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 in my veins // (halley).
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Ivy Rhodes


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MessageSujet: in my veins // (halley).   Dim 2 Déc - 15:15

C’est sans doute la lettre de trop.
Fantôme de son ex-fiancée qui ressurgit des flammes au détour du papier maculé. Les phalanges d’Ivy tremblent et raclent les contours. Son regard conjugue la colère et l’amertume. Des émotions trop présentes qui lui collent à l’échine. Une vie tracée au détour de cette histoire avec la nageuse. Ce désir au creux des reins, cette distance imposée et qui a foutu le camp comme pour le reste. Ivy, a été amoureuse plus que de raison. Persuadée du bien fondé de leur couple. Couple envoyé aux enfers quelques mois après le drame.
Halley avait été présente.
Assise face à ce lit d’hôpital, sa main étreignant la sienne. Les larmes salées ravageant son visage. Des paroles murmurées pour l’implorer de rester, de ne pas l’abandonner. L’effluve aseptisée de la chambre qui se mêlait au rythme des machines. Des souvenirs maculés. Des souvenirs endeuillés. Après ça, Ivy n’a plus été plus la même. Virage total. La colère devenue reine et guidant ses actes. La froideur comme seconde peau. La distance imposée avec sa fiancée. Elle ne causait plus. Elle ne lui donnait aucun détail sur ses pensées. Elle se contentait à chaque fois d’hausser les épaules, comme si de rien n’était. Attitude qui éreintait la nageuse. Attitude qui a éreinté leur amour. Elle se souvient Ivy. De cette scène. De cette douleur dans le creux du ventre. Les mots de sa fiancée filant sur ce papier. Des explications. Pour lui dire qu’elle souffrait trop ; qu’elle ne supportait plus de la voir se détruire. Un poids constant depuis le drame. Un poids que la sportive ne semblait plus apte à porter pour deux. Elle n’y arrivait plus Halley. À gonfler ses poumons pour raviver l’oxygène chez sa fiancée. À hausser les épaules pour porter le fardeau de cette dernière.
Elle avant abandonné des projets. Un mariage qui aurait dû être heureux.
Elle avait abandonné. Et Ivy en bouffait les conséquences. Silence écarlate pour ne pas dire à quel point ça la tuait. Raison qui avait ravagé l’amour.
La reporter se lança à corps perdu dans sa quête. Convaincue que cette rupture sonnait comme un signe. Que ce serait l’unique moyen de protéger Halley des bourreaux. Pensée répétée dans le creux de boîte crânienne pour pas entendre cette petite voix. Ces mots qui venaient écraser son palpitant pour l’empêcher de respirer. La nuit noire quand en se tournant dans le lit ; elle n’était plus là. La nuit noire quand elle réclamait sa peau échaudée sans l’obtenir. Des souvenirs qui ne sont plus que fumée.
(…) Le bruit de ses pas résonne dans les locaux. Cette piscine tant fréquentée. Assise dans les gradins pour encourager son ex-fiancée. Pour l’observer de ses yeux fiers. Pour prouver au monde entier à quel point elle pouvait l’aimer. La gorge d’Ivy se serre. La tension alimente les battements de son palpitant. Les poings serrés ; la mine froide et distante. Comme pour se protéger. Comme pour la protéger. La reporter s’avance au bord du grand bassin. La couleur azurée lui rappelant celle des prunelles d’Halley. Regard de braise qui a fait flamber le creux de ses reins. Désir encore palpable ; sentiments qui se confondent entre la haine et l’amour. La sirène sort la tête d’eau et semble détailler son ex-fiancée avec surprise. — Ton courrier continue d’arriver chez…moi. Trois lettres prononcées avec cette rancoeur qui lui colle à l’échine. Ivy se baisse à hauteur de l’intéressée et agite un tas d’enveloppes. Elle fait mine de rien. Le rôle de sa vie depuis trop longtemps maintenant. — Ton changement d’adresse est à revoir, Halley.  Un départ. Une lettre d’excuses. Un silence déchirant. Et une relation qui n’est plus que ruines. Peut-être que c’est mieux ainsi pense-t-elle à tord ou à raison. Aveuglée par la vengeance qui pourrait leurs coûter cher. — T’es vachement essoufflée pour une championne. Son regard nonchalant gagne l’acidité de ses propos. Une pique. Une provocation.
On a pas fini de se déchirer, j’crois.

