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 bleed through (james)
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Andy Cavendish

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MessageSujet: bleed through (james)   Mer 21 Nov 2018 - 22:02

Electrisée. Des lumières blanches, filtrant à travers les rideaux. Des éclats d’étoiles filants sous mes doigts. Et la peur de la réussite. Bien avant l’échec. Bien avant la scène. Ma gorge se serrait douloureusement. La mélodie étouffée au fond du coeur. L’angoisse d’une confession qui se murmurait pour la première fois. Je me tournais vers le miroir. Les paroles glissaient sous mes yeux. Je me souvenais de chaque syllabe. De la courbure du papier, chiffonné sous l’empreinte de l’encre. Une chanson écrite derrières les portes closes d’une histoire avilit par la guerre. William. Seulement lui. Aucun autre. Je pinçais les lèvres en fixant les silhouettes en bas de la rue. Des reflets diaphanes, se réduisait sous les toits de la ville. Ils disparaissaient lascivement, leurs visages portant dans le silence de la nuit, les déceptions d’une existence de tourmente. Je me redressais face à la fenêtre. L’émeraude autour de mon cou brillait à la surface de la vitre. De ces couleurs, jaillissait la flamme endormie. La nostalgie pesante d’un baiser effleuré. James, maintenant. Seulement lui. Aucun autre. J’avais effacé mes larmes et enlacé ses peines. Je m’étais éclipsée, comme une lune au bout du ciel. Le silence pour seule réponse. La distance comme symbole éternel. Maudits et interdits. Amoureux d’une fougue révolue. Il n’y avait plus rien dans nos coeurs. Des chimères passées, prenant le dessus sur des impulsions sauvages. Le désir d’une étreinte que l’esprit rejetait. Ce n’était qu’un caprice du corps. Un caprice de l’âme. Je souris en ajustant mon col. La salle était remplie. Je les entendais s’agiter entre les tables. Les vapeurs de l’alcool embaumaient la pièce. Je respirais l’ivresse de ces verres échangés sur les rebords du comptoir, les méandres des cigarettes écrasées puis rallumées au fond des cendriers. Il n’était pas là — il ne répondait pas. Le message était clair. Il avait oublié l’instant. La passion scellée, bouche contre bouche, un soir où le vin coulait à flots. Je soupirais en traversant le couloir. Je commençais dans une heure. J’avais le temps d’abandonner mes espoirs, de laisser le trouble m’envahir et m’anéantir. Je crispais les doigts en vagabondant autour des façades. Les ivrognes sifflait dans mon dos, avides d’une attention meurtrière. D’un regard transcendant, capable d’enflammer les murs. Je les ignorais par habitude. Par dépit. Je passais derrière la caisse et souris en barman. « Jeff, t’aurais pas une clope ? » Mais je ne fumais pas. Je ne faisais que sentir les feu brûler dans ma gorge. Je respirais les méandres d’une vie ailleurs — d’un amour passionné et perdu. L’allumette pour seule conscience. Et éternellement, le brasier continuait dans ma mémoire. Eternellement, j’étais prisonnière du désir pourpre, rêvant, éveillée de le retrouver. De le toucher et de brûler. Je m’avançais vers l’extérieur. Mon dos touchait la paroi glacé. Un frisson, longtemps retenu, et qui s’extirpait enfin de ma peau. Une émotion qui résonnait comme une note de musique au bout de l’instrument. Je portais le filtre à mes lèvres et inhalais l’élixir de poison. Le voile était opaque et irréel. Je voyais ses fluctuations se dessiner comme des formes imaginaires. A la fois humaines et bestiales. A la fois, comme lui et comme un étranger. Un rire euphorique se faufilait dans l’espace. Je me tournais et l’observais doucement. Ce grand homme silencieux. Un pilier écorché par les ignominies d’une vie avant. D’une vie dans mes bras. «Tu es vraiment là ?» Soufflai-je en remuant l’écran de fumée. Je m’approchais, les yeux plissés dans le noir, le tissu flottant autour de mes hanches, et ma veste, tout à coup, tombée à mes pieds. « Tu aurais pu me prévenir … » Mais il voulait maintenir le doute. Me suspendre à ses lèvres. A chacun de ses gestes. Je ne pouvais plus respirer. La boule au creux du ventre. La cigarette au bout des doigts. Et lui, dans chacune de mes visions.

