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Jillian Walsh

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MessageSujet: waves (clara).   waves (clara). EmptyMer 28 Nov 2018 - 15:29

Jillian, elle hésite.
Un pas vers la porte d’entrée. Un autre vers la cage d’escalier. Les doutes font trembler la courbe de ses lippes. Les paroles de son frère aîné reviennent en boucle. Un refrain qui cogne le long de ses tempes et crée le chaos. Clara est enceinte. Une nouvelle qui aurait pu susciter le bonheur. Bonheur qui se transforme en enfer. Elle lâche un soupire rien qu’à y penser. Leur couple ne ressemblant plus qu’à des cendres. Des incompréhensions ayant gagné la partie. Des sentiments qui s’effritent et soulèvent les palpitants. Les deux, incapables de se dire les choses, de se montrer à quel point ils peuvent s’aimer. Peut-être plus Teddy que Clara. Une fuite vers un autre pays en se persuadant que ça panserait la blessure. Une fuite idiote et futile comme celle de Rhys quelques mois auparavant.  Echo qui transperce sa poitrine d’une lame aiguisée. Ressemblances qu’elle aurait voulu chasser.
Jillian, elle supporte plus cette situation. De voir Teddy mal au point, de le voir incapable de faire le premier pas. Un peau à peau avec son frère. Echo de leurs souffrances communes. Des failles qu’ils partagent ; des doutes qu’ils croisent d’un regard complice. Une famille qui brille pour son incapacité à faire les bons choix, apparemment. Constat bon qu’à la rendre un peu plus morose. Ses pensées qui s’égarent vers Rhys. Énième dispute. Enième désillusion. Enièmes acidité de ses propos. Tout se précipite autour de son myocarde pour créer une brûlure lancinante. L’avocate, elle préfère faire comme si de rien n’était. Elle veut pas éveiller les soupçons de ses frères ; ni du reste de la famille. Peut-être parce que tout le monde sauf sa mère lui ferait comprendre que dès le départ, elle a commis une erreur. En offrant sa confiance au surfeur, en lui octroyant une seconde chance, en imaginant pouvoir être heureuse à ses côtés. Satisfaction qu’elle ne désire pas leur offrir. Parce que la plaie saigne encore. Une hémorragie qui n’en termine pas. Collapsus du myocarde. Respiration haletante tant elle a l’impression d’étouffer en y pensant.
Alors la blonde se fait violence. Elle s’arme de courage et frappe à la porte.
Echo de son poing contre le bois.
Echo de son coeur qui voudrait décharger toute la douleur de son frère.
Pour le voir heureux. Pour les voir heureux. Clara, lui, et ce bébé. Equation qui se conjugue à trois maintenant. Lorsque la porte s’ouvre, l’intéressée paraît surprise. Jill hausse les épaules, le rose teintant ses joues. La gêne devenant une couverture ancrée à sa peau. Le visage de Clara retrace la fatigue. Les traits tirés par des émotions contradictoires. La tristesse dégagée par moment fait l’effet d’un poignard chez l’avocate.  Superposition à sa propre peine qu’elle emporte dans des silences. Ces supplices qui ne sortent plus et créent des chaînes autour de ses membres. Cette dernière finit par s’approcher. — J’espère ne pas te déranger…mais j’ai oublié de te rendre ça l’autre fois. Elle tend alors un coussin que Jupiter adore. Un coussin qu’il n’a pas quitté durant les heures passées à l’appartement. Mascotte dont la blonde s’est entichée. Habitude de le retrouver le soir. Habitude de lui parler ; comme s’il allait répondre. Peut-être que c’était là sa destinée : terminer seule, le coeur en miettes avec un chat. Tableau qui ferait rire n’importe qui. Sauf elle.  — Jupiter l’adore. Elle esquisse un sourire complice envers la demoiselle. Elle est nerveuse, Jill. Elle se demande si Clara va accepter le dialogue. Si elle a fait le bon choix en débarquant ici. — Wow. Je suis devenue gaga de ce chat, on dirait bien. L’éclat de son rire brise le silence. Tout est bon pour détendre l’ambiance pense-elle le coeur serré. L’avocate extirpe une petite boîte d’acier de son sac. Elle la montre à Clara avec un sourire sincère qui borde le contour de ses lippes.
Clara, elle a appris à l’apprécier au travers des paroles de Teddy. Elle a surtout compris que c’était l’unique fille qui a été à même de le mettre dans un tel état. Lui remuer le coeur, lui donner envie de tout plaquer à cause de la douleur, lui faire briller les yeux et suspendre ce rictus continuel sur ses lèvres à chaque évocation de l’intéressée. Pour la première fois, Jillian n’avait pas été possessive. Aucune des petites-amies de Teddy n’ont su trouvé grâce à ses yeux. Assez audacieuse pour tenter de les faire fuir dès que l’occasion se présentait. Mais là, tout demeure différent. — J’ai ramené des biscuits maisons. Ça te tente ? Promis. Je cherche pas à t’empoisonner. Je cherche simplement à t’aider, à vous aider, à défaut de me sauver moi-même.

