Partagez | 
 
 pillow fight (vic)
Aller en bas 
avatar

Yasin Shankar


⋅ paper notes : 1365
⋅ since : 25/11/2017

click down

- getaway car.
address: 123, west side.
contact book:
availability: (Open - Logan)

MessageSujet: pillow fight (vic)   Lun 5 Nov - 15:04

Il avait eu un pincement au coeur, en se séparant des vieux meubles, désormais prêts pour une deuxième vie. Nostalgique du passé, des temps plus simples, Yasin préférait toujours recycler ou réparer les choses, plutôt que de se précipiter à en racheter de nouvelles. Il n'était pas celui qui avait le téléphone portable dernier cri, qui avait un sens pointu de la mode. Il aimait les belles choses, mais préférait la qualité à la quantité, l'intemporel à l'éphémère. Alors les vieilles chaises de la salle d'attente étaient parties vers un revendeur, Yasin espérant qu'elles feraient le bonheur de d'autres habitants de la ville.
Mais conduire un fourgon de location, en jeans, jusqu'à son bureau, était pour le moins inhabituel. Heureusement qu'aucun de ses patients ne le verrait affublé de la sorte. Il n'avait plus rien du psychologue – dans le bâtiment, il aurait presque semblé déplacé. Inadéquat. Comme un poisson hors de l'eau.

La matinée était donc déjà bien entamée quand Yasin se gara sur le parking de son travail, à côté de sa nouvelle collègue. Le terme, lui aussi, semblait déplacé. Ils se connaissaient depuis longtemps, mais jusque-là, elle n'avait jamais vraiment été son égale. Il attendit qu'elle monte dans le fourgon, à ses côtés, pour la saluer. Hey, Victoria. Raccourcir son prénom n'était pas au programme de la journée. Ni peut-être même de l'année. Everything's okay ? We can leave? Yasin faisait rarement les boutiques pour le simple plaisir de faire du lèche-vitrines. En général, il savait exactement ce dont il avait besoin avant même de franchir la porte de ladite boutique, ce qui avait eu pour don d'agacer son ex – entre autres.
Malheureusement pour lui, il lui semblait que sa collègue n'était pas aussi fixée sur la décoration qu'il l'avait espéré, et cette séance de shopping s'annonçait d'ors-et-déjà très longue. Peut-être qu'il se trompait. Peut-être qu'il aurait le loisir d'observer l'esprit féminin tenter de trancher entre pêche et saumon.
En attendant, il redémarra l'engin, en direction du magasin indiqué par sa collègue. Pour, l'espérait-il, ce qui ne serait pas la plus longue journée de sa vie.

_________________
une vie sans cause est une vie sans effet.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Victoria Walker
the road to hell is paved
with good intentions


⋅ paper notes : 2751
⋅ since : 17/06/2018

click down

MessageSujet: Re: pillow fight (vic)   Lun 5 Nov - 22:25



Quand il s’agissait de décoration et remodelage, Victoria préférait une manière plus classique. Dans d’autres circonstances, l’Anglaise se serait contentée de faire une sélection essentielle dans un catalogue, confirmé sa commande, et patienté de se faire livrer directement. No much fuss than necessary. Or, pour elle, le but n’était clairement pas de faire du shopping, pour que le tapis soit assorti à la tasse de thé de la demoiselle à l’accueil. Ou pour que le papier peint fasse correctement ressortir les couleurs des fauteuils de la pièce. L’occasion se prêtait plus à laisser Yasin s’habituer à la présence de la brune. Elle ne travaillera avec lui qu’à mi-temps et encore. Vu le rythme de vie de la psychiatre, il y avait des chances que le jeune ne la croise quelques fois par mois. Toutefois, elle savait qu’avoir un collègue après une longue période de solitude n’était pas simple pour tout le monde. La trentenaire s’y était habituée, pour avoir souvent collaboré avec d’autres durant ses années de pratique. Yasin, l’était peut-être moins qu’elle.

D’autant plus qu’ils n’avaient que rarement eu l’occasion de se parler, à vrai dire. Pour aborder autre chose que les derniers sujets phares liés à leurs professions. « Oh, I see. You are going for the truck and the whole nine yards. I did not see that coming. ». C’était sa première Remarque, en voyant ce fourgon et Yasin dedans. Elle, fidèle à elle-même, n’était pas venue habillée pour l’occasion. Avec sa robe à fleurs, et ses talons noirs. Vicky faisait presque tâche dans le décor. « You could’ve told me. I would’ve dressed accordingly. », sur ces derniers mots, la psychiatre abandonna sa voiture dans le parking pour monter dans la camionnette. Oui, ils pouvaient partir.

Au fond, elle n’était pas du genre à passer plus de temps que de raison dans un magasin. À moins que ça soit une boutique de lingerie, et que la raison principale soit autre que d’acheter de nouveaux ensembles. Mais, ça, c’est une toute autre histoire. « Correct me if I’m wrong but the only thing we need to pick together is the waiting room. Any ideas? ». La brune misait toujours sur le côté chaleureux des décors. Pour rappeler à quiconque mettait les pieds dans le cabinet qu’il ne s’agissait pas d’un hôpital. L’ambiance ne devait aucune être morose, ou extrêmement sobre. Tout ce qui est classique est de mise, du moment que les teintes n’inspirent pas des raisons supplémentaires de répression. Rien de trop extravagant non plus, pour ne pas être dans l’excès. En des mots plus simples, il fallait trouver le juste milieu.


