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MessageSujet: come and goes // (marlene)   come and goes //  (marlene) EmptyDim 2 Déc 2018 - 15:09

Son palpitant rate un battement.
Le message s’affiche sur son téléphone. Les mots dansent sous son regard qui s’affole. La reporter ne perçoit qu’une information sur deux – l’esprit encore brouillé par la fatigue. Les cernes violacées qui encerclent ses iris. La pâleur de sa peau qui s’allie au manque de sommeil. A cause des mêmes cauchemars. Les mêmes échos à la brutalité qui colle à sa peau. Les mêmes images qui reviennent comme un disque rayé. Ivy qui étouffe. Ivy qui git au sol. Ivy qui appelle à l’aide. Mais personne ne l’entend. Personne ne vient la sauver. Les sirènes des secours semblent lointaines ; puis finissent par s’évaporer dans une nature scabreuse. Le temps du bonheur qui disparaît et emmène avec lui tous les souvenirs construits. Sa gorge nouée. Les gouttes de sueur qui perlent sur son front. Ivy, elle crève en silence. Et pourtant, à cette seconde-ci, plus rien d’autre ne compte que son amie. Marlene, sur le point d’accoucher. Marlene, sur le point de donner la vie à cet être encore innocent et à l’abri du malheur. Une rencontre hasardeuse dans les rues de Londres. Des confessions qui ont finir par éclore sous des nuits teintées par les étoiles. Des maux exposés, des maux racontés. Tellement différentes et pourtant si proches. Deux âmes en perdition qui se sont retrouvées ici. Marlene témoin des sourires d’Ivy. Quand tout semblait doux et calme. Un avant et un après brutal. Au goût métallique du sang. Un avant et après qui a laissé des traces amères. La brune qui l’observe avec des yeux inquiets parfois. L’angoisse de la voir plonger dans les enfers. L’angoisse que ses actions ne viennent l’user définitivement. Des conseils qui filtrent de la bordure de ses lippes. Ivy la gorge serrée qui fait mine de les entendre. Esprit buté, fermé, étouffé par la douleur. Celle qui se calque dans un miroir, un peau à peau avec les fêlures de Kenway. Des funestes points communs qui fileraient la nausée à n’importe qui. La reporter, elle ne réfléchit pas. Elle enfile un sweat difforme, attrape les clés de sa bagnole et part à la hâte. Le moteur qui gronde. Les mains serrées contre le volant. Le pied qui s’enfonce sur la pédale de l’accélérateur. Il n’y a plus à penser. Il n’y a qu’à agir. (…) Ses pas s’enchaînent à une vitesse folle dans la cage d’escaliers. Le souffle court ; le souffle vif. Ivy, elle peine à respirer et ça dure depuis des mois maintenant. Ses phalanges gercées frappent à la hâte contre la porte. Elle n’attend même pas une réponse et pénètre dans l’appartement. Sa respiration saccadée rythme le silence pesant. Son regard finit par croiser celui de son amie ; son pilier. La seule dont elle ne s’est pas éloignée définitivement. Elle ne sait pas comment agir ; encore moins quoi dire. Quels mots seraient suffisants pour la rassurer alors qu’elle s’apprête à donner la vie en ayant perdu le ciment de son existence. Elle s’avance à la hâte, pose une main sur ce ventre rebondi. La réminiscence de sa propre histoire. Le visage de Halley qui se dessine. Les projets construits à deux et déchirés par une vague nauséabonde.
L’enfant qu’ils auraient pu décider d’avoir. Et tout ce qui ne se fera pas à présent. Les prunelles agrandies en voyant la flaque au sol. Une main qui se contracte contre sa nuque ; une autre qui accueille celle de Marlene. Son regard à elle semble vidé de toute émotion. Comme si tout ça faisait remonter l’horreur des souvenirs. C’est sans doute le cas. L’absence d’Ean. La perte de cet amour. La vie sans lui. Réapprendre un quotidien où la mort a posé son empreinte. Palpitant brisé qui s’évertue de battre sans aucune envie. Comme cette grossesse. Comme cet enfant qu’elle peine à apprivoiser de ses émotions.
Alors Ivy l’observe avec une douceur qu’elle ne reconnait même plus. Une attitude qui contraste avec toute la rage qui fait pulser ses veines. Avec toute l’animosité qui rythme ses actes. — Okay. No panic. I’m here.
Sauf que la panique alimente sa propre respiration. L’impression de perdre pieds. L’impression de ne pas savoir comment agir au mieux pour son amie. Ivy saisit la veste de Marlene, la dépose sur ses épaules et lui adresse un coup d’œil confus. Elle ne connait pas la marche à suivre pour ça ; encore moins dans une telle précipitation. — I’m taking your bag. Sans réfléchir, elle attrape un sac et y coince tout ce qu’elle trouve. Histoire de tenir quelques jours à l’hôpital. Des affaires pour la future mère et le bébé. Elle s’active à une vitesse folle, filant probablement le tournis à Marlene. Alors après quelques secondes, Ivy se stoppe. Elle réalise l’entrain occasionné. Elle réalise à quel point son amie paraît en retrait. Elle réalise à quel point la souffrance doit déchirer son ventre et surtout son myocarde. Elle se rapproche et pose ses deux mains contre le visage de la demoiselle. Un geste tendre ; un contact rassurant. Elle mordille sa lèvre et tente tant bien que mal de contrôler sa respiration. — Hey, look at me. Everything gonna be fine. I’m here. I’m not leaving. Elles vont le faire à deux. Ivy va l’épauler au mieux et tenter de panser les cicatrices. Un rôle qu’aurait dû tenir l’être aimé. Un rôle fantomatique qui devient oppressant. Mais elle tient bon, la reporter. Parce que y a plus que Marlene qui compte.