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MessageSujet: Re: waves (clara).   waves (clara). EmptyMar 4 Déc 2018 - 20:22

Aimer son travail, une utopie pour certains, mais pas pour Clara. Elle aime véritablement ce qu'elle fait. Elle se sent utile, même si la majorité des gens n'ont pas conscience de ce qu'elle entreprend. Se lever le matin, ce n'est pas tant une corvée, de ce fait. Certes, il y a sans doute plus agréable que de s'extirper du lit. Sauf que, c'est une nouvelle aventure qui commence, à chaque lever de soleil. Un sentiment qui réchauffe son cœur, quand sa couette cesse de réchauffer, elle, ses extrémités. Alors oui, la jeune femme ne sauve pas des vies contrairement à d'autres. Elle n'a aucun impact sur l'économie du pays, ne prend aucun parti, si ce n'est, celui d'un patrimoine à préserver. Les musées, ça a toujours été son petit havre de paix. Quelle chance aujourd'hui d'y exercer son métier. C'est une seconde maison, tout simplement. Seulement, à l'image de sa principale demeure, c'est devenu plus difficile d'y respirer sereinement depuis quelques semaines. Dès qu'elle peut travailler de chez elle, elle saute donc sur l'occasion, comme cette après-midi. Moins de passage, moins de faux semblants. Enfin, c'est ce qu'on pourrait croire. Jusqu'à ce que la porte s'affole, sous quelques pressions au son de tambour. Clara est habillée, mais ses cernes elles, sont moins décorées. Son sommeil est mouvementé récemment. Saccadé, de mauvaise qualité en somme. Dire que, le sommeil pour elle, c'était si sacré. Dormir, c'est énième passion. Une passion comme une autre.
Clara se dirige vers l'entrée, afin d'y découvrir, sur le palier, un visage familier. — Jill ! Aux cheveux d'or, comme son ainé. Des gênes qu'elle passera à la nouvelle génération de Walsh, peut-être ? Une nouvelle tête blonde, miniature. Il est encore trop tôt pour le dire. Il est aussi trop tard pour les semaines qui se sont écoulées dans le silence. Jill, c'est l'écho d'un autre visage. Le sien. Une jeune femme qu'elle connait que très peu, à travers lui toujours. Une personne qui s'est montré présente pour Clara, malgré tout. Alors qu'elle ne lui devait rien. Elle a su prendre soin de Jupiter quand elle ne le pouvait pas. Un rôle qu'elle a pris visiblement très à cœur. Son ange gardien. Ce privilège de chat. — Merci.. j'avoue ne pas avoir remarqué son absence et Jupiter non plus, sois rassurée. Même s'il sera surement content de le retrouver. — Et ne t'en fais pas, il jette des sorts sur tout le monde. C'est la seule explication logique. She won't judge you. Si elle n'avait pas à se préoccuper d'un autre petit être, Clara passerait encore le plus clair de son temps à lui courir après, toute la journée, comme une sombre folle.
Jill présente alors des biscuits. C'est comme agiter un drapeau blanc. Soudainement, Clara comprend que cette visite n'a rien de si innocent. Qu'il ne s'agit pas d'un simple retour de coussin. Que ce n'est pas seulement à propos de Jupiter. Même si, elle veut bien croire qu'il lui manque. Il lui a manqué à elle aussi, quand Jill prenait sagement bien soin de lui. Elle sait. Elle sait tout. Teddy lui aurait donc déjà dit ? Peut-être qu'elle n'est pas la seule à paniquer, finalement.. — Je t'en prie, entre. Qu'elle lâche, avant de s'écarter de l'embrasure de la porte. — Ne fais pas attention au bazar.. il s'agit clairement d'une intention artistique de ma part. L'humour Andersen. Discipline où elle excelle.
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MessageSujet: Re: waves (clara).   waves (clara). EmptyDim 9 Déc 2018 - 8:09

Nerveuse, les phalanges entremêlées, Jill s’avance dans l’appartement. Son regard clair observe les alentours durant quelques secondes. C’est un ronronnement contre sa cheville qui vient la surprendre. Une boule de poil au sol qui réclame sa dose quotidienne de douceur. Alors la blonde se baisse, attrape Jupiter au creux de ses bras dans un geste maternant.
La remarque de Clara lui décroche un rire amusé. Elles se ressemblent sur ce point là. Appartement dénaturé par un bordel qu’elles maîtrisent pourtant. Comme si Jill avait perdu le goût de tout en le perdant lui. Encore une fois. Calque du passé. Disque qui tourne en boucle. Platine qui raye sa surface et l’empêche de passer au morceau suivant. Pathétique.  La blonde se contente d’hausser les épaules et de lancer un regard complice à la demoiselle en face. — Tu as beaucoup de talent en la matière. La blonde se racle la gorge ; dépose les biscuits sur la table basse en se retournant vers Clara. L’espace d’une infime seconde, un regard se perd vers son ventre. Celui qui pourrait s’arrondir, celui qui accueille le fruit de son amour pour son aîné. Une future naissance qui pourrait sceller leur couple, leurs sentiments. Une envie parfois éhontée de vivre la même chose. Avec Rhys. Rien qu’avec Rhys. Et une danse présente sur les cendres de leur histoire.
Le coeur serré qui peine à battre alors qu’elle plonge ses mains dans les poches de son blouson.
— Je vais pas tourner autour du pot Clara et faire comme si de rien n’était. Teddy m’a tout dit. Pour vous deux, pour le…bébé. Jill n’a pas envie de faire semblant. Elle n’a pas envie de balancer des excuses à sa belle-soeur en prétendant que tout ça n’est qu’une visite de courtoisie, un fruit du hasard. C’est faux. Elle a besoin de lui parler. Besoin de comprendre ce qui trame dans sa tête.
Jill avance à tâtons et ne sait pas comment démarrer cette discussion. La gêne d’être ici. La gêne de se mêler de la relation de son frère. Mais Teddy ne peut pas tout faire foirer encore. Il n’a pas le droit de risquer le bonheur de Clara, du bébé et du sien. Bonheur qu’il espère dans un imaginaire déchiré par les doutes et les peurs.
Problèmes émotionnels qui ravagent sa raison.
Écho de leurs souffrances qui deviennent une même et seule peau.
Parce que tout ça doit être effrayant. Une grossesse. Un père qui part et qui revient. Une histoire qui s’effrite. Une histoire qui cherche un second souffle.
Ils s’aiment. Ça crève les yeux. Sinon Teddy ne lui en aurait pas parlé. Assez pudique pour poser des mots uniquement quand ça compte. Elle le sait. Elle le connait par coeur. Jillian esquisse un sourire en coin et s’assoit sur le rebord du canapé. Ses mains posées contre ses cuisses sur lesquelles elle tape avec nervosité. Regard brillant, surplombé par des cernes violacées. Marque de fatigue. Marque de lassitude à la fois émotionnelle et physique.
Le fantôme de Rhys qui lui colle à la peau. L’écho de ses paroles.
Énième dispute. Énième désillusion.
Alors les larmes sont refoulées. Pas question de craquer maintenant. — Je suis pas là pour défendre sa cause mais les Walsh ont un sérieux problème en matière de relations. Des drames. Des décès. Des incompréhensions. Des caractères bien trempés. Des caractères parfois trop instables pour contrôler quoique ce soit. Teddy, Jillian, Layton. Équation désabusée par la vie. Elle soupire de plus belle en baissant le regard vers le sol. — Et il a pas eu le meilleur exemple avec moi. L’image brutale de son corps inerte dans la baignoire. Coeur à l’arrêt. Pilules sur le sol. Les cris de son frère. Les supplications au bout du fil. Deux mains croisées contre sa poitrine pour tenter de réanimer les battements de vie.
Rien. Le silence. La mort comme nouveau visage. Tentative de suicide dont il a été témoin. À cause d’une souffrance exacerbée. D’un manque cruel. D’une histoire d’amour foireuse. De la perte d’un être cher.
Exemple qui a suffit à le faire capituler ; à lui donner l’impression qu’aimer ça revenir forcément à souffrir. Jill s’en veut. Et sa seule envie est à présent de réparer les pots cassés.
A défaut de se réparer elle-même.

