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MessageSujet: ain't no rest for the wicked. (avery)   ain't no rest for the wicked. (avery) EmptyVen 14 Sep 2018 - 21:05

Un sommeil dont il a désespérément besoin mais surtout, un sommeil qu’il mérite. Quinze minutes avant la fermeture du Burger King où il travaille, une équipe de football locale s’est pointée. Des adolescents prépubères qui ont défié l’autorité parentale en s’octroyant la permission de dîner à une heure et demi du matin. Scott, il a poussé la porte de son appartement trois heures plus tard. Sa sœur, absente – chez une amie. Scott, il profite de sa solitude bienheureuse et salvatrice pour s’enrouler sous la couette sans même prendre le temps de se doucher. Il pue la friture, la graisse et le sel mais ça fait longtemps qu’il ne le remarque plus.
Les relents nauséabonds des burgers, trop encrés sous ses ongles et sur sa peau. Il s’en fout, de toute façon. Il ne voit personne, il n’a personne. Pas depuis qu’il s’est perdu dans cette foutue ville crasseuse, à des kilomètres de sa cambrousse australienne préférée. Scott, ça n’a jamais été un type très urbain. Ça n’a jamais été un campagnard non plus – plus à l’aise en compagnie des plantes et des bestioles que des hommes, tout simplement. Mais en Angleterre, la faune locale se résume à quelques écureuils dans les parcs et à une multitude de chats errants tous plus hargneux les uns que les autres. Scott, il a cru qu’il pouvait câliner l’un d’eux, dans la rue. Une erreur. C’est cinq traînées de feu qui parcourent désormais son avant-bras en plus d’un ego écorché. Même les wombats sont moins acariâtres que ces saloperies-là. Même les kangourous sont plus aimables. Mais Scott, à l’instant, il profite des bienfaits du sommeil. Entre l’inconscience et la conscience, il n’y a pourtant qu’un pas. Ses oreilles, qui captent malgré elles un ronronnement mécanique trop bruyant. Un son qui se superpose au bruit de la houle, dans son rêve. Un son qui étouffe déjà tout le reste – Scott, il se réveille dans un sursaut et c’est un grognement qui s’échappe d’entre ses lèvres. Un grognement, puis des mots fatigués. « Non mais j’hallucine. » Il aimerait que ce soit le cas. Pourtant, c’est un aspirateur qui l’oblige à s’extirper de ses draps. Un aspirateur qui lui scie les neurones, un inspirateur qui réveille sa migraine de la veille.
Scott, il enfile un caleçon, un jogging vieillot et un t-shirt délavé. Un t-shirt qui se teinte de tâches rosâtres disparates – la faute à sa voisine. Un oubli, d’après elle. Un oubli malheureux d’une poignée de culottes roses au fond de la machine à laver de l’immeuble. Aux yeux de Scott, une vengeance. Une vengeance pour quoi, il n’en sait rien.
À l’instant, il s’en fout. Il s’en fout parce qu’il est déjà sur le palier, les yeux exorbités. « Non mais j’hallucine. » Des mots qu’il répète alors qu’il reprend enfin pied avec la réalité. Il n’hallucine pas, Scott.
La porte de l’appartement de sa voisine est grande ouverte. Il ne s’y aventure pas – malgré tout, il respecte son intimité. Scott, il fracasse simplement son poing contre la porte pour attirer son attention. « T’as bientôt fini ton bordel, Duncan ? » Gueule-t-il assez fort pour couvrir les ronronnements de l’aspirateur. Assez fort pour réveiller tout l’immeuble, surtout.
Mais leurs voisins se sont sûrement habitués à leurs joutes verbales, depuis le temps.

