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Edgar Smith

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MessageSujet: the run and go (cecil)   the run and go (cecil) EmptyLun 22 Oct 2018 - 20:05

Des vacances forcées, imposées par le chef du commissariat. Tu travailles trop, Smith. Trop, longtemps, souvent. Une évidence qu’il a refusé d’admettre, une évidence qu’il a ignoré. Une fatigue qui s’est accumulée en même temps que ses erreurs. Qui se sont jointes. Main dans la main, jusqu’au précipice. Il s’y est jeté, les yeux fermés.
Edgar étouffe un bâillement en se passant une main sur le visage. Ce n’est pas ça, son problème – douze heures de vol, dont il ne s’est toujours pas remis. Quatre heures de décalage, quatre heures en moins. Rien d’insurmontable pour ceux qui sont habitués aux voyages mais pour Edgar, c’est une torture qu’il n’a plus subi depuis des années. Il ne regrette pas – pas vraiment. Un coup de tête bien plus qu’une envie, tout bêtement. Il s’est pointé chez Cecil, sans prévenir. Une valise dans une main, deux billets d’avion dans l’autre. Une destination, Rio de Janeiro. Choisie au hasard, choisie sans qu’il ne s’y attarde vraiment. Edgar, il a simplement voulu s’éloigner de Brighton. S’exiler à l’étranger lui a paru, sur l’instant, être une bonne idée. Loin de l’automne, loin des bureaux, loin de ses conneries. Prendre la fuite, en plus de prendre des vacances. Une excuse bancale mais une excuse qui a tenue – à Cecil, c’est tout ce qu’il a dit. À Lockhart, il a laissé un mot, sur son bureau. Un post-it, scotché sur l’écran de son ordinateur. Une requête, en plus d’une position – watch my stuff, I don’t know when I’ll come back. My flat’s yours in the meantime. Qu’elle en ait besoin ou non, Edgar lui a laissé ses clés. Il n’en a pas besoin, de toute façon. Sur un autre continent, il profite des températures printanières. C’est un grand mot. Edgar n’a jamais vraiment apprécié le soleil qui cogne et la chaleur qui fracasse. Pourtant, c’est là qu’il est – à Rio, affalé dans un transat sur la terrasse de sa chambre d’hôtel. Il s’est ruiné dans une paire de billets hors de prix alors il a choisi d’être radin concernant tout le reste. Trois étoiles, l’hôtel. Mais surtout, une chambre, deux lits. Une chambre qu’ils partagent – Cecil et lui. Edgar, Cecil et ses conquêtes qu’il ramasse même ici, à l’autre bout du monde. Ça ne fait qu’une semaine et pourtant, Edgar ne compte déjà plus les soirées qu’il a passé à l’attendre, au bar de l’hôtel. Cecil, en charmante compagnie. Edgar, avec une compagne qui lui tient la jambe depuis trop longtemps, déjà – un verre de whisky.
Une clope au bec, il admire le crépuscule. Il discerne la plage, de loin. Dissimulées derrière d’autres immeubles et d’autres hôtels.
Même une vue idyllique, même une plage étincelante ne suffit pas à le détendre. Même après plus d’une semaine à flâner dans les rues de la ville, une question flotte encore au creux de son esprit. Une interrogation qu’il n’ose pas formuler à voix haute et encore moins à la principale intéressée. Ça ne le concerne plus, de toute façon. Ils en ont fini, elle n’est plus là et lui non plus. Edgar se redresse et avale une gorgée de cachaça. Tous les alcools ont le même goût, sur son palais – tous, sans exception. Il ne fait plus de distinction ; il boit, tout simplement. Il boit, même ici alors qu’il lui suffit d’observer l’horizon pour s’oublier. Un vice qui lui colle à la peau, au-delà des frontières terrestres. Au-delà des frontières de son esprit, de plus en plus loin – c’est là que se dissimule sa raison. Hors de portée.
Dans son dos, la porte de la chambre d’hôtel claque. « I hope you’re bringing diner tonight. It’s not that your booty calls aren’t pretty but I’m paying for this room. » Soupire-t-il du fond de son transat, les yeux clos. Une pause. Une seconde, et une réflexion qui s’ajoute. Une précaution, surtout. « And no, I don’t want to join in, even if you ask nicely. »

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MessageSujet: Re: the run and go (cecil)   the run and go (cecil) EmptyMer 31 Oct 2018 - 0:10

