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 million voices + scott

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( end game )

MessageSujet: million voices + scott   Jeu 4 Oct 2018 - 11:02

La lune perchée dans le ciel. Le crépuscule glissant avec méfiance sur la rue. Des ruelles sombres, tapissées d’ombres et de mélancolie. Puis une lueur au bout de l’allée. Un seul réverbère, éclairant les avenues piétonnes. Je les regardais de haut, du sommet de la tour. Des heures qui se consumaient entre les murs du studio. L’empire, crée sans volonté — sans réellement faire exprès. Parce qu’ils écoutaient ma voix. Ils riaient aux syllabes démesurées et aux ratures griffonnées sur le papier. Une audience de mille. Une audience de rien. Je haussais les épaules en allumant une cigarette. La fumée s’élançait dans le couloir, lapant les parois défraichies et la surface de l’insigne Interdit de fumer. Un insubordination étrange. L’envie de m’évader et de succomber sous les vagues. Les pensées s’enfonçaient dans ma gorge. Des lames aiguisées, tranchant les souvenirs de ces pères imaginaires. Des formes qui s’amenuisaient dans mon cerveau. Des personnalités façonnées à l’effigie de ces héros de comiques. Un aventurier. Un agent secret. Un guerrier ténébreux, occupé ailleurs. A accomplir une destinée merveilleuse. Je l’avais cherché. Je l’avais espéré. Mais il n’était qu’un mirage. Un géniteur disparu, sans nom et sans histoire. Une identité anonyme, précieusement gardée par une mère attristée. Une femme abandonnée au second trimestre de grossesse. Elle m’avait refusé la vérité. Mainte fois, elle avait éclaté en sanglots. Parce que ses sacrifices ne suffisaient pas. Les heures de travail acharnées et toutes l’affection du monde, ne pouvaient combler le vide entre mes cotes. Mon besoin de repère. Mon besoin de quelque chose. J’étais fatigué — épuisé de l’attente. Une existence fade murmurée au bout du mirco. Des blagues et des omissions grotesques, voyageant sur les ondes électriques afin de résonner dans un petit boitier. Je grommelais en dévalant les escaliers. La nuit enveloppait mes yeux. Un dernier voile pour maquiller l’ignominie de mes pensées. Cette rage sourde qui bourdonnait dans mes oreilles. Qui m’empêchait de me rattacher à cette ville. D’être humble et respectueux. Je les emmerdais tous. Même ceux que j’aimais. Même Jill et sa famille. Le mégot brûlait entre mes doigts. J’inspirais les bouffées grises en pinçant les lèvres. Mon regard était figé sur les reliefs du bitume. Je marchais à reculons, les semelles grinçant au bord du trottoir. Ma bécane, souveraine des ténèbres, parfaitement alignée. Puis cette silhouette ocre, inclinée sur le guidon. Des yeux qui transperçaient l’âme. D’une forme et d’un éclat identique. Un visage étranger et familier. L’amalgame et la contradiction qui se matérialisait dans une vision d’horreur. Pendant un instant, j’y croyais bêtement. A lui. A mon père. Etait-ce lui, avec sa chevelure dorée et sa carrure robuste. Etait-il revenu, pour m’emmener, pour me sauver aussi ? Puis les néons tombaient sur ses joues. Et puis j’approchais, plus la déception grandissait. Il était trop jeune — il était trop beau. Ma gorge se serrait alors que j’écrasais mon filtre. « Dude, t’es sur mon chemin. » Une défensive qui s’imposait. La peur au ventre et l’anticipation cruelle. Je redoutais le pire. Parce qu’il était trop tard pour le meilleur. Je sortis mes clés. « T’as l’air crispé comme ça. Si t’as envie de pisser je peux demander te proposer l’arbre juste là. » Sifflai-je en dressant face à lui.
Face à ce regard.
Ces opales.
Cette force muette qui me transcendait.
Me paralysait.

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MessageSujet: Re: million voices + scott   Mar 9 Oct 2018 - 23:39

