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 but in all chaos, there is calculation (tara)

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Min-ho Mun

i will never be extinct

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MessageSujet: but in all chaos, there is calculation (tara)   Mer 10 Oct 2018 - 15:22

« I’m sorry, what? » Des sourcils qui s’arquent, des yeux qui s’écarquillent, des lèvres qui se déforment dans un rictus. Une politesse incongrue alors qu’au fond de ses tripes, ça bouillonne. Min-ho croise les bras et s’adosse au fond de sa chaise pliante alors que la journaliste toussote, face à lui. Tranquille – plus que ça. C’est un sourire mesquin qu’elle exhibe, la garce. Presse à scandale écrit en lettres d’or sur le front. Elle ne s’en cache pas et reformule sa question. « You’ve been seen hanging out with a former wrestler and a notorious drug addict. Does that mean you’re doing drugs as well? » Il inspire. Il expire. Il inspire encore alors que ses poings se serrent. Délestée de son plâtre – enfin – sa main n’a pourtant pas encore retrouvé sa souplesse d’antan. Mais ça suffit, aux yeux de la production. C’est des délais qu’ils respectent à peine et un film qu’ils doivent encore boucler. Ils n’ont pas le temps, qu’ils disent. Et pourtant, ils ont le temps d’inviter une journaliste sur les plateaux de tournage et de lui offrir la tête de Min-ho sur un plateau d’argent, entre deux scènes.
Pas de caméras, pas de photos. Un stylo, un carnet et c’est tout. C’est déjà trop. Les lèvres de Min-ho se fendent dans un sourire hilare, à l’aise. Min-ho se penche en avant, appuie son coude sur sa cuisse et pose son menton sur le dos de sa main. Une parodie d’élève modèle. « How is that related to the movie? Please, enlighten me. » Qu’on lui crache dessus et qu’on lui casse du sucre dans le dos ne le dérange pas – au contraire, ça l’amuse. Après vingt ans à traîner ses basques à Los Angeles, il s’est habitué à la concupiscence des pisse-copies, obnubilés d’être les premiers à écrire sur le scandale de l’année. Il s’est habitué aux réflexions racistes et aux remarques xénophobes sur sa trogne, à des années-lumières des standards hollywoodiens. C’est avec les torchons qui s’en gargarisent qu’il essuie sa vaisselle – ils ne valent pas mieux que ça. Qu’on le critique, lui, il s’en fout. Qu’on s’attaque à Shaun, maintenant, et c’est l’Enfer qu’il déchaîne en empruntant les traits de Satan lui-même. Elle se pince les lèvres, la journaliste. Surprise qu’elle n’ait pas obtenu la réaction qu’elle espérait. Pas d’insultes, pas de hurlements, pas de mépris – une marque de fabrique absente, aujourd’hui. Une corde sensible qui ne sonne pas comme elle l’aurait dû mais qui sonne comme elle le doit. Elle se redresse et réajuste son tailleur sous une paire d’yeux glacée. « That’s it. Get up and get out. » C’est l’autorité qui roule sur son palais et s’échappe d’entre ses lèvres. Ce n’est pas Min-ho qui s’adresse à elle, mais le Commandant Wire. C’est le costume qu’il porte encore, sûrement. C’est le sang artificiel qui orne sa mâchoire et les plaies factices. C’est les gants, la veste et l’armure, plus loin, que des fourmis polissent.
Elle s’excuse la journaliste – pas vraiment. Elle fuit, tout simplement.
Min-ho soupire, la tête penchée en arrière. Il se retient de se passer une main lasse sur le visage. Pas qu’il se soucie des maquilleurs. Ça l’ennuierait juste qu’on l’oblige encore à être immobile pendant plus d’une heure, sous les pinceaux et les tubes de silicone. Sur le plateau, on réajuste les fonds verts et on ordonne les figurants. Un temps de pause qui s’étire, une interview écourtée trop vite et une paix de courte durée.
Il n’y a que lui, aujourd’hui. Leo, absente. Seth, aussi. Un bienfait, vraiment. L’ennui, aussi – ils ont emporté avec eux la foudre et les étincelles. Et c’est la rejeton de Cohen qui les ramène. Une poupée gonflable – jolie. Creuse. Une hargne ridicule soulignée par des talons pour s’imaginer sûrement plus grande que ce qu’elle n’est. Ridicule.
Min-ho s’avance pourtant jusqu’à elle, les mains dans les poches. Les yeux qui roulent dans les orbites alors qu’il exhibe la nonchalance dans un sourire narquois. « Are you lost, darling? Or did you give the guard a blowjob to get past him? » Une question qu’il peinturlure d’innocence.
Vingt-cinq ans, peut-être. Sûrement moins – une princesse avec une cuillère d’argent entre les dents et des passe-droits qui débordent de ses poches. Ce n’est pas une self-made woman. C’est une fille à papa.

