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MessageSujet: how many moons (tara)   how many moons (tara) EmptyMar 20 Nov 2018 - 22:22

tara et shaun
How many moons ?
How many mornings, have I got left
til I've no breath left to breathe ?
(how many moons/professor green)

Un portable que tu délaisses trop souvent, des messages qui restent sans réponse de ta part. Cette relation qui s'effrite entre tes doigts, sans que tu ne bouges pour empêcher l'inéluctable. Incapable. Voilà c'que t'es, Shaun. Un abruti, pas foutu de faire le nécessaire pour garder les choses dans une bonne optique. Pas foutu de calmer ces envies qui se rongent, pas foutu de jeter ces merdes que tu préfères gober. Pas foutu de reprendre ta vie en main, pas foutu d'essayer de retrouver ta carrière. Pas foutu de respecter Tara.
Tara.
Elle s'est éloignée, ta venus. Elle a disparu, fui vers des lieux que tu ne fréquentes pas ; que tu n'oses pas explorer, de peur de tomber sur son regard accusateur. Sur ses traits fermés qui vont te refuser le moindre sourire. T'en es certain, t'as réussi à te persuader tout seul. Comme d'habitude. L'esprit si facilement malléable, pour peu que c'est pour le faire souffrir. T'as passé les derniers jours enfermés dans la dépendance, à côté du manoir, avec ton boulot pour seule sortie. Et le patriarche Cohen, il est parti à l'autre bout du pays, te laissant sur place pour la protection de sa fille. T'es sûrement devenu fou au fil des jours, t'as sûrement commencé à perdre la tête. Alors t'as enchaîné les prises, plus que d'habitude encore. T'as arrêté de compter les pilules dans ta paume avant de les avaler. T'as bu, aussi. Trop, c'est certain. Tu fais n'importe quoi, Shaun. N'importe quoi pour oublier, pour ne pas penser. Pas à elle. Pas à ses iris qui te magnétisent, pas à ses lippes qui te dévorent. Te persuader que tu peux ne pas penser à elle, comme elle ne pense pas à toi. Pourquoi est-ce qu'elle le ferait ? Pourquoi est-ce qu'elle s'inquiéterait pour cette loque ? Compagnon de pacotille, amant affaiblit. T'es pas un homme pour elle.
La sonnerie de ton portable te scie le crâne, accentue cette migraine qui te bouffe depuis des heures déjà. C'est d'une main vacillante que tu récupères le téléphone, préparé à voir ce babe s'afficher sur l'écran. Non, à l'espérer plutôt. Le palpitant qui manque un battement, et la déception qui suit peu après. Tu soupires, décroche à cet appel d'Arnold, le patron d'un bar où tu fais tes affaires. « What have I done for you to call me in the middle of the night ? », que tu lui demandes, la voix abimée par ton train de vie de ces derniers jours. Tu passes une main las sur ton visage, peine à garder les yeux ouverts dans la pénombre. « That Cohen girl you're supposed to work for, she's here asking around about some shady guy. Maybe you should come. » Bip. T'as déjà raccroché, t'es déjà debout à enfiler ta veste, les clés de la Bentley entre les doigts. Tu claques la porte de la dépendance derrière toi, ne t'embêtes pas à la verrouiller. Le cœur qui bat à cent à l'heure dans ta poitrine, accélère la circulation du sang dans tes veines. Le moteur ronronne dans le silence régnant sur la propriété ; t'es seul depuis avant-hier.
Un chemin que tu connais par cœur, que tu n'as que trop fait. Ce même bar où tu plonges dans tes déboires, où tu claques les trois quarts de ton salaire dans tes boites remplies de cachetons. Terrain de jeux des personnes malhonnêtes de la ville ; et le tien, aussi. Tara en ces lieux, c'est un ensemble de contraires et d'oxymores. Elle est trop précieuse pour toute cette crasse, trop parfaite pour toute cette impureté. Elle va détonner avec l'air ambiant, attirer l'attention. Attirer les emmerdes.
Et t’es terrifié à cette idée. Terrifié à l’idée que n’importe quoi puisse lui arriver.
La voiture de luxe garée dans une approximation complète, t'es déjà dehors. Tes mains se frayent un passage entre les silhouettes, tes yeux sondent les lieux à la recherche de ces mèches blondes contre lesquelles tu t'es perdu de trop nombreuses fois. Un regard échangé avec le propriétaire des lieux, par lequel il te désigne une direction. A quelques mètres, ce corps frêle qui n'a rien à faire ici. Tu sers la mâchoire, avances d'un pas assuré vers Tara. Vers elle, et cet homme en échange avec elle. Trop de sentiments différents qui s'entrechoquent dans ton crâne, te mettent à mal dans la seconde. Soulagement. Impatience. Peur. Jalousie. Tu te glisses à ses côtés, gardes toujours cette distance de quelques centimètres entre vos deux corps. « What are you doing here ? », que tu lui demandes, d'un ton mélangeant tout ce qui se déroule dans ta tête. Ignorance totale envers l'autre homme. Parce que Tara, c'est comme si elle était la seule personne présente entre ces murs décadents.

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MessageSujet: Re: how many moons (tara)   how many moons (tara) EmptyMar 20 Nov 2018 - 23:32

