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Jillian Walsh

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MessageSujet: we'll still have each other @the walsh.   we'll still have each other @the walsh. EmptyDim 23 Sep 2018 - 19:17

Jillian est fébrile. La silhouette postée dans ce hall d’aéroport. Le regard prostré vers les scènes qui prennent forme. Les familles qui se retrouvent. Les couples qui se séparent. Les sourires effacés par les larmes. Les larmes relayées par des paroles à peine réconfortantes. L’espace d’une seconde, ses paupières se ferment. Et lorsqu’elle ose les rouvrir, les souvenirs font rouler la mécanique. Ses yeux embués par les perles salées. Soren qui passe une main contre son visage. Ses lèvres qui se déposent sur les siennes. Un baiser tendre. Un baiser marquant l’adieu. Un baiser amère. Les pensées noires devenant impératrices. Les doutes se faisant roi. Un énième départ au front. Une énième mission pour laquelle il va risquer sa vie. Une étreinte avec des promesses d’un retour. Les promesses d’un amour qui durera. Jill qui se force à sourire. Jill qui se force à le croire.
Jill qui s’écroule quand il disparaît dans ce long corridor.
Et le coeur qui menace d’exploser de devoir le laisser filer.
C’est comme le chaos qui s’anime. C’est comme l’irréel qui revient happer sa gorge.
Elle veut arrêter de penser au pire. Penser à demain. Penser au mieux.
Son regard se perdant vers le cadrant de sa montre. Les minutes qui semblent des heures. Teddy rentre. Teddy lui a demandé de venir le récupérer. Teddy va sûrement la détester comme Layton. Et c’est une douleur lancinante qui se loge entre ses côtes rien qu’à cette idée. Parce qu’il est comme une seconde peau. Il est comme ancré au détour de cette relation forte. Ça a toujours été le cas. Ils ont toujours été proches. Ils ont toujours été ce duo de l’inséparable. Et l’idée que tout foute le camp à présent suffit à dégommer le palpitant de l’avocat.
Ne me considère pas comme un monstre, Teddy. Pas toi. Pas après tout ça. 
L’aveu brisée qui se bloque au fond de la gorge alors que le fantôme de leurs messages revient planer. Il en veut à Rhys. Il a sans doute l’amertume collée à l’âme de son départ, de son absence et ses agissements. Mais ils se sont appréciés. Comme des frères. Comme des amis. Et ça ne peut pas disparaître sous un tas de cendres.
Et lorsqu’il apparaît au loin, la blonde ne peut réprimer ce sourire. Le corps tremblant. Les mains crispées par l’angoisse. Mais c’est sans réfléchir qu’elle presse le pas à son encontre. Oubliant les mots cruels qu’il a balancé sous l’effet de la colère. Oubliant sa fuite sans une once d’explication. Oubliant la douleur que tout cela a causé. Elle se hisse sur la pointe des pieds et se love dans ses bras. Les yeux clos. Le palpitant tambourinant à même le sien.
La sensation d’un apaisement presque immédiat.
La sensation que dans ses bras, le monde est plus calme.
La sensation que l’enfer appartient au passé.
Puis elle se recule et ouvre son sac en tendant plusieurs objets à son frère.  
— Tiens ! Un collier de fleurs, une noix de coco et de la crème solaire. Hawaï vient à toi, même à Brighton. Comme ça tu as plus aucune raison de partir.
Un sourire complice étire la forme charnue de ses pulpes. Elle hausse les épaules avec malice et l’observe. Elle n’a pas compris son départ précipité. Ni même les erreurs qu’il a pu faire. Il a laissé sa soeur démunie de toute explication. Sans compter sur Clara qui a autant souffert. Une fuite. Une décision irréfléchie qui lui rappelle celle de Rhys.
Et les reproches qui fusent envers ce dernier. Comme un écho à ses propres erreurs.
— Tu m’as manqué.
Sa voix devient une supplication. Un aveu teinté de tristesse. Un aveu brisé par la peine. Elle a peur de la suite. Elle se doute qu’il a dû discuter avec Layton. Elle se doute qu’il va aussi la blâmer pour tout ce qui peut se passer actuel avec le surfeur. Et la simple idée d’une confrontation avec lui vient entacher le bonheur de le retrouver.
Elle veut discuter avec lui. Elle a besoin de lui expliquer. Elle a cette sensation qu’avec un peu d’espoir, il pourra comprendre. Du moins tenter de le faire.
— Ne pars plus s’il te plaît.
Pas sans moi, pas en me laissant orpheline de tes bras, en me laissant orpheline de ton soutien.
Et ce sont ses bras qui se referment autour de sa taille.
Et c’est sa tête qui repose le long de son buste.
Et se sont ses lèvres qui se font mutines.