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MessageSujet: Re: waves (clara).   waves (clara). EmptyDim 16 Déc 2018 - 21:54

Au moins, Jill possède autant d'humour que Clara. On peut d'ailleurs y déceler une énième ressemblance à son ainé. La jeune femme lui arrache un sourire au passage. En effet, un véritable talent pour mettre le désordre. Dans son appartement comme dans sa vie. Ou encore, celle des autres, visiblement. C'est à se demander comment elle en est arrivée là parfois. Beaucoup d'erreurs de parcours qui ont mené à beaucoup de fuites, en somme. Quitter Brighton lui a traversé l'esprit, soyons honnêtes. Un court instant cependant. Cette fois-ci, il ne s'agit pas seulement d'elle et de ses peurs, mais d'elle et son enfant. Et donc, par extension logique, de lui. Toujours lui. Un vieux refrain dont on ne peut se défaire. Une odeur qui embaume ses vêtements. Des souvenirs qui hantent ses nuits. Des lèvres qu'on ne peut oublier. Un être qui colle à la peau.
Elle en vient aux faits très rapidement, avec une honnêteté qu'on voit assez peu. Qui inspire le respect à vrai dire. A quoi bon tourner en rond. — Je ne vais pas prétendre être surprise par la nature de cette visite. Puisqu'elle ne l'est pas. Cela a quelque chose de rassurant néanmoins, de savoir quelqu'un d'autre au courant. Tout comme c'est effrayant. It makes it all real, too real. Like it should be tho. Clara ne peut s'empêcher de se demander, à quoi pense t-elle. — Que t'a-t-il dit exactement ? Tu en sais surement plus que moi. Après tout, tout est allé si vite. Son overdose qui selon lui, n'en était pas une. Son départ, soudain et peu réfléchi. Puis, sa grossesse à elle, inattendue. Plus de rebondissements en quelques semaines que de temps pour profiter de leur relation comme ces couples normaux. Ils font tout de travers. Faire un enfant, ça vient stratégiquement après, quand les deux personnes sont prêtes et surtout, quand cela fait partie du plan. Or, Teddy et Clara, c'est bien de ça qu'ils manquent, de perspectives. Ils ne sont déjà pas fichus de se dire les choses. D'avouer qu'ils ont un problème, qu'ils sont amoureux, qu'ils ne savent pas gérer ça mais qu'ils en ont envie, malgré tout. Un sérieux problème de communication à la source de tout. Jill, à l'inverse de ce qu'elle avance, semble mieux s'en sortir de ce côté-là. La preuve avec sa présence ici. Elle prend les choses en main. — Sérieux problème ou non, meilleur exemple ou pas, je pense que c'est trop tard maintenant, pas vrai ? Trop tard pour revenir en arrière. Trop tard pour étudier toutes les directions qu'ils auraient mieux fait de suivre. Surtout que, dans ses paroles, Clara s'y retrouve. Elle pourrait aisément faire partie de leur club d'incapables en matière de relations. Ensuite, quand on creuse la question, on ne peut pas dire qu'elle détient, à son actif, des couples à prendre en exemple. What a mess those two. — Ecoute, Jill.. j'apprécie vraiment que.. enfin j'imagine que tu veux régler les choses mais.. La jeune blonde marque une pause, le temps de glisser une main dans ses cheveux. En réalité, elle ne sait même plus quoi ajouter. Ni même où elle souhaitait aller avec cette formule. Elle n'a aucune réponse, ni à ce foutu merdier, ni à cette situation. Si c'était le cas, cela se saurait. — Mais ça ira. Le genre de discours qu'on se murmure à soi-même. Le discours qu'on prononce pour gagner du temps auprès des autres. I've got this, I can manage it, just like I managed the last twenty nine years of my life. Mostly, in freestyle.
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MessageSujet: Re: waves (clara).   waves (clara). EmptyVen 21 Déc 2018 - 15:43