Il y a eu la première enveloppe.
Papier maculé qui a filé entre ses phalanges. Papier glacé qui a retracé la macabre réalité. La silhouette disloquée de sa mère. Le corps troué de ces balles infligées avec comme excuse un ras le bol de la vie. Le sang rongeant sa chaire. Un premier coup de feu. Un second. Un troisième. Le coeur en alerte. Une couche déchirante autour de son corps qui a sursauté. Le fracas dans son esprit. Les choses se sont accélérées. Vite. Bien trop vite. Ses mains recouvertes du liquide pourpre. Un cri strident. Une supplication envers ce corps inerte. Les bras de son père ne suffisant pas à l’extirper du chaos. Les sirènes des secours. Mais il n’y avait plus rien à faire. Il faut la laisser partir, chérie. Phrase répugnante du paternel. Comment est ce qu’elle pouvait accepter d’abandonner sa mère ? Figure maternante dont elle avait besoin avec l’adolescence qui se faisait épineuse.
Le refus marqué par le revers de ses poings contre le torse du politicien. Les larmes versées sur l’instant ; puis refoulée pour les années qui ont suivi. Des fleurs blanches sur un par-terre de cendres à l’enterrement. Pas un mot. Pas un discours. Une rose lâchée sur le cercueil. Et une fuite loin des regards compatissants ; des discours qui devenaient une mélodie répugnante.
Comme la bile qu’elle a craché après ce funeste moment. La tête au dessus des toilettes, deux doigts au fond de sa gorge pour dégager la pesanteur au creux de son estomac.
Ce poids n’a pas quitté son âme torturée une seule fois. Il s’est allégé parfois. Et lui est revenu en plein visage des centaines d’autres. L’effet boomerang d’un deuil inachevé. L’incompréhension totale face à ce courrier.
Il y a alors eu la deuxième enveloppe.
Les mêmes photographies sordides. Les mêmes accusations. Un suicide d’apparence. Un meurtre  dans les lignes qui se nomment vérités. Mais Tara, elle a l’esprit brouillé. L’impossibilité d’y croire ; d’accepter cette idée sortie de nul part. Les deux enveloppes rangées dans un écrin métallique au fond d’une armoire. Loin des yeux, loin des coeurs. Proverbe ayant fait rugir ses lèvres d’un cri horrifié et de quelques larmes ravalées par fierté.
Puis, il y a eu la troisième enveloppe.
Des lettres découpées dans une écriture calligraphique. Le nom d’un bar dans un quartier miteux. Et un signe ressemblant au sigle d’une communauté. Des heures de recherche, des heures à passer sur internet et le nez dans les bouquins pour essayer de trouver l’origine du dessin. En vain. Alors sa curiosité piquée à vif, Tara, elle a pas eu le choix que de se rendre à l’endroit indiqué. La peur au ventre de ce qu’elle pourrait y découvrir. Cette quête de vérité est devenue une obsession. Au point de l’empêcher de dormir, de réfléchir, de se nourrir, de vivre. Une quête qui a mis sous son silence la colère grandissante envers Shaun. Un fantôme dont elle est tombée amoureuse. Abonné absent de sa vie préférant satisfaire son père plutôt que de répondre à ses messages. Petit-ami ayant pris la fuite, dénaturant toutes les émotions lui ayant été offertes. De la douceur à l’amour, de l’amour au désir, du désir aux doutes. Ceux qui règnent en maîtres autour de son myocarde. Celui qui s’affole quand elle craint de le perdre. Comme à cette seconde précise. Les pensées s’égarent vers lui et ses lippes préfèrent se mouvoir dans un discours rondement mené. Un inconnu en face d’elle. Un habitué de ce bar. Elle a remué des hanches dans cette robe indécente. Elle a roulé des mécaniques pour le charmer. Un rouge sang couvrant sa bouche quand le noir galbe la forme de ses yeux aux couleur de l’espoir alors qu’il n’y en a plus. L’homme en face réagit. Il esquisse des sourires, lui offre un verre puis deux. De l’alcool âpre comme les ressentis qui grouillent au creux de ses entrailles. Une main sur le bar et l’autre sur son bras, des éclats de rire qui sonnent faux.
Et son monde qui s’arrête de tourner en une fraction de seconde. Parce que Shaun, il est là. Les quelques centimètres qui viennent les séparer n’effacent pas pour autant le mélange qui détonne. La colère, l’incompréhension, la possessivité. Tout devient un manège à vive allure et sa question n’est bonne qu’à les accentuer. — I’m drinking and talking with this charming guy. is it a problem ? Ses lippes remuent avec véhémence. Le pourtour charnel devenant le refuge de cette insolence qui la caractérise. Elle lance un regard embarrassé à l’inconnu ; priant pour qu’il ne déguerpisse pas. Elle ne le trouve pas attirant, encore moins charmant. Elle a besoin de réponses. Seule idée qui guide ses actions, aussi stupides soient-elles.  — Why are you here ? oh, wait, maybe are you bored without my father ? Ses cils battent sous l’effet de chaque mot à l’instar de cette bouche véhémente. Et ça la tue d’agir ainsi. Ça la tue de devoir le traiter de la sorte. Le palpitant au bord de l’explosion de l’aimer si fort, si maladroitement. Le palpitant au bord de l’explosion de ne pas pouvoir lui confesser le pire. Elle soupire de plus belle en avalant une gorgée de vodka. Le liquide brûle sa gorge mais ce n’est rien à coté de la décharge qui lui déclenche un revers de la droite en plein visage : shaun. shaun. shaun. Ce prénom dont la résonance devient un hymne à l’amour, à la vie. Celle qu’il a réanimé sans le comprendre. — You should go away, i don't need a bodyguard to protect myself. Elle n’a pas le temps de poursuivre que l’inconnu se lève. Il fait face au chauffeur de sa stature impressionnante. Comme pour le stopper, l’éloigner et profiter en solo de la jeune Cohen. Ça suffit à capturer le trouble chez cette dernière. Un soupire s’émane de sa bouche outrageante. — Okay. Stop. I give this up because you pissed me off. Ses yeux font chavirer les émotions d’hier et de maintenant. Elle voit son plan tomber à l’eau. Et son coeur rester sur le bas coté. Tel un animal abandonné.
Sa carcasse repousse alors Shaun. Contact de glace réanimant son amour. Cette ode à lui au milieu des ténèbres. Elle se faufile vers la sortie, sentant ses poumons se nécroser. Une asphyxie qui se fait menaçante.
Parce qu’il ne comprend rien. Parce qu’il n’a pas idée de ce qu’elle traverse.
Souvenir passé venant lui bouffer le coeur. Comme lui. Comme elle.

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MessageSujet: Re: how many moons (tara)   how many moons (tara) EmptyDim 25 Nov 2018 - 2:35

Pour la première fois, t'accordes de l'attention à ce type en face d'elle. A ce connard qui la détaille dans les moindres détails, pareil à un prédateur prêt à bondir sur sa proie. Il se lève, et toi, tu le toises de la tête au pied. Imposes cette stature que tu as gagné au fil des années sur les rings, lui assènes un regard noir de jais. Un retour bien rapide dans le rôle que tu tenais sous la lumière des projecteurs, sous les réactions du public. Shaun Penwyn, l'enfoiré numéro un, le plus gros heel de ces dix dernières années. Celui qu'on adorait détester, qu'on soutenait mais qu'on huait pour aller avec le personnage présent entre les cordes. Ce même gars, que tu redeviens à cet instant, quand ton regard se plante dans les yeux de l'homme. Et inconsciemment, tes doigts viennent encercler le bras de Tara, serrent doucement sa peau de porcelaine dans une tentative vaine de la rapprocher un peu plus que toi, de démontrer cette possessivité qui te ronge.
T'ignores les mots acérés de ta douce, mets de côté cette attitude passive-agressive qu'elle emploie avec toi. Ne préfères pas y penser, plutôt. Tu voudrais que ta langue se délie, t'autorise à prononcer tous ces mots qui se bousculent dans ton crâne. Que oui, c'est un problème qu'elle soit là à boire avec ce type. Que non, tu n'en as strictement rien à foutre de son père et de ce travail à la con. Toutes ces choses pour lesquelles elle t'en veut, toutes ces choses dont tu te moques largement mais que tu préfères taire pour ne pas lui révéler la violente vérité.
Le cœur se serre quand elle s'écarte, se déchire quand elle te dégage de son chemin. Te fait comprendre pour la énième fois que tu ne sais pas y faire, Shaun. Que tu ne sais pas comment gérer toute cette situation de la meilleure des façons. Tu devrais la retenir, attraper son bras pour ne pas la laisser s'échapper sans rien dire. Mais comme à l'habitude, tu ne bouges pas. Restes stoïque à la regarder s'éloigner, sans un mot pour ralentir sa fuite. Du mouvement à ta droite ; l'homme qui se rapproche, ne se dégonfle pas face à ta stature et ce regard chargé avec lequel tu l'as traversé quelques minutes plus tôt. « She left because of you, dumbass ! I was going to fuck her tonight… » Une phrase à peine terminée, et tes deux mains viennent s'écraser violemment contre sa cage thoracique, le font chavirer sur la table dans un fracas couvert par le bruit de la musique et des conversations. Un spectacle de piètre qualité, répété ici chaque semaine avec des acteurs différents. « Learn to stay upright first. », que tu lui dis en tournant les talons à ton tour.
Tu te frayes un chemin entre les corps, ignores les effluves d'alcool qui rodent dans la pièce. Refuses un regard en direction d'un des gars à qui t'as l'habitude d'acheter des produits. T'es pas là pour ça, pas ce soir. Tu quittes le bâtiment, tes yeux dans une recherche désespérée. La trouver elle, ta destructrice aux allures d'ange. Tara, ta belle Tara. La déesse devant laquelle tu ploies les genoux sans un remord. L'amante maudite entre tes bras tremblants. Sa grâce qui se cogne contre ta silhouette rude. Tu finis par la trouver, ta compagne. Abandonnée, sur les rebords de l'accotement. Tu t'approches d'elle, sûrement trop rapidement. Ne réfléchis pas quand tes bras l'attirent auprès de toi, la serrent contre ta poitrine, où ton palpitant manque de mourir. Un soupir de soulagement que ne peut retenir, tes lèvres qui se posent au sommet de son crâne, contre ses cheveux. Pas un baiser, juste un contact que tu cherches comme une nécessité. Parce que t'as besoin de la sentir contre toi, t'as besoin d'inhaler son odeur. La savoir en sécurité. « Don't go there alone. Not ever again. » Tu t'écartes d'elle, quelques centimètres pour planter tes yeux dans les siens. Tes paumes encerclent son visage, à la naissance de sa mâchoire. « These guys are no joke, Tara. And you are just meat to them, do you understand me ? » Tu la dévisages, cherches dans ses yeux la moindre explication à sa présence entre ces murs.
Mais Tara, t'as jamais été foutu de la comprendre. Trop sauvage, trop farouche pour se laisser dompter. Trop tout. T'aimerais bien savoir, Shaun. Piger la façon qu'elle a de fonctionner, de prendre ses décisions. « Why are you here ? Just tell me. » Le regard qui la supplie, l'implore de te donner ne serait ce qu'une bribe de vérité. Une pièce du puzzle, n'importe quoi pour t'aider à le résoudre. Pour l'aider elle.

