que cette nuit-là. Mais ils n'ont plus le même sens, non. Les décharges qui percutent son derme ne sont rien de plus qu'une succession de réactions chimiques en cascade exprimant son dégoût. Pour lui-même, pour l'autre – Ford. Un rejet violent et physiologique, des suites d'une greffe de cœur bancale, foirée, qui laisse de terribles séquelles aujourd'hui.
La distance professionnelle ne leur va pas. Nécessaire et douloureuse. Il aimerait le voir comme du répit, Seth, mais ça l'étouffe ; il aimerait que Ford ne soit pas là du tout. Perdu n'importe où, à se rouler dans la boue avec ses amis et à brûler de l'essence, loin d'ici, de cette pièce où il étouffe lentement. Son regard éclaté cherche au-delà de la vitre, contourne les bâtiments familiers, pour ne pas avoir à le regarder lui. A se souvenir, à chaque fois qu'il imprime sa silhouette sur ses rétines, de tout ce qui s'est passé. Deux corps s'imbriquant parfaitement au milieu d'une nuit sourde, bercée par les gémissements et un simulacre d'amour qui le révulse aujourd'hui. Seth, il aimerait tant oublier, comme Rosendale l'a fait. Impossible, alors que les marques de leurs ébats constellent encore son derme ici et là. Des traces qu'il attribue à d'autres divines créatures, car le simple fait de penser au véritable artiste lui est devenu insupportable.
Il n'en rit même pas, Seth. Il laisse les mots de l'autre couler dans le vide. Il n'a plus envie de répondre, encore moins de s'empoisonner sur ses répliques. Alors il laisse passer. Et l'autre arrive de sa démarche saccadée. Il lui serre la main avant de s'échouer dans un des fauteuils. « Uh, yeah, sorry. » Il secoue la tête et tente de se focaliser sur l'instant présent, alors que son esprit est ailleurs – un quatrième dimension un peu plus supportable à vivre. « I was pretty busy. » Un regard qu'il détourne, pour le poser avec un dédain certain sur lui. L'assistant aux faux airs de chérubin. Un sous-entendu qui perce entre les consonnes et les voyelles. Une manière détournée de lui montrer à quel point le souvenir de cette nuit le hante – le révulse. C'est à peine si le patron s'en rend compte, à rayer et raturer son agenda sous tous les angles possibles. « Yeah, sure. Anyway. So, after what happened with Leo, what's your next move ? » Il prend un temps pour se reconnecter à la réalité, Seth. Pour ignorer le regard de Rosendale qui lui ronge la peau et lui entame les chairs. « Don't know. Maybe being myself would be just fine. For once. » L'ironie au bord des lippes. Une certaine lassitude dans le ton. Il en a marre d'essayer, Seth – marre d'être le playboy qu'on attend qu'il soit. Il aimerait être lui, pour une fois – être lui, comme avant. Il aime crever l'écran quand il joue un rôle. Il n'a pas envie de crever tout court, à force de vouloir être quelqu'un d'autre. « That's how you kill a career. No, I think we need to do more photo shoots with models. Or find yourself a cute girl. People love stories between celebrities and ordinary people. » Un certain mépris pour la race humaine. Seth, il a du mal à concevoir que les autres ne soient que des pions à manipuler. Mais il ploiera face aux volontés de son agent, car il le fait toujours.
Il bouge un peu dans son fauteuil. Hausse les épaules et un soupir lui échappe. Yeah, whatever. Des mots qui résonnent si fort dans sa tête qu'il a l'impression de les dire, mais rien n'abandonne le vermillon de ses lèvres. Le silence retombe. L'autre griffonne toujours son carnet et Seth, il pose ses prunelles sur Ford. « Oh Ford, please, could you grab me a cup of coffee ? With milk and five sugar cubes. » Et il en fait exprès, Seth, un maigre sourire espiègle aux lippes. Il en abuse, de son petit pouvoir, il reformule sa demande car il sait que l'autre, le boss écoute et que c'est le moment ou jamais pour prendre sa petite vengeance.