Jillian marque une pause.
Le silence frôle les contours d’une discussion éreintante. Les palpitants serrés de ces mots qui peinent à sortir, à s’aligner. La blonde plus gênée qu’autre chose de se mêler de tout ça. Une situation complexe où sa silhouette vacille. Entre sa raison capable de l’éloigner du pire ; et son coeur qui se calque à la peine de son frère. Une relation fragilisée par moment ; mais si forte à d’autres. Alors l’avocate ne peut plus faire marche-arrière. Une détermination à parler, essayer de comprendre et d’épauler du mieux qu’elle peut Teddy — mais aussi Clara. Le trouble qui dépeint la rondeur de ses yeux. Son regard à elle qui se perd vers son ventre qui s’arrondira bientôt. Pensée s’égarant durant quelques secondes. Cette envie de maternité. Cette envie d’avoir un enfant. Cette envie partagée avec Soren et inachevée quand la guerre a été victorieuse. Les hommes sur le pas de la porte. Une phrase balancée d’une voix compatissante. Jillian qui ne comprenait pas. Jillian qui ne voulait pas comprendre. Un mouvement de recul. Les yeux embués par les larmes.
Et la chute. Aussi déchirante que les couches de dermes en sueur.
Un palpitant à l’agonie. Pensée retrouvée avec Rhys. Quinze d’années d’un amour anonyme. Sentiments mis sous silence pour se protéger ; pour les protéger. Retour brutal dans sa vie qui a semé le trouble. Perles de doutes gouttant sur son corps tremblant parfois. Et la même envie. La trentaine passée et l’impression de passer à coté de sa vie.
Jillian ravale sa salive et s’adosse à un mur. Durant quelques secondes, un silence plane. Elle courbe le dos, attrape le chat qui rode à ses pieds et se redresse. Ses phalanges se perdent le long du le pelage. Elle n’ose pas regarder Clara. Peut-être par peur de lire des émotions contradictoires au creux de ses prunelles. Peut-être par peur de voir son reflet dans la sien ; sans retour en arrière possible.
— Il m’a parlé du bébé. Seule information qu’elle livre du bout des lippes. Une voix malmenée par le temps ; par la peine. La sienne. Celle qu’elle traîne comme un fardeau depuis son énième dispute avec Rhys. Le regard face au test de grossesse. Ses poings serrés. Ses paroles venimeuses pour mieux l’empoisonner, pour mieux la faire chuter à terre. Mais Jill, elle arrive plus à se relever. Les membres paralysés. La carcasse disloquée. L’amour comme poignard au creux du palpitant. La blonde lâche un soupire, fais quelques pas et se retourne vers Clara. Ses mots venant la heurter comme une réalité nauséabonde. Un instant de recul. Un moment où ses pensées gagnent le fardeau. Celui qui pèse ; qui la tue à petits feux sans que personne ne le réalise. Andy, seule personne dans la confidence. Incapable de dire à Teddy que les choses avaient encore foiré avec Rhys. Parce qu’il le tuerait de ses mains. Parce qu’il sermonnerait aussi sa soeur. Certitude qui grogne telle une bourrasque qui emporte tout.
L’amour et la raison.
La raison et la folie.
— Tu as raison, désolée. Une excuse balbutiée d’une voix douce.
Jillian n’a peut-être rien à faire ici. Elle n’a sûrement aucun conseil à donner.
Un raclement de gorge et l’avocate passe ses phalanges graciles dans ses boucles blondes et dessinées avec soin. Aucune animosité dans les mots. Peut-être seulement une lassitude dévorante. — Je suis mal placée pour donner des conseils en plus. Tu sais quand mon fiancé est mort, ça me semblait évident que les choses pourraient pas s’arranger. J’avais mal, tellement mal que disparaître est apparu comme la solution de facilité. Et maintenant, y a mon meilleur ami qui quinze ans plus tard me met encore dans tous mes états…et je me rends compte que je te raconte ma vie comme une idiote. Etrangement face à Clara, ses paroles sont fluides, déterminées.
Comme si elle avait besoin de se confier ; comme si elle pouvait trouver en elle une oreille attentive. Pas comme avec les ex petites-amies de Ted. Pas comme toutes celles qu’elle avait éloigné d’une manière ou d’une autre — parce qu’elles ne semblaient pas à la hauteur de son frère. Elle hausse les épaules, Jill. Un sourire en coin peignant le rosé de ses lèvres. La gorge serrée. La respiration saccadée. Et toutes ses conneries qui m’achèveront tôt ou tard. — Je suis pas venue ici pour donner des leçons. Juste te dire de reconsidérer ton histoire avec Teddy parce qu’il a besoin de toi. Et ce bébé aura besoin de toi et de lui. Ce futur enfant qui devra grandir dans un foyer aimant ; dans deux familles distinctes mais pourtant capables de s’aimer à l’unisson. Un enfant que Jill veut chérir comme le sien. Pensée qui ravage pour quelques secondes le palpitant alors qu’elle redresse ses yeux vers l’intéressée. — C’est une raison suffisante pour discuter avec Ted, non ? Un rictus qui se veut complice.
Une complainte pour leur amour.
Une complainte pour réanimer les brasiers du passé.

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MessageSujet: Re: waves (clara).   waves (clara). EmptySam 29 Déc 2018 - 23:01

