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 be my fantasy (lisa)
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Alex Ferguson


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MessageSujet: be my fantasy (lisa)   Mer 21 Nov - 17:32

Eternellement amoureux. Une passion piégée dans le crépuscule d’une carrière qui se perdait entre les couloirs de la ville. Lisa, mon âme soeur. L’image noble et aimée, tatouée sur mes yeux. Et malgré la colère de la trahison, son sourire nacré éveillait mon esprit. Tourmenté par ce désir. Tourmenté par le sentiment d’elle. Il n’y en avait pas d'autre. Les silhouettes s’emmêlaient sous la pluie. Elle n’existaient jamais. Mon coeur était perdu pour elle. Etranger et assailli de tous les chagrins. Illuminé et lesté par son odeur. Celle que le destin avait élu. Un gouffre nous séparait, maintenant. Un couple sans équilibre, glissant sur la corde raide. Je lui en voulais parfois. Je me détestais et je buvais. L’alcool s’enlisait dans mes chairs et l’ivresse me noyait sous le voile. Mais elle revenait. Elle tendait la main. Et je m’élançais entre ses bras chaleureux. Je pinçais les lèvres en avançant dans la galerie marchande. Un diner romantique, puis une ballade au clair de lune. Une habitude encrée dans une vielle routine de mariage. Des moments fracturés entre nos disputes. Entre les piques et les éclats de verre. L’émotion était différente. Il y avait l’attente du miracle. Des baisers glissés sur la peau. L’espérance d’une famille, d’un enfant fait d’elle et de moi. Ma poitrine se serrait et mon sourire s’élargissait sur un faciès grisonnant. J’étais fatigué de trainer au bureau. De la laisser, hors de ma vue pendant toutes ces heures. Le vent soufflait sur les façades, emportant le trouble et l’illusion. L’alliance imprégnait mon doigt. Une base solide. La promesse intemporelle, murmurée au creux de son oreille. Dès que je l’avais rencontré. Dès qu’elle s’était tournée. Un coup de foudre qui s'était transformé en évidence. Je poussais la porte du restaurant et me dirigeais vers la réception. La réservation était au nom de Ferguson. Symbole de notre complicité. Chaque syllabe énonçait la douce affection et la profonde douleur de notre couple. Je furetais autour de l’espace, voguant de table en table, jusqu’à la retrouver au fond de la salle. Son profil droit et impétueux. Une grâce qui s’épandait dans toute la pièce. Qui me happait du sol afin de porter ailleurs. J’entendais les cloches et les sonnets de l’église. Je sentais les vestiges de son bouquet et les pétales de Lilas éparpillés sur le chemin de l’autel. Sa robe et la dentelle collée sur chaque parcelle de peau que j’avais adoré embrassé. Les mèches dorées et les perles brillantes, suspendues à son cou. Puis mon rire, émerveillé et heureux, lorsqu’elle avait enfin ouvert la bouche. Oui, je le veux. Et je le voulais encore plus. Je le voulais jusqu’à la fin des temps. Je me penchais lascivement afin d’effleurer ses lèvres. « Désolé, je suis en retard. » Je m’installais à ses côtés. Elle semblait songeuse, obnubilée par les passants qui défilaient sur la promenade. Je m’approchais de son oreille. « A quoi tu penses, love ? Par pitié, ne me dis pas que tu ovules encore. J’ai mis mes fancy pants. Hors de question de les enlever sauvagement dans les toilettes. » Me moquais-je en soufflant sur sa joue.