Il n’y croit pas vraiment – il songe à une blague de mauvais goût, Scott. Une blague douteuse, une blague qui lui ronge les tripes en plus des neurones. Au bord de ses lèvres, des questions. Mais c’est le silence, sa réponse. Il se pince les lèvres, incertain. Est-ce que c’est une bonne idée, d’être là ? Est-ce judicieux, alors que ce type-là ignore tout de son existence ? Comme lui, jusqu’à cette lettre fatidique. Cette bombe qui lui a explosé à la gueule, qui l’a balayé jusqu’aux confins de l’univers. Son monde, il s’est d’abord fissuré lorsqu’il a commencé sa lecture. Il s’est ensuite  brisé en mille morceaux avant de se déliter en fumée lorsqu’elle s’est achevée. Un secret bien plus qu’une blague.
Scott s’avance dans la rue, muette à son image. À croire que même les chats, qui passent pourtant la nuit à feuler sur les rats, savent qu’ils ne doivent pas briser cette soirée. Cet aveu qui se profile, cette vie qu’il s’apprête à emporter avec lui dans un gouffre d’incertitudes. Scott, il a une sœur. Une sœur cadette. Une princesse, en vérité – et lui, c’est son chevalier servant, son protecteur, son Dieu. Ils ne sont plus qu’à deux, aujourd’hui. Ou presque. Ils sont trois mais la cadette, elle l’ignore. Elle n’a pas besoin de connaître la vérité, pas tout de suite. Elle n’a pas besoin de savoir qu’en plus d’un frangin qui dépasse la trentaine, il y en a un autre. Un autre, de vingt-neuf ans, si ses calculs sont exacts. Scott, il ferme surtout sa gueule parce qu’au fond de lui, il craint que ce type-là, il les sépare au lieu de les réunir. C’est un électron libre, une variable dont il n’a appris l’existence qu’une poignée de semaines plus tôt. Ça l’angoisse plus qu’il ne souhaite l’admette et ça l’enrage, aussi. Pourquoi est-ce qu’il a fallu que ça tombe sur lui ? Pourquoi, alors que sa famille a toujours été si soudée ? Sa mère, un roc. Sa mère, emportée trop tôt par sa passion. Scott, il a chialé comme un gosse entre deux sourires meurtris – il s’imagine qu’elle n’a rien regretté et qu’elle ne regrette toujours rien, sa mère.
Et son père, qui les a soutenu dans la tourmente. Un pilier indestructible avec lequel il a surfé, après l’enterrement de Mrs. Swanson. Un hommage, un rappel de la championne. Et qui a disparu si vite, lui aussi. Loin, à l’autre bout du monde. Sur un autre continent. Loin de ses enfants, de tous ses enfants. De ceux qu’ils a assumé comme de celui qu’il a caché. Celui que Scott s’apprête à retrouver, là. Dans une ruelle noircie par des lampadaires brisés, dans une ville qu’il exècre, dans un pays qu’il méprise.  Il frissonne, engoncé dans une veste rougeâtre miteuse. Une vieillerie qu’il affectionne malgré les sourcils arqués qu’elle provoque sur son passage – c’est la veste de Shotaro Kaneda. Un type bien plus couillu que lui.
Les mains dans les poches, ses doigts enroulés autour d’une lettre pliée en quatre. La lettre. L’aveu de la tromperie, l’aveu d’un gosse que son père a abandonné. Loin de son frère, loin de sa sœur, loin de l’amour. Scott, il n’en veut pas à ce type-là. Il en veut à son père.
Et puis, il déboule. Ça s’écrase contre son estomac, un boulet de canon. Inattendu, vif, létal. Mal à l’aise, mal fringué – un gueux, un paysan bien plus habitué à s’occuper des bêtes que des hommes. Ce n’est pas ce à quoi il s’est préparé – pas comme s’il avait vraiment pris le temps de se préparer non plus. Ses mots se fracassent contre ses lèvres. Ses mots refusent de s’en échapper. Il lui ressemble, ce type-là.
Frère d’une autre mère.
Frère tout court.
Les gênes des Swanson qui s’accrochent, s’emmêlent et bouffent ceux des autres – une tignasse blonde, comme lui. Une complexion pâlotte, comme la sienne. Des yeux plus perçants que les siens, plus mauvais que les siens, à l’instant. Scott offre un sourire étincelant malgré lui. Frère. Une évidence qui roule et s’installe tranquillement, une certitude. C’est un vrai sourire qui s’étale, une main qu’il lève pour la poser sur son épaule, comme s’ils se connaissaient déjà depuis toujours. Un geste qu’il ravale, finalement, à quelques centimètres du tissu. Il recule, se balance sur ses pieds. « C’est pas toi qu’a envie de pisser, plutôt ? » Une remarque qu’il lui relance, un sourcil arqué, amusé. Mais le malaise revient lorsqu’il extirpe la lettre de sa poche. C’est une mauvaise nouvelle qu’il apporte. Ce ne sont que des mauvaises nouvelles qu’il ramène. « Lis ça. Et hurle-moi dessus, si ça t’chante. J’suis là pour ça. » Hurle ou frappe, ça m’est égal. T’en crèveras d’envie bien assez vite.

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