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Ava Costigan


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MessageSujet: Re: in my veins // (halley).   Lun 10 Déc - 21:11

La honte du sang qui coule dans les veines. Un souffle glacé qui se cristallise sur la pointe de l’aiguille. Et le silence au fond du bassin. Pompes et mouvements brusques. La houle se dégrade dans le chlore. Des chimères de nuages distillés sous mes doigts alors que la compétition se noie dans le couloir olympique. La foule acclame ce que le cœur ne ressent plus. Une passion écrasante et l’amour déraisonnable. A elle, ce vice je dédie. La dépendance au bonheur poudreux. L’évasion ultime. Mes yeux s’agglutinent dans l’eau. Et je ne vois rien. Des images filantes, déformées par les ondulations bleues. La solitude qui monte dans les poumons et rappelle le besoin d’air. Mais la poitrine se hisse et ne respire plus. Le manque nourrit l’âme et laisse un creux dans la chair. Dans mon estomac — pour mon coeur. Ma carrière est perdue. Et je dis à dieu à ce rêve lointain. Au Japon qui se fracture entre mes cils. La fédération me refuse le privilège d’exister. De renaître des cendres qui me collent à la peau. Merde, le tourbillon m’emporte. La fatigue se ploie et le bâillement soupire en moi. Il y a beaucoup trop de larmes dans l’océan. Je la fixe — je la renifle. Je l’injecte jusqu’à la moelle. Toutes ses formes s’illuminent dans mes paupières. Et les vautours rodent. Les vautours n’en feront qu’une bouchée — du trophée, de l’amour, de nous. Je me redressais lascivement. Mes cheveux, enfin libérés de la prise du bonnet et mes jambes désarticulées sur le sol ferme. Une sensation étrange. La soumission à la pesanteur qui pèse et écrase. J’hésitais à marcher. Avec le temps, cette confusion devenait une habitude. Une souffrance qui pulsait continuellement — profondément. Un isolement dans le boitier. Une dose qui encerclait mon esprit et rythmait son agonie intérieure. J’étreignais cette maladie symptomatique et ses revers argentés. Un sourire gravé sur les lippes et milles promesses brisées au nom de la liberté. C’était ce qu’elle voulait — une existence insoumise. Des aventures tumultueuses au milieu de ses enquêtes et de ses malfrats. Des tueurs aux balles de plombs. Des articles empourprés sur les pages maculées de sang. Ivy, impitoyable et destructrice. Enquêtrice démunie, rendue vide par les trahisons et les corruptions. Elle me  fusillait avec ses discours. De longues plaidoiries sur la vérité et ses conséquences. Elle était morte aussi, emportée par les réminiscences du drame et les cendres d’une vie cramée par les flammes. Je n’avais plus de forces. La loyauté fatiguait — et seule cocaine me comprenait. Je haussais les épaules en plongeant à nouveau, répétant la même danse dans les bassins. Une ambition illimitée. Une place trouvé loin de la surface. Je n’étais plus humaine. Je n’étais plus vivante. Une droguée, seulement. Un souffle qui s’émaillait dans les appartements petits-bourgeois de ces autels domestiques insipides. J’entamais la chute, le corps dissipé dans un autre monde. Quelques sons colorés. Des pas glissant entre les gradins. Puis la réalisation soudaine du poison qui embaumait l’espace. Je sortais la tête de l’eau et croisais son visage. Un pilier qui s’ébréchait sous les caresses du vent. Une voix acerbe et pleine de haine. Je me hissais sur le rebord. Le vide grandissait tout autour. Et je sentais ce deuxième manque, différent de la substance. Différent de tout ce qui s’injectait. Elle me tuait, Ivy. Elle jouait sur les cordes de mon âme et faisais résonner des accords secrets. Je me souvenais de tout. De nos couplets murmurés au clair de lune, seules et enlacées sous les draps du lit abandonné. Nos confessions et nos baisers d’ivoire, esquissés entre les néons de la grande roue. Je la regardais un instant. Elle osait revenir, maintenant. Elle osait exhiber nos ratures et toutes les blessures d’une relation avortée. « J’ai payé la caution c'est un peu chez moi aussi. » Une défensive qui s’imposait. La  guerre qui éclatait et mon regard qui enflammait le sien. « T’aurais pu tout laisser à la réception. Ou tu n'as pas pu résisté à la tentation? » Sifflai-je en me relevant. Je ne comprenais plus. La déchirure s’étendait jusqu’à l’os. La douleur encore engourdie. L’emprise de cocaïne qui lâchait. Ivy brisait la terne paroi derrière laquelle je vivais hébétée. Et tout ce que je ressentais, toute cette joie, cette quiétude me quittait.
Tout redevenait comme avant.
Et c’était terrible.
C’était insupportable.  