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MessageSujet: Re: bleed through (james)   Dim 9 Déc 2018 - 22:29

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It's my burning desire To fix what isn't broke
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Des années d'amour saccagées par ses errances et ses doutes. Les monstre courant au creux de son encéphale, gangrenant sa raison, nécrosant un palpitant esquinté par des courses folles dans le quartier. Fuir dans les bois et creuser le jardin, s'arracher les ongles sur la roche pour s'enfoncer six pieds sous terre – comme ses camarades, comme tous ceux qui sont tombés au delà des lignes de Marjah. Autre latitude, autre vie. Des combats pourtant rapportés et vécus jusqu'aux portes de leur foyer. Jour après jour, une guerre à la fois. Batailles menées par elle, pour lui. Il le sait, maintenant. Ou en tout cas, il accepte de le voir, de l'entendre ; reconnaître tout ce qu'il a pu lui faire traverser pendant ces longs mois à survivre. Rythme de vie bouleversé par les terreurs nocturnes et les ennemis cachés dans les recoins sombres d'une cave. Des fils tendus, des armes enfouies et le détonateur près du cœur. Des stratégies bancales pour la survie, qui ont effacé le reste, terni les sentiments. Sourires inversés et paupières bordées de solution saline. Il a réussi à les oublier, les larmes, à les diluer dans l'océan en prenant la fuite – puis il s'en est souvenu, trop brusquement, en revenant à Brighton, en lorgnant sur ce visage trop familier. Andy. Quatre lettres pour justifier la cadence qu'il impose à son corps, le pas frappant l'asphalte avec une détermination presque oubliée par le passé. Il s'avance et s'égare, ne devient rien de plus qu'une ombre, parmi toutes celles qui rongent les murs. Le froid s'engouffre sous les plis de ses vêtements et pique jusqu'au bord de ses lippes. Les devantures chaleureuses ne servent pas à réchauffer son âme, mais elle se fait tiède, à chaque pas qu'il prend vers elle. Une silhouette qui se dessine entre les briques abîmée, la cancerette au bord des lèvres. Il la jauge, les mains enfoncées trop loin dans les poches de son manteau. Laisse ses prunelles attraper chaque détail de sa tenue, chaque mouvement du tissu, chaque sourire qui habille et découpe ses joues. L'instant est intemporel, irréel et lointain. Pourtant si immédiat et si palpable – écho à de jeunes années qui leur ont été volées, dans le tonnerre des bombardements. « On dirait. » Une possibilité qui s'échappe d'entre ses dents ; deux options qui se côtoient douloureusement. Rester et l'écouter, prendre la fuite et mourir de son absence, un peu plus encore. « J'aurais pu, mais c'était plus amusant de te faire languir. » Douce torture qui s'étire dans le temps. Écho à une rencontre au sommet, improvisée dans une nuit éternelle. Ils se sont dévisagés, écoutés, perdus. Des lèvres se cherchant, sans jamais se trouver. Il l'a désirée, trop pour y survivre. Elle l'a laissé mourir avant de s'enfuir, dans une robe semblable, parée de ses plus beaux sourires. Sa carcasse ploie et il rattrape la veste, l'époussette distraitement avant de la remettre sur les épaules de la brune. Il en ajuste le col et se sent mourir quand ses phalanges effleurent les mèches d'ébène. Un sourire mystérieux se dilue sur ses lippes. Il ancre enfin son regard au sien, s'y perd, s'y noie. Un énième piège dans lequel il s'égare avec plaisir, marin en perdition, happé par sa sirène vers les tréfonds. « Je ne savais pas que tu fumais. » Factuel pour ne pas dévier sur les mots véritables, ceux qui débordent des valves cardiaques, causant l'arythmie. « Mais après tout, je ne sais plus grand chose sur toi. » Sur tes ressentis et ce que cachent véritablement tes sourires. Sur tes intentions et nos conséquences, les plus belles, les plus terribles. Je ne sais plus rien, Andy, ni la couleur de tes yeux, ni celle de tes sentiments.

