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MessageSujet: never enough (victoria)   Dim 2 Déc 2018 - 21:04

Un regard plein de sévérité et de réprimande. Des mots écorchés au coin des lèvres. Et le reflet de cet homme à travers le miroir. Identique à moi. Identique à mon âme. Des yeux révolvers, jadis effarouchés face aux vallées verdoyantes de Cumbria. Un regard embrasé devenu gris d’amertume. Sirupeux face aux angoisses adultes. La carrière florissante et le mariage sur la corde raide. Des victoires contre des échecs. Une vie qui échauffait le sang. Qui faisait rouler le feu dans les veines. Je fixais mon visage et ses courbures. Les rides creusées au bord des paupières. Je me redressais gracieusement, le torse droit et les jambes élancées sous les plis du pantalon. Toutes les rencontres étaient formelles. Toutes les amitiés, les réunions. Mon esprit s’effaçait brusquement, disparaissait parfois. Ce sentiment qui nous liait, nous emprisonnait dans l’habitude du coeur. Je crispais la mâchoire et me tournais vers le lit. Elle dormait encore. Ma sirène échouée sur les draps nacrés. Une beauté qui illuminait le ciel. Un amour qui ravageait les chairs. L’adultère était passé. Mais le souvenir revenait. Il tailladait les mémoires et les sourires. Je lui en voulais dans un silence de mort. C’était vrai, je m’en rendais compte. Du moins, j’en avais l’impression. De comprendre ses failles. De les embrasser. De les chérir, autant qu’elle. Mes mains se crispaient sur les pans de ma chemise. Je marchais discrètement vers la porte et quittais la chambre pour rejoindre le vestibule. Les clés de ma voiture cliquetaient dans mes poches. Je m’installais dans l’habitacle et inspirais l’odeur de l’essence qui remontait. Le moteur rugissait et mes sens s’éveillaient. Sans elle — sans les inhibitions d’une alliance qui pesait trop lourd. J’avançais dans les allées de la ville. L’instant se fracturait au rythme de la musique. Une mélodie diffusée sur les ondes de la radio. Et des pensées vagabondes, retraçant les détails de nos promesses et de nos ivresses. Un enfant. L’envie d’une famille. Du foyer pour consolider des années d’engagement. Mais je découvrais à présent, ce portrait de mauvais goût. Une attente presque insupportable. Dénaturée par l’angoisse. La confusion. Et s’il était trop tard ? Je soupirais en m’engageant dans le centre ville, là où Victoria attendait. Un rendez-vous organisé à la dernière minute. Deux grands esprits qui se rencontraient dans la quiétude d’un dimanche afin d’échanger les sourires et les secrets. J’ajustais mon col et m’installais sur la terrasse. Les aiguilles de ma montre avançaient à reculons, faisant perdurer le suspens. Je tournais les pages du menu et fixais l’horizon brumeux. Les silhouettes se confondaient entre les bâtiments mais elle rayonnait de loin, telle une constellation d’étoiles, fauchant les lumières du soleil. Je l’apercevais et me redressais afin de la saluer. Elle n’était jamais en retard — une ponctualité que j’admirais. Une prestance gracieuse et un charme transcendant. L’héritière Walker n’avait pas changé. Toujours imposante dans ses gestes et ses mots. « Mi lady. » Murmurai-je en lui tirant une chaise.

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MessageSujet: Re: never enough (victoria)   Ven 7 Déc 2018 - 23:54