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Ivy Rhodes


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MessageSujet: Re: in my veins // (halley).   Jeu 13 Déc - 6:53

Les souvenirs cognent. Étau métallique autour du palpitant. Lèvres suspendues aux réminiscences acerbes et virulentes. Le bruit des pas sur le parquet glacé. Le sac qui chute à terre. Ses phalanges tremblantes recouvrant l’enveloppe. Le poids des mots. Le poids des lettres dansantes à l’encre noire. Un départ anonyme. Un départ furtive. Pas de retour en arrière possible. Le grand amour qui s’évapore comme un voile lugubre. Le grand amour qui ne devient qu’un visage qu’on n’arrive plus à se remémorer avec le temps. Les traits qui disparaissent. La beauté vénéneuse qui insuffle pourtant une overdose douloureuse dans ses veines. Elle se souvient de tout, Ivy. De cette rupture forcée ; du dressing vide ; des appels restés sans réponse. Un trop plein que la nageuse avait décidé de fuir.
Un coeur noirci par la soif de vengeance. Des plans diaboliques où elle ne voulait pas chuter.
La peur au ventre pour sa fiancée. Les incompréhensions comme impératrices d’un dédale inévitable. Des discussions rythmées par les éclats de voix. L’esprit obtus de la reporter remporta la partie. Trophée ultime qu’elle aurait pu envoyer aux enfers pour goûter à ses lèvres une dernière fois. Mais Ivy, elle a pas essayé de se battre. Elle a accepté la sentence, le corps ébranlé au sol. Quelques larmes aux creux des yeux ; et une trachée chassée par la bile. Elle n’a pas voulu la rattraper, ni implorer son pardon. Ego blessé. Fierté ravagée. Garder Halley éloignée pour ne pas risquer sa vie. Pour ne pas faire couler le sang une seconde fois.
Sans rien lui dire. Sans rien lui montrer.
Émotions anonymes les rares fois où elles se sont croisées. Instants de disgrâce que la brune cherchait à éviter par tous les moyens. Face à face en combustion sans comprendre pourquoi. Des lettres entre les doigts en guise d’excuse. Le besoin silencieux de la revoir ; de se dire qu’elle va mieux sans sa présence. De se dire que son amour pour elle ne l’aurait pas amené à sa propre perte. Regard violacé par la fatigue contrastant avec l’azur séducteur de ses yeux. Ivy l’observe. Et pourtant, elle n’est pas dupe. Elle remarque les différences. Elle remarque tout.
Silencieuse, elle lâche un rire sarcastique en l’entendant causer. Les prunelles qui débordent sur ses courbes scandaleuses. Cette chute de reins épousée mille fois par sa bouche avide. Ses lèvres rongées à n’en plus finir rien que pour la faire gémir. Cet annulaire où trônait le gage de leur amour. Cette chevelure où ses doigts se perdaient après une journée difficile. Les instants vrillent. Ivy aussi. — Non. Justement. Ça a arrêté de l’être quand tu t’es barrée en imposant ta décision. J’ai récupéré la caution, au fait. Une sorte de dommages et intérêts pour tes conneries. Pique déchirante. Comme si le fric suffisait à effacer le pire. Comme si des billets allaient ravaler la douleur et la faire taire. Ça ne fonctionne pas comme ça. La reporter, elle vit en permanence enfermée dans sa peine, dans sa rage. Les doigts à peine capable de frôler les berges de sa cicatrice. Le regard noirci par les ombres du diable. Le palpitant qui ne se rythme que par cette envie de faire couler le sang. Le leur.
Ces monstres. Ces bourreaux.
Ces regards voraces. Ces lèvres placides de remords.
Elle y repense une courte de seconde avant de ricaner en entendant son ex-fiancée. Un haussement d’épaule pour masquer les vraies émotions. — Des mois que tu fais plus partie de mon paysage Halley, alors te donne pas trop d’importance. Peut-être que la réponse se trouve ailleurs. Peut-être qu’en effet la tentation a été plus forte. Paroles véhémentes qu’elle lui envoie en plein visage. Deux sirènes en exil de leurs émotions, de leurs sentiments. Deux sirènes qui ne sont plus que des chimères au milieu des vagues. Ivy, elle serre les poings et finit par se rapprocher. Sa main qui agrippe son poignet avec force. Assez pour marquer sa peau. Assez pour y laisser une trainée rosée. Comme pour se l’accaparer une dernière fois. — Et arrête de jouer un rôle. Je te connais par coeur. Je connais chaque détail de toi. Son souffle qui cherche ses lèvres. Son souffle qui brûle les lippes rebondies. Son souffle qui se saccade et traduit sa colère. Les fantômes qui remontent et naviguent dans une barrière de cendres.
— La poussière d’étoiles que tu cherches à semer ne prend plus. Regarde-toi. Sa carcasse dans les couloirs de la piscine. des foulées sous l’eau qui ne ressemblent plus à grand chose. Un visage marqué par les symptômes du pire. Ivy, elle n’est pas dupe. Elle sait qu’un truc cloche. Elle sait qu’un truc vient la bouffer sur chaque parcelle de sa peau. Et même si elle ne montre rien.
Ça la tue comme ça tue Halley.
Incompréhension qui divague et emporte tout sur son passage.
Détresse cumulée et calquée. Ce miroir, ces âmes, cette déchirure