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MessageSujet: Re: how many moons (tara)   how many moons (tara) EmptyDim 25 Nov 2018 - 16:05

Le vent est glacial. Sa peau d’ivoire frissonne. Ses cuisses tremblent et son corps termine sur ce trottoir. Ses mains effleurent le goudron dégueulasse. Elle est en colère. Elle est terrifiée. Elle est en proie aux démons intérieurs qui rôdent. Danse de l’éternel qui met à mal son quotidien depuis six années. Le temps qui file, le temps qui efface, mais les cicatrices demeurent béantes. Des plaies ouvertes où des grains de sel se disséminent depuis des semaines. Le silence conservé pour ne pas en parler. Ni à son père, ni à seth, ni à shaun. Incapacité notoire à rendre tout ça réel. Elle a préféré faire comme si de rien n’était. Comme si son monde ne se chamboulait pas sans retour en arrière possible.
Maman, est ce que tu m’entends ? Maman, répond-moi. Maman, est ce que tu as vraiment décidé d’arrêter de croire en la vie ? Les questions chavirent. Les questions s’empilent à la hauteur  d’une tour infernale.
Son esprit bloque une fois. Deux fois. Puis ne cesse de le faire. Fauchée en pleine adolescence par un drame sordide. Et maintenant, y a cette colère qui fait brûler sa peau.
Ce ne sont pas les bras de Shaun qui en une fraction de seconde entourent ses épaules qui suffisent. L’étreinte est franche, acharnée. Le baiser contre ses boucles blondes transforme l’instant. Le corps tendu ; l’esprit farouche. Un soupire résonne. Une danse avec les mots crachés par le chauffeur. Une mise en garde, une possessivité déguisée que Tara espère voir naître. Puis une question. Une question qui sème le chaos.
Le coeur en alerte. Les muscles tendus.
La gamine, elle se relève. Elle crée la distance avec lui. Pourtant y a ce besoin irrépressible que de le sentir contre son corps. Former un peau à peau que personne ne brisera. Sauf lui, quand il trouvera le moyen de se barrer, de merder. Sauf lui, quand il trouvera une autre à torturer de sentiments contradictoires. Un pas vers la Bentley et Tara se retourne. Elle regarde Shaun. Cette silhouette vissée dans le sol ; cet esprit où chavirent trop d’émotions. Toutes ces questions, tous ces silences, tout ce qui suffit à la tuer à petit feu.
Pour la première fois, la blonde, elle ressent le besoin de causer. Prise au piège de ces lettres. De tout ce qu’elle éprouve sans poser de mots dessus. Entourée par le fantôme sanguinaire de sa mère. Le regard qui n’arrive plus à soutenir celui de son père. Tout en ce moment s’écroule. L’effet domino que Tara cherche à contrer. Pour pas le perdre lui au passage. — It's about my mom. Elle a pas évoqué son souvenir une seule fois en sa présence. En l’embauchant, son père est resté vague. Il a évoqué sa mort sans aucun détail. Le chauffeur s’est contenté de l’écouter sans aborder le sujet avec Tara. Les épines des roses encore trop présentes sans doute. Les épines encore trop blessantes sous chaque pan de son myocarde. — She died six years ago. Police are sure she committed suicide. And I believed it during all this time. Ça avait été la version officielle. Celle dont la blonde fût témoin. Son corps disloqué. Une arme un sol. Le sang où elle noya ses mains. Une lettre avec des mots bons qu’à filer la nausée, retraçant un ras le bol de la vie, un ras le bol de son couple, un ras le bol de tout. Le rapport des flics ne laissait pas de doutes aux circonstances. Des années à y croire, des années à essayer de comprendre à quel instant les pensées de sa mère ont vrillé. Des années à implorer le ciel pour un peu d’accalmie. Et quelques semaines pour que tout soit remis en cause. Pour que tout s’écroule.
Tara, elle sent les larmes lui monter. Ces perles salées refoulées trop souvent. Comme si pleurer, c’était pour les faibles. Gamine trop insolente, trop farouche, trop franche, trop tout et pourtant pas assez lâche pour chialer. Les larmes gardées au creux de ses yeux quand ses entrailles se déchirent d’une lame aiguisée.
À bout de force, à bout de souffle, la gamine fouille dans son sac et en extrait les enveloppes. Elle tend les images macabres à son petit-ami. Des photographies sordides, des indices qui ont filé pour un tableau pernicieux. L’aveu de sa présence ici. De tout ce qui ne tourne pas rond depuis quelques temps. De tout ce qui fait flamber son esprit la rendant un peu plus indomptable. — Check it out.  Elle marque une pause. Les yeux baissés, incapable de l’affronter. Plus à même de subir les  regards où se mêlent désolation et pitié. Comme à l’enterrement. Comme après. Comme à chaque fois. — Someone is trying to scare me. And it works well. Elle ricane, Tara. Mais à quel point son rire sonne faux ? Mélodie dont la subtilité s’envole. Fléau qui saccage sa poitrine. Pointe autour du palpitant qui l’oblige à s’éloigner un peu plus.
— I'm not here to shag. I only need answers. Only need to know if it’s true. If my mom was killed or not.  Vérité qui éclaterait et qui foutrait sa vie en l’air. Vérité qui changerait tout. Et parfois, la gamine se dit qu’elle est pas prête à l’entendre.
— So, what about now ? Elle le regarde, l’air attristé. Le corps qui tremble à cause du froid.
Tu vas flipper Shaun ? Tu vas te barrer et pas te retourner, avoue-le.
Peur viscérale de l’abandon quand son coeur bat à rompre. Elle l’aime. Elle l’aime au point d’avoir osé tout lui avouer. Elle l’aime au point d’être prête à accepter son aide.
Tara l’aime au point de se dire que jamais, elle aimera quelqu’un comme ça.