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MessageSujet: Re: ain't no rest for the wicked. (avery)   ain't no rest for the wicked. (avery) EmptyMer 19 Sep 2018 - 22:24

Il sifflotait, cet idiot d’oiseau. Un gazouillement joyeux, pour accueillir les premières lueurs du jour. Elle pouvait le voir, Avery, à travers ses volets miteux. La peinture, complètement défraichie, tombait en lambeaux. Les deux planches de bois tenaient à peine sur leurs visses. Le tout était bancale, presque dangereux s’ils venaient à se décrocher. Puis, inutiles. La lumière transperçait les lattes, atténuant légèrement la lumière, mais pas suffisamment pour plonger la chambre dans l’obscurité totale. Elle devrait investir dans ces rideaux opaques, lourds, mais occultant. L’oiseau, lui, roucoulait sur une branche, paisible, innocent. Le soleil se levait à peine, illuminant le ciel de tons oranges et violets. La scène était presque bucolique. Elle se levait, déterminée à retranscrire sur papier canson, ce que ses yeux voyaient. Le chevalet traînait dans un coin de la pièce. C’était plus un objet de décoration, maintenant, qu’autre chose. Il prenait la poussière, et elle s’en voulait pour ça. Mais le syndrome de la page blanche était difficile à contourner. L’inspiration avait disparu, perdue, quelque part, dans les tréfonds de son cerveau. Ou peut-être qu’elle n’avait jamais réellement existé. Qu’elle n’était que cette chose égoïste, boostée par les compliments et l’émerveillement brillant dans les prunelles. Le tabouret lui rentrait péniblement dans la peau. Ses mèches indisciplinées lui tombaient dans les yeux, malgré le bun fait à l’arrache. Le dos courbé, elle soupira, jeta un regard à travers le carreau, cherchant du regard l’oiseau qui l’agaçait. Puis, aussi simplement qu’elle s’était assise, elle reposa le fusain, découragée par l’immensité du papier blanc. Elle se faufila jusqu’à la cuisine, désireuse de se faire couler le nectar délicieux d’arabica. Une montagne d’enveloppes fermées s’empilait sur le comptoir de la cuisine. Du courrier, injustement retenu en otage par cet abruti de Swanson. Elle avait cru, pendant une semaine, que le facteur était malade – ou pire, en grève. Oh, comme elle avait tort. Un sourire espiègle étira le coin de ses lèvres, la malice brillait dans ses iris sombres. Six heures cinquante-cinq du matin était l’heure parfaite pour passer un petit coup d’aspirateur, la porte grande ouverte. Les murs, ici, étaient aussi épais qu’un papier de cigarette. Les bruits n’étaient absolument pas filtrés, pour le plus grand bonheur de tous. Scott Swanson, lui, s’en donnait à cœur joie pour partager ses goûts douteux en matière de musique. Ils tremblaient, parfois. Avery aimait se dire qu’ils pleuraient, aussi. Que leurs oreilles saignaient, à eux aussi. Qu’ils partageaient une peine silencieuse. Le grondement de l’aspirateur devait probablement s’entendre jusqu’au bout du couloir. Elle aspira, agitant les hanches en rythme avec l’air qu’elle fredonnait. C’est le menton à peine relevé, qu’elle croisa le regard de son voisin. Des flammes brûlaient dans ses prunelles. Ça l’amusait, Avery. « Hm ? » Elle feignit l’ignorance, éteignant l’aspirateur. « Oh, pardon. Tu dormais peut-être ? » Ses doigts s’enroulèrent plus fermement autour du balais, son pied s’écrasant une nouvelle fois sur le bouton. « C’est bête, » déclara-t-elle, assez fort pour qu’il l’entende.
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MessageSujet: Re: ain't no rest for the wicked. (avery)   ain't no rest for the wicked. (avery) EmptyDim 23 Sep 2018 - 19:10

