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MessageSujet: somebody else. (ford)   somebody else. (ford) EmptyMer 29 Aoû 2018 - 0:58

— I can't give you my soul,
Cause we're never alone.
[ ford & seth ] @the1975

Seth, il a le palpitant encore gorgé d'adrénaline de sa dernière scène et ça coule jusque dans ses phalanges tremblantes. C'est grisant, de confier sa vie et son intégrité physique à quelques câbles, des techniciens qui s'alignent derrière les caméras pour assurer leur sécurité. Mais Seth, il en demande toujours plus, car ça ne fait jamais assez mal. Ce n'est jamais assez dangereux. Même quand les hématomes fleurissent sous son épiderme, même quand ses articulations pleurent sur les figures improbables. Il se coule sous la peau de son personnage et souffre avec lui, meurt à ses côtés – chute après chute, cascade après cascade. Ses poumons brûlent encore et une douleur presque exaltante enlace ses côtes, alors qu'il traîne des pieds pour rejoindre une autre partie du studio, où il espère trouver une de ces paires de petites mains qui font des miracles. Le costume est abîmé, trop pour survivre à la prochaine scène qu'ils doivent tourner et Seth, il cherche quelqu'un de compétent. C'est l'effervescence dans les studios, ça court dans tous les sens, mais personne ne s'arrête ; ils sont tous occupés ailleurs. Abberline, il ravale son impatience, la dilue dans une bonne gorgée d'eau, puis il se dit qu'il va aller fumer une clope. Peut-être enfin qu'on se rendra compte de son absence ; peut-être qu'on s'inquiétera enfin de ses demandes. Fucking drama queen. Un soupir glisse de ses lippes et il s'oriente vers la sortie, mais il y a cette silhouette qui coupe son horizon, ces yeux clairs qui percent dans l'ombre. Un sourire en coin s'accroche au bord de ses lèvres et son cœur carbure à autre chose encore. Les souvenirs défient les lois du temps et pourtant, il aimerait tant tout oublier. « Tu t'es perdu Rosendale ? Ou t'es encore en mission pour l'autre ? » L'autre. L'agent aux pratiques douteuses. L'agent qui balance des rumeurs à en briser les cœurs. L'agent qui ne jure que par les zéros couchés sur les chèques qu'il reçoit. Il garde ses distances Abberline, accroche son regard, mais cache ses ressentis sous un sourire narquois. « Tu ne veux pas te rendre utile, pour une fois ? » C'est facile de provoquer et Seth, il ne sait faire que ça, pour cacher sa nervosité, pour garder un semblant de contrôle. Ford, il a toujours vu trop facilement au-delà de ses prunelles délavées, vu la solitude et les ravages d'une célébrité naissante. Il s'avance d'un pas et l'étoffe arrachée de son costume bouge avec. « T'es plutôt habile avec tes mains, si je me souviens bien. » Mille sens qui se cachent sous ses mots. Il provoque Seth, se rit des conséquences et du mal qu'il peut bien faire.

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MessageSujet: Re: somebody else. (ford)   somebody else. (ford) EmptyJeu 30 Aoû 2018 - 19:53