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MessageSujet: Re: how many moons (tara)   how many moons (tara) EmptyDim 25 Nov 2018 - 18:10

Plaquée contre toi, mais toujours aussi éloignée dans ses songes. Tu voudrais qu'elle te parle, Tara. Qu'elle t'explique ce comportement, qu'elle te donne des putains de réponses. Pour l'aider, pour arrêter de psychoter. Arrêter de te bouffer le crâne pour toutes ces choses qu'elle fait. De flipper, à chaque fois qu'elle quitte le manoir sans prévenir. Tu voudrais qu'elle te fasse confiance, alors que t'es pas foutu de faire l'inverse.
Toutes ces choses que tu lui caches, toutes ces pensées malsaines dans ton crâne. Cette violente envie de crever qui te ronge tous les jours, ce besoin de te faire du mal pour rester en vie. Les mots qui n'effleurent jamais tes lèvres, ne viennent jamais à sa rencontre. C'est trop, c'est beaucoup trop. Pourquoi est-ce qu'elle irait s'emmerder avec un déchet comme toi, pourquoi est-ce qu'elle continuerait à être avec toi alors que t'es qu'un putain de camé ? Tara, elle va fuir à la seconde même où elle l'apprendra. Un trait sur votre relation, comme si elle n'avait jamais existé au départ. Oublié, le chauffeur qui ne servait au final que de distraction et de crise d'adolescence tardive.
Elle s’écarte, et tu peines à la laisser partir. Tes mains restent en suspens quelques secondes, comme si sa silhouette se trouvait toujours entre elles. Comme si elle n’était jamais partie. Comme si t’avais peur qu’elle ne revienne jamais.
Ses mots finissent par suivre ses gestes. Tu fronces les sourcils, cherche le moindre lien avec la situation de ce soir. Cette matriarche Cohen, que tu n'as jamais connue. Déjà décédée quand tu es arrivée, peu d'explications à son égard. Ton boss, il n'en parle jamais. Il se terre dans ses secrets et son deuil, comme si elle n'avait jamais existé. Comme si la preuve de son passage sur terre ne vivait pas sous le même toit que lui. Un suicide jamais abordé, tel un fardeau sur la famille toute entière. « What do you mean you believed it ? » L'emploi du passé qui éveille ta curiosité. Tu te rapproches d'elle, réduit la distance qu'elle avait pourtant imposée quelques secondes plus tôt.
Et dans son regard, tu vois toute la douleur qui s'épanouit dans son esprit. Ce combat qu'elle mène contre elle-même, comme si elle cherchait à retenir des sanglots trop agressifs. Sans rien dire, tu récupères les documents, passes en revue les différentes représentations de la mort colorant le papier glacé. Tu sers la mâchoire, tentes de garder un visage neutre à cette vision sinistre. « Someone sent these pictures to you ? Anything else ? A note or something ? » Les questions débordent de ta bouche, illustrent cette inquiétude qui naît en toi à la minute même. Tu plantes ton regard dans le sien, y cherches la moindre réponse muette. Le palpitant s'accélère, manque plusieurs battements. Et l'évidence qui se dessine devant toi. Elle est en danger. Quelqu'un, quelque part dans cette foutue ville cherche à nuire à la famille Cohen. A Tara.
Tu glisses les photos dans la poche de veste, te rapproches un peu plus. Cette même pièce de vêtement que tu glisses sur ses épaules grelottantes. Tes phalanges retrouvent son contact, au creux que de son dos. L'incitent à monter dans la Bentley sans opposer la moindre résistance. Tu refermes la portière, contourne le véhicule pour retrouver le siège conducteur. Le moteur ronronne, le chauffage ne tarde pas à améliorer la température de l'habitacle. « First, you stop coming here and asking around. I'll do it. » Le ton ne laisse pas la place à la négociation, impose ta façon de faire les choses. Elle n'en fera pas qu'à sa tête, cette fois. Elle n'ira pas à contresens pendant que tu restes là à ne rien dire. T'as besoin d'essayer de contrôler la situation, pour une fois. De contrôler cette peur qui grandit dans tes tripes. Qu'elle se retrouve entre de mauvaises mains. Qu'elle soit blessée. Ou pire encore. Des éventualités auxquelles tu refuses de penser maintenant.
La voiture quitte les lieux, rejoint des rues plus calmes. Ta main droite abandonne le volant, vient se poser sur sa cuisse. Tu tournes la tête, cherches son regard. Tu ne peux cacher l'inquiétude dans ton regard, tes sentiments qui s'ajoutent à la fête. Tara, elle pourrait lire tellement de choses dans tes orbes. Elle pourrait voir à quel point tu flippes. A quel point tu tiens à elle. A quel point tu l'aimes. « Does your father know about this ? », tu finis par lui demander en replaçant tes iris sur la route. Une réponse que tu connais déjà d'avance. Bien sûr qu'elle a fait ça dans son dos, bien sûr qu'elle a caché ça à tout le monde autour d'elle. Ton pouce caresse lentement sa cuisse, dans la tentative d'un geste réconfortant. Comme si cette simple chose pouvait arranger la situation, pouvait réparer son esprit ce soir.
Le court trajet s’achève quand tu gares la Bentley dans l’allée secondaire du domaine des Cohen, en face de ta dépendance. L’absence du paternel qui facilite les choses. Tu pousses la porte d’entrée, la laisses passer avant toi. « Now, you’re going to tell me everything. » Tu t’appuies contre la table à manger, ne la quitte plus du regard. « Everything, Tara. »

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MessageSujet: Re: how many moons (tara)   how many moons (tara) EmptyDim 25 Nov 2018 - 20:09