Une rengaine qui tourne en boucle et qui se répète jusqu’à ce qu’ils en saturent tous les deux. Ou jusqu’à ce qu’ils s’engueulent, comme ce matin. Trop tôt pour être parfaitement réveillé, trop tôt pour qu’il soit déjà réveillé. En Australie, c’était différent – debout à l’aurore, il profitait de la fraîcheur matinale pour surfer avant d’aller gambader dans la cambrousse. Parfois, il bossait la nuit – la faune, à des années-lumières de celle qui dore au soleil. Des bestioles minuscules et létales qu’il a appris à esquiver. Un manque de plus en plus grand, maintenant qu’il vit en ville. Une ville glacée, pour lui. Une ville dénuée de vie – pas d’animaux, que des hommes. Scott, il s’ennuie. Scott, il a la rage au ventre et c’est peut-être pour ça qu’il emmerde autant sa voisine. Incapable de tourner ses foudres vers sa propre sœur – l’innocence incarnée, à ses yeux – c’est sur Avery qu’elles sont tombées. Orage sensationnel, orage aux allures divines pour les nordiques et aux allures aliennes pour les aficionados des super-héros.
Et son poing s’abat simplement plus durement contre la porte à l’instar d’un marteau sur une enclume. Un soupir de soulagement fend les lèvres de Scott alors que sa voisine éteint enfin l’aspirateur. Ses oreilles ne bourdonnent plus et son mal de crâne se détend enfin simplement pour être mieux titiller une fois de plus par le timbre grinçant d’Avery. Un timbre doux, sûrement – mais Scott a cessé depuis longtemps déjà à la voir comme une femme. À la place, c’est un lézard qui prend sa place. Un lézard qui se moque outrageusement de lui et qui s’en amuse plus que de raison. Il ne la blâme pas – pas trop – parce que de son côté, il fait la même chose. Il prend son courrier en otage, l’espace d’une semaine. Il s’interroge sur le montant de ses factures et le contenu de ses lettres plus personnelles. Il met la musique trop fort et en fait profiter tout l’immeuble – quand ce n’est pas tout le quartier. Il s’approprie toutes les machines à laver qui fonctionnent, quand c’est au tour d’Avery de faire la lessive.
Il ne la réveille pas à six heures du matin, cela dit. Elle lui balance des excuses. Des excuses pétries par le sarcasme et par le ronronnement de l’aspirateur qui reprend. Scott roule des yeux alors qu’une grimace déforme ses lèvres. Il fulmine, l’australien. Il croise les bras sur sa poitrine et son pied tambourine contre le carrelage à la propreté douteuse de l’entrée – un autre voisin qui a oublié que c’est à son tour de briquer les escaliers de l’immeuble. « Tout le monde dort, à cette heure ! » Gueule-t-il à nouveau assez fort pour couvrir l’aspirateur. Mais tout le monde est réveillé, maintenant. « Est-ce que je dois encore prendre ton courrier en otage pour que t’arrêtes tes conneries, lézard ? » Un surnom qu’il siffle entre ses dents serrées, presque inaudible sous les ronflements de l’aspirateur. Un lézard et non pas un serpent – les serpents sont bien plus agréables qu’ils n’y paraissent. Certains diront qu’ils sont traîtres et qu’ils sont mesquins alors qu’ils sont simplement peureux et stupides. « Ou est-ce qu’il faut que j’empoisonne ton burger, la prochaine fois que tu passes à Burger King ? » Une menace lancée mais une menace qu’il ne mettra jamais à exécution.
Des insultes, tout simplement.

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MessageSujet: Re: ain't no rest for the wicked. (avery)   ain't no rest for the wicked. (avery) EmptyMar 30 Oct 2018 - 22:33

