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Yasin Shankar


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MessageSujet: (you are the wind under my wings) + lasin   Jeu 22 Nov 2018 - 21:08

Commencer sa journée par un point d'orgue. Finir des mois de recherche en forgeant l'ouverture d'esprit. Paroxysme, chute fatale.
Un violent sourire s'étalait sur son visage depuis qu'il avait récupéré son courrier. Pennywise et le Joker pouvaient trembler. Jour banal pour des millions de personnes sur cette bonne vieille Terre, exceptionnelle pour quelques centaines de femmes sur le point d'accoucher, pour des dizaines de traders chanceux, et pour Yasin. Pour le moment, il se rangeait plus du côté des femmes enceintes que des millionnaires. Après avoir porté son projet pendant des mois, étudié les réactions autour de lui, il venait enfin de recevoir le bébé. Son bébé. Le fruit de ses efforts intellectuels, de sacrifices perpétuels, de mises en scènes et d'analyses. Sa thèse venait d'être publiée, et le magazine lui avait envoyé l'exemplaire en avant-première. Des mois de travail, pour quelques pages seulement. Cela pouvait sembler ridicule, mais Yasin le referait s'il le devait. Enfin, encore fallait-il qu'il en lise le résultat. Les avis. Et qu'il trouve le thème de sa prochaine thèse juste au cas où on viendrait à le solliciter de nouveau.
Aujourd'hui, c'était lui qui pressait le pas, et son fidèle compagnon à quatre pattes avait bien du mal à le suivre au bout de sa laisse. Roger Radcliff des temps modernes, à l'assaut du premier parc venu pour satisfaire les besoins de son chien. Ni le vent, ni le froid n'entameront sa bonne humeur. Et puis ils reprennent l'assaut des rues, ne s'arrêtant que dans le café favori de Yasin. Un lieu où l'ambiance boisée et métallique apportaient une ambiance chaude et cocooning, où les effluves de café s'imprimaient jusque dans les meubles. Il y avait quelque chose qui faisait qu'on s'y sentait comme à la maison. Oh, et ils acceptaient les chiens.

Il esquisse quelques pas, commande un café viennois. Il a le temps, de quoi s'occuper sans que cela n'implique des dossiers à rallonge pour son travail. Pour la première fois depuis bien trop longtemps. Ce n'est que lorsqu'il scrute la salle à la recherche d'un coin tranquille que ça le frappe. Qu'elle le frappe. Son trou noir qui l'attire irrémédiablement, lui l'étoile prête à mourir. Loganita.
Sans réfléchir, il s'approcha de sa table, laissant sa silhouette attirer son attention. Agréablement surpris de sa présence, presque fantomatique. Mirage ou utopie, elle a toujours été un nébuleux mystère pour le psychologue, tantôt blanc ou tantôt sombre, jamais vraiment l'un ou l'autre. Des hauts et des bas, des avancées et des régressions, une relation qu'il jugeait trop fragmentée à son goût. Des pointillés qu'il aimerait relier.
May I - may we ? Il baisse le regard vers son acolyte poilu, son magazine encore emballé sous le bras. Il s'attend au refus, espère l'approbation. D'ordinaire, il évitait les lieux où travaillaient ses patients pour ne pas envahir leurs zones de confort, pour éviter de les surprendre ou de les confronter à une situation gênante. Pour autant, il n'avait pas hésité une seule seconde avec elle. Aujourd'hui, la chance l'accompagnait.