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Lisa Ferguson


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MessageSujet: Re: be my fantasy (lisa)   Jeu 6 Déc - 8:52

Un air de piano semblait embrasser les murs, les meubles. La pièce s’agitait au rythme suave d’un classique du jazz. La voix envoûtante d’Ella Fitzgerald accompagnait les notes aiguës de l’instrument à cordes. Puis la voix rauque de Louis Armstrong et son saxophone les rejoignirent, pour un duo iconique. Un classique, qu’ils aimaient cantonner de temps en temps, lovés dans le canapé dans les bras l’un de l’autre. Un sourire nostalgique étirait les lèvres de Lisa. Les souvenirs l’envahissaient douloureusement. Un temps plus simple, plus heureux. Une ouverture de bal, sur cette même chanson qui caressait ses tympans, quelques années plus tôt. Ils avaient dansé, lentement, les yeux doux et amoureux. Les sourires faciles, qui présageaient l’éternité. Deux anneaux qui enserraient leurs doigts solennellement, pour une promesse faite devant Dieu. Ils s’étaient susurrés des je t’aime au creux de l’oreille, aux coins des lèvres. Son palpitant n’avait jamais battu aussi fort que ce soir-là. Elle n’avait jamais été sûre, que de cet amour qui les unissait. Et ils avaient dansé, et dansé, jusqu’à la dernière note, jusqu’aux applaudissements et félicitations. Mais leur bulle utopique avait éclaté, comme un vase en cristal fragile. Les morceaux jonchaient à leurs pieds, et péniblement, ils tentaient d’avancer, d’ignorer leurs plantes meurtries par le verre coupant. Ils recollaient les morceaux de leur mariage, l’adultère flottant malaisément au-dessus de leurs têtes, comme un épais nuage gris. Elle l’aimait, plus que tout, plus que ses paroles et ses gestes pouvaient décrire. Mais était-ce réellement suffisant pour sauver ce qui n’avait pas brûlé ? Ses iris étaient collées à la fenêtre. Elle regardait les passants insouciants, les pressés, les énervés. Les enfants, et leur malice, les mains coincées entre celles de leurs parents prévenants. Elle s’imaginait à arpenter cette même rue, un enfant à ses côtés, qui passerait d’une jambe à l’autre, qui manquerait de la faire tomber en rigolant. Le portrait craché d’Alex. C’était un futur plus brillant, plus heureux, auquel elle songeait. Une lumière au bout d’un tunnel qu’elle pensait infini. Une nouvelle chance de retrouver ce qu’ils avaient, et d’enterrer définitivement le passé. Mais elle avait peur, Lisa. Elle était terrifiée à l’idée d’endosser autant de responsabilités, et d’échouer. La voix d’Alex la sortit de sa torpeur. Les doutes étaient balayés, mis dans un coin de sa tête, mutés dans un silence invisible. Ce dîner était un rituel, une habitude qu’ils avaient in instaurée pour garder une part de romantisme dans leur couple. Elle lui rendit son baiser, posant une main délicate sur sa joue. Elle se décala pour lui faire de la place sur la banquette, croisant son regard. « Non, mais on peut toujours s’arranger pour plus tard, » souffla-t-elle dans un clin d’œil. « Je pensais juste…à nos futurs enfants. »  Ses doigts s’enroulèrent autour de sa main gauche, et son pouce caressait doucement l’alliance qu’elle avait choisi. Toujours rêveuse, toujours songeuse.

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MessageSujet: Re: be my fantasy (lisa)   Jeu 6 Déc - 12:30

