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 ghosts of today (jazz)

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MessageSujet: ghosts of today (jazz)   Sam 15 Sep - 16:12


sun may shine, sun may shine
just right now it won't rise
@jazz eaton

Luvian ne dormait pas. L'aube comme compagne de toujours lorsque l'homme, lui, émergeait des bras de Morphée pour errer dans les méandres d'un semi-sommeil. Ses insomnies s'étaient pourtant espacées, ces derniers temps. Il fallait croire que le lugubre anniversaire qui avait eu lieu en juillet dernier avait suffi à ressasser chez le Ramirez tout ce qu'il avait pu profondément enterrer en lui. C'était ainsi. Les choses que l'on cherche soigneusement à éviter ou oublier finissent toujours par nous rattraper, un jour ou l'autre. Trop de spécialistes avaient répété à Luvian que l'on ne peut faire disparaître un événement traumatisant en un claquement de doigts. On apprend à vivre avec. Pourtant, vivre n'était pas vraiment le mot qui correspondait le mieux à la situation de l'ancien garde-côtes. Survivre était plus adéquat. Il ne se passait véritablement pas un jour sans qu'il ne pense à cette nuit-là. Sans qu'il ne se sente couler, entraîné vers le fond chaque fois qu'il s'allongeait dans ce lit de glace. Les insomnies l'avaient alors tenu à l'écart du plumard, et même s'il était finalement revenu vers celui-ci, il n'était pas rare que ses paupières s'ouvrent d'elles-mêmes, au beau milieu de la nuit, avec le sentiment de pouvoir courir un marathon.

Courir. C'était la seule chose qui avait motivé Ramirez à se lever. Comater des heures ne lui servirait à rien, il ne se rendormirait pas avant ce soir. Peut-être. Sûrement. Le pas lourd et l'esprit embrumé, le brun s'était extirpé de sous l'épaisse couette pour prendre la direction de la salle de bain. Il avait été immédiatement rejoint par une petite forme, sombre dans la pénombre, traînant lui aussi la patte. Chuck, tentant tant bien que mal de prouver à son maître qu'il était plus réveillé que lui. Luvian s'accroupit et déposa un baiser entre les deux yeux du chiot tout en lui grattouillant derrière les oreilles. Un coup de langue râpeuse lui effleura le nez. Luvian se redressa et reprit son chemin vers la salle de bain. Il ouvrit le robinet et s'aspergea le visage d'eau froide. Chuck, derrière lui, lui léchait les chevilles, en quête d'affection. Ce que Luvian ne pouvait évidemment pas lui refuser. Il souleva son chien et le cala contre son épaule, à la façon d'un nouveau-né. Retournant dans son immense chambre, il s'attarda un instant sur le pas de la porte. Les affaires de Salma se trouvaient toujours là, à leur place. Il n'avait touché à rien, Luvian. Il n'en avait pas eu la force. Il déposa Chuck, puis attrapa un vieux t-shirt sans manches ainsi qu'un short, puis ses chaussures de course. L'instant d'après, il refermait la porte d'entrée, son iPod et ses écouteurs à la main, après avoir fait face aux yeux larmoyants de son chien. Il avait besoin d'être seul, Luvian. Au moins le temps de cette course.