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MessageSujet: Re: come and goes // (marlene)   come and goes //  (marlene) EmptySam 15 Déc 2018 - 19:22

Réveil brutal.
La douleur lancinante venant mettre à mal ce sommeil si difficile à trouver, pourtant. Des jours que ça dure, que ça te bouffe et te tue à petit feu. Les dernières semaines de grossesse paraissent plus longues que tous ces autres mois désormais effacés derrière toi. Une main posée sur le bas de ton ventre, tente de calmer en vain cette souffrance qui te déchire de l'intérieur. Les injures passent tes lippes, toutes plus nombreuses à mesure que les secondes se réduisent entre chaque assaut.
Tes traits se déforment dans une grimace traduisant les maux qui s'imposent, un grognement au bord des lèvres. Tu essayes de te redresser contre ta tête de lit, de trouver une position confortable pour calmer la douleur. Le dos posé, les jambes croisées sous ta silhouette déformée par cet être indésirable. Tu souffles, Marlene. Soupires entre chaque vague. Ces contractions, elles ne sont pas les premières. Elles ne sont qu'un énième passage, nouvelle agression de ton propre corps. Et à cet instant, tu pourrais maudire la Terre entière. Y compris Ean, et cet échange lascif qui a mis le feu aux poudres. Un seul, parmi tant d'autres, pour créer cette condition que tu exècres. De son absence, surtout. De ce silence imposé depuis neuf mois, la fausse quiétude depuis son départ. Tu penses à lui, trop souvent. Bloquée en arrière, toujours dans cette pièce dans votre appartement de Londres. Au même instant, au même moment où les flics ont défoncé la porte. Cette même seconde où tu as vu son corps s'écrouler contre le sol de la banque.
Du revers de la main, t’effaces ces quelques larmes qui dévalent sur tes joues. La souffrance qui te balafre, les souvenirs qui t’empoisonnent. Tu ne discernes pas le coupable. C’est sûrement un tout, en réalité. Un savoureux mélange de tes plus belles emmerdes.
Puis à nouveau, les muscles se contractent, menacent de se déchirer sous la pression. D'un coup de jambe, tu dégages ta couette qui ne fait que t'étouffer ; restes quelques secondes en suspens, en voyant cette tâche sur ton lit. Auréole autour de ta silhouette, entre tes cuisses. « What the fuck ? », un murmure, comme pour combattre l'évidence. Un instant, à peine, avant que tes doigts n'entourent ton téléphone. Des mots adoucis, trop encrés par un humour douteux. Un appel à l'aide, en vérité. Un cri pixelisé à l'attention d'une des seules amies qu'il te reste dans cette ville de merde.
Des minutes qui paraissent des heures, entre ces messages et le bruit de la porte qui s'ouvre. T'as réussi à t'extirper de ton lit, à te traîner jusqu'à la fenêtre. La brise marine pour venir calmer la guerre qui fait rage. Le contact avec l'amie, et son regard que tu croises. Et on pourrait croire que les rôles sont inversés, quand tu vois cette frayeur au fond de ses yeux. T'es sans doute trop calme, Marlene. Trop apaisée pour une mère à en devenir. Tu secoues la tête de gauche à droite à ses mots. No panic indeed. Ça te fait sourire, en réalité. De voir cette peur saisir Ivy et ses gestes maladroits dans tes affaires. Toi, tu restes en retrait. Appuyée contre les murs de ta maison, le crâne qui se remplit beaucoup trop vite d'images plus violentes les unes que les autres. La mort d'Ean, encore et toujours. La froideur du lit, alors que tu t'y couches seule, tous les soirs. Mais pas seulement. Des possibilités éclatées, des scènes qui resteront uniquement enfermées dans ton esprit. De ton beau diable, cet enfant dans les bras. De ces sourires trop parfaits pour être réels. Un futur assassiné en même temps que lui.
Les pensées malsaines coupées à l'instant où tu sens les mains d'Ivy enfermer les contours de ton visage. Et tu hoches la tête, Marlene. Tentes de te convaincre qu'elle a raison. « Yeah. », que tu finis par répondre, après de trop longues secondes de silence. Tu glisses tes bras dans les manches de ta veste, déposée quelques instants plus tôt sur tes épaules par ton aînée. « Nothing to be scared of. We go to the hospital, I eject the alien and then, we come back here to get drunk. » Yeah, you wish. Les prochains jours, tu vas les passer enfermée dans une chambre aseptisée, à essuyer les tentatives vaines des autres de te convaincre de garder ce mioche que tu refuses d'avoir.
Tu t'actives alors, te diriges avec difficulté jusqu'à la porte d'entrée. Appuyée contre la silhouette d'Ivy, dernier rempart qui te permet de tenir encore debout. Une danse décadente jusqu'au perron de ta baraque. Et alors que vous vous dirigez vers la voiture d'Ivy, tes yeux se perdent sur la plage qui s'étale devant toi. Cette même étendue de sable sur laquelle t'as rencontré Ean, au détour d'une fête improvisée. Une soirée passée assise à ses côtés dans le sable, à refaire le monde avec cet inconnu. Gamine de seize ans à peine, obstinée à l'idée de l'avoir, ce mec du coin.
Un saut de sept ans dans le futur. Tu baisses les yeux, préfères regarder les palissades de ton jardin plutôt que ce foutu rivage. Les lèvres tremblantes. Les gouttes salées perlent contre tes paupières. « I don't want it, Ivy. » Tu relèves la tête, plantes tes prunelles dans celles de la reporter. « Not without him. » Et tu ne retiens pas tes larmes, Marlene.