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MessageSujet: Re: (you are the wind under my wings) + lasin   Jeu 29 Nov 2018 - 19:34

Le premier rendez-vous est pris.
Une question de jours, et le problème sera résolu. Deux petites semaines seulement. Après seulement, tu pourras reprendre ta respiration. Après seulement, tu pourras vivre normalement. Sans te soucier de la grosseur de ton ventre, alors que t'es seulement au début. A ne plus vomir tes tripes chaque matin. Et peut-être même, à ne plus chialer dès que tu te retrouves enfin seule.
Deux petites semaines, mais qui paraissent être dans une éternité pourtant. Trop de temps qui espace aujourd'hui et le jour fatidique. Trop de temps pour penser. Trop de temps pour réfléchir. Pour imaginer comment tout ça pourrait être, dans une meilleure situation. A essayer de visualiser à quoi il pourrait ressembler, cet enfant. Ton enfant. Des doutes, toujours plus nombreux dans ce même recoin de ton crâne. Des doutes qui se font pressant contre ta décision que tu pensais définitive il y a de ça quelques jours.
Tu secoues la tête, Logan. Resserres tes doigts autour de la sangle de ton sac. Te concentres plus sur la pression de tes phalanges que sur tout ce qui te bouffe l'esprit. Tu pousses la porte de ce café où t'as jamais mis les pieds. Besoin primaire de détendre tes muscles, de noyer tes neurones dans de trop fortes doses de caféine, à défaut d'alcool. Et c'est pas comme si ce fœtus n'avait pas déjà assez d'éthanol dans l'adn. Tu commandes un café, noir sans sucre. Te laisses tomber à la première table venue et attrapes le journal du jour qui s'y trouve. Tu feuillettes les pages, sans vraiment te plonger dans les lignes qui les recouvrent. L'autre main qui tourne ta cuillère dans ta tasse, dans un mouvement presque mécanique. Et tu sursautes quand une voix dérange ta torpeur. Cette voix. « Yasin, hi. », que tu dis, sûrement d'une voix trop basse, pas assez assurée. Tu t'sens comme prise sur le fait, alors que tu fais la morte depuis quelques jours. Que tu ne lui autorises toujours pas ce nouveau rendez-vous dont t'as pourtant tellement besoin. Tu secoues la tête à la positive, libères la chaise à tes côtés en posant ton sac sur le sol. « Yes, yes. Of course, go ahead. » Tu trembles sûrement un peu, et pas à cause du café. T'es gênée, face à celui qui est pourtant fait pour ne jamais te juger.
Tu refermes le journal, le pousses dans le coin de la table. Abandonnes ce bouclier de fortune. Tu baisses les yeux, un sourire sincère sur les lèvres quand tu découvres l'animal aux côtés du psychologue. Tes doigts viennent gratter entre ses oreilles, profites de ce contact avec l'innocence incarnée. « What's her name ? », que tu demandes, les yeux toujours fixés sur le chien pour mieux éviter ceux de Yasin. Ne pas sombrer, pas déjà.

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MessageSujet: Re: (you are the wind under my wings) + lasin   Dim 2 Déc 2018 - 21:36

On dit que les destins sont tout tracés. Quelque part entre les étoiles et les paumes de mains. Qu'il se cache sous les cartes, ou lorsque les planètes s'alignent. Yasin n'y croyait pas vraiment, cependant aujourd'hui, sa bonne étoile semblait avoir décidé de le suivre de près. C'est la première fois qu'il voit Logan dans ce café, la première fois qu'il la croise en dehors de son bureau. Si d'ordinaire, il préférait éviter ses patients, il n'avait pas envie de l'éviter, elle. Plutôt même le contraire, alors qu'il la dérange dans sa lecture, lui demande s'il peut s'inviter à sa table.
Pour un café, quelques pensées. Faire dérailler la destinée. Il s'amuse de sa surprise, de sa manière à prononcer son prénom. De sa légère panique, alors qu'il la dérange sans doute. Ce qui le fait douter ; il n'aurait pas dû la déranger. S'éloigner, respecter son espace vital. Logan débarrasse pourtant la chaise à ses côtés, l'invitant à se joindre à elle. Pourtant, quelque chose le retient encore – alors que son chien ne semble rien en avoir à faire et réclamait déjà des caresses. Il y avait cette sorte de ligne invisible qu'il avait peur de franchir, celle entre leur relation professionnelle, et ce moment, là, à des lieux de tout le reste, de ce qu'ils avaient construit. Mais elle est plus rapide que lui. Il fronce légèrement les sourcils avant de répondre. Ahem, his name is Arizona. Son chien en avait sûrement cure d'avoir été pris pour une femelle, mais Yasin avait ce souci du détail. Son Alaskan Klee Kai s'appelait Arizona parce que son nom jurait complètement avec sa race, et dans le tableau du café, c'est Yasin qui jurait dans le décor.