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L’affection qui s’amenuise à l’éloignement. Les relations qui se dessoudent avec la distance. Le classique out of sight, out of mind. que les âmes tortures de ce monde croient dur comme fer. La réalité ? Ce proverbe n’était qu’une excuse comme une autre, pour justifier des sentiments périssant. Quand un être à une importance quelconque dans la vie de quelqu’un d’autre, ce n’est pas le manque de sa présence physique qui le rend moins précieux. Out of sight, out of mind., une autre connerie philosophique que le gens prennent trop à cœur. Une illusion qu’ils adoptent pour ne pas admettre la vérité. Si la distance est suffisante pour oublier un être cher, c’est que peut-être, il ne l’était pas autant pour commencer. Il n’était pas précieux. C’était donc ça, une belle connerie qui n’a aucun lien avec la vraie vie, ou Victoria était spéciale. Spoiler alert, la psychiatre ne l’était pas. La vie est dotée d’une simple évidence, tout le monde est occupé. Tout le monde a son petit quotidien à vivre. Mais tout le monde finit par trouver un peu de temps pour les êtres chers. « My lord. ». Vicky adressait à Alex une réponse adéquate. « Merci. ». Dit-elle aimablement, le sourire qui accompagne toujours les gestes et paroles de l'héritière Walker. Installée dans son siège, la brunette prend le temps de jeter un regard à son ami, avant de plonger le nez le premier dans le menu du restaurant. L'esprit partagé entre plusieurs pensées. Feuilleter la carte, et choisir les bons mots pour aborder Alex. Entre autres. « Qu'est-ce qu'il y a ? », parce qu'il y avait bien quelque chose. Parce qu'il y avait toujours quelque chose. L'Anglaise ne se contenterait pas de lui poser un classique "ça va ?", car elle n'avait pas envie de recevoir un tout aussi classique "tout va bien" en retour. Le regard du jeune homme le criait silencieusement, qu'il avait besoin de parler. Cracher tout ce qu'il avait actuellement sur le cœur. Sans se sentir épié, jugé. Parfois, c'est tout ce dont l'être humain à besoin. Extérioriser les pensées, non pas pour trouver une solution, mais simplement pour admettre à voix haute qu'il existait quelque chose à régler. « Si tu penses me répondre par rien, tu es un homme mort. », le rictus qui couronne ses lèvres, et le regard tout de même rassurant. L'intonation de la voix féminine dénotait avec ses mimiques. Victoria, toujours fidèle à elle-même. Elle ne prenait pas de pincettes avec Alex, sauf que cela n'empêchait pas la brune d'être présente pour lui. Si l'avocat souhaitait prendre quelques instants pour peser ses mots, réfléchir, qu'il le fasse. Cela laissait à la brune une marge pour se décider sur son repas de la soirée.


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MessageSujet: Re: never enough (victoria)   Sam 8 Déc 2018 - 21:17

Les yeux plissés dans le vide. Un sentiment absorbé puis étouffé. Le doute du couple et le pardon. Tant de symboles qu’elle était la seule à déchiffrer. Parce que son esprit était doté d’un pouvoir. Sonder les âmes. Lire entre les lignes. Se rattacher aux courbes alambiquées de ces organes penseurs qui tourbillonner dans nos caboches rouillées. Je l’observais en silence. Une femme rebelle au sentiment, suspendu au sommet de la voute. Je souris en tournant les pages du menu. L’esprit ailleurs. L’esprit hors de sa portée. Elle ne pouvait effleurer la réalisation de cette monotonie qui rongeait les veines. L’absence de tristesse qui se transformait en douleur. En nostalgie ravageuse. Les murs soupiraient sous mon regard. Une abysse bleue où mes ambitions se mourraient lentement. Parce qu’il fallait faire le choix de la famille. Raccourcir les heures et retrouver Lisa. Je nous avais éloigné. J’avais creusé le gouffre sous nos pieds enlacés. Je déglutis en buvant une gorgée de vin. Le temps filait sous mes doigts. Et je regardais mon alliance. Je fixais ces promesses qui auréolaient les phalanges et les articulations. Je l’avais voulu si fort. Puis elle était devenue acquise. Un amour qui s’embrasait dans le coeur. Une passion effritée sous les battants d’une poitrine mécanique. Je fronçais les sourcils et acquiesçais avec politesse. « Vicky, c’est compliqué. » Grommelai-je en joignant les mains la table. Elle ne pouvait pas comprendre — la rage dissimulée sous le voile de bienséance. Le fantôme de l’amant et les secrets, pourrissant sous la chair. Le pardon était instantané. Mais l’oubli ne venait pas. Et l’envie de fonder un foyer était une dernière chance bafouée par le destin. La grossesse se faisait attendre. Le doute semait les idées noires. Je redressais les épaules. «Je suis en équilibre. Je suppose qu’il y a pire. Puis je n’aime pas quand tu m’analyses, je ne suis pas un patient. » Mes problèmes étaient des habitudes. Un choix constant à faire entre la carrière et le coeur. Des réunions interminables et des rendez-vous annulés. Des attentions qui s’essoufflaient et l’absence qui poignardait. Lisa m’en voulait — je la poussais à l’adultère. C’était un cercle vicieux. Et j’étais l’oeil du cyclope. «Je rend ma femme malheureuse parfois. Je suppose que c’est normal. » De décevoir. D’être en retard. D’essayer en vain. Je laissais échapper un rire nerveux en interpelant le serveur.