Le soleil se levait à peine et rares étaient les habitants de Brighton à être déjà dehors. Luvian, tout en courant, se perdit totalement dans ses pensées, bercé par la musique qu'il écoutait. Brighton avait beau être étendue, le Ramirez avait l'impression de la connaître par cœur. Courir, comme il l'avait espéré, lui faisait un bien fou. Il prit, sans réellement sans rendre compte, la direction du bord de mer, sourd aux rumeurs diffuses de la ville et plus encore au bruit des vagues venant s'échouer sur la plage. Lorsque son regard se posa toutefois sur l'horizon et la plage, au loin, Luvian s'arrêta et détourna les yeux. Il prit une profonde inspiration. Puis une deuxième. Une main sur la poitrine, surveillant les battements confus de son palpitant, il pensait aux recommandations de sa psychiatre, et à la formule qu'elle avait employée la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Combattre le mal par le mal. S'il n'avait rien dit, une partie de lui approuvait pourtant cette idée. Mais une autre, traumatisée, ne voulait pas en entendre parler. Décidant de se faire violence, Luvian reprit sa course, le soleil dans les yeux. S'il se dirigeait vers la plage et sa promenade, il s'efforçait cependant de ne pas regarder la mer. Il plissait les yeux face au soleil très vif en cette matinée lorsqu'il percuta quelqu'un par maladresse et surtout manque de visibilité. Ne s'y attendant pas, il fut légèrement déséquilibré mais se rattrapa de justesse à un lampadaire. Il retira précipitamment ses écouteurs. « Je suis vraiment dés... » Les mots, prononcés par réflexe, se figèrent sur ses lèvres lorsqu'il reconnut le visage si familier de Jazz Eaton. Luvian, un peu hébété de la retrouver en ville alors que cela faisait des mois qu'il ne l'avait pas vue, mit quelques secondes avant de sortir de son mutisme. « Jazz, hey, ça fait longtemps... tu vas bien ? » Il ne pouvait s'empêcher de penser à Logan lorsqu'il voyait la jeune femme, qu'il connaissait depuis qu'elle était adolescente. Qui avait aussi travaillé avec lui, à la Marina... qui y travaillait sans doute toujours, peut-être. Plutôt gêné sans réellement savoir pourquoi, Luvian ajouta : « Logan m'a dit que tu étais partie en croisière, si je me souviens bien ? » Il savait déjà qu'il faudra aborder le sujet de la Marina, et c'était sans doute ce qui le mettait dans un tel état de nervosité.

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Dernière édition par Luvian Ramirez le Jeu 4 Oct - 21:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ghosts of today (jazz)   Dim 16 Sep - 18:31

Ses muscles manifestaient leur mécontentement. Franchement, ça la tirait de partout, les douleurs sourdes se réveillaient en sursaut, et si Jazz écoutait son corps, elle retournerait hiberner sous sa couette. Tant pis pour la douleur ; la seule chose qu'elle avait en tête, c'était de continuer, de persévérer. Les courbatures ne faisaient que renforcer sa détermination. Cela faisait si longtemps qu'elle n'en avait pas eu, après un banal jogging deux jours auparavant, que cela montrait bien à quel point elle avait été lascive cet été.
D'un autre côté, difficile de faire son jogging sur le pont d'un yacht.
Écouteurs vissés sur les oreilles, ses pas frappant le sol au rythme de la musique, Jazz avait simplement suivi le front de mer, depuis la marina. Avant, à un moment donné, quand les joggeurs se faisaient un peu plus nombreux sur le remblais, de s'aventurer dans les petites rues qu'elle connaissait par coeur. Brighton restait son terrain de jeu favori – bien qu'elle appréhendait la chute des températures, inévitable, d'ici quelques semaines. Elle ne consentit à s'arrêter que lorsqu'elle remarqua que l'un de ses lacets était défait et qu'elle avait failli se retrouver étalée au sol. Elle avisa un banc, à deux pas, qu'elle utilisa sans remords pour fixer son problème – enfin, c'est ce qu'elle pensait, avant de se retrouver déstabilisée par un inconscient qui venait de lui rentrer dedans.

