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 high on emotions + jazz

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MessageSujet: high on emotions + jazz   Lun 1 Oct 2018 - 16:16

Les pensées se distillaient sur ma peau. Un mélange de sensations amères. Le souvenir d’avant. L’espoir de demain. Un corps chétif, luttant contre les vagues et les giboulées. Les jeux Olympiques. La foule sur les gradins. Mille regards rivés sur le bassin. L’air qui se ramifiait sous l’eau. Les brasses impétueuses puis le contact de la céramique. L’éveil terrifiant — des années à cramer sous les étoiles. A briller plus fort que tous les autres. La sirène chlorée, noyée dans le vice de la coke. Une image fracturée. Une carrière suspendue et l’impression de suffoquer hors de mes éléments. Je me redressais lascivement. Mes jambes se repliaient sur le sable grumeleux. Le temps ne suffisait pas. Les thérapies, non plus. Tous les discours me rappelaient le manque. Ce vide sidéral, se faufilant dans mes veines. Mon souffle s’estompait sur le ressac, porté par la plainte secrète d’une nageuse déchue. Certains jours, je n’y croyais plus. Cette absolution merveilleuse cachée au bout du tunnel. Ces promesses de sobriété, de renouveau et de secondes chances. Les belles paroles et les prismes de lumières. Des couleurs voilées par la noirceur du sang qu’on mélangeait à la drogue. J’étais épuisée d’attendre. De renouer avec la presse et la fédération sportive. Le premier test de dépistage était négatif. Et plus le second approchait, plus l’envie devenait brûlante. La tentation d’un bonheur éphémère. D’une dose salvatrice murmurée du bout des lèvres. Mon coeur se crispait sous les arcs de ma poitrine. Je succombais sous les lueurs du ciel, les épaules affaissées et les yeux fermés — voyageant seulement par l’esprit. Dévalant les marches du podium et les allées tortueuses de la grande piscine olympique. Le doute s’immisçait en moi. Il m’arrachait au monde, me transportait et me laissait à terre. Je relevais la tête et fixais l’horizon. Les passants s’amenuisaient sur les promenades. Des ombres et des ectoplasmes. Des silhouettes perdues, anéanties par les battements frénétiques de mes cils. Je soupirais en longeant le rivage. Mon pouce roulait sur l’écran du téléphone. Les noms se succédaient dans le répertoire. Frères absents et amis oubliés. Un ex perché au bras d’une autre et des visages inconnus, glissant sous la pulpe de mes doigts. Une solitude imperceptible — presque mortelle. Mes mouvements se suspendaient sur l’application messagerie. Un SOS envoyé dans le néant. Des lettres trébuchant les unes sur les autres, jusqu’à atteindre le destinataire final. Jazz Eaton, un nom qu’on associait à mes fautes. Une cousine puis une soeur. Des liens familiaux étranges et une complicité défiant la logique. On s’aimait. On s’adorait. Au delà des cristaux et du rush. Avec et sans l’influence chimique. Le lien se déliait et nous retenait dans une étreinte éternelle. Je pinçais les lèvres et m’installais sur le ponton, attendant impatiemment, guettant ses retours et la douceur de son sourire astral.

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MessageSujet: Re: high on emotions + jazz   Dim 7 Oct 2018 - 19:31

Flic-Floc. La musique de l'eau qui fait remuer le bateau la berce doucement. Entre ça et le film qu'elle regarde, elle serait sur le point de s'endormir au beau milieu de sa journée. Il y aurait bien une deux trois choses à faire dans son bateau pour s'occuper, mais elle n'a ni l'envie de cuisiner, ni celle de faire du ménage ou sa lessive. Elle a encore la tête ailleurs, dans le bleu des Caraïbes. La cervelle pleine d'images et de soleil, qui ne va pas tarder à lui manquer cruellement. Elle a fait ses preuves, cet été, ne s'est pas arrêtée de travailler pendant les deux mois de vacances scolaires, mais elle a encore le fantôme d'un sourire béat collé aux lèvres. Elle ne peut pas s'en empêcher. Ses muscles sont contents d'être moins sollicités, son visage est rayonnant.
Quand son portable vibre, elle ne réfléchit pas longtemps avant de se jeter dessus, ravie de voir le nom de sa cousine s'afficher en grand. Qui disait Halley disait bikini, aussi prit-elle le temps d'en enfiler un avant de partir la rejoindre à pied. Après tout, si elle était sur la plage, c'était le moyen le plus simple pour ne pas la louper. Une veste glissée dans son sac à dos, et là voilà rapidement qui foule le sable, à la recherche d'une crinière brune familière.