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MessageSujet: Re: come and goes // (marlene)   come and goes //  (marlene) EmptyMar 18 Déc 2018 - 15:49

La nuit sombre s’imprègne de leurs silhouettes. Ivy qui soutient celle de son amie. Ivy qui porte le fardeau d’une peine accumulée pour chacune. Une détresse qui dépeint son visage ; et une autre qui se calque sur des traits affaissés par la douleur. Un soupire filtre hors de ses lèvres et le coeur chagrin quand ses iris remarquent les perles salées. La brune à ses côtés qui craque, laisse aller sa douleur comme une seconde peau. Couche épaisse du derme qui ne suffit pas à éradiquer les souvenirs néfastes et noirs comme le deuil porté. Perte de l’être aimé. Perte du père de cet enfant.
Un vide sidéral au creux du palpitant que rien ne peut apaiser.
Une vision qui fait plonger Ivy dans son propre enfer.
Et sa main qui glisse contre le visage de Marlene. Une tendresse communicante et tellement surprenante. Geste emphatique pour un coeur asséché par la rancoeur, la colère et la peine. Myocarde à peine battant qui pourtant semble retrouver un tempo irrégulier. Émotions qui s’éveillent, émotions qui collent à l’échine. Plus habitué à ressentir quoique ce soit. Plus habituée à s’inquiéter du sort des autres. Vie érigée pour une vengeance déterminée par des détonations et des balles logées dans l’abdomen. Scène qui fustige son esprit durant quelques secondes. Assez pour réanimer les fantômes malfaisants. Assez pour que sa gorge se serre alors qu’elle effleure la joue de la brune. Bout de ses phalanges qui dansent sur la chaire souillée par les larmes. Perles salées qu’elle chasse d’un revers pour tenter d’apaiser les maux. Comme si c’était possible. Propre pansement qu’elle n’arrive pas à coller sur sa blessure ; propre pansement qu’elle arrache à chaque fois que le cauchemar redémarre. Disque rayé qu’elle ne veut pas imposer à son amie. Pas ce soir. Pas quand la vie doit triompher. — I know how much it's difficult Marlene. Elle a perdu Ean. Il est mort. Il a laissé une empreinte indélébile au creux de son âme. Un souvenir. Une déchirure encore béante. Une hémorragie qu’aucun mot ne peut calmer. Sang qui coagule et reste collé à la chaire. Ressenti macabre que Ivy peut comprendre. Peut-être parce qu’elle a aussi l’impression d’être morte dans ce hangar. La reporter ouvre la porte de sa voiture, aide Marlene à s’y installer et finit par monter à bord. Une main sur le volant et une autre qui glisse sur son bras quand le moteur se met à ronronner.  L’habitacle semble froid ; brisé par le souffle saccadé de la poupée brisée. Douleur qui devient lancinante et déchire son ventre. Ivy qui presse son pied sur l’accélérateur pour filer à l’hôpital. — I would give everything I have for erase your pain. But I can’t unfortunately. Elle donnerait sa propre existence pour réanimer celle d’Ean. Pour cet instant. Pour cet accouchement. Pour la venue au monde de leur enfant. Fruit de leur amour. Fruit des émotions et des corps qui se sont trouvés. Mais c’est impossible.
Le drame est passé par là et a tout emporté sur son passage. Tempête instable, macabre et funeste. Tempête qui fait encore rage dans la boîte crânienne de Marlene. Alors la reporter presse sa main contre celle de son pilier. Une étreinte franche, déterminée. Un moyen de tenter de la rassurer. En vain. Parce qu’elle la connait assez pour savoir que rien ne pourra calmer les maux. — I will not let you down. Everything gonna be alright. Une promesse. Un espoir. Un contraste avec le ciel ombragé où les étoiles ne brillent même pas suffisamment. (…) Ivy accumule les allers-retours dans ce couloir aseptisé qu’elle ne connait que trop. Les souvenirs qui remontent. La gorge qui se serre. La sensation constante d’étouffer. Elle se revoit sur ce lit, les sens bercés par l’écho des machines. Les paupières si lourdes qu’elle a peiné à les rouvrir. Sa main dans celle de Halley. Sa mère de l’autre coté. Les visages fermés, les cernes prononcées et les larmes qui n’ont pu s’empêcher de couler. Ivy, elle se rappelait pas de grand chose durant quelques minutes. Un black out qu’elle aurait aimé conserver. Mais très vite, tout est remonté à la surface. À un tel point que les mélodies des machines se sont accélérées ; comme son coeur. Crise d’angoisse qui a fait agoniser ses poumons. Un hôpital où elle a dû réapprendre à vivre. Deux semaines dans le coma. Des semaines pour remarcher, pour retrouver le goût de la vie. Intention jamais atteinte. Un silence. Un mutisme. L’impossibilité de soutenir le regard de ses proches, de cette fiancée plus malheureuse qu’autre chose. La brune se souvient de tout. Et ces réminiscences sont plus douloureuses que ce qu’elle aurait imaginé. Un coup de poignard dans le ventre à l’endroit même où cette cicatrise pèse sur sa conscience. Les larmes refoulées. L’angoisse au premier rang. Elle s’adosse à un mur où sa tête cogne. Les mains contre son visage pour tenir bon. Puis la voix du médecin qui l’extirpe de ses pensées. Une invitation à rejoindre Marlene. Parce que ouais, Ivy, elle va pas partir, elle va pas la laisser endurer ça toute seule. Alors elle essaye de se reprendre.
Une première inspiration. Une seconde. L’illusion qui naît sur son visage.
Comme si elle allait bien, Ivy. Comme si y avait pas eu de drames.
Banalité d’une existence bafouée qu’elle balaye avant de rentrer dans la chambre. Énième écho aux souvenirs. Son oeil qui balaye le maculé des lieux. — Waouh, nice room.  Sourire en coin. Touche d’humour qui ne fonctionnera sans doute qu’à moitié. Elle pose sa veste sur une chaise, s’avance et s’assoit sur le rebord du lit. Une main qui se pose sur ce ventre rebondi ; avant de venir déposer ses lèvres sur le front de son amie. — Oh, I hope you will not call the baby alien even if it should be original.
Détournement de la discussion pour pas la ramener sur l’essentiel : Ean.
Père absent. Amant qui a sombré avec l’écho d’un drame sanguinaire.
Cicatrice qui se refermera pas.