(outfit)

_________________



    feel the earth move and
    then hear my heart
    burst again

    for this is the end


:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Yasin Shankar


⋅ paper notes : 1365
⋅ since : 25/11/2017

click down

- getaway car.
address: 123, west side.
contact book:
availability: (Open - Logan)

MessageSujet: Re: pillow fight (vic)   Mar 6 Nov - 21:06

Yasin, il devine dans quel pétrin il s'est fourré quand il rencontre sa collègue, sur le parking. C'est à ce moment-là qu'il se rend compte, qu'il n'est pas sorti de l'auberge. Il a envie de rire et envie de pleurer quand il la voit apprêtée pour le brunch dominical. Et il ne sait plus où se mettre face à son bonjour fleuri. Il attend qu'elle s'installe à côté d'elle, finit par en rigoler. I thought it was pretty obvious. I'm not inviting you to a bloody fancy restaurant !
Au moins est-elle présente. Ce qui était bien, puisqu'il avait le monopole de la personne qui portait les meubles, visiblement, il lui fallait bien quelqu'un pour les choisir. Il ne savait pas dans quoi il s'était engagé, vers quoi ils se dirigeaient.
Les enfers, sans doute. Le Paradis des uns dans lequel le temps se déroulerait différemment pour lui, l'éternité entre les chaises et les matelas. Les tissus qui le regarderaient avec des airs de meurtriers. Le genre à s'enrouler autour de son cou, jusqu'à l'étouffer.

Il réfléchit quelques instants aux paroles de sa collègue, en évitant un vélo et en essayant de ne pas créer d'accident. Il n'avait pas l'habitude de conduire un truc aussi haut et large et peu maniable. Heureusement pour eux, ils étaient bientôt arrivés. Euh, I think so, yeah. Il changea de voie avant de poursuivre. We need some chairs and stuff, but … we could change the « meeting room » furnitures. They're quite old too. Leur salle de réunion n'en avait que le nom. Imaginée afin de permettre aux collègues de prendre des décisions, celles-ci étaient si rares qu'elle s'était tout bonnement transformée en salle de repos. Mais le cabinet ayant été fondé bien des années auparavant, le mobilier était d'époque. La même que celle de la salle d'attente des patients.
Yasin avait progressivement changé tout ce qui se trouvait dans sa salle, jusqu'à ce qu'il ne reste que le bureau d'origine. Il pensait que renouveler ces éléments lui avait permis de s'approprier la pièce et l'espace, autant à lui qu'à ses patients. Pour le coup, lui et Victoria étaient sur la même longueur d'ondes : l'ambiance hôpital / maison de retraite leur filait des boutons. A fortiori, cela devait être le cas de leurs patients. Or, il avait toujours une certaine admiration pour ceux qui patientaient plus de cinq minutes dans cette salle, et une certaine culpabilité quand il les faisait attendre plus de dix.

Il se gare finalement sur le parking de l'antre du démon. Prêt à affronter le diable, armé de son jean et de sa tenue confortable, pas encore certain de si Victoria allait se révéler une alliée ou une ennemie. Warning though, I'm not super into flowers. No offence to your dress. Sur ce, il lui ouvrit la porte afin de la laisser entrer. Quand il ne rêvait que d'une chose, en sortir au plus vite.

_________________
une vie sans cause est une vie sans effet.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Victoria Walker
the road to hell is paved
with good intentions


⋅ paper notes : 2751
⋅ since : 17/06/2018

click down

MessageSujet: Re: pillow fight (vic)   Dim 11 Nov - 22:21



Pour avoir dans un environnement particulier, d’une manière particulière, avec des manies particulières, Victoria a bien souvent du mal à s’en défaire. Qu’elle veuille l’admettre ou non. Ses talons hauts de quelques centimètres et sa robe classique faisaient partie de ses habitudes. Des accoutrements dans lesquels elle se sentait particulière à l’aise d’ailleurs. « Oh, you think I’ll wear this to a bloody fancy restaurant? ». Un ricanement de l’Anglaise se fait attendre avant qu’elle ne reprenne la parole. « If it was a bloody fancy restaurant, I would’ve gone with higher heels, and more skin show. ». Yasin devrait s’estimer heureux de ne pas avoir eu la version décolleté plongeant et la robe plus longue à trainer par terre, cela dit. Quoique… En tout cas, l’aventure ne faisait que commencer. Et ce qui n’était au début qu’un simple tour pour s’acheter de la fourniture pouvait était les deux à mieux se connaître.

La brune laissait donc la main au psychologue de conduire pour les mener à destination, sains et saufs. Espérait-elle. De son côté, elle se contenta de sortir un catalogue de son sac. Des centaines de pages que Vicky s’est permis de feuilleter avant de venir, dans le but de se faire une idée de ce qu’ils pouvaient trouver, et de mettre sur papier quelques propositions. « Good idea. It smells like dead rats in there. », À se demander pourquoi le trentenaire n’a pas déjà jeté tous les meubles pour les remplacer. Autant la psychiatre comprend comment l’un peut s’attacher à d’anciens éléments de son quotidien, autant elle n’adhérait pas entièrement au concept. La valeur sentimentale existait bien dans ce monde, or que l’un se liait souvent à des choses futiles. Des détails dont il peut facilement se défaire. Cependant to each his own. Elle ne pouvait pas forcer les autres à partager sa manière de voir le monde, et n’avait pas réellement envie de le faire de toute façon.

« None taken. », sourire aux lèvres, l’héritière Walker se contenta de le fixer brièvement avant de détourner son regard, plongeant son visage à nouveau entre les feuilles du catalogue. « Thank you for tolerating my dress. Otherwise, I wouldn’t have any other choice but to take it off. ». La blague facile. La situation inédite qui rendrait cette journée encore plus difficile. Elle se saisissait de la perche qu’il tendait. Son rictus s’effaça finalement, concentrée qu’elle était à ranger son sac pour pouvoir quitter le véhicule.


(outfit)

_________________



    feel the earth move and
    then hear my heart
    burst again

    for this is the end


:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Yasin Shankar


⋅ paper notes : 1365
⋅ since : 25/11/2017

click down

- getaway car.
address: 123, west side.
contact book:
availability: (Open - Logan)

MessageSujet: Re: pillow fight (vic)   Ven 16 Nov - 23:12

Yasin ne répondit rien aux commentaires de Vic impliquant plus de peau, plus de talons et moins de tissu. De toute façon, ils n'allaient pas dans un restaurant – même s'il la trouvait déjà suffisamment apprêtée. D'un autre côté, il ne l'avait jamais vu autrement que bien apprêtée.
Changer, pour moderniser. Si Yasin aimait le charme de l'ancien, il n'avait pas longtemps hésité au sujet du renouvellement du mobilier. Lorsqu'il était arrivé, les anciens praticiens n'avaient pas vraiment pris le temps d'enjoliver les salles communes, bien qu'ils l'avaient laissé refaire son bureau à sa façon. Maintenant que la plupart des anciens avaient demandé un transfert ou étaient partis en retraite, et qu'il accueillait une nouvelle collègue, le temps se prêtait au changement.
Alors, tant qu'ils sont partis à tout refaire, Yasin propose de voir large. Les petits détails comme le gros mobilier. Sans doute un peu perfectionniste sur les bords. Victoria en rajoute sur le compte de la puanteur de certains lieux, qui, peu utilisés, sentaient un peu forts. Une fois encore, le psychologue incriminait mentalement les collègues disparus … même s'il en partageait une certaine responsabilité. I'm just hoping it's not a dead person … Après tout, ils voyaient toutes sortes de dérangés dans leurs bureaux – c'était la nature même de leur travail.