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Ava Costigan


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MessageSujet: Re: in my veins // (halley).   Sam 29 Déc - 18:27


Parce que l’amour aveuglait le coeur. Des fragments de sentiments égouttées sur les yeux. A chaque instant, je vacillais. De sa présence. De sa voix. Ivy, l’enchanteresse d’une nuit, devenue reine de piques. Un chagrin infini qu’elle insufflait sur ma bouche. Un amour noir et putride, roulant sur les carrelages humides des bassins. Je la fixais en silence, l’expression cristallisée sous les voiles du chlore. Je n’y croyais pas sans elle. Aux rémissions. Aux secondes chances. Aux étreintes amoureuses. Mes veines se crispaient et réclamaient le baiser de cocaïne. Une secousse de poudreuse, délitée dans le sang et la chair. Ce qu’elle voyait n’était qu’une illusion resplendissante. Un sirène captive de ses amarres. Se souvenait-elle de la dernière confession ? De ses mains sur ma peau ? Les images se confondaient entre les néons de la piscine. Je me hissais à sa hauteur. Son parfum enserrait ma gorge, comme un brasier inhalé, une flamme jaillissant dans mes viscères. Je la ressentais dans mes échines. Je la ressentais dans mes hérésies et mes évasions. La drogue était mon encre dans cette rupture inachevée. De simples lettres tatouées sur le papier. Des appels passés sous silence. Et le clair d’une lune qui murmurait encore son prénom. Tu me manques. Puis notre promesse s’état effondrée d’un coup. La chute avait tout emporté, même la peur. Une porte claquée et le vide d’un coeur qui pompait le poison dans ses cavités. Mon corps vacillait lorsque je fermais les yeux. Je m’approchais en esquissant un sourire insipide. L’habitude de ses attaques, de son mépris. Je ne réagissais plus. Mes cheveux ondulaient sur les courbes de mon dos. La stature imposante de la nageuse avait disparu, laissant place au profil saillant d’un squelette qui se désarticulait sous le tissu de bain. Plus personne ne voulait de moi. Ni mes sponsors ni mes coachs. Je haussais les épaules. Mes pensées résonnaient dans le silence des corridors. Une confrontation forcée par ses regards furtifs. Ivy était différente — le plomb avait infecté ses poumons. Elle exhalait ses injures avec une cruauté déconcertante. Une facilité à faire mal et à blesser. Je ne la reconnaissais plus derrière le voile. Ce n’était qu’une chimère qui s’entortillait dans ma mémoire. Un ectoplasme qui se distillait dans les lobes de mon cerveau anesthésié. Elle pouvait le voir — j’avais perdu ma ferveur et la violence de mes sentiments. Je n’étais qu’un méandre passé, une femme aimée puis abandonnée. Qu’elle s’enivre de mes défaites. Elles devenaient les sienne lorsque mes prunelles enlaçaient les siennes. Ma mâchoire se crispait et je riais à ses propos. Bien sûr qu’il lui fallait un dédommagement. Elle était la seul à souffrir — la seule à sombrer. Sa maladie était égoïste. Elle ne voyait que ses plaies et ses gangrènes. Tandis que la piqure portait mes désarrois. Et qu’à chaque dose, j’espérais la prochaine. Un cercle vicieux où le manque était le pire fléau.« Ma décision. Je vois que tu t’obstines toujours à nier l’évidence. » Des instants de détresse murmuré à son oreille. Des mois à s’accrocher à son ombre, à la tirer hors de la crypte ténébreuse. Des heures à supplier — à l’aimer jusqu’à la folie. Puis l’impact de violence. Un choc à même la peau, de ses phalanges qui emprisonnent les pores et y laissent la marque de ses véhémence. Je relevais le visage, observant une dernière fois son expression avant de m’extirper brutalement. Mon bras se levait et ma main claquait sur sa joue. Un acte dérisoire pour lancer le tango. De ces âmes endiablées, dansant au rythme des violoncelles et des bombardements. « Ferme là ! Tu n’as pas le droit de juger. Tu as perdu ce privilège lorsque tu as choisi tes guerres au lieu de nous. » Le souffle saccadé et le regard détaché. On se disait à dieu à chaque rencontre. Parce que l’évidence de la déchirure nous hantait et nous accaparait. Elle, dans son univers. Et moi, dans la drogue. Dans ces étincelles de bonheur artificielles que les seringues injectaient pour me faire oublier son absence. « Tu n’as pas idée, Ivy! Parce que quand tu t’es réveillée dans ta putain de chambre d’hôpital, j’étais là pour tenir ta main. Et moi, quand j’ouvre les yeux il n’y a personne qui m’attend de l’autre côté.» Même pas toi. Je posais la main sur mon poignet pour effleurer la marque de ses doigts. Une caresse qui lacérait la peau. Qui s’infiltrait jusqu’au coeur.

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MessageSujet: Re: in my veins // (halley).   Mar 1 Jan - 14:58