Are you sure you don't mind me ? I don't wanna disturb you, nor talk about our … work. Il n'était pas du genre à demander la permission, Yasin, mais il savait que sa seule présence pouvait altérer des choses, un équilibre fragile. Mais qui sait, peut-être que passer du temps avec elle, en-dehors de son bureau, pourrait … faire progresser les choses. Son travail. Peut-être qu'il pourrait mieux la discerner, comprendre ce qui lui arrivait, rattraper le temps perdu. C'était un combat qui semblait perdu d'avance, mais Yasin n'était pas du genre à baisser les bras aussi facilement. Et le café pourrait déclencher des choses qu'il n'aurait jamais vu dans son bureau.
So, what brings you here today ? Il finit par croiser son regard, lui offrant un sourire doux. Le psychologue la sent pressée, un peu dépassée, et il doit avouer qu'il la préfère comme ça. Humaine. Authentique. La Logan-patiente est toujours un spectacle pour les yeux, une façade toujours polie et un peu dénudée faite pour distraire. Pour se protéger. Pour qu'on oublie le reste, ses pensées et ses sentiments. Mais c'était simple, beaucoup trop simple pour Yasin. Il aimait les cas complexes, l'anarchie irrévérencieuse, creuser là où il ne fallait pas. Il était simple d'apprécier Logan pour son physique, pour ses yeux sombres dans lesquels il se perdait trop facilement. Néanmoins il se demandait, combien de personnes avaient les clés de son coeur ?

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MessageSujet: Re: (you are the wind under my wings) + lasin   Dim 16 Déc 2018 - 21:04

Une grimace sur le visage à sa réponse. Tu hausses les épaules, les prunelles toujours plantées sur l'animal plutôt que sur Yasin. « I use generic feminine pronouns. » Putain, c'est nouveau ça encore. T'étais persuadée du contraire, pourtant. Ta connaissance des bêtes reste à s'améliorer, visiblement. Les mots balancés en vitesse t'arrachent pourtant un sourire. Une connerie parmi tant d'autres, un dernier semblant de légèreté dans ton esprit.
Puis le regard quitte finalement le dénommé Arizona, rencontre celui de Yasin alors que sa voix parvient à tes oreilles. Nouveau mouvement des épaules en guise de réponse, parce que c'est tellement plus facile que des mots. Que de véritables phrases sur lesquelles tu pourrais bégayer. I do mind, actually. Mais tu ne dirais rien, pourtant. Ne mentionnes pas cette gêne qui s'installe dans ta poitrine alors que tu te retrouves face à lui. Parce que la dernière fois, t'as chuté tellement bas, Logan. Carcasse contre sa silhouette, incapable de tenir debout toute seule. Et alors que tes prunelles détailles les traits de son visage, les souvenirs de ce rendez-vous viennent se fracasser dans le fond de ton crâne. Des images que tu préfèrerais oublier, laisser derrière toi. Un moment de faiblesse que tu regrettes amèrement. « No mention of my work, and we should be fine. », que tu réponds finalement, ce sourire de circonstance installé sur tes lèvres.
L'allure bien différente qu'à l'habitude. Une image que le psychologue ne connait même pas. Les lunettes sur le bout du nez, maquillage au minium syndical. De vieilles fringues faites pour traîner chez toi plutôt que pour sortir. Et contre toute attente, tu t'en moques complètement. Ne cherches pas à cacher ton accoutrement devant celui que tu voudrais pourtant désespérément réussir à séduire. Envie oubliée, mise à mal par toutes ces emmerdes qui te rongent en silence. Yasin, il ne connait que la minuscule partie émergée de l'iceberg.
Ta main quitte finalement le pelage du chien. Tes doigts entourent ta tasse encore chaude. « I have a serious crush on the barista. » Un geste du menton en direction de la caisse, les yeux plantés sur ce lycéen qui doit sans doute bosser ici après les cours. Le sérieux encré sur tes traits. Puis le rire qui déborde de tes lèvres, quelques instants après. « Kidding. It's my first time here, actually. I just needed some coffee before heading home. » Puis tu baisses les yeux à nouveau, concentres ton regard sur ta tasse plutôt que sur Yasin. Coffee, instead of liquor. Le chemin du retour, après la prise du rendez-vous fatidique. N'importe quoi pour tenter de calmer le bordel dans ton crâne. « What about you ? », que tu finis par ajouter.