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L'accent brésilien a ses propres sonorités impudiques qui plongent Cecil dans des vapeurs lascives, systématiques, nécessaires. Le soleil tape à Rio, et échauffe les corps et les coeurs. Les gens se complaisent dans une proximité physique qui semble être culturelle, et oublient, l'espace d'un instant, les barrières de la langue, des kilomètres, des cultures et de l'argent. Le lettré, lui, est dans son élément ; il épouse momentanément des gens dont il ne connaît pas le visage, s'accroche à des serments prononcés dans une langue qu'il ne comprend pas, et parfois, se fait la promesse de ne jamais repartir en Angleterre. Le fait est que, contrairement à Edgar, lui ne devrait pas être là. Il a troqué à la dernière minute l'austérité des salles de conférence pour la véhémence des rues de Rio – et il aurait bien pu ne pas le faire. En réalité, si quelqu'un d'autre qu'Edgar (n'importe qui) lui avait proposé ce voyage à l'improviste, il aurait surement refusé. A contre-coeur, surement. Mais le travail, et ce maigre sens des responsabilités qui est probablement la dernière chose qui l'empêche de se jeter du haut d'un immeuble par pur accès de folie icarienne – tout cela l'aurait retenu. Mais Edgar s'était invité chez lui, et il avait senti, presque viscéralement, qu'il ne s'agissait pas d'un simple voyage.
C'était une fuite. Nécessaire. Vitale.
Et Edgar est un être qui se complaît dans l'agonie de façon générale. Mais lorsqu'il s'était pointé chez lui ce soir-là, la disgrâce qui creusait ses cernes et ternissait ses yeux n'était plus seulement habituelle. Alarmante. C'était le mot qui avait clignoté dans l'esprit de Cecil, qui avait crispé ses traits et tordu son estomac. Le laisser partir seul à ce moment-là, aurait relevé de la négligence pure, de l'indifférence la plus totale, et Cecil n'a jamais dépassé les gouffres de la sociopathie. Le choix, il l'avait pas tant eu que ça.
Mais est-ce qu'il regrette ?
Pas tant que ça.
Pas du tout.
Il passe la porte de leur chambre d'hôtel – cette chambre dans laquelle ils cohabitent depuis leur arrivée. Une occasion bien trop belle pour Cecil et ses remarques malséantes (Y'a des moyens plus directs que ça de me dire que tu veux me voir à poil, Edgar). Son visage creusé et ses joues mal rasées sont les signes évidents d'une débauche dans laquelle il se complaît depuis qu'un océan le sépare de ses obligations sociales. C'est la voix d'Edgar qui le fait sortir de son engourdissement libertin, et il sursaute presque lorsque la porte se ferme derrière lui. Il se frotte les yeux – manger, il faut manger.  Enivré par les effluves d'ambroisie et par les sifflets  de la fête, il en oublie systématiquement les contraintes physiologiques auxquelles est soumis son corps. Well, I guess ordering a pizza won't ruin me. If you're lucky enough, you'll even get intoxicated – that way, you can say you actually did something interesting during this trip. Il se laisse tomber sur le siège à côté de lui, s'allume une cigarette. La flamme de son briquet lui brûle momentanément la paume, et pourtant, aucune réaction – toutes ses terminaisons nerveuses sont comme atrophiées par ce déchaînement de couleurs, de sons, de goûts, de textures – par toutes ces choses auxquelles il goûte depuis son arrivée ici. Un orgasme permanent et incessant qui épuise son corps et asphyxie son sang. Cause, with all due respect, Edgar, I can't exactly say that hanging around in a deckchair all the damn time is an out-of-body experience to me. Lentement, il tire sur sa cigarette, et jette un regard à la vue. Ce n'est qu'une excuse, qu'il pense. Il ne profite de rien du tout. Il gagne du temps – parce qu'il ne sait pas si maintenant est le moment pour parler du verre dans la main d'Edgar, pour mentionner son agonie de plus en plus évidente, pour pointer du doigt l'éléphant rose dans la pièce. Au risque de se faire charger par celui-ci. Cecil a beau être un écrivain, il n'est pas doué avec les gens, il n'est pas doué avec ce qu'il faut leur dire. Il est juste bon à trouver ce qu'ils ont envie d'entendre, pas ce dont ils ont besoin. Et au fond, c'est en partie ça qui a construit son amitié avec Edgar.
Mais la situation devient critique. Et son silence le rend complice.
Il ne sait pas s'il peut encore faire l'économie quelques heures, quelques jours, quelques semaines, quelques millénaires. Il ne sait pas ce qu'une personne moralement et socialement saine ferait. Alors il tente la solution de facilité. I'm going to take a wild guess and say this isn't water. D'un mouvement de tête à première vue désintéressé, il désigne le verre d'Edgar. Puis de nouveau, son regard se focalise sur quelque chose d'autre – il ne veut pas juger. Il ne veut pas fixer. Il s'inquiète seulement. Parce qu'au fond, il sait que si Edgar Smith a du se résoudre à fuir à l'autre bout du monde, c''est que l'univers s'est écroulé de manière conséquente. Now tell me, is this, like, you twentieth glass ? Une interrogation. C'est le moyen le plus détourné qu'il a trouvé de présenter le problème. Un papier glissé sur la table. Une proposition. Une main tendue. Une façon de dire, t'es libre d'en faire ce que tu veux. Il veut pas le forcer. C'est un point sur lequel ils sont semblables, Edgar et lui – face à la contrainte, ils se braquent. Idiotement. In other words ; should I worry ?

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MessageSujet: Re: the run and go (cecil)   the run and go (cecil) EmptyLun 5 Nov 2018 - 16:13

Deux définitions opposées du mot vacances qui s’affrontent. Un havre de paix, pour Edgar – loin du bruit et des ennuis. Un monde qui bouillonne, pour Cecil – près du vacarme de la ville et de ses déboires dégoulinants. Edgar, il se satisfait de sa chaise sur le balcon. Il se complaît dans la facilité, en un sens. Mais sortir, c’est risquer que le pire resurgisse à nouveau. Une décadence qu’il assume, lorsque ce ne sont que des mots. Aujourd’hui, il dégringole. Tombé de haut, il a bêtement cru que disparaître, le temps d’une mois ou d’une semaine, suffirait à effacer ses soucis.
Une naïveté antinomique à l’image qu’il renvoie à ceux qui l’entourent. Sûr de lui, toujours. Droit dans ses bottes, imperturbable et indécrottable. Des mensonges qui se sont disséminés entre Brighton et Rio. Il est nu, Edgar – il l’est toujours plus ou moins, sous les yeux scrutateurs de l’auteur. Déformation professionnelle, peut-être. Edgar avale une bouffée de nicotine alors que ses yeux roulent au fond de ses orbites. Il se penche en arrière, les pieds croisés, l’œil perdu contre l’horizon. C’est lui, l’instigateur de cette escapade à l’autre bout du monde. C’est lui qui a traîné Cecil jusqu’à l’aéroport, bagage indispensable pour son voyage. Edgar l’a dédaigné trop longtemps et trop souvent, perdu dans un dédale d’emmerdes qu’il a construit lui-même, brique par brique. Exempt de fondations, l’œuvre s’effondre sous les pieds et au lieu de chercher à s’envoler jusqu’aux confins des cieux, Edgar creuse. Et Cecil l’enfonce un peu plus. Une grimace déforme ses lippes alors qu’il ferme les yeux. Un fil conducteur, entre eux – les histoires qu’Edgar lui narre. Des boutades, parfois. Des moqueries pétries d’ironie qui, même lorsque la vérité les poisse, jamais ne blessent. Aujourd’hui, elles le heurtent plus qu’elles ne devraient. Edgar avale une lampée de son verre et c’est sa langue qui claque. « If it bothers you, get out. I’m not holding you back, door’s wide open. » Lâche-t-il. Ses cordes vocales résonnent au rythme de la violence. Ce n’est pas de la faute de Cecil, pas vraiment. C’est un tout – une accumulation, lente, invisible. Invisible jusqu’à l’explosion. Edgar soupire et se pince l’arête du nez, la tête penchée en avant.
Il n’exige pas son pardon.
À la place, il agite son verre et fixe l’alcool qui tourbillonne. De l’eau, comme si ça pouvait être de l’eau alors que la bouteille traîne encore, à ses pieds. Il les jette, toutes – avant que Cecil les remarque. Un instinct de survie, peut-être. Il cache son vice tout en se dissimulant derrière lui. Une excuse pour ses mots qui blessent, sans qu’il ne s’embarrasse de la formuler. Un mal qui lui ronge la moelle et se faufile au creux de ses veines. Un mal ancien – un verre, au début, lorsque son mariage a commencé à battre de l’aile. Un petit verre qu’il ne refuse jamais. Et puis deux, lorsque le cancer les a séparé. Elle n’a rien vu, Ada. Trop occupée à combattre ses propres démons. Elle a fermé les yeux sur lui, en plus de sa vie. La bouteille a suivi, lorsqu’il l’a finalement enterré – la bouteille, et plus encore. Une suite logique, une évidence contre laquelle il n’a pas cherché à lutter. Un réconfort dans l’ignorance qu’apporte les gueules de bois, régulières. Des migraines qui lui scient l’esprit et qu’il endort d’un cachet. « It’s my first glass, actually. » Répond-il en haussant les épaules. Son troisième verre de la soirée, en vérité. « No. Of course not. » Une double négation qu’il souligne d’un hochement las, d’une tête qui bascule de droite à gauche. Un rythme accentué par l’éthanol qui court avec ses globules rouges – l’excès, jusque dans le sang. Un excès si différent de celui de Cecil. Plus sale, dans un sens. Vicié, plus que vicieux. Dangereux.
« There’s nothing to worry about. I know what I’m doing. » Si seulement. Edgar écrase sa cigarette au fond du cendrier et délit ses jambes engourdies. Mal à l’aise en plus de s’enfermer dans un malaise constant. « We’re on holidays, Cecil. » Edgar se tourne enfin vers lui et son regard croise le sien. « I want to enjoy myself as well. Is that too much to ask? »