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MessageSujet: Re: bleed through (james)   Dim 20 Jan 2019 - 9:05

Un mirage du temps bordant les paupières. Des images rouges, devenues grises entre les valses des lampadaires. Je l'aime, terrible secret, fascinant et inadmissible. Une mort du palpitant marquée par les horreurs de Marjah. Puis le souvenir de ses lèvres. De l'impact du vin roulant dans mon oesophage. Un amour sublimé. Une passion immodérée. La vielle flamme s'élançait et brûlait nos entrailles. Evidence de nous. Evidence d'une souffrance qui émergeait du passé. Je m'approchais lentement. Mes yeux le jaugeaient sans dépit, sans la blessure de haine. Faisons, une pause. Je fatigue. Il était beau. La mélancolie vespérale auréolait ses prunelles abyssales. Le sourire un peu triste. Une marche désenchantée. Et le reflet d'une volupté que j'imposais dans le reflet de l'insigne qui illuminait la rue. La fumée nous étouffait dans son étreinte. Des soupires succédés aux battements effrénés du coeur qui suppliait, appelait son nom. William. James Peu importait sa forme et son identité. Peu importait la plaie et l'odeur du sang. Je haussais les épaules, feignant une désinvolture qui glissait à la surface de ma peau. Tant de mots muets et de confessions éhontées. Il me manquait, c'était terrible. Une âme soeur cherchant désespérant à se rendre entière dans son corps. Ma silhouette s'allongeait et répondait aux fluctuations de sa voix. Je me sentais profondément seule et détachée. Une dualité du sentiment. Un jeu infernal dont nous étions les oracles et les damnés. Mes doigts s'agitaient afin d'épandre les cendres de la cigarette sur le sol. Pas à pas, la distance se réduisait. Et mon esprit brûlait de plus de feux qu'il n'en allumait. Je m'embrasais d'une passion d'être. D'un hûbris impérial qui ravageait ma poitrine. «Tu aimes me faire souffrir ? » Une lamentation fluette pour la première fois. Tout ce temps n'avait pas suffit. Toutes ces missions et ces escapades dangereuses dans les Terres d'Orient et d'Asie. La rencontre nocturne et le supplice d'un baiser refusé au dernier moment. Je relevais la tête et inspirais les poisons du mégot. Sa carcasse ondulait et attrapait la petite veste. Je le fixais avec étrangeté, soumise à ses gestes contradictoires. Une affection que je ressentais parfois. Un désir en lui, qui s'étouffait sous les voiles de la nuit. Mes épaules s'affaissaient et mes talons se hissaient, répondant à la proximité infernale. A l'envie irrépressible de sentir l'impact de ses lèvres et de ses mains. « Je fume parfois pour m'occuper la bouche. Mais si tu es là et que la distraction est à la hauteur ... » Sifflai-je en effleurant sa joue. Impact électrique. Un mélange de peur et d'engouement. James me devinait. Il déchirait les liens de la blessure et me noyait dans les eaux profondes. Encore et toujours. Une danse éternelle. L'impression de chavirer, de perdre pieds, malgré tous mes efforts pour nager à contre courant. «Je suppose que tu n'es pas curieux de savoir que mes sentiments pour toi n'ont pas changé. C'est juste moi. Je ne leur cède plus. » Raillai-je en lâchant ma cigarette. Mes doigts chancelaient et effleuraient sa mâchoire. Il était là — de retour d'entre les morts. Vivant, brisé et éclopé. Et malgré la fissure, la lumière filtrait entre les plis de ses yeux. Un fragment d'humanité, suffisant malgré sa blessure à éclairer mon coeur.

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