Les embruns soufflent sur la côte, n'offrant que peu de répit. Les derniers vacanciers se réfugiaient dans les boutiques de souvenirs. Ils n'ont pas compris que les souvenirs, les vrais, c'est ceux qui restent gravés dans la mémoire, ceux qui reviennent avec l'effluve d'une odeur salée, ceux qui court-circuitent les sens d'un simple toucher. C'est une image, un moment.
Et quand elle pense à Halley, elle ne sait même plus par où commencer. Trop d'images, trop de moments, ne restent que son regard magnétique et son sourire, sa nage gracile et ses rêves devenus cauchemars. Elle le sait, Jazz, comme elle sait qu'ensemble, ses mauvais rêves sont plus simples à oblitérer. Alors quand elle repère sa silhouette de sirène, son pas se fait plus rapide, plus vif, comme animé d'une force nouvelle. Elle fait déjà glisser son sac de ses épaules, et en quelques mouvements souples, fait tomber l'objet au sol et se coule tout contre sa cousine. A ses côtés, assise sur le bout du ponton, sa tête vient se poser au-dessus de sa poitrine et ses bras enserrent sa taille pour ne jamais la laisser partir – glisser, déraper, se briser.
Coucou ! chante-t-elle joyeusement. Il lui en faudrait bien peu pour qu'elle se mette à ronronner de plaisir, dans les bras de la tendre. Tu m'as trop manquée ! Elle force sur ses bras, jusqu'à en faire fêler les côtes de sa cousine, l'empêcher de respirer. Ses lèvres se courbent en un sourire doux, elle pourrait se contenter de ça. D'une poignée de complicité qui fait du baume au cœur. Putain, même les cheveux emmêlés t'es super belle, c'est quoi ton secret ? Les conseils de la nageuse-divinité vénérée et blessée des Dieux capillairement parlant étaient bien plus recherchés que ça en avait l'air, elle en était sûre. Pour leurs retrouvailles, Jazz ne lancerait pas sur la table les sujets compliqués et délicats, si sa cousine ne le faisait pas. C'était son choix d'en parler ou non, et l'obligation de la matelot de le respecter.

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MessageSujet: Re: high on emotions + jazz   Sam 8 Déc 2018 - 12:16

Le sifflement des vagues glissaient sur le rivage. Une senteur d’eau salée, mélangée aux effluves chlorées de la peau. Je vacillais sur les galets pour effleurer le ressac. L’appel de la mer, plus fort que la drogue — plus hypnotisant que le chant des mouettes suspendues sur l’horizon. Mon coeur bercé d’illusions. Les souvenirs fracturés d’un amour oublié. Elle. Lui, les autres. Mille visages qui se distillaient dans la foule. Je soupirais en m’étirant face au vent. L’attente semblait interminable mais l’étreinte de Jazz oblitérait l’espace. Le myocarde engourdi, je m’éveillais dans ses bras. Une meilleure amie. Une cousine. Des liens du sang qui imprégnaient nos âmes et nos yeux. Elle s’avançait avec sa prestance particulière. Une sourire effarouché et des prunelles illuminées par les revers du soleil. La ressemblance était frappante. Entre nos mères. Puis entre nous. Ces silhouettes effilochées qui s’agitaient dans les bras l’une de l’autre. Je riais à ses paroles. Elle savait me flatter. Et à chaque fois, j’abdiquais, enchantée par ses compliments. Mes bras s’élevaient dans le ciel. J’effleurais mes boucles et la fixais avec malice. « Huile de coco, darling. » Un secret murmurée d’une voix lointaine. Parce que l’effet était encore là. Celui de la rupture. Et celui du fix. Le diable s'articulait en moi. Ses pensées hérétiques, devenue symbole de mon hérésie. Les prunelles vagues et la langue pâteuse, j'échappais à ces réalités qui tourbillonnaient. Ils ne voyaient rien, ma famille. Ni la peur, ni l'addiction qui rongeait l'os. Le feu ravageait mes artères gorgées de poisons. Et j'en voulais plus. La prochaine dose était toujours la meilleure. Un cercle vicieux qui me noyait dans le vide. Je me redressais difficilement. Le manque brûlait mes yeux. J'étais prête à tout, à supplier pour la clémence du monde. A me jeter dans la gueule du loup. Les séances de soutien ne faisaient qu'insister sur le mal. Les paroles ravivaient cette envie, presque dévorante de consommer. De s'anesthésier par tous les moyens. Je m'éloignais de Jazz et lui adressais un sourire mutin. Mes cotes vacillaient sous le vent. Je me sentais légère et invisible. Simplement maintenue en équilibre par les ondulations de la mer. « Je suis fatiguée, on se pose ? » M'enquis-je en l'attirant vers le ponton. Nos jambes s'emmêlaient sur le sable. Une danse débonnaire orchestrée par la confusion des sentiments. Je ne savais plus rien de sa vie. A force de cacher mes vices, j'en oubliais les autres. Leurs histoires. Et ces destinées qui enlaçaient la mienne. Je souris en repliant les genoux. « Je suis nulle pas vrai ? J'ai l'impression qu'on s'est pas parlé depuis des années. » Et qu'on vieilli. Qu'on se fane. Jazz, sauve moi.