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Dernière édition par Min-ho Mun le Sam 13 Oct 2018 - 0:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: but in all chaos, there is calculation (tara)   Mer 10 Oct 2018 - 17:38

Ses phalanges tremblent. L’ossature craque sous chaque mouvement approximatif. L’enveloppe de papier file au sol. La nausée lui soulève le coeur. Ses yeux émeraudes ne sont plus que le reflet des désillusions de sa vie. Ses épaules s’affaissent sous le poids des contradictions.  
Le même cliché. Le même corps disloqué. La figure maternelle qui file.
Le même débordement pourpre. Le drame animé sur papier glacé. Le nom d’un bar. Le nom d’un quartier malfamé. Et ce signe. Une appartenance à une communauté. Un gang.
Une nouvelle enveloppe. La longue liste d’une série.
Tara, elle est terrorisée. Le palpitant en alerte. Des mouvements anarchiques et des questionnements qui tournent comme un disque rayé. Elle flippe. Elle angoisse. Sa gorge se serre. Les larmes salées sont refoulées dans un coin de sa tête. Son visage de poupée portant les stigmates d’un jeu malsain. Une partie entamée contre sa volonté avec un inconnu ; un monstre.
Alors elle prend la fuite Tara. Elle parcourt les rues de Brighton où le vent glace son échine. Elle compose plusieurs fois le numéro de Shaun pour mieux se raviser.
Il ne te prendrait pas au sérieux. Parce qu’elle ne fait pas le poids à coté des autres.  Ni de son meilleur ami, ni de son ex. Ni de personne. Persuasion répugnante qu’elle s’inflige comme une lame tranchante sur sa carotide. Idée faussée par des sentiments qui ne cessent d’accroître. Au point que ça la dévore dans une agonie faite de rivalités. Prête à en redemander rien que pour frôler sa peau. Prête à l’attraper rien que pour se lover dans ses bras. Elle est perdue. Et c’est le visage de Seth qui apparaît. Son meilleur ami. Sa moitié. Le pire, le meilleur. Celui en qui elle a une confiance aveugle. Alors c’est vers lui que la blonde doit se tourner.
Pour laisser les confessions délier sa langue.
Pour offrir une réalité nauséabonde sur un plateau doré.
Le myocarde ankylosé. Le sourire ravageur qui disparaît. Son assurance qui n’est qu’un fantôme. Comme ceux qui dansent autour de sa carcasse.
(…) Le bruit de ses talons claque sur le plateau. Les caméramans s’affairent en guidant les figurants. Les faisceaux lumineux se dirigent pour offrir un peu de splendeur à l’instant. Tara, elle s’arrête quelques secondes. Des battements de cil pour réanimer la profondeur de son regard. Celui qui s’arrête sur une femme de coté qui subit les foudres d’un dirigeant. Elle retient ses larmes. Elle ravale ses mots. Et retrouve de sa contenance au moment où un action est crié d’un aboiement rauque.
Une mascarade grotesque qui derrière les paillettes et le pognon ne prend plus.