La haine. Viscérale. Brillante, fumante, dans les prunelles de Scott. La satisfaction brûlait au creux de l’estomac d’Avery. Un rire manquait de s’échapper d’entre ses lèvres pincées. Une joie interne, une jubilation. Autant de noms pour décrire ce que sa revanche mesquine provoquait. Elle se souciait peu de l’immeuble, des voisins énervés, excédés, des déménagements et des plaintes, des notes dans la boite aux lettres et des regards noirs dans l’ascenseur. Tout ce qui comptait, c’était Scott. Scott Swanson, cet idiot de voisin qu’elle méprisait au plus profond de ses tripes. C’était puéril, et même ridicule. Avery faisait partie de ces personnes calmes, dans leurs bulles, difficiles à froisser ou contrarier. Un tempérament d’artiste, certains disaient, voire même une extravagance. Pourtant, l’australien avait creusé un trou en elle. Un terrier, où la fureur se nichait, où la colère l’aveuglait, prenant le dessus sur la raison. Le ronronnement de l’aspirateur résonnait dans ses oreilles comme une douce mélodie. Une musique entêtante, énervante, bruyante. Le parquet grinçait sous ses pieds. Un pattern défraichi de bois abîmé par l’usure, les pas, le manque d’entretien. Le tout donnait un concerto presque harmonieux, à faire pâlir les plus grands chefs d’orchestre. Elle roucoulait au rythme des aspirations, des vas et viens. Un sourire narquois vient étirer le coin de ses lèvres, alors que son regard s’arrêtait sur son voisin. Egal à lui-même, dans son jogging usé, les mèches rebelles et relevées sur son crâne robuste. Elle s’avança, l’aspirateur la précédant, les yeux plissés, vers lui. « Quoi ? J’entends pas ce que tu dis, parles plus fort, » s’écria-t-elle, assez fort pour qu’il l’entende, feignant l’ignorance alors que ses paroles étaient claires comme de l’eau de roche. Ces enfantillages rythmaient leur quotidien. Des querelles, qui seraient presque mignonnes s’il s’agissait d’une pièce de théâtre shakespearienne. Mais c’est une tragédie grecque, qu’ils vivaient. Une tragédie, où l’un des protagonistes finirait par rendre l’âme – ou déposer les armes, dans leur cas. Avery voulait avoir le dernier mot, le dernier souffle de son rival. Voir la lumière quitter ses iris, son visage pâlir, sa voix s’éteindre. Oui, aussi dramatique que cela. Cependant, leurs insultes n’étaient que ça, des insultes. Une joute verbale cocasse, mais épuisante. Un jour, ils en viendraient aux mains, elle en était sûre. Elle s’avança, le balais frôlant les pieds de Scott, aspirant les poussières à ses pieds. « Pas besoin. T’empoisonnes déjà ma vision à chaque fois que je passe la porte du Burger King. Te voir derrière le comptoir me coupe l’appétit. » Elle s’époumona alors qu’il n’était qu’à quelques centimètres d’elle, mimant une mine de dégoût. « Si c’est ta meilleure attaque, je dois avouer que je suis un peu déçue, » déclara-t-elle, éteignant une nouvelle fois l’aspirateur, le regard plongé dans le sien.

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MessageSujet: Re: ain't no rest for the wicked. (avery)   ain't no rest for the wicked. (avery) EmptyVen 2 Nov 2018 - 21:50

Il regrette la cambrousse australienne. Des souvenirs doucereux, teintés d’amertume, remugles de son séjour au Royaume-Uni qui s’étire. Scott, il espère encore s’y poser à nouveau, un jour où l’autre. S’il n’allonge pas son visa, par obligation. Sa sœur cadette, majeure, sans l’être vraiment – dépendante des billets et des piécettes qu’il ramène. Un argent qu’il n’accumule pas, il n’en a plus les moyens. Ses économies, dilapidées dans un billet d’avion onéreux pour l’autre bout du monde, des mois plus tôt. Tout le reste, dans l’appartement miteux qu’il loue. Scott, il regrette sa vie d’avant. Tranquille, sans éclats, entre le beauf et le reclus. Mal ajusté, plus à l’aise avec les bestioles venimeuses que les êtres humains, il enfonce les mains dans les poches de son jogging vieillot. Il grince des dents, la tête haute. Scott n’en a pas vraiment besoin – la bestiole qu’il affronte aujourd’hui, et tous les jours depuis qu’il a emménagé, est ridicule.
Poings serrés, c’est une lueur de défiance qui se lit au fond de ses prunelles. Une lueur qui s’entrechoque contre celle qui brûle au fond des yeux de sa foutue voisine. Ce n’est pas tant qu’il la hait, c’est qu’elle l’ennuie. Elle l’irrite, au-delà de tout ce qu’il aurait pu imaginer. Des joutes verbales, des engueulades qui résonnent dans l’escalier, jusqu’à l’entrée. Des voisins qu’ils emmerdent sans même y penser.
Scott, aussi coupable qu’elle. Plus, peut-être. Dans un sens, c’est de sa faute si l’aspirateur l’a réveillé – c’est lui, qui vole son courrier. Lui, qui séquestre ses colis. Lui, qui prend soin beugler les génériques de Dragon Ball Z et d’Hokuto no Ken dès qu’il en a l’occasion. Scott, il ne sait plus vraiment pourquoi ni comment leurs mesquineries ont commencé. Une raison idiote, une cause qui l’est encore plus, probablement. Une rage qui grandit, au fond de leurs deux coeurs. Une haine envers une entité qui traîne au-dessus de leurs crânes, intouchables. Alors, c’est contre elle qu’il déverse sa colère. C’est sur lui, qu’elle déverse son mépris. Scott s’appuie contre la chambranle de la porte, une grimace fiché sur les lèvres.
Scott roule des yeux lorsqu’elle pousse le vice jusqu’à aspirer la poussière à ses pieds. Et puis, c’est un sourire sardonique qui s’étire sur ses lèvres à ses répliques. « Un guerrier ne dévoile sa meilleure attaque que lorsqu’il est dos au mur. » Ce qu’il n’est pas. Pas encore. Scott, il décide de prendre les choses en main – l’aspirateur, en l’occurrence. C’est le câble d’alimentation, qu’il attrape. Le câble qui se déloge de la prise dans un clic. Il se redresse et croise les bras. « Je dois admettre que je suis surpris, cela dit. » Commence-t-il en mimant l’étonnement. « À chaque fois que je te croise au boulot, tu t’empiffres. » Au boulot pour lui, au resto pour elle. Et son sourire s’agrandit un peu plus alors qu’il se penche vers sa voisine. Scott, il sous-entend l’inverse de ce qu’elle propose – une attirance. Rien que d’y penser, le masque tombe et une grimace déforme ses traits. « J’imagine que tu cherches à t’étouffer sur une poignée de frites. » À défaut de pouvoir l’étouffer lui. « N’hésites pas à me demander de l’aide, la prochaine fois. Je suis là pour ça. »