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MessageSujet: Re: never enough (victoria)   Ven 14 Déc 2018 - 17:20


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Compliqué, cela pourrait être synonyme de vie. Tout est toujours compliqué. L'exaspération du jeune homme eut le mérite d'arracher un sourire à l'Anglaise. « Tu as raison, tu n'es pas un patient. », un client peut choisir de maintenir la conversation ou non. Un patient peut interrompre une séance, et partir en claquant la porte. Il peut décider de ne plus remettre le pied dans un des bureaux de Victoria. Alex n'en était pas un. L'avocat n'avait donc pas ce luxe. Il n'allait tout de même pas l'abandonner à cette table, toute seule ? « Et je ne suis pas en train de t'analyser. J'ouvre simplement une porte à la discussion. », son regard azur s'égarait une fois de plus sur les traits du brun, avant de retrouver le menu. Vicky ne mentait pas, d'ailleurs. L'analyse nécessiterait plus de temps, plus de détails. Elle n'a fait que relever les premiers signes qu'elle a remarqué, sans creuser, ou pousser plus loin.

« C'est tout à fait normal, oui. », contrairement à la mis-conception commune, le mariage n'est pas un paradis terrestre. C'est tout un tas de choses. Émotions, sentiments, compromis, gestes, actions. Des bribes et des conséquences. Une mécanique à part entière qui se frictionne, se rassemble, se décompose, et s'assemble à nouveau. Une institution qu'il faut nourrir au quotidien. Pour tout, à l'encontre de tout. Parfois l'être y laisse plus qu'il ne devrait. Il y abandonne sa nature, sa personnalité, sa chair et son âme. L'important, c'est d'avoir la parfaite conviction, c'est que tout est fait pour la bonne personne. Le remède mystère est le juste-milieu. Les deux partenaires qui se retrouvent à mi-chemin entre tous les souhaits et les péchés. Parce que les erreurs, tout le monde en commet. Encore faudrait-il qu'ils soient pardonables. « Sais-tu au moins pourquoi tu la rends malheureuse ? », Alex n'était pas venue ce soir pour obtenir une thérapie, Victoria le comprenait. Elle ne cherchait pas à s'imposer dans la vie de couple des Ferguson, elle était simplement ici pour prêter son oreille. Un conseil ou deux, si le jeune homme en quémande, peut-être, mais surtout son ouïe. Elle était là pour assouvir un besoin tacite de l'homme. Le désir profond d'être écouté. Cette envie d'avoir quelqu'un d'attentif en face de soi ne se limitait pas qu'aux femmes. C'était un trait humain. Le pouvoir salvateur de dire ce que l'un a vraiment sur le cœur. Un moyen de toucher, même pendant quelques secondes, un sentiment intangible. Admettre ses torts, pour commencer, puis citer à haute voix ce dont il a besoin. Un mariage, c'est aussi ça. Des obligations dans les deux sens. Une part de responsabilité partagée. « As-tu déjà testé le pavé de saumon ici ? Ça m'a l'air délicieux. », finit-elle par ajouter, le regard cette fois-ci concentré sur la page de son menu. Ce n'était pas un interrogatoire finalement, ni une séance de thérapie. Autant joindre l'utile à l'agréable.