Il m'a parlé du bébé.
Et c'est ainsi, que dans soupire, Clara sacrifie des parcelles de son cœur, les plus lourdes, ses petits fardeaux. Le genre de poids qui retiennent au sol et paralyse. Comme les quelques jours passés, enfermé ici, à ruminer.
Non, c'est moi qui suis désolé… qu'elle rétorque, pour se débarrasser aussi de ce sentiment de culpabilité. Jillian n'a été que d'une grande aide jusqu'ici. Avec Jupiter, mais pas seulement. Elle le sait. L'écouter, raconter son histoire, que jusqu'ici, Clara ignorait dans tant de détails, ça fait mal. Mal pour elle, qui ne mérite pas tant de souffrance. Mal de savoir qu'elle a bien du mal à survivre et comment pourrait-il en être autrement. — et je suis désolé d'apprendre tout ça.. je n'avais aucune idée Jill.. Et sans réfléchir, Clara, c'est ses doigts qui viennent se reposer sur les siens. Un contact instinctif mais pas si naturel que ça. Elles ne sont pourtant pas si proches que ça. — Tu peux tout à fait en parler tu sais, enfin, si tu en a besoin.. Leur relation, encore timide, ne repose pour le moment que sur un autre être, qui doit faire face à ses démons lui aussi. Des démons dont Clara ne sait que très peu de choses. Des démons qu'elle ne sait pas apprivoiser, surement parce qu'elle n'a pas le droit de le faire. Que c'est à lui, d'ouvrir cette porte.
Ce n'est pas une question de mal placé ou quoi que ce soit, vraiment, crois moi. En réalité, tu connais suffisamment Teddy, mieux que personne même, alors je sais que tu pourrais m'être d'une aide précieuse.. c'est juste que. Ses doigts quittent alors ceux de la jeune femme, pour jouer sur son omoplate, nerveuse. — Tu sais comment il est, pas vrai ? Et bien finalement, je suis aussi gauche que lui pour tout ça. Trop compliqué, trop avancé pour elle. Clara n'a jamais eu la chance d'aller aussi loin dans le jeu. Des missions abordées, à répétition. Aucunement intéressée par la ligne d'arrivée, par les avantages d'une telle aventure. Jusqu'à maintenant. Où elle aimerait s'imaginer plus. We need more time. I want to see, more...
Je me laisse contrôler par la colère, par la bêtise aussi. Il comprend pas et je comprends pas. Et ça nous tombe dessus quand c'est clairement pas le moment. J'ai même jamais pensé à ça avant. Être mère. — Enfin c'est pas que je veux pas! Beaucoup en rêve. Clara ? Elle hausse les épaules. Maybe. Mais ça veut dire, du permanent, une constante. Alors que Clara, elle écrit toujours au crayon gris. Les stylos ou encore les stylos indélébiles, ses pires ennemis. Comment voulez vous qu'elle appréhende calmement autant des stabilités. Ni même l'imaginer. Et est-ce que Teddy pourrait l'être ? Est-ce qu'elle pourrait l'être pour lui aussi ? — Comment tu veux qu'on « parle » ? On en est incapable.. Il m'agace tellement Jill.. et je sais que je ne devrais surement pas te dire ça à toi mais c'est le cas. He's annoying because she loves him. And at that thought, she crawled into the sofa.
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MessageSujet: Re: waves (clara).   waves (clara). EmptyDim 6 Jan 2019 - 0:06

Les phalanges qui communient dans une étreinte timide. Une relation qui débute. Deux femmes qui s’apprivoisent sous le versant d’un amour commun. Teddy. L’âme-soeur ; le frère. Une moitié inéluctable pour ces dernières. Jill, tremblante sous l’impulsion des confessions. Elle n’a jamais cherché à obtenir la pitié. Encore moins une surdose de compassion. Des sentiments laissés morts-nés, en silence trop souvent, depuis la mort de Soren. Depuis la fuite de Rhys. Une incapacité à parler. Une incapacité à se livrer. Comme si à l’époque, ça rendait son quotidien bien trop réel. Des heures étendues dans cette chambre aseptisée. Passage récurent des infirmiers pour lui tendre des cachetons et calmer les maux. Ironie d’un concours de circonstances trop macabres. Rien ne pouvait calmer la peine. Rien ne pouvait atténuer la douleur. Poids autour du palpitant pour subsister, pour figer l’anarchie dans sa boîte crânienne. Même maintenant. Parler de Soren, ça revient à retourner dans les abysses. Et pourtant y a pas une seconde où ses pensées s’égarent pas. Y a pas une seconde où elle regrette pas de recommencer à vivre sans lui mais pour elle.
Alors face à Clara, elle sent sa gorge se nouer. Une douleur plaquée dans sa trachée. Elle déglutit avec peine. Elle ravale ses ressentiments et tout ce qui grouille plus bas. — Y a pas grand chose à dire. Mon fiancé est mort dans un attentat suicide près de sa base. Il était médecin pour l’armée. Il devait sauver des vies. Il a laissé la sienne. Un rire. Une détresse. Jill, elle a toujours eu du mal à accepter ce choix de vie. Ses départs récurrents pour des pays en guerre. La détermination à semer le bien quand il a été écrasé par la cupidité humaine. La peine au palpitant dès qu’il partait. Des baisers à n’en plus finir au milieu de l’aéroport. Les yeux embués de toutes ses craintes. Des appels anarchiques, les voix brouillées par un réseau à peine acceptable. Des retours enflammés. Puis la fois de trop. Une explosion sur un camp. Des dizaines de victimes. La blonde comme propre dommage collatéral. Jamais capable de vraiment se relever. Jamais capable de regarder les informations depuis et de se bouffer la haine qui fait rage. — On rajoute ma cupidité à aimer désespérément et à sens unique mon meilleur ami depuis mes quinze ans. Je t’avais dis qu’on était un peu dysfonctionnels chez les Walsh. Teddy et les doutes au coeur pour agir avec cupidité. Layton et ce deuil inachevé, infaisable. Jill, l’héroïne tragique entre ses deux rois. Famille où la discorde a été semée, comme les fantômes anxiogènes. Elle lance un regard à Clara. Un rictus sincère sur les lèvres. Elles ne connaissent pas grand chose l’une de l’autre. Pourtant, ça l’empêche pas de l’apprécier. Ça l’empêche pas de se dire que leur relation pourrait se renforcer avec le temps.
L’étreinte de ses phalanges sur les siennes se fait plus fort alors qu’elle s’approche. — Teddy devient un véritable imbécile quand les sentiments sont trop forts. Je le sais, Clara. J’ai été la petite soeur surprotégée, étouffée même parfois. Et je te parle pas de ses mots qui peuvent vraiment faire mal quand il perd le contrôle. Mais c’est un type bien. Je dis pas ça parce que c’est mon frère. Il donnerait sa vie pour les gens qui comptent. Il aurait pu filer la sienne quand ses mains s’évertuaient à relancer le coeur de Jill. Il aurait pu capituler au jugement dernier pour qu’elle vive. Modèle depuis l’enfance. Moitié inaltérable. Elle voyait en lui la perfection au détour des maux. Elle en avait été la victime parfois. Colère de la voir replonger pour Rhys. Colère de la voir avec cette incapable à apprendre de ses erreurs. Palabres douloureuses et pourtant effacées par cet amour fraternel. Elle laisse un rire s’échapper. Tout ça est ridicule. La manière dont ils se repoussent alors que les palpitants s’embrasent. Jill, elle a rarement vu Teddy dans un état pour une fille. Acerbe face à toutes ses anciennes petits-amies. Comme si personne ne le méritait. Donne qui change avec la demoiselle à ses côtés. Elle se mordille la lèvre nerveusement. Elle se mêle sans doute trop de cette histoire. La raison et le coeur. La balance qui penche vers son aîné. Vers celui pour qui elle décrocherait les astres pour lui offrir le bonheur. — Amorcez le dialogue. Si vous ne le faites pas pour votre histoire, faites le pour le bébé. J’aurais donné mon âme au diable pour avoir le droit de parler une dernière fois à Soren. Elle baisse les yeux. Elle imagine les mots qui auraient pu être balbutiés. Elle imagine sa main dans la sienne dans cet univers maculé. Elle imagine un dernier baiser, un dernier je t’aime. — Demain tout peut s’écrouler. Et je crois que vous voudriez être ensemble même si le monde ne tournait plus rond. Poésie sans doute dérisoire à coté de la rancoeur entre son frère et sa petite-amie. Mais ça l’empêche pas de tout essayer.
Pour eux. Pour cet enfant.
Pour une ode à l’amour.