Une mascarade où les illusions deviennent reines quand la vérité sème le discorde. Et c’est sa silhouette qui sursaute. Une voix masculine qui s’érige et vient l’interpeller. Il lui suffit de se retourner pour reconnaître son interlocuteur. Acteur dépassé. Acteur aux rêves qui s’accrochent, mais pour combien de temps ? Acteur ravagé par le temps qui se croit immortel. Une seule rencontre. Des mots bercés plus haut les uns que les autres. Action — réaction.
Ils se sont nargués. Un duel improvisé au milieu d’une soirée, bon chic, bon genre.
Des ricanements. Des regards austères. Et l’absence. Quand leurs chemins se sont séparés.
La blonde, elle baisse pas les yeux. Elle a pas l’habitude se laisser dompter. Quarantaine bien passée ou pas. Ce n’est pas le charisme qu’il dégage, ni les mots cyniques qui suffisent à la faire reculer. Sa stature, elle est droite. Poitrine bombée dans un t-shirt au message revendicateur. Elle sent chaque battement au creux de sa cage thoracique. Vestiges des peurs inavouées. Vestiges des doutes ancrés à l’échine. Puis y a ce ronronnent. Cet accès de colère qu’il fait naître. Par ses mots, par son regard, par sa manière de lui dire tu n’es qu’une poupée, chérie. Aprioris qu’elle ravale comme une nausée trop intense.
— no thanks, babe. Qu’elle vient souffler d’une voix trop mielleuse, trop fausse. Elle n’a pas perdu pieds face à lui. Malgré les remarques acides, malgré les regards dénaturés d’émotions. Elle a tenu bon. Parce qu’elle est comme ça Tara. Elle ne se laisse plus faire. Elle ronge les autres comme on vient la ronger. Elle dit tout haut ce que ses idées créent. Quand bien même ça cause des ratures entre elle et son père. La femme libérée et le conservateur. Deux salles, deux ambiances.  — i'd rather give a blowjob to my boy friend. he loves so much my lips on his fuckin dick. Les mots sont insolents comme le geste obscène qu’elle crée de ses phalanges. Elle est là, à mimer une putain de pipe avec ses lèvres charnues. Puis y a ce sourire capricieux qui dépeint l’opale de pulpes rosées. Il pique, elle répond. Il cherche ; elle donne.
Animosité offerte sur les dédales d’un plateau de cinéma. Putain.
— actually, i’m searching my star. Elle fait mine de chercher le principal intéressé de ses grands yeux ronds. Puis se focalise sur Min-ho. Elle ricane, s’approche et laisse ses phalanges déraper sur les boutons de sa chemise. Un, deux, trois puis le dernier sur lequel elle tire avec plus de hargne, coupant court à une quelconque distance. Elle lui fait courber l’échine pour narguer le creux de son oreille de ce souffle qui devient combustion. Ce souffle qui se perd sur le fantôme du corps de Shaun. Ce type qui lui a retourné le coeur et l’esprit. Ce type qui disparaît dans la nuit comme une ombre insaisissable. not you. a star i said. Elle se marre Tara. Comme une gamine. Comme une poupée perchée sur ses talons. Puis un mouvement de recul suffit à ce que son dos frappe le mur.
— where is seth ?
La question racle son palais. Son regard s'imprègne du sien.
Et y a ce sourire narquois qui peint ses lèvres. celles qu'elle remue dans une nervosité où se mêlent agacement et tensions.

