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 les bagatelles apothéotiques (bellamy)

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MessageSujet: les bagatelles apothéotiques (bellamy)   Mer 29 Aoû - 22:16

nous nous sommes rencontrés dans un caveau maudit
au temps de notre jeunesse

il n'essaie même pas de faire semblant. il n'essaie jamais de faire semblant d'écouter lorsqu'on lui adresse la parole. ses yeux noirs arrimés sur un point qui n'existe que pour lui,  sa main étreignant indolemment un verre de champagne, il s'oublie dans une ataraxie qui lui est propre. son palais d'indifférence dans lequel il se réfugie, aveugle, sourd, muet, enfiévré d'une atonie grisante. l'animadversion de stradivari est illustre, presque historique dans la sphère réduite et intemporelle de l'industrie cinématographique. tant que seuls ceux qui ont du cran osent encore l'aborder à ces rares événements où on peut le trouver.
complication : trouver quelqu'un qui a du cran dans le monde du cinéma équivaut à quelqu'un qui méprise gorbatchev en russie. l'audace est une qualité indispensable pour ne pas être évincé, spolié, massacré par les géants du septième art. il faut du courage pour s'imposer au milieu d'une oligarchie mécanique régie par des hommes d'affaire qui supplante le divertissement à l'art. auteurs, acteurs, techniciens, tous portent leurs couilles, et tous voient figaro nikita stradivari comme le défi à relever. et ils veulent des rôles, de l'attention, des insultes, des opportunités, des afflictions à bousculer, et tant mieux si on peut renverser le tyran de l'écran d'argent, tant pis si on s'en sort avec une balafre tant qu'on a la fierté. figaro est une bête de foire – il s'en rend compte, ne s'en désoblige qu'occasionnellement.
il a déjà oublié le nom de celui qui lui parle – quelque chose à coucher dehors, alcibiade peut-être ? il lui parle beaucoup trop vite, de beaucoup trop de choses, et ne doit son salut qu'à quelques exclamatives en russe qu'il case, par-ci, par-là. figaro ne souffre ses soliloques interminables seulement pour le plaisir de retrouver quelques échos de la mère patrie. О, теперь, когда я думаю об этом, я знаю кого-то, с кем тебе нужно встретиться!* le réalisateur ne relève pas, mais il se pince les lèvres alors que son insupportable locuteur l'entraîne trop vite à travers la foule trop dense, toujours plus vers cette personne qu'il n'a surement aucune envie de rencontrer. ils s'arrêtent, subitement, derrière quelqu'un qui leur tourne le dos. je suppose que vous le connaissez déjà, mais -... mais figaro l'interrompt, alors que l'autre ne daigne toujours pas les regarder. il est vrai que cette silhouette ne m'est pas étrangère, et elle est trop hors du commun pour être celle d'un homme d'affaires. il ne sait pas pourquoi il a dit ça. il ne parle même pas comme cela habituellement, mais c'est comme une évidence, une phrase qui lui fait froncer les sourcils mais qui sonne juste dans cette narration précise.
l'autre se retourne.
et figaro ne sait pas pourquoi
mais il sent qu'il le déteste comme il n'a jamais détesté personne
et il adore ça.

*oh, maintenant que j'y pense, il y a quelqu'un ici que vous devez rencontrer !

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MessageSujet: Re: les bagatelles apothéotiques (bellamy)   Jeu 30 Aoû - 1:14


nous nous sommes rencontrés dans un caveau maudit
au temps de notre jeunesse
C’est Gatsby le magnifique. Celui qui n’était rien et que tout le monde attend désormais. La foule se presse autour de son costume framboise, révélant ses boucles brunes parfaitement farouches. C’est un grand Charivari où tout le monde joue la comédie. Tous parés de bijoux, le nez rempli de poudre, de défroques plus sublimes les unes que les autres, ils cachent leur vraie nature derrière de grands sourires trop blancs et des rires à s’en ruiner les cordes vocales. Les femmes vendraient leur corps au moindre producteur, les hommes vendraient leurs sentiments à la moindre blonde en talon aiguille. Un liquide ambré pétille au fond des coupes, plutôt maltraité par le fracas frénétique des verres, un genre de tradition française parfois exagérément agrémentée d’un « Tchin » mal prononcé. Quelques maladroits marchent sur les traînes des robes, de drôles de funambules se pressent sur la piste de danse, intimidant le moindre amateur. C’est une soirée digne d’Hollywood, le show-buisness se ressemble peu importe le pays. Ici il n’y a pas de barrière des langues, les gens parlent avec celle de l’or, des billets verts, bleus, violets. Le rêve n’a jamais été aussi concret, n’a jamais eu autant d’odeur, celle de l’alcool et de la sueur maladive. Pourtant Bellamy chérit ce genre de soirée, s’y complet comme un coq au sein de sa basse cour. Un genre de théâtre à ciel ouvert où tout le monde se donne en spectacle pour trop peu de spectateurs. Le brun est l’un deux, malgré son costume digne d’un Arlequin sublime, il est le premier admirateur, le premier à attendre dehors après la pièce, le premier à en redemander. Il n’y a rien de plus superbe qu’un cabotin qui s’ignore. Ici, ils sont tous, lui le premier, les victimes d’une comédie pathétique et Molière rit quelque part dans les coulisses. Il frôle des mains autant qu’il les serre, sa paume brûlante croisant celles d’hommes nerveux. Des lèvres toutes plus carmin les unes que les autres viennes presser ses joues. Elles savent séduire à la française, elles savent qu’il adore ça. Ses mains se glissent dans le creux d’hanches de femmes déjà prises. Elles ne s’en heurtent pas, c’est une coutume ici, personne n’est libre et tout le monde l’est un peu. Des contrats se signent dans des mouvements de bassin. Mais l’acteur reste sage, imperturbable, suivant ces silhouettes aussi éphémères qu’épatantes de ses yeux clairs à travers tout semble pouvoir résonner. Il ne semble pas ciller le moindre du monde et tout semble lui plaire. C’est la diva la plus tendre du monde lorsqu’il est de sortie, tout le monde jurerait que c’est un amour. Parce qu’il est agréable Bellamy, seulement a priori, il a quelque chose de malin dans le regard que l’on ignore malgré tout. C’est Gatsby le magnifique, une suite ininterrompue de gestes réussis, le roi d’un royaume inconnu où tout semblerait étincelant alors que tout serait noir. 



C’est à une énième rencontre qu’il fait face, pivotant sur lui même pour que ses yeux bleus croisent ceux sombres d’un homme qui connaît trop peu et pourtant qu’il lui est impossible d’ignorer. Et en l’entendant, le visage de Bellamy se fend d’une fossette. « Monsieur me flatte en me dispensant de la physionomie d’un bête marchand de tapis. » Dit-il dans un léger sourire, fixant désormais son interlocuteur comme s’il était devenu l’unique convive de cette soirée. « Quant à la vôtre, d’ailleurs délicieusement relevée par ce que je crois être un accent russe, elle me pousserait à penser que vous êtes monsieur Stradivari. » Il lui lance alors en mimant le doute, bien qu’il n’en est rien. C’est alors qu’il vient tendre sa main basanée, sans le lâcher une seconde du regard. « Bellamy Headey. » 
Fire meet gasoline.


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MessageSujet: Re: les bagatelles apothéotiques (bellamy)   Mar 4 Sep - 15:08

nous nous sommes rencontrés dans un caveau maudit
au temps de notre jeunesse

c'est la collision cataclysmique de deux astres qui s'opère devant des spectateurs inconscients. vénus et mars qui s'entrechoquent au dessus de la terre, et on assiste à cette apocalypse comme s'il s'agissait d'un feu d'artifice. figaro (le terrible) qui se tient là, les joues creusés et ses yeux de jais soulignés par des cernes couleur encre et, face à lui, bellamy (le sublime) se dresse, certains de ses atouts et de son pouvoir. stradivari ne s'émeut pas de la présence d'un tel acteur. là où tous les autres réalisateurs se seraient jetés aux pieds de bellamy, baisant sa main en lui promettant oscars et césars s'il daignait honorer leur prochain film de sa présence, figaro garde sa posture nonchalante, l'air ennuyé. et pourtant, dieu seul sait à quel point cet individu l'intéresse. ses yeux, au lieu de vagabonder dans l'inanité indéfinie de la pièce autour de lui, ne s'affranchissent pas de la silhouette de l'oscarisé. et malgré la neutralité apparente de son visage, on peut sans mal deviner qu'il écoute réellement ce qu'il lui dit. ou du moins, qu'il fait semblant – ce qui est déjà beaucoup de la part du russe. cependant, la bienséance britannique de bellamy l'irrite – et ses dents grincent, comme si on avait frotté la pulpe de ses doigts contre du papier de verre. pas besoin d'envelopper ça dans tant d'adverbes et de formules inutiles, qu'il crache avec un éréthisme non dissimulé. sa maîtrise hasardeuse de la langue de shakespeare lui fait glisser tous ces mots inutiles entre les doigts – il les entends tomber de la bouche de l'acteur à un rythme rapide et cadencé, mais n'en saisit que le sens général – une signification parsemée d'inconnues et de non-dits. et ces teneurs qu'il ne saisit pas l'exaspèrent, font un peu plus bouillonner ces remous intempestifs qu'il a au fond des yeux et au fond du coeur. oui, je suis figaro stradivari, merci beaucoup. sa phrase n'est pas lâchée avec moins d'animosité, et il se contente juste de détourner les yeux quelques secondes. ce qu'il voit de bellamy à présent, ce n'est qu'un arriviste ayant prospéré grâce à une éducation de belles-lettres et de savoir-vivre. la délicatesse offerte dans la main tendue de bellamy que figaro refuse de saisir le répugne, et pourtant, le bouillonnement de son sang le mène à un mysticisme certain. il ressent, et les émotions se font tellement rares ces derniers temps. l'effervescence enthousiaste des saisissements le retient, et il ne peut se résoudre à tourner les talons pour planter ici son interlocuteur comme il l'aurait fait pour n'importe qui d'autre. et c'est cela qui, contre toute attente, le pousse à relancer la conversation à laquelle il vient pourtant de mettre un net arrêt il y a quelques instants. on m'a dit que t'étais un acteur hors-pair, headey. il tutoie, se complaît dans une familiarité de comptoir qui choque la plupart du temps. il ne parle pas de la sorte pour le pur plaisir de l'esclandre pour une fois, mais bien parce qu'il tient absolument à s'éviter les pompeuses formules de politesse anglaises. son accent russe encore trop prononcé lui donnerait de toute façon l'air d'un paysan qui veut se faire aristocrate. je ne vais pas trop au cinéma, je n'oserais jamais en juger par moi-même. un mensonge qu'il ne joue même pas. figaro a commencé à le juger à partir du moment où il a appris son existence. mais j'espère quand même que ce rôle du parfait bourgeois n'est qu'une démonstration de tes talents, hein. je veux pas croire que tu sois naturellement aussi emprunté. et de nouveau, ses yeux charbonné viennent trancher ceux de bellamy, sibyllins, glacés et pourtant bouillonnants.

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Dernière édition par Figaro Stradivari le Jeu 27 Sep - 14:23, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: les bagatelles apothéotiques (bellamy)   Dim 23 Sep - 22:41


nous nous sommes rencontrés dans un caveau maudit
au temps de notre jeunesse
C’est un tourbillon immobile tout autour d’eux. Personne ne sort des rangs, tous restent bien à leur place, se tordant le cou pour mieux s’entendre rire. C’est un brouhaha de voix toutes plus hautes pour se différencier de l’autre, de cliquetis entre les coupes de champagne qui ne cessent de s’entrechoquer. Le monde tourne dans cette épaisse tornade lumineuse à laquelle personne n’échappe. Tous se trouvent emporter dans cette danse comique où chacun cherche à cacher son déséquilibre. Bellamy se réjouit de cette cour dont il connaît toutes les ficelles. Il ne jure que par les messes basses et petits sourires en coin, par ces fausses romances interdites et ces jeux de désir qui n’ont plus rien d’excitant. C’est du cinéma vu et revu, la cour de Louis XIV. Mais qui est vraiment le roi de cette nuée de zombis aux talons boitant ? Les grands producteurs, dont l’argent glisse des manches tant ils ne savent qu’en faire ? Les oscarisés dont il fait partie et qui n’ont plus rien à prouver si ce n’est que le monde ne s’est pas trompé, encore et encore ? Les petits nouveaux, ceux qui n’ont aucune place et aucun nom, mais justement le monde à conquérir et tant d’erreur à commettre ? Un peu tout cela sans doute. Pourtant, le vrai marionnettiste est là, dans l’ombre, moqueur est taquin. C’est celui qui voit, qui se recule, qui souffre aussi de la laideur de ce monde. Une laideur sublime digne d’un roman baroque. Et pourtant dans ce monde sans pitié où s’agglutinent tous les demeurés, une bulle s’est formée. Comme un monde dans un autre, une mise en abyme. Ils sont là tous les deux, l’un devant l’autre, se lançant plus de pique en une seconde qu’une armée en pleine croisade. Et rien d’autre ne semble vraiment importer, tant qu’ils se brûlent, tant qu’ils se tâtent. Figaro Stradivari est un de ces personnages qui ne s’oublie ni ne s’ignore. Détesté des médias auxquels il persiste à donner du fil à retordre, il est presque plus connu du grand public pour ses excès d’humeur que pour ses films. Génie pour certains, monstre pour d’autres, Bellamy n’a jamais considéré les adjectifs comme contraire. Difficile de ne pas trouver cela hypnotisant, surtout pour un acteur aimant tant les défis. Et aussi surprenant cela peut-il l’être, Bellamy ne l’a encore jamais rencontré. Ce sont deux astres qui s’ignorent encore tout à fait, pour un mélange de snobisme et de défiance. Rien de plus beau au monde, en soi. « Pas besoin de me supporter. » Réplique aussitôt le bouclé en perçant son adversaire du regard. Celui-ci vient presque de mordre sous le poids grossier et trop orné des mots de Bellamy. Au fond, il se doutait un peu qu’il réagirait comme cela. L’acteur est un semi-personnage à lui-même, pas tout à fait dans un rôle, mais forçant un peu les traits d’une aristocratie qu’il doit sans doute avoir dans les veines et qu’il persiste à appuyer. Mais au fond il n’a pas tord ; il est même plutôt surpris. D’habitude le russe se serait contenté de se détourner, mais c’est sans la moindre hésitation qu’il perd son temps à répliquer. Et ça, ça ne peut que plaire au bien. Pas besoin de se supporter non, alors pourquoi le faire ? Et il poursuit malgré tout, oui, il persiste et signe. Ces deux-là sont pourtant faits pour se détester. « C’est ce qu’on dit, oui. » Il poursuite dans un air un peu désintéressée, faussement en vérité, avalant une gorgée de sa coupe de Champagne. Mais le Russe finit d’attiser son goût du jeu et Bellamy lève un sourcil, tandis qu’un léger sourire vient se glisser près de sa fossette, au coin de ses lèvres. « J’aurais aimé que vous me fassiez l’honneur d’au moins me comparer à un aristocrate démodé, je sais votre amour pour ce genre de classe et j’adorerais lutter avec vous. » Il fait de son air toujours infiniment poli, son grand sourire d’emmerdeur. En vérité, il ne sait même pas si Figaro a vraiment envie de jouer, mais la chose est bien trop tentante. Bellamy n’a pas le moindre espoir de jouer dans un de ses films un jour, ce serait trop risqué, ça ne pourrait que finir mal. « Si mon comportement vous agace déjà je ne saurais que trop vous inviter à m’écrire un script pour le détruire un peu. J’ai cru comprendre que vous étiez un expert pour ce genre de décadence. » Figaro n’a aucun intérêt pour la noblesse. Bellamy n’en a que dans la vie. Mais bizarrement, l’idée de l’imaginer écrire sur la manière la plus cruelle que de détruire la grandeur bellamienne à l’écran dans un de ses personnages l’excite terriblement. « Enfin, ne faisons pas comme si j’avais la moindre chance de jouer un jour pour votre caméra, ni vous de m’avoir dans un de vos films, non ? Nous valons mieux que ça. » Et il le fixe. Toujours. Intensément. Pour toujours.
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MessageSujet: Re: les bagatelles apothéotiques (bellamy)   Jeu 27 Sep - 14:24

nous nous sommes rencontrés dans un caveau maudit
au temps de notre jeunesse

un oléoduc qui explose, et les neiges éternelles fondent tout autour de l’âme figée de stradivari. il étouffe alors que ses yeux ne parviennent pas à quitter ceux de l’acteur, il étouffe alors qu’il ne peut pas se détourner. un ouragan, et il s’étouffe, cherche l’air qui comprime ses poumons sans vouloir y pénétrer. et pourtant, figaro reste digne. parce que le névé de ses yeux ne cède pas encore sous les assauts de ce que l’acteur suscite en lui – l’intérêt, ça pourrait bien être ça. pourtant, les grandes phrases complexe de bellamy l’exaspèrent, son sourire suffisant et son air fier sont la représentation même de ce qui répugne le russe. un bourgeois, un petit con arrogant persuadé que l’or qui pleut sur lui équivaut à la richesse de son âme. et les préjugés que figaro construit précipitamment ne sont qu’une barrière de substitution, superficielle, fragile, illusoire, qu’il se dépêche d’ériger entre lui et l’acteur. être intéressé par headey, par ce que sa grande gueule a à lui dire, c’est la négation de tout ce que figaro pense savoir de lui-même. c’est poser les armes devant un ennemi plus petit que soi avant même d’avoir commencé à se battre. parce que l’anglais a la main au fourreau, c’est évident, et ce, même derrière son air faussement courtois. il n’hésitera pas à dégainer son épée, à la lui planter dans l’estomac, à lui déchirer les artères jusqu’à ce que son regard de lion se reflète dans l’écarlate de son sang. figaro grimace légèrement. si son sang doit couler, ce n’est que parce que lui l’aura décidé – et son esprit court, galope, d’idée en théorie, d’image en fantaisie, et stradivari ne reconnaît même pas les signes avant-gardistes de la panique, de la confusion, de la peur. bellamy est un être de feu, probablement insensible aux vapeurs brûlantes d’azote qui enveloppent le cœur de figaro. il lui suffirait de tendre la main, d’enserrer son palpitant, de le serrer. et clac.
peut-être qu’il sentirait la douleur cette fois.
la mort.
son accent anglais exagéré glisse le long de son âme comme des ongles manucurés traînent sur un tableau noir. c’est à peine si le réalisateur comprend ce que son locuteur essaie de lui dire. et pourtant, ses tympans meurtris en demandent encore, et malgré toutes ses tentatives de se détourner, de clore définitivement cette conversation qui ne lui apportera probablement jamais rien,
il demeure.
les mains dans les poches, le regard ancré dans l’océan des yeux de bellamy mais fixé sur un point qui semble plus lointain encore, son visage est fermé. comme d’habitude. ses yeux ne brillent pas, semblent visualiser quelque autre scène que celle qui prend place devant ses yeux, chaque muscle de son corps semble être crispé. ce sempiternel point de non-retour sur lequel stradivari semble trouver un équilibre systématiquement incertain. et on le fixe, on est inquiet, parce qu’il est un être primal. on ne peut jamais anticiper la prochaine catastrophe, le prochain ouragan, la prochaine éruption. lorsqu’on met le doigt sur la fatalité prochaine, elle est finalement plus immédiate que prochaine, et les rochers ensanglantés de flammes infernales décrivent déjà leur démoniaque arc-de-cercle dans une atmosphère crépusculaire.
les gens autour d’eux – ou bien plus certainement autour de bellamy, car il attire les opportunistes comme une montre en or attire les pies – semblent sentir l’imminence de l’explosion. ils s’excusent, sont soudainement plus intéressés par les petits fours ou par leur voisin inconnu des tabloïds que par l’aura spectaculaire d’headey. et figaro bloque sa respiration, son index craquant alors qu’il crispe un peu trop son poing dans la poche de son costume pourpre. décadence. la répétition du mot employé par bellamy est, dans la bouche du réalisateur, sifflée, et un accent russe de plus en plus facile à discerner appuie un peu trop fortement sur la troisième syllabe. mes méthodes n’impliquent pas de décadence, headey. c’est un honneur que j’fais aux petits cons dans votre genre que de les débarrasser de leur a priori superficiels et hautains pour les faire devenir des êtres, plutôt que des paraîtres. soudain, il s’approche de son interlocuteur, et la foule autour d’eux à un mouvement de recul. ses yeux dans ceux de bellamy, il est beaucoup trop proche pour que sa position soit acceptable aux yeux de la bienséance. il ne le touche pas, cependant. pas physiquement, en tout cas. tu serais pas foutu de jouer dans un de mes films, bellamy. trois jours. trois jours et tu chialerais ta mère, t’aurais beaucoup trop peur de perdre les courbes de ton visage ou de ton corps. elles sont beaucoup trop parfaites, hein ? я не делаю этого в материальном совершенстве. вы, капиталистические актеры голливуда, вы меня отвратителен, вы презренны, и я плюю в рот, если мне не нравится, что моя слюна касается вашей отвратительной кожи.* et les derniers mots sont crachés, dans un russe si violent, si empli de rage, qu’on peut entendre dans ses accents écorchés toute la furie des empereurs déchus du pays des tsars.

(je ne fais pas dans le matériellement parfait. vous autres, vous les acteurs capitalistes d'hollywood, vous me répugnez, vous êtes méprisables, et j'vous cracherais à la gueule si ça ne me répugnait pas que ma salive touche votre peau dégueulasse.)

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