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Lina Rassam

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MessageSujet: somewhere only we know. (noor)   somewhere only we know. (noor) EmptySam 1 Déc 2018 - 19:06



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Après une semaine aussi dense, je me doutais bien que ma nuit serait des plus agitées. Epuisée, je n’ai pourtant qu’une seule chose en tête : le travail. Ces derniers temps sont assez intenses et les clients de plus en plus exigeants. L’attitude des riches de cette ville est des plus agaçantes et pourtant, je me dois de garder la tête haute et de répondre au moindre de leurs désirs. Cela fait partie du jeu et d’un point de vue positif, cela me permet de garder les pieds sur terre car je suis loin d’être comme eux. Dieu merci, mes parents m’ont offert une éducation digne de ce nom et je sais combien le respect de l’autre est primordial. A croire que la plupart de mes clients ont oublié ce détail… Levée aux aurores, je décide de me rendre au parc du quartier afin de me vider la tête. Le sport est mon meilleur allier dans ce genre de situation et me permet de passer à autre chose. J’enfile un legging et le premier Tshirt que je trouve, avant de quitter mon appartement en petite foulée. La musique défile dans mes oreilles et je fais le vide sur tout. Jusqu’à ce que les échanges avec ma petite sœur me reviennent. J’ai cru comprendre que Noor échangeait pas mal à Rami et je dois bien avouer que cela pique au vif ma curiosité. J’ignore ce qu’il se passe entre eux, mais je dois bien avouer que je suis loin d’en être totalement ravie. Mon cœur semble se tordre à la simple idée qu’il puisse se passer quelque chose entre eux. Je regarde l’heure et m’aperçois que ma petite sœur ne va pas tarder à arriver chez moi, si bien que je décide de faire demi-tour pour regagner mon logement.

Une heure plus tard, j’entends les clefs de ma petite sœur dans la porte. Le café termine tout juste de couler et j’ai même pu prendre une douche bouillante pour me remettre les idées en place. « Hey babe. » Je lance, ravie de la voir. Noor et moi sommes si proches que j’ai l’impression que cette semaine sans la voir a été une éternité. « Tu m’as manqué. » J’annonce alors, avant de m’approcher pour la serrer dans les bras. Je m’aperçois que le sweat que j’ai enfilé après ma douche appartient à mon meilleur ami, qui a la fâcheuse tendance à oublier ses affaires chez moi. Le tissu dégage encore ce parfum qui lui va si bien et dont je suis fan. « Comment ça va ? » Je demande, tout en sortant les tasses.

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MessageSujet: Re: somewhere only we know. (noor)   somewhere only we know. (noor) EmptyLun 10 Déc 2018 - 23:07

Une paire de chaussons traînait au milieu de la pièce. Deux pointes, parfaitement arquées, usées par parquet brillant et glissant. Ils avaient épousé la forme de ses pieds. Une forme peu naturelle, forgée par l’entraînement, par l’acharnement, par les ballets incessants. Une symphonie orchestrée par une mère tyrannique et assoiffée de réussite. Elle comprenait, Noor. L’envie de voir sa fille briller, s’élever au sommet, de devenir la somptueuse Odette de Tchaïkovski. Seulement elle était fatiguée. Sa liberté lui glissait entre les doigts, comme une poussière brûlante et brillante. Elle rêvait d’évasion, Noor. D’un week-end dans les ruines romaines, sur le toit des plus belles pyramides. D’une semaine à écumer les marchés asiatiques et les temples bouddhistes. Juste quelques jours de répits, loin des tutus en tulle froissée, loin des justaucorps et des notes classiques et voluptueuses de l’orchestre symphonique. Mais ce n’était pas un luxe auquel elle avait droit, Noor. L’utopie n’existait que dans ses songes les plus profonds. Là, elle se pavanait, flottait d’un nuage à un autre, le cœur léger, l’esprit serein. Elle se laissa tomber sur son lit, un soupire quittant ses lèvres. Le soleil s’était élevée depuis quelques heures déjà. Un soleil frais, voilé par de fins nuages blancs. La journée s’annonçait lumineuse, presque printanière. Le vent froid du Nord balayerait les quelques rayons chauds, pour laisser place à la fraicheur hivernale qui caractérisait tant ce petit coin de terre anglais. Son regard s’attarda sur la veste – jetée hasardeusement sur une chaise dans un coin de sa chambre – que Rami avait posé ses épaules, quelques mois plus tôt, quand la fatigue avait raidi ses membres, et que le soleil avait coloré leurs paupières rosées. Une fin de soirée sur la plage, tatouée sur sa rétine. Un baiser échangé, gardé comme un secret de polichinelle dans la boite de Pandore. Elle s’efforçait d’ignorer les palpitations de son cœur, qui cognait dangereusement proche de sa cage thoracique. Elle jeta un coup d’œil à sa montre, décidant qu’il était assez tard pour débarquer chez Lina. La clé glissa aisément dans la serrure, dévoilant l’appartement de sa sœur. Un sentiment de sécurité l’enveloppa en entrant dans la pièce principale. Son havre de paix, avec sa sœur, leurs conversations prenantes et leurs blagues ridicules. Une odeur d’arabica embauma ses narines, et ses bras s’enroulèrent chaleureusement autour de Lina. « Tu m’as manqué aussi, » marmonna-t-elle contre son épaule. Les semaines défilaient tellement vite, qu’elle n’avait plus la notion du temps. « Ça va, comme d’hab, quoi. » Elle s’installa sur un des tabourets de la cuisine, zieutant la silhouette de sa sœur. « C’est quoi ce sweat ? » S’enquit-elle dans un rire léger.