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MessageSujet: Re: come and goes // (marlene)   come and goes //  (marlene) EmptyDim 30 Déc 2018 - 11:10

Le souffle court, les poumons mis à mal par la douleur déchirante au bas du ventre. L'esprit en vrac. Assise sur le siège passager, le regard vague paumé sur l'horizon. Nuit noire, rue éclairée par quelques lampadaires et la lune incendiaire. Cœur lourd qui peine à faire battre le sang dans les veines. Gorge serrée, où plus aucun mot n'ose s'aventurer. Réminiscences trop ancrées en plein milieu de ton crâne, les souvenirs crépitant comme des flashs dans l'obscurité.
Son sourire étirant ses lèvres. Ses mains appuyées sur tes hanches. Silhouettes dansantes, gravitantes. Les moindres parcelles de son corps connu, après des années à t'y perdre. Aventure grandiloquente, quand t'y penses. Cette façon dont tu t'es imposée dans son existence, dont t'as refermé tes griffes autour de son palpitant. C'est ce qu'on disait, Marlene. Que t'avais ensorcelé Ean, tellement qu'il ne voyait plus que par toi. Tellement qu'il te vénérait. Foutue sur un piédestal par le gamin. Mais vous étiez que ça, en réalité. Deux mioches aux émotions trop fortes, deux petites raclures paumées dans un scénario hollywoodien. Les mots lourds de sens dans ton dos, de son entourage et de vos propres potes. Les propos fêlant cette carapace que tu pensais si dure. Les critiques effacées par ses baisers, par le contact de ses doigts contre ton épiderme. Maladie et vaccin à la fois, le Ean.
Des images qui reviennent pas dizaines, des corps enlacés. De cette lascivité comme au premier jour. Les rires se mêlant aux soupirs. Plaisir devenu empire. Peut-être pas cette fois-là, pas celle qui a tout foutu en l’air. Mais une parmi tant d’autres que ta mémoire chérie. Nouvelles larmes que t’effaces du revers de la main, alors que les lumières de l’hôpital éclairent tes traits fatigués.
Défilé de blouses blanches, ta tête baissée qui suit derrière. T’es bien différente à cet instant, Marlene. Elle est passée où, la brune incendiaire qui brûle tout sur son passage ? Elles sont où, ces répliques cinglantes de sarcasme quand on te parle de la procédure qui va suivre ?
Paumée au milieu d'un dédale de couloirs. Perdue dans le labyrinthe que ton propre esprit a engendré. Mains enfoncées dans les poches de ton sweat, sac jeté sur le dos. Sans rien dire, tu suis l'infirmière entre les corridors, jusqu'à cette chambre éclairée au néon. Des mots que t'écoutes à peine, des instructions suivies en silence. T'as l'impression d'être une attraction, quand tu les vois débarquer à tour de rôle pour t'infliger le pire. Cloîtrée dans ton mutisme, de simple merci poli à chaque sortie de la chambre.
Sourire au coin des lèvres, quand c'est le visage familier d'Ivy qui entre à son tour. Traits familiers pour venir contrer l'adversité. Accalmie dans la tempête qui fait rage. Elle est beaucoup trop douce pour toi, Marlene. Tu ne mérites pas ses attentions, ne mérites pas qu'on prenne soin de toi de la sorte. Les doigts appuyés contre le haut de son bras lors du contact rassurant. Larmes que tu réprimes. Stop crying. « No name, Ivy. You know very well I'm not keeping that thing. Voix éraillée par le sommeil abimé. Tu te redresses contre les oreillers, grimaces aux tiraillements en bataille dans ton abdomen. It will soon be all over. « Did not even bother to think about one. » Oh, mais tu mens, Marlene. Vérité dissimulée, pour ne pas la rendre réelle. Tu n'y as que trop pensé, à cet enfant. A quoi il pourrait ressembler, comment est-ce qu'il pourrait être. Ashley sounds good, tho. It's cute, a little Ash kid. Des songes gardés au fond de ton crâne. Des raisonnements qui restent intimes.
Le regard attiré par ce bracelet à ta cheville, encore là pour quelques mois. Un an qu'on t'a dit, au tribunal. Rappel douloureux de ta situation dans cette foutue ville. « I'll have to warn the motherfuckers at the station about me missing a few days of work. » Et ça te fait rire, au moins. Rare brin de soleil dans toute cette pluie d'emmerdes. Innocence bienvenue. Les prunelles de nouveau plantées sur l'autre. Sur Ivy et la complicité rassurante. Astre fulgurant dans l'étendue sombre. Et les souvenirs qui cognent. Rappel des épreuves subies. De sa souffrance, à elle. Ton visage déformé par une certaine honte. Méprisable de l'avoir traînée ici, où ses maux doivent encore raisonner. « I'm so sorry, Ivy. About bringing you here. » Des mots lâchés pour en dire d'autres. Are you alright ? I would not mind if you wanna leave this doomed place. Mâchoire serrée, cœur atrophié. Succession d'échec qui fait écho à ta stupidité déconcertante. Des mauvaises décisions prises à la pelle, sans jamais donner un regard en arrière. Et tout qui te revient à la gueule, à cet instant. Ça cogne, comme la douleur au bas de ton ventre. Ça résonne dans ton crâne.
Egoïste qui ne pense qu’à elle. Comme à l’habitude. La phrase assassine, suave dans le fond de ta tête.
Your pride killed him.

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MessageSujet: Re: come and goes // (marlene)   come and goes //  (marlene) EmptyMar 1 Jan 2019 - 14:59