Sa tête se secoue à la négative. Une réponse évasive que ses lèvres rosées ne peuvent prononcer. Il y a eu les lettres. Puis l’adresse de ce bar. Un sigle dessiné sur le papier froissé. Rien de plus. Et tellement déjà. Tara, elle a défailli à chaque fois. Les phalanges tremblantes en se bouffant l’horreur de ses yeux émeraudes.
Six années à mettre sous silence ses sentiments. Un tête à tête avec son père où les confessions n’ont plus de place. Un homme austère, renfermé et bouffé par la douleur. La perte de son unique amour lui a dérobé ce qui lui restait d’humain. La politique devenant son refuge, son purgatoire. Une habitude teintée par la tristesse qu’il n’avoue pas. Un quotidien rythmé par ce manque qui suffit à le ronger mais ne lui octroie pas l’envie de causer. Les soupirs de sa fille qu’il observe avec la même trogne. Ses yeux où dansent les doutes qu’il n’est pas capable de comprendre.
Shaun est mis dans la confession au son ébranlé de sa voix. Elle n’a plus la force de résister, ni de lui livrer un combat sans égal. Son corps disparaissant dans l’habitacle. Un sourire à peine courbé en l’entendant causer. L’envie de l’aider. L’envie de faire le sale boulot. Comme si Tara faisait pas le poids. Comme si Tara terminerait dans le caniveau.
Le palpitant rythmé par une répulsion qui lui soulève le coeur. Milieu dont elle ne connait rien et qui l’attire dans ses filets comme une tarentule. Elle dit rien la gamine. Son regard se perd vers la route qui défile. Sa peau frissonne quand le pouce de Shaun s’y enfonce. Caresse furtive, contact retrouvé, apaisement à peine teint. Elle lâche un soupire, se cramponne à la portière et regrette presque  ses propos passés. Peur viscérale de le foutre dans la merde, de l’emmener goûter aux enfers avec elle. Une volonté erronée qui pourrait la faire reculer. Le moteur gronde et coupe court à tout son. C’est le chauffeur qui vient briser le silence. Bien plus causant que d’habitude. Esprit vif après les confessions.
— He doesn’t cause I’m sure he probably would decide to leave Brighton with me.  Patriarche qui protège sa gosse comme une merveille de ce monde. Incapable de la voir grandir, incapable de la voir autrement que comme la gamine de cinq ans sur ses genoux. Possessif quand elle s’exile dans les bras d’un homme, inquiet quand elle ne rentre pas. Il remuerait la terre entière pour obtenir le coupable de tant de souffrances. Il l’éloignerait du pire comme à l’époque. Départ hâtif de Londres. Une vie construite et démolie par le suicide de la mère Cohen. Tout a été mis en oeuvre pour protéger Tara, lui offrir de nouveaux souvenirs. Ça n’a fonctionné qu’à moitié. Mais la gosse, elle refuse de se barrer. Elle peut pas laisser Shaun. Ni Seth. Ni tout ce qu’elle s’est évertuée à construire. Le coeur en berne à cette idée alors que la voiture se stoppe dans l’allée. Pas un mot. Pas un regard.
Tara, elle file dans l’ombre étoilée. Puis se doit de faire face à Shaun. Ce dernier veut tout savoir. La blonde pantoise, la poitrine soulevée par les doutes. Elle s’adosse à un mur, remue les phalanges avec nervosité. Il n’y a pas grand chose à dire de plus. Histoire sordide. Drame pesant sur sa conscience. Elle s’en veut Tara. De ne pas avoir décelé la souffrance de sa mère. De ne pas avoir été assez importante pour l’empêcher d’appuyer sur la gâchette. Version à laquelle la blonde s’accroche comme une forcenée. — It was a monday. I was listening music. A few minutes later, I heard one detonation. And one more. I was afraid. When I went in my mom's room, the door was open, and she was just lying on the floor, with a gun. Blood came out. I ran to her, called to help, but it was too late. Les mots sont tranchés par la confusion. Cette douleur qui lui colle à la peau depuis le début. L’incapacité à oublier. Chaque détail omniprésent. De la couleur du ciel à l’odeur dans la pièce. Du titre qui résonnait dans ses oreilles à la couleur de sa robe. Du sang sur ses mains aux mots à peine réconfortants des flics. Des larmes de son père à sa silhouette stoïque. Gamine paralysée au dessus du corps de sa mère. Silhouette sans vie d’où se répandait le sang. Elle avait frotté ses vêtements durant des heures entières. Aucun mot, aucune larme. Ses phalanges s’excitant sur le tissu pour faire disparaître le pourpre.
Comme si ça suffisait, putain. Et maintenant, le vert de ses yeux transparait de confessions lourdes de sens. Tara, elle lui prouve son amour en causant. Elle s’ouvre à Shaun comme un livre ouvert. Chapitre macabre où elle l’invite comme lecteur. — She wrote a letter to explain how she was suffered. She felt alone and terribly sad. She tried to be brave. And then she just decided to kill herself. Is it funny no ?  Et Tara, elle ricane. Elle ricane alors que l’humidité guette ses yeux. Les épaules haussées avec cette insolence si caractérisante. Ça n’a rien d’amusant. C’est même cruel. Décider de se tuer pour plus souffrir. Et faire souffrir ceux qui restent. La balance des conséquences qui a pesé le poids lourd autour du palpitant. Muscle déchiré par la douleur qui assiège son esprit. Réminiscence qui lui file la nausée. — God, sometimes I hate her so much and after I’m crying. La plupart du temps, elle lui manque à crever. Le seul qui s’en rend compte, c’est Seth. Il ne mentionne ce fait que quand Tara est dans ses bras. Baiser protecteur sur son front en lui soufflant que de là haut, elle est fière. Fière de quoi ? De voir sa fille combattre ses démons sans elle ? Merde. — We left London after her death, like it was good enough to forget. Son père s’en est persuadé. Erreur fatale. Autant que le canon qui a fait exploser la cervelle de sa femme. — I need to find who's sending me letters. But I'm terrified to find out what it really means. La vérité qu’elle n’autorise pas à croire. Celle qui effleure pourtant son esprit chaque nuit ; quand son corps en sursaut se réveille. Sueur sur le front, palpitant en alerte. À bout de force, à bout de tout, Tara, elle craque. Les larmes courent sur ses joues de poupée alors qu’elle coupe court à toute la distance. Elle se réfugie dans les bras de Shaun, s’autorise une étreinte passionnée sans craindre d’être surprise. Liberté offerte par l’absence du patriarche. Besoin vital de l’avoir contre son corps. Peau à peau pour camoufler son visage teinté de perles salines.
— Please, help me. Supplication quand elle resserre ses bras autour de sa silhouette virile, inspire les effluves de son odeur et se dit que le monde peut pas bien se détruire, il est là.
C’est tout ce qui compte.

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MessageSujet: Re: how many moons (tara)   how many moons (tara) EmptyJeu 29 Nov 2018 - 19:47

Les mots s'échappent de ses lèvres, pareil à un torrent que tu ne pourrais plus stopper même si tu le voulais. Elle cause, elle lâche tout ce qui lui pèse sur le cœur depuis ces trop longues années. Ces souvenirs qui la dévorent en silence, sans que t'en aies eu la moindre idée. Tara, elle a découvert sa mère. C'est elle qui l'a trouvée dans cette marre de sang. C'est elle qui vit avec le traumatisme. Tu fermes les yeux, Shaun. Te pinces l'arête du nez à ses mots. T'en savais rien de toute cette histoire. Tu ne sais jamais rien, de toute façon. Tu l'imagines, Tara. Le visage décomposé, les yeux bordés de larmes alors qu'elle s'écroule aux côtés du cadavre de sa mère. Tu la voies, entourée de carmin, à tenter de ranimer ce corps inerte à la cervelle éclatée sur les murs de la pièce. Et putain, tu t'en veux, Shaun. Tu t'en veux de ne pas avoir fait l'effort d'être au courant, de ne pas avoir cherché à te renseigner plus que ça auprès du patriarche Cohen. Quel piètre garde du corps tu fais, quand t'es pas foutu de connaître un minimum la famille pour laquelle tu travailles.
Alors quand elle vient s'écrouler contre ta silhouette, tu ne recules pas. Tu ne t'écartes pas alors qu'elle se raccroche littéralement à toi pour réussir à tenir debout. Tes mains, elles viennent se poser délicatement contre son dos et sa nuque, la serrent un peu plus contre toi. La tête penchée en avant, le visage contre ses mèches blondes. Dans ton crâne, tellement de mots qui se fracassent les uns contre les autres plutôt que de se former sur tes lèvres. Tellement de choses que tu voudrais lui dire, pour la rassurer, lui garantir que qu'importe la situation, tu seras là. Tes aveux qui te brûlent la langue, mais qui jamais ne s'échappent en sa direction. Parce que c'est mal venu, parce que là n'est pas l'endroit, ni l'instant. Pas quand elle sombre, pas quand elle disparaît presque contre ton torse. « I will. I promise. » Par tous les moyens s'il le faut, qu'importe les procédés. Tu vas l'aider, Tara. Même si tu dois mettre tout le reste entre parenthèse, même si tu dois foutre en l'air ta propre santé mentale et physique. Parce qu'elle est la seule chose qui te tient encore debout, ta venus. La seule raison pour laquelle tu ne t'assommes pas perpétuellement avec tes cachetons.
Et pourtant, ça t'a trop souvent traversé l'esprit. La tentation a été bien trop présente, surtout pendant cette année de perdition entre la fin de ton contrat avec la WWE et ton arrivée au service des Cohen. A l'époque, t'as voulu y passer. T'as voulu crever, juste pour ne plus ressentir cette douleur qui te dévorait de l'intérieur. Car t'étais qu'un déchet, Shaun. Une tâche dans la société, bon à effacer sans laisser le moindre souvenir à quiconque. Une famille à qui tu refusais le contact, par une honte trop grande. Une ex que tu refusais d'entraîner dans ta spirale dantesque. Un ami que tu voulais pas déranger dans ses nombreux tournages. Trop de personnes à qui t'as fini par tourner le dos, sans vraiment t'en rendre compte.
Tes doigts viennent encercler le visage de Tara, l'incite à reculer de quelques centimètres. Tu plantes ton regard dans le sien, y sombre durant un court instant où tu oublies tout le reste. Putain, elle est tellement belle. Trop belle pour toi. « We're going to figure this out, ok ? » Tes phalanges arrangent ses mèches, les replaces derrière ses oreilles dans une tentative vaine de rendre la scène normale. Mais putain, y'a rien de normal dans toute cette histoire. Tara et toi. Ces sentiments qui te bouffent en silence.
Ce récit fait sur la disparition de sa mère.
Dans ton crâne, les idées s'alignent, s'enclenchent comme un puzzle soudainement plus facile. Ça fuse quand t'essaies de te souvenir des mots exactes de ta compagne. « Two detonations you said ? How is that even possible ? Did she missed the first time ? » Des questions que tu regrettes presque immédiatement. Parce que tu forces Tara à continuer à en parler, tu forces ses souvenirs alors que sa douleur dégouline littéralement sur ta veste. Un monstre trop dévoré par la curiosité. « Forget it. If you don't want to remember this right now, that's fine. », que tu lui dis en secouant la tête. C'que tu peux être con putain. Tu te rapproches de son visage, colle ton front contre le sien, toujours sans lâcher ce regard vert qui soulève ton palpitant. « I'm so sorry. », tu murmures, tes lippes pincées dans une expression emplie de honte. Désolé de la pousser à y réfléchir, désolé de la forcer à se souvenir des détails. Désolé d'être un bon à rien.
Désolé de t’aimer sans être foutu de te le dire.