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MessageSujet: Re: somewhere only we know. (noor)   somewhere only we know. (noor) EmptySam 5 Jan 2019 - 14:27

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Ma tête va s’en doute exploser avec toutes les mauvaises idées que je me fais depuis un moment. Cela ne me ressemble pourtant pas, j’ai toujours été cette femme forte, optimiste. Mais depuis quelques temps, j’ai l’impression que les choses sont contre moi, que les personnes en qui j’ai le plus confiance sur cette planète me cachent quelque chose. Je vois bien leurs regards quand ils se croisent, je suis loin d’être idiote. Mais je me dis que je me fais des films, que tout ceci n’est qu’un vilain cauchemar au fond de mon esprit. L’air frais me fait le plus grand bien et ce footing me permet de me vider la tête ne serait-ce que pour quelques heures. Il est tard, la nuit est tombée et le froid me gagne rapidement. Il est temps que je rentre, Noor ne va pas tarder à me rendre visite. Il s’agit d’un rituel, d’une habitude que nous avons depuis que je possède ce loft bien trop grand pour moi. Ma petite sœur a souvent besoin de se sentir libre, loin de nos parents bien trop directifs et présents. Je sais que ce n’est pas simple de répondre à leurs exigences, j’ai moi-même parfois du mal à trouver un instant de liberté depuis que je fais partie de l’entreprise familiale. Mon père me donne énormément de travail, afin de voir si mes épaules sont suffisamment solides pour encaisser, pour devenir la numéro un sur le marché. Un challenge que je réussi à chaque fois sans grande difficulté tant j’apprécie ce travail et le fait de dénicher des perles rares pour nos clients fortunés. Noor arrive peu de temps après ma douche et le simple fait de la voir me procure une sensation de bonheur inexplicable. Elle me manque, le fait de ne plus la voir tous les jours me déchire le cœur mais j’apprends à vivre avec. Un jour, elle trouvera l’homme de ses rêves et sera encore moins disponible, il faut bien que je commence à me faire à cette idée. Ma petite sœur s’installe en répondant sagement à ma question, en me disant qu’elle va aussi bien que d’habitude. Autrement dit, elle est épuisée par les heures de danses qu’elle s’inflige et a bien besoin d’un peu de réconfort. « Tu as l’air épuisée, Noor. » Je m’inquiète, bien entendu. Et quand elle parle de mon sweat, je ne peux m’empêcher de rire légèrement. « C’est celui de Rami, voyons. » Elle s’en doute, je le sais. Mais alors pourquoi me poser une telle question. « Je devrais le lui rendre, mais tu le connais. Il a tendance à tout laisser trainer chez moi quand il vient. » J’ai besoin de savoir ce qu’il se passe et pour ça, je décide de piquer au vif sa curiosité et tester son éventuelle jalousie. « Thé ou café ? » Je demande alors, de façon innocente.