Elle faillit s'insurger – mais en se retournant, elle se retrouva face à face avec une silhouette bien trop familière, et enleva ses écouteurs par pur mimétisme, en le voyant faire. Elle l'avait reconnu une seconde avant lui. Elle n'avait même pas entendu son excuse. Elle n'arrivait même pas à prononcer un mot, tant la surprise l'avait sciée. Elle avait si bien réussit à l'éviter, avant de partir sous les tropiques, et voilà qu'il lui rentrait dedans quoi, deux semaines après son retour ? Elle aurait mieux fait de rester dormir, ce matin.
Elle déglutit difficilement avant de répondre à sa question, visiblement mal à l'aise de le croiser ici, maintenant. Je vais bien, merci. Et euh ... elle désigna le banc, derrière elle, fit une sorte de cercle avec ses doigts pour désigner ce qui venait de se passer, abandonna. C'est rien.
Surtout, ne pas lui demander comment lui, se sentait. Au risque de passer pour une malpolie, elle se serait presque mise à prier pour qu'il reprenne son footing et l'oublie là.
Mais non.
Et c'est lui le premier qui l'entraîne sur cette pente dangereuse qu'elle évitait soigneusement depuis si longtemps. Elle sait qu'elle n'a pas été présente pour lui comme elle l'aurait dû, elle sait qu'elle a été lâche – d'un autre côté, elle ne sait pas si la plaie est cicatrisée, elle ne sait pas si sa simple présence aurait fait raviver les flammes de ses souvenirs brûlés, disparus. Elle ne savait pas s'il avait remarqué qu'elle l'évitait.
Croisant les bras dans l'inutile espoir de se donner une contenance, elle a bien du mal à le regarder dans les yeux quand elle le corrige. Presque. J'ai bossé sur un yacht, dans les Caraïbes. Ce n'était sans doute qu'un détail, mais partir en croisière faisait plus souvent référence aux vacanciers qu'au personnel de bord. En outre, il allait de soit qu'elle avait reprit sa place dans le staff du port de plaisance, mais elle n'en fit nullement référence. Puis, consciente d'avancer sur des braises chaudes quand ses tripes lui disaient de fuir à toute vitesse dans la direction opposée, elle lui rendit la politesse. Et toi ? Comment s'est passé ton été ?

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MessageSujet: Re: ghosts of today (jazz)   Jeu 20 Sep - 14:19

Luvian était désorienté. Jazz était une de ces figures ne le ramenant que trop dans le passé, sans que la jeune femme le veuille ou même s'en rende compte. Irrémédiablement associée à la frangine avec qui elle avait formé un duo inséparable au lycée, Jazz se détachait de tous ces amis que Logan avait pu ramener dans son sillage, chez eux. La gamine, il l'avait vue grandir, prendre des responsabilités, et puis surtout, ils avaient travaillé ensemble à la marina. Alors lorsque Ramirez posait ses pupilles ambrées sur le visage de la jeune femme, forcément, énormément d'éléments lui revenaient en mémoire, et il s'en trouvait tout déboussolé par cette charge émotionnelle. Surtout après des mois d'absence. Luvian, il aurait presque préféré tomber sur quelqu'un d'autre, et pourtant, il était véritablement heureux de retrouver Jazz. Il l'avait toujours considérée comme une deuxième petite sœur, en fin de compte. Comme une personne de plus sur qui veiller, de près comme de loin. Mais Jazz, elle lui rappelait surtout Salma. Et au final, c'était tout aussi douloureux que réconfortant de retrouver la jeune femme. Luvian, il aurait tout aussi pu ne pas s'attarder. La saluer et reprendre sa course. Pourtant, il était resté là, abruti, à balbutier avec autant de maladresse que s'il s'adressait à une inconnue. Ce qu'elle n'était définitivement pas. Luvian, plus son regard se perdait dans celui de Jazz, plus des souvenirs relatifs à son épouse et égarés jusqu'alors lui revenaient en mémoire. Alors, tout ému, il hochait la tête, la gorge nouée, lorsque Jazz lui assurait que leur petit carambolage n'était rien. Passée la douleur des retrouvailles, Luvian avait à présent l'impression de sentir la présence de Salma autour de Jazz, et bien qu'il savait que tout était le fruit de sa satanée imagination, il ne pouvait s'empêcher de rester planté là, devant elle. Elle le reprit sur les termes qu'il avait employés ; et Luvian, il s'autorisa un petit rire. « Il y a définitivement pire, comme job d'été. » Les caraïbes. Ramirez en frissonna rien que de visualiser ces plages de sable fin, ces eaux transparentes... cette chaleur en toute circonstance qu'il avait toujours pu imaginer, dans un coin de sa tête, n'ayant jamais eu l'occasion d'y aller. Ouais, y'avait pas à dire, y'avait vraiment pire. Après un bref silence, Jazz finit par lui retourner la question, et Luvian sentit une montée de panique lui pétrir l'estomac. Il plongea une main nerveuse dans sa tignasse, puis prit une profonde inspiration. « Oh, tu sais... » Il se tourna, de manière à ne pas avoir l'océan et la plage dans son champ de vision. « J'ai toujours ce boulot, au musée. C'est assez prenant. » Mais bien différent de tout ce que j'ai alors connu, songea-t-il. Jouer les gorilles, vêtu d'un costume beaucoup trop rigide pour lui qui n'en portait jamais, c'était une changement de premier ordre pour Luvian. Mais lorsque Shaun lui avait parlé de ce job qui se libérait, le Ramirez avait sauté sur l'opportunité de s'éloigner de tout ce qui touchait à l'océan, ou à Salma. Il n'aurait pas pu passer à côté. La nouveauté, dans un premier temps, avait été singulièrement bénéfique. Un nouveau lieu de travail, de nouveaux collègues. Une nouvelle routine. Mais très vite, il s'était mis à repenser à la marina. À l'océan, qui le terrifiait autant qu'il l'appelait, comme un marin resté trop longtemps à terre. L'appel du large, comme le disent certains. Luvian en avait véritablement souffert, et en souffrait encore. Réalisant qu'il s'était perdu dans ses pensées, le brun reporta son attention sur Jazz, et lui offrit un sourire désabusé. « Je suppose que tu as repris ton poste à la marina ? » Cela irait de soi. Jazz s'était révélée être un très bon élément, dès le départ. Se séparer d'elle n'aurait pas de sens. Du moins, c'était ce que Luvian pensait. Parler de la marina se révélait, étrangement, moins difficile qu'il ne l'aurait pensé. Lui qui avait tu et évité le sujet tous ces mois durant, se découvrait une aisance étrange à repenser à ce lieu qui avait fait de lui l'homme qu'il était aujourd'hui.