Sur ces paroles franchement joyeuses, et assez maladroitement, Yasin imposa sa vision des choses, qu'il tenta de rattraper après avoir parlé trop vite. Il aimait les fleurs, les vraies, celles dans les champs, celles dans les vases, celles sur la robe de la brune. Mais pas celles sur les tissus fades d'une décoration sixties. Trop sitcom à son goût.
Elle n'en tint cependant pas rigueur, avant de nuancer ses propos. La solution profane ne manque pas de lui faire décocher un sourire qui en disait long. You're welcome. Not sure if half-naked customers are allowed there. A moitié dénudée … ou plus. Mais il repoussa gentiment les images qui venaient fleurir son esprit, après que Vic y ait délicatement planté les graines.
Il la laisse descendre du fourgon, puis entrer dans le magasin. Sa vision se remplit soudainement de meubles en tous genres, d'un salon dans un coin, d'une cuisine dans l'autre. Des pièces reconstituées qui défilaient les unes après les autres. De quoi se projeter, bien sûr, pour le couple qu'ils n'étaient pas. Ce n'est pas ce qui les arrêterait. Ce n'est pas ce qui arrêterait Yasin de jouer à l'amoureux pas-transi, de contredire Victoria à portée d'oreille de n'importe quel employé et de s'autoriser des surnoms qu'il n'aurait jamais osé dans le cadre professionnel.
Il fallait dire qu'elle avait donné le ton de la journée, sur le parking. How many employees should we drive insane before they quit trying helping us ? Wanna bet ? Déjà, l'un des corbeaux du magasin semblait les avoir repéré, attendant sans doute qu'ils fassent un mètre de plus à l'intérieur de cette antre démoniaque avant de leur sauter dessus. I'd say … four guys. Ten pounds. Il coula un regard vers sa collègue, incertain de sa propension à le suivre dans ce pari. Le but n'étant pas tant de prouver qu'il avait raison, ou de gagner dix livres, mais plutôt de rendre la journée un peu plus supportable. Enfin, supportable pour eux, et insupportable pour les pauvres vendeurs cherchant à faire du chiffre. Et si au passage, ils en traumatisaient un ou deux, ça ne leur ferait que plus de clients probables pour le cabinet.

_________________
une vie sans cause est une vie sans effet.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Victoria Walker
the road to hell is paved
with good intentions


⋅ paper notes : 2751
⋅ since : 17/06/2018

click down

MessageSujet: Re: pillow fight (vic)   Sam 24 Nov - 15:06



Quand elle y pense, Victoria n'a jamais eu une période de rébellion vestimentaire prononcée. Depuis qu'elle a cessé d'être une enfant, l'Anglaise a toujours eu une apparence soignée. Dans le milieu dans lequel elle a grandi, c'était primordial de l'être. C'est stupide, idiot, et l'être humain ne doit pas être réduit qu'à son aspect vestimentaire, mais avec le temps elle y a trouvé son confort. C'est une manière également de manipuler autrui. Une généralisation reçue qui semblent être injectée dans l'ADM des hommes ; une femme qui prend soin de son apparence est sans doute une femme superficielle. Une femme fragile. Une femme à utiliser parce que c'est une femme qui n'a rien dans la caboche. Et souvent, ce cliché accepté cause leur perte. Il est stupide de penser cela de Victoria. Cependant, elle ne fait rien pour changer cette image. Elle la retourne à son avantage. Avec Yasin, pourtant, elle n'avait pas à le faire. Il était quelqu'un de bien. Et aux yeux de la brune, il était one of the dudes. Elle aussi en était un, d'ailleurs. One of the dudes. Quand l'un apprend à mieux la connaître, c'est la conclusion qui en ressort. Vicky est la fille de son père. Elle lui ressemble dans tant de choses, ce qui la rend, à terme, très fatale. Act like a lady, think like a man, c'est quelque chose qui a pris sens dans la vie de la psychiatre avant même que Steve Harvey n'en fasse un livre.

« Dead people stink more than that. Haven't you been to a morgue before? », parce qu'elle, elle y a mis les pieds. Une conversation qui pouvait en un rien de temps basculer sur une discussion plus sérieuse. Heureusement que le jeune homme trouve bon de juger la robe fleurie de Victoria. Cette dernière n'en tient pas rigueur, malgré sa pique. Elle en profite simplement pour dénoter le côté sérieux qui semble les unir, pour partir sur quelque chose de plus léger. « Nah, I wouldn't worry about it. My booty looks as magnificent naked as it does in this dress. No one will be bothered. », son sourire éternel s’accrochait à ses babines, tandis qu’elle s’avançait en compagnie de son collègue. L’idée que mettait Yasin sur la table avait le mérite d’être intéressante. L’Anglaise n’aimait pas rendre les gens fous, exprès, mais… «If you decide to try the couches by Tom Cruising them, we can take it up to six. », un client qui saute sur les meubles, avec le grand panneau du please do not touch, ça a tendance à rendre les vendeurs plus au moins embêtés.