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MessageSujet: Re: waves (clara).   waves (clara). EmptyDim 6 Jan 2019 - 20:58

Son récit n'a rien d'une histoire qu'on raconte aux enfants le soir. Rien d'une histoire légère et joyeuse. C'est une tragédie. Ça lui brise le cœur. Jill est si forte qu'à ses côtés, Clara se sent presque coupable. Elle l'imagine maintenant et elle comprend où elle veut en venir, vraiment. La jeune blonde n'a pas idée à quel point ses paroles résonnent en réalité. Quand Clara pense à la possibilité de le perdre, son cœur se serre encore un peu plus. Chaque instant est de ce fait précieux, elle en a conscience. Mais est-ce que Jill sait, que Teddy a failli y passer, lui aussi ? Il n'y a pas si longtemps que ça. Et que c'est pour cette raison d'ailleurs, que c'est tendu entre eux depuis. Pas cette annonce, pas cette grossesse. Non. Son overdose. Parce que Clara est tombé sur son corps froid, inanimé. Un corps qu'elle pensait connaître jusqu'à ce jour-là, mais qui n'avait été que chaleureux avant. Elle a rencontré une autre version du jeune homme à cette occasion. Elle a fait connaissance avec ses démons. You too ? Des démons qu'il nie, bien entendu, depuis. Qu'il préfère même retourner contre elle. Sans scrupule, à la faire passer pour folle parfois. Elle exagère, soit disant. Rien de bien grave, apparemment. Elle s'inquiète clairement pour rien. Is she tho ?
La source de leur problème de communication. Un aveu qu'il ne souhaite pas matérialiser. En attendant, cela l'effraie toujours. Et cette possibilité, qu'il recommence, que cela se reproduise. Comment penser à amener dans ce monde un enfant, quand les probabilités qu'il ne soit plus là à ce moment-là, existent ?
Ton deuil ou encore tes sentiments n'ont rien de dysfonctionnel tu sais. Ils sont véritables et honnêtes. Puis que signifie fonctionnel au juste ?J'ai vu du plus dysfonctionnel que ça, mais pas de femmes aussi fortes que toi. Surement plus forte qu'elle ne le pense. Une femme qui inspire le respect. Que Clara se trouve chanceuse d'avoir à ses côtés, même si la situation reste encore un peu étrange compte tenu de leur connaissance commune. — Et encore une fois, si jamais tu as besoin, de quoi que ce soit. Tu sais où me trouver maintenant. Qu'elle complète avec un petit rire sincère et maladroit.
Les mots qui peuvent vraiment faire mal quand il perd le contrôle. À l'entendre, c'est déstabilisant, on dirait qu'elle est au courant de tout. Clara en a fait les frais aussi. Et ces quelques mots, ils reviennent parfois, en boucle. "Justement, t'es loin d'être stupide. Alors tu comprends ce que c'est qu'un accident, pas vrai Clara ?" Jamais avant, il ne lui avait parlé ainsi. Ce n'est pourtant pas grand-chose. Mais ce ton, il hante son esprit. Mais c'est un type bien. Clara n'en a jamais douté. Seulement, s'il est plus que capable de sauver les autres, qui le sauvera lui ? — Teddy me doit des explications, qu'il n'est pas prêt à donner. Je le sais tout autant que lui. Amorcer d'autres dialogues, ce n'est que remettre à demain une énième tempête. C'est le problème avec Andersen. Elle a passé sa vie à fuir, à la moindre complication. And how is it working for you ? Pour une fois, qu'elle aimerait faire autrement, elle est confrontée à une version masculine d'elle-même. Si cette fois-ci, elle joue à l'adulte c'est parce que cet enfant, force la jeune femme à l'être. — Et s'il n'est pas prêt pour une conversation peu agréable, comment pourrait-il être prêt pour ça ? Elle désigne son petit ventre, qu'elle se démène à camoufler depuis des jours. — Crois moi, il est la première personne avec qui j'aimerais être si le monde tourne mal. Et pas parce qu'on a plus de survivre avec lui. Il est doué mais pas si malin que ça. Un trait d'humour. Toujours l'humour comme compagnon. — Mais merci Jill, je vais faire de mon mieux. Même si je ne peux pas te promettre d'essayer sans trop le bousculer. Parce qu'il le mérite aussi et parce qu'elle ne sait pas faire autrement, Andersen.
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MessageSujet: Re: waves (clara).   waves (clara). EmptyMar 15 Jan 2019 - 14:09