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MessageSujet: Re: ghosts of today (jazz)   Jeu 20 Sep - 17:53

Gênance. Les faux sourires les fausses paroles cachent l'irrépressible envie de devenir invisible, de disparaître. Sentiment coupable du survivant, du trop plein de compassion et de pitié. Jazz ne pouvait pas s'en empêcher. D'éprouver de la peine pour lui. Malgré le temps qui avait défilé, les mois qui s'étaient enchaînés. Le revoir ravivait ses souvenirs, une tristesse jamais vraiment oubliée.
Elle croise les bras pour ne pas se répandre partout, pour créer une barrière entre eux. Elle ne veut pas froisser l'homme face à elle par respect pour celui qu'elle a un jour connu. Pour l'homme d'avant la tempête.
Sans aucune considération pour l'homme d'aujourd'hui – parce qu'elle n'arrive pas à le voir, c'est dérisoire.
Ouais ... Elle achève maladroitement toute conversation, c'est plus fort qu'elle. Elle ne veut pas lui balancer son été paradisiaque en pleine face. Ne veut pas lui décrire son amour pour la mer et les plages de sable fin. Encore moins lui parler des couchers de soleil en bikini, des barbecue de poisson, des tortues.
Se maudissant, elle tente tout de même de lui rendre au moins la politesse, de feindre l'intérêt pour ses nouvelles activités. Elle avait presque oublié qu'il avait retrouvé du travail au musée de la ville. A un moment donné, elle avait pensé, tant mieux pour lui. Elle ne lui souhaitait que de tourner la page, que de se trouver une autre occupation qui l'aiderait à remonter à la surface. Elle espérait que cela soit le cas – mais elle l'avait trop longtemps évité pour le savoir.