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MessageSujet: Re: but in all chaos, there is calculation (tara)   Ven 12 Oct 2018 - 23:59

À croire que même lorsque ses co-stars sont absentes, la tranquillité lui est refusée. Une époque révolue depuis vingt ans, déjà. Il a tourné le dos au théâtre et aux pièces vieillottes comme novatrices. Il a tourné le dos à l’inconnu, à moins que ce ne soit l’inverse. Plus précaire, dans un sens. Hollywood, une industrie incertaine où briller rime avec s’embraser. Mais les salaires sont juteux et c’est tout ce qu’il lui importe aujourd’hui. Une lassitude, sûrement – fatigué d’une saga qui s’essouffle comme lui. Un filon que les studios de production ont épuisé depuis trop longtemps, déjà. Une mine d’or dont on espère tirer encore quelques lingots alors qu’il n’y a plus que des pépites ternies par les décennies qui s’étirent. Son Oscar prend la poussière sur une étagère sous la forme d’un presse-livres.
Pourtant, il est là. Là, engoncé dans le costume et dans le rôle pour lequel on se souvient de lui. Un rôle qu’il aurait peut-être pu encore aimer, si on ne l’y avait pas enfermé et jeté la clé. Ça bouillonne parce qu’il a aimé – parce qu’il aime – la science-fiction. Et ça s’embrase finalement parce qu’il vaut mieux que ça. Et quand ce n’est pas les médias qui le lui rappellent, c’est Leo. C’est Seth. C’est les deux, qui s’imaginent être propulsés jusqu’aux étoiles dans une fusée clouée au sol. Pourtant, à Tara, il n’offre qu’un sourire pétri de confiance et de suffisance. C’est une façade impeccable, des épaules qu’il carre en plus de mots mesquins. Elle ne vacille pas, au contraire. Elle réplique, elle enrobe sa politesse d’affection feinte. Plus crasse que Leo, peut-être – ou moins. Pourtant, c’est sa bouche de poupée qui se déforme et c’est un sourire hilare qui s’arrache aux lippes de Min-ho. Une princesse qui perd de son charme, une princesse plus souvent à genoux que les princes qui l’entourent. « I bet he does. That’s what love dolls are for, am I right? » Des mots qui claquent et un rappel de ce qu’elle est. Pourtant, ça le surprend. Il n’aurait jamais cru qu’on puisse s’intéresser à sa cervelle aussi creuse que son t-shirt.
Sans gêne, sans honte. Elle s’avance, défait les boutons de sa chemise alors qu’elle l’oblige à se pencher. Il joue le jeu, Min-ho. Il esquisse un sourire mesquin mais ses mains sont sages, pour l’instant. Crasse, insolente. Mais c’est simplement l’hilarité qu’elle réveille au fond de ses tripes lorsqu’elle se recule enfin. Une hilarité excessive, une main sur le coeur et une larme imaginaire qu’il essuie au bord de l’oeil. Min-ho se reprend déjà, pourtant. Il se rapproche, la coince contre le mur. Sa main, contre sa nuque. Sa main qui remonte jusqu’à sa mâchoire et ses doigts qui l’enlacent. Il l’oblige à plonger son regard dans le sien. Un affront, peut-être. Un affrontement, plutôt. « Careful, doll. I might think you’re interested. We don’t want to upset your hubby, do we? » Mais il s’écarte déjà alors qu’une grimace déforme ses lippes. Les poupées ne l’intéressent pas. Trop conventionnelles, trop fades, trop gonflées, trop fausses. À la place, il arque un sourcil et croise les bras avant de s’appuyer contre le rebord d’une table jonchée d’accessoires. « Is he, now? The movie’s not even out yet. So, what is Seth known for? His good looks? I’m afraid that’s not enough to compensate for his lack of talent. » Des insultes faciles qui s’emmêlent pourtant à une part de vérité. Sauf que Seth, il n’est pas mauvais malgré son inexpérience qui crève les yeux. Bon, pour l’instant. Excellent dans quelques années et ça lui bouffe l’ego rien que d’y songer – une concurrence déloyale. Et puis c’est ses épaules qui roulent. Seth ne fait pas le poids, de toute façon. Il désigne les plateaux d’un hochement de la tête nonchalant sans se départir de son sourire mesquin. Sans la quitter des yeux non plus. Une façon de la déstabiliser. Un moyen de lui rappeler où elle est. Qui dirige, qui s’impose, qui domine. « He’s not here, darling. It may shock you but he’s not the leading role of this movie. I am. » Même si ce rôle-là, il le méprise. Même si ce rôle-là, il lui a valu l’Oscar, vingt ans plus tôt. Au-delà du hasard et de la chance, c’est sa passion qu’il a exhibé sur les grands écrans. Un attrait pour un genre cinématographique et une histoire qui s’est écartée des sentiers battus et des conventions. Qui s’y embourbe aujourd’hui. « I can’t say that I’m surprised, though. Fake kids like you both have a tendency to flock together. » Rajoute-t-il alors qu’il attrape le verre de café qu’une assistante lui tend. Il ne lui jette pas un regard, Min-ho. Il ne s’intéresse pas à la plèbe et encore moins à ceux qui cherchent à gagner ses faveurs. Il n’en a pas à donner, tout simplement.