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MessageSujet: Re: never enough (victoria)   Sam 29 Déc 2018 - 14:20

Parce qu’elle me voyait au delà du masque. Parce qu’elle avait le regard perçant et l’esprit agile. Il n’y avait pas de mensonge entre nous. Seulement des omissions. Des non-dits, secrètement étouffés au fond de la gorge. Une peur d’avouer les tords. D’enlacer les responsabilités et de s’embraser dans le mal imposé aux autres. Un mariage d’amour devenu mariage de tourmente puis de passion. Une flamme éternelle, éparpillant ses cendres sur les coeurs et les âmes fendues. Alors non, Victoria ne faisait aucune analyse. Ses pensées étaient logiques et coordonnées. Une déformation professionnelle qu’elle ne réalisait pas souvent. Une façon qu’elle avait de me sonder — de décrypter le sentiment. Je me redressais sur mon siège et lui accordais un sourire solennel. Pour faire tomber le voile et m’extirper de l’image bienséante qui collait à la peau. Nous étions amis — proches et insondables. « Discuter, c’est remuer le souvenir. Et recommencer le deuil à nouveau. » Chaque jour était une épreuve. Chaque jour, il fallait pardonner l’adultère et aimer sans restriction. Sans laisser la colère souiller les sentiments et les promesses. Je hochais la tête en soupirant. C’était normal de blesser les êtres aimés. C’était normal de sombrer et de succomber. L’erreur était humaine et le châtiment aussi. Je plissais les yeux et fixais mon alliance. Je ne l’avais jamais enlevé. Parce que l’acier avait laissé son emprunte sur mes phalanges. Parce qu’il y avait plus que la loyauté. Lisa était mon âme soeur — la moitié, sans laquelle je n’étais qu’une coquille vide. « Parce que je veux réussir ma carrière. J’en oublie les attentions et les mots doux. » Nul besoin de parler d’adultère. C’était un étalage que Lisa n’apprécierait pas. Et que je me retenais d’étaler. Un aveu bien trop amer. Un image qui se dilatait sous mes yeux et aveuglait mon esprit. Je pinçais les lèvres en tournant les pages du menu. « Succulent, mais je préfère l’entre côte grillée. » Affirmai-je en me décidant sur le plat. Mes yeux filaient sur la carte des vins. La liste de grands crus s’alanguissait et narguait ma conscience. Mais l’ivresse n’était pas la meilleure option. J’avais décidé de m’abstenir après la dispute avec Lisa. L’eau plate était donc le choix de prédilection. Une façon de contrôler l’émotion. De supprimer la rancune et la colère qui subsistaient à l’intérieur. Je relevais la tête vers Victoria et la gratifiais d’un sourire. « Assez parler de mes problèmes. Je travaille dessus, je le jure. Tu sais à quel point j’aime ma femme. J’en deviens fou, c’est tout. » Raillai-je en dépliant ma serviette. « Et toi, tu n’as rien de beau à me raconter ? » Affirmai-je en hochant la tête, prêt à lui extirper le moindre fragment de bonheur. Elle menait une vie de solitaire, Victoria. Une femme élégante et raffinée, rongée par le fantôme d’un amour absolu. Elle vagabondait et exhalait ses sourires afin de border le monde. Sans rien demander. Sans plus rien essayer. L’amour, pour elle — était révolu. Et le reste n’était que passades et belles aventures.

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MessageSujet: Re: never enough (victoria)   Dim 30 Déc 2018 - 23:10


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Les maux de son ami étaient visibles. Dans son regard bleuté qui croisait le sien. Ils étaient muets, mais visibles. Pourtant, la psychiatre s’efforçait de respecter le désir d’Alex. Laisser du temps au temps. Sans remuer un couteau invisible dans des plaies que la brune ne pouvait mesurer. Sans qu’il ne lui en parle. « Les hommes. », une dérive comique à ce début de conversation. Les yeux levés au ciel, les lèvres à moitié souriantes. L’air faussement exaspéré. « Les hommes et votre amour inconditionnel pour l’expression. », sarcastique, ironique. Des habitudes que la mère ne perd jamais. Son moyen de lui faire comprendre qu’elle le laissait tranquille, jusqu’à nouvel ordre. Jusqu’à ce qu’il se sente capable de partager le fond de ses tracas. « Nah, je ne suis pas d’humeur. Je resterai sur du poisson. ». Un choix final qu’elle sella en fermant le menu de son côté. Ses prunelles azur, fixant longuement le jeune homme, assied en face d’elle, ravie de l’entendre à nouveau confirmer ce que tout le monde sait déjà. Lisa et lui, c’est pour la vie. Deux moitiés d’une seule âme qui se sont retrouvées. Rien ne pouvait les séparer. Une évidence à tous ceux qui les rencontrent. Seulement, l’être humain oublie parfois que, même sans être entièrement séparé de son cœur, il lui arrive parfois de se perdre loin de lui. Une pensée que Vicky gardait pour elle-même.