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MessageSujet: Re: (you are the wind under my wings) + lasin   Mar 18 Déc 2018 - 20:54

C'est la confusion qui trace un trait sur son front, quand Logan lui affirme utiliser des pronoms féminins. Il ne l'a jamais entendu parler de ça, ni de telle manière, et décide de simplement faire abstraction de son commentaire … déroutant. Tant que ça la faisait sourire.
Il a dans ses pensées une idée folle qui lui triture les méninges, la voix de la sagesse qui veut jouer les raisonnables, qui veut s'assurer que son intrusion n'ait pas de conséquences sur son travail. Il se donne une ultime chance de tourner les talons, et de la laisser tranquille. Comme s'il n'avait jamais croisé son chemin. Il lui donne une ultime chance pour garder son espace vital, aujourd'hui. Avant qu'elle ne le laisse entrer, s'installer à ses côtés. Enfin, à ses côtés comme une table ronde le lui permettait, alors que son chien avait déjà trouvé sa place entre les deux chaises.
Il acquiesce, promesse silencieuse de ne pas évoquer son travail, avant de se laisser tomber sur la chaise. Ses yeux se perdent un instant sur cette Logan réaliste, sur ces vêtements qui ne montrent rien de sa peau dorée. Un rictus ourle ses lèvres à la seule pensée que si, Logan possédait bien des pulls. Après tous ces mois à la recevoir dans son office, et de nombreuses séances, c'était bien la première fois qu'il la voyait de telle manière – et il n'allait pas s'en plaindre. Même s'il était facile de penser que la majorité des hommes préféraient l'inverse, quand les courbes s'offraient à la vue.

Les paroles qui suivent le prennent par surprise, et il se voit suivre son regard, dévisager le type derrière le comptoir. Un adolescent juvénile qui doit sans doute bosser pour se faire de l'argent de poche. L'allure maladroite de celui qui a grandi trop vite, la voix fraîchement muée et la barbe loin d'être complète. Les doutes sur le visage quand il retourne son attention vers Logan. C'est le fracas des univers. Mais cela pourrait expliquer l'accoutrement.
Avant que les notes de son rire ne le délivrent. Il l'accompagne, rit de sa presque crédulité. Damn. I was seriously concern, for a second. Il n'était probablement même pas majeur. Interrompu par la collègue dudit crush de Logan, Yasin se voit servir son café dans une énorme tasse bleu cobalt. Ici, même la porcelaine a cet esprit convivial. Ici, même Logan lui semble accessible. Il aimerait connaître la recette de Logan, savoir ce qu'il y avait derrière ses décisions et ses aspirations, mais face à elle, il n'était qu'un alchimiste qui tâtonnait. En attendant de trouver la bonne combinaison, il pouvait toujours l'observer. Jusqu'à ce que ses questions silencieuses ne franchissent ses lèvres.
I live across the park, so I come here quite often. Il glisse sa main dans le pelage de son chien, qui n'attend que ça. Bien sûr, aujourd'hui, sa venue était un peu plus particulière qu'à l'accoutumée. Ses mains déchirent sans ménagement l'enveloppe de plastique transparent qui protège le magazine spécialisé. Il détaille la couverture avec avidité, constate avec un sourire la mention de sa thèse – quoique vague – sur le papier glacé. But today … today is pretty special. And I didn't tell anyone about it yet, so I guess you'll be the first to know. I led a thesis revolving around the impact of cellphones on society comportment and how it affects the way we react to events around us. Et voilà. Il l'avait perdu. Il savait bien, pourtant, que ça intéresserait sans doute pas grand-monde. Il savait bien, que les jeunes ne lisaient pas ce genre d'articles. More or less. Vaine tentative pour s'excuser. Il avait cette manie à toujours s'emporter, quand le sujet l'intéressait. Well, long story short, I was published ! Sur ce, il tendit le magazine à Logan. Libre à elle de ne pas y toucher et de s'enfuir en courant, tant qu'elle le pouvait encore.