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MessageSujet: Re: ain't no rest for the wicked. (avery)   ain't no rest for the wicked. (avery) EmptyDim 25 Nov 2018 - 17:55

Ça donne des ailes, il paraît. Ça vous rend fou aveugle, imprudent, insouciant. Ça pousse dans ses retranchements. Ça passionne. Ça ronge. L’amour. Un sentiment si rare, si éphémère. Si précieux, qu’il est chéri comme le diamant le plus rare. Tout le monde était à la recherche de l’amour. Celui qui faisait battre les cœurs, qui faisait sourire et rire. Qui pouvait blesser, aussi, profondément, jusqu’à la dernière palpitation. Son père aimait sa mère, comme dans les comédies romantiques, avec tout son cœur, tout ce qu’il était. Elle ne souvient pas de grand chose, Avery. Mais elle se rappelle de souvenirs chaleureux, de câlins et de fou rires. Son beau-père avait pris le relai, quelques années plus tard. Aimant sa mère pleinement, purement. Elle avait grandi entourée par ces modèles utopiques et parfaits. Elle était comme tout le monde, Avery. Elle se languissait de cette proximité, de cette complicité avec un homme. Des étreintes et des baisers. Elle vivait pour les clichés. Les soirées au coin du feu, les balades sur la jetée, les cheveux au vent, main dans la main. Mais la réalité n’était pas une fiction, ni un beau téléfilm de Noël. La solitude ne comblait pas le silence de ses nuits. Pourtant, Avery se nourrissait d’un sentiment qui provoquait les mêmes émotions. L’irritation. Et Scott était à l’origine de cette irritation. Il était une huile, que l’on jetait sur un brasier brûlant. Elle s’enflammait à chaque parole prononcée, chaque pique, chaque provocation. Elle se délectait de ses sourcils froncés et de ses réflexions stupides. C’était un jeu, dont les règles n’avaient aucun secret pour elle. Parfois, elle se surprenait à le regarder, à vraiment le regarder. Ses mèches blondes, ses yeux océans et son sourire angélique lui donnait un certain charme. Puis ce teint hâlé, qui ne semblait jamais s’effacer. Dans d’autres circonstances, elle aurait pu l’apprécier. Même le reluquer. Mais leurs querelles étaient bien réelles. Le dégoût et l’énervement, eux aussi, étaient bien présents. « Tu te surestimes, je crois, » rétorqua-t-elle, ses prunelles le dévisageant de la tête aux pieds. Un guerrier, et puis quoi encore. Elle l’imita, croisant les bras au-dessus de sa poitrine. Puis, elle pouffa de rire. Un vrai rire, à gorge déployée. « Ce serait bien la première fois que tu arriverais à étouffer une fille, » commença-t-elle, décroisant les bras. « Parce que c’est pas avec ce que tu dois avoir entre les jambes, que ça doit souvent arriver… » finit-elle, dans un haussement d’épaules nonchalant. « Ce sera tout ? J’ai du ménage à terminer. » Elle tendit la paume ouverte de sa main pour récupérer le câble de l’aspirateur, qu’il tenait fermement dans la sienne.
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MessageSujet: Re: ain't no rest for the wicked. (avery)   ain't no rest for the wicked. (avery) EmptyLun 3 Déc 2018 - 18:15