(outfit)

_________________



    feel the earth move and
    then hear my heart
    burst again

    for this is the end


:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Yasin Shankar


⋅ paper notes : 1365
⋅ since : 25/11/2017

click down

- getaway car.
address: 123, west side.
contact book:
availability: (Open - Logan)

MessageSujet: Re: pillow fight (vic)   Lun 26 Nov - 15:37

Il y a des battements de cœur qui ratent, et des âmes qui ne vieillissent pas. Des enfants qui dérapent, et des adultes inspirés. Et il n'avait suffit que d'une sortie dans un magasin de meubles pour que Yasin s'y perde. Pour que la sagesse s'envole et que la connerie prenne le pas. Il avait toujours des doutes au sujet de Victoria. Comme par exemple, comment savait-elle que les morts puaient ? Si certes, il avait déjà perdu des proches et pris part à plusieurs enterrements, non, il n'était jamais allé dans une morgue. Il n'avait jamais fourré son nez dans le cou d'un cadavre de trois semaines. Plus important encore, il se contenta de froncer les sourcils et s'abstint de tout commentaire.
Il ne voulait pas savoir l'histoire qui avait poussé sa collègue à posséder autant de connaissances sur le sujet.
Ou disons, qu'il aimerait savoir – curiosité quand tu nous tiens – mais que là n'était sans doute ni l'endroit, ni le moment pour une telle anecdote. Alors la conversation s'enchaîna sur d'autres sujets plus ou moins risqués … jusqu'à ce qu'elle dérape encore.

Oui. Il leva les yeux au ciel quand elle complimenta son propre arrière-train. Il était amusé, aussi. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas eu une discussion aussi ridiculement intéressante avec quelqu'un, depuis longtemps. Elle ne prenait pas la mouche, elle avait de la répartie et un culot assourdissant. It's like I have no clue who you are anymore, Victoria Walker. Are you even my colleague ? Aren't you her slutty clone ? Who knows ? Not me ! Ils n'avaient pas le temps de débattre sur ce sujet sensible, de toute façon.

Arrivés à la boutique, Yasin peut déjà apercevoir le premier vendeur, l'oeil perçant vissé sur la porte d'entrée. A l'assaut des clients – sans doute trop peu nombreux -, prêt à foncer sur eux. C'est alors qu'il propose à sa collègue un défi, histoire de rendre leur périple un peu plus intéressant. Un pari sans grande conséquences pour eux, un peu plus pour les employés.
Ils n'iraient tout de même pas jusqu'à les envoyer en dépression, de toute façon. Tom Cruising les canapés ? Damn. Sa collègue ne cessera de le surprendre. Mais elle faisait monter les paris, signe qu'elle en avait sans doute un peu plus en réserve. Let's see. After you ...
Yasin n'a aucun remords quand il laisse passer Victoria devant lui, la laissant donc servir d'appât au premier vautour. Enfin, de la manière dont il la redécouvrait aujourd'hui, il aurait plutôt peur pour le vendeur que pour elle. Il la suivit, un pas derrière elle, feignant d'être intéressé par les premiers articles ici et là, une table d'appoint dans un coin, un amas de décoration murales de l'autre. Et dès qu'il s'éloigne un petit peu plus, il tombe dans les filets d'une autre vendeuse, visiblement en embuscade, son discours méthodique appris par coeur débité en moins de trois secondes chrono.
Hello Mister and welcome to Barker and Stonehouse ! My name is Kelly and I'm here to help you ! What are you looking for, today ? Yasin dut cligner des yeux plusieurs fois pour s'assurer qu'elle avait bien fini de parler.
Être foncièrement méchant avec un vendeur pour que celui-ci vous laisse tranquille, c'était plus simple à dire qu'à faire. Yasin avait bien été élevé par ses parents et ils seraient outrés d'apprendre ce qu'il s'apprêtait à dire. A will to live ... Sous l'air choqué de la pauvre Kelly, il dût se reprendre, difficilement. I mean, to leave. I'm going on a cruise ... Et si les croisières n'avaient rien à voir avec un magasin de meubles, il espérait que Victoria ait été témoin de ce grand moment.
But I'm like, seasick. A friend of mine, Tom, told me I could find some pills here for that ?!

_________________
une vie sans cause est une vie sans effet.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Victoria Walker
the road to hell is paved
with good intentions


⋅ paper notes : 2751
⋅ since : 17/06/2018

click down

MessageSujet: Re: pillow fight (vic)   Sam 1 Déc - 15:23



Yasin n'avait pas à formuler sa demande. Il n'avait pas à exprimer sa question. Son envie d'en savoir plus, sa curiosité, tout se lisait sur son visage. Il voulait en savoir davantage. Autant lui répondre. « My mother, when I was a child. », son paternel s'y était opposé, mais son grand-père avait une autre idée en tête. Confronter une gamine à la réalité de la vie, et de la mort. Peu importe l'âge, un Walker doit être préparé à tout. « And then my husband. ». Elle est passée à autre chose, Vicky. Depuis le temps. Si les détails du pourquoi et du comment sont tabous, évoquer ces deux êtres ne l'était pas en soit. Une mort, aussi fracassante et inattendue soit-elle, doit être acceptée. Discutée aussi, dans la mesure du possible. Parce qu'il y avait également ces cadavres que la brune s'efforçait d'oublier. Entasser dans un lointain souvenir. Comme un de ses kidnappeurs. Un parfait inconnu dont elle n'a jamais connu le nom. Un homme qui s'est révolté, puis abattu sous les yeux encore innocents de la Victoria de l'époque. Une action qui était plus axée à envoyer un message direct qu'autre chose. Le signal clair ; ces gens-là ne rigolaient pas. Ce sujet en particulier était beaucoup plus secret, sensible, et inabordable. Pas même avec ceux qui en savent déjà un minimum. Pas même avec le père de l'Anglaise, Hans, ou qui que ce soit d'autre.