« Hm. Quelque chose me dit que ta question ne concerne pas que mon boulot. », qu’elle dit, faisant suivre ses mots d’un léger ricanement. Victoria pourrait lui répéter cette réponse habituelle. Le grand classique, du tout va bien, rien n’a changé. En partie, ce n’était pas lui mentir. Sauf qu’Alex venait de faire un semblant d’effort pour parler, l’Anglaise ne pouvait donc que lui rendre pareille. Peut-être qu’en écoutant les déboires victoriens, dignes d’une telenovela, l’avocat osera s’ouvrir plus sur les siens. « Rien n’a changé depuis la dernière fois, Alex. ». Une affirmation qui devait être mise au clair dès maintenant. Vicky était toujours la même. Ses décisions demeuraient constantes. Immuables face à la volonté de tous ses êtres chers qui la poussaient continuellement à trouver quelqu’un. Douce intention de leur part. Belle attention. Sauf que profondément inutile. Vraiment. La brunette annonçait son choix au serveur. Le pavé de saumon qui continuait à lui faire de l’œil, et de l’eau plate pour rester, elle aussi, raisonnable. Ce n’est qu’une fois à nouveau seule avec Alex que la trentenaire reprenait finalement la parole. « Par contre, j’ai recroisé le chemin d’un homme que je ne pensais plus revoir de ma vie. », un fourbe inconnu. Une chimère du passé qui devrait le rester. Ce passé n’avait plus lieu d’être, et pourtant… Elle mâchait ses mots, Victoria. Elle s’essayait à conter ce récit d’une manière correcte. Une histoire loufoque, qui ne présageait rien de bon. La psychiatre le savait. De toute sa logique infaillible. Et plus elle y pensait, plus elle se rendait à l’évidence ; il n’y a pas de bon ou de mauvais moyen de décrire ce qui s’était passé. « Il a ciblé mon père il y a quelques années. Il a infiltré le siège de Highness à Londres en tant qu’employé dans le service IT. », un script monté de toute pièce par le cerveau du Baker. Des faits dignes d’un film. A heist movie, presque parfait. « Son plan consistait en partie à m’utiliser aussi. Pour en savoir plus sur les affaires Walker, et essayer d’en tirer le plus de profits possibles. ». La moralité bafouée en dépit de toute raison, dans le seul et unique but d’en avoir plus. Toujours plus. Il arrivait parfois à l’Anglaise de se projeter dans des scénarios illusionnistes. Rarement, certes, mais parfois. Elle tentait de s’imaginer le résultat si Jude avait joué ses cartes d’une manière différente. Si elle n’y avait vu que du feu. Si elle y avait cru. Et à chaque fois, elle s’interrompait à mi-chemin dans cette réflexion insensée. Parce qu’une seule et unique variable ne changeait aucunement, peu importe la version ; le détachement sentimental de l’Anglaise. « Que ferais-tu à ma place ? Est-ce que tu passeras ton chemin, une nouvelle fois ? Ou Est-ce que tu t’attarderas un peu plus pour connaître la fin de cette histoire inachevée ? »


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MessageSujet: Re: never enough (victoria)   Sam 19 Jan 2019 - 20:16