Thing should be a good name too. But stop it Marlene. Don’t lie to me cause I know you pretty well. Les mots crachés d’une voix compatissante. Pourtant son regard, il est pas soumis à la pitié. Elle laisse sa main serrer la sienne. Étreinte rassurante. Étreinte pour faire taire les démons.
Le sien qui porte les trois lettres d’une prénom maudit. L’amour à la vie ; à la mort. Le spectre macabre qui a remporté la partie. Des cendres pour seule carcasse. Un palpitant brisé, rongé. Comme les yeux de Marlene. Ils ne dansent qu’au détour de la tristesse et de la mélancolie. Des certitudes effondrées comme le corps d’Ean gisant sur le bitume.
Le deuil inachevé, impossible. Cet enfant au creux du ventre pour sceller des promesses maudites. Cette douleur causée par chaque contraction. Pour lui rappeler l’inévitable. Pour lui rappeler pire. L’absence du père, l’absence de l’âme-soeur. Alors Ivy tente de combler le trou béant dans la poitrine de son amie. Elle essaye d’être présente et rassurante. Quand son propre esprit grouille d’idées noires. Mais la reporter n’est pas dupe. Elle sait bien que ça suffit pas. Elle sait bien que sa présence n’est que dérisoire à coté de ses pensées déchirantes. Une main sur le galbe rebondi de l’abdomen. Une main sur celle de son amie. Une ancre à un rivage qui s’éloigne chaque nuit sombre. Une ancre à cette vie qu’elle ne contrôle plus qu’au travers de chimères. Un enfer dans lequel Ivy a plongé depuis trop longtemps. Silhouette ancrée dans les méandres des abysses. Danse charnelle autour des monstres, des bourreaux. Alors elle lâche un soupire. Parce qu’elle le voit dans ses yeux, à Marlene. Elle sait que les pensées ont fixé un prénom. Que ses pensées y ont au moins pensé. Cet enfant, elle songe à la filer à l’adoption. Elle songe à s’en séparer comme l’amour s’est dérobé sous les balles perdues. Mais au fond, Ivy est persuadée que c’est plus compliqué. Que les pensées s’opposent et se contredisent.
Alors elle lui laisse le temps. Elle apprivoise ses fêlures pour la guider vers la meilleure décision.
— Don't need to be sorry. I made a promise. Never let you down. So, I’m staying. Elle sait tout Marlene. Les détails les plus sordides de l’accident. Les détails les plus caustiques de sa rééducation ici dans cet hôpital. Elle connait ses angoisses pour les couloirs aseptisés. Et son dégoût de cette odeur chlorée qui grouille au-delà des sens. Y a qu’à voir son teint blafard à Ivy. Sa manière de tenir debout alors que sa seule envie est de s’écrouler. Les trémulations de sa silhouette qui veut tenir bon pour son amie. Elle arrive pas à lui mentir, la poupée. Tout revient comme une claque dans le visage. Trop forte. Trop vive.
Trop douloureuse. L’écho désagréable des machines pour la retenir en vie. Les prières silencieuses de sa mère et de sa fiancée. Le réveil brutal. La réalité amère. Tout y passe dans son esprit qui s’embrouille. Et comme à chaque fois, son regard est froid, dénoué d’émotions. Sa carcasse est mutique du feu qui ronge son palpitant.
Pantin soumis aux démons.
Elle détaille le ventre arrondi. Une respiration qui s’essouffle, un visage qui se crispe à chaque déchirement. Sa main qui serre un peu plus la sienne dans un soutient sans faille. Et Ivy, elle sent ses lèvres brûler de confessions. — I have seen Halley. Always cold and beautiful. Oh, she slapped me. Maybe I deserved it. Une rencontre forcée au bord de la piscine. Les mouvements muet de l’eau bleutée pour entourer leurs silhouettes. Échos trop pesants d’une relation conduite aux portes de l’enfer. Une gifle. Une blessure sur l’échine. Une haine qui ricoche là où les sentiments valsent. C’est mieux ainsi. Elle hausse les épaules et se marre, Ivy. Ça sonne faux. Comme tout le reste.
— And I’m faking a love story to get closer to the burgess family. My so-called boyfriend is a fucking asshole! He drives me nuts with his bullshit. But gotta do the job to stay off radar. Les aveux derrière le sarcasme de son sourire. Leo. L’alibi. Son nouveau colocataire. Celui qui brouille sa vue comme ses pensées au grès des disputes, au grès des éclats de voix. Les deux qui se repoussent et s’attirent dans les derniers retranchements. Un mensonge, rien qu’en mensonge. Et pourtant, parfois, sa peau brûle, ses reins réagissent. Comme si elle était pas encore tout à fait morte. — I'm trying to take your mind off things with my messy life.
Esprit ravagé pourtant par la rage qu’il suscite avec l’insolence collée aux lèvres.
C’est pas le lieu. Encore moins le moment. Mais elle pouvait pas se taire. Pas avec ce poids sur le corps.  — And now, tell me what name you imagine for the thing. Parce que c’est ça le plus important. Parce qu’elle sait que Marlene y a songé. Qu’un prénom doit brûler ses lèvres sans dénier le prononcer.

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MessageSujet: Re: come and goes // (marlene)   come and goes //  (marlene) EmptyMar 15 Jan 2019 - 1:15