Bien des personnes oubliaient un principe fondamental de la vie moderne. Yasin en faisait partie, à priori. Le sourire de Vicky se faisait plus appuyé, et ses paroles qui suivront plus taquin. C'était le mot-clé à retenir ; taquin. La psychiatre ne se froissait pas pour si peu, mais son collègue lui tendait une perche qu'elle ne pouvait pas rater. « I am, in all honesty, disappointed in you, Shankar. ». La raison ? Tout ce qu'il venait de dire. « Men speak of bottoms all they want, and it's considered cool. I talk about mine for five seconds, and it's slutty? », pour en revenir à ce principe fondamental oublié, c'était cela. Les hommes se permettent d'être des hommes, mais feignent la surprise quand les femmes font de même. Ils oublient d'accorder l'égalité à la gent féminine. « It's narcissistic, maybe. Egocentric, a little. And yet you choose to go with slutty... ». Elle n'allait pas lui faire la morale, c'était une simple remarque. Victoria a cessé de s'offusquer pour ce genre d'histoire depuis fort longtemps. En tout cas, il a raison sur un point ; il ne la connaît pas. Il a vu une facette d'elle. La facette strictement professionnelle, mais un être humain, c'est plus compliqué que ça. C'est une personnalité de plusieurs angles, dictés par le contexte, les circonstances, et tant d'autres choses. La trentenaire n'est pas quelqu'un de très réservé, sauf qu'elle sait être correcte. Face à un patient, dans un environnement professionnel, elle ne dégageait rien de sa propre personnalité. Un psychiatre, pour elle, se doit de se montrer neutre. Passionné, par ce qu'il fait, mais neutre. Son expérience personnelle ne devait pas dicter ses agissements devant un patient, ou un collègue, d'ailleurs. Elle disait ce qu'elle pensait, objectivement, en ne prenant en considération que le vécu de l'interlocuteur en question. Il n'était jamais question de laisser sa propre vie impacter cela. À l'intérieur des quatre murs d'une pièce, avec un patient, il ne s'agissait jamais d'elle. Elle écoutait, analysait, et guidait son malade vers une conclusion adéquate à ses problèmes. Or, sortir de ce cadre structuré, elle se permettait plus de liberté. Elle se permettait d'être elle-même.

C'est d'un air faussement exaspéré qu'un classique, « Oh lord. », s'échappe d'entre les lèvres de la brune. « Let the nice lady be, dear. », qu'elle rajoute en s'approchant de la dame et Yasin, avant d'éloigner ce dernier, question de prendre le relais. « My apologies. He doesn't do well with people. », il ne lui en faut pas plus à Victoria pour s'embarquer dans un scénario impromptu. Suivre sa spontanéité et son imagination débordante pour coller à Shankar une image particulière. « I avoid the term as much as I can, but he is... », sa tête qui se penche pour murmurer dans un chuchotement inaudible dans l'oreille de la vendeuse. La suite restera un mystère pour le psychologue, jusqu'à ce qu'il le devine de lui-même. Et avec son air tout aussi sérieux, l'Anglaise reprenait sa position initiale, pour continuer son explication. « He claims to be friends with famous people. Cruise. Tom. As in Tom Cruise. », un regard en direction de Yasin, puis un autre en direction de cette pauvre Kelly. « It works with some women. Last time he used his dirty tricks he ended up in a threesome in our hotel bathtub, with people I've never met in my life. ». Le visage offusqué, les gestes qui accompagnent son ton à la perfection. Elle est douée dans bien des choses, convaincre et jouer la comédie en est une. « So, yes. He is a colossal jerk, and we need to redo at least three rooms, in the hope of erasing all his filth. But at least, he’s rich. ». Le rôle de la trophy wife, c'est quelque chose qu'elle n'aurait jamais imaginé jouer un jour, Vicky. Même pas pour l'humour ou le faire semblant. Mais desperate times call for desperate measures, après tout. L'Anglaise s'éloigne ainsi de la scène de son crime, abandonnant ainsi Yasin à ce petit merdier, non sans lui chuchoter une dernière remarque. « That will teach you not to slut shame others. »


(outfit)

_________________



    feel the earth move and
    then hear my heart
    burst again

    for this is the end


:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Yasin Shankar


⋅ paper notes : 1365
⋅ since : 25/11/2017

click down

- getaway car.
address: 123, west side.
contact book:
availability: (Open - Logan)

MessageSujet: Re: pillow fight (vic)   Lun 10 Déc - 17:22

Dans les méandres de tout être se tient cette jolie balance, quoiqu'un peu ridicule. Celle qui détermine le bien et le moins bien, celle que l'on rejette dans la futilité pour assouvir des besoins égoïstes, celle qui a été remplie par les parents, ou par leur absence. On y pèse le poids de nos actions, on y saupoudre du bon sens et une pincée d'intuition. Chaque balance est personnelle, et l'équilibre n'est jamais parfait. Il y a toujours un peu de mal dans le bien, toujours un peu de bien dans le mal, un peu trop de noir ou un peu trop de blanc. Les nuances sont là, elles irradient, les zébrures font mal, le plus souvent.
Comme l'on s'écorche on s'abîme, et Yasin venait de trébucher sur les révélations de sa collègues. Des détails absorbés trop vite, marqués au fer rouge – des détails qu'il n'oubliera pas de si tôt. Des questions qu'il ne voulait pas soulever et des réponses qu'il ne voulait pas entendre, et pourtant c'était déjà trop tard pour prétendre que cette discussion ne changerait rien entre eux. Une mère. Un mari.

Le problème entre eux, c'est qu'à chaque fois que Yasin pense dire la chose appropriée, ou faire le geste convenable dans ladite situation, Victoria s'effilochait sous ses doigts, slime intouchable. Il tente le sérieux et se retrouve face à un mur, il tente l'humour et se retrouve dans la fosse aux lionnes.
Ce qu'il pensait n'être qu'un simple commentaire pour détendre l'atmosphère avant de se retrouver dans le magasin se retourna vivement contre lui. Surpris de se retrouver aussi vite au milieu d'un ouragan féministe, Yasin cherche l'humour de ses grands yeux ébahis. Un demi-sourire prend place sur son visage, parce qu'il n'a jamais connu un seul anglais n'ayant pas le sens de l'humour, et parce que Vic le connaissait depuis si longtemps qu'elle ne se serait jamais vraiment offusqué pour si peu. Du moins, il l'espérait. Sinon, il aurait la confirmation que celle qu'il avait en face de lui n'était qu'un clone. Yeah. Il attend une autre réplique, peut-être, avant de finir ce chapitre – qu'il ne rouvrira pas de sitôt. Do I have to sign an apology on it or we good ? Il mima sa signature en l'air, sans nul doute à deux doigts de se faire rembarrer d'une main dans sa figure. Loin d'oublier les commentaires de sa collègue, Yasin préfère pourtant se retirer, se concentrer sur leur mission du jour.