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MessageSujet: Re: the run and go (cecil)   the run and go (cecil) EmptyMer 21 Nov 2018 - 20:57

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La mâchoire crispée – parce qu'Edgar est un chien sauvage. Imprévisible et volcanique. Ecorché vif par les aléas de la vie, et lorsque c'est l'alcool qui écume dans ses veines, de nouveau, ses plaies deviennent béantes. Ensanglantées et à vif. Cecil le sait – il le connait depuis bien assez longtemps maintenant pour déchiffrer les irrégularités de son âme et de ses gestes. Il a appris à ne pas poser de question, à le laisser ruiner sa vie – parce qu'Edgar le laisse bien ruiner la sienne, et que c'est dans cet effondrement systématique qu'ils se complaisent tous les deux. Qu'ils fassent une connerie ou bien cent,
quelle importance, au fond ?
Mais Cecil n'est plus sûr de ne pas se sentir coupable. Edgar a été une muse et Edgar a été un spectacle. Des histoires macabres par milliers, et celle de Smith n'est qu'une tragédie de plus qui explose au milieu de l'apocalyptique valse de l'univers. Deuil et déchéance. Deux maux (tellement liés qu'ils en seraient bien frère et soeur) qui errent librement parmi les humains, faisant tourner leur hache écarlate pour trancher des têtes – sans aucun doute, Edgar a été touché, il y a des années de ça. En plein torse, certainement. Protégé par quelque carapace d'indolence et d'innocence sordide, Cecil avait envisagé tout cela de la manière qui arrangeait le plus Edgar ; un drame lointain, peut-être trop beau pour être vrai. Au milieu de cela, pas de pitié, pas de question, pas de regard triste ou de silence gêné. Mais peut-être se fait-il vieux et bon sang,
Il devient difficile d'ignorer l'odeur de pourriture lorsqu'on s'attache.
Il ne sait pas trop ce qu'il fait-là – c'est maladroit, et il se cache derrière cet écran polychrome d'indifférence. L'inquiétude n'est pas son point fort – il ne s'est jamais inquiété que pour lui-même. Et il ne sait pas s'il a envie de se battre, d'insister, jusqu'à ce qu'Edgar cède. C'est prendre le risque de rencontrer un peu trop brutalement les phalanges de l'inspecteur, bien entendu. Mais c'est aussi (et Cecil n'ose pas réellement s'avouer que c'est ça qui le fait hésiter) l'éventualité de l'éloignement. Abîmer leur sympathie mutuelle, entailler un peu ce lien entre eux. I'm happy right where I am, but thanks for the suggestion. Much appreciated. Et son ton cynique de grincer un peu plus alors qu'il coince sa cigarette entre ses lèvres pour ranger son briquet dans sa poche. Il prend une grande inspiration (tout est tellement compliqué) puis expire (tout est tellement incertain). Lui-même se préfère dans le rôle de l'ami flegmatique et irrévérencieux, mais ce n'est certainement pas ce costume là qu'il doit porter actuellement. De toute évidence, Edgar est saoul. Il ne fait pas de commentaire – ça ne le rendrait pas plus sobre, seulement plus énervé. Bien qu'il semble à Cecil que, peu importe la direction qu'il prendra, ce ne sera pas la bonne. Au mieux, il choisira ce qu'il y a de moins pire. You're not enjoying yourself, Edgar. You're killing yourself. Il soupire, parce qu'il n'y a pas de manière plus délicate de le dire. Et malgré tout, Cecil se raccroche au cynisme – parce qu'il n'est pas fait pour jouer les moralisateurs, parce qu'il est mal à l'aise et hésitant sur cette pente là. Et plus que tout, Cecil déteste être incertain. Very slowly, indeed. But still – killing yourself.
Il lui en veut pas. Il lui reproche pas de foutre sa vie en l'air. Tous les hommes qui souffrent un peu trop s'écorchent le corps afin de respirer un tant soit peu. Et les larmes des empereurs déchus remplissent les rivières de l'histoire – seulement, Edgar n'est surement pas assez empereur pour que sa chute ne soit pas vaine. Vaine et silencieuse. Vertige. Don't you dare think I'm feeling sorry for you right now. I don't. This is merely self-preservation. I know who's gonna have to pay the bail if you get locked up – or worse. Prendre de la distance. Ne pas rester trop près des problèmes des autres – et les vieux principes refont surface. Le mur de sarcasme s'élève parce qu'il n'y a que comme ça qu'il est sûr de ne pas y passer.