Du paradis à l’enfer.
De la douceur à la rage. Celle qui encercle le myocarde de la reporter. Une quête pour l’aveugler. Une quête pour dégager toute empathie de ses iris. Une réalité fétide ; la détermination en impératrice. La foudre capable de dégager tout ce qui se met sur son chemin.
Des choix pas tout le temps assumés. Des décisions béantes de sang. Comme celle d’accepter son départ. Une lettre. Des mots griffonnés pour conter son désarroi. Des mots claqués en pensant que ça suffirait. Elle aurait pu se battre, Ivy. Elle aurait pu se plier en quatre, se foutre à genoux et la supplier de ses iris brillantes. Elle aurait pu se fondre contre ce corps à la connaissance aiguisée en l’implorant de revenir. Elle aurait pu lui conter mille et une histoires qui font sourire, qui font rire. Au lieu de ça, c’est le silence qui fût triomphant. Sentence acceptée. Sentence pliée au creux de son ventre. Cette peau maculée et caressée trop de fois par les doigts de la sirène.
Cette échine qu’elle a embrassé comme une terre sainte. Elle s’en souvient. C’est sans doute les seuls souvenirs qui n’ont pas cramé avec son âme. Mais ça l’empêche pas de prendre de la distance. Ça l’empêche pas de graver un pause sur les pulsations du myocarde. Ça l’empêche pas d’être froide et vorace
Elle brille Ivy. Elle détonne dans le paysage. Les mouvements limpides de l’eau du grand bassin. L’eau claire qu’elle a observé trop de fois. Assise dans les gradins à encourager la championne déchue. Des applaudissements pour sceller sa fierté. Des sourires pour graviter contre les siens. Elle était heureuse en ce temps là. Une putain d’année d’écoulée pour lui faire bouffer la crasse. Pour le faire bouffer toutes les désillusions.
Alors elle attaque. Elle est incisive.
Propos calculés. Propos assassins. Un contact qu’elle force sur ce poignet fin. Les échines qui se retrouvent comme avant ; mais la rage qui gagne. Un passé commun qui s’effrite comme les sentiments. Trop de rancoeur, trop de rage. Un but omniprésent pour la reporter. Alors susciter la haine devient l’option la plus valable. Les mots qui aiguisent l’impatience. Les mots qui enfument les souvenirs. Ivy, elle ricane. Le rire faux. Le rire diabolique. Être en perdition sur un chemin sinueux. Elle s’est perdue depuis trop longtemps. Elle s’est gavée de désillusions à s’en faire éclater l’abdomen. Alors ses épaules se haussent. Nonchalance. Placidité respiratoire là où ses poumons gangrène.  Tu est partie. Et Je n’ai pas cherché à te retenir.  Nuance. L’évidence est pas compliquée à saisir, pourtant. L’ironie teinte les mots. Elle a lâché la première. La reporter n’a fait que suivre. L’effet domino. La première qui s’éloigne, la deuxième qui obtempère. Un diamant caché de la réalité ; une lettre encore froissée dans la commode. Les seuls objets restants de plusieurs années de vie commune.