Dans le magasin, il leur en faut peu pour vouloir voir les choses dégénérer. Il laisse sa collègue passer devant, mais se fait prendre en embuscade par une vendeuse cinq secondes plus tard. Et s'il se détestait pour être odieux envers ces personnes qui ne faisaient que leur boulot, finalement, l'enfant en lui rigolait jusqu'aux larmes. Odieux ou débile, confus ou sous l'emprise de quelque chose de plus fort. Sans la carapace de son costume trois-pièces, le confort de son bureau, il n'était qu'un pauvre type comme un autre, et Princesse Victoria ne tarda pas à voler au secours du pauvre roturier qu'il était.
Expulsé en une poignée de secondes, il complète les excuses de Vic – il voit clair dans son jeu, avant même qu'elle ne se penche pour libérer des choses infâmes à la vendeuse. Il penche la tête légèrement sur le côté, s'intéresse au vide entre les atomes, touche du bout de l'index une corde qui pend, suspendue à un objet. Son regard s'illumine quand Victoria évoque Tom Cruise, son meilleur ami bien sûr. A la fois impressionné par le talent d'improvisation de Vic, sa capacité à énoncer autant de mensonges sans se trahir et l'histoire qu'il devait donc prétendre être sienne. Il se rapproche des deux petit à petit, quand Vic passe devant lui, visiblement ayant fini de saigner leur proie. La dernière pique est pour lui, aussi décida-t-il ne pas perdre trop de temps avec la dénommée Kelly, afin de ne pas perdre Vic de vue.
Yeah, whatever she said. Passant son index sur le bout de son nez, en insistant juste ce qu'il fallait, il reprit : So … no pills ? Right ? Il ferma les yeux, soupira, tourna les talons, et laissa leur victime agoniser en silence.

Embrassant son rôle de dépressif – riche – infidèle – drogué (au moins), il retrouva Vic un peu plus loin. Boo, you need to stop telling EVERYBODY about that ONE. TIME. Le psychologue poussa le vice jusqu'à glisser un bras autour des épaules de sa collègue. Comme ça, elle ne risquait pas de s'enfuir pour raconter n'importe quoi à n'importe qui. Face à eux, un assortiment de chaises et de fauteuil de toutes les couleurs et de tous les styles, le ramena à la réalité. What do you think about these chairs, like, seriously ? I kinda like the blue one over-there.

_________________
une vie sans cause est une vie sans effet.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Victoria Walker
the road to hell is paved
with good intentions


⋅ paper notes : 2751
⋅ since : 17/06/2018

click down

MessageSujet: Re: pillow fight (vic)   Mer 26 Déc - 21:58



Victoria, c'est l'esprit aiguisé. La raison avant les sentiments. La logique immuable en toute circonstance. Le contraste avec cela était nécessaire. Elle était taquine. Elle aimait charrier. L'ironie est son point de repère, le sarcasme son passe-temps préféré. Alors rien de tout ce qu'elle disait à Yasin aujourd'hui n'était à prendre au sérieux. Dans le fond, ses idées, elle y croyait. Dans la forme, elle n'en voulait pas tant que ça à son collègue de dire ce qu'il disait, ou d'y croire (s'il y croyait). Et l'homme continuait à lui tendre les perches. Des bâtons irrésistibles au toucher pour la psychiatre, qui n'hésitait pas à s'en servir pour claquer. Verbalement, uniquement. « Nah, we're good. I'm messing with you. », la brune pouvait partir sur un discours féministe, mais vaut mieux laisser cette discussion aussi. « But, if you want to bring me coffee every morning i'm working here, i wouldn't mind it. », si Shankar tenait vraiment à se faire pardonner un crime qui n'en était pas réellement un, au final. Personne ne crache sur du bon café de si bon matin.

Il semblerait que partout où l’Anglaise mettait les pieds, un jeu s’installait. Peu importe avec qui. L’humeur chafouine est toujours au rendez-vous. Il faut dire que la brune n’a pas besoin de beaucoup pour s’emporter dans des exercices de la sorte. Elle mettait ici à l’épreuve tous ses talents d’actrice, et Dieu sait qu’elle en avait. Plus que Vicky ne devrait pas montrer, d’ailleurs. La psychiatre se laisse embarquer par Yasin, et la scène de comédie continue de se jouer sous les yeux crédules des vendeurs. « HIGH ON MY OWN DRAMA? HOW DARE YOU SAY THAT? », exagérer ? Elle ? Jamais ! « They look nice, indeed, but they won’t match your curtains. Unless you want to change those too. », parce qu'ils ne devaient pas oublier que derrière le jeu et la fausse vie qu'ils s'inventent, aux yeux de ces vendeurs, les collègues se trouvaient ici pour redonner un coup de punch aux locaux où ils travaillent. « Let's not get crazy. If we go down that rabbit hole, we will be here for the next twelve hours. », Finit-elle, d’un sourire, avant de rajouter une couche supplémentaire à leur petit jeu. « That’s it! You’re sleeping on the kitchen floor tonight. You’re not even worth a sofa. », et ce sont les talons de la brune qui claquent sur le sol, alors qu’elle s’éloigne du jeune homme. Elle ère à son tour dans les méandres de ce magasin, à la recherche de quelque chose qui pourrait lui plaire.