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MessageSujet: Re: how many moons (tara)   how many moons (tara) EmptyVen 30 Nov 2018 - 3:51

Les bras de Shaun deviennent un refuge.
Carcasse virile où Tara se perd. Le visage enfouie contre les épaisseurs de tissus. L’effluve de son odeur opérant une anesthésie à sa douleur. Les paupières closes pour ne pas affronter son regard à lui. Le poids des confessions ; le poids des paroles. Une histoire macabre racontée de ses lèvres rosies. Une histoire macabre enterrée quelques années auparavant pour se persuader que ça guérirait la blessure. En vain. Silences endeuillés. Silences enfoncés au fond de sa trachée. Un père effacé ; préférant ignorer la détresse de sa fille. Lui qui préfère s’accrocher à la version officielle. Jamais, Tara n’en avait douté. Jamais et pourtant ces lettres sèment des grains de sel sur une hémorragie. Les berges d’une plaie irrégulière autour du palpitant.
Des doutes constants. Des heures entières dans son lit à se repasser la scène en boucle. Les morceaux du puzzle qui se collent un à un ; et s’égarent la minute suivante. La blonde, elle a  la gorge serrée quand son regard croise celui de son petit-ami. Il semble déterminé à l’aider, à ce que ce combat soit le leur. Une bataille à l’unisson. Elle se contente d’hocher la tête à la positive. Elle a besoin de sa présence, de lui, de sa protection. Elle a besoin de ses mots aussi absents sont-ils parfois. Elle a besoin de sentir qu’il ne l’abandonnera pas comme tant d’autres.
Son front collé au sien. Leurs lippes qui se frôlent et déclenchent un frisson le long de ses reins. Proximité retrouvée et teintée par les paroles de Shaun. Une question abrupte. Une question qui ravive le poids des souvenirs. La gorge de Tara qui se serre, qui se condamne à l’asphyxie. Ses mèches blondes viennent lui brouiller la vue alors qu’elle se recule de force. Ses mains sur les poignets de l’homme pour se défaire de son étreinte. Elle s’éloigne, tape le mur, ferme les yeux et revit le pire.
La musique en écho dans ses oreilles. Il y a bien eu une première détonation. Puis une seconde. Celle qui a crée le chaos. Dans cette chambre, les détails semblaient approximatifs. Son regard perdu sur ce corps disloqué où le sang filait. Couleur pourpre contrastant avec le maculé de sa tenue. Une balle entre les deux yeux ; et le fantôme d’une autre perdue vers le mur. Des doutes qui avaient parcouru son esprit de longues minutes.
Les mains ravivées par le sang ; même en frottant des heures, tout ne partait pas. Elle avait voulu se défaire de cette présence, au point de s’ouvrir sa propre échine, au dessus d’un lavabo avec les larmes en reine sur ce visage brisé. Maintenant tout semble flou. Tara, elle soupire et passe une main sur la courbure de sa nuque.
— First time, she didn’t succeed because of fear and hesitation. The second time, she shooted her head. Police investigated the hell out of it and didn't come up with anything. Mom’s letter was enough to conclude the case. A fucking suicide, police said. And I believed it. Ils avaient trainé dans la baraque pendant une semaine. Les regards vifs de trouver le moindre indice pouvant contrer la thèse initiale. En vain. Sous l’impulsion du patriarche Cohen, l’enquête avait fini par être classée. Sans un mot de plus. Sans une possibilité de marche arrière. Elle avait contourné des centaines de fois ce trou dans le mur ; se demandant si ça ne cachait pas autre chose. Fou de rage, son père avait peint l’endroit en lui ordonnant de lâcher le passé.
Et deux semaines après, ils se tiraient de Londres.
Le coeur lourd, au bord de l’explosion. — After, my father refused to talk about it. And I accepted stupidly. Elle le regrette, Tara. De pas avoir posé de questions. De pas avoir enquêté seule pour faire taire les doutes. Une vie recommencée à Brighton qui n’a pas suffit à éradiquer les fantômes pesant sur ses épaules osseuses.
A bout de souffle, elle attrape la main de Shaun et le conduit dans sa chambre. Elle fouille dans un tiroir où se trouve les copies des lettres reçues récemment et celle de sa mère. La blonde saisit d’une poigne tremblante l’enveloppe et finit par la tendre à son compagnon. — Look. This is the last memory I have of her. Des excuses griffonnées de son écriture. Un étalage sentimentale pour expliquer son geste. Des souvenirs réécrits pour que sa fille ne soit pas en mesure de les oublier. Des phrases bateaux pour tenter de calmer sa peine. Mais ça n’a pas fonctionné. Lettre froissée, lettre tordue dans tous les sens. Elle sent le creux de son ventre qui se serre. Presque autant que son coeur. Tara, elle recule. Elle s’adosse au mur et son regard divague vers l’extérieur. La nuit noire. Le volupté des étoiles qui brillent. Le calme. Le calme si pesant. Ils sont seuls. Il n’y a qu’eux pour la première fois depuis des mois. Je pourrais te dire que je t’aime, que t’es pas qu’une distraction, que t’es tellement plus et que ça me tue que tu vois rien. Paroles ravalées d’un revers. Gorge brûlante de cette acidité. Tara hausse les épaules et confronte Shaun. — Your question was no harmless, babe. I know you a little bit. So, what are you thinking right now ? Elle pose la question ; mais connait la réponse. Elle sait où il veut en venir. Elle sait ce qui est en train de se dessiner dans son esprit. Le puzzle formé depuis le début, depuis cette version crachée de sa voix tremblante. — I’m sure you don’t believe it was a suicide. Am I Right ? Sa cage thoracique étouffe les mouvements du myocarde. Muscle paralysé par la peur. Le dégoût. L’impression d’avoir passée sept années à se fausser l’esprit au lieu de chercher la vérité. Sa respiration devient vive. Trop vive. Sa gorge se serre. Une douleur lacère sa poitrine. Elle tremble ; étouffe et se retrouve prisonnière de ces pulsations équivoques. Un mouvement de recul. Les chapitres de sa vie qui défilent.
Tout devient un brouillard épais.
— What’s happening to me ? I can’t breathe. I can’t breathe, Shaun. Sa main se crispe contre sa robe. Elle est prête à arracher son palpitant pour un peu de calme. Tara, elle s’écroule au sol, les jambes recroquevillées contre son corps. Animal blessé qui git sur le sol. Incapable de le regarder. Incapable de l’atteindre.
Crise d’angoisses en devenir. Gosse abîmée, esquintée et baisée par les mensonges.
Ceux qu’elle ignore encore. Ceux qui vont lui éclater au visage.
Sans retour en arrière possible.