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MessageSujet: Re: somewhere only we know. (noor)   somewhere only we know. (noor) EmptySam 19 Jan 2019 - 23:32

Les coudes posés sur le comptoir, ses prunelles glissent sur le mobilier familier de la cuisine. Le loft de Noor s’allonge sur des mètres carrés, laissant les ombres capturer l’espace qu’elle ne pouvait pas voir. Trop loin, caché par le canapé, la table, une armoire, des murs volants. C’était chaleureux, ici. Cosy. A travers les baies vitrées, l’horizon s’étendait à perte de vue. Brighton, et sa flamboyante jetée, ses ruelles atypiques et maisons colorées. Un paysage anglais, qui appartenait à une reine que le peuple chérissait avec passion. Une ville, une maison qu’elle aimait autant que le pays de ses origines. Les terres du Liban étaient tatouées sous ses paupières rosées. Des montagnes, dont les sommets embrassaient les nuages, et dont les sillages caressaient les rivages salés. Le libanais chantant dans la bouche des badauds. Puis cette guerre civile, qui les avait éloignés jusqu’à la terrible exile. Le Liban pétillait dans le sourire de Lina, dans sa bienveillance et ses cheveux d’ébènes. Une beauté, que Noor adulait. Une sœur perspicace, qui lisait en elle comme dans les pages de son livre préféré. Elle soupira, calant son menton dans le paume de sa main. « J’ai été prise comme second rôle pour ce ballet et tu connais maman, hein. Mais ça va, je t’assure, » articula-t-elle doucement. Les entraînements étaient épuisants, Lina n’avait pas tort. Des heures à onduler sur le parquet ciré, les membres mis à rude épreuve. C’était son sort, son destin. Une ligne tracée pour elle, qu’elle suivait comme un pantin désarticulé. La liberté l’appelait au bout de cette ligne droite. Quelques années de plus, avant d’être trop vieille, trop fanée, remplacée par une jeunesse fougueuse et fraîche. Quelques années, seulement. Elle détourna le regard, pour coller ses iris aux carreaux. Le soleil se levait à peine, et des flashbacks de sa soirée sur la plage avec Rami tatouaient son esprit. Elle se doutait que le sweat lui appartenait. Lina n’avait pas de petit-ami. Les hommes ne défilaient pas, ne se glissaient pas sous ses draps tous les soirs de la semaine. Le vêtement ne pouvait appartenir que à rami. « Hmm, hmm » marmonna-t-elle, presque désintéressée, presque intéressée. Pas le moins surprise par les dires de son aînée. Après tout, il n’avait toujours pas récupéré sa veste, posée soigneusement sur une chaise dans sa chambre. « Café, s’il te plait. » Elle se redressa, calant son dos contre le dossier du tabouret. Elle s’étira, les os de son craquant légèrement. « Dis…t’as jamais voulu sortir avec Rami ? Tu t’es jamais dit que ça aurait pu être possible entre vous ? » S’enquit-elle, la curiosité évidente dans sa voix. « Vous vous entendez tellement bien. Ça se trouve, maman a raison et vous êtes meant to be, » finit-elle, la taquinerie sur le bout de la langue.

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Dernière édition par Noor Rassam le Mer 30 Jan 2019 - 10:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: somewhere only we know. (noor)   somewhere only we know. (noor) EmptyDim 27 Jan 2019 - 19:26

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Noor a toujours été passionnée de danse, mais je ne suis pas rassurée de la savoir aussi prise par les répétitions. Elle a les yeux rouges, des cernes qui ne s’invitent habituellement pas sur son visage de poupée. Je la connais par cœur, au point de voir à quel point ma petite sœur est au bord de l’épuisement, aussi bien physique que moral. Je sais parfaitement que ma mère est responsable de cela, elle qui est si perfectionniste. Notre mère attend beaucoup de Noor, misant tous ses espoirs sur sa réussite au ballet. Un peu comme si c’est elle qui vit son rêve au détriment du bonheur de ma petite sœur. Je n’ai jamais été fan de tout ça, préférant être du côté de mon père et de sa passion débordante pour le travail. Ainsi, chacun de nos parents trouvent son compte et sa fierté dans l’une d’entre nous, pour des choses totalement différentes. Noor respire la passion, la créativité et la persévérance. Tandis que je suis beaucoup plus attachée au fait de réussir dans mon travail, en devenant un véritable requin de l’immobilier. « Noor, ne la laisse pas te dicter ta vie. Tu me le promets ? » Je préfère m’en assurer bien que je n’en doute pas une seule seconde. Je refuse que Noor passe à côté de sa jeunesse, de l’ivresse de sa liberté. Le sujet dérive sur Rami, du fait que je porte le sweat abandonné dans mon appartement depuis quelques jours. Depuis cette nuit où il a eut besoin de trouver du réconfort. Tout en lui servant une tasse de café encore chaud, je manque de faire tomber la tasse quand j’entends sa question. Mon cœur sursaute, je suis incapable de cacher ma surprise face à de telles interrogations. Les gens se questionnent souvent sur nos sentiments, notre relation. Mais Noor, jamais elle ne m’avait demandé de telles choses. « Noor, pas toi… » Je ne peux m’empêcher de soupirer, essayant de me protéger pour ne rien laisser paraître. J’aimerais lui confier ce que je ressens au fond de moi, mais j’ai peur d’être jugée. Peur d’être démasquée au grand jour. « Tiens, ton café. » Je décide d’ignorer la question, plutôt que de m’enfoncer dans un mensonge que je serai incapable de tenir. « Maman rêve surtout de voir l’une d’entre nous se marier, pour faire honneur à la famille et aux traditions. » Je réponds alors, tout en me servant une tasse de café à mon tour. Perdue entre l’envie de tout lui dire pour me libérer ou l’interrogation de savoir pourquoi ma petite sœur s’intéresse si subitement à ma relation avec mon meilleur ami. « Hum, tu m’as l’air bien pensive depuis tout à l’heure. » Je dis alors, pour retourner la situation et changer tout simplement de sujet. Essayant ainsi de comprendre ce qui tracasse ma petite sœur.