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MessageSujet: Re: but in all chaos, there is calculation (tara)   Mar 20 Nov 2018 - 14:30

Elle bat des cils, Tara. Regard de biche qui dompte les alentours de cette lueur colérique. Les poings serrés et les phalanges qui cèdent à des craquements intermittents. La simple vision de l’acteur suffit à contracter le creux de son ventre. L’impression d’un combat qui commence au beau milieu des ténèbres. Les lèvres bouffées par l’insolence quand elle vient les remuer tout près de lui. Elle l’observe de cette allure magistrale alors que sa cage thoracique se soulève d’une respiration vive, incontrôlable et pesante.
Un mouvement de recul. Et son dos devient prisonnier du mur. Il paraît glacé et brûlant à la fois. Un contraste édifiant qui amène sa gorge à se serrer. Respiration en demie-teinte qui ne suffit pas à calmer l’acidité qu’il sème de sa nonchalance. Ses phalanges qui gravitent vers sa mâchoire n’arrangent pas la situation. Elle ne bouge pas, se laisse dompter pour lui donner l’illusion d’une maîtrise parfaite de l’instant. Sa grâce transperce ses billes émeraudes à mesure qu’elle autorise sa bouche à se courber. Sourire insolent qui l’oblige à ricaner à ses mots. Une danse de palabres dont elle n’en a strictement rien à foutre. Le contact pressant sur sa nuque l’empêche de bouger. Corps paralysé par le besoin d’avancer, l’audace de se libérer et la volonté de le faire disparaître. Sa main se fond sur son torse quand il choisit de couper court à ces conneries.
Elle le déteste. Une haine viscérale venue lui bouffer les poumons la première fois.
Et les entrailles à présent. Une décharge lancinante galbant son palpitant et lui procurant une douleur réelle. L’impression d’étouffer face à l’ego démesuré de la star. Mais Tara, c’est pas une faible. Elle en a dans le ventre. La tempête au milieu de la glace. Le feu qui s’éprend des flocons enneigés. Métaphore à peine réelle d’un tempérament à l’acidité exacerbée.
— Sorry babe, I’m not interested. Le son de sa voix n’est qu’un écho sarcastique. Sa langue roule à même son palais et claque sur ses dents. Sourire aiguisé et maculé qu’elle dresse comme un trophée face à l’acteur. Un haussement d’épaule devenant une offrande impertinente. Elle ne lui laisse pas le temps de filer que ses doigts s’accrochent à sa chemise. Le tissu épousant la pulpe échaudée alors sur sa tête s’incline sur le coté. Des mèches blondes qui se font la malle et offre un spectacle vaporeux.  — You’re not attractive. Even if, all old cat ladies are probably excited by your dick. L’image dressée de vieilles filles à peine lubriques suffit à amuser la gosse. Elle s’imagine ces gonzesses aux creux des cuisses qui brûlent et désirent tellement plus. Des regards qui se perdent sur des posters sordides à l’effigie de Min-ho. Intention ridicule qui suffit à lui soulever le coeur au moment où se visage se crispe d’une moue dégoutée.