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MessageSujet: Re: how many moons (tara)   how many moons (tara) EmptyJeu 6 Déc 2018 - 20:11

Le palpitant en berne quand elle s'éloigne, battant d'un rythme amoindri à la seconde où elle s'écarte. Mais tu la regardes faire, sans rien dire. Juste les yeux pour garder le contact avec ses traits déformés par la fatigue et ce stress qui la bouffe. Et tu voudrais pouvoir en faire plus, Shaun. La guider vers l'extérieur de cette torpeur qui la menace, pareille à l'épée de Damoclès. Tu bois ces paroles, réfléchis au moindre mot qu'elle prononce. Des idées brouillons dans le fond de ton crâne, un semblant de puzzle qui commence à se former dans les songes. Des morceaux qui ne vont pas ensemble, refusent de s'emboîter pour donner une suite logique. Deux détonations, mais combien de balles pour perforer la peau de la matriarche Cohen ? Une question que tu tais, laisses muettes sur tes lippes alors que les siennes s'agitent toujours plus. Te fournissent des explications bancales. Un premier essai manqué, déguisé sous la peur, mais quoi pour le prouver ? Il n'y a là que des hypothèses, quand on y réfléchit vraiment. De simples idées que l'on jette pour ne pas s'embêter à chercher les réponses assassines.
Tu ne rechignes pas quand elle t'embarque, t'entraînent dans le froid extérieur pour rejoindre le manoir. Oublies même d'éteindre les lumières et de fermer la porte au passage. Tu la suis dans le dédale qu'est la demeure hors de prix, te laisses guider même quand tu connais les moindres recoins par cœur. Des mois à glisser entre ces murs, à apprendre et apprivoiser les lieux. A éviter le regard verdâtre, lascif de celle que tu suis maintenant les yeux fermés. Une lente agonie contre laquelle t'as finalement cédé, au zénith d'un jeu imposé par la blonde. Et alors que ces souvenirs remontent, que les images reviennent, tes doigts se serrent un peu plus contre les siens. Un moyen moindre de reconnaître tout ce chemin parcouru, malgré la route cahoteuse et les obstacles, dont tu fais toi-même partie. Des barrières que tu construis, pour mieux protéger ton pauvre myocarde déjà piégé.
Froid glacial sur tes phalanges quand elles quittent les siennes pour saisir la lettre abimée par le temps et de trop nombreuses lectures. Tes pupilles survolent l'encre, cherchent à lire entre les lignes, à la recherche d'un indice inédit. Yeah, keep trying, stupid. Les questions de Tara, elles viennent briser ce silence qui s'était imposé. Tu relèves la tête, croise l'émeraude. « Do you have any proof that this is her doing ? Is this her writing ? », que tu lui demandes en désignant la lettre entre tes doigts. Des réponses qui ne viennent pas, pourtant. Sans doute piégées dans la gorge de Tara, alors que l'air y peine à s'engouffrer. Et t'as le cœur qui se soulève, Shaun. Les veines qui se mettent à bouillir et le crâne qui s'met en alerte quand tu vois cette frêle silhouette vaciller. « Tara, what's going on ? » Des mots s'écoulent entre ses lippes, écorchent l'air et ta raison. La panique contagieuse, qui glisse de son corps jusqu'au tien.
La lettre lâchée, dansant contre l'air en direction du sol. Un réflexe trop tardif. Un retard qui cogne contre ton ouïe quand tu entends son corps rencontrer le parquais. L'injure passe tes lèvres, raisonne contre les murs. Tu te précipites vers elle, les mains pourtant assurées pour récupérer cette silhouette délicate contre le sol. Poupée de chiffon que tu redresses contre ta carcasse. « Hey Tara, look at me ! » Un ordre répété à deux reprises, l'intonation forte, opposée au silence qui règne dans le manoir. Les doigts encerclent son visage, les yeux plantés dans les siens. Un regard imposé, pareil à un dernier fil entre les deux esprits. « You're ok, you hear me ? Just breath. » Just breath, un murmure passant tes lèvres. Une prière à qui veut bien l'entendre. Tes phalanges glissent contre ses joues, effacent les larmes décorant sa peau de porcelaine. Les jambes s'activent, tu l'entraînes vers la fenêtre que t'ouvres d'un geste brouillon. « Take your time, babe. » Tes doigts longent son dos d'un sens à l'autre. Geste qui se veut rassurant alors que tout s'écroule. Et seulement ta carcasse encore debout, pour la tenir sur ses jambes flageolantes. Babe. Un surnom imposé dans ton téléphone, une tentative de la faire réagir en le laissant glisser entre tes lèvres.

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MessageSujet: Re: how many moons (tara)   how many moons (tara) EmptySam 8 Déc 2018 - 22:00