Une remarque sur le prénom que tu ne relèves pas. Tentative stupide de penser à autre chose, alors que t’es littéralement prête à voir le problème de tes propres yeux. Ce gamin sorti de nulle part. Mioche pas prévu dans le tableau, pas même du vivant de son père. Pas comme ça. Pas tout de suite. Oh, vous en avez parlé avec Ean, d’avoir des gosses. Vous vous êtes imaginé, dans des soirées que tu pensais oubliées, dans un rôle bien trop différent. Réminiscences soudainement trop vives dans le crâne. La tête posée sur l’oreiller, les jambes entremêlées aux siennes. Les phalanges glissant le long de son dos. Ton rire en écho contre les murs, et son sourire comme un diamant brut. Stop making fun of me, Mar. You were perfectly aware of my love for Pokémon when we started dating. So yeah, I wanna name my child Ash. Girl or boy, I don’t care. Moqueries lâchées contre son oreille à cet instant. Des mentions stupides pour faire miroiter un possible motif de rupture. Les yeux humidifiés par les éclats de rire. Sa voix raisonnant encore parfaitement dans ton crâne. Sorry, love. You cannot hold anything against me, I know you dug everything you could find about me on the internet. Pretty sure you even got into my phone or my laptop just to know everything you needed to seduce me. Coup de poing contre son épaule à ses mots, la fatigue de ses conneries soufflée du bout des lèvres. Il avait raison pourtant, Ean. Une rencontre au détour d’une soirée sur la plage. Une nuit entière à refaire de le monde à deux, une bouteille et des clopes dansant entre vos mains. Et le lendemain passé à retourner internet pour le retrouver. Le connaître sous les moindres coutures. Ses réseaux sociaux épluchés dans les moindres détails. Le message privé envoyé sur son compte paperies. Deux emojis représentant une cigarette et une bouteille. Le myocarde battant dans la poitrine, prêt à éclater en voyant ces trois petits points apparaître quelques secondes après. Des nuits complètes de messages pixelisés. D’échanges à cœur ouvert avec un mec sorti de nulle part. Jusqu’à ce qu’il se pointe comme une fleur, un sourire ancré sur sa gueule à ta fenêtre. Putain, c’que vous étiez un cliché ambulant. Romantisme d’adolescents.
Tirée de tes pensées par la voix d’Ivy. Comme un appel depuis les limbes. C’est à peine si tu te rends compte de tes yeux chargés de larmes. Un battement des paupières pour que tout s’enchaîne. Pour qu’elles dévalent sur tes joues. Perles salées chassée d’un énième revers de la main. Les phalanges serrant celle du roc. Sourire maigre sur les lippes. Déclaration silencieuse de toute cette reconnaissance. Merci, Ivy. Merci de pas me laisser seule. De rester à mes côtés même quand je t’entraîne tête baissée dans ton purgatoire. Merci d’être l’amie que j’suis pas foutue d’être. Une grimace pour orner les lèvres à ses mots. À la mention de la fiancée disparue du tableau. « How did you feel, when it happened ? » L’attention braquée sur les déboires amoureux de l’autre, plutôt que sur les souvenirs amers des tiens. Pour mieux oublier. Mieux faire passer la douleur qui ronge ton crâne depuis neuf mois. Un rire contre les murs aseptisé de la pièce. Un rire pour contrer tous les maux qui dominent. La tête balancée de gauche à droite aux palabres qu’elle débite. Les histoires insensées de la reporter, comme un baume au cœur. Feuilleton pour faire passer le reste. Sourire en coin quand les traits ne sont plus déformés par la souffrance abdominale. « What ? A fake boyfriend ? Girl, your love life is more messed up than mine. » Facile, quand on compare à l’inexistant. Des sentiments enfouis. Un désir foutu de côté. Mémoire trop vive d’Ean. Flamme qui ne faiblit pas, malgré l’assaut du temps. Elle reste intact, même quand tu le maudis en silence la nuit. Que tu craches une haine factice à l’attention d’un fantôme. Why did you abandonned me ? Why did you leave me alone to endure all of this ? Des questions sans attendre de réponses.
Un regard interrogateur planté sur les traits de la jeune femme. « Does he know it’s fake, tho ? Is it a plan of your doing only, or did you find your match in all of your schemes ? » Est-ce qu’elle caresse le bonheur, Ivy ? Est-ce qu’elle recommence à vivre, plutôt que de survivre ? Remarques absentes sur la vendetta qu’elle mène contre son propre Mal. T’es mal placée pour faire la morale, Marlene. La vengeance trop mélangée à votre sang. Les veines palpitantes des envies de représailles.
Rire amer qui s’échappe des lèvres. Elle creuse, Ivy. Elle creuse et s’immisce toujours plus sous le derme. Chatouille la vérité déconcertante du bout des doigts. La tête baissée vers ton ventre trop rebondi. Phalanges dansantes sur la forme arrondie. Et un putain de silence qui s’impose. L’esprit trop chargé. Les yeux qui s’embuent, la fois de trop. La gorge se serre. Un murmure inaudible, noyé dans un sanglot qui éclate. La main plaquée sur bouche pour éviter les sons de faiblesses. Le crâne qui divague d’une seconde à l’autre. Des mots comme interrupteur pour remettre toutes les bases à jour. Tout et son contraire. Un instant où la gueule est bordée d’un sourire. Un autre où ce sont les larmes qui conquièrent les joues. La main libre posée sur la main d’Ivy. La silhouette chevrotante. L’inspiration pour retrouver l’aplomb. « Ok, I’m sorry about that. Did not see that coming. » Les gouttes salées abrogées par le tissu de la manche. Rictus nerveux sur les lippes. Rictus en écho dans la pièce. Fou rire incontrôlable alors que tes prunelles chialent encore. What the fuck is wrong with you ? La tête secouée. La voix chevrotante, bercée entre la raillerie et les pleurs. « Ash. Well, Ashley. But Ash. For that stupid character he liked. » Le regard croisant celui de la jeune femme, le rire toujours débordant des lèvres. « Seriously Ivy, do not let a Pokémon fan get you pregnant. Ever. » Et c’est l’éclat qui raisonne à nouveau. Les nerfs qui lâchent, quand tout ne devient que trop sérieux.

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MessageSujet: Re: come and goes // (marlene)   come and goes //  (marlene) EmptyMar 15 Jan 2019 - 17:17