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MessageSujet: Re: we'll still have each other @the walsh.   we'll still have each other @the walsh. EmptyDim 14 Oct 2018 - 21:00

Un mois loin du reste du monde, à collecter ses fragments fracassés au fond d'un océan trop clair ou d'un cocktail exotique. Un mois pour fuir et s'inventer une nouvelle existence, sur les latitudes chaleureuses d'un autre pays. Il a encore le soleil sous la peau et le goût du sel au bord des lèvres, l'horloge calquée sur les aiguilles d'une pendule hawaïenne – malgré ces vingt-six heures de vols et d'escales pour rejoindre le vieux continent. Une Angleterre toujours aussi morose, où les problèmes s'agglutinent derrière les portes automatisées de l'aéroport. Il n'est pas prêt, Teddy ; pas prêt à retrouver tout ça, les sourires factices et les mauvaises habitudes. Pourtant, il est là, le regard creusé par la fatigue, les cheveux ébouriffés par quelques heures à chercher le sommeil sur les fauteuils de l'avion. Des minutes s'étendant à l'infini, les paupières closes, mais l'esprit jamais vraiment au repos. Il y a trop de choses dans cette caboche blonde, des informations qui se bousculent et s'additionnent ; le genre d'informations qu'il pouvait gérer en s'enfonçant une seringue dans le pied, avant. Mais ça c'est fini, pas vrai Teddy ?
Il a envie d'y croire et de ne pas y penser. Alors il avance, de son pas lourd et maladroit, traîne sa valise et ses peines derrière lui. Il la cherche du regard au milieu du hall, puis un grand sourire se découpe dans ses joues. Il l'attrape et la serre contre lui. S’enivre des sensations perdues, essuyées par la distance et quelques sms écœurants lâchés sur les ondes. Des mots qu'il n'aurait jamais pu lui dire en face. Des mots qu'il regrette presque aujourd'hui – mais l'amertume est toujours là, calquée quelque part dans ses sourires. Il n'a rien oublié ; ni Rhys, ni les ratures qu'elle s'évertue à tracer sur son chemin. Il n'a juste pas le cœur à ça pour l'instant.
Il préfère rire, Teddy, car il sait que ça ne durera pas longtemps. Il se laisse couler dans l'instant et les yeux pétillants de sa cadette. Récupère le collier de fleurs qu'il lui met autour du cou. « Tu m'as aussi manqué, Jill. » Un aveux soufflé au bord d'un sourire maladroit. Il a le cœur en vrac, Walsh et il a peur. Peur des questions qui vont s'aligner sur les lippes de sa cadette, peur des réponses qu'il va devoir donner. Il s'est promis d'être honnête, une résolution tardive qu'il a peur de tenir. Ses bras s'enroulent à nouveau autour de sa taille et il cale sa tête contre la sienne, sent son cœur qui chavire contre le sien. « Promis. » Un murmure perdu et ses yeux qui se ferment. Il n'a pas besoin d'autre chose que de ça. Sa présence rassurante et une étreinte chaleureuse, qu'il ne méritera sans doute plus, quand elle connaîtra toute la vérité.
Un baiser planté sur son front et cinq de ses doigts qui s'égarent entre les mèches blondes. Il se recule et lui offre un énième sourire, le regard pétillant et l'âme défaillante. « Allez, rentrons à la maison. » Il accroche son bras du sien et l'entraîne vers la sortie. Il a presque peur de franchir le pas de la porte, Teddy. De retrouver sa vie – ou plutôt les morceaux – et de devoir tout recomposer, avec des pièces qui ne s'imbriquent plus vraiment. Il lui laisse le volant et s'échoue sur le siège passager, s'amuse de quelques remarques sans profondeur histoire de combler le silence, le vide. Parler pour ne rien dire. Parler pour oublier l'essentiel. La route s'ouvre devant eux et il se pince les lèvres. « Alors ? Je pense que j'ai loupé quelques épisodes. » Rhys. Un nom, un appel à la haine. Il n'en revient toujours pas, Teddy, et oui, il lui en veut. À lui, à elle. Il hausse les épaules et le regard accroche le goudron et les lignes qui se chevauchent jusqu'à Brighton. Il regarde par la fenêtre. Essaye d'oublier tout ce qui se bouscule dans son esprit. Deux histoires qui se confondent. Celle de sa sœur. La sienne. Des destins croisés qui se lient et se nouent.
Le silence s'étire dans l'habitacle et les syllabes lui rongent les lèvres. Il ne réfléchit pas plus, Teddy. Il laisse les mots déborder. « Elle est enceinte. » Trois mots qui renversent un monde. Il ne l'avait jamais dit à voix haute et tout à coup, tout devient tellement plus réel.
Je suis perdu, si tu savais. Aide-moi, Jill.