Scott ne se souvient plus de ce qui a déclenché l’aigreur. Colère sourde, muselée par les contraintes sociales qui l’obligent à sourire – c’est ça, ou la porte. Ça, ou la rue. Il regrette le temps où ses sourires s’étiraient dans l’honnêteté et non pas pour satisfaire l’ego surdimensionné d’un sacro-saint client. Il regrette l’époque insouciante où il vivait dans l’idylle et non pas dans le drame. Scott, il dénigre l’évidence qui s’étale sous ses yeux qui s’esquisse autour d’Avery, à mesure qu’il la dévisage.
Leurs joutes verbales n’ont aucun sens.
Il le sait. Elle le sait.
Et pourtant, aussi idiotes soit-elles, elles se poursuivent.
Si, d’ordinaire, les voisins se partagent des astuces et s’empruntent du sucre, ces deux-là préfèrent s’échanger des insultes. Ils se disent bonjour à leur façon. Une façon qui l’épuise plus que de raison. Scott, il n’a qu’un souhait – rejoindre son lit et profiter des quelques heures de répit qui lui reste avant qu’on l’oblige à nouveau d’enfiler un filet par-dessus ses cheveux. Avant de s’efforcer à sourire aux étudiants qui déjeunent, à l’avenir bien plus reluisant que le sien. Avant d’essuyer les tables et les reproches que certains parents lui servent, lorsque leurs rejetons insolents veulent un jouet en plus de celui qu’ils ont déjà. Il l’entend rire, Scott. Et s’il se dit, l’espace d’une seconde, que son rire n’est pas si laid que ça, il reprend déjà bien vite ses esprits. Les compliments, même muets, sont hérétiques. Une abomination de plus qui n’a pas lieu d’être – une incohérence dans leur relation. Une relation aux fondations bancales sur lesquelles il tangue, en proie à une nouvelle sorte de malaise. Ces mots-là, Scott ose à peine les formuler dans ses pensées sans qu’ils ne lui arrachent une grimace. Celle-ci se traduit par une migraine, prête à enlacer sa psyché déjà éreintée par de trop longues journées répétitives. Par des nuits trop courtes, par sa situation qui s’enlise, au lieu de se redresser. Par ce rire qui tinte les secondes de cristal simplement pour mieux le briser.
D’autres remarques puériles pleuvent – d’autres gouttes d’eau qui débordent d’un vase déjà saturé. « Je retire ce que j’ai dis. » Répond-il à l’instant même où elle achève sa diatribe. Une grimace se dessine sur ses lippes. « Même pour tout l’argent du monde, je ne voudrais pas... » Il hésite. Cherche à ravaler des mots qui refusent de l’être. « ...t’étouffer de cette façon-. » Des mots qu’il déplore d’autant plus lorsque ses joues s’empourprent. T’as trop chaud parce qu’elle remue ta haine, c’est tout. Piteuse excuse pour des images libidineuses qui s’incrustent sur sa rétine. Images qu’il chasse. Véhémence exacerbée par celles qui sont réelles, face à lui. Par Avery, la bouche en coeur et le bras tendu.
Scott, il lâche finalement le câble d’aspirateur dans le vide. Il recule d’un pas.
D’un deuxième et d’une multitude d’autres jusqu’à ce que son dos s’écrase contre sa propre porte. À tâtons, il cherche la poignée. « Et pourquoi t’utiliserais pas un balai, d’ailleurs ? C’est c’que font toutes les sorcières. » Une remarque dépourvue de conviction.
Une remarque étouffée par sa porte qui claque.

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