Fais ça, Ford. Appelle cette personne, Ford. Fais ci, Ford. Et toi, tu bouillonnes. Tu serres les dents, la mâchoire tremblante, mais tu t'exécutes toujours. Tu te traînes de studios en studios, de salles en salles. T'additionnes les coups de fil, t'additionnes les courses au Starbucks du coin. Tu cours à droite, à gauche, sans jamais te poser. Sans jamais respirer. Et putain, tu te demandes à quoi ça te sert de faire tout ça, à quoi ça te sert de subir tout ça. Parce que t'y arriveras pas, t'y arriveras jamais. C'est qu'un rêve que tu ne peux qu'effleurer du bout des doigts, par quelques minutes chanceuses. Par quelques minutes où tu te retrouves seul, enfermé dans la pièce avec les trop nombreuses étoffes. Et quand t'es là, adossé contre un mur, le profil caché par les ombres, c'est pas les jeux d'acteurs que tu regardes. C'est pas ses cascades à la con qui t'intéressent. Non. Tes yeux, ils sont bloqués sur ces bouts de tissu liés ensemble, sur ces couleurs accordées dans une harmonie presque parfaite. Sur ces costumes, qui pourraient se voir récompensés dans les grandes cérémonies. Mais y'a bien ce petit quelque chose qui manque. Y'a ce petit truc, qui fait toute la chose, et ce sont tes détails. Ces idées qui fleurissent dans ton crâne à chaque fois que tes yeux se posent sur ces tenues d'alter ego. Tu pourrais paraître bien sûr de toi, bien imbu de ton propre talent, mais tu connais ta valeur. Tu sais que t'as de l'or dans les doigts, mais que tu le gaspilles allégrement contre la couverture en cuir de l'agenda trop chargé de ton boss.
Les mains dans les poches, les yeux toujours tournés vers le plateau qui change déjà de forme, tu le vois très bien arriver dans le coin de ton œil. Un regard que t'arrives pas à éviter plus d'une poignée de secondes, et tes iris quittent l'effervescence pour l'unique corps qui se rapproche. Dans tes veines, le sang s'accélère. Dans ta poitrine, ton palpitant se serre. A peine à ta hauteur, et les mots sortent de sa bouche comme des échardes. Des mots auxquels tu ne veux même pas répondre. T'en as assez de son p'tit jeu à la con, de ce comportement médisant. Mais tes prunelles, tu ne peux les retenir, tu ne peux pas les contrôler quand elles scannent les moindres détails de sa composition. Dernière réplique, et tu soupires. Les bras croisés sur le torse, tu te mords l'intérieur de la lèvre. Tu te maudis de lui donner autant d'importance. « Va chier, Seth. », tu rétorques d'un ton acide, détournant tes yeux de lui. Des mots que tu regrettes presque instantanément, des mots sur lesquels il pourrait jouer. Des mots qu'il pourrait utiliser pour nuire à ta carrière, juste pour le sport. Tu sais pas de quoi il est capable, Abberline. Tu sais plus. T'as perdu toute notion que t'aurais pu apprendre, toute idée que tu serais faite de lui. Alors c'est l'âme en peine, et l'égo érodé que tu saisis entre tes doigts la manche déchirée du costume. « J'peux pas réparer ça en deux minutes, suis-moi. » Tes talons qui tournent, et c'est d'un pas rapide que tu te faufiles entre les décors entassés et les équipes de production qui s'affairent vers le plateau. Pas un regard en arrière, pas un mot en sa direction pour savoir s'il est bien derrière toi. Tu pousses la porte d'une pièce que tu ne connais que trop, désertée de ses occupants habituels. Sur les nombreuses tables se superposent des chutes de tissus et des outils propres à la couture. Et sans attendre un mot de sa part, tu t'mets à chercher le nécessaire pour réparer ses conneries.

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MessageSujet: Re: somebody else. (ford)   somebody else. (ford) EmptyDim 2 Sep 2018 - 19:19