Un mariage que toute la presse attentait pour faire parler.
Un mariage qu’Ivy avait accepté à contre-courant de toutes ses idées. Comme les vagues qui font rage. Comme la colère de la sirène qui devient un virage capital. Une main qui claque. Une gifle en plein visage. La peau d’ivoire qui rosie sous l’instant. Douleur aux abords de la mâchoire. Elle pourrait chialer, Ivy. Elle pourrait dégueuler sa haine. Elle pourrait frapper un coup encore plus fort. Mais comme d’habitude, elle brille par sa froideur et sa distance. Mécanique rodée. Il n’y a plus d’émotions. Il n’y a plus de vie. Alors la brune, elle ricane. Mélodie teintée d’amertume. — Tu cherches à me faire du mal, Halley ? Regarde-toi. T’en es même pas capable. Tu trembles. Tu pourrais t’écrouler. T’es qu’une putain de chose fragile. Les palabres crachées. Les lèvres rosées qui remuent, affolent la vérité répugnante. La nageuse comme l’ombre d’elle-même. La nageuse comme une faucheuse qui ne s’assume pas. C’est elle qui se fait du mal.
C’est elle qui se tue dans une mélancolie symptomatique. Ivy, elle provoque. Elle veut voir la haine dans le creux de ses yeux. Elle veut être détestée par ce palpitant encore trop emballé. Un index qui trace le chemin de son cou à son épaule. Là où les gouttes chlorées perlent. Là où les doutes s’emballent. — C’est moi qui te fait cet effet ou la dope ? Elle la repousse vers le bassin. Puis se stoppe. Elle l’observe de haut en bas.
Elle sent ses mots cognés dans sa boîte crânienne. Réminiscence de sa silhouette inerte au milieu des effluves aseptisées. Putain d’odeur qui lui file la nausée rien qu’en y pensant. — Je te tiens pas la main parce que c’est ta décision d’être devenue une camée. Moi, j’ai pas choisi de crever sous les balles. Sentence imposée. Curiosité à la con. Condamnation à la souffrance, aux questions, aux doutes. Halley, elle a plongé volontairement dans les méandres. D’idole à honte. D’idole à échec. Une chute pour la championne qui se voyait ornée d’or. — C’est pas d’une main tendue dont tu as besoin, mais d’une putain de cure de désintoxication. Sors toi la tête de l’eau. C’est tout qui compte. Première remarque qui frôle l’empathie. Qu’elle se sauve à défaut de la sauver. Qu’elle se sauve pour avancer. Qu’elle se sauve pour apprendre à être heureuse sans sa présence. Comme si Ivy pourrait plus jamais éprouver quoique ce soit pour quiconque. Comme si son coeur n’était plus que cendres.

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