Jill, elle a envie de laisser un éclat amer filtrer de ses lèvres.
Elle n’est pas forte. Elle ne l’a pas été. Elle a choisi la facilité. Elle a choisi le désaveux au moment de laisser les comprimés se dissoudre sous le palais. Elle a choisi la fuite au détriment de la vie. Elle a choisi la mort comme si ça pouvait panser les blessures.
Sans penser à ceux qui restaient. Ceux penser à ceux qui allaient devoir chercher à comprendre, chercher à accepter. La gorge nouée d’y repenser. Les questions en boucle de ses parents. L’incompréhension stridente de Layton. Les silences pesants de Teddy. Tout lui revient en pleine gueule. Les images de l’hôpital. Les images de son retour à l’appartement. Les craintes de ses aînés pour se succéder dans les murs afin de la surveiller. L’impression d’être qu’une gamine prise sur le fait d’une erreur terrible. Lassitude trop souvent ressentie pour l’empêcher de causer, d’expliquer son geste. Haussement d’épaules pour contrebalancer les interrogations. Haussement d’épaules pour  camoufler le reste. Les mots coincés au fond de sa gorge. Les mots coincés sous les couches nécrosées du myocarde. Les mots coincés sous le poids de la douleur. Alors la blonde, elle se contente d’un sourire. Un sourire qui sonne faux. Comme tout le reste en ce moment dans sa vie. Un mur qu’elle se prend de plein fouet et contre lequel elle crève en silence.
Les idées focalisées sur Clara à ses côtés. Les paroles qui filtrent. Les paroles qui libèrent la colère et l’amertume. Relation tout aussi complexe avec son aîné. Relation teintée de cendres là où le brasier pourrait se rallumer n’importe quand.  — C’est peut-être ce qu’il a besoin. Etre bousculé. On a tous besoin de l’être. On a tous besoin de se prendre une claque dans la gueule. On a tous besoin d’être secoué pour se sentir vivant. On a tous besoin de se raccrocher à quelque chose, même si on y croit plus.  Teddy aussi dysfonctionnel que Jillian. Sentiments embrumés par des épreuves qu’ils ont traversé à deux. Par des épreuves qu’ils ont vécu à en appeler à l’accalmie des saints. Des épreuves pour les marquer, pour les forcer à grandir, pour les forcer à combattre les démons. Jillian finit par se relever du canapé. Incapable de rester en place. Incapable de fixer ses idées quand elles tournent en orbite autour du même type. Le visage de Rhys qui apparaît. Les dédales de leur propre histoire. La rancoeur fixée à l’amour. L’amour fixée à la haine. La haine fixée à la colère. Effet domino qu’elle encaisse en silence. Par peur des remontrances familiales. Par peur de décevoir encore une fois les gens qu’elle aime.
Elle fait quelques pas, se baisse pour attraper Jupiter au creux de ses bras. Contact apaisant. Contact tendre. Les yeux accrochés vers ceux de Clara. — Il est loin d’être doué avec les mots ou les sentiments. Mais je peux te garantir qu’il prendra pas la fuite une deuxième fois. Il a été présent à chaque épreuve dans ma vie. Il le fera pour toi aussi. Jill n’a aucun doute concernant son aîné. Il lui a parlé de cette grossesse. Il lui a en a parlé avec toute l’émotion du monde. Et elle sait qu’il y tient. Elle sait qu’il est prêt à tous les efforts possibles pour construire un nouveau futur. Aussi cliché que ça puisse paraître.
Des minutes de latence.
Des minutes d’un silence qui se greffe entre les deux femmes.
Et Jill qui finit par revenir à sa hauteur. Un sourire complice pour étirer les lippes. Une volonté de bien faire cette fois-ci. Pas comme avec les autres petites-amies de Teddy. Sentiment exacerbé de jalousie. Possessivité pour l’éloigner, pour le garder près d’elle. Peur viscérale de le voir se dévier de son chemin et de l’abandonner. Comme trop de gens.
— Et toi comment tu te sens dans tout ça ? Toi, rien que toi. Pas toi avec Teddy. Pas toi avec le bébé. Juste toi, Clara. — Si tu as besoin de quoique ce soit pour toi ou…lui, tu sais où me trouver.
Parce qu’elle est prête à l’aider. Elle prête à s’oublier pour que le bonheur de Clara et Teddy soit sauf. Elle est prête à éradiquer ses propres angoisses pour ne pas entacher les sentiments.

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MessageSujet: Re: waves (clara).   waves (clara). EmptyLun 21 Jan 2019 - 17:33