(outfit)

_________________



    feel the earth move and
    then hear my heart
    burst again

    for this is the end


:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Yasin Shankar


⋅ paper notes : 1365
⋅ since : 25/11/2017

click down

- getaway car.
address: 123, west side.
contact book:
availability: (Open - Logan)

MessageSujet: Re: pillow fight (vic)   Mer 2 Jan - 18:30

Yasin s'apercevait petit à petit de la grande erreur qu'il avait commise. Sans s'en rendre compte, il avait ouvert la cage du démon qui dormait en Victoria, et il s'en mordait les doigts. Il était le maître – surpassé en quelques minutes par l'élève. Ou peut-être que Victoria n'avait jamais cessé d'être le maître, après tout. Ce n'est plus une blague qu'ils maîtrisent, c'est la scène d'une pièce de théâtre bien trop grande pour lui qui se dessine sous ses yeux. L'investigation qui se transforme en scène de crime. La médisance collée sur leurs lèvres, la folie pour seule lumière.
Il la laisse danser, Victoria, briller de mille feux avec ce talent inné. Il n'est là que pour la retenir parfois, pour l'accompagner, un peu. Même devant les chaises, comme un couple comme il y en a d'habitude dans ce genre de magasins, ce n'est que le prétexte d'un nouvel acte. Fureur, décadence. Yasin se demande un court instant si elle ne finira pas par exploser, sa collègue, mais une accalmie perce entre les nuages. Elle divague et se perd dans les rideaux – ceux qui n'existent pas dans leur office, puisque les vitres de la salle d'attente sont opaques. Admiratif et déconcerté, il laisse échapper un commentaire à la simple idée de passer les douze prochaines heures ici, en sa compagnie. God forbid.

C'était sans compter sur Victoria qui se sentait littéralement pousser des ailes. Yasin dût se contrôler pour garder son sérieux alors qu'il s'imaginait déjà dormir sur le sol. Which one ? The one you broke shagging this dude, that we need to replace, or the dog's one ? Qui sait, Yasin aussi se sentait pousser des ailes. Avec un peu de chance, il parlait de son lui imaginaire à la troisième personne du singulier.
Ne restait qu'un Yasin et un vendeur très discret qui observait en silence, effaré. Le psychologue sortit son téléphone pour prendre en photo les chaises qu'il avait repéré – parce que dans leurs scènes se trouvait un semblant de vérité – avant de se confier à la seule personne qui restait dans les parages. She's such a piece of work, I'm telling ya. Even masochists can't handle her. Nonchalant, il rangea l'appareil dans sa poche, avant d'y enfoncer ses mains. Haussant les épaules, il commença à partir, se demandant bien jusqu'où elle était partie se perdre. But it's okay though. 'Cause I'm a psycho. Yasin fit de son mieux pour adresser un très large sourire forcé au vendeur curieux. L'une des rares phrases absolument vraies.
Il réalisa quelque chose d'aussi stupide que déplacé, et la surprise pu se lire sur ses traits. That would make a great epitaph. It has a good ring to it. Don't you think ? Le vendeur resta muet. Avant de l'oublier, Yasin l'inscrit sur un mémo de son téléphone, avant de finir par rejoindre sa collègue. En espérant qu'elle ne s'était simplement pas enfuie du magasin. Loin, très loin de lui.
Hey, Morticia, I think I've found my epitaph over there. Do you wanna hear it ? Because you are definitively the death of me.

_________________
une vie sans cause est une vie sans effet.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Victoria Walker
the road to hell is paved
with good intentions


⋅ paper notes : 2751
⋅ since : 17/06/2018

click down

MessageSujet: Re: pillow fight (vic)   Dim 6 Jan - 19:03



Tout n’était que jeu ici, après tout. Un jeu sans règles précises, où les deux collègues s’inventaient une vie. Une caricature exagérée de personnages qu’ils ne sont pas au fond. Du moins, espérait-elle. Car si Victoria découvrait un jour que cette prestation, digne d’un oscar, de Yasin était plus qu’un jeu d’acteur, elle se poserait des questions. Pas que cela la concerne, la brune n’était pas sa femme, ou ce rôle qu’elle prétendait sous les yeux des vendeurs surpris. « This dude? He's still your brother, you know. You should show him a little bit more respect than that. ». Tant qu’ils y étaient, autant pousser le vice jusqu’au bout des choses. Autant exploiter au-delà des prémices cette comédie, prestation théâtrale, montée de toute pièce dans une improvisation totale. L’Anglaise, une femme cocue, attirée par la fortune et les belles choses. Shankar, un homme blousé par les tendances chaotiques de cette dite femme. A piece of work. Elle était, tout autant que lui. La psychiatre laissait le jeune homme à ses récits et ses fables qu’il comptait, tandis qu’elle laissait ses pieds la guider dans les lieux. À la recherche, malgré tout, de ce qu’ils sont venus trouver. Des pièces de meuble, capables de redonner un goût et une nouvelle allure au cabinet. Et il y en avait quand même quelques-unes.

Des fauteuils que la Walker imaginait très bien convenir à leur salle d’attente commune. Une table basse qui s’aménagerait parfaitement dans son bureau avec le reste des fournitures qu’elle avait déjà en tête. Des idées, qui s’enchaînaient les unes après les autres, seulement interrompues par Yasin qui la rattrape, pour en rajouter une couche. « Really? What is it? R.I.P, guy who couldn't keep it up long enough? », L'épitaphe, disait-il. Et elle venait de trouver l’épitaphe parfaite, à inscrire sur la pierre tombale de son avenir sexuel ici. Une pensée que Victoria ne tarda pas à partager avec lui, murmurant à son oreille ses prochains mots. « Sorry that was mean. Maybe we should stop, if you want to someday sleep with one the people that work here. », parce qu’après toutes les sottises qu’ils ont raconté, toutes les bêtises qu’ils pourront encore dire, les chances de l’un et l’autre s’éteignait. La brunette ne se sentait pas plus menace que ça, car un lieu pareil serait le dernier endroit où elle chercherait de la compagnie. Elle n’était pas capable d’en dire autant pour son collègue, et se devait de demander son aval avant de procéder.


(outfit)

_________________



    feel the earth move and
    then hear my heart
    burst again

    for this is the end


:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Yasin Shankar


⋅ paper notes : 1365
⋅ since : 25/11/2017

click down

- getaway car.
address: 123, west side.
contact book:
availability: (Open - Logan)

MessageSujet: Re: pillow fight (vic)   Jeu 10 Jan - 17:35

Et pourquoi fallait-il qu'à chaque fois qu'il lançait des perches à sa collègue, il se retrouvait assommé par le train de son imagination ?
C'était sans doute pour cela qu'il l'admirait. Bien sûr, s'ils continuaient comme cela, ils n'allaient rien acheter dans ce magasin, mais au moins, ils auront passé du bon temps. Un temps que personne ne pourrait leur reprendre, des souvenirs qu'ils regarderont des mois plus tard, en se remémorant les visages effarés des employés. Loin d'eux la sagesse imposée par leurs métiers, les voilà devenus acteurs impitoyables, engeance du diable. Un acte des fourberies de Scapin sous des regards médusés, une improvisation si peu subtile que leur auditoire y croyait d'autant plus. Leur scène de ménage – en tous points de vue désastreux – soutenait l'inverse d'un shopping conjugal.