Il a beau nier, il cherche toujours sa présence dans un coin du plateau ou au détour des loges. Capturer sa silhouette entre ses paupières, pour s'assurer quelques souvenirs cachés égoïstement dans son esprit. Rangés à côté d'autres, plus sulfureux. Les restes d'une nuit qu'il cherche pourtant à effacer. Qu'il garde comme une erreur au fond du cœur, une rature qui pèse lourd dans chacun de ses regards pour Rosendale. Il lui en veut, il s'en veut et il me lui fait payer à chaque fois qu'il le croise. Chaque rencontre qui se transforme en une confrontation, une énième bataille à mener pour ne pas perdre la face, ne pas dévoiler les failles qui morcellent ses sourires assurés. Il le fuit, Seth, le fuit autant qu'il y revient, à chaque fois. Insatiable, incapable de se tenir loin, de simplement s'accorder aux plans de son agent. Leo est belle, Leo est forte, mais Leo n'est qu'un mensonge. C'est l'autre, c'est lui qui anime le brasier au creux de ses reins, lui qui lui a cramé l'épiderme d'un millier de baisers perdus, pendant cette nuit de trop. Lui, qui attise encore et toujours le feu liquide qui coule dans les veines de l'acteur, appelant au jeu et aux excès. Les provocations claquent sur sa langue alors qu'il s'arrête à ses côtés pour le dévisager. Il contourne les limites de sa patience, arbore un sourire aussi victorieux que détestable. Il s'approche encore un peu, Seth, juste un peu. Assez pour souffler ses mots comme une confidence. « Ouch. De si vilains mots dans une si jolie bouche. » Il est détestable, assez pour mettre de la distance, assez pour faire tourner le goût du sucre à l'amertume. Il cherche à brouiller les pistes, Seth. Effacer tout ce que Ford pense savoir. Le détourner de ces vérités qu'il a su cueillir au bout de ses lèvres, entre deux mensonges.
Malgré tout ce qu'il peut prétendre, il a envie de le suivre, Seth. Alors il ne se gêne pas. Un pas après l'autre, vers une énième erreur – il le sait, il le sent. Il disparaît dans les ombres du décor, pour rejoindre l'atelier des costumiers. Il a entraperçu les talents et les rêves de Ford. Ambitions écrasées par un boulot minable d'assistant. Il se perd avec lui entre les étoffes, se noie dans un silence pesant. Il finit par retirer le haut de son costume, qu'il lâche sans grand intérêt sur le plan de travail, une énième provocation qui glisse de ses phalanges. Il entame une ronde et laisse ses doigts courir sur les meubles. « Qu'est-ce que tu faisais là ? Un message à faire passer ? » Car c'est sans doute ce que ferait son agent, utiliser Ford pour faire passer des informations, plutôt que se déplacer lui même. Seth, il continue à se déplacer entre les bobines et les aiguilles, les mannequins partiellement vêtus et les croquis qui s'accumulent sur les murs. Il revient finalement vers Ford et se hisse sur le meuble, empiète sur son espace de travail en s'y asseyant. « Ou peut-être que je te manquais ? » Un murmure perdu dans le vide alors qu'il penche la tête sur le côté, balançant tranquillement les jambes, comme un enfant impatient. Il regarde son costume déchiré, puis ses prunelles remontent le long des mains qui s'activent, pour s'ancrer au visage de Rosendale. Il n'a rien oublié, non, et c'est bien ça le problème.

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MessageSujet: Re: somebody else. (ford)   somebody else. (ford) EmptyLun 3 Sep 2018 - 20:38

Tu le détestes. Tu détestes cet air suffisant sur son visage, tu détestes cette fausse assurance dont il fait preuve. Tu détestes cette réaction qu'il te provoque à chaque fois que tu croises son regard. Cette explosion dans ton crâne, et le rythme qui s'accélère dans tes veines. Tu détestes cette boule qui s'installe dans ton ventre à chaque fois qu'il est dans les parages. Et pourtant, t'y retournes tout le temps. Tu vas le chercher, presque. Ça te rend dingue. Il te rend dingue. Alors t'essayes de te concentrer sur autre chose que lui, tu tentes de trouver plus intéressant que sa belle gueule et ses mots qui blessent. Tu cherches le fil de la bonne couleur, l'aiguille à la bonne taille. N'importe quoi, pour ne pas faire attention à lui, ne pas lui donner de l'importance. Mais quand sa voix déchire le silence, t'es incapable de rester de marbre. T'es incapable de l'ignorer. La mâchoire serrée, tu tournes à peine la tête vers lui, et c'est du coin de l'œil que tu le discernes vaguement. « J'voulais juste te voir te ramasser la gueule sur le sol. », tu lui réponds d'un ton dédaigneux. Oh, tu l'as souhaité qu'il se fasse mal. Tu l'as voulu, que les câbles lâchent et qu'il s'éclate dans la douleur. Tout ça, toutes ces espérances, c'était le lendemain de cette nuit trop arrosée. Cette nuit, que t'es pas foutu de laisser derrière toi. Ces paroles qui se sont libérées et ces corps qui se sont liés. Dans tes draps, une chaleur ardente que t'arrives pas à oublier. Dans ton crâne, son visage qui ne veut pas s'effacer. « Compte pas trop là-dessus. » Mensonge, doux mensonge.
Tes outils de travail retrouvés, tu mets quelques secondes avant de te retourner. Quelques secondes, où tu veux retrouver un minimum de consistance, un minimum d'assurance. Et quand tes pieds pivotent, c'est quelques secondes de plus qu'il faut à tes yeux pour dessiner la scène qui se déroule. Tes iris, dans une balade rapide, elles explorent la peau exposée de Seth. Elles se perdent sur les lignes de ce torse que t'as recouvert de tes lèvres gonflées par de trop nombreux baisers. Quelques secondes, une éternité trop courte, et tu lèves les yeux au ciel. Tu veux sortir une pique, tu veux le blesser par des mots acides, mais ta bouche reste close. Tu sais que ça sonnera faux. Tu sais qu'il n'en croira pas un mot, quand ton regard dit le contraire. Alors tu t'approches de la table, et tu te mets à l'œuvre sans rien dire. Tu te concentres sur tes propres mains, sur tes propres gestes. Tu tentes de ne pas réfléchir non plus, mais c'est cause perdue. Pas quand il est si proche de toi, pas quand tu sens son regard sur tes traits. Et toi, tu fais de ton mieux pour ne pas céder à la tentation, pour ne pas relever la tête et planter tes yeux sur sa peau, une fois de plus. Une fois de trop. « Arrête de me fixer, on pourrait croire que t'aimes c'que tu vois. », que tu lui dis, un sourire mesquin sur les lèvres. Toi aussi tu peux jouer, toi aussi tu peux le mettre mal à l'aise. T'amuser avec cette peur qui le dévore. Il veut briller dans le rôle du con, mais t'es aussi bon acteur que lui dans ce domaine.
Un nœud fait à l'arrache en attendant plus solide, puis tu soulèves le costume pour le placer contre son épaule et son bras, cherchant l'harmonie entre le tissu et sa silhouette. Ta main vient encercler son poignet, pour maintenir le tout en place, et c'est dans ta poitrine que ça explose. C'est sous ton épiderme que la chaleur monte d'un cran, pareille à une brûlure. « Bouge pas. », tu lui ordonnes en vérifiant que tu n'as pas empiété sur la longueur de sa manche. En inspectant les éventuelles réparations nécessaires. En crevant à petit feu sous son contact.

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MessageSujet: Re: somebody else. (ford)   somebody else. (ford) EmptyJeu 13 Sep 2018 - 1:12

Un mensonge qui fragmente l'esprit. Une incohérence entre la réalité et les désirs qui se noient dans la masse. Des informations qui ne se recoupent plus, entre les frissons qui lui rongent la peau à son contact, cette envie permanente de s'approcher et l'autre, plus résistante encore, qui lui intime de fuir. C'est plus que somatique comme pathologie, mais ça dérègle tout ; le système fout le camp et se met en mode sans échec. Se base sur les conduites primitives, sans les nuances apportées par la raison et les expériences passées. Seth, il est là car il suit les pulsions, en ignorant tout ce que son bon sens veut pourtant lui faire entendre. Il rit, Abberline, en entendant les revendications de son aîné. Lui aussi, il aurait aimé se ramasser. Compter de nouveaux bleus sous son épiderme, pour ignorer tous ceux qui ont fleuri sur son palpitant, depuis cette fameuse nuit. Se casser un os ou peut-être deux, pour mettre de côté les pensées contradictoires qui se fracassent sur les extensions de ses neurones. Y laisser une côte ou se perforer un poumon, pour se donner une bonne raison d'oublier de respirer – une autre raison que cette démarche nonchalante qu'adopte Ford pour conquérir l'atelier des couturiers.
Les étoffes entre les doigts et les aiguilles qui valsent sur ses phalanges. Il l'observe avec attention, Seth. Capte chaque geste, chaque souffle qui perce le silence. À son tour, il se fait conquérant. S'impose sur ce plan de travail, son plan de travail. Enfant en quête d'attention, amant d'une nuit qui s'asphyxie sur les relents d'une jalousie mal maîtrisée. Il n'admettra pas – jamais. Cette possessivité qui lui ronge les entrailles. Cette envie lancinante, douleur chronique, incurable, qui brûle ses terminaisons nerveuses. Ses phalanges s'ancrent au bois du meuble. Il l'observe qui œuvre et constelle de le tissu de quelques morceaux de son âme. C'est sans doute fade pourtant, de reprendre le travail mal exécuté d'un autre. D'étouffer son inspiration, au profit d'un autre. Une remarque qui tranche dans le silence et les lippes de l'acteur s'étirent avec malice. Un soupir fait gronder son cœur et il redresse la tête. « C'est peut-être le cas, mais de là à l'admettre.. Je ne voudrais pas que tu prennes la grosse tête. » Confession enrobée d'acidité, un aveux qu'il troque contre un morceau de dignité.
Le contact du tissu l'électrise – ou bien ce sont les phalanges de Ford qui s'égarent contre son épiderme. Il lui laisse bien volontiers son poignet, et un bout de son âme avec. Ignore les ordres et descend du plan de travail pour lui faire face. « Un travail d'orfèvre. Ça fait au moins une chose où tu excelles. » La méchanceté au bord des lèvres. Il n'est bon qu'à ça lui, Seth, bon qu'à blesser, à répandre son venin pour cacher ses blessures, dissimuler les marques que Rosendale a abandonnées sur sa peau. Il récupère le costume sans grande attention, Abberline. Le lâche négligemment sur une des tables avant d'en revenir à Ford. Un pas puis deux. Le palpitant au bord du précipice. Ses lèvres qui attrapent les siennes et le cœur qui cogne beaucoup trop fort dans sa cage thoracique. Un baiser furieux qui aurait pour but d'éteindre le feu qui est en train de naître dans ses reins – un baiser qui ne fait qu'alimenter un peu plus le brasier, en réalité. Son corps cherche le sien, cinq de ses doigts longent l'abdomen de Ford et froissent le tissu. Un tracé imprécis qui s'achève sur les plis de son pantalon, en accrochent le bouton, histoire de frôler l'indécence – de lui donner un avant-goût de ce qui pourrait arriver, et de tout ce qui n'arrivera pas. Il le repousse un peu vivement, Seth, pour ne pas s'embraser d'un coup, lui qui s'est déjà bien trop brûlé. « C'était mieux dans mes souvenirs – effet secondaire de l'alcool, sans doute. » Ces mêmes souvenirs qu'il s'évertue à oublier. Il récupère son costume mais ne prend même pas la peine de l'enfiler, se contente d'habiller ses lèvres d'un autre sourire narquois.