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MessageSujet: Re: the run and go (cecil)   the run and go (cecil) EmptySam 24 Nov 2018 - 21:59

Il ne sait plus vraiment ce qu’il dit, Edgar. Il n’y fait plus attention. Les mots s’échappent d’eux-mêmes d’entre ses lèvres et résonnent dans le vide. Cerveau éteint, anesthésié. Éthanol qui coule et qui court dans ses veines, emportant avec lui toutes les bonnes choses qui le composent encore. Edgar, ce n’est plus qu’une carcasse évidée par sa propre main, exempt de compassion. Pas pour les autres – son métier s’accroche malgré tout et les effluves de son essence première lui parviennent encore. Un peu. Aider les autres, juste ce qu’il faut. Protéger son prochain, à une bien plus grande échelle que le fait de tout bêtement veiller sur son voisin. Une compassion qui l’a finalement dévoré de l’intérieur et qu’il n’éprouve même plus pour lui-même. Edgar n’en a pas le droit – la faute lui incombe. Les fautes lui incombent. Il se tourne vers Cecil qui renvoie la balle au centre. Il ne compte pas s’en aller et il ne s’en ira pas, quoi qu’il dise.
Edgar soupire une bouffée de fumée au fond de son transat, les yeux clos. C’est toujours mieux que de fixer le vide – l’immensité de Rio, à leurs pieds. Une ville qu’il ne prend même pas le temps de parcourir. Il ne touche pas à son verre non plus, Edgar. Ni même à la bouteille de cachaça, posée sur la table basse qui les sépare. Il en crève d’envie, pourtant – ses tripes le réclame – mais le regard accusateur de Cecil l’en empêche. Sa présence, tout simplement. Ce quelqu’un qui exprime le jugement à voix haute en le dissimulant sous l’inquiétude. Et qui rajoute finalement une couche de misère sur un tableau déjà trop sombre. Edgar rouvre les yeux, croise les pieds et posent ses coudes sur les accoudoirs alors qu’il se penche en avant. Il bouge, simplement pour s’occuper l’esprit. Pour oublier, l’espace d’un instant, la soif qui le ronge depuis plus d’un an.
Tu te tues, Edgar. Un sentence qui l’achève un peu plus. Une sentence qui lui arrache un rire jaune. Pourtant, ses doigts se crispent autour d’une nouvelle cigarette qui se consume à chaque inspiration cancéreuse. « If that’s what you think. » Une sentence qu’il dédaigne finalement dans un roulement d’épaules, l’hilarité encore peinte sur les lippes. Il la dédaigne mais elle s’accroche, pourtant. Elle est là, à l’orée de son esprit – un murmure qu’il ne parvient pas tout à fait à étouffer et qu’il n’arrive pas à chasser. Edgar a envie de lui dire qu’il a tort – qu’il profite simplement, encore une fois, de ses vacances. Mais ces mots-là ont déjà été creux une fois et sont destinés à résonner dans le vain à nouveau. Comme toutes ses conneries, qu’il s’amuse à compter. Ses erreurs, et surtout celle qu’il couronne, au-dessus de toutes les autres – la danseuse. La danseuse, qui tangue autant que lui. Il n’a plus de nouvelles, pas depuis l’annonce. Pas depuis la bombe qu’elle lui a jeté aux pieds, quelques semaines plus tôt.
Edgar avale une bouffée de sa cigarette en se tournant vers Cecil. « Actually, you could say that I already killed a part of myself. » Lâche-t-il, tranquille. Une tranquillité feinte – à l’intérieur, il vacille. « I didn’t do it on my own, though. » Et il espère que c’est le cas. Qu’elle s’en est débarrassée, la danseuse. Il ne développe pas sa pensée plus que ça – il laisse Cecil lire entre les lignes. Edgar s’affale à nouveau dans le transat, la tête penchée en arrière. Les yeux rivés vers l’horizon qu’il discerne à peine entre les gratte-ciels. Une question qui le tourmente, sans raison. Une possibilité qu’il a envisagé, une fraction de seconde. Juste assez pour qu’elle soit toujours là, quelque part. À le hanter. À lui demander, et si les circonstances avaient été différentes ? Une autre époque, un autre lieu, une autre femme. Il soupire, Edgar. Il soupire face à sa propre détresse à l’accent futile. « Don’t worry about it, mate. » Un sourire qui se veut rassurant, cette fois. Qui est grinçant, en vérité. « If anything happens, I won’t call you. »
De toute façon, c’est trop tard – il l’a déjà fait.

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MessageSujet: Re: the run and go (cecil)   the run and go (cecil) EmptyLun 3 Déc 2018 - 23:52