Il ne savait déjà plus trop à combien de révélations ils en étaient, mais il devait avouer qu'elle avait fait fort, avec son histoire d'adultère fraternel. Ce qui, tout aussi imaginaire que cela était, lui portait un coup au moral. Aussi la laissa-t-il partir plus avant dans l'inspection du magasin, se retrouvant seul – avec quelques paires d'yeux spectateurs – avec les chaises du magasin.
Une révélation majeure et dix minutes plus tard, il retrouva, fier, sa collègue et prétendue concubine. Il ne tarda pas à lui exposer son plan, et elle à lui rendre son venin. Garder l'air sérieux était de loin l'épreuve la plus difficile qu'il devait relever. L'humour de Victoria avait beau être vif et acide, Yasin ne pouvait lui donner le crédit de son talent. Um, nooo. Il hocha légèrement la tête en signe de dénégation avant de poursuivre : I was thinking « But it's okay though. 'Cause I'm a psycho. » and it's great because it's working with everything. Même sa phrase stupide. C'était une réponse universelle. Aussi désastreux que cela était. Une clé universelle, une réponse salace au milieu d'un paquet de Cards Against Humanity.

Et aussi désastreux et inattendu que pouvait l'être les paroles suivantes de Victoria, celles-ci étaient … étrangement condescendantes ? Presque aimables. Ce qui étonna presque le psychologue – même s'ils avaient convenu de faire le plein de chaises et non pas de partenaires sexuels, qui sait, peut-être qu'une partie du message s'était perdu en chemin. Il adopta son ton et lui répondit de la même manière, dans un murmure étonné. Oh. I didn't realized you got a new job here ? Congratulations ! Why haven't you told me that earlier ?
Son regard passa de la brune à ce qui les entouraient. Des meubles. Des meubles pas trop moches. Des fauteuils et des tables, des meubles qu'on ne prendrait pas spécialement pour remplir une salle d'attente ou des bureaux d'entreprise … Mais la leur était unique, à leur image.
See something you like here – beside me ? Scrutant un peu plus les objets, il pointa le doigt vers un fauteuil, un qui lui plaisait bien et qui devait coûter un bras. This one ? Cela faisait un moment qu'ils traînaient dans le magasin maintenant, il serait peut-être temps de prendre une ou deux bonnes décisions concernant leur mission principale. Choisir quelques chaises, des fauteuils dépareillés. Des objets biscornus, à son image à lui, et des trucs jolis, à son image à elle.

_________________
une vie sans cause est une vie sans effet.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Victoria Walker
the road to hell is paved
with good intentions


⋅ paper notes : 2751
⋅ since : 17/06/2018

click down

MessageSujet: Re: pillow fight (vic)   Ven 18 Jan - 21:01



L'improvisation. La comédie. Deux aspects obligatoires pour une manipulation réussie. Néanmoins, Victoria n'en usait pas ici pour arriver à ses fins avec qui que ce soit. Elle le faisait par simple plaisir. Divertissement et moyen d'amusement. C'était certes particulier, mais la répartie de son collègue la poussait à aller plus loin. Pour tester la limite de ce dernier dans ce petit jeu, en plus de tester la patience des employés. Pauvres âmes qui n'ont rien demandé à personne en venant travailler ce matin. Rien que pour cela, l'Anglaise ne comptait pas partir d'ici les mains vides. Justice à rétablir. Pour leur avoir imposé cette scène de ménage digne d'un film mélodramatique du dimanche, la moindre des choses pour ce pseudo-couple était d'acheter les meubles qu'ils sont venus voir. « Don't flatter yourself sweetie. Everyone is a psycho. », sur cette douce conclusion, la brunette lui adressa son plus beau sourire avant de s'éloigner.

Ce qui attirait son regard bleuté était un salon. Bien agencé, divan, fauteuil et table basse. Idéal pour son futur bureau. Rien de criard ou trop modernisé, bien au contraire. Un ensemble en somme tout simple, soyeux et chaleureux. De quoi réconforter les futurs patients qui auront le choix ; s'allonger et raviver le cliché, ou s'asseoir tout simplement. Le fil de ses pensées uniquement coupé par la présence de Yasin et les mots que ce dernier ne tarda pas à prononcer. « I didn't know you were this smooth, Shankar. Not bad at all. », le sourire au bout des lèvres. Vicky ne prenait rien au sérieux aujourd'hui. Cette facette du brun lui plaisait bien. Il démontrait à son tour qu'il partageait cette même conviction. « You were right about one thing, by the way. I'm a lot to handle. », qu'elle dit, avant de reprendre un minimum son sérieux.

Après tout, ils avaient un but à remplir ; un choix à faire. Des décisions qui peindront le mur du cabinet et qui les accompagneront pour longtemps. « Not bad. But for my office, I was thinking about this. », l'index pointant vers le salon que l'Anglaise admirait depuis quelques minutes. « I know. It has a "tea time" vibe written all over it, but it's charming. », surtout que le thé, la psychiatre en servait souvent à ses visiteurs.


(outfit)

_________________



    feel the earth move and
    then hear my heart
    burst again

    for this is the end


:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé


click down

MessageSujet: Re: pillow fight (vic)   

Revenir en haut Aller en bas
 
 pillow fight (vic)
Revenir en haut 
 Sujets similaires
-
» Bite fight...
» Davy Back Fight !
» isveig Ϫ and the only solution was to stand and fight.
» Toi, moi, fight ? [ pv ]
» Cho Su Nah + If we're talking body, we fight for life

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
- call it what you want. ::  :: say you'll remember me.-
Sauter vers: