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 we're burning down @mathias.

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MessageSujet: we're burning down @mathias.   Lun 10 Sep 2018 - 18:57

Ortega.
Le patronyme claque sous son palais. Sa voix est rauque, brisée par l’impatience. Face à ce mur de photographies, d’indices et d’écritures feutrées, Ivy perd pieds. Les yeux cernés de la fatigue qui s’installe et ronge sa chaire. L’échine qui se glace à chaque pensée macabre. De nouvelles informations. Le patronyme argentin venu teinter les feuilles maculées d’une encre sombre. Le cartel argentin au coeur du sang qui a coulé. Un clan prêt à tout pour dominer le trafic d’armes. Une communion funeste entre cette famille sud-américaine et les Burgess. La cause des maux. La cause de cette détonation qui fait écho à chaque fois que ses paupières se scellent.
Bang bang. Et sa silhouette sursaute. Les perles de sueur venant damner l’insolence sur son front. L’irrégularité des battements cardiaques créant le trouble. Les muscles qui s’atrophient. Ses phalanges qui étreignent les draps. Le cri de surprise. La supplication incessante.
Le même cauchemar. Le même mirage sanglant.
Ivy, pantin maladroit de ses démons qui fleurissent dans les ténèbres. La soif de vengeance qui ravage le goût sucré de ses pulpes rosées. Le goût du sang qui coagule et se bloque au fond de sa gorge. Les liens s’opèrent. Les pièces du puzzle s’assemblent. La violence au coeur du drame. Mauvais endroit, mauvais moment. Et pourtant, la reporter ne peut plus reculer. L’engrenage lancé. La marche arrière impossible.
Les mensonges victorieux qui deviennent le vice d’une existence bafouée.
Ses phalanges tremblantes qui effleurent les photographies. Là où le visage des hommes du clan viennent se dessiner. Elle sent la haine grogner et devenir impératrice. (…)
Les notes de musique font écho. La mélodie devient incessante au creux de son oreille. Elle se greffe au bruit de ses talons aiguilles qui claquent sur le parquet. La couleur porcelaine de ses jambes mise en valeur par le tissu cendré qui épouse ses formes. Les courbes de la sirène soigneusement mises en avant pour faire dominer la luxure. Ses cils rehaussés et son regard de biche attirant les envies des hommes présents. Comme ses lèvres charnues teintées de rouge qu’elle prend un malin plaisir à mordiller. Elle s’avance au travers de la foule présente. Un gala de charité organisé par le patriarche Burgess.
La bonté au premier plan.
Le don de soi pour éradiquer les ombres qui sèment la terreur.
Ivy a la coeur qui se noie dans sa douleur et la nausée qui dévore sa trachée.
Et son regard se détourne pour remarque au loin sa présence. Un des hommes sur les clichés. Les mêmes traits particuliers. Le même charme au bord des lèvres. Ce rictus de convenance qu’il verse à certains convives. Le costume l’aidant à se fondre dans le décor. Un Ortega et son coeur s’emballe. Le pire revient. Il serre sa gorge. Les maux deviennent cruels. Une violence qui se mêle à la soif du sang qu’elle veut voir couler.
Comme le sien qui dévale sur le bitume.
Comme cette hémorragie au coeur, à l’âme.
Alors les secondes semblent des minutes. Puis armée de son courage, Ivy s’approche. Elle attrape une coupe de champagne supplémentaire et s’arrête à sa hauteur. Son visage de poupée devient le refuge d’une tentation exquise. La corde raide qui cède et qui devient miettes. Les ravages du pire. La disparition du mieux.
— Prenez ce verre.
Elle tend la coupe du liquide pétillant puis se positionne face à lui. Le regard brillant de cette lueur nommée vengeance. La poitrine qui déborde d’émotions alors qu’elle s’imbibe de chaque mouvement. Ceux qui détonnent et remuent le creux de sa cage thoracique. Ceux qui font saigner parce que respirer devient douloureux. Respirer rappelle le pire. Les suffocations et le sang qui perle au creux de sa bouche. Les s.o.s lancés dans une détresse sans précédent. Le silence en réponse. Une léthargie qui ne s’efface pas. Ni avec la nicotine. Ni avec les pilules qui fondent sous sa langue. Alors Ivy porte son plus beau masque. Celui de cette succube. De cette sirène tentatrice. Elle s’amuse du désir des hommes comme pour obtenir des confessions à l’arrachée. Et elle se met à sourire, à feindre un air faussement désolé. La malice venant ronger ses traits de poupée.
— Sauvez-moi des griffes de cet homme là-bas. Il a l’âge d’être mon père et en plus son haleine est fétide.
Elle pointe un vicelard qui sirote sa coupe. Un vicelard qui a tenté à plusieurs reprises de remuer ses mains salaces sur ses hanches fines. Un vicelard qui croit que chaque femme de passage est bonne à baiser pour la souiller de ses envies. Tout ça semble si écoeurant. Au point que ça lui soulève le coeur à chaque fois. Elle se rapproche un plus en inclinant la tête sur le coté. Leurs corps à peine de quelques centimètres. Une proximité qui se fait tentante. Dangereuse. Délicieusement excitante.
— Vous ne me laisseriez pas seule dans ce pétrin quand même ?
Et le champagne glisse dans sa gorge.
Et son regard devient le refuge de cette envie égorgée de tout sentiment.
Le sang coulera.
Mais plus le sien.

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MessageSujet: Re: we're burning down @mathias.   Mar 11 Sep 2018 - 17:52

Mélodies essoufflées, vacillant sur les parois illuminées de la grande salle. Les silhouettes mouvantes au coeur de la foule. L’instant suspendu sur le profil fluctuant de l’orchestre et nos pensées arrachées à la lumière. Une succession de déceptions et d’amertumes. Le nom de mon père et l’héritage de mes frères. Tous délinquants au pays, trafiquant les armes et le métal. Une flamme ravageuse, gangrénant sur les bidons villes de la Miseria. Le souvenir se découpait entre mes paupières. Puis l’obligation d’être là. Un dégout du monde et de ses alentours. L’ignominie d’une cause perdue. Mes doigts glissaient sur ma cane. Troisième jambe, immolée par la chute du footballer. La mémoire qui s’épandait comme une malédiction pour recréer le match. J’imaginais les vastes étendues du terrain. La courbe verdoyante de la pelouse et la collision violente. Un os craquelé, sortant de son articulation. Et le nerf gonflé, insurgeant le corps de ses maléfices. La douleur lancinante, laissant place à la parésie musculaire. Puis la froideur du sol. La froideur du brancard. Baisers de glace, injectés dans les veines pour effacer la peine. Des molécules toxiques qui endormaient mon esprit. Je n’avais pas besoin de l’entendre. La sentence était tombée. Une carrière avortée, le patrimoine médiatique et la fortune déroulant sur les façades de mon Argentine. Des projets humanitaires pour les sauver de l’oppression politique. Des années à bâtir ce que la drogue avait détruit. Les cartels et les gangs. Les mensonges et les vices. Je m’avançais milieu des convives, le sourire lascif et le trouble dans l’âme. L’alliance avec les Burgess se fragilisait. Alors nous avions étendu le drapeau du soleil, emblème de la guerre. Mon image était le leurre. Un cheval de Troie balancée sous les projecteurs. Je crispais la mâchoire et titubais vers les jardins. Là, la clarté de la lune s’émancipait sur l’horizon. Une escapade fugace, loin des nôtres musicales et du voile de l’hypocrisie. Je souriais en sortant un cigare. Ma bouche humait les saveurs du tabac, tandis que l’allumette éclairait mes doigts. La fumée se dressait sous mes prunelles. Souffle après soupir, mes poumons s’exaltaient sous l’emprise du poison. Un vice, longtemps réprimé — ce soir de retour afin de border ma conscience. L’alcool roulait dans ma gorge. Des étincelles fermentées, laissant une emprunte dans la muqueuse. Je fumais mes inquiétude sur le bûcher de nos vengeances. Une lutte perpétuelle au nom d’Ortega. Mais j’étais différent — étranger à ma fratrie. Un gouffre nous séparait et ce soir, ils avaient usé de mes faiblesses pour me trainer dans les affaires. J’écrasais le mégot dans un pot et retournais aux festivités. Une démarche débonnaire, devenue habituelle. Un ligament usé, remplacé par la broche d’acier et l’énorme cicatrice du chirurgien. Je rajustais mon col et hochais la tête vers le gouverneur de police. Les grosses pointures de Brighton. A moitié ivres, à moitié corrompus. Mes yeux filaient entre les tables, cherchant l’accalmie au coin de la pièce. Mais je m’arrêtais subitement. Une jeune femme s’élançait vers moi. Elle me tendit une coupe et un sourire. Elle était magnifique, les formes péniblement pressée sous les plis du tissu. Sa voix ondulait suavement, bercée d’une douceur infinie. Elle approchait dangereusement, le coeur perché sur ses talons aiguilles. Ma main agrippait la coupe. « Vamos afuera, sólo tú y yo… » Marmonnai-je en m’inclinant vers sa joue. Le temps était suspendu à nos lippes. Des fragments de mots écorchés au bout de la langue. Des mensonges desservis l’un sur l’autre. Son parfum embaumait mon esprit. Des fragrances de délice, «Désolé. Je veux dire, voulez-vous sortir dehors …  » Un accent rustique marmonnant l’invitation. Je pinçais les lèvres en juchant les alentours. Je buvais une gorgée de champagne avec un léger frisson. Puis je me tournais vers le balcon. « Venez. » La musique jaillissait de l’instrument, donnant le rythme à cette rencontre inopinée. Nos regards s’ancraient sous les vibrations du violoncelle. Ma poitrine s’enflammait, emportée par les reliques d’une culture bouillonnant de désir. Je lui offrais mon bras et ma canne. Un salut titubant sur le marbre luisant, nous conduisait sous le clair des étoiles déchus.
Je ne la connaissais pas.
J'ignorais tout de ses intentions.
Mais j’étais prêt à tout pour poser une étiquette.
Un prénom.
Un sentiment.
J'étais prêt à aller n'importe où, loin des artifices et des vapeurs ocres du sang.
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MessageSujet: Re: we're burning down @mathias.   Mar 11 Sep 2018 - 20:53

L’effluve de son parfum vient défier ses sens. L’éveil brutal de la sensualité qui ondule autour de leurs silhouettes. Ces regards qui se captent et s’embrasent. Le monde qui s’arrête de tourner. Les autres qui deviennent des inconnus. Ivy qui porte le masque de la luxure. Cet appel du bout des lèvres. Celles qui remuent, effrontées de leurs envies, effrontées de leurs mensonges. Le sourire d’un ange qui attire les démons. Le sourire brûlant de cette amertume. Un corps à corps avec le passé. Un esprit emprisonné par les peurs viscérales.
Les démons rôdent. Les monstres observent.
Ils sont partout. Même là où les rêves sont autorisés.
Les songes qui deviennent un tableau dramatique tapissé de cendres.
Les mots saisissent l’instant. L’accent hispanique arrache un sourire forcé chez Ivy. Elle observe son nouveau pion. Son eldorado dans cette quête de vérité. Le roi de coeur qui n’a pas idée de ce qui se trame. Et il l’attire dans ses filets. Sur cette terrasse avec les étoiles en témoin. Là où la brise fait ravage sur son échine frissonnante. Cette proximité tordue et volontaire. Sa main qui glisse sur son bras comme un appui nécessaire. Les secondes qui deviennent des minutes. Le temps prend un goût d’éternel. Elle détaille tout chez lui. Les mèches ébènes de sa chevelure. Ses traits marqués par les années. Sa bouche fine et délicate qui s’étire dans des convenances pitoyables. Son costume à l’allure parfaite qui marque la robustesse de son corps. Cette stature qui le rend si fort sous les apparences qui font rage. Et cette voix. Ce son rauque et étranger qui dévore le creux de son ventre. Les paupières prêtes à se sceller pour revivre son enfer.
Les paupières prêtes à se sceller pour saisir les souvenirs.
Est ce qu’il était là ? Est ce qu’il sait que là sur sa peau court une cicatrice de l’immortel ?
Elle esquisse un sourire en reculant contre la rambarde de marbre. Ses phalanges graciles s’y accrochent. L’espoir de réponses narguant son regard curieux. La séduction devenant l’impératrice des lieux. Ivy a compris comment ça fonctionne dans ce milieu. Les femmes trophées qui s’exilent au bras des hommes richissimes. Ceux qui abusent de leurs statuts pour les salir, pour souiller les draps, réclamer des gémissements et marquer leur peau.
Ceux qui lorgnent sur sa chute de rein en espérant y faire danser le bout de leurs doigts.
Ceux qui exigent, croient recevoir et se voient déçus avant l’heure.
Elle avale une gorgée du champagne. Le liquide pétillant humidifie ses lèvres charnues et sa langue recueille chaque perle. Le geste est brûlant. Une ode à la beauté. À la sensualité et à l’envie qui se dégage. Celle que Ivy fait miroiter de son attitude provocante. Une attitude tellement loin de la réalité. Parce que son monde fonctionne à l’envers. Il est comme ce château de carte qui s’écroule. Comme ce coeur qui saigne. Comme le bitume qui s’effrite. Comme les corps qui s’abîment dans une lutte perpétuelle.
Gracias. C’est comme ça qu’on dit ?
Ivy joue. Ivy attise. Elle se rapproche de lui, la tête inclinée dans un geste ravageur. Sa chevelure qui devient vaporeuse et épouse les mouvements de la brise. Ses joues qui sont rosies par la température extérieure. Et ses doigts qui frôlent avec charme les siens. Un simple contact qui se veut furtif. Qui s’abandonne aux envies, au besoin vital de comprendre, de démasquer. L’envie de stopper le temps et poser le canon d’un flingue sur la tempe du responsable. Lui ordonner de se mettre à genoux et le regarder l’air menaçant. Les yeux gorgés de larmes. Les yeux dilatés de la douleur et la rancoeur. Appuyer sur la gâchette. Bang bang. Et voir le sang se coaguler au sol glacé. Un frisson déchire son échine alors qu’elle tente de ne laisser paraître aucune émotion.
— C’est la première fois que nous nous croisons. Etes vous un ami des Burgess ?
Elle veut savoir. Son identité exacte. Son rapport avec le clan diabolique. Les raisons de sa présence. S’il se plaît dans ces soirées. S’il se plaît dans ce monde où la violence est une habitude. S’il aime les actions qui bafouent les âmes. Qui nécrosent les coeurs. Son nom, il est apparu après de nombreuses recherches. Ortega. Six lettres qu’elle a répété, le myocarde clos de tout sentiment. Elle n’a pas cessé de prononcer ce patronyme, le regard accroché aux photographies. Ses phalanges sont venues le toucher sur papier glacé. Et son visage n’a lâché que des plissures intimes au moment où les souvenirs sont apparues comme trop cruelles.
— Vous permettez ?
Elle se permet. La poupée s’approche. À l’instant propice où leurs corps se frôlent. À l’instant inouï où leurs souffles se croisent, venant former une symphonie luxuriante. Comme l’univers qui tourne autour d’eux et paraît si paisible. Elle pose ses mains sur ses épaules viriles et le débarrasse de sa veste de costume. Ivy dans une insolence pleine de vie dépose le tissu sur son corps qui semble bien fluet à coté. L’odeur qui marque sa peau. Les effluves qui narguent son odorat. Cette impression de le côtoyer de si près sans même le connaître. Elle humecte ses pulpes et vient la mordiller de ses canines carnassières. La chaleur qui regagne son corps.
— Poppy. Je m’appelle Poppy.
Identité inventée et semée de sa voix romantique.
Et le regard qui se perd vers le sien.
L’appât dans les filets.

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MessageSujet: Re: we're burning down @mathias.   Mar 11 Sep 2018 - 23:04

Une voix lentement pensée. L’écho d’une fluctuation détenant le secret de nos hérésies passagères. J’étais le vagabond entre ses courbes aiguisées. Un voyageur sous le joug des lèvres pulpeuses et de la langue revolver, semant ses détonations dans le coeur. Tant de signes cachés. De vices annonciateurs de la chute imminente. Un empire du sang devenu empire du sentiment. Je m’approchais langoureusement, glissant une caresse sensuelle sur son dos. Mes doigts effleuraient l’interdit — la chaleur exquise d’une valse tourbillonnant sans instrument sur la scène de musique. Nous avancions dans le vide. Une démarche claudiquante sur le marbre glacé. Des regards évanouis dans la foule et l’impression d’être seuls au monde. Un combat de l’imagination prémonitoire où ma vision noire, enlaçait la sienne, ambrée et délicate. Une femme dangereuse, exhalant en elle, le chant de l’oracle funeste. Mort après mort, le souffle se dissipait sur mes flancs. Le vent se noyait entre les parois du balcon qui se fermait. Et par ce geste décidé, je la laissais ôter la veste et succomber aux promesses d’une débauche poétique. Mes yeux s’égaraient sur ses cheveux. Des boucles nuageuses, se déroulant comme le palimpseste d’une oeuvre sombre et fulgurante. Une perte contre une autre. Un sang qui coulait à l’envers d’un coeur criblé de balles. Ortega, délicieuse malédiction. Un goût d’enfer imprimé sur la bouche. L’Argentine lointaine, ondulant sous les rayons du soleil tissé sur le drapeau bleu. Le pays me manquait. Les souvenirs de mon enfance et de mes repères. Mais elle n’y connaissait rien. Elle se jouait de mes accents. De l’emprunte originelle d’une Amérique latine bafouée par les délinquances et la pauvreté. J’étais le survivant de la ville insalubre. Un gosse échappé aux rebords tranchants de ces maisons construites en périphérie. Des existences marginales, oubliée du monde. La marque d’une misère sempiternelle qui saignait dans mes veines. Et l’ironie d’un genou, fait de broches et de clous. Je lui adressais un sourire en m’éloignant. Mes mains retrouvaient le contact de la rambarde. Une distance qui se fracturait dans la nuit. Pour éloigner son parfum toxique et la flamme qui s’embrasait dans ma poitrine. Un désir de ferveur. Un désir d’immoral. J’étais obnubilé par sa silhouette. Par l’insolence qui transcendait son âme. Un rire s’échappait de ma gorge. Trop de questions à la fois. Des analogies désuètes et la première parole, filant sur l’horizon argenté. « Pas vraiment. Je ne suis l’ami de personne. » Je murmurais en me tournant vers son profil. Les étoiles perlaient au coin de son regard étincelant. Une beauté ravageuse, à la fois indignée et apaisante. Des traits tirés par la frénésie d’une chasse où nous étions tous deux captifs. Parce que le prédateur était ailleurs. Il se pavanait au milieu des convives, arborant ce sourire d’ailleurs et ces révolutions meurtrières. Des guérillas et des trafics internationaux, embusquant et débusquant les pièces rouillées de ces armes qu’on assemblaient au fond du hangar. Les détails d’une vie gâchée par l’ambition et le pouvoir. Les détails d’une vie qui m’appartenait de gré ou de force. «Mattias. Et pour info, on dit merci. » Un clin d’oeil taquin s’inclinant vers son visage. Je frôlais le col de la veste et rajustais ses bords sur ses épaules graciles. Une posture chétive, étrangement opposée à la force de caractère qui se déployait sous mes yeux. Merveilleuse intrigue. Et le mystère d’une soirée prometteuse en compagnie d’une chimère. Demain, elle ne serait qu’un souvenir. Une émotion erratique qui s’épanouissait sous la lune. Et qui disparaissait toujours, au bout du long tunnel. Je me redressais maladroitement, faisant vacillant mon poids d’une jambe à l’autre. J’abandonnais la canne et relâchais ma cuisse endolorie. Un mécanisme du blessé. La douleur qui se propageait dans tous les membres avant de mourir sur les côtes. Là, où ça faisait le plus mal. Je grommelais en m’adossant au rebord. Le vide nous entourait dans cette danse mortuaire. Un corps à corps fantastique, où les âmes étaient les seuls à se pénétrer — à se toucher. « Vous êtes ravissante, Poppy. Il ne faut pas en vouloir aux vicelards. » Un aveu intoxiquée par les vapeurs du champagne. L’éveil d’un palpitant qui la désirait malgré ses ratures. Je ressentais cette attirance corrosive. L’impulsion tourmentée qui revenait sans cesse dans l’esprit. Celle de la rêver. De la contempler. De prendre son bras à nouveau.
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MessageSujet: Re: we're burning down @mathias.   Jeu 13 Sep 2018 - 4:47

Le tissu sombre épouse sa peau maculée. L’odeur boisée bouleverse ses sens et lui fait tourner la tête. Les yeux embués par la soif de vengeance. Les yeux ternis par les songes de cendres. Elle l’observe. Elle devient son pantin en suivant ses mouvements. Comédie grotesque qui s’offre sur un tapis d’amertume. Ivy ment. Une spirale infernale dont elle ne se détourne plus. L’arrière goût du sang coagulé sur ses lèvres. Les supplications qui ne sont qu’une chronique amère. Et ce visage inconnu. Cette zone d’ombre qui vient la terrifier chaque nuit. La même scène qui se dessine sous l’alerte des battements cardiaques. La sueur sur son front. Les larmes qui raclent ses cils. Elle hurle. Elle appelle à l’aide. Elle voit ces traits qui s’éloignent. Le monstre féroce qui vient la ronger depuis des mois disparaît.
Le rire diabolique reste.
La peur domine. La tarentule gagne.
Elle n’a pas d’autres choix Ivy. Elle n’y arrive pas. Passer à autre chose. Oublier le drame. C’est comme un chapitre sans fin. Un bouleversement qui ne fait que s’assombrir à chaque seconde passée. Les noms qui se mêlent au sang qui coule. Les détonations en écho des enfers. Et lui, pion qu’elle déplace d’une main de maître pour obtenir des informations. Son regard de biche qui charme le sien sous l’étincelle prononcée des étoiles qui brillent. Le ciel parsemé de ces reines en témoin du désastre qui né. La proximité se fait troublante. Ses doigts virils qui courent sur le col du veston. Les souffles qui s’enlacent. Elle humidifie ses lèvres pulpées en frôlant sa main. Le contact charnel. Les ondulations de la sensualité qui gravitent. L’imaginaire défie les cœurs. Ceux qui sont sombres. Ceux qui ne battent plus qu’au détour de la hargne. Lui, il recule le type. La hanche blessée et douloureuse qui force ses traits à se plisser. La brune observatrice de chaque détail. Le sordide qui prend forme dans son imaginaire. L’idée d’une bagarre, d’un trafic qui a mal tourné. De toute cette violence qui s’élance au milieu de l’univers.
Elle l’observe de ses yeux brillants.
Elle se l’imagine une arme à la main.
Le sang qui coule et les cris qui résonnent.
Le frisson glace son échine. Puis Ivy se rapproche. Elle s’adosse à ses cotés contre le petit muret de pierre. Son bassin cognant sur la roche glacée. La sirène assise, le tissu qui remonte, sa robe qui suit le mouvement. La peau maculée qui attire l’œil. Elle se fait séduisante pour récupérer les mots. Elle se fait charmeuse pour voir le désir naître dans ses entrailles. Un sourire fait mine de se suspendre à la courbure de ses lèvres. Ravissante.
Le mot n’a aucune valeur.
Ivy, ce n’est qu’une gamine perdue sur une route sinueuse.
Ivy, elle se dégoûte dans le miroir.
Elle a été ruinée. Les éclats de porcelaine égalent son myocarde nécrosé.
— Cela n’excuse pas leur comportement. Je préfère le charme et la sensualité…à la  perversion.
Chaque lettre forme une danse sybarite. Elle accroche les mots à son palais. Elle fait claquer sa langue et ravage l’air d’un charme mensonger. Ses phalanges tremblent. Elles glissent vers celles de Mathias. Le contact furtif, à peine prononcé, à peine visible. Les dieux qui témoignent du rapprochement là où le courroux fait saigner les âmes. Ses yeux cherchent les siens et elle pourrait continuer son numéro. Prendre les devants. Se faire tentatrice comme une créature du diable. Un mythe formé sous l’enclave des rêves brisés. Alors elle se relève. C’est face à lui qu’elle se stoppe. Le mouvement engagé de ses doigts qui entrent en contact de sa hanche. Comme pour semer cette blessure d’un sel piquant. Comme pour racler la misère d’une douleur qui lui fait courber l’échine. Elle s’autorise à se faire féline.
Elle s’immisce tel un venin.
Ce poison qui pourrait le bouffer. Le foutre à terre rien que pour le voir cracher les réponses faites de haine.
— Vous avez l’air de souffrir, non ? Loin de moi l’idée d’aggraver votre douleur.
Elle se fait mielleuse. L’acidité ravage l’odeur charnelle de sa bouche. Ses dents carnassières qui ripent sur ses pulpes et le vent qui ravive sa chevelure. Les boucles formant un nuage vaporeux. L’étreinte de la veste qui brûle sa peau. L’envie étrange de se nourrir de sa peau. De la chaleur de ce corps là tout près. Elle éloigne sa main mais ne recule pas. La mécanique menée d’une main de velours pour le pousser à la confession. Le vice galbant son visage à l’innocence bafouée. Les souvenirs macabres viennent racler l’idéal d’une vie brisée. Elle frôle son corps. Elle frôle son âme. Elle capte les battements de son corps qui tend à s’accélérer. Et ça la fait sourire.
Un accès d’ivresse qui lui monte à la tête.
Les effluves du champagne qui viennent lui faire perdre la notion du temps.
Quel est son rôle dans cette organisation funeste ? Les pensées se croisent. Les pensées se font sauvages comme son palpitant. L’esprit indomptable de toute raison. Elle n’a plus la force de faire marche arrière. Le sang doit couler. Le sang doit racler le bitume poussiéreux. Les éclats de rire qui éclosent comme ces fleurs bercées par les rayons du soleil.
La scène tracée d’une vengeance brutale.
— Que faites-vous dans la vie Mathias ? J’imagine que sauver des femmes en détresse n’est pas considéré comme un métier stable.
La vipère se faufile. Elle glisse dans les filets pour obtenir sa réponse. Un regard vers l’arrière pour voir Charles au loin qui vient d’arriver. Et ses iris qui se concentrent sur Mathias. Parce qu’à cette seconde précise, il n’y a plus qu’eux.
Ortega. Le patronyme subsiste. C’est comme ce goût amer sur le bout de la langue. C’est comme ce goût nauséabond à même le palais. C’est cet exotisme venu d’ailleurs qui crée le doute. Sa tête s’incline. Son index frôle les boutons de sa chemise. Elle se met à sourire Ivy. On dirait cet ange qui déploie ses ailes. Celles qui frôlent la beauté du ciel. Celles qui renouent avec les étoiles. Ce sourire qui cache les maux. Et elle continue son chemin. Elle s’arrête à la hauteur de sa ceinture et se stoppe.
Les joues colorées de pourpre.
Une fausse honte qui se dessine.
Et l’idée de le manipuler. De faire de lui son pantin.
Une mascarade répugnante.
Puis les étoiles qui s’éteignent. Quand son monde arrête de tourner.

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MessageSujet: Re: we're burning down @mathias.   Lun 24 Sep 2018 - 21:31

Les étoiles perlaient au coin du ciel. Mille illuminations qui se dévoilaient entre nos silhouettes enchâssées. Un silence noir, courbé entre mes doigts qui effleuraient lascivement sa peau. La malédiction était délicieuse. Un vide submergeant les sens. Mon regard transperçait ses prunelles. Une âme tourmentée, suffoquant sous les caresses du vent. Poppy, fleur des champs saignant entre les feuillages. Pétales rouges et pétales de sang, une décadence de pourpre qui se dessinait sur l’horizon. Et je glissais sur le détail. J’observais le creux de ses joues. L’échancrure au bout de sa lèvre. Un instant égaré dans le temps. Le soupir d’une nuit d’extase, transfigurée par ses formes langoureuses et sa voix charmeuse. Elle se distillait dans mes veines. Poison de sexe. Poison de désir. Une flamme juvénile, brûlant dans ma chair. Le corps se dressait et l’imagination faisait le reste. Une valse passionnée des instruments. L’archet qui se frottait aux cordes, hurlant la mélodie d’une ode sauvage. Ma gorge se serrait. Mes couleurs se dévoilaient sous les astres. Un faciès gris, rongé par les rides et les cicatrices. Quarante vie d’existence. Et l’impression d’avoir vécu une éternité. Des muscles qui frétillaient sous les vêtements pour trancher les nerfs. Le mal était là. Il se réveillait dans ma jambe. Tel un prédateur fou. Un animal enragé, prêt à bondir dans la nuit. Je m’éloignais de quelques pas, laissant la veste sur ses épaules et la canne contre le rebord. Un équilibre instable trahissant le secret d’une ancienne blessure. Un prestige fugace. L’ascension du footballer et l’échec d’une nation. Cette carrière qui avait tant profité au clan. Une Argentine que je déplorais dans mon sommeil. Des allées magnifiques, souillées par les trafics et les pointes argentées des armes. L’innocence d’une enfance qui ne revenait pas. Les bidons villes qui devenaient des cercueils pour le coeur. Je m’avançais sur le balcon, la mâchoire serrée et le regard amer. Elle happait mon attention. Elle captivait chaque fragment de mon être. Une contrainte au regard. A la séduction. Ce rapport étrange entre le dominé et le dominant qui se berçait d’un pouvoir illusoire. « Vous aimez la sensualité. Votre robe me dit le contraire, mademoiselle. » Un tissu léger, moulant ses hanches voluptueuses. Une silhouette affûtée, exaltant des charmes mortels. Quel homme, vicelard ou saint, pouvait-il se détourner d’une telle beauté ? Je prenais appui sur la rambarde. La douleur coulait sur la peau. Elle coulait comme le feu — ravageait ma conscience et mes pensées. Mes yeux glissaient vers les jardins assombries. «Ne vous inquiétez pas pour moi. » Un murmure brisé au fond de la gorge. La frénésie d’une chasse sempiternelle et la vapeur d’une coupe de champagne inhalée trop vite. L’habitude de la parésie. Le souvenir de la rupture et des séances de rééducation. La blessure était révolue. Mon esprit voyageait, esquissant mille enjambées sur le carrelage reluisant. Je hochais la tête en riant. Poppy se rapprochait, sulfureuse et enflammée. Le jeu commençait et la question demeurait suspendue au bout de ses lippes. Elle brillait dans l’obscurité. Elle était singulière et enchanteresse. Ses gestes s’arrêtaient sur ma ceinture. Comme s’il était si facile d’entamer la chute. De succomber aux délices interdits. Je me redressais, les prunelles aiguisées contre son visage harmonieux. Mes paumes se pressaient contre ses mains. Je l’attirais dans mon étreinte afin dans l’emprisonner dans ses pièges. Elle ne bougeait pas, le dos coincé sous mes griffes. « Si curieuse et si jeune. Vous n’êtes pas mon type. » Parce que la douceur m’éloignait. La volupté s’évaporait et je portais le masque à nouveau. Au delà de mes choix. Au delà de mes valeurs. J’étais fils Ortega. Je portais les étendards du clan et ses luttes. Et ce soir, je n’étais qu’un pantin au milieu des inconnus. Un danger qui se faufilait dans ses bronches afin d’asphyxier ses poumons. «Qui êtes vous? » Ma bouche tremblait contre son oreille. Un soupir nocturne, mélangé aux rythmes d’un tango magnifique, tenant nos poitrines liées par le mensonge. La collision entre mes vices et ceux du monde.
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MessageSujet: Re: we're burning down @mathias.   Mar 25 Sep 2018 - 19:46

Elle attise Ivy. Elle incarne une sirène en perdition au détour de ce chemin sinueux. Ses yeux de biche brillent dans la nuit. Ses lèvres bombées, teintées d’un voile rosé remuent comme ses hanches. L’instant paraît en suspend. Une pause au milieu des ténèbres. Un chapitre qui démarre au ralenti. Une mécanique qui s’engrange et qui empoisonne le paysage.
Le rythme de la brise qui dénote.
Le rythme de leurs pas qui s’emboîtent.  De leurs phalanges qui se cherchent.
Une comédie que la poupée maîtrise d’une main déracinée de toute émotion. Comme si son coeur ne battait que pour la forme. Un organe nécrosé et enfermé dans un corps inerte. Le souvenir funeste qui revient la hanter. Cette gorge serrée par le pire. Les échos de ces balles perdues. Le sang qui laisse une odeur âpre, venant se coaguler au bitume. Et cette cicatrice. Celle que ses doigts fins frôlent devant le miroir. Un reflet qu’elle ne tolère plus. Les épaules osseuses. Le stigmate d’une mort programmée. L’envie de tout stopper.
Le mirage de sa vie d’avant. Du sourire de sa fiancée chaque matin. Sa bouche qui se plaisait à courir le long de son ventre. Les éclats de rire qui ravivaient cet amour aussi fort que passionné.
Puis l’absence ; les départs. Ceux auxquels on ne s’habitue pas, malgré tout ce qu’elle a voulu clamer. L’envie de vengeance devenant sa seule idée. Une nécessité au milieux des maux. Un besoin vital pour raviver une existence gangrenée jusqu’à la moelle. Lui, il n’est qu’un pion. Comme Charles. Comme tous les autres. Il n’est qu’un arc à sa corde qui s’effrite. Ivy, elle veut le manipuler comme un pantin. Elle veut l’attirer dans ses filets pour le faire parler. Éteindre le mystère au profit de tellement plus. Des mots. Des aveux versés les yeux bouffés par la crainte. Celle de perdre gros. Celle d’être découvert. Une violence menée depuis des années. Ces hommes, ces bourreaux. Ceux qui se croient au dessus des lois, au dessus des autres, au dessus de la vie.
Comme le monstre qui est venu loger une balle dans son abdomen. Qui continue de mener son existence sans se soucier des conséquences. Celles qui retracent sa peau. Celles qui rongent ses songes. Celles qui créent l’insomnie et viennent cerner le bas de ses yeux.
Ivy croit maîtriser la situation. Elle croit le dominer de ses lèvres tentatrices. Mais c’est ses mains viriles qui saisissent sa silhouette. Un léger souffle surpris flirte avec l’air frais. Elle est prise dans les griffes du monstre. Un de plus. Un parmi tant d’autres. Ses doigts qui s’accrochent à sa chute de rein et la proximité qui devient énigmatique. Son échine qui s’autorise à frissonner. Ce rapprochement devenant la naissance d’une gêne. Du trouble. Elle est là, poupée maniable, poupée brisée. Sa bouche entrouverte comme si les mots cherchaient à s’échapper.
Il devient un poison. Un idéal qui s’éteint. Une proie qui se fait roi. Il dégomme ses plans en venant la clouer sur place. Gamine sauvage qui cherche à s’extirper de l’étreinte mais faillit à l’instant où il frôle son oreille de ses lèvres bien trop silencieuses. Les mots s’y abandonnent mais ne suffisent pas à lui apporter les réponses nécessaires.
Mais Ivy, elle sent son ventre se tordre.
Sa tête bascule en arrière. Sa chevelure vaporeuse dessinant sa chute de rein. Elle esquisse un sourire qui n’est qu’hypocrisie. Un énième masque qui ne prend plus. — Un quarantenaire si curieux… Elle se fait insolente à reprend ses propos passés. Et sa main vient glisser sur son bras. Elle remonte le long de cette épaule robuste. Son souffle chaud taquinant la nuit noire. Elle se hisse sur la pointe des pieds. Ses doigts venant côtoyer sa bouche. Un dérapage sensuel qui suffit à l’amuser. Sourire aiguisé. Sourire carnassier. S’il savait. S’il comprenait cette comédie. Ce vague à l’âme d’une vie désabusée. Elle coupe court à toute la distance. La faiblesse des hommes. L’usure du désir. La sensualité comme pièce rivale avec la raison. Elle pose son autre main dans sa nuque et le force à courber l’échine. — Je ne suis qu’un passage, un souvenir qui s’évanouira demain aux aurores. Chaque mot devient un conte qu’elle souffle de ses lèvres séductrices. Un baiser à peine avoué. Un baiser qui n’est qu’un fantôme. Une caresse aussi brûlante que furtive. Elle continue de sourire. Ivy, cette sirène qui effleure son cou. Ivy, cette succube qui se rapproche de son oreille. Ses dents prêtes à mordre. Ses dents prêtes à saisir sa peau pour y laisser une trace. Une morsure au coeur. Une morsure à l’âme. Elle voit plus clair Ivy. Elle se perd entre le jeu, les effluves du champagne et son propre désir.
— Faites-vous parti de leur clan ? La question paraît froide, corsée et terriblement lourde de sens. Parti de ce clan. Parti de ces monstres. Parti de ce trafic où les armes se baladent d’un continent à l’autre. De ce trafic où le pognon se fait empereur. Où la morale s’absente. Elle évoque une interrogation aussi vague que ses sentiments. Pour créer le trouble. Pour voir s’il va réagir. Si son corps va se tendre. Si ses yeux vont se mettre à briller d’une infime culpabilité.  — Etes vous un de ces hommes ? Elle le regarde avec tant de sérieux, avant tant de désillusions au creux de ses prunelles. Un coup d’oeil vers la grande salle. Celle où les silhouettes s’animent sur une mélodie classique. Les bourgeois qui dansent, qui boivent et mangent dans une insouciance répugnante. Et elle se focalise sur lui. Son corps collé au sien. Ses yeux scotchés à son regard aussi sombre que le ciel. Il paraît un brin tendu. Un brin désarmé. Un brin surpris. Le sourcil à peine arqué alors qu’elle se plaît à maltraiter ses idées. — Un homme faible, j’veux dire. Et elle sourit Ivy. Là où ses pulpes peuvent presque s’accrocher aux siennes.
La sirène face au bourreau.
Et sa mélancolie qui sème la discorde.

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MessageSujet: Re: we're burning down @mathias.   Lun 1 Oct 2018 - 22:17

Une voix pour couvrir le silence. Nos pas enchâssés sur le marbre. Et l’illusion presque parfaite d’une valse amoureuse. Je me noyais dans la sensualité de ses gestes, dans la friction de ses cuisses sous les plis de satin. Une peau asservie par le froid, suppliant d’épouser mes formes et mes caresses. Louange du corps devenue prière de l’âme. Appel à l’aide et à la déroute. Mais les regards étaient revolvers. L’insubordination bordait ses lèvres rosées sous les clairs de lune. Une femme magnifique aux allures vénales et trompeuses. Une jeunesse qui transcendait, qui tranchait le coeur. Je voyais ses jeux. Et je tombais dans les pièges. Un sourire naïf, offert sur le rebord du balcon. Seulement, elle. Des étoiles qui se transformaient en cendres dans le ciel. Poppy murmurée. Poppy regardée et enlacée. Fleur fanée au milieu des cadavres. Pétale de sang et d’amertume. Tant de vérités que les prunelles crachaient à la face du monde. Je tendis la main vers son épaule. Un tango du diable, guidant nos coeurs vers la pente vertigineuse. Elle n’avait peur de rien. Et il n’y avait rien à craindre, seulement la noirceur de la nuit. Le désir secret qui brûlait les reins et la chair. Je tenais sa silhouette sous mes griffes. Un mal qui se faufilait en moi. Un trouble génétique et meurtrier. Je faisais partie de ces argentins. J’étais le frère dernier, le plus populaire et le plus aimé. Celui qui avait bravé la Miseria pour porter les souliers d’or. Un gamin farouche, troquant son âme pour la gloire d’un jour.  Palmarès de champion. Victoires prodigieuses. Une carrière florissante, suffisant à combler tous les vides financiers. Ortega ce nom qui résonnait dans les sphères de Buenos Aires. Une notoriété mondiale et reconnue, faisant pâlir de jalousie les plus grands cartels de Colombie. J’étais celui là, l’ombre derrière le monstre impétueux. Le vice à l’état pur, noyé dans une expression chaleureuse. Je m’oubliais et je tombais. Ma passion était lestée par le temps. Des souvenirs devenus mirages. Des séquences capturés par les photographies et les montages vidéos. Chaque moment de vie, de la première compétition à la chute violente. Je soupirais en me penchant vers son visage. Elle aimait ça — le danger, l’incertitude. Sa main passait sur mon épaule. Je l’observais avec intensité, laissant ses phalanges rouler sur les muscles fléchis. Elle avait l’avantage du sexe. Et je possédais des années d’insouciance. Des sentiments refoulés et réprimés. Une fille oubliée pour lui épargner un héritage mortuaire. Que pouvait-elle savoir de mes maux ? Des chaînes qui entouraient mes poings et mon coeur ? Je me courbais afin de maintenir mon emprise sur ses hanches. Mon rire fusait dans l’espace. L’insolence était l’instrument de torture, la force de caractère qui, elle espérait, suffisait à faire ployer mes défenses. La position changeait. La musique s’élevait et nous vacillions. Son dos contre la balustrade et le mien incliné dangereusement vers son cou. Un équilibre instable, faisant frémir mon genou et l’os fracturé. « Je fais partie de leur famille. C’est pire. » Une association du sang par le sang. Des valeurs répugnantes et l’obligation d’abdiquer — d’accourir pour sauver ces frères et ces pères. Mes yeux étaient des abysses noirs. Des lucarnes où la lumière se dissolvait pour se transformer en ombre grumeleuses. Je n’étais le pantin de personne. Seulement un masque pour l’organisation. Une juste mesure entre le mal et le bien. «Je suis faible. Et vous êtes folle. » De provoquer un courroux qui n’était pas mien. De fouiner dans une cause qui ne m’intéressait pas. Je souris et posais mes lèvres au coin de sa bouche. « Vous vous intéressez beaucoup. Vous voulez devenir le trophée de l’un d’entre eux ? Parader sous les lustres et les cristaux des grandes scènes. Mala mia, je ne serais d’aucune utilité ni ce soir, ni demain. Sachez mademoiselle que l’aurore est rare dans les basfonds d’Argentine. Et vous, malgré la beauté et l’éloquence de vos mots, n’êtes en rien différente des papillons qui ont brûlé en volant trop prêt de la source de lumière. » Et le baiser glissait. L’étreinte se condensait et la langue chatouillait la commissure d’une lèvre malicieuse. Mes paumes s’enfonçait dans son bassin. Un arc de l’iliim redéfinit par une prise sauvage et interdite. Je la soulevais afin de basculer sa tête dans le vide. Une exaltation étrange. Un instant suspendu entre ciel et terre. Puis le retour brutal. Son bassin empoigné et le second baiser. Celui qui attisait la flamme.
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MessageSujet: Re: we're burning down @mathias.   Ven 5 Oct 2018 - 19:32