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MessageSujet: Re: we'll still have each other @the walsh.   we'll still have each other @the walsh. EmptyMar 20 Nov 2018 - 21:14

Alors ? Je pense que j’ai loupé quelques épisodes.
Les mots s’extirpent de la bouche de Teddy avec une amertume non dissimulée. Un écho aux échanges passés. Vifs et féroces. Difficiles et pesants. Le coeur lourd de Jillian. La nécessité des aveux. Des mots qui n’ont crée que le chaos au détour de messages. La rancoeur devenant trop vive. L’aîné incapable de maîtriser ses propos. Le reflet désabusé de cette scène passée. Le corps devenant un poids inerte dans la baignoire. Les comprimés qui ont dévalé le long de sa trachée pour retrouver la paix. Ses battements cardiaques devenant évasifs. Et inexistants.
Les bras de Teddy venant l’extirper de l’eau. Ses supplications. Ses prières balancées au pied de ce lit. Une chambre maculée à peine bercée par le son des machines. Un respirateur en guise de lien avec la vie. À coté, le désarroi de ceux qui restent. Il n’a pas digéré. Il n’a pas oublié. Une colère encore marquée au creux de tous les pores de sa peau.
Le prénom de Rhys résonnant comme un refrain macabre. Sa fuite. Sa lâcheté. Et tout ce que Teddy a fini par ancrer dans sa mémoire.
Les souvenirs écarlates de bonheur ont disparu au profit du pire. Jillian impuissante face à tout ça. Elle n’a pas voulu lui mentir. Encore moins cachée l’inévitable vérité. Elle n’a pas pu l’oublier. Elle n’a pas pu passer à autre chose et faire comme si de rien n’était en le voyant. Sa silhouette aimantée à la sienne ; son coeur superposé au sien. Une relation chaotique et pourtant si forte. Le souvenir pesant de Soren sur sa conscience. Elle ne regrettait rien. Ni le baiser, ni la suite. Encore moins d’avoir ouvert son palpitant à l’intéressé. Peut-être avait-elle compris à quel point la vie pouvait se terminer en une fraction de seconde. Une perte encore vive et béante. Le décès tragique de son fiancé. Le départ anonyme de Rhys. Les idées qui se chamboulent. Les souvenirs qui remontent.
Ce baiser. Ces paroles.
Son retour. Sa présence. Ses poumons galvanisés d’une énergie retrouvée.
Elle s’en voulait. Parce qu’elle savait qu’aimer cet homme reviendrait à faire souffrir ses frères. Comme Layton avec leur dispute. Comme Teddy une fois que tout s’extirperait de cette bouche rosée. Je peux pas vivre sans lui, Teddy, même si ça te tue. Même si ça finira par me tuer moi-même. Ses pulpes se pincent ; prêtes à cracher l’inavouable. Mais son regard roule sous l’effet de la surprise au moment où son aîné reprend la parole. Les mots fusent. Les lettres dansent et s’alignent. Les idées tournent à l’envers alors que Jillian se stoppe net. La semelle de ces chaussures dérape à même le goudron. Son myocarde se contracte, ratant la mesure durant quelques secondes. Le vent se dresse et rythme le tempo de la scène qui déploie ses ailes. Enceinte. Le mot capte toute son attention. Elle fait face à son frère et dépose son bras contre le sien. L’étreinte de ses phalanges fait rougir son échine. D’abord vif puis doux, le contact se veut à la fois rassurant et fraternel. Elle est certaine d’avoir manqué un épisode. Plus même. Une relation compliquée avec Clara. Un départ inopiné. Des sentiments incapables à exprimer autrement que par la fuite et une absence douloureuse. Tel frère ; telle soeur. Complexité de l’esprit quand il s’agit de se mettre à nue et d’oser laisser libre court aux émotions. Un palpitant noirci par la mort de Soren et bouleversé par le retour de Rhys. Deux poids, deux mesures, qu’elle a fini par ne plus pouvoir contrôler.
Teddy aussi en choisissant l’option d’un aller simple pour Hawaii, il y a un mois. Putain de nécrose sentimentale.
— Enceinte ? Comme…enceinte ? L’interrogation s’éprend de surprise. Le son de sa voix traduit son trouble. Elle n’imaginait pas un tel aveu. Encore moins après tout ça. Et pourtant les faits sont là. Le regard de Teddy devient le refuge de ses doutes, de sa douleur. Quoiqu’il en dise ; quoiqu’il en fasse. Pudeur déguisée depuis leurs retrouvailles. Carapace qui ne prend pas avec l’avocate. Cette dernière se rapproche un peu plus de lui et pose sa main contre sa joue. Un contact vivifiant, rassurant, l’obligeant à redresser le regard. Leurs prunelles se croisent, se toisent à l’unisson. — J’imagine que sauter de joie pour cette nouvelle n’est pas de mise. Encore moins quand tu rentres après un mois sans vu Clara. Jillian n’est pas dupe. Elle se doute de la manière dont son frère a appris la grossesse. Un instant qui a fait basculer son existence. La liberté de ses choix conjuguant avec les doutes maintenant que Clara attendait leur enfant. Elle ne connaissait pas grand chose de leur histoire. Encore moins si les deux avaient imaginé cette possibilité. Les questions se précipitent. Elles cognent au creux de sa boîte crânienne et disséminent ses incertitudes.
Aucune parole ne semble suffisante pour l’aider à y voir clair.
Aucune parole ne pourra lui permettre de panser ses blessures tant qu’il n’aura pas eu une explication Clara. Elle le sait.
— Comment tu te sens Teddy ? Dis-moi. Je vais pas te juger. Encore moins te blâmer. Tu sais que je serais là pour toi. Quoiqu’il se passe. Quoique vous décidiez. Une décision commune pour l’avenir de cet enfant. Les pensées s’égarant quelques secondes vers son propre désir de maternité parfois. Désir avorté en ayant perdu Soren. Désir instable en ayant retrouvé Rhys. Mais à cette seconde précise, sa seule certitude est qu’elle n’abandonnera pas Teddy. Parce qu’ils ont fonctionné comme ça depuis toujours. Les deux ont toujours su s’épauler dans les pires et les mauvais moments.
Envers et contre tous. Ça ne changera pas.