Elle ne sait pas quoi répondre à ça. Le silence lui semble préférable à quoi que ce soit de stupide ou d'affreusement banal. Et peut-être … peut-être qu'ainsi, il finirait par reprendre sa route. Par la laisser respirer de nouveau, car Jazz est en apnée intellectuelle depuis qu'il est entré dans son champ de vision.
C'est un peu triste, le fait de ne pas savoir comment lui parler, de quoi lui parler. D'appréhender une mauvaise réaction de la part de quelqu'un qu'elle était supposée bien connaître. C'était Luvian. Le frère de Logan. Rien de ce qu'elle lui avait dit en quoi, dix ans qu'elle le connaissait, ne l'avait jamais froissé. Pourtant, elle en avait fait, des réflexions pas très intelligentes, des virées nocturnes passé le couvre-feu pour voir son amie. Des bourdes monumentales, à croire qu'elle avait toujours cherché la colère de l'homme, à le provoquer. A franchir les limites juste pour le fun. Elle ne s'était jamais souciée de sa réaction, avant.
Et depuis l'accident, c'était la seule chose qu'elle redoutait.
Alors, quand il évoque de lui-même la marina, elle s'autorise à respirer de nouveau. Juste un peu, juste une goulée d'air pour ne pas se retrouver asphyxiée. Oui. Et là encore, elle ne pouvait pas vraiment lui annoncer qu'il y avait encore des travaux à la marina, afin de réparer les dégâts causés par … la dernière tempête, cet été. J'ai commencé ma deuxième année de criminologie, et j'ai repris mon poste à la marina, en parallèle.
Eh. Évoquer ses études en criminologie n'avait pas non plus été la marque d'un esprit intelligent. Ce sujet de conversation n'était définitivement pas meilleur que de parler de son job d'été ou de la marina. Ils avaient donc quasiment épuisé tous leurs sujets de conversation en commun. Restait, au choix, soit à parler de Logan, soit à parler du beau temps.
Puis, Jazz fut frappée par l'évidence. S'il ne voulait pas partir de lui-même, elle n'avait qu'à l'accompagner. On peut aussi aller courir ensemble, si tu veux. J'allais passer par là - elle désigna une rue, légèrement plus haut, perpendiculaire à celle sur laquelle ils se trouvaient - avant de redescendre ... en direction du front de mer. Derniers mots qu'elle tut avant même de les prononcer. C'était suffisamment évident, de toute manière.
Évident qu'elle ne s'était jamais sentie aussi gênée en la présence d'un Ramirez.

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MessageSujet: Re: ghosts of today (jazz)   Ven 5 Oct - 14:20

L'attitude de Jazz avait beau être en demi-teinte, comme empreinte de retenue, Luvian était content de savoir qu'elle, au moins, avançait. Qu'elle continuait ses études, qu'elle continuait de vivre, tout simplement. Et cela lui faisait du bien, à Luvian. De voir que le monde ne s'était écroulé que pour lui, et qu'il continuait de tourner pour les autres. Ça l'aidait, quelque part. C'était comme s'il avait sauté d'un train à pleine vitesse, et avait passé tout ce temps à essayer de le rattraper. Grâce à Jazz, il avait la sensation qu'il avait presque mis une main sur ce train. Ce n'était peut-être pas grand-chose pour la jeune femme, mais pour Luvian, c'était beaucoup. Il lui avait fallu repartir de zéro, et même si aujourd'hui il avait sa nouvelle vie, celle qu'il avait quittée revenait toujours à lui comme un parfum familier. Douloureuse de temps à autres, mais toujours imprégnée d'une nostalgie singulière. Luvian avait beau les avoir craints, il ne pouvait lutter contre les souvenirs associés à Jazz, à la Marina, ou même à l'océan. Pourtant, il bloquait singulièrement, comme toujours. Comme depuis qu'il avait recommencé à mettre le nez dehors, pour tourner la page. Pour repartir. Pour ne pas se laisser enliser dans le traumatisme qu'il avait vécu. Ils avaient beau se trouver non loin de la plage, Luvian s'arrangeait pour ne pas poser une seule fois les yeux sur l'eau ou le sable. C'était trop tôt, beaucoup trop tôt. Et quand Jazz lui proposa de courir ensemble, un sourire illumina le visage du Ramirez. Un sourire qui se figea lorsqu'elle évoqua son désir de se rapprocher du front de mer. Une boule se créa instantanément dans la gorge du brun. Il toussa dans sa main. Nervosité, quand tu nous tiens. « Oh, eh bien... » commença-t-il avant de s'interrompre, sentant ses joues s'empourprer d'un seul coup. « Tant que tu ne comptes pas courir sur le plage... » Il tourna le dos à l'océan, mais aussi à Jazz, prétendant observer autour de lui le temps de prendre une profonde inspiration, puis il fit de nouveau face à la jeune femme. Autant être franc avec elle. « C'est que... je n'avais pas l'intention de m'en approcher outre-mesure, à vrai dire. Je n'y suis pas retourné depuis... depuis. » Il n'avait pas besoin de détailler. Il espérait juste que Jazz comprendrait.