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Ses mots sont lancés dans le vide. Rien à quoi se raccrocher.
C’est une mission de sauvetage foireuse, incertaine, qui va droit au désastre. Edgar est l’assassin et la victime, une duplicité qui semble rendre obsolète toute logique. Des problèmes desquels j’dois m’éloigner, plus ou moins l’excuse qu’il lui a sortie lorsqu’il a débarqué sur le seuil de sa porte, tard dans la nuit (ou tôt le matin). Une fuite vers l’anonymat, vers la destruction partielle, éphémère, de leurs identités. Ca avait naïf que d’y croire – les péchés les ont suivi jusqu’ici. A quoi bon tenter de fuir les furies en s’exilant par-delà les océans ? Le plus grand démon d’Edgar est là, devant lui. Posé sur la table comme sur un piédestal, parce que c’est là qu’on l’a établi, c’est là qu’il restera. La bouteille, transpercée par les rayons sanguins d’un soleil à l’article de la mort – c’est elle, la plus glorieuse de ce tableau. Omnipotente et omniprésente. Un sentiment macabre le saisit à la gorge. La réalisation amère, acrimonieuse, qu’il s’est fait avoir.
Pas par Edgar.
Mais par cet invité silencieux, spectral, qui a toujours été là, dans le fond. Pendant tout ce temps.
Qui se reflétait dans les bouteilles vides qui traînaient innocemment sous l’évier de Smith.
Qui se présentait furtivement à chaque fois qu’il commandait un autre verre, au bar.
Qui transparaissait dans chacune de leurs rencontres.
Et il n’a jamais rien vu. Aveugle, les yeux crevés par ses propres négligences. Jusqu’à aujourd’hui. Là, devant lui (face à lui), il y a quelque chose de tellement plus grand que lui. La réalisation. Puis la peur. Parce qu’il se rend compte que peut-être (et c’est tellement probable), peut-être qu’Edgar ne peut pas être sauvé. Peut-être que son corps, son cœur, son âme – tout est nécrosé. Peut-être que seuls s’agitent les ectoplasmes d’un passé vergeté. Les spectres de résipiscences inexorables qui lui rappellent qu’il est encore en vie – pour le moment. Qui lui donnent l’illusion qu’il est encore en vie.
Ou bien peut-être qu’il peut encore le sauver. Et face à cette possibilité, ce n’est plus de l’inquiétude que ressent Cecil. C’est la peur. Celle qui lui tord l’estomac et précipite ce sentiment d’urgence au bout de ses doigts. D’un coup, tout cela devient trop réel – trop brute. Et l’enfant de grâce qu’est Cecil ne sait pas comment réagir lorsque le tragique de la réalité se présente face à lui. Il ne sait pas quoi faire lorsque l’éventualité de perdre un ami concorde plus avec la réalité qu’avec de sordides mais fantasques idées noires. Il ne sait pas. Et pourtant, l’horloge tourne.
Et pourtant, il ne peut rien faire.
Parce que chaque geste brusque sera vécu comme une agression, chaque nuance d’angoisse sera perçue comme une insulte. Et puis, il y a ces mots, qui le font tiquer. I already killed a part of myself. Il ne bouge plus. Reste muet, l’espace de quelques secondes. Comme si l’explication allait venir à la suite – mais ce n’est pas le cas. Juste le silence, et le vacarme de la ville, à leur pied. L’extase et l’insouciance des rues brésiliennes, seulement dix mètres plus bas, lui paraît remonter à des siècles, à présent. Tout est différent, parce qu’il n’est plus dans l’insouciante et légère fuite de soi-même. Il est dans le ici et maintenant. Brutal. Impitoyable. Et les sous-entendus s’ajoutent à la foule des goules qui empestent l’air. Son regard se pose sur Edgar – son regard ne parvient pas à croiser le sien et ça l’angoisse.
Il ne s’est jamais senti aussi éloigné de lui que maintenant. Et, (puisque les tragédies ne peuvent pas éclater sans un paradoxe ontologique et pompeux), il ne s’est jamais senti aussi proche de lui que maintenant. What the fuck did you do ? Les mots lui échappent dans un murmure, alors qu’il le fixe. Ce n’est même plus moralisateur. Ce n’est même plus une apologie vaine et négligée, une supplication désespérée. C’est une appréhension totale – une appréhension face à la vérité. Peut-être qu’il ne veut pas savoir, mais bon sang, il doit savoir. C’mon man – you gotta tell me. I mean, you can tell me. Et c’est sur le modal qu’il insiste – parce qu’Edgar ne peut se sentir forcé à rien, et Cecil ne peut pas, ne pourra jamais, l’obliger à quoique ce soit. Mais au sein de leur relation, ce n’est pas seulement la morale qui est profanée – c’est aussi la parole qui est libérée (n’est-ce pas ?). You know me – I’m not gonna judge you. I’m in no place to judge you anyway, but -… Come on. If you just keep me hanging on like this, I’m going just going to be worried about it – and you know, anxiety could make me age ten times faster. And none of us wants that. Il tire sur sa cigarette – et ne peut s’empêcher de rire légèrement, presque cyniquement, lorsqu’il entend Edgar reprendre la parole. I won’t call you. Pour qui il le prend ? Il se tourne vers lui, et le fixe un moment en secouant la tête, la cigarette coincée entre les lèvres. Aucune crédibilité, de toute évidence. Yeah, right. Qu’il lui répond, la voix légèrement enrouée. Not like you have a choice, Smith. Nobody else’s stupid enough to make all the damn way to rescue your annoying and ungrateful ass.

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Edgar Smith

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MessageSujet: Re: the run and go (cecil)   the run and go (cecil) EmptyMar 4 Déc 2018 - 20:27