Il y avait beaucoup à apprendre. Beaucoup à comprendre. Un esprit qui s'amenuisait dans le sentiment. Des pensées emmêlées dans un magma de souvenirs et de promesses. Le mariage, dans toute sa complicité. L'amour, dans l'étrangeté de sa conception et la beauté de sa création. J'esquissais un mouvement de la tête en souriant. Lisa était la meilleure moitié d'une âme qui croulait sous ma peau. Une pièce précieuse, sans laquelle, je n'étais qu'un ectoplasme dans la nuit. Je fixais mon alliance. Un éclat argenté, magnifique dans sa fulgurance. Des années à l'aimer, à la respirer. Des disputes et des insultes crachées par dépit. Et cette passion, cette grâce unique nous avait conduit ici. Dans l'impasse. Derrière le voile qui s'entortillait sur nos visages amoureux. On se reconstruisait dans le silence. Avec une tendresse timide et fragile. Je reculais lentement afin d'allonger mes jambes sous la table. Le choix du repas était fait. Mais il y avait les boissons et l'élixir d'un alcool qui diffusait dans les veines. L'entre côte était alléchante dans son assiette, accompagnée de légumes grillés et de sauce basilique. Je me redressais en observant Victoria. Une élégance immuable. Des yeux vifs, perçants avec leur étincelle singulière. Elle obnubilait ses interlocuteurs. Tenait en haleine avec un talent étrange. Je l'écoutais attentivement. Il y avait des moments essentiels, bien distincts, des mots énoncés qui se liaient et formaient un message particulier. La révélation. La confession. Le secret. Je tendais l'oreille en consentant à lui offrir toute ma concentration. Un défaut professionnel. Une retour à la base originelle de notre relation. Avocat du patriarche devenu avocat du diable puis diable. « Tu me parles de détournement de données informatiques ? D'arnaque et d'usurpation d'identité ? » Mes lèvres s'étiraient et je lui adressais un sourire amusé. Il n'y avait qu'elle, pour feindre la monotonie avec une telle histoire. Elle énonçait les faits avec une telle douceur. Un détachement irréel. Mon esprit s'agitait dans mon crâne. Une dualité d'idées et d'opinions. Une frénésie de chasser l'inconnu et une envie de préserver l'équilibre. J'anticipais sa demande et haussais les épaules avec désinvolture. « Il ne s'agit pas de moi, darling. Mais je pense que c'est une bonne idée d'en aviser ton avocat. » Je soufflais en levant mon verre. Quelques gouttes d'eau et une gorge qui se désaltérait pour mieux réciter son discours. « On en serait pas là, si Miss Walker avait passé son chemin. Il y a bien plus qu'une simple curiosité. Et ce n'est pas son genre de choisir la facilité. Fais attention. Reste sur tes gardes. Et surtout, gardes mon numéro au chaud. » Je lui adressais un clin d'oeil taquin. Elle savait que j'étais prêt à écraser ses adversaires. Que mon expertise et mon ambition étaient assez vorace pour déchiqueter mon mariage et tous mes oppositions. Face à un jury, face à un juge, je ne perdais jamais mes plaidoiries.

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MessageSujet: Re: never enough (victoria)   Dim 20 Jan 2019 - 20:46