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MessageSujet: Re: somewhere only we know. (noor)   somewhere only we know. (noor) EmptyMer 30 Jan 2019 - 11:12

Une ambition dévorante. Une passion imposée, puis partagée par une mère à sa fille. Des heures de répétitions, les membres meurtris, les pieds glissants sur le parquet ciré. Un corps moulé dans des collants et des justaucorps trop serrés. Des chaussons abimés et fatigués, renouvelés tous les ans. Des ballets gracieux au rythme d’une musique classique et douce. La compétition, jalouse et envieuse, mesquine et malicieuse. Une routine, depuis que ses jambes ont trouvé l’équilibre suffisant pour la porter, pour la faire marcher, courir. Pour la faire danser. Un rythme effréné, qui se voyait dans son dos arqué, dans ses gestes gracieux. Une habitude, ancrée, définissant sa vie et ses choix. Elle aimait la danse, autant qu’elle la détestait, Noor. Une jeunesse, qui lui filait entre les doigts, qui s’évaporait, qui se transformait en poussière, en poudre d’étoile scintillante sur les scènes des plus grands opéras. Elle était coincée, par ce besoin de réussir, d’y arriver, de voir la fierté briller dans les yeux de sa mère tyrannique. Et l’envie de fuir, de s’échapper, de prendre le premier avion pour un pays lointain, et se laisser mourir sur les plages turquoise du Brésil. L’ambition, l’ambition, l’ambition. Elle coulait dans ses veines comme un poison. Un délicieux poison, qu’elle voulait combattre, mais qui avait raison d’elle. Ses jambes retrouvaient toujours le chemin des salles d’entrainement, des tutus en tulle. Mais peu à peu, elle s’épuisait. Mentalement, moralement. Son monde ne se résumait qu’à ça. Qu’à la danse. Et son cœur, lui, voulait s’ouvrir. Aimer, être aimé. Vivre à travers d’autres passions. Elle hocha brièvement la tête, le regard occupé à observer le moindre grain de poussière. Sa vie était tracée. Une ligne droite, dessinée pour elle. Si elle trouvait un équilibre en imposant certains de ses choix, en répondant, en étant insolente, elle n’en restait pas moins prisonnière d’une cage soyeuse. Alors elle se réfugiait, chez Lina. Elle trouvait du réconfort et une échappatoire sur le canapé de son aînée. Ses doigts encerclèrent le mug chaud. Les vapeurs de café chatouillaient délicatement ses narines. La curiosité brillait dans ses prunelles claires. « Quoi ? C’est une question légitime, » se défendit-elle avant de prendre une gorgée de café. Elle ne put s’empêcher de glousser, les sourcils relevés. « Elle rêve surtout de te voir toi mariée. C’est toi l’aînée. » Une réalité qui les rattrapait. Noor était jeune, au sommet de sa carrière. Les relations, le mariage, l’amour, ne faisaient pas partie de ses plans – des plans de leur mère. Lina, elle, avait l’âge de se marier, de perpétuer leurs traditions et leurs cultures. Son travail lui permettait une liberté que Noor n’avait pas. Mais son cœur semblait difficile à combler, comme si quelque chose – quelqu’un – l’en empêcher. « Non…je me disais juste que ça fait longtemps que tu ne nous as pas présenté quelqu’un. » Sa voix était douce mais inquisitrice. « Y a vraiment personne en ce moment ? » S’enquit-elle finalement, curieuse et soucieuse.