What the fuck did you do.
Ses épaules s’agitent à mesure qu’il recrache son hilarité enfumée. Edgar pourrait lui dire n’importe quoi, à l’instant, et Cecil le goberait sans hésitation. Il pourrait mentir, ou pire – dire la vérité. Et cette pensée-là, au lieu de le rassurer, lui arrache un frison glacé. Elle fait mal, la vérité. Plus qu’elle ne le devrait. Elle le cloue sur place, elle le crucifie sur son transat. Elle lui rappelle que l’image qu’il renvoie aux autres, que son infaillibilité n’est qu’un énième masque qu’il enfile tous les matins. Qui s’effrite, sous l’œil de Cecil. Qui tombe finalement en morceaux, à chacun de ses mots.
Faillible, de la tête au pied. Du coeur à l’âme et de tout l’entrelacs de sentiments qui les relie. Un nœud, plus qu’un fil. Edgar, il se remémore – encore – toutes ses erreurs de parcours. Toutes celles, qui, au lieu d’être professionnelles, sont personnelles. Il trébuche sur chacune d’entre elles, incapable de les discerner. Incapable de les séparer, même s’il essaye. Il ferme les yeux, Edgar. Mais ça ne suffit pas à éviter le regard de Cecil. S’il ne le voit plus, il le sent. Il le sent dans ses tripes et contre ses neurones qui flambent. Parce qu’il a trop bu. Parce qu’il boit toujours trop. On dit que savoir, c’est pouvoir. Dans son cas, l’adage ne s’applique pas. Il le contredit, dans son geste qu’il n’arrive finalement pas à retenir. Dans cette main qui cherche son verre, à tâtons. Dans cet alcool dont il a déjà oublié le nom qui glisse le long de sa gorge. Un petit coin de paradis dans une ville que l’on surnomme déjà l’idylle sur les cartes postales. Pour lui, ce n’en est pas un. Ça n’en sera jamais un. L’idylle s’en est allé, un an et demi plus tôt. L’idylle, il l’a enterré sans pour autant y assister.
Ça tourne, encore, encore et encore. Comme sa tête. Son crâne, en proie à la migraine. Une énième excuse qu’il pourrait jeter là, sur la place. Un échappatoire qui n’attend qu’une chose – d’être utilisé. Mais Edgar, il sait pertinemment que Cecil ne le laissera pas s’échapper aussi facilement. Où irait-il, de toute façon ? Se coucher ? Ils partagent la même chambre. Au rez-de-chaussée, entre le bar et l’accueil ? Il le suivait. Dehors ? Il se perdrait. Il s’oublierait, comme il s’oublie déjà entre deux verres.
Il inspire – une bouffée d’air, cette fois. Il ouvre les yeux, seulement pour les poser sur l’horizon. What did I do. Une question qu’il reformule finalement. Une question qui attend une réponse, comme Cecil le lui remarque, entre les lignes. Il pourrait lui dire – il peut lui dire. Mais il ne le fait pas. Les mots sont bloqués entre sa gorge et sa trachée. Que dire ou plutôt, comment le dire sans que ça ne paraisse n’être simplement qu’une histoire sordide en plus à toutes celles qu’il lui a déjà narré ?
Il ne le jugera pas, dit-il. Comme s’il le pouvait, et c’est exactement ce qu’il précise. Un sourire qui prend la forme d’une grimace autour d’un filtre mâchouillé – a-t-il vraiment besoin de le dire ? Cecil ne peut-il pas, comme tout bon lettré qui se respecte, décortiquer les mots pour en extraire la vérité ? Pour débusquer le blâme – envers lui-même – dissimulé derrière ses intonations ? Il se prépare.
Il s’est préparé tout du long, dans son silence. À parler. À se confier. À laisser, une énième fois, l’alcool dicter ses mots et apaiser ses maux. C’est ridicule, même à ses propres yeux. Edgar, il panse une fracture.
Et, non content de se détruire lui-même, emporte les autres dans son naufrage. Âmes échouées, au pluriel. À croire que ça l’amuse – et ça l’amuse, quelque part. Ça le rassure, aussi. La main tendue, pourtant, il la rejette. Elle s’accroche malgré tout. Cecil s’accroche et Edgar se mord la lèvre, une main sur les yeux. Une autre façon d’éviter son regard perçant.
Le verre qu’il tenait jusque-là retombe à nouveau sur la table basse. Sa cigarette, il l’abandonne dans le cendrier.
Et s’il se lève, c’est sur une paire de jambes vacillantes. Edgar s’accoude sur la rambarde, les épaules voûtés et l’âme courbée. Il ne lui pardonne pas ses insultes parce qu’elles n’ont pas besoin de l’être. Edgar, il les efface d’un roulement d’épaules déséquilibré, les mains suspendues au-dessus du vide. Un vide qui ne le rassure que lorsqu’il l’observe au fond d’une bouteille.
Mais celle qui traîne – elle ne l’est pas encore. « I can’t even stay mad at you. » Soupire-t-il en se tournant vers lui, dos à la ville. Dos à la vie qui bouillonne, plus bas. Il les entend, les fêtards. Il les ignore alors qu’il cherche l’équilibre. « It’s a wonder you’re still there, though. » Une réflexion qu’il médite, une fraction de seconde pour lui – une minute pour les autres. « I’ve made a habit of pushing people away, after all. » Une réflexion qu’il n’ose pas creuser. À la place, il secoue la tête, un pauvre sourire peint sur les lèvres. Le reflet de ce qui a été, jadis, le symbole de la franchise. « I’ll ease your mind, mate. » Un mot qui résonne comme une insulte, sur sa langue. « I’ve fucked a poor girl up. I fucked her too. » L’éthanol s’exprime – mais lui, aussi. Il regrette, Edgar. Pas l’acte en lui-même, mais les conséquences qui l’ont suivi. « She was... she’s part of an investigation I’m working on. And instead of helping her out, I got her pregnant. » Il ricane, Edgar. Il ricane à son propre malheur.
Il se passe une main sur le visage pour en chasser l’hilarité. Pour masquer sa grimace, en vérité. « It’s pathetic when I’m saying it out loud, isn’t it? »
Et cette histoire-là ne mérite même pas qu’on l’écrive.
Edgar, il veut qu’on l’oublie, cette histoire. Il veut que Cecil l’oublie – parce qu’empêtré dans ses malheurs, c’est son amitié qu’il dénigre.
Une énième erreur qu’il rajoute à sa liste. Une erreur qu’il a envie de rayer, à défaut de pouvoir effacer les autres. « Let’s just forget it, alright? Let’s sleep it off. »

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MessageSujet: Re: the run and go (cecil)   the run and go (cecil) EmptyLun 24 Déc 2018 - 17:58