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Un rire franchissait les lèvres de la brune, avant que cette dernière ne se retienne en un gloussement qu’elle freinait. Loin d’elle l’envie de se moquer d’Alex, ou que ce dernier prenne sa bonne humeur pour une ironie. Victoria le laissait finir ses paroles, d’aller jusqu’au bout de son raisonnement. Sans le quitter de son regard inquisiteur, un brin admiratif. Ils avaient énormément de points en commun, ces deux-là. Ils ne s’entendaient pas pour rien. Pragmatiques, chacun a sa propre manière. Laissant la raison prendre le contrôle sur les envies. Et ce n’est que quand le jeune homme eut fini de parler, que la psychiatre se prononça enfin. « Tu me reproches de vouloir te psychanalyser, mais tu n’es pas mieux. » C’était bien là la raison derrière son rire. Alex, workaholic de nature. Incapable de laisser ses manies de boulot à son bureau. « Je ne veux pas de ton avis en tant qu’avocat, Alex. » Pour une fois, elle ne cherchait pas la logique, Vicky. Le rationnel lui dictait de s’éloigner. De laisser Jude respirer, loin d’elle, loin d’ici, loin d’Arthur. Car contrairement à ce que le brun en face d’elle pense, la seule personne susceptible de faire du mal à l’autre, c’est l’Anglaise. Dans leur histoire the woman was trouble. De par son nom, de par son intérêt envers l’ex-con. La parole de la trentenaire fut interrompue par l’arrivée de leurs plats. Sourire cordial à la direction du serveur qui s’éloignait, la brunette se préparait à entamer son repas. « Il ne s’est encore rien passé. » Pour l’instant, dans l’immédiat. Peut-être qu’il n’y aura jamais rien entre eux. Et quand bien même ils tombaient dans les bras l’un de l’autre, Jude et Victoria ne seraient qu’une histoire fugace. « Peu importe ce qu’il a fait, je ne pense pas qu’il soit quelqu’un de mauvais. » Baker a fait des erreurs. Comme tout être existant en fait. La manière dont Victoria voyait les choses était simpliste, mais réelle. Pour avoir vécu pire dans sa vie, elle pouvait au moins admettre que Jude n’était ni infect, ni la réincarnation du mal sur terre. « Voler de l’argent était tout ce qu’il voulait, et il a trouvé le moyen de le faire sans blesser qui que ce soit. », son paternel pensera forcément autrement. Chacun ses maux et sa vision des choses. « Et c’est plus honorable que ce qu’on oserait admettre. ». Il aurait pu choisir la facilité. Dérober comme un mal propre des biens et des sous, advienne que pourra. Sans considération pour les êtres humains, en toute brutalité. Il ne l’a pas fait.


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MessageSujet: Re: never enough (victoria)   Sam 26 Jan 2019 - 22:09

Une complicité naturelle. Des échanges d'yeux électrisés par l'affection partagée. Victoria n'était pas une femme qu'on pouvait oublier. Un charme assassin et des lèvres pulpeuses, murmurant ses paroles d'une voix pleine de sagesse. Une intelligence à regarder. A respirer. A vivre le monde avec ses chaos et ses inepties. Je l'admirais en silence, les mains posées sur le rebord de la table. Et je savais, j'anticipais sa réplique. Une similarité outrageuse de nos âmes. Une logique influencée par la passion du travail. Malédiction carriériste. Ambition vorace, brûlant au fond du coeur. Je haussais les épaules et lui adressais un sourire amusé. Bien sûr, je plaidais coupable. Je savais retirer ma révérence et plier le genou. Nos pensées étaient interrompues par le son des plats claudiquant sur le plateau. L'odeur des mets embaumaient la pièce. Je fixais le repas et l'invitais à entamer la première bouchée, conscient dans mon silence de la complexité de la situation. Elle ne cherchait pas une raison de l'esprit. Mais une raison du coeur. Un sixième sens troublé par l'envie du corps et l'alchimie de l'âme. Je ne rétorquais rien. Pas de suite. Il fallait du temps au masque pour tomber. Du temps au voile pour glisser hors de son faciès. Elle ne voulait pas l'avocat. Mais derrière cette charnière musculeuse se trouvait un gamin des champs. Un fermier par héritage, gambadant dans les allées verdoyantes de Cumbria. Une éducation simple, dictant le bien avant le mal. Une enfance dépouillée de vice, où la mélancolie du père bouffait la vie de la mère. Un petit frère noyé dans l'essaim. Souffrant de ses défaillances psychologiques. « J'ai confiance en ton jugement. Donne toi une chance de découvrir la vérité. Tu me sembles intriguée, Vicky. » Mon sourire s'élargissait alors que j'entamais mon steak. Elle semblait biaisée par son opinion du jeune homme. Il n'y avait rien d'honorable à voler, quelque soit la manière. Blesser les gens était un délit d'un autre registre. Je haussais les épaules en l'observant. « Il me semble que ta décision est prise. Mais ne confonds pas et ne lui trouve pas d'excuses. La limite entre le mal et le vice est bien étroite. Et il me semble qu'il ait pris bien plus que de l'argent. » Son attention avait été fauchée. Du temps consacré. Une curiosité qui titillait la chair. J'agitais les doigts avant de poser mes couverts.

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