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MessageSujet: Re: somebody else. (ford)   somebody else. (ford) EmptyDim 16 Sep 2018 - 0:57

La mâchoire serrée, tu te concentres sur ta respiration. Sur la moindre de tes inspirations, pour ne pas trahir l’effet de cette proximité avec l’acteur. La grosse tête, qu’il dit. Belle ironie de sa part. Parce que c’est pas toi qui joue au con, c’est pas toi qui en fait des siennes depuis ces gestes emplis de chaleur et de désir. Depuis qu’il s’est laissé aller dans tes draps. Tu te retiens de rire, Ford. De te moquer ouvertement de lui. Tu ne vas pas descendre à son niveau. Alors tu te concentres sur le tissu, sur les fils qui dépassent et sur tes réparations approximatives. Tu voudrais oublier sa présence, penser qu’il s’agit de quelqu’un d’autre devant toi. Tu voudrais travailler la tête claire, et pas remplie de souvenirs électrisants. De ses doigts sur ton torse, de sa bouche assassine entre tes jambes. T’as le palpitant qui fait des siennes et t’es pas foutu de te concentrer comme il faut. Enfoiré. Y’a tellement de choses que t’aimerais lui hurler à la gueule, tellement d’agressivité pour répondre à la sienne. Rester professionnel, pourtant. C’est plus important que tes pauvres petits sentiments à la con. Plus important que Seth, t’aimerais bien.
Ta langue claque à sa réflexion, à son mouvement. Tu relèves la tête, tes pupilles quittent le textile pour aller se perdre dans son regard, un court instant. Assez pour t'y sentir brûler. « Tu sais que j'suis pas obligé de t'aider ? » Ta voix blindée d'acidité détonne avec la faim qui anime tes yeux. Putain, t'as beau essayer, t'es incapable de le haïr ce con. T'es pas foutu de prendre en compte toutes les merdes qu'il te raconte. Toutes ses remarques, elles viennent s'immiscer en toi sans pour autant amoindrir c'que tu peux ressentir. Ça va te rendre dingue, Ford. Un soupir d'agacement passe tes lèvres quand il reprend le costume. Quand il fout en l'air ton travail. « J'avais pas termi… » Ta phrase, tu ne la termines pas non plus. Pas quand sa bouche s'écrase sur la tienne et qu'il ranime cette chaleur sous ton épiderme. Ce désir violent. Ton cœur qui implose dans ta cage thoracique. Tu le veux, Seth. Tellement que ça te brûle les ailes au passage. Animosité oubliée, qui vient pourtant nourrir tes lippes affamées. Et malgré toi, tu te presses un peu plus contre lui. Tes doigts saisissent les cheveux à l'arrière de son crâne, comme pour assouvir une certaine autorité. Et sa main, elle laisse un sillage ardent par-dessus tes vêtements. Tu te perds, l'espace d'un instant. L'œuvre, elle se retrouve brisée par son créateur ; Seth, il s'éloigne de toi, de tes lèvres incandescentes. Ta main, elle quitte sa tête, retrouve le bois froid du plan de travail.
Le souffle court, tu secoues rapidement la tête de gauche à droite. « Ferme ta gueule, Abberline. », tu craches à son attention. Dans ton crâne, la débandade. Les souvenirs qui se percutent, qui foutent en l'air tout le travail que t'avais réalisé depuis cette nuit. Tous ces efforts pour les ranger dans un recoin, oubliés. Il est partout, Seth. Partout, et nulle part à la fois. Partout, quand tu vois sa tronche sur les magazines et à la télé. Nulle part, quand tu t'couches seul le soir. Et par ce rictus étirant ses lippes, il se fout ouvertement de toi. Il joue avec toi, et tu te laisses faire comme une proie trop apeurée. Alors cette fois, tu satures. T'as atteint le maximum. Tes mains, elles s'activent pour ramasser le matériel, oubliant ton travail inachevé. Tu ne vas pas rester une minute de plus en sa présence. Aujourd'hui, du moins. Parce que t'auras beau essayer de te planquer, d'échapper à ses remarques acerbes, tu te retrouveras toujours face à lui. Piégé, dans cette douleur qu'on t'incombe.