take me to the feeling
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You gotta be the responsible one, now. La réalisation est amère, douloureuse. Effrayante aussi. Et pourtant, elle s’impose. Nécessaire. Acharnée.
Inévitable.
De toute évidence, Cecil, il est habitué aux erreurs de parcours. Il connait déjà un peu moins les remords, les regrets, et toutes les goules qui peuvent ronger le corps et l’âme de n’importe quel homme. C’est un mal étranger qui décime Edgar à petits feux (lui n’est que spectateur, spectateur impuissant ; probablement inconscient). La dernière heure – celle où ses beaux mots ne sont que des galets jetés dans un océan de peine et de chaos, celle où il n’a pour arme, pour bouclier, pour charpie, qu’une sincérité vulnérable, inféconde, qu’il sait à peine manier. Ils se trouvent dans cette dernière heure. Lui, comme Edgar. Et c’est dans cet Eden libertaire qu’est le Brésil que Cecil entraperçoit les succubes qui hantent les ombres de Smith – ces lémures fiévreux qui émergent en discontinu des plaies béantes d’une plaie endeuillée qui n’a jamais vraiment cicatrisé. Et il se rend compte (non sans un certain désarroi)
Qu’ils sont totalement métèques aux siens.
Les pécheurs réunis dans le scandale, qu’ils disent. Parce que chaque vice se vaut, parce que chaque attentat est le frère d’un autre. Parce que c’est tellement rassurant de se dire que tous les maux de l’univers peuvent être rassemblés sous le joug d’une universalité superficielle. Mais non – la calamité est sans doute la chose la plus diverse et la plus mal répartie en ce monde. Et Cecil, il s’en rend compte que maintenant (ce maintenant immobile et sourd, qui semble décroché de toute chronologie extrinsèque, qui semble étranger au vacarme d’en bas, à l’insouciance d’en bas, au bonheur d’en bas). Il se rend compte qu’il a jamais souffert comme Edgar a souffert, qu’il n’a jamais péché comme Edgar a péché, qu’il n’a jamais regardé ces démons dans les yeux. Il se rend compte qu’il s’est imposé face à un malin qui lui est inconnu – et qu’à présent, il ne lui reste plus qu’à prier.
Prier pour arriver à faire quelque chose.
Prier pour ne pas faire partie des dommages collatéraux.
Mais singulièrement (anormalement) il n’a pas peur. Il n’a pas peur pour sa personne et il n’a pas peur du sang qui peut couler. C’est comme une évidence. Le côté sombre de la lune qu’il faut finir par affronter. Une étape (pas vraiment une épreuve, ça n’a jamais été une épreuve pour lui, ça ne le sera jamais) nécessaire. Et c’est peut-être pour ça que lorsque Edgar lui lâche la bombe (la bombe H, la bombe A, y’a pas de métaphore pour ce genre de dégâts), il ne se détourne pas, ne se recule pas. Même s’il lui semble que la température s’est brusquement refroidie (ou réchauffée) (ou les deux), et même s’il a l’impression que le temps s’est écoulé plus lentement, l’espace de quelques secondes, de quelques siècles, peut-être. Il réagit à peine – une main qu’il se passe sur le visage, une longue inspiration qu’il ne relâche pas, une suffocation momentanée, inconsciente, peut-être, qu’il ne cesse de s’infliger que lorsque ses poumons commencent à brûler. It’s not pathetic, Edgar. Inquiétant, peut-être. Il se garde bien de le dire, cependant. Il n’a pas à le juger, ne veut pas le juger. Smith, il veut oublier qu’il dit. Sleep it off.
Cecil, il retient à peine un soupire à mi-chemin entre le rire jaune et l’incrédulité.
De toute évidence, il veut que lui oublie tout cela. Qu’il ferme les yeux sur ce qu’il vient d’entendre et qu’il laisse tomber les décombres d’une vie qui tombe en ruine dans une amnésie volontaire. Il ne sait pas s’il est capable de ça, Cecil, s’il est capable de lui accorder le droit de se foutre en l’air – d’accepter qu’Edgar ne veuille pas de son aide et de faire la sourde oreille, en attendant chaque jour un coup de fil qui lui annoncerait une mauvaise nouvelle (toujours pire que la précédente, une sorte de crescendo sépulcral qui se dirige nécessairement, inévitable vers le mausolée). Peut-être que ce serait une situation plus confortable pour Edgar – mais Cecil n’est pas sûr de pouvoir vivre avec ça. Does it ever work ? I mean – sleeping it off. Or, drinking it off in your case, Smith. Il se lève. Il a l’impression que ses mots ne peuvent pas atteindre Edgar s’il est si loin de lui – qu’ils ricocheront contre ses yeux embrumés et son âme ankylosée, qu’ils se perdront dans le brouillard cotonneux de l’ébriété. Face to face, comme ils disent. You seem to forget a bit to quickly, I’m on your side. Et certainement pas du côté de ce qui est éthique. Cette affirmation, c’est un énième bafoument de ce qui pourraient être considéré comme les mœurs moraux. Il ne les a jamais respectés, pour son propre intérêt – mais c’est sans doute la première fois qu’il les envoie abjure au nom de quelqu’un d’autre. C’est une sensation étrange – un vertige, l’impression mondaine de risquer sa place au paradis (totalement risible, pour un athée comme Cecil) sous couvert de l’affection portée à un autre que soi.
Il ne sait pas s’il aime ce qu’il ressent ou s’il déteste ça – mais le fait est que la situation demeure la même.
I’m not going to judge you, (et d’ailleurs, qui serait-il pour juger ?) But I don’t think you’re doing okay, Edgar. That girl – yeah, that sucks. Must be a real downer, but the thing is – I don’t know her Edgar. I’m not worried about her, I’m worried about you. Et ses yeux aciers qui se plantent dans les siens – il cherche le contact, Cecil, cherche à savoir ce qu’il ressent vraiment, derrière cet écran opaque que la liqueur a dressé entre eux. I get that you feel bad about that whole situation, man. I would too. Il suppose. But it’s time you let go of the guilt, Edgar. About this and about everything. Cecil, il mentionne pas explicitement Ada. Il ne se sent pas légitime – pour prononcer son nom. Pour ramener cette époque de la vie d’Edgar sur le tapis. Mais il n’a pas besoin d’être psychologue pour deviner que tout cela, c’est le big bang de cette apocalypse qu’est devenue la vie de Smith. Suffit de remarquer la distance dans ses yeux lorsqu’il doit se remémorer cette époque, pour une raison x ou y. Suffit de souligner la crispation de ses muscles et les changements soudains de sujet. Tout pour éviter les ectoplasmes d’erreurs désormais marquées au fer rouge dans son histoire. You don’t have to speak to me about it, if you don’t want to. But I’m not letting you chew over stuff you can’t change. Of all the ways to get better, this is obviously the worst. Il se rend compte que maintenant qu’il a encore sa cigarette entre les doigts. Il soupire et tire dessus, alors que son regard se perd par-dessus la balustrade, quelque part entre les immeubles et le ciel sanguinolant. But you and your bad choices, huh…

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MessageSujet: Re: the run and go (cecil)   the run and go (cecil) EmptyVen 25 Jan 2019 - 20:32