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MessageSujet: Re: we'll still have each other @the walsh.   we'll still have each other @the walsh. EmptyMar 27 Nov 2018 - 23:06

Deux vies en miroir, des conseils qui sonnent parfois comme des ordres. Sa bouche n'a jamais été aussi autoritaire que devant les relations désastreuses de Jillian – cette relation désastreuse, en réalité. Rhys. L'enfant recueilli, l'adolescent désapprouvé, l'adulte renié. Il l'a tant aimé, Teddy. En ami et puis un peu en frère. Il lui a laissé un bout de sa famille et puis sa sœur. Il s'était dit un peu naïvement que ça ne pouvait que fonctionner. Et le monde s'est délité sous leurs pieds, avant tout ; les bons moments, les doux souvenirs et ce lien presque fraternel, noué entre deux cœurs ébranlés par le glissement de Jillian vers la tombe. Il se rappelle parfaitement de sa dernière rencontre avec l'autre, ce pauvre type. Des langues acérées transpirant un venin des plus terribles, entre sable et galets. Il se souvient du goût du sang et de la colère. Une amertume presque sucrée, devenue trop habituelle, à son contact. Il soupire en silence, Teddy. Car il désapprouve. Il soupire en silence, oui. Car il ne vaut pas mieux.
Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Les rouages dans la boîte crânienne, encore encrassés par le sable hawaïen. Ça ne l'empêche pas de voir l'évidence. Il a fait à Clara ce que Rhys a fait à sa sœur ; et c'est bien ça le pire. De devoir l'admettre. L'accepter. Le reconnaître. C'est sans doute pour cela qu'il ne dit trop rien à Jillian. Qu'il laisse filer les sentiments et les hauts de cœur. Il n'a pas envie de se répéter – pas envie qu'elle lui renvoie la réalité à la face. Un châtiment qu'il mériterait sans doute, pourtant. Il se pince les lèvres et de mord la langue. S'oublie dans les bruits de la ville, après un ultime aveux. Enceinte, oui Jillian, enceinte. Son regard se fige sur la route et sa main se resserre sur son sac. Enceinte. La main contre sa joue le ferait presque sursauter. Il visse ses prunelles écorchées dans les siennes. « Tu pourrais. Ça veut dire que tu vas être tante. » Il en rit pour ne pas en pleurer. Laisse son cœur déborder de ses lèvres, pour oublier les larmes qui se cachent sous ses paupières. Il hausse les épaules et confond son regard avec le sien à nouveau. Déglutit difficilement sa nervosité. « Elle me déteste. Elle refuse de me répondre, de me parler. Je ne sais même pas si elle en veut, de cet enfant. » Et curieusement, il ne remet pas ses propres volontés en question, Teddy. Malgré la petite apocalypse qui se joue actuellement dans sa vie, lui, il n'en doute pas. Il en veut, de cet enfant.
Il secoue la tête. Il ne sait même pas pourquoi est-ce qu'il lui dit tout ça, elle qui a déjà tant à gérer, elle qui a déjà tant donné, sentimentalement parlant. Assez pour une vie et peut-être même plus. Elle est courageuse. Bien plus que lui. Il récupère son masque et son grand sourire, plante un baiser sur son front. « Je vais bien, ça se voit non ? » Avec son teint ensoleillé, sa bonne mine des contrées lointaines, tout juste altérée par des heures d'avion. Il prend la question à la légère pour ne pas avoir à lui développer tout ce qui ne va pas, depuis trop longtemps maintenant. Les doutes, la drogue, les excès, les caprices. Clara et tout le mal qu'il a pu lui faire – qui sont autant de pièces dont la blonde manque pour poser un véritable jugement. « Je sais que je ne l'ai pas fait de la bonne manière. Mais j'en avais besoin. Et je sais que tu peux le comprendre, toi. » Il s'appuie sur ce qu'elle a vécu, même quand ce n'est en rien comparable, juste pour se rassurer, égoïstement. Il a besoin qu'on l'approuve au lieu de le réprimer. Qu'on le comprenne, plutôt qu'on le mette face à ses erreurs. Il ne demande que son soutien, Teddy, même quand il est en tort. Il l'embarque dans la tourmente, pour ne pas être seul face aux conséquences. Il a besoin de son appui, même quand c'est mal.
La route défile sous ses yeux. Londres est belle, mais Brighton lui manque, soudainement. Ses rues colorées et familières. Les échoppes et de leur enfance et les souvenirs qui se sont coincés entre les briques des bâtiments. Un soupir coule de ses lèvres et il la regarde à nouveau. « Assez parlé de moi. » Qu'il lâche, secouant la tête. Sa langue claque et il se redresse dans le fauteuil de la voiture. Cherche à se grandir, comme pour prendre ce rôle de l'aîné, poste déserté depuis un mois qu'il proclame de nouveau, sans lui demander son avis. « Tu vas continuer à esquiver la conversation sur Rhys longtemps ? » Il y revient. Car tout le reste lui semble si secondaire, sur l'instant. C'est sans doute un tort – un autre, un de plus sur une liste déjà trop longue. Il la détaille, le sourire en coin, incertain. « T'es pas enceinte, j'ai pas de raison de m'énerver. Alors dis-moi, qu'est-ce qui se passe ? » Il préfère prendre ça à la rigolade, mais dans le fond, ça n'a rien de drôle. C'est juste un moyen de se rassurer, mais dans le fond, il sait que ça pourrait arriver – ça lui arrive bien à lui. Et quand le jour viendra, il n'aura pas son mot à dire. Il ne pourra que faire comme elle. La soutenir.