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MessageSujet: Re: high on emotions + jazz   Hier à 23:57

C'est la musique estivale qui joue dans son coeur. Le remous des vagues qui porte les surfeurs, les courants chauds qui traversent les océans. L'odeur des embruns, la chaleur des plages tropicales. Brighton est son petit coin de paradis trop souvent enseveli sous la pluie, mais lorsque les nuages laissaient passer le soleil, il brillait plus fort qu'un joyau de la Reine. Les soirées sur le bord de mer n'avaient plus lieu, mais Jazz pouvait encore voir les feux sauvages, les mélodies sortant des guitares, l'alcool qui rendait heureux.
Elle a envie d'en profiter encore, avec sa cousine. Elle a envie de prolonger l'été même s'il venait de tirer sa révérence, et plonger sa tête dans la crinière de la nageuse avait le don de la faire voyager. De la faire espérer. Elle aime le son des confessions au creux de son oreille, même s'ils ne sont que conseils capillaires. C'était déjà un début – sur le chemin de leurs retrouvailles, sur le long chemin des choses qu'elles avaient raté. Tortueux, difficile. J'me renseignerai, alors ! Bientôt, l'huile de coco n'aurait plus de secrets pour elle. Ou bien elle piquerait directement à la source, directement dans la salle de bain de la Baxter.

Elle observe sa cousine se relever, avant de perdre son regard entre ses yeux bleu océan, et celui qui s'étendait sous ses pieds. Se laissait distraire par les reflets du soleil entre les vagues, et ceux qui dansaient dans la chevelure de jais d'Halley. Avant que celle-ci n'aille se perdre, ou tomber à la renverse, Jazz se relève pour lui emboîter le pas. Pour sentir le sable sous ses pieds, pour éviter qu'une partie d'elle, une partie de son sang ne soit emporté à la prochaine marée. Pour une danse improvisée avant que la réalité ne revienne. Pour un dernier éclat de rire, avant que la réalité ne vienne planter ses échardes sous leurs peaux.
Pourtant, Jazz ne peut s'empêcher de voir sa cousine n'être que l'ombre d'elle-même, que derrière son sourire, les maux se dessinent. De ceux qui nécessitent des raz-de-marée pour les effacer. Elle se laisse guider, repoussant peut-être l'échéance fatidique. La fin de leurs illusions. Et laisse Halley les tuer en silence.
Jazz n'avait pas le beau rôle, dans leur histoire. Elle était tout autant coupable. Alors elle glisse sa main dans la sienne, avant de lui répondre. J'ai été nulle aussi. Je n'ai même pas … pris de vraies nouvelles, de toi, de ton père … Deux mois loin de tout, et les voilà qui la rattrapaient au galop. Elle hésite à poser les vraies questions, mais quel autre choix a-t-elle ? Je peux te demander comment il va ? Parce qu'Halley, Jasmine le voyait bien au fond de ses prunelles, que tout n'était pas aussi rose que ses lèvres. Que le maquillage ne suffirait pas pour couvrir les mensonges. En outre, la santé de son oncle était plus importante que son récit dans les eaux tropicales, alors elle devait commencer par là. Par enlever les pansements, d'un coup sec. Par enlever les œillères pour confronter la réalité. Main dans la main. Ensemble.

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