Tara, elle étouffe.
La gorge nouée qui crame. Les poumons gonflés et l’air qui devient anonyme. Oxygène comme denrée rare au milieu de cette porte ouverte vers les ténèbres. Les flammes des enfers qui sont victorieuses. Une danse affolante où la gamine se perd. Deux mondes qu’elle ne contrôle plus. Le présent. Le passé. Des zones d’ombres immuables qui soulèvent son coeur et écrase une lame dans sa cage thoracique. La scène vient se crée de toute pièce. Elle revoit les moindres détails. L’odeur de cerise qui dominait sa chambre. L’écho de ce titre phare qui résonne dans ses oreilles. Ce style noire qui roule sous l’impulsion de ses phalanges graciles. Le soleil qui frappe la vitre alors que quelques flocons de neige maculent les alentours. Doux hiver qui a pointé sa couverture. Le rose sur ses joues qui s’accordent avec ses lèvres dessinées. Elle se rappelle de détails que tout le monde aurait pu oublier. Le nombre de pas pour se rendre à la chambre de sa mère. Il y en a quarante-deux. Sa main posée sur la porte et l’impression d’une température glaciale jouant le long de son échine. Elle se rappelle de la robe blanche faite de soie portée par la figure maternelle. Elle se rappelle des effluves boisées de son parfum acheté quelques mois plus tôt à Paris. Elle se souvient des pinceaux de maquillage au sol. Du cadavre d’un stylo vidé sous l’effet des mots contre le papier glacé. Elle se souvient de la couleur pourpre qui a épousé le parquet. Mais au fur et à mesure que le temps défile ; que les questions de Shaun résonnent — les détails deviennent plus flous. Comme sa vue qui se brouille. Comme sa respiration qui se saccade. Un épisode qu’elle a raté. Des doutes devenant trop vifs pour ne pas s’y accrocher.
La lettre de sa mère. Les deux détonations. La rapidité des conclusions policières. Les silences de son père. Ce départ en guise de renouveau. Les réponses anonymes.
Tout ça grouille dans sa boîte crânienne. Elle se pince les lèvres mais peine à respirer. Sa main s’arrache au tissu de sa robe comme pour ouvrir le chemin à ses poumons. Pour les ramener à la vie. Ça ne fonctionne pas. Ses jambes prêtes à se briser alors qu’elle respire avec difficulté. Rythme haletant de sa respiration qui crée un dysfonctionnement morbide.
Supplication de sa voix. Supplication  qui cède au rythme du diable. Celui qui agit dans l’ombre. Celui qui fait peser un fardeau sur ses épaules trop fragiles. Les larmes coulent. Et c’est contre Shaun que Tara se laisse aller. Première fois qu’elle se montre aussi vulnérable. Première fois qu’elle s’autorise à laisser les couches mensongères au placard. L’homme paraît paniquer ; tout aussi mal au point que sa compagne. Il l’attire contre son corps viril et protecteur alors que les doigts fins de Tara cherchent une accroche. Un moyen de pas sombrer. Un moyen de lui démontrer que y a que son amour pour lui qui réussira à la sauver. Le chauffeur ne se laisse pas démonter. Il traîne la carcasse de la blonde vers la fenêtre.
Bouffée d’air frais qui galbe ses pores. La fraicheur comme effet salvateur. Tara qui inspire, expire au point de sentir ses poumons brûler. Combustion dans sa cage thoracique. Effet détonant au palpitant.  Il cause. Il essaye de la rassurer. Et le dernier mot balancé décroche un sourire à peine visible sur les lippes de Tara. Surnom qu’elle a imposé dans son téléphone. Surnom qu’elle a rêvé d’entendre de la voix rauque de son compagnon. Chose faite au milieu d’un enfer qui débute. Elle ne dit rien d’abord. La tête penchée vers l’extérieur. Les mains accrochées au rebord de bois. Les phalanges de l’homme dansant au creux de son dos ; dans un geste rassurant. les secondes deviennent des minutes. elle retrouve un rythme cardiaque normal. Les yeux encore brillants des émotions naissantes. La colère, l’incompréhension, la douleur. Cette pointe dans les entrailles qui lui retourne l’estomac. Alors elle finit par se retourner. La tête baissée. Les mèches dorées emmêlées qui tombent sur ses épaules. Un soupire passe la frontière de ses lèvres.  — You called me babe. Elle s’autorise à le regarder quelques secondes. Un léger rictus pour se montrer rassurante. Simple mot ; simple surnom et tellement plus pour Tara. La sensation de le retrouver, la sensation de se sentir à l’abri quand il est là. Les tensions passées qui s’éloignent. L’envie de lui démontrer qu’elle l’aime, qu’elle l’aime plus que tout même si les mots restent enfouis dans les abysses.  — Thanks. You have no idea how much I need you. Elle s’avance et passe les bras autour de sa taille. La silhouette encore chancelante et sa tête qui cogne vers son buste. Une inspiration pour se délecter de son odeur. Une expiration pour réanimer ses poumons. Organe vital qui devient éreinté par les erreurs, par les non-dits.  — We will find the truth. You promise ? Une requête. Un supplice. Une voix brisée. Comme le reflet émeraude de ses yeux. Comme les émotions qui déferlent et deviennent une seconde peau. Elle a besoin de comprendre. De savoir ce qui se trame derrière les lettres ; derrière les détails sordides. Si sa mère a choisi de mourir et si ce choix a été imposé avec ce flingue contre la tempe.
Elle tremble, Tara. Mais c’est contre ses lèvres qu’elle s’autorise à se laisser aller. Un baiser chaste, un baiser tendre. Complainte de son amour pour lui. Complainte de tout ce qu’elle ne dit pas à voix haute. Contact qui vivifie, qui réanime et fait battre le galbe de ses veines. Elle recule la poupée, assez pour chuter sur le lit. La silhouette sur le coté face à celle de Shaun. Une main sur son visage, une autre dans sa nuque. — Kiss me again and stay here tonight, please. Elle pense à rien d’autre que s’endormir dans ses bras, les draps tirés sur leurs corps. Elle pense à rien d’autre que de vivre dans la normalité pour une nuit.
Le poids d’un lendemain amer qui suffit à la fatiguer plus.
L’idée que tout s’écroulera. Elle, la première.

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MessageSujet: Re: how many moons (tara)   how many moons (tara) EmptySam 8 Déc 2018 - 23:13

La main appuyée contre son dos, tes doigts se perdent entre ses mèches blondes. T'as le soufflé coupé, toi aussi. Jusqu'à ce que le sien reparte. Jusqu'à ce que tu la sentes revivre. Les lèvres déposées sur le sommet de son crâne, dans un baiser chaste. T'inspires, te nourris de son parfum. Meurt un peu plus à son contact. Sa petite stature contre toi, dernier moyen de la garder debout, l'empêcher de sombrer à nouveau contre le sol de sa chambre. Rien pour venir détruire ce silence, pas même un bruit à l'extérieur. La nuit noire domine, endort tout le reste. Seulement vos souffles abimés comme seul son.
Puis elle s'écarte, Tara. L'espace d'un instant où tu croises son regard, avec que le sien ne s'écroule à ses pieds. Le rictus aux lèvres, malgré tout. « Well, you're my babe, aren't you ? » Tes doigts s'aventurent contre ses joues, le pouce glissant contre sa peau de porcelaine. Elle paraît si fragile, Tara. Si facile à briser. Et tu te souviens de ton arrivée au service de cette famille, de la façon dont tu l'imaginais. Faux, sur toute la ligne. La blonde, elle a l'esprit guerrier. Véritable combattante, prête à tout pour arriver à ses fins. T'en as fait les frais. Mais la Tara qui se dépeint devant toi ce soir, elle a perdu de sa splendeur. Oubliée, la gamine qui joue les fortes têtes, qui ouvre plus vite sa gueule que les autres. Devant toi, une poupée de chiffon, fatiguée par les assauts extérieurs.
T'effaces ces quelques larmes restantes, derniers vestiges de cette crise subite. Des remerciements auxquels tu réponds d'un simple sourire pincé. You have no idea how much I need you too. Tu ne recules pas quand elle se réfugie contre toi, qu'elle se colle à ton buste. L'attires, même. Les respirations s'accordent, à l'unisson. Le cœur en cavale, alors qu'elle peut l'entendre au creux de ta poitrine. Tu hoches la tête à sa question, dépose une énième fois tes lèvres contre ses cheveux. « I promise. », que tu lui répètes à nouveau. Des mots pour combler les autres, ceux qui brûlent ta gorge. Qui menacent de s'échapper à chaque fois que tu croises son regard. Des mots qui ne lui donneraient que trop de pouvoir. Des mots que tu préfères taire, encore une fois.
Puis tu te laisses aller contre elle, cède face à ce baiser qu'elle initie. Les phalanges autour de son visage de poupée. Tu ne rechignes pas contre son étreinte, te laisses embarquer avec elle sur le matelas. Quelques centimètres entre les deux visages, assez pour laisser ton regard filer dans le sien. Se perdre dans le vert, sans jamais essayer d'en sortir. La supplique passe ses lèvres et en guise de réponse, tu t'abandonnes contre elle. Obtempère et écrase tes lippes contre les siennes. Soudainement loin de tous ces problèmes qui débordent. Lâcher prise, pour une fois. Ne pas regarder en permanence derrière ton épaule, la peur au ventre.
Alors les vêtements tombent, seulement quelques morceaux de tissus pour couvrir les peaux. Son corps contre le tien, dans l’obscurité de sa chambre. Le visage perdu dans sa nuque quand le sommeil te gagne.
Une idée stupide, comme si tout allait bien. Pour une fois.

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twisting and turning unable to sleep, do the voices ever stop ? my thoughts speak louder the more i resist and they're driving me insane.
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