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MessageSujet: Re: we'll still have each other @the walsh.   we'll still have each other @the walsh. EmptyJeu 29 Nov 2018 - 18:06

Un départ qui fait écho à un autre. Un chapitre qui se calque telle une répétition désastreuse. Des valises égarées où les émotions se tortillent. Des sentiments qui grondent et deviennent un étau autour du palpitant.
Il y a eu Rhys. Un baiser teinté par les gouttes de pluie. Le contraste encore glaçant sur sa peau. Les frissons et les doutes. Le désir et la peur. Les paroles balbutiées ; les excuses dérisoires. L’espoir anéanti par le silence. Un départ, une décision. Des mois d’interrogations. Les réponses comme grandes absentes. La rancune lui tranchant la respiration. La colère au creux du ventre. Et pourtant. Il y a eu Teddy. Décision prise à la hâte. Des ombres au tableau que Jill regrette de ne pas connaître. Une fuite. Un exil. Une nécessité. Comme celui qu’il déteste maintenant. Des regrets sans doute. Un retour aux conséquences lourdes de sens.
Le calque qui s’évapore et les traits affaissés par la lassitude, les craintes. Le frère et la soeur qui se connaissent par coeur. Chacun épousant la douleur de l’autre. Tu souffres, je souffre. Tu tombes, je tombe. Refrain répété depuis le départ ; malgré les incompréhensions et la colère parfois. Des tensions qui s’évaporent à chaque fois. Alors Jill, elle l’écoute. Oreille attentive qui récupère les parcelles douloureuses. Regard brillant accueillant le sien. Puis cette fuite. Iris fixées sur la route comme pour éveiller sa pudeur. La blonde qui lâche un soupire en l’écoutant. Clara, elle peut que la comprendre. Parce qu’elle a été à sa place. Elle a été de l’autre coté du miroir. La carcasse cabossée. Le palpitant contracté tant la douleur fût vive.  Et rien de ce qu’il pourra dire ne permettra d’effacer cette peine. Ce coup de poignard dans les côtes. Elle le sait. C’est sans doute pour ça qu’elle se contente d’hausser les épaules lorsqu’il parle. Sans doute pour ça que Teddy sait que Jill ne pourra que comprendre l’étendu des dégâts. Un regard pourtant compatissant croise le sien. Elle n’est pas là pour cracher son incompréhension, sa colère ou ses questions. Elle est là pour le soutenir et l’aider à y voir clair. Aussi difficile que ce soit. Aussi éreintant que ça paraisse. La blonde se retourne vers lui, posant une main contre son bras. Contact fait de douceur ; elle se veut rassurante, comme à chaque fois. Même si tout le fout le camp, même si tout se complique. — Elle a besoin de digérer, Ted. Tu t’es barré. Elle est restée. Cette différence  brouille ses véritables sentiments. Mais, Clara est une fille censée. Elle prendra la bonne décision. Pour elle et pour vous. Et tu seras à ses côtés. Elle ne mâche pas ses mots. Elle met en évidence ses erreurs, les conséquences et la suite du processus. Elle est passée par toutes les phases Jill. Comme celles d’un deuil inachevé. Le déni, la colère, la négociation, la dépression et enfin l’acceptation. Une acceptation en demie-teinte. Parce qu’elle repense encore trop aux raisons qui ont poussé Rhys à se tirer. Qu’elle voudrait saisir ce qui tourne pas rond chez lui. Qu’elle voudrait l’entendre se confier et lui démontrer que la confiance est de mise entre eux. Échec cuisant à chaque fois. Échec cuisant qui éreinte son palpitant. Moral en berne ; doutes au creux de sa cage thoracique.