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MessageSujet: Re: somebody else. (ford)   somebody else. (ford) EmptyLun 1 Oct 2018 - 23:12

L'enfant terrible, perdu entre les désirs véritables et la vie qu'on lui dessine. Il joue un  rôle, Seth, à chaque seconde de son existence. Chaque souffle pris et soupir rendu, chaque mot plus haut que le précédent, chaque syllabe assassine qui dégouline de ses lippes avides. Pourtant dans cette pièce, il n'y a ni caméra, ni directeur. Aucune lentille pour capter ses failles ou lui reprocher ses postures lascives. Il crève pour un peu de son attention, Seth, contorsionne son âme et ses volontés pour attirer l'attention de Ford. Gamin capricieux qui traîne, rôde et envahit son espace, pour quelques secondes accordées, pour un peu de ses prunelles délavées sur sa silhouette taillée. Il plaît aux foules et aux journalistes, Abberline ; plaît à ceux qui succombent à son sourire d'ange et ses airs de grand gamin. Pourtant, c'est à lui qu'il aimerait plaire – à lui uniquement. Il s'y prend mal – ou bien selon le point de vue. Il lui donne et lui prend, cherche l'adulation pour mieux cracher sur sa dévotion. Un jeu malsain qu'il impose et que Ford subit avec la volonté de dix hommes. Un autre aurait haussé le ton. Un autre aurait levé la main. Un autre aurait fui. Mais Rosendale, ce n'est pas un autre et c'est bien là ce qui le rend si intéressant et indispensable.
La petite mort au creux des tripes. Il se laisse aller contre lui, Seth. Se brûle et s'embrase sur la douceur de ses lèvres et cette main qui se perd dans ses cheveux. Des frissons à lui en bousiller les terminaisons nerveuses, le cœur en vrac et les reins en feu. Une défaillance multi-viscérale qui lui fait oublier qu'il y a tout un monde, derrière les portes de cette salle – un monde avec des attentes et des jugements dégueulasses au bout de langues bien acérées. Il oublie, juste une fraction de seconde, qu'il n'aura jamais ça. Jamais ce qu'il prend sur cet instant, dans tout son égoïsme. Ça se finit trop rapidement et le retour sur Terre est brutal. Ça se finit sur un autre de ces sourires imbuvables, qui couvre une autre réaction tout aussi authentique. Un pincement sur le palpitant, quand il découvre cet épuisement et cette douleur, tissée dans les iris de Ford.
Il le regarde qui s'agite et décompose chacun de ses mouvements sous son regard pâle. Il trouve même le moyen d'en rire, Seth ; il en rit, pour cacher la sensation de malaise qui commence à poindre à l'intérieur. Ses certitudes se décomposent et il est partagé, l'acteur. Les pieds ancrés au sol mais le palpitant tendant vers lui, vers l'autre. Envie de le retenir et de le bousculer vers la sortie, de le suivre et de l'oublier. Il s'avance spontanément, d'un pas mal cadencé. Un réflexe peu maîtrisé, le geste avant la pensée. Il l'attrape vivement par le poignet et le bouscule presque contre le mur adjacent à la porte, en voulant le retenir. « T'es toujours en train de fuir, Rosendale. » Des mots qui percent le silence, son regard accroche le sien, cherche à le retenir, encore un peu. Il est sérieux pour une fraction de seconde, Seth. Ça traverse ses prunelles mais c'est trop bref, et ça crève au bord de ce sourire taquin qui habille ses lèvres, une fois de plus. Il le relâche et prend un pas en arrière. « Pas besoin de faire cette tête. C'est rien qu'un jeu. » Qu'il concède enfin, lui laissant une dernière chance de fuir, avant d'être une fois de plus tenté de le retenir.