Les sourires pour contrer la vérité putride. Les sourires pour effacer les maux qui rôdent. Emballement du myocarde à l’évocation de toutes ces conneries. Contractions hasardeuses du muscle souillé par les larmes et la rancoeur. Le visage de la maudite pour hanter le paysage. Les mouvements anodins des vagues. Impétueux étendu bleuté pour apaiser les environs. Reine colère se braquant contre l’échine. Reine colère se braquant contre la joue. Trace rougie pour condamner les mots. Trace rougie pour condamner les sentiments. — It was painful. She's an olympic swimmer after all, so she slapped extremely hard. And not only on my face. Dans le coeur aussi.  Ironie contournant chaque lettre. Ironie pour ne pas afficher ses faiblesses. C’est mieux ainsi. C’était comme ça que ça devait se finir.
L’impératrice des glaces pour siéger et ne pas réagir. Affront bousculé d’émotions. La nageuse perdant pied. La nageuse victorieuse d’une paume insolente. Rupture en travers de la gorge. Fiançailles soldées par une lettre et quelques excuses ravalées sous le palais. Choix de la laisser filer. Choix de la laisser partir. Pour la protéger. Pour l’empêcher d’être une victime collatérale. Pour arrêter les dégâts avant que le pire ne se dissémine. Marlene avait été la première au courant. Un appel. Un sanglot réprimé. La voix tremblante. Comme tout le saccage respiratoire au travers du téléphone. She left me. And I didn’t try to stop her. What’s wrong with me ? Un éclat de rire pour annihiler la tristesse. Sarcasme de ses lèvres bonnes qu’à abuser du vice dans une quête éternelle nommée vengeance.
Maillon de l’équation qu’elle ose enfin nommer. Question de la brune qui laisse une poudrée de doutes. Un alibi. Un putain d’alibi. Seul cause à effet de leur relation. Les tensions pour régner, les sentiments pour disparaître. Tensions qui s’accumulent. Quand les corps se frôlent, quand les peaux se touchent. Quand les souffles ricochent, quand les respirations s’embrasent. Impression d’un étau dans sa poitrine. Refus captif de le faire gagner. Elle discerne plus le vrai du faux, Ivy. Elle arrive parfois plus à respirer tant ça cogne partout sous les couches nécrosées de son myocarde. Recherche d’un appel d’air constant. Et les sensations en exil sur les reins quand il devient roi. Pensées qui suffisent à l’énerver. La tête qui se secoue à la négative. La tête qui se balance de droite à gauche dans une vivacité plus parlante que tous les mots. La contradiction au bord des lippes quand les siennes rôdent parfois trop près. La tentation comme peinture là au creux du ventre qui se tord et se remue. Incessante chasse entre la louve et le chasseur. — No, no, no. I mean, no match. No love. No any feelings. He’s an fucking asshole. He’s stupid, selfish, annoying…gosh. But he’s kind of hot. Only good point.
Un soupire plus sourd que les autres. Et son regard braqué vers Marlene. Pas besoin de s’éterniser. Pas besoin de déballer le vice. Elle la connait assez pour reconnaître les faiblesses. Comme ces perles qui surgissent au creux de ses yeux. Comme la tristesse qui devient trop lourde. Comme la douleur qui déchire son abdomen. Larmes chassées par un rire. Perte de contrôle qui décroche un sourire sur les lèvres rosées d’Ivy. Sa main qui se resserre dans celle de son amie. Sa silhouette qui se rapproche alors que ses phalanges encore libres effacent les stigmates d’un deuil impossible.
Neuf mois à conjuguer au présent sans cette part du passé. Neuf mois à appeler à l’aide dans des silences assourdissants. Un amour victorieux qui a croulé sous les balles. Un amour pris d’assaut par le canon d’un flingue. Tragédie macabre où le sang devient aquarelle.
—  Thanks god his favorite character wasn't pikachu or charizard. Touche d’humour à la con pour tenter de la faire marrer. Pour tenter de lui faire oublier sa peine durant d’infimes secondes. Les phalanges encore liées alors qu’elle hausse les épaules. Le regard qui se perd durant de courtes secondes sur ce ventre rebondi. Tu voudrais avoir un enfant Ivy ? Ne me regarde pas comme ça. Ma question est sérieuse. Ma réponse pourrait l’être aussi. Discussion amorcée un soir d’hiver. Bitume maculé des flocons blanc. Les lumières pour refléter la beauté de ses yeux. La reporter, elle avait pas su quoi répondre d’abord. Hypothèse jamais vraiment dessinée dans son esprit. Pour faire une gosse. Pour faire vivre leur fruit de leur amour. Désastre trop macabre maintenant que tout ne s’apparente qu’à des ruines. — Fortunately, Halley and me broke up. She would have named our baby cocaine with her drugs addiction. Propos mal attentionnés. Propos ne reflétant qu’une douleur exacerbée. Là sur chaque pore de sa peau. Là où les questions subsistent. Là où l’inquiétude pour Halley revient trop vite lui happer la gorge. Une addiction qui pourrait la tuer. Comme Ivy a pu la tuer en ne la retenant pas. — I’m such a bitch, no ? Sourire à peine gêné sur les lippes.
(…) La sage-femme qui s’active. Les infirmières qui entrent et sortent de la pièce. Le monde qui s’affaire alors que la naissance semble imminente. L’inquiétude qui transperce les yeux sombres. Ivy qui se rapproche, qui attrape sa main. La silhouette penchée pour déposer un baiser sur sa joue. Moyen de la rassurer. Moyen de sceller leur amitié. Moyen de sceller les promesses.  —  Look at me, girl. I’m sure you'll be the better mother ever, okay ? And I’ll believe in you even if you won’t. And Ean too. Un sourire sincère. Comme si y avait plus qu’avec elle, que Ivy arrivait à sourire. Un regard en arrière sur des mois de douleur, de colère et de rancoeur. Des mois où le pire a gagné. Et un présent où ce souffle de vie va s’apposer. Étreinte de sa main contre celle de Marlene. — You can break my hand if you need.
De toute façon, tout est brisé chez moi.
Elle bouge pas, la reporter. Prête à endurer le pire avec son amie. Prête à la soutenir jusqu’à la mort s’il le faut. Combinaison fonctionnant à l’unisson.
J’te le promets, Marlene. Respire, tout va bien se passer. Respire, j’partirai pas. Et je sais, je sais que de là, Ean, il est fier. De toi, de Ash. De vous malgré les cendres.

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je n'avouerai jamais que certaines de mes propres émotions m'effraient, je te déteste comme cette phrase qui dit c'était trop beau pour être vrai.
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MessageSujet: Re: come and goes // (marlene)   come and goes //  (marlene) EmptySam 9 Fév 2019 - 14:10