Ivy, elle joue avec le feu. Une danse sanguinaire au milieu des flammes. Les ténèbres qui s’abattent et qui ravagent l’opale de la nuit. Les étoiles qui brillent. Les étoiles qui témoignent de cette scène irréelle. La sirène qui ronge. La sirène qui cherche. Les pulpes qui claquent. Et le palais qui s’extasie à chaque mot qui frôle l’air. Le contact devenant une brûlure. Aussi surprenante que folle. Le contact qui devient une nécessité. Inexpliquée et violente.
Le palpitant qui grogne. La rage qui veut s’exiler. La vengeance qui échaude son échine. Ses yeux qui deviennent des éclairs. Une foudre captivante qui dévore le creux de son ventre. Les entrailles déchirées des souvenirs. Ils sont nauséabonds. Le goût de la gerbe qui remonte. Sa cage thoracique se soulève de manière anarchique. Lui, il remarque rien. Il se contente de la regarder se pavaner. Il esquisse des sourires. Il fronce les sourcils. Le désir venant rompre la distance. Le désir venant les bouffer comme une maladie incurable. Les silhouettes qui se frôlent. Et l’impression de toucher sa proie. L’impression de maîtriser la situation. Un pion. Un putain de pion au milieu d’une ivresse incontrôlable. Y a cette musique qui se dégage. Les notes qui s'affolent. La tension de la mélodie venant défier les astres. Les mouvements qui se déploient et deviennent un aimant à cette musique. Le corps à corps près de la balustrade. Et ses mains à lui qui capturent ses hanches. Ivy qui se laisse surprendre. Elle se laisse apprivoiser pour la forme dans une contradiction déroutante. L’envie de se venger. L’envie d’obtenir des informations. L’envie de comprendre.
Puis sa peau qui frissonne. Sa chute de rein qui se creuse. L’air qui valse sur le fantôme de son dos courbé. Elle l’observe. Et son sang se glace à cet aveu. Il est issu de leur famille. La famille du sang. Une généalogie diabolique. Des liens tissés autour de la violence. Autour des actions si sombres que la lune disparaît. Que le ciel devient orphelin.
Et quand son dos cogne à la balustrade, Ivy lâche un soupire. Elle se cramponne à lui. Y a ce contact éphémère. Sa bouche qui frôle le coin de la sienne. Un mouvement à peine chaste qui devient l’écho d’une sensualité arriviste. Ils se cherchent. Leurs mondes entrent en collision telle un battement cardiaque. Tel ces palpitants qui s’accélèrent et deviennent ivres d’une sensation retrouvée. Ivy, à l’âme brisée. A l’âme déchirée par le drame. La sueur au coin du front en y repensant. La vue brouillée par les ombres qui se déchainent.
Le monstre, celui qui rôde. Le monstre, celui qui marque sa peau.
Le monstre, ce fléau qui rythme un univers bancal. Un univers brisé.
Son monde qui ne tourne plus rond et se suspend à ses mots. À ce discours qu’elle vomit. À ce discours qu’elle rêve de faire taire d’un revers de la main. L’image d’une femme trophée qui se cherche. L’image d’une femme qui se perd dans les abysses. L’image de la luxure qui devient impériale. Comme si Ivy ne cherchait qu’une reconnaissance fugace. Devenir l’objet d’un ces hommes. Devenir le pantin à manier avec des fils effrités. Elle ricane. Elle se sent partir. Défaillir sous l’instant dont elle perd le contrôle. Puis les mots qui s’évaporent. Les mots qui s’absentent quand leurs lèvres se trouvent. Un baiser vif. Un baiser qui apprivoise la poupée. Elle pose une main sur son épaule quand les siennes glissent vers son bassin.
La gamine au coeur brisée devenant prisonnière d’un bourreau. Celui qui voit le sang se répandre. Celui qui entend les supplications. Le danger s’affole. Son corps en suspend près du vide. Comme si son corps pourrait chuter. Comme si corps pourrait se disloquer sur le bitume.
Une pause. Elle est infime. Les échos de leurs soupires. Cette dynamique rauque et la reprise d’un baiser. Un second. Un rêve à peine vécu. L’impression d’éprouver du désir. L’impression de se perdre entre sa raison et ses envies. Ses doigts qui se mêlent à ses mèches ébènes. Puis son coeur qui se soulève. Et ce recul. Ses lèvres à peine séparées. Ses pulpes se faisant orphelines.
— Je n’ai pas envie d’être un trophée pour eux. Les mots sont crachés avec une froideur édifiante. Un contraste qui devient amer. Un contraste qui ronge son coeur. Une vérité assumée avec cette pleine lune qui témoigne. L’effusion des doutes. Les craintes qui gagnent. — Mais regardez les. Il suffit d’un sourire, d’un contact, d’un peu d’ivresse pour leurs laisser penser que le terrain est conquis. C’est assez drôle je trouve. Réaliser à quel point ils se croient au dessus des lois, au dessus de la réalité. Comme si le sang pouvait couler, comme si le sang devenait roi. Mais la vengeance est partout. Elle rode comme un animal enragé. Et chacun paiera tôt ou tard.
Le ton est véhément. Les confessions paraissent réelles. Et tellement sanguinaires. L’espace de quelques secondes, c’est une réalité dégoulinante de haine qui vient frapper son visage. Comme une claque phénoménale. Comme un appui dévasté. Elle se sent idiote. Presque apeurée d’être démasquée. Alors elle retrouve de sa splendeur, Ivy. Le sourire qui courbe ses pulpes.  — Alors non, tout ça ne m’intéresse guère. Ni eux. Ni personne. Mais le champagne n’est pas trop mauvais. Et certaines compagnies se révèlent…intéressantes.
Et pour ne pas affronter les questions de l’argentin, elle le force à reculer. Un duel. Un tango qui s’affole. Une danse qui s’embrase comme le témoin muet du pire. Ses pas font écho aux siens. Et elle fait cogner son dos à même ce mur glacé. Une main contre son bras. Une autre sur le col de sa chemise. Et il courbe l’échine. Et elle devient insolente en remuant ses lèvres près des siennes. Un nouveau baiser. Un instant de grâce pour s’enfoncer dans ses mensonges. Ses phalanges qui filent sur son buste, puis son ventre. Cette jambe blessée. Ce précipice qui grogne de désir. Cette ivresse. Ce besoin. Celui qui gagne ses pulpes. Ce corps à corps oppressant, presque angoissant. — Vous ne devriez pas perdre votre temps avec un tel papillon. Echo à ses paroles. Echo à ses pensées qu’il croit réelles. Leurs lèvres qui se séparent. Mais sa silhouette qui continue d’emprisonner la sienne.
Jusqu’à l’affolement.
Jusqu’à la chute.

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