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MessageSujet: Re: somebody else. (ford)   somebody else. (ford) EmptyDim 14 Oct 2018 - 21:59

Tu fais n’importe quoi. Tu fous plus le bordel qu’autre chose dans les tiroirs de l’atelier. Mais t’as plus qu’une envie, c’est de te tirer d’ici le plus rapidement possible. T’éloigner de lui, mettre de la distance entre vos deux corps qui se sont pourtant enlacés lors d’un moment que t’es pas foutu d’effacer de ton crâne. Les portes des placards claquent, tu t’en moques. Tu t’en fous de voir quelqu’un débarquer, de vous trouver planqués à l’abri des regards.
Et quand il s'met à rire, tu sens cette colère bouillir toujours plus en toi. Tu voudrais le détester. Tu voudrais le haïr. Mais t'en es pas capable. Bercé par l'illusion que ça pourrait s'arranger, au fond de toi. Songeur à l'idée de l'voir enfin arrêter ses conneries. Désirs impossibles, basés sur des fondements chevrotants, faiblards. Et c'est toujours la même chose avec toi. C'est toujours le même schéma, toujours les mêmes douleurs qui te reviennent en pleine gueule. Comme si t'étais pas foutu d'apprendre de tes erreurs. Comme si t'avais pas déjà assez souffert de toutes ces conneries l'année dernière. Parce que t'es comme ça, Ford. Tu réfléchis pas, tu t'abandonnes trop vite dans les draps des belles gueules, pour mieux t'faire lâcher par la suite. Tu refuses de faire confiance, tu refuses de donner une chance aux autres de te détruire. Les mauvaises habitudes physiques qui restent, pas foutu d'arrêter de coucher avec les mauvaises personnes. Mais dans ta tête, la chanson a changé. Tu ne crois plus c'qu'on te dit. Plus depuis que t'es rentré chez toi pour voir les affaires de ton ex absentes. Et votre clébard avec.
Tu t’mords l’intérieur de la joue quand tu retrouves son contact. Quand il l’impose. Tu sers la mâchoire, Ford. Tu t’fais violence pour ne pas lui cracher toute ton aversion. Parce que t’es plus intelligent que ça. Parce que t’es un adulte, bordel « C’est toi qui m’y pousses, abruti. », tu lui réponds en secouant la tête. T’arrives pas à croire à quel point il est détestable. A quel point il se sent puissant, l’acteur.
Puis c'est d'une assurance surprenante que tes doigts agrippent l'arrière de sa nuque, une nouvelle fois. C'est d'un sang-froid singulier que tu plonges tes yeux dans son regard, que tu tiens ce dernier sans broncher. Tes phalanges qui enserrent sa peau, adopte cette idée de supériorité sur Abberline. Et c'est avec une voix assurée que tu reprends la parole. « J'ai trente ans, Seth. J'ai passé l'âge de perdre mon temps avec des gamins. » Le contact électrique que t'ignores, ton palpitant qui s'emballe que tu préfères oublier. Tes doigts qui serrent un peu plus sa peau, à la naissance de ses cheveux. Puis tu t'écartes. Tu romps la proximité. Tu ramasses le mètre, dernier vestige de tes réparations inachevées. Et c'est sans un regard en arrière que tu rejoins la porte. Que tu l'abandonnes ici, ignorant l'appel violent de ton corps à aller retrouver sa silhouette. La main sur la poignée, tu te stoppes dans ton avancée. « Si t'arrives enfin à retrouver un semblant d'intelligence, j'serai sûrement avec l'autre. », que tu lui dis sans lui accorder le moindre regard. Ce dernier mot que tu reprends de sa bouche.
Puis tu te casses, Ford. Tu claques la porte derrière toi, et ton cœur avec.