Les notes du jazz s’épandaient sur la pièce. Et je la regardais en silence — subjugué par la douceur de ses yeux. Un amour muré dans l’omission de ce qui nous brisait. L’adultère et le mensonge. L’ambition et la peur. Ma bouche effleurait suavement sa joue. Lisa était si belle. Des iris abyssales et des lèvres rosées. Un profil qui gracieusement ondulait sous les néons. Mes doigts glissaient sur son poignet alors que les souvenirs se dessinaient entre mes paupières. La cérémonie époustouflante. L’allée bordée de fleurs blanches et de roses. Notre première valse au milieu de la piste. Et la promesse d’une destinée à deux, pour toujours. Je me penchais vers la table et fixais les alentours. La lumière filtrait à travers les décorations, accompagnant les fluctuations des lustres sur le plafond. Un dîner en amoureux. Une exode temporelle, bordant nos existences monotones. Sans la loyauté. Sans la véritable émotion. Il y avait toujours quelque chose à cacher. L’identité de son amant. La rancune inoubliable. Et le besoin de poser l’encre. Parfois, j’avais l’impression de la forcer au bonheur. D’imposer ces idéaux traditionnels. Des gosses. Une famille. Une maison de campagne dans les vallées reculées de Cumbria. Je souris en me tournant vers elle. Sa voix pénétrait mes chairs et mon âme. Elle résonnait en moi à chaque instant. Un écho éternel, revenant dans ma tête afin de hanter mes pensées. Ce n’était pas que de l’amour. Mais une obsession. Une évidence du coeur pour le coeur. Je la serrais légèrement. Je sentais sa confusion et anticipais ses craintes. Celles de l’échec de ses parents. De l’échec tout court. « Nos futurs enfants ? Il y en a plusieurs ?» Je marmonnais attendris. Je pris sa main et embrassais son alliance. Je ne voulais pas la stresser avec cette grossesse. Mais j’y tenais. Je le voulais si fort. « Je couche pour le plaisir aussi, Mme Ferguson. » Je me détachais afin de poser mon téléphone et mes clés près du chandelier. La flamme dansait pour nous, animée par nos confessions tacites. Des confessions muettes, échangées par le regard, par les gestes. Il était parfois difficile d’énoncer les sentiments. De s’y attacher et de rester là, prisonnier de cette dépendance qui nous définissait. J’étais son mari. L’autre moitié d’une entité qui se dissociait lentement. On s’aimait. On se redoutait. « Tu commandes pour moi ? » Je soufflais en m’appuyant sur son épaule. Je voulais son affection et ses caresses. Sa main posée sur ma barbe taillée et la certitude, même mensongère, d’un idéal éternel. «On va se disputer pour les prénoms.» Raillai-je en fermant les yeux, songeant à mon tour à ces rêves utopiques. A ces futurs enfants. Cet fantaisie suspendue au ras de ses cils.

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MessageSujet: Re: be my fantasy (lisa)   Mer 12 Déc - 11:55

Il y avait quelque chose d’intime, de privé, à être reculé et éloigné du reste du restaurant. Une table, dans un coin, illuminée par les simples ondulations de la flamme brûlante du chandelier. La banquette accueillait leurs deux silhouettes, qui se lovaient automatiquement l’une contre l’autre. Ils étaient comme l’aimant et le fer – ils s’attiraient, se complétaient. Deux morceaux de la même étoile, tombés du ciel, déchirés, pour mieux se retrouver, se réunir. Deux âmes, qui voguaient sur le même chemin de vie. L’adultère planait au-dessus de leur ciel sans nuages. Un trou noir, dans cet univers cosmique qui leur appartenait uniquement. On y voyait les chimères, au bout, avec leurs griffes et leurs canines pointues. Leurs crinières s’embraisait de passion et de haine. Elle s’y perdait, parfois, dans leurs regards de feu. Il était facile de sombrer une nouvelle fois, d’arrêter les combats, de cesser de panser les plaies saignantes. Mais Alex avait son palpitant entre les doigts. Il le tenait, fermement, le poing serré et fragile. Délicat et fort. Et Lisa était impuissante. Désarmée et paralysée, accrochée à lui et à son amour. Elle était envoûtée, depuis le premier jour. Et malgré l’envie – le besoin – de le protéger, ses échecs n’étaient pas suffisant pour les séparer. Elle entrelaça leurs doigts, le regard posé dans le sien, enivré de tendresse. L’idée de fonder une famille lui avait effleuré l’esprit une ou deux fois. Un bout de lui, un bout d’elle. Une fusion, pour ne donner que le meilleur d’eux. Seulement, son idée de la famille était entachée, souillée par ses parents. La peur de reproduire les mêmes erreurs lui nouait l’estomac. « Je sais pas. T’en veux combien, toi ? » Elle essayait de changer pour lui, de chasser ses idées noires, pour avancer toujours plus loin, vers l’éternité promise. « Ah bon ? Je croyais que vous cherchiez juste à assurer votre descendance, M. Ferguson. » Elle gloussa doucement, accueillant sa tête sur son épaule. Une douceur, une tendresse perdue, les animaient ce soir. Un cocon molletonné, qui faisait du bien. Elle hocha la tête doucement. Elle connaissait le menu par coeur, ainsi que les goûts d’Alex. Ce restaurant était le leur. Un endroit qu’ils fréquentaient régulièrement, comme un vieux couple aux habitudes ancrées. Une de ses mains se logea sur la cuisse d’Alex. Un sourire timide caressa ses lèvres. « C’est sûr ! » Ils n’étaient jamais d’accord, sur rien. La couleur des murs, des meubles. S’ils commandaient japonais ou chinois. Sur les vacances, les cadeaux, les dîners. Pourtant, ils trouvaient un équilibre, dans ces désaccords. « On devrait commencer à chercher maintenant, » murmura-t-elle doucement, en se raclant la gorge.