Si c'est ce dont il a besoin, être bousculé, il est vrai qu'il est plutôt bien tombé avec Clara. Pas d'entre deux possibles avec la jeune femme. Soit elle s'enfuit sans faire de vagues, soit elle terrasse tout sur son passage. Un léger coup de vent ou une petite tornade. Faites votre choix, comme il n'a pas pu faire le sien. Teddy a le même effet dans sa vie finalement et c'est bien ça le problème. Il est le premier à le faire. Alors oui, pour elle, c'est un problème, puisqu'elle ne sait pas comment le gérer. Un saut dans l'inconnu. Il est le premier homme à lui faire ressentir toutes ces choses. De la joie au désespoir. Des grands sourires rêveurs aux larmes. Les peines de cœur, elle s'en sortait toujours indemne avant. Toujours fière d'avoir cette compétence à son arc. Mais tout ceci ne s'applique plus, pas à lui.
Il a été présent à chaque épreuve dans ma vie. Il le fera pour toi aussi.
Jusqu'ici, imaginer quelqu'un de présent, à travers la distance et le temps, n'a jamais été dans la barre des tâches. Maintenant, elle se demande si ça sera le cas. Parce qu'elle est enceinte, certes, mais aussi parce qu'elle aimerait beaucoup ça. Him, as a permanent ink in her book. C'est en partie le problème. Le plus difficile à s'avouer, d'abord à elle puis à lui. Et si c'est si difficile à accepter c'est parce que jusqu'ici, vivre sans avoir besoin de personne, c'était plus simple et confortable. Dépendre des autres, ça n'a jamais été son style. Une faiblesse. Qu'elle n'a jamais reproché aux autres, qu'elle a même souvent admiré, de loin. Cette manière de penser ne s'applique qu'à elle et ses choix. Ce mécanisme, c'est le sien. Clara n'est pas connue pour être sévère, à part envers elle-même. Et si elle a été si détachée toutes ces années c'est peut-être par peur de finir comme son père. Amoureux de la même femme, incapable d'avancer avec d'autres, incapable d'imaginer les choses autrement. Comme Clara maintenant, qui était jusqu'alors incapable d'imaginer une constante possible. Jusqu'à ce qu'il débarque dans sa vie, une deuxième fois, avec l'intention de faire plus de bruit que les autres. Bien plus de dégâts aussi. Est-ce qu'il ramassera les morceaux aussi ?
Perdue. Un mot qui lui aussi, se perd dans la conversation. Un mot qu'elle a pensé tout haut. Un mot si vague, mais pourtant si clair. — C'est comme atterrir par accident dans un cours avancé de japonais alors qu'apprendre la langue c'était jusqu'ici qu'une seule ligne dissimulée dans ta bucket list. L'art des métaphores douteuses, c'est donc ça qu'elle a appris en école d'art la petite ? Et bien que sa bucket list ne stipule pas l'arrivée d'un enfant, le terme accident lui cisaille les tripes. Ce n'est pas ce qu'elle veut, que cet enfant puisse penser un jour qu'il n'a été qu'un malheureux accident..
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MessageSujet: Re: waves (clara).   waves (clara). EmptyMar 29 Jan 2019 - 11:15

Elle s’inquiète, Jillian.
Sans doute trop. Sans doute maladroitement. Attachement dévorant pour son frère. L’envie de le voir heureux. L’envie de le voir gagner le combat de l’étoile maudite. L’impression que le maillon manquant à sa vie, c’était Clara. Différent depuis elle. Malgré les erreurs. Malgré les angoisses. Malgré les pas de travers. Ce sourire qu’aucune autre n’a pu lui soutirer. Cette envie de sauver les meubles au lieu de s’en foutre. Cet enfant pour sceller les dernières promesses. Cet enfant pour rapprocher les âmes, les coeurs. Surprise encore de la nouvelle. Surprise encore de ce futur qui se dessine. Une pointe dans le poitrine en y pensant.
Des projets avortés sous le couperet de la mort. Soren pour la demander en mariage. Soren pour la consacrer sienne. Soren pour évoquer un enfant, fruit de leur amour. Soren dont le souvenir s’embrume. Les hommes en uniformes. Le drapeau anglais sur le cercueil.
Les regards embués de larmes. La silhouette prostrée de Jill. Les courbes entachées par le tissu à la couleur du deuil. Les paroles réconfortantes qui n’ont aucun effet.
L’hémorragie au creux de la poitrine. L’hémorragie sur l’épiderme. Les bras de Teddy. Les bras de ses deux autres frères. Les bras de ses parents. Aucun contact pour apaiser la plaie béante. Aucun contact pour éradiquer les larmes au creux des yeux.
Le fantôme du fiancé. Le spectre du meilleur ami. Les sentiments écarlates de tous les projets avortés avant l’heure. Avec l’un. Avec l’autre. L’amertume pour déferler.
L’amertume pour éteindre les dernières lueurs d’espoir.
L’amertume pour peindre l’ivoire de sa peau.
Pourtant, elle essaye de tenir bon face à Clara. Elle essaye de faire les choses bien. La question qui retentit. Les réponses en attente. Un regard compatissant vers sa belle-soeur. Le sourire sur les lippes pour marquer la confiance. Elle compte pas parler à Teddy de cette discussion.
Y a qu’elles qui comptent à cette seconde précise. L’éclat de rire de la blonde pour percer l’asphalte.
Des craintes légitimes. Des craintes que Jill ne peut comprendre. Peut-être parce qu’elle y a pensé. À tomber enceinte. À voir son ventre s’arrondir. À sentir les mains de Rhys se poser contre. À sentir ses lèvres caresser sa peau. À rêver d’un lendemain heureux.
Des rêves à l’échappée. Des rêves qui n’existent plus. Cauchemar entre les doigts tremblants. Le test négatif. Le test virant à l’enfer. La déception mêlée au soulagement.
Les émotions étreintes pour semer le trouble. La dispute de trop. L’enfer qui recommence.
Un soupire pour filtrer de ses lèvres. Un soupire pour éteindre la colère.
— J’suis certaine qu’avoir ce bébé, ce sera vraiment moins compliqué qu’apprendre le Japonais.
Une main tendue vers Clara alors qu’elle hausse les épaules. Parce que la blonde est convaincue que tout va bien se passer. Elle sera pas seule pour affronter les épreuves à venir. Elle sera pas seule pour faire taire les angoisses. Jill, elle se rapproche de cette dernière. — Et si Teddy t’énerves trop, tu auras qu’à venir chez moi. La porte sera toujours ouverte. Glace, film niais et on pourra opter pour les fléchettes sur sa photo ! Un rire complice.
L’espoir pour subsister.
L’espoir pour des lendemains meilleurs. L’amour pour triompher. Les sentiments pour s’exiler sur les échines. La victoire pour cet enfant. Pour cet être qui va venir tout bouleverser.
La main de Jill pour filer contre celle de Clara.
Une relation encore brouillonne pour se fortifier. Pour s’intensifier sous les émotions qui ploient. Des confessions aux promesses.
Des promesses à demain.

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