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MessageSujet: Re: somewhere only we know. (noor)   somewhere only we know. (noor) EmptyDim 3 Fév 2019 - 19:07

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@noor rassam

Etre une Rassam est loin d’être de tout repos, j’en suis parfaitement consciente. Si Noor a hérité de la créativité et de la grâce de notre mère, je trouve tout autant de pression du côté de notre père. Héritière de l’empire immobilier qu’il a battis, je me sens parfois épuisée par toute cette pression et tout ce travail. Il m’est déjà arrivé de vouloir tout plaquer, pour vivre une vie plus libre. Loin de la dictature de notre famille, qui adore vouloir dicter nos faits et gestes. Et voir que ma petite sœur est tout aussi épuisée me fait mal au cœur, car je me sens impuissante. Incapable de pouvoir l’aider, hormis en lui donnant des conseils qu’elle n’écoutera jamais réellement. Noor respire pour la danse mais surtout elle vit le rêve de notre mère, qui se retrouve en elle. Tout comme mon père se retrouve en moi, je présume. Heureusement, nous trouvons du réconfort l’une auprès de l’autre et cette relation fusionnelle que nous avons est comme un second souffle pour moi. Sans Noor, ma vie serait totalement différente. Après avoir servi nos boissons chaudes, je ne peux cacher ma surprise face au questionnement de ma sœur à propos de Rami, mon meilleur ami de toujours. L’homme de ma vie, celui qui hante mes nuits mais qui n’est qu’un simple ami aux yeux de tous. Un lourd secret que je parviens à cacher depuis des mois, bien qu’il commence sincèrement à me peser. Pourquoi Noor m’interroge ? Je me le demande. Elle n’a jamais été de ceux qui voulaient s’initier dans notre relation, qui voulaient la comprendre. Noor avait l’air de me comprendre – de nous comprendre – mais peut-être que ce n’était qu’en apparence. Elle se défend comme elle peut, en gloussant. Moi, je ne peux cacher ma déception face à sa question, qui résonne dans mon esprit. « T’as pas le droit de me la poser, pas toi. » Je rétorque alors, d’un ton plus sec. Je refuse que ma petite sœur entre dans ce jeu là, bien que l’envie de tout lui avouer se fait de plus en plus forte. Notre mère rêve de me voir épouser Rami, à croire qu’il s’agit d’un complot entre nos deux familles qui a finalement réussi à m’atteindre. Noor n’a pas tort, je me dois d’épouser un homme avant elle étant donné que je suis l’aînée. Une tradition que je ne peux ignorer, bien que je ne sois pas encore prête à me donner corps et âme à un seul homme s’il ne s’agit pas de Rami. Je me contente de hocher la tête à mon tour, avant de m’appuyer lourdement contre le plan de travail. Pourquoi devons-nous respecter les traditions ? Pour une fois, j’aimerais être libre de vivre ma vie amoureuse comme je l’entends, bien que cela semble complètement impossible avec une famille comme la notre. Si je ne trouve pas un homme, mes parents ne tarderont pas à le faire pour moi c’est certain. Heureusement, je peux encore me défendre avec le fait que l’entreprise familiale demande beaucoup de travail et que je n’ai pas encore de temps à consacrer à un homme. Mais pour combien de temps ? Noor remarque que je n’ai pas présenté un homme à ma famille depuis longtemps. Il faut dire que les conquêtes que je côtoie ces derniers temps ne sont que distraction, loin d’être à la hauteur d’un diner en famille chez les Rassam. « Personne qui ne soit digne d’être présenté aux parents. » Je réponds alors, avant de rire légèrement. « Je n’ai pas envie d’une relation sérieuse Noor, je n’ai pas le temps pour ça. » Ou plutôt, nul homme ne m’intéresse à part Rami. Mon cœur tout entier lui est destiné, bien que notre amour soit impossible. « Et toi alors ? Tu ne m’as pas parlé d’un homme depuis un moment. Je suis sûre que tu vois quelqu’un, tu as l’air… différente. » Je connais ma sœur par cœur, je suis certaine qu’un homme est entré dans vie.

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