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MessageSujet: Re: be my fantasy (lisa)   Sam 29 Déc - 12:49

Je me noyais dans ses yeux. Des prunelles illuminées par les fluctuations du lustre et  les ondoiements des chandelles. Je m’enivrais de ses mouvements. Une passion qui papillonnait entre ses cils et s’exhalait autour de la pièce. Elle n’avait jamais été aussi belle, Lisa. Une féerie déchue, perdue au milieu des vivants. Une femme hybride, douce et impétueuse, ondulant sur les allées étroites d’une ville de perdition. Je l’avais aimé du premier regard. Et maintenant, j’essayais de la suivre sans parvenir à rattraper ses pas. Elle filait entre mes doigts — s’évadait dans un nuage de poussières opaques. Le mariage n’était pas une victoire. Mais une lutte continuelle. Une équilibre balançant entre les bords de l’abysse. Ce que je ne pardonnais pas, asphyxiait mon âme. Et ce que je pardonnais, me rongeait férocement. Les mots et les disputes. La cruauté d’un coeur blessé, échouant sur les rives d’un autre. Je comprenais enfin. Je connaissais ses failles et ses fêlures. La peur d’un engagement qui enserrait la gorge et les poumons. La peur de l’échec et des départs. Parce que je n’étais pas là. Pendant des nuits et des mois, je me dissipais entre les dossiers, voguant de tribunal en plaidoirie. J’étais l’avocat du diable. Le faucheur maquillé de désinvolture. Le mari indigne, revenu trop tard. Le mal était là, il coulait sur parois de notre maison. Et chaque baiser était une piqure. Un rappel incessant. Je souris en me penchant vers son épaule. J’étais désolé de ses souffrances. Car mes angoisses animaient les siennes. Je ne la protégeais pas. Je l’emprisonnais dans ma boite de Pandore. Avec les doutes et la confusions. Avec les souvenirs du gamin des fermes et de sa petite prairie verte. Je déglutis en attrapant ses doigts. Nos alliances s’épousaient encore. Une étreinte de l’acier contre l’acier, murmurant le secret d’une promesse qui se délitait dans la nuit. Je l’aimais — mais pas assez pour nous sauver. Pas assez pour contenir nos destinées. J’embrassais sa joue et caressais son menton. « J’en veux un millier mais commençons par un. » Son portrait dans le mien. Une incarnation de sa beauté et de mon ambition. L’enfant promis, le noyau d’un amour enfin concrétisé, après des années de vagabondages. Je hochais la tête en m’éloignant. «C’est vous ma descendance, Mme. » Raillai-je en lui tendant le menu. Nos regards se chevauchaient et nos rythmes s’accordaient dans une harmonie étrange. J’étais heureux à ses côtés. Un bonheur volatile, se faufilant dans mes veines et mes organes vitaux. « Si c’est une fille, Sophie. Et si c’est un garçon, je te boude. » Je me moquais gentiment. Le serveur s’approcha de notre table. Je souris avec courtoisie et laissais la parole à mon épouse. Elle, seule détentrice des réponses et des choix. Parce que ce soir, je me pliais à ses volontés et ses exubérances pour effacer toutes les crises de colère et la cruauté des mots.

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