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MessageSujet: Re: (you are the wind under my wings) + lasin   Dim 30 Déc 2018 - 12:21

Cette tasse que tu dévisages, plutôt que l'homme à tes côtés. Le liquide continue de refroidir, sans que tu n'y touches vraiment. Pensées en vrac. T'as le palpitant qui se serre, quand tu sens sa présence. Kaléidoscope de sentiments tous plus confus les uns que les autres. Honteuse, principalement. De ce comportement à son égard, de cette façon dont t'as continué de te présenter entre ses murs. Enchanteresse de basse qualité, au final. Plus une blague qu'autre chose, qu'il doit se dire Yasin. Pauvre fille paumée qui ne sait pas ce qu'elle fait. Et tu peux pas dire que ça soit faux, en toute honnêteté. Tu sais pas comment tu te démerdes, Logan, pour foutre autant le bordel dans ta propre existence. Y'a des fois, comme ce matin, où tu regrettes amèrement d'avoir poussé les portes du Red Velvet. Racine du mal, quand on y pense. Là où tout s'est cassé la gueule.
Tes yeux se lèvent vers la vitrine, à ses mots. Comme si tu pouvais voir son chez-lui depuis ici. Invasion secrète, éraillée, de sa vie privée. Un aspect dont tu ne connais rien, en réalité. Hell, tu ne sais même pas s'il a quelqu'un dans sa vie. Si tes approches ont toujours été vaines. « I'll take that as a quality guarantee, then. » Les prunelles toujours bloquées sur cette vitre, où sont dessinés logo et nom de l'échoppe. L'attention attirée, pourtant, quand le plastique déchiré fait écho. La tête tournée vers le magazine entre les mains du psychologue. Et il s'met à causer, Yasin. Ton cerveau qui a du mal à suivre, au départ. Encore trop à l'écart. Mais tu fais de ton mieux pour écouter, quand tu vois cette magie crépiter au fond de son regard. Fierté non dissimulée dans le noir des iris. T'as un rictus au coin des lèvres, tes doigts attrapant l'objet tendu. « I'm very far from the smartest person in this town, but I kinda find this interesting. » Les phalanges parcourent les pages à la recherche de la thèse en question, ignore tout le reste. Tu ne peux retenir cette moue de fierté en voyant son nom inscrit sur le papier glacé. Well done, doc. « Is this about, like when something catches fire and people start filming it instead of calling the fire department ? », que tu lui demandes en levant les yeux en sa direction. Cette évidence qu'il t'a mise sous le nez, Yasin. Des mœurs bien changées, depuis ton enfance.
Lunettes redressées sur ton nez, tu lis en diagonale les paragraphes. Ne fais même plus attention au chien qui s'agite à côté, que tes mains ont abandonné. Pour la première fois depuis de longues minutes, tu prends une gorgée de ton café noir. « You know what, Yasin ? I think I'm going to buy my own copy of this. » Cette fois, c'est un véritable sourire qui étire tes lippes. Brut et sans arrières pensées. L'armure de tentatrice au sol. Le magazine que tu refermes, avant de le lui tendre. « I think I can congratulate you, it's well deserved. I'm proud of you, doc. » Tu réalises alors, Logan, que ton crâne s'est vidé de tout le reste. Un court instant où les maux ont disparu, enfermés à double tour dans un coin que tu ne visites pas. Moment de répit à ses côtés.