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Seth Abberline

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MessageSujet: Re: somebody else. (ford)   somebody else. (ford) EmptyLun 15 Oct 2018 - 23:03

Des ratures qui s'alignent au bord de ses lèvres, comme autant de mots qu'il crache. Des coups d'éclat, révoltes impulsives d'un cœur trop maladroit. Il a bien des vérités à lui avouer, Seth, mais que des mensonges sur le vermillon de ses lippes. Toujours en train de fuir. Une ironie mal maîtrisée qui coule sous ses syllabes. Parce que des deux, c'est sans doute Seth le plus lâche. C'est Abberline, qui tourne le dos à sa véritable nature et aux potentielles conséquences. C'est lui, qui fuit, lui, qui n'a pas les épaules pour ça. Ses reproches sonnent creux. Ricochent dans le vide alors que la situation lui échappe. Les gestes sont brusques et désordonnés. Il essaye de le retenir, de le raccrocher à l'instant présent ; quoi qu'il en coûte. Il affronte les prunelles glacées et se perd sur la douceur de ses injures. Des mots d'amour entortillés dans quelques épines. Il comprend son désarroi, Seth. Comprend qu'il soit perdu. Lui aussi, il est paumé. Entre les irrégularités de son cœur et les contradictions de l'esprit. Un morceau d'âme qui réclame et l'autre qui repousse. Deux champs magnétiques qui s'opposent au sein d'une même boîte crânienne, bien trop étriquée. Ça lui file des migraines à la nuit tombée, quand son lit est trop froid et que ses doigts pianotent sur l'écran de son téléphone. Quand il lui écrit mille et un messages d'excuses qu'il n'envoie jamais. Il n'a pas le cran pour ça, Abberline. C'est tellement plus facile de dégueuler sa méchanceté en face, que d'implorer son pardon en quelques pixels.
Un frisson qui lui bousille les terminaisons nerveuses. Une main conquérante sur sa nuque, cinq doigts qui se referment comme la mâchoire du prédateur sur la courbe gracile de son cou. C'est le court-circuit sous l'épiderme et le cœur s'emballe. C'est difficile de ployer face à Ford. Plus encore d'admettre le plaisir qui lui ronge chaque centimètre carré de peau. Il s'abreuve de ses paroles. Une réplique qui claque à ses tympans, pire que n'importe quelle insulte. Il aurait préféré un nom d'oiseau, ou même une gifle. Ressentir la douleur autrement que comme ça. Rosendale, il expose les faits et ruine le goût du jeu. Il remet les compteurs à zéro et le ramène à quelque chose de beaucoup trop sérieux. Il en perd le sourire, Abberline. Il cherche à s'avancer, pourtant, à écraser un peu plus son corps contre le sien. Il veut sentir les phalanges de l'autre se perdre dans ses cheveux et malmener son cou du bout des lèvres, mais il impose la distance, l'aîné. « Menteur. » Sept lettres comme autant de pêchés qui coulent de ses lèvres. Il n'a pas envie d'y croire, Seth, pas envie d'entendre qu'il est le seul à apprécier ce petit jeu dans lequel ils se sont perdus depuis trop longtemps maintenant. Il serre les dents et refrène difficilement ses envies. Se fait violence pour oublier tout ce qui se bouscule derrière ses rétines – des souvenirs trop nets, incandescents. Il finit par détourner le regard et lever le menton. Feindre l'indifférence, jusqu'à se retrouver seul dans la pièce et que tout dérape. Que sa main renverse une chaise et arrache ce qui peut bien rester de cette foutue manche de costume.

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