Elle l’écoute, Tara. Comme si son discours l’intéressait. Des paroles teintées d’une animosité envers Seth. C’est bien là que le problème se pose. Elle ne supporte pas de l’entendre causer comme si son meilleur ami ne représentait qu’une belle gueule ; et un moins que rien. Ses dents se pointent dans l’intérieur de la joue. Elle bat la mesure d’un agacement qui n’en finit pas.
Sombre merde se rêve-t-elle à dire d’une voix calme.
Constat qui fait chavirer la blonde dans une rage battante. Telles ses veines qui rompent avec la douceur. Le sang qui lui monte aux tempes et coagule dans chaque pore de son échine.
Par terre d’ivoire qu’elle dévoile en remontant les manches de son veston.
— Is that all you have to answer ? Elle le fixe au loin. Un assistant à la mine désespérée qui essaye d’obtenir toutes les bonnes grâces de l’acteur. Lui qui ne lui adresse qu’un regard inquisiteur à la recherche de la moindre erreur pour faire de sa vie un enfer. La loi de la jungle qui règne en impératrice sur ce plateau. Seth, ce n’est pas qu’une belle gueule. Aussi caractériel soit-il, ce dernier est talentueux. Il s’est battu pour gravir les échelons. Il a été une ancre, une bouée de sauvetage et sans doute le meilleur allié de Tara. Il a connu le pire et le meilleur à la fois aux cotés de la blonde. Des conséquences silencieuses du décès tragique de sa mère, aux remous causées par un père aveuglé. Il a été à l’écoute et présent sans rien demander en retour. Des bras protecteurs dans lesquels elle se perd bien des fois. Et la simple idée de le voir traîner dans la boue de la sorte accentue l’empire colérique qu’elle construit de ses doigts fins. Elle s’avance la gamine. Le bruit de ses talons résonne au milieu du silence pesant. C’est à quelques centimètres de lui qu’elle se stoppe. Ne prenant pas la peine d’un accord réclamé, elle saisit le gobelet de café, humidifie ses lèvres avec et le fait tomber à terre. À quelques mètres des godasses cirées et hors de prix de Min-ho. Quelques gouttes éclaboussants le cuir sombre à l’image de cendres venant se disperser. — Finally, everything about you is so cliché  ; old-time movie star who is jealous of the new famous actor.
Elle ricane.
La mélodie est impétueuse. Désagréable même.
Le rire sonne faux. A l’image de la carapace qu’elle se construit pour ne pas éveiller les soupçons. Le fantôme de sa mère qui rôde depuis des semaines. Ses pensées qui s’égarent une courte de seconde avant de l’emprisonner. Elle a signé à vie pour cette souffrance. Elle le sait. — I don't care about what you're thinking. Believe it or not, he’s really talented.  Il n’a pas besoin de tenter de lui prouver le contraire. Jalousie qui aguiche ses lèvres pincées au moment même où Tara se rapproche un peu plus. —  Are you not afraid to be erase by him ? or maybe Leo ?  I mean forty-seven years old and so many wrinkles. Maybe botox will be a great option. Des rides qu’elle contourne du bout de l’index dans un contact effronté. Elle nomme Seth. Elle nomme Leo. Les deux stars qui entourent le monstre du cinéma qu’il croît être. La descendance. La suite. Le nouveau chapitre qui achèvera le précédent.
Puis ce recul. Cette séparation nommée fossé. Il se creuse et s’éprend de leurs deux silhouettes.
L’atmosphère n’a jamais paru aussi lourde qu’à présent.