Les émotions en bataille. Le bonheur et son contraire, l’instant d’après. Ressentiment dans lequel t’es coincée depuis des mois. Des matins passés à traîner sous la couette. Incapable de t’échapper de sa chaleur. Incapable de quoi que ce soit. Seulement les sanglots pour trahir le silence dans la pièce sans âme. La décoration pour animer les lieux, pour éclairer la chambre. Et pourtant, t’y sens encore la mort. T’y sens son absence alors qu’il n’y a jamais mis les pieds. Cette maison en bord de mer dont vous aviez parlé, un jour. Une idée balancée au milieu d’une conversation banale.
La gorge nouée quand ton regard traverse les vitres. Cette vue qui donne sur la plage où le big band a résonné. La musique de la soirée qui cogne encore dans ton crâne, sept ans après. L’odeur de l’écume. La sensation du sable sur la peau. Son sourire devenu empire. Sa voix pour couvrir l’écho des vagues. Ean pour remplacer tout le reste. Pour se faire roi au milieu du regard. Pour se faire roi dans ton cœur. Y’en avait plus que pour lui. Plus que pour son rire. Plus que pour ses yeux. Plus que pour ses gestes. L’amour vibrant. L’amour qui a déchiré trop vite. L’amour que t’as pas vu venir avant qu’il ne vienne te claquer la gueule. T’as voulu jouer la maline, Marlene. Faire la belle en prétendant être plus forte. L’échec cuisant quand il s’est imposé sous l’échine. L’échec cuisant quand ton cœur s’est retrouvé entre ses mains.
Et putain, t’y aurais jamais cru. T’aurais jamais espéré que ça marche. Un gamin avec la casquette vissée sur la tête. La console toujours planquée dans sa poche. Ses bandes-dessinées étalées sur le sol de sa chambre. L’antre d’un adolescent qu’était tout sauf normal à tes yeux. L’amourette qui s’évadait du regard des parents en s’enfermant à double tour dans sa piaule. Tu te souviens dont la façon dont tes doigts avaient glissé sur ses affaires, la première fois. Le contraste parfait avec ton repère à toi, organisé dans un ordre presque religieux. Les iris attirés par le canson et les crayons en bataille sur le bureau. Est-ce que tu vas me dessiner, un jour ? Est-ce que j’suis assez importante à tes yeux pour ça ? J’me demande si c’est autant sérieux pour toi que ça l’est pour moi. J’suis tombée tellement amoureuse de toi, Ean. Tellement rapidement que je l’ai pas vu venir. Le sourire sur les lèvres pour contrer les interrogations qui dévoraient le crâne.
La voix d’Ivy pour te sortir de la torpeur, à nouveau. La concentration sur ses problèmes à elle, plutôt que de penser au fantôme de l’autre. La nageuse évincée du paysage. La sirène écartée du tableau. Cette relation que t’as suivi sans rien dire. Sans jugement, même quand l’amie se terrait dans tes bras à cause des disputes. Sans jugement, même après la rupture couchée sur le papier. Juste ta silhouette pour accueillir sa carcasse et ses larmes. Un rire pour bercer la pièce. La tête secouée de gauche à droite. « Sounds like you wanna persuade yourself that you don’t like that guy. » Palabres lâchés pour lui faire comprendre, à Ivy. Que ce n’est pas grave. Que ce n’est pas la fin du monde, si l’autre prend de l’importance. Profite-en, putain. Parce que moi, j’ai l’impression d’avoir perdu trop de temps. J’ai l’impression d’avoir gaspillé les instants précieux contre lui. J’repense à toutes ces heures où j’lui faisais la gueule. Toutes ces minutes où je l’ignorais. Et je les regrette amèrement, maintenant. J’donnerais n’importe quoi pour les récupérer, ces poignées de secondes. N’importe quoi pour les échanger contre un instant avec lui. « Don’t lie to yourself, Ivy. » Regard planté dans le sien. Toutes tes espérances que tu lui lègues. Ce bonheur que tu lui ordonnes. Celui que tu ne peux plus espérer toucher. « Especially if he is kind of hot. » Dernier rictus pour appuyer les propos. S’il-te-plaît, ne fais pas les mêmes erreurs que moi.
Les mots de la reporter pour faire rire. Mais la douleur au creux du ventre qui déforme la gueule avant. Draps du lit serrés entre tes phalanges alors que tu cherches à évincer la douleur soudaine. L’injure au bord des lèvres. Grognement sur les lippes. « Fucking hell. If only we could catch kids like Pokemons, instead of making them. » Regard relevé vers celui d’Ivy. Le support que tu cherches dans ses iris. La détresse que t’y trouves, un court instant. Ses paroles pour aller avec. T’as le cœur qui se serre, Marlene. De la voir s’être déchirée de la sorte avec l’aimée. De la voir brisée sans qu’elle n’ose le prononcer à voix haute. Tu secoues la tête, à ses mots. Non Ivy, t’es pas une connasse. Non, t’es pas une salope. Trop innocente comparée à mes erreurs. Trop innocente comparée au meurtre que j’ai provoqué. Sa mort encore trop encrée dans les moindres recoins du crâne.
(…) Gueule suintante. Les poumons qui menacent d’éclater. Les mots des autres que tu n’entends même pas tellement que ça tambourine dans ta caboche. Tellement que tes souffles prennent le dessus sur le reste. Tellement que les râles de l’effort recouvrent les autres bruits dans la pièce. C’est à peine si t’entends la voix de l’amie. C’est à peine si tu perçois encore sa présence. Sa main broyée entre tes phalanges sans que tu t’en rendes compte. Un cri qui meurt sur tes lèvres. Un prénom qui brûle la gorge. Son visage placardé dans ton champ de vision. J’peux pas sans toi, Ean. J’peux pas élever ce gosse sans son père. J’peux pas gérer ça toute seule. J’peux pas respirer sans ton souffle. J’peux pas vivre sans ton sourire. J’pourrais crever là, et j’en aurais rien à faire. Enième déchirement des chairs. Sanglots éclatants sur tes joues. Capharnaüm ambiant qui ne couvre pourtant pas les cris aigus de la chose qu’on vient de retirer de ta carcasse.
(…) Le réveil difficile. Paupières alourdies. Gorge asséchée. Les muscles qui hurlent. La grimace pour orner ta gueule. Main lasse passée dessus. Dans les mèches brunes emmêlées. « Ivy ? » Le son sorti d’un autre monde. L’appel à l’aide au milieu du désert. Le cœur qui s’anime. Le cœur qui recommence à battre à tout rompre. Le visage de la reporter capté au coin de la pièce. « Did they… did they took him already ? » Lui. Pas ça. Ton fils, Marlene.
Celui d’Ean.

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