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MessageSujet: Re: (you are the wind under my wings) + lasin   Jeu 3 Jan 2019 - 18:16

Il s'est encore précipité. Conflit éternel entre sa raison, sa cervelle bien trop pleine, et son débit de paroles alimenté par une curiosité sans fond. Sans nom. A cela s'ajoutait tout le reste – les circonstances, si particulières aujourd'hui. Le café, son chien, sa publication. Et surtout, Logan elle-même. Un auditoire particulier, difficile. Qu'il avait déjà effrayé.
Renversant au passage sa culture et son enthousiasme sur la table déjà bien encombrée. Sa maladresse visible de tous, et sa curiosité qui tâchait déjà la jeune femme. Il fallait la voir, celle d'hier, hésitant à mettre un livre dans son sac avant de partir en s'excusant, et la Logan d'aujourd'hui, lunettes sur le nez et plongée dans ses déboires psychologiques. Si son sujet de thèse pouvait toucher quelqu'un comme elle, alors peut-être que tout n'était pas perdu. Peut-être qu'il restait un peu d'espoir dans ce monde, même si cette étincelle se dévalorisait.
Les miracles arrivaient tous les jours. Même autour d'un café.

Yeah, I guess that's a proper example. Filmer au lieu d'appeler. Quand une vie ne se déroule qu'à travers un écran, pour un écran. Quand les relations ne sont que les fantômes éteints, que des ombres du passé. Quand l'immatériel – la monnaie, les réseaux sociaux - a plus de valeur que le matériel – la famille, les expériences. Quand il est plus simple de collecter de l'argent pour l'autre bout du monde, plutôt que de se pencher au-dessus d'un sans-abri. Quand la lignée des Kardashian est plus importante que de donner son sang – mais sur ce dernier point, il était particulièrement coupable, addict aux élucubrations de la famille la plus célèbre des états-unis.

Dans ce moment hors du temps, Yasin se prend à sourire. A la vue de Logan, penchée sur les mots qu'il a écrit, lus trente-six mille fois au point de s'en dégoûter. Absorbée pour un moment, transparente. Des minutes qu'il trouvait particulièrement apaisantes, son café entre les doigts, sa compagnie agréable. Il aurait pu rester un long moment comme ça, Yasin, à attendre patiemment le verdict. A l'observer, prétendre que tout allait bien, que le monde extérieur n'existait pas.
Sa réaction est telle qu'elle réussit à agrandir le sourire de Yasin. Il ne s'était pas attendu à ça, c'était certain. You don't have to. It's quite boring, actually. I mean, I should know, I wrote it ! Mais au fond, ça le touche. Que quelqu'un puisse penser ça, que quelqu'un puisse dire ça. Et ça le touche encore plus parce que c'est Logan qui l'a fait, et qu'elle était vraiment pas obligée. Et la flopée de mots suivant n'aide pas. Il acquiesce, humblement. Thank you, Logan. 'Means a lot. La reconnaissance de ses pairs était une chose, la reconnaissance de ses patients une autre. Celle de la Ramirez, inespérée.
Il récupère le magazine du bout des doigts, tout en portant sa tasse à ses lèvres une nouvelle fois. And now … I just have to find another subject and start all over again. Le ton léger de Yasin indiquait qu'il n'était pas prêt de recommencer tout de suite – mais qu'il allait sans doute le faire, dans un futur plus ou moins proche. Any ideas ?

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