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MessageSujet: Re: but in all chaos, there is calculation (tara)   Jeu 6 Déc 2018 - 22:34

Sa mâchoire se crispe dans une grimace. Dans une moue aux contours écœurés, exacerbée par une présence qu’il n’a pas souhaité.
Un mot, un ordre, un claquement de doigts. Tant de façons différentes s’offrent à lui pour faire disparaître la gamine et son sourire défiant. Un sourire qu’il crève d’envie d’effacer définitivement. Une envie qu’il étouffe, malgré lui. Parce qu’ils ne sont pas seuls, Tara et Min-ho. Autour d’eux, le personnel s’agite dans tous les coins. Ils changent les décors, ils discutent, ils pinaillent sur les costumes. Ils les observent aussi, de loin – une distance raisonnable qu’ils s’imposent d’eux-mêmes. Ils craignent les foudres de l’acteur. Ils savent qu’il suffit d’un écart pour que le studio se zèbre d’éclairs et qu’une tempête se déchaîne. Une violence esquissée dans les mots, bien plus que dans les gestes. Ils cognent plus forts mais surtout, ils cognent où il faut. Et si d’ordinaire, on s’écrase face à lui dans des courbettes factices, Tara se redresse. Cherche à l’atteindre, cherche à s’imposer malgré sa petitesse. Des mots crasseux qu’elle lui jette sous la forme d’insultes douteuses. Un écho aux siennes. Mais si dans la bouche de Min-ho, il s’agit d’un langage à part entière, dans celle de Tara, il n’y perçoit qu’une tentative de paraître plus imposante qu’elle ne l’est vraiment. Son cru, trop jeune. Trop impatient, même si elle s’en défend.
Même si elle le repousse, du bout des doigts. Même si elle le dénigre, de quelques mots. Il ne s’en offusque pas, Min-ho. Son sentiment, il le partage. Mais s’il a cherché à la déranger – bien plus qu’à la gêner – tout à l’heure, maintenant que ses ongles s’accrochent à sa chemise, une vague de dégoût l’emporte. Elle gagne, quelque part. Elle prend le dessus, l’espace d’une seconde. Le temps qu’il se dégage de sa prise. Il aurait pu l’ignorer, Min-ho. Il aurait pu lui offrir son dos plutôt que ses mots.
Comme s’il en était capable.
Défier, braver, affronter, annihiler. Des verbes qui lui conviennent. Prendre la fuite n’est pas une option – n’en a jamais été une. Ce n’est pas digne de lui et encore moins du rôle qu’il incarne. De ce personnage qui lui colle à la peau. Typecast. Une sentence qu’il a découvert trop tard. Il s’y est enfermé lui-même à l’instant même où il a abandonné les scènes de théâtre, vingt ans plus tôt. Une erreur – sa seule erreur. Une erreur qui se reproduit pourtant, à intervalles réguliers. Une obligation qui prend la forme d’un contrat auprès du studio de production. La garantie d’une paie gonflée, à chaque sortie. Un pari sûr sur lequel il ne veut plus miser. Min-ho, il cherche désespérément à s’échapper des sentiers battus. À tâter le danger, en plus de l’affronter. Un renouveau qu’on lui refuse. Qu’il se refuse, quelque part.
Un renouveau dont Tara se moque.
Un espoir qu’il garde néanmoins pour lui. Qu’il cache en se parant de ses armes habituelles – un sourire confiant, des épaules détendus. À l’aise. « Jealous? » Répète-t-il.
Il ricane, Min-ho. Comme elle.
Min-ho n’ose pas se dire qu’il l’est. Que la jalousie le bouffe, au fond. Qu’elle le crève en même temps qu’il s’achève. Il vieillit. Ils vieillissent tous – mais pour l’instant, c’est lui qui ride le plus. Qui disparaît, aux yeux des plus jeunes. Qui hante l’esprit des parents de ces derniers – un rappel douloureux d’une page qu’on tourne et du livre qu’on ferme. Il refuse d’y croire. Ou plutôt – il y croit encore. D’autres y arrivent. D’autres subsistent. Mais Min-ho n’en est pas encore arrivé là ; il vit encore. Il bouillonne encore. Tous les Seth du monde, même unis, ne le détrôneront pas. N’y arriveront pas, aussi talentueux soient-ils.
Elle le défend, la gamine. Véhémente jusque dans son regard courroucé. Il ne recule plus. Il ne s’écarte pas non plus, même lorsque son propre café éclabousse sa chaussure. « Why would I be jealous of him? » Demande-t-il. Crache-t-il, plutôt. Un rictus s’esquisse. Min-ho chasse ses mains. Ses doigts qui se baladent et qui cherchent les sillons de l’âge. Il renifle dédaigneusement, lève le menton. Il la toise du haut de son piédestal oscarisé. Une époque révolue, se répète-t-il. Une pensée à laquelle il tourne le dos. Une résolution prise, une décision ferme. « Why would I ever be afraid of them? They’re nothing yet. » La raison s’impose. Une lucidité exacerbée par un adverbe insidieux. La probabilité qu’un jour, Seth et Leo gravissent les marches du succès. « In any case, they’re just walking on a hall of fame I paved before them. » Il s’éloigne, Min-ho. En même temps qu’elle. Emporté par les affres d’un mépris qui le dépasse.
D’une vérité qu’elle l’oblige à s’infliger.
Min-ho soupire, plus ennuyé qu’il ne souhaite l’admettre. Agacé, épuisé, éreinté. D’autres adjectifs qui lui rappellent qu’il se fait vieux. Qu’il dénigre à l’instar de la gamine. On l’appelle, plus loin. On l’attend pour réviser son texte – comme s’il en avait besoin. « Why don’t you just piss off? I’m working, if you haven’t notice. » Mais il ne peut pas s’empêcher de la gifler d’une énième remarque sur ce qu’elle représente. Comme elle le fait avec lui dès qu’elle empoisse l’air qu’il respire. « I apologize. » Foutaises. « I forgot that girls like you can’t comprehend such a simple concept, even if they tried. »
Des filles à papa à la bouche ornée d’or et d’argent. Des filles creuses. Des filles vides. Des filles dont il n’arrive même pas à avoir pitié.

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— stand in the ashes of a trillion dead souls and ask the ghosts if honor matters. the silence is your answer.
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but in all chaos, there is calculation (tara)
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