« It doesn’t. » Répond-il dans un souffle précipité. L’éthanol brusque la vérité. Elle s’échappe d’entre ses lèvres sans qu’il ne puisse – sans qu’il ne songe à la retenir. Il secoue la tête, Edgar. Son verre suspendu dans le vide, retenu par une main aux doigts parcourus de spasmes irréguliers. Un signe qui ne l’inquiète pas – Edgar, il s’est habitué à ces tremblements-là. Il s’est surtout habitué à la façon dont il les chasse. Ce n’est rien, qu’il se dit. Ce n’est jamais inquiétant. Ce n’est jamais effrayant. C’est moribond mais Edgar, il préfère se dire qu’il ne s’agit que d’un somnifère différent de ceux qu’il avale d’ordinaire. Et face à l’opprobre, face à Cecil, le masque tombe. Les mensonges se délitent, les uns après les autres. Ceux qu’il a construit au fil du temps. Ceux qu’il a consolidé, petit à petit. Ceux qu’il a destiné à lui-même – ceux qui lui ont permis, jusque-là, de tenir droit.
Des artifices par-dessus l’imposteur qui se dit inspecteur. Qui l’a été, au début. Edgar, le bon flic. Celui dénué de reproches. Celui qu’on estime au-delà de ce qu’il coûte vraiment. Méritant au-delà du raisonnable – c’est ainsi qu’on le qualifiait avant. Il n’y a plus d’éloges, maintenant. Seulement un arrêt forcé que son Chef a nommé vacances. Edgar croise les bras pour mieux cacher les doigts tremblants sous les plis de ses coudes. Il se voile la face, à nouveau. Et son verre, il repose sur le bord de la rambarde. En équilibre précaire, à son image. Une bourrasque suffirait à l’envoyer valser. À le faire voler. À le faire s’écraser le bitume. Une pensée qu’il ne partage pas, pourtant – pas tant qu’il y a l’enquête, la danseuse, Cecil. Et c’est qu’il soupire, Edgar. Ça lui fend les lippes. Un souffle irrépressible qui, au lieu de le soulager, le fatigue seulement un peu plus. Tête penchée en arrière, perdue dans l’immensité d’une ville dont il ne connaît ni les coutumes, ni les usages. « Are you? » Le coupe-t-il. Are you on my side? Une question qui n’en est pas vraiment une. C’est une requête qu’Edgar formule. Une injonction dont il connaît déjà la réponse.
Cecil est là, ici, aujourd’hui, ce soir. Il sera encore là demain.
Et cette pensée-là lui arrache un sourire pétri par l’ironie de sa situation. Il l’a rejeté – a essayé de le rejeter et pourtant, c’est l’inverse qu’il demande.
Il se conforte dans son malheur, l’enquête. Il s’enrobe de cette couverture disparate, tissée par le fil de ses erreurs. Il la dresse pour s’expliquer. Il la brandit pour s’excuser. Et s’il rêve de s’en débarrasser, comme son ami le propose – l’ordonne – il n’y arrive plus.
Il ne peut plus. Il suppose qu’il y arriverait, s’il essayait vraiment. S’il se forçait à écouter la raison au lieu de s’assourdir. Mais la logique, elle s’est diluée entre son troisième et son quatrième verre, quelques heures plus tôt. À nouveau, c’est sa tête qu’il secoue. Son regard qu’il évite avant qu’il ne puisse s’y accrocher. Avant qu’il ne l’oblige à parler. C’est trop tard, de toute façon. Et comme il ne se fâche jamais avec lui, Edgar ne l’ignore pas non plus. « I know. » Grogne-t-il entre une paire de lèvres serrées. Un état de fait, tout simplement. Un acquiescement face à l’évidence que le lettré expose. Deux petits mots aussi ridicules à ses oreilles qu’aux siennes, sûrement. « I know I should let it go. » But I can’t. Des mots qu’il tait. Des mots qui refusent de s’échapper, coincé au fond de son larynx alors qu’il se pince l’arête du nez. Ses yeux se ferment. Ça non plus, ça ne suffit pas. Ça ne l’aide pas, au contraire. Ça l’enferme simplement un peu plus longtemps avec lui-même. Un être qu’il méprise, désormais. Qu’il ne comprend plus, en vérité – Edgar, il s’est perdu.
Il a tourné la mauvaise page – dans le mauvais sens, et voilà où il en est.
À l’autre bout du monde.
À l’autre bout d’un livre qu’il a lu à l’envers.
À reculons.
Il soupire à nouveau, Edgar. Un soupir qui scinde l’âme en deux. Son regard se redresse, à l’inverse de ses épaules voûtés. Ramassés. Fatigués. Ses mains se glissent dans les poches de son pantalon pour se les occuper. C’est ça, ou attraper le verre qui vacille au bord du balcon. « What are you suggesting anyway, Cecil? » Demande-t-il en arquant un sourcil. « Turning the page? Forgetting it completely? Finding someone else, perhaps? As if I can. » L’amertume emplit son rire aux relents crispés.
Ils ne se ressemblent pas, ces deux-là. Ils ont navigué sur deux océans différents – l’un, trop changeant pour s’habituer aux remous des vagues. L’autre, trop stable pour s’autoriser le moindre écart sur sa route. Un chemin semé d’embûches qu’il n’a pas pu – n’a pas cherché à éviter. Edgar, il s’est cogné contre chacune d’entre elles.
Un autre rire écartèle sa bouche. Moins guttural, moins brutal. « Are you really pointing out my bad choices? What about yours? They’re not that great either, when they’re not just plain worse. » Qu’il lâche dans un sourire aux coins amusés. Un soupçon de moquerie pour changer de sujet.
Pour mener la conversation.
Edgar, il sait pourtant que ça ne durera pas.
Ça ne l’empêche pas d’essayer, pourtant. De tenter de lui rappeler que lui non plus, n’a rien d’un saint. Qu’au mieux, ils iront en Enfer ensemble, main dans la main.
Comme s’ils n’avaient rien d’autre de mieux à faire.
Comme s’ils n’avaient, au final, un seul choix.
Celui d’obéir à ce que la destiné à écrit pour eux.

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