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MessageSujet: Re: five degrees (sord)   Sam 8 Déc - 17:28

C'est une parodie qui se joue sous tes yeux, et tu retiens ce rictus qui menace d'arracher tes lèvres. Les yeux de l'acteur croisent les tiens, un regard que tu ne lâches pas si facilement. La mâchoire serrée, la rage enfouie au fond du crâne pour ne rien laisser paraître. Pas ici, pas maintenant. Pas alors que l'autre, l'inconnu s'imposant au milieu de ce duo chaotique, est présent. Alors tu finis par détourner les yeux, par laisser tes pupilles divaguer dans la pièce sans vraiment s'accrocher quelque part. T'écoutes la conversation, te fais violence pour ne pas réagir. Ne pas soupirer à ces mots du patron, qui ne font que couvrir pauvrement une homophobie trop encrée dans ce business. Et dans le fond, malgré tout ce que tu pourrais dire, tu t'sens mal pour Abberline. Pour rien au monde tu ne voudrais être à sa place à cet instant. Au final, tu comprends ce manque de combattivité de sa part, tu comprends la façon dont il s'écrase face aux ordres de l'autre.
Parce que t'es dans la même situation, quand tu prends le temps d'y penser. Des insultes, un comportement exécrable que tu supportes. Tu prends sur toi, un peu plus chaque jour, dans un espoir idiot de pouvoir évoluer ailleurs dans cette industrie. Subir les pires humiliations, en attendant de tomber sur la bonne personne, sur le bon contrat. Tu cherches le regard de l'acteur, à ces pensées qui s'installent dans ton crâne. Look at you two, you're not so different, after all. Mais alors que les yeux se croisent, ce n'est pas la même chose qui se déroule dans la caboche de Seth. Le visage déformé par l'agacement, la réaction impossible à cacher. Ce n'est pas toi l'acteur, ici. Fucking prick. Tu décolles ton dos de la fenêtre, lui assène un regard d'une noirceur non dissimulée. Et le sourire, pourtant, forcé sur tes lèvres. « Sure, it's so kindly asked. » Go to hell, Seth. Tu t'avances vers la porte, passes trop près de l'acteur au passage. « Bring me the file about the famous Paperies girls. » La voix te hérisse le poil and not in a good way.
Aller-retour. Encore. Story of your life. Tentation malsaine de foutre en l'air son café, d'y ajouter du sel au lieu du sucre. Mais tu ne prends pas le risque, pas quand tes moindres faits et gestes sont surveillés par celui qui paye ton salaire de misère. Tu profites de ces quelques secondes de répit pour retrouver la face, remettre les compteurs à zéro dans ton crâne. Tentes vainement d'effacer ces souvenirs toujours brûlants. De ne plus sentir ton palpitant s'alerter à chaque fois que tes pupilles se posent sur son visage. Ne plus te laisser absorber par son regard.
Le café et le dossier sur le bureau. Tu n'attends pas de remerciement, plus depuis tout ce temps. Tu retrouves ta place contre la fenêtre, enfonces tes mains dans les poches de ton pantalon. Le patron saisit le dossier entre ses phalanges, passent les pages une à une. « Pretty sure we can find a suitable girl here. » Des photos par dizaines, des gonzesses toutes plus belles les unes que les autres. Du bétail, en somme. Un chèque d'une somme que tu ne pourrais que rêver, pour une relation que tu ne fais que caresser du bout des doigts. Et tu ne réalises qu'à l'instant que tes yeux sont braqués sur Seth depuis de trop longues secondes, perdus sur les détails de son visage. Longent sa silhouette dans une retenue moindre. « What the fuck is this ? It's incomplete ! » La voix déchire les songes, force ton regard à quitter les traits divins pour retrouver l'enfer. La gueule déformée par la colère, les yeux qui te flingueraient sur place s'ils le pouvaient. « I'm sorry, what did you say ? » Le ton bien moins assuré qu'à l'habitude, bien moins conquérant que celui auquel tu tentes d'habituer l'acteur. Tu t'écrases, face à l'autre. « You deaf or something ? Where is the rest ? » L'incrédulité sur tes traits à ses mots. Tu te souviens d'avoir fait ce putain de dossier, y'a quelques semaines. Te rappelles des mots exacts de ton tortionnaire. Find me twenty gold digging bitches who are famous on Paperies. I want my file in one hour.
Tu secoues la tête, fronces les sourcils. En oublies presque la présence de Seth, tellement tu sens la rage de l'autre remplir la pièce. « You said twenty. This file contains twenty profiles, no more, no less. » Mais tu pourras sortir tous les arguments du monde, il aura toujours raison. Les problèmes seront toujours de ta faute, ça sera toujours tes erreurs. « Bullshit ! You really are a useless, miserable, stupid good-for-nothing ! » Tu baisses les yeux, Ford. Serrent la mâchoire et tes poings dans les poches de ton pantalon. Et comme ça, en un claquement de doigt, il oublie ta présence. Se reconcentre sur l'acteur en lui présentant le dossier. « Guess it's your lucky day, you get to pick one of these girls. »

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MessageSujet: Re: five degrees (sord)   Mar 11 Déc - 0:16

Des souvenirs qui se calquent entre les vérités et tout ces mensonges qui s'accumulent au bord de leurs lèvres. Ils s'amusent, s'abusent. Jouent sur les mots et les sentiments pour mieux se détruire. Une bataille sans fin, décomposées en tout petits riens. Des faits, des gestes. Un mot plus haut que le précédent, un regard à l'angle douteux, un sourire percé de mauvaises intentions. Ils se détestent car c'est plus facile que de s'aimer, pourtant, ils s'impliquent autant, si ce n'est plus. C'est épuisant de trouver les bons stratagèmes, de donner de soi et de mourir à chaque échec – à chaque victoire, aussi. Tous les coups bas font sourire sur l'instant, et l'achèvent ensuite ; pourtant il y revient constamment, Seth. Un rituel ancré au myocarde. Réflexe marqué sur chaque nerf, chaque muscle. Alors, il demande ce café, et c'est d'abord grisant. Jouissif, même. Le circuit de la récompense disjoncte dans son esprit torturé et ses prunelles pétillent, devant l'air qu'affiche Rosendale. Une victoire éclatante aux premiers abords. Puis fade, au final. Pathétique, même. Obtenue par la force, sans véritable enjeux, sans efforts ni stratégies. Juste le vice de l'industrie qui commence à déteindre sur son palais ; un goût amer et sucré, celui du petit pouvoir. Celui de l'autre, normalement. Ce patron aux méthodes douteuses.
Il disparaît, Ford. Silhouette qui s'étiole entre les corridors. Seth, il reprend son souffle et relâche la tension qui court entre ses épaules et ses trapèzes. Son cœur freine sa course et tout revient à la normale, plus ou moins. Il y a toujours les regards sévères de l'agent et les mots dégueulasses qui perlent de ses lèvres. Un court répit, et le match reprend, la cloche du ring substituée par le grincement subtil de la porte. La silhouette se faufile à ses côtés, trop proche et trop distante à la fois. Il laisse son regard longer ses pas et ses jambes, se détourner vers ce café qu'il ne touche même pas. « Thanks. » Syllabes égarées dans un silence perfide, assassin. Des lettres qui ricochent mais qui ne valent plus rien. Le mal est fait.
Des portraits et des noms qui se ressemblent. Des sourires trop francs, des blondes, des brunes, des poitrines dévoilées au nom de l'influence. Une popularité définie par les poses lascives et la couleur d'un rouge à lèvres. Autant de détails qui l'indifférent, alors que les pages s'étalent sous ses yeux. Le malaise lui ronge les tripes, alors qu'il cherche à ignorer les prunelles insistantes de l'assistant. La température grimpe dans ses veines et l'incendie lui dévore le système. Les frémissements d'une nuit lointaine roulent sous son derme, vicieux. Le patron revient à la charge et sa langue claque, abandonne des mots terribles. Ça ricoche dans la tête de l'acteur. Ça fait mal, car ces mêmes propos, il pourrait les prendre pour lui. C'est un regard concerné qu'il pose sur Ford. Ford qui s'oublie et s'efface dans un silence forcé. « Hm it's okay. Twenty is already way too much, anyway. » Un rire maladroit qui déborde de ses lippes. Il secoue la tête et repousse le dossier du bout des doigts, visse ses prunelles dans celles de l'agent. « I'm not doing this. I don't know these girls. » L'autre pouffe avant qu'un rire gras ne roule le long de sa gorge. Il s'enfonce dans son fauteuil, Abberline. « And so what ? You'd rather tell everyone about your faggot ass ? » Un sourire nerveux qui trace des sillons dans ses joues. Il le prend à la rigolade, Seth. Entend une blague, quand l'autre lui dégueule son homophobie au visage. « No, I didn't mean to... » Des mots qui ne s'achèvent même pas. L'autre se lève de son fauteuil et récupère son café, son téléphone. « Whatever. We're doing this. You know you can trust me. I know what's best for you. Pick a girl, I need to make a call. » Une fois de plus, il n'est pas question d'entendre son avis. Alors il se replie, Seth, acquiesce en silence et écoute la porte claquer, quand l'autre s'évade.
Il se laisse fondre au creux du fauteuil. Repousse le dossier et échappe un soupir, dans ce silence aussi reposant que pesant. Il se dit qu'il devrait sortir, lui aussi. Se montrer irresponsable, une dernière fois, avant la prochaine. Il s'y refuse mais pourtant, son regard cherche la silhouette de Ford. Ces traits qui provoquent la colère, au moins autant qu'ils le rassurent. « You're ok ? » Une question qu'il ne pensait jamais poser, mais qui déborde de ses lèvres sans qu'il ne puisse la retenir. Ses doigts s'emmêlent et s'entortillent sur les vestiges de sa nervosité. Il attrape enfin son café, Seth, et y noie ses pensées les plus terribles. « Looks like he's terrorizing you. And you're just... Saying nothing ? Well, you're not that tough, after all. » Des mots qui tombent comme une sentence. Il ne pouvait pas être simplement gentil, non. Il y a toujours une contre partie, et cette rancune tenace qui s'en mêle.

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MessageSujet: Re: five degrees (sord)   Dim 16 Déc - 22:10

Une scène que tu voudrais éviter. Témoin coincé au milieu des échanges teintés d'une haine non dissimulée ; celle de l'agent, à l'encontre de l'acteur et de ce qu'il est réellement, derrière toutes ces fioritures et les flashs. Cette personne que tu détailles, derrière son visage. Celui contre lequel tu sombres inexorablement, à chaque sourire trop enjôleur. Malgré le poison qui dégouline de ses lippes, tu finis toujours par t'y raccrocher. Pantin entre ses mains. Idiot qui n'arrive pas à dire non, malgré ce rôle que tu tentes vainement de revêtir. Comme si ça ne t'affectait pas plus que ça, comme si tu t'en foutais, au final. Jokes on you, you care way too much about him. Les efforts stupides, sans aucun résultat concret. Une obstination qui n'est qu'une perte de temps, quand t'y réfléchis vraiment.
Le visage reste neutre, les deux s'évadent vers le mur plutôt que sur les deux combattants. Mais t'as le palpitant qui se soulève, pourtant,q uand il tente de glisser ce pâle refus. Essai renvoyé presque immédiatement par l'autre. Et tu serres la mâchoire, Ford. Prends ses mots comme s'ils t'étaient adressés. Faggot ass. Cette intolérance venimeuse. S'il savait seulement, ce que sa future star réveille dans ton crâne et au creux de tes reins. S'il savait seulement, ces échanges lascifs des deux corps. Les souvenirs encore douloureux. Les traits de l'acteur que tu préfères éviter, pour ne pas remuer la mémoire trop vive.
Ignorance totale de l'autre quand il passe devant toi et disparaît. Et c'est à instant que tu réalises que tu retenais ta respiration depuis tout à l'heure. Le soupire s'échappe. Le cœur repart. Les doigts glissent entre tes mèches. T'es à bout, au bord du gouffre. La moindre des choses pour t'y jeter. Rien pour t'empêcher de sombrer. Puis c'est le visage de l'acteur qui se calque dans ton crâne, alors que ses mots ne débordent pas de venin. La surprise sur tes traits, impossible à dissimuler. Why do you care ? La question au bord des lèvres, sans jamais devenir réelle. Alors tu hausses simplement les épaules, t'avances vers le bureau de l'autre et t'y appuies. Les bras croisés, les jambes tendues alors que ta carcasse repose contre le bois hors de prix du meuble. La trêve de courte durée, alors que sa voix résonne à nouveau. Assène un ultime coup de poignard dans tes chairs malmenées. « Not in the mood, Seth. » Le ton las, peu prompt à la discussion. Alors que tu pourrais rebondir si facilement, Ford. Lui renvoyer à la gueule ses propres mots. Speak for yourself. La colère de l'autre se répercutant autant sur l'acteur que sur toi. Mais tu gardes le silence pour seule répartie. Les prunelles bloquées sur la fenêtre et la vue qui s'en dégage.
Dans son discours malhonnête, Seth a raison, pourtant. Tu ne dis rien. Jamais rien. Un mot plus haut que l’autre, et c’est l’Enfer sur Terre que tu déchaînes. Une défense faite de papier face au bourreau. Les mots acerbes d’Abberline paraissent bien plus sympathiques quand c’est l’autre qui ouvre sa gueule.
Tes yeux divergent alors, s'autorisent un passage sur les traits de l'autre démon du jour. Une vision qui provoque ce soulèvement dans ta poitrine. Malmène ton palpitant. Ta respiration qui se fait vacillante, quand tu sombres dans l'azur. I wish I could hate you. Les pensées s'entrechoquent, toutes plus malsaines les unes que les autres. Les souvenirs affluent, comme un baume contre ces blessures qui s'installent. Quelques centimètres conquis, alors que tu bouges en sa direction. Toujours appuyé contre le bureau, dernier rempart entre les deux silhouettes. La main s'aventure, glisse contre son bras. Saisit la sienne dans un contact qui devient vital, à chaque fois qu'il est dans la pièce. Les doigts entrelacés, un court instant seulement. La proximité que tu brises, en quelques secondes à peine. Parce que ce n'est pas la bonne chose à faire. Parce que ce n'est pas le lieu, ni le moment. Parce que c'est Seth, et qu'il n'apporte rien de bon. Mais putain, t'as le cœur tellement lourd, Ford. Blindé de toutes ces choses que tu ne dis pas. De tous ces sentiments que tu préfères réprimer.
Et tu flippes, tellement. Parce que c’est bien trop réel, tout ça. Trop réel, et impossible à contrôler. T’aimerais détourner le regard. Fuir ses traits qui t’hypnotisent. T’attirent inexorablement. Not that tough, indeed. L’écart qui se réduit, la distance qui s’écroule. Ses lèvres que t’effleures des tiennes, au début. Silence roi. Puis le baiser qui suit. Appuyé sur les rebords du bureau pour ne pas chuter sur lui. Le palpitant s’emballe dans la seconde, chauffe la peau de tes joues. Les lippes conquérantes, indécentes. « It was better in my memories. », que tu lui souffles en reculant.

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