Elle étouffe, Jill. Et se doute que Clara aussi.
Action calquée l’une à l’autre. Miroir entre les deux hommes. Et ce poids à endurer pour celles qui ont fait le choix de rester. Un soupire filtre. Le silence revient au galop. L’avocate roule des yeux en entendant son frère reprendre la parole. Question fatidique. Sujet sensible. Les roses d’une épine qui se plantent sous sa peau. Des pétales qui chutent et emportent les souvenirs qui ont flambé. Elle esquisse un sourire gêné à sa remarque, ses épaules s’haussant avec lassitude. Leur dernière conversation concernant Rhys a semé le chaos chez Jillian. Des mots acides balancés par Teddy. Des images passées pour illustrer le pire. Une rancune, une amertume et un tas d’émotions venues se mélanger. Assez pour que le frère et la soeur ne dansent plus sur la même corde. Mais la bonde ne veut pas lui mentir ; encore moins lui cacher la réalité. Aussi sordide soit-elle après tout ce qui a pu se passer. Alors elle se retourne vers lui, le regard fuyant et les joues rosées de peur. La peur de se faire engueuler, la peur d’une dispute, la peur d’endurer des paroles haineuses comme avec Layton. Dispute qui remonte à la surface et cause le trouble.
— J’ai essayé. J’ai vraiment cru qu’en le revoyant, tout aurait changé. Ma souffrance n’a pas suffit. Je l’aime, malgré toutes les zones d’ombres. Pourtant, ça aurait été tellement plus simple. Le détester, l’éloigner de son existence, couper court à toute souffrance. C’est ce qu’elle aurait aimé faire la blonde au lieu de s’imposer tout ça. Mais elle n’y arrive pas. Rhys compte trop. À tord ou à raison, son coeur n’a sans doute jamais cessé de lui appartenir. Même s’il est venu le piétiner de son ignorance. Une relation pansement, un amour malgré tout sincère mais pas suffisant pour effacer le souvenir du surfeur. Personne ne comprend sa décision, sauf sa meilleure amie. Et elle sait que tout ça va causer la colère de Teddy, pourtant, elle continue.  — Je prends le risque de souffrir et de me prendre un mur, mais ça fait quinze ans bientôt. Quinze années à l’aimer en silence. Je veux pas passer à coté de ce qu’on pourrait être. Des années à mettre sous silence ses sentiments. Des années à espérer qu’il ouvrirait les yeux et l’aimerait aussi. Son retour qui a sonné comme une lame entre les côtes. Les disputes, les incompréhensions. Ces baisers, ce corps à corps. Cette relation débutante avec la crainte que les étoiles chutent du ciel. Aucun retour en arrière possible. Parce que Jill ne veut plus reculer ; elle ne veut plus abandonner. — Toi aussi, tu vas me détester maintenant ? Les yeux s’engorgent de larmes douloureuses. La question fait l’effet d’un poignard. Parce que c’est l’impression qu’elle a, Jill. Que Layton doit la détester pour ses choix, que son père en fera autant et que Teddy se liguera aux autres. Simple idée qui lui tord l’estomac.
Ne me laisse pas, ted, pas toi.

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MessageSujet: Re: we'll still have each other @the walsh.   we'll still have each other @the walsh. EmptyDim 30 Déc 2018 - 16:00

Clara, sensée. Deux mots qui entrent en collision, sans se coordonner pour autant. Elle l'est sans doute oui – en tout cas plus que lui. Mais elle est tout aussi folle, tout aussi irrationnelle, tout aussi rêveuse. Un patchwork s'amour et d'actes manqués, de non-dits et de sourires solaires. Il prend ses paroles comme une évidence. Se rassure à l'idée que Jill ait raison. Un jour, ils trouveront le bon cap et ils seront à deux pour prendre la mer. Main dans la main, les doigts mêlés sur la barre, qu'importe l'intensité de la tempête qui se présentera. Des vagues de dix mètres pour faire chavirer les cœurs et des erreurs de longitudes. Autant de ratures qu'ils rattraperont à deux, pour faire tenir le navire. Il a envie d'y croire, Teddy. Envie de réussir. De voir au-delà de ses failles et des pas de côté. De l'addiction et des impulsions chimiques. Il veut être comme eux, comme ces parents qui les ont toujours chéri et entouré ; ces parents qui les ont vu trébucher plus d'une fois. Layton devenu veuf, Jill au fond de sa baignoire et Teddy au bord d'un gouffre de molécules corrosives. Une génération nécrosée par la tragédie. Des sourires effacés par les larmes. Des cœurs entamés par l'erreur humaine.
Rhys.
Un nom posé sur la cicatrice de Jillian. Quatre lettre qui empoisonnent et crament les lippes de Theodore. Rhys. L'ami de l'un, l'amant de l'autre. Un fantôme se délitant sur un horizon incertain, abandonnant la blonde à ses fantômes – à ses pilules. Entendre ce nom lui tord les tripes et le prononcer, c'est pire encore. C'est se souvenir de ces moments terribles, de cette baignoire et de toutes les larmes qui s'y sont diluées. C'est se rappeler de ce qui aurait pu se passer, s'il n'était pas arrivé à temps ; un autre enterrement, celui de l'innocence, et le sien, au passage. Sans doute que Teddy, il n'y aurait pas survécu. Il aurait abandonné à son tour, en s'enfonçant une dernière aiguille dans les veines. Raté jusqu'au bout. Les pensées négatives se fracassent comme des mauvaises ondes dans sa tête encore pleine de soleil. Les images d'Hawaii se dissolvent au profit de la grisaille anglaise. Cette conversation, ils ne veulent pas l'avoir, pourtant, il l'impose.
Tu ne l'aimes pas.
Une évidence qui roule en silence sur ses lippes. Quelque chose qu'il ne prononcera pas, car ce serait comme l'assassiner un peu à son tour, et il se doute que Layton est déjà passé par-là. Puis, il en a marre de lutter, Teddy. De nager seul contre le courant, alors que c'est tellement plus simple de se laisser emporter. Jillian en est la preuve ; elle a décidé de se laisser emporter par les flots et pour l'instant, les rivages semblent chaleureux. Mais en bout de route, tôt ou tard, ce sera la chute. Une cascade inévitable vers les profondeurs, et sans doute que cette fois, elle ne s'en relèvera pas. Il hausse les épaules Teddy. « Tu sais ce qui est bien pour toi, non ? » I trust you. Pour une fois Ted, il accepte de laisser la main au hasard. De lui laisser sa chance, à elle. Une confiance aveugle, alors qu'ils marchent au bord du précipice. Un sourire écorché tisse ses lèvres et son regard se veut bienveillant. Une main qui cherche une de ses siennes, un silence qui s'installe pour poser un cadre chaleureux. Puis à nouveau, il rompt tout de ses mots. « Te détester, c'est impossible. » Il secoue la tête et un demi-rire perle de ses lèvres. « Et Layton ne te déteste pas non plus. Il a peur pour toi, c'est tout. » Sa silhouette se rapproche de la sienne. Un petit coup d'épaule un peu maladroit, pour lui rappeler qu'il est et sera toujours là, pour elle. « Les frères sont un peu comme ça, tu sais. Maladroits et crétins. On réagit au quart de tour parce qu'on s'inquiète. Tu peux pas lutter contre ça, Jill. Alors oui, on s'exprime mal – je m'exprime mal. Tu sais bien que je n'ai jamais été bon pour ça. » Un nouvel éclat de rire et il secoue la tête. Il a toujours eu du mal Teddy, avec les mots. Trop franc ou trop scientifique. Tantôt terre à terre, et puis franchement rêveur. Incapable de contenir ses sentiments, à les laisser déborder de ses sourires, dans quelques proses malhabiles. « Je t'aime, Jill. Et lui, je ne le porte pas trop dans mon cœur. Mais si c'est ce que tu veux. » Ses prunelles contournent les traits de la blonde. Cherchent les éclats de bonheur que cet autre a cristallisés ici et là, sur les courbes et les reliefs. « Je veux juste que tu sois heureuse. » Enfin. Pour une fois depuis trop longtemps. Depuis Soren, et même bien avant, sans doute. Il veut l'entendre rire comme autrefois et voir la joie saturer son regard délavé de larmes. Il veut retrouver sa sœur, et jamais, ne plus jamais, la perdre. Alors, il ne lui parlera pas de cette bataille dans le sable. De ces ecchymoses qui ont fleuri sous son derme et des mots terribles qui ont claqué dans le vent avec Rhys. Il ne lui parlera pas de tout ce qui s'est passé pendant qu'elle était à l'hôpital. De leurs échanges houleux et des idées terribles qui ont traversé son esprit. Il l'accompagnera seulement, tout au long du chemin.
Il sera là, car c'est tout ce qu'il a à lui offrir. Être son appui et son refuge.
Être une famille, être son frère.

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Jillian Walsh

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MessageSujet: Re: we'll still have each other @the walsh.   we'll still have each other @the walsh. EmptyMar 15 Jan 2019 - 13:06

La mine écarlate. Le coeur brouillon. Les émotions qui ressurgissent trop vite. Perte de contrôle depuis des semaines. Les souvenirs pour peser sur sa conscience.
Les souvenirs pour décharner l’ossature de ses épaules. Le visage de Soren qui revient. Fantôme encore trop ancré. Fantôme accroché à l’échine sans une once de répit. Le diamant maudit contourné trop souvent du bout des doigts. Le diamant maudit observé trop de fois en se demandant ce qu’aurait été sa vie. L’écho de cette annonce. Le salon bondé de monde. Les familles réunies sous l’opale de l’amour. We’re engaged. L’éclat de rire du fiancé, la main levée de la fiancée. Gage d’amour exposé sous les yeux émus. Quand les siens cherchaient une seule silhouette dans la foule. La gorge nouée. La gorge envahie par des angoisses exacerbées. Les boucles blondes pour transgresser l’échine quand elle l’a vu. Assis dans un coin de la pièce, verre entre les mains, regard noir de colère, regard noir de déception. Un signe de la tête pour conjurer tout ce qu’il éprouvait. Tout ce qu’il n’a pas été foutu de souffler.
Mots bercés d’un baiser pour exiger la fuite, l’abandon. Mots bercés d’un baiser qui avait tout remis en cause. Engagement souillé par tout ce qu’elle éprouvait loin des regards curieux, loin des bras protecteurs de son compagnon. Pour lui. Pour le souvenir de cet enfant qui a balancé un beau matin sa balle dans le jardin. Pour ce sourire versé en le récupérant. Pour l’adolescent possessif et instable. Pour les non-dits. Pour les yeux bénis de larmes lors des disputes. Pour les peaux qui se frôlaient à la recherche de tellement plus. Pour les lèvres mutines sur le pas de cette porte. Les carcasses souillées par la pluie. Les carcasses entachées par l’amertume.
Elle avait eu mal à en crever, Jillian. De ne rien répondre. De faire un choix qui broyait chaque couche du myocarde. D’abandonner des songes vieux de quinze années au détriment d’un futur plus certain, moins anarchique. Une vie rangée avec un gars aimant. Une vie rangée avec un homme stable et prêt à lui offrir le monde. Des sentiments sertis de diamants quand il riait au creux de son oreille. Des promesses infinies soupirées entre deux gémissements quand les corps s’embrasaient. Elle regrette, la blonde. Elle regrette de pas avoir eu plus de temps. Elle regrette de pas avoir été assez forte pour empêcher le drame. Elle regrette de ne pas avoir été à la hauteur de son amour à lui. Des doutes en plein coeur maintenant que l’enfer s’ouvre sous ses pieds. Un choix. Un besoin.
Elle s’est refaite la scène des centaines de fois. Énième dispute dans ce restaurant. Débauche courante dans les chiottes. Lèvres pour se condamner. Lèvres pour devenir un paradis sur terre. Contre-courant des baisers, contre-courant des caresses. Elle a vibré Jill. Elle a vibré comme à aucun autre moment de sa vie. Foutue encore une fois. Tombée raide pour son regard. Tombée raide pour son myocarde qui danse sur des brasiers.
Mais face à Teddy, elle perd pieds. Peur de le décevoir. Peur de lire de la colère dans son regard. Peur que leur lien inexplicable s’effrite. Comme tout le reste. Comme le chaos qui a claqué dans cette salle de bain glaciale des mois auparavant. Écho des mains liées contre sa poitrine. Un, deux, trois. Un, deux, trois. Jillian, réveilles toi ! Tu as pas le droit putain. Lassitude de la vie au profit des comprimés. Ils semblaient si doux sous le palais. Ils semblaient lui offrir l’accalmie nécessaire. Regrets d’avoir fait endurer ça à sa famille. Regrets que Teddy ai été le spectateur numéro un de cette envie d’en finir. Les mots qui résonnent. Les mots qui font mal. Corde sensible encore trop vive. Elle l’écoute, l’avocate. Tête inclinée vers lui là où les prunelles brillent de plein de fouet. — Je prends sûrement un risque en lui donnant une chance, mais je peux pas faire autrement, Teddy. Ça aurait pu être simple de passer à autre chose. Des ratures sur une histoire impossible pour l’envoyer valser plus loin. Oublier Rhys et se reconstruire sans sa présence. Oublier Rhys et se construire sans les maux. Elle aurait pu le faire, Jill. Pour se protéger. Pour protéger Teddy. Mais tout fonctionne à l’envers. Tout fonctionne au milieu d’un chemin trop sinueux. — Je suis désolée, tu sais. Je te l’ai jamais dis. Mais je suis désolée de t’avoir fais subir tout ça. Je suis désolée d’avoir voulu mourir en t’imposant mon choix. Première fois que l’aveu franchi les lippes. Première fois qu’elle ose évoquer ainsi son envie de disparaître. Son envie d’en finir. Son envie de quitter ce putain d’univers. L’émotion palpable au creux de ses prunelles. — J’ai besoin de toi, Teddy. J’arrêterai jamais d’avoir besoin de toi.
Sa main qui se déporte vers celle de son frère. Vers celle de son ancre. Cette moitié d’un lien que rien ne peut détruire. — Et crois-moi, tu feras un père génial.
Et elle en est convaincue. Bonheur qui va pointer son nez. Éclats de voix pour sceller la promesse d’une famille naissante. Elle esquisse un sourirent coin, Jill.
— Allez, rentrons à la maison.  Chez nous, pour recommencer à zéro, chez nous, pour être heureux, Teddy. L’étreinte des phalanges sur celles de son aîné.
Le regard perdu vers la route qui défile. Le regard perdu vers le futur qui s’offre.
Les doutes enveloppant le myocarde.
L’espoir suspendu au bout des doigts. Ceux qui ne lâchent pas les siens.
Jamais.

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oublier ces heures qui tuaient parfois à coups de pourquoi le cœur du bonheur.


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