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MessageSujet: Re: ghosts of today (jazz)   Sam 13 Oct - 19:17

Bizarrement, éviter Luvian était beaucoup plus simple et amusant lorsque Jazz se trouvait en compagnie de Logan. Elle ne pouvait pas compter le nombre de fois où elle s'était cachée au dernier moment dans son placard, où elles avaient fait le mur ou qu'elles s'étaient mutuellement servies de l'autre pour justifier leurs nuits passées dans le lit d'un autre.
Merde, Jazz était douée pour ça. Et quand bien même, l'idée de se faire cramer par Luvian était parfois tout aussi grisante que celle de l'éviter. Parfois, elle avait l'impression que cela remontait à des dizaines d'années. Et parfois, elle avait l'impression que c'était hier. Aujourd'hui, il l'impressionnait. L'effrayait, même, sans qu'elle ne puisse le contrôler. Elle se maudissait pour réagir de la sorte, mais ce qui était fait était fait, et elle ne savait simplement pas quoi faire d'autre.
Parce que quand elle voit Luvian, elle a pitié. Elle voit le gâchis. Les tourments. Il ne méritait rien de tout cela, et face à lui, elle avait quinze ans à nouveau. Aucune idée de comment parler à un mec. Et son assurance envolée.

Elle ne tient debout que par la force du saint esprit, dansant sur le fil du rasoir quand lui vient l'idée de lui proposer de continuer leurs joggings respectifs ensemble. Pour oublier tous les sujets de conversations qui ne feraient qu'abîmer un peu plus leur relation, qu'éroder le peu d'honneur qui l'empêchait de le fuir, une énième fois.
Jazz lui explique le parcours qu'elle a l'habitude de faire, sachant pertinemment que la mer serait tôt ou tard sa destination. A Brighton, difficile de passer à côté. Même si Jazz était complètement nerveuse face au Ramirez, elle remarqua que celui-ci n'était pas des plus à l'aise avec sa proposition. S'il y avait quelque part un bouton d'alerte générale dans son cerveau, celui-ci aurait été enclenché à son niveau de panique maximal.
S'enfuir n'était même plus une solution, à ce niveau. Elle venait de sauter à pieds joints dans sa propre merde. S'il y avait une caméra dans les environs, elle aurait regardé droit dedans à la manière d'un épisode de the office. L'appel à l'aide silencieux écrit au fond de ses prunelles.
Sur les pavés qui menaient aux enfers, Jazz s’apprêtait donc à continuer son jogging. Dans ce cas … je te suis. Elle tire un peu sur ses joues, essaie d'en découvrir un sourire qui se veut réconfortant. Bien sûr. Elle pouvait comprendre qu'il ne souhaitait pas prendre cette direction. Elle ne savait pas exactement à quel point il en voulait à Poséidon, Éole et tous les autres – et pour cause, elle avait fait de son mieux pour ne pas le voir ou lui parler. On pourra y aller … quand tu le souhaiteras.
Sur ce, elle fait un signe du bras vers le haut de la butée qu'elle était en train de gravir, l'invitant par la même occasion à reprendre le fil de sa course. Prise d'une impulsion, elle ne peut s'empêcher de lui demander : Y'a quoi, dans ta playlist ? … après tout, parler n'était pas son fort durant son jogging, et au moins ça leur donnerait une bonne raison, à tous les deux, pour ne pas se forcer à combler le silence. Et elle n'hésiterait pas à le chambrer si ses goûts musicaux étaient bien pourris – comme avant.

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