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MessageSujet: the agony of regret (edgar)   the agony of regret (edgar) EmptyDim 26 Aoû 2018 - 23:32

Tes ongles vernis pianotent sur la vieille table de pique-nique, ton regard se perd dans le vide. Tu ne fais pas attention aux mouvements aux alentours. Tu ne fais pas attention aux gamins qui courent un peu partout dans l'herbe et sur les aires de jeux. Tu ne fais pas attention à leurs cris, à leur chahut. Et mécaniquement, ta main quitte la table pour se poser sur ton abdomen. Tu ne sens rien, strictement rien. Parce qu'il n'y a rien, pas encore C'est c'que t'as dit le médecin, presque. C'est qu'une larve. Rien d'autre. Mais quand t'entends ces gamins hurler, ça réveille en toi cette peur invasive, cette peur qui te dévore. Parce que tu ne sais pas quoi faire, parce que tu ne sais pas comment gérer toutes ces conneries. Peur de sa réaction. Tu sais très bien qu'il ne va pas te croire Smith, tu sais très bien qu'il va réfuter tout ce que tu vas lui dire si tu ne lui mets pas la preuve sous les yeux. Et c'est pour ça que t'as une copie des résultats de ta prise de sang dans ton sac. Sans compter que tu lui as menti Logan, t'as aligné les facéties pour le faire venir, pour qu'il t'écoute un minimum. Ça va te retomber dessus, sans que tu prennes le temps de réfléchir à ta stupidité. Putain, t'aurais mieux fait de lui lâcher la bombe par sms. T'aurais mieux fait de ne pas l'attirer là-dedans. Mais t'as beau détester le flic, t'as beau haïr l'homme, tu refuses de lui cacher ça. T'as longtemps hésité. Plusieurs fois, t'as écrit ces messages sans jamais les envoyer. Jusqu'à hier, où dans un élan de courage, t'as osé appuyer sur envoyer, t'as osé réveiller la foudre qui viendra s'abattre sur toi.
Si seulement Jazz était là.
Une vive douleur passe dans ta poitrine quand tu le vois s'approcher. T'as plus le temps de réfléchir Logan, t'as plus le temps de fuir. Tu déglutis quand il arrive à ta hauteur, tu prends soin d'éviter son regard. Ce regard. « Glad you came. », t'articules en regardant tes doigts, inspectant tes ongles sous tous les angles. T'aimerais lui sortir la vérité maintenant, l'accueillir avec la nouvelle. Mais les mots se bloquent dans ta gorge et refusent de sortir. T'y arriveras pas. Tu le sais pertinemment. T'es coincée dans ce dédale de mensonges, prisonnière de tes propres affabulations. Le poids est trop fort dans ta poitrine, il compresse ta cage thoracique pour t'empêcher de respirer. T'es pas bien Logan. « Take a sit, Smith. », tu lui dis en désignant la place en face de toi d'un geste de la tête. Assis-toi, c'est mieux pour ce qui va suivre. T'espères juste qu'il ne va pas faire son numéro de forte tête, qu'il va laisser ton propre égo mener la conversation comme pour les trop nombreuses fois précédentes. Les rares échanges où t'as eu l'ascendant sur lui, c'est quand t'as usé de ta chair et du souvenir que tu lui en as laissé. Mais tu ne peux pas jouer à ça, pas aujourd'hui. Parce que cette recherche du pouvoir via ton corps, c'est dans cette merde sans nom que ça t'a menée.

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MessageSujet: Re: the agony of regret (edgar)   the agony of regret (edgar) EmptyMar 28 Aoû 2018 - 0:00

Une ritournelle qui tourne et qui se retourne au fond de son crâne. T’es qu’un sale type, Edgar. Il ne lui aura fallu qu’une fraction de seconde pour le réaliser, ce matin. Depuis ce soir-là, depuis cette nuit-là, c’est la première fois qu’il croisait Mae dans les couloirs du commissariat. Et lâche comme il est, il s’est détourné avant qu’elle ne le remarque ; il a fui jusqu’à son bureau, la queue entre les jambes. Et puis les souvenirs sont revenus par paquets de dix. L’alcool a effacé la présence de Mae de ses neurones jusqu’à ce qu’il revoit ses traits tirés habituels – différents, quelque part. Edgar, il a brisé quelque chose en l’appelant, ce soir-là.
Comme il a brisé la danseuse, quelques heures plus tôt avant d’esquinter Mae. Quelques années après avoir piétiné son mariage – Edgar, il ne détruit pas vraiment tout ce qu’il touche. Il détruit simplement toutes les femmes qui s’approchent un peu trop près du poison qui coule dans ses veines. Et c’est à midi qu’il s’extirpe des bureaux. À la pause déjeuner – ils sont tous dehors, dans des restaurants pour certains, à la maison pour d’autres. Il profite du silence qui se profile dans les couloirs pour fuir sans que personne ne le remarque ; sauf peut-être le Chef. Le Chef et une énième réflexion sur les cernes qui s’étirent sous ses yeux. Et Edgar, à une heure tapante, il déboule au Stanmer Park. Une tâche parmi les mioches qui babillent et les couples qui s’enlacent – c’est trop joyeux, ici. C’est trop pétri de trognes heureuses qui déjeunent quelques sandwichs dans l’herbe. Il déambule parmi les promeneurs et les coureurs, Edgar.
Ça bouillonne depuis la veille. Enfin. Enfin la danseuse ouvre le bec – enfin elle lui offre ce qu’il attend depuis le début. Pourtant, quelque chose cloche. Il a relu les messages, Edgar. Il les a à nouveau parcouru des yeux, au réveil – à tête reposée. Quelque chose cloche. Trois semaines, c’est long. Moins que ça suffit pour qu’on réalise une absence, aussi futile soit-elle. Quarante-huit heures suffisent, même pour de simples collègues. Peut-être qu’il réfléchit simplement trop, le flic. Peut-être que son boulot lui bouffe trop la vie, aussi ; mais pourtant, il suffit qu’il s’en détourne quelques secondes pour que tout s’effondre. Logan, d’abord. Mae, ensuite.
Et puis c’est à la hauteur de la danseuse qu’il arrive enfin. Son regard, elle l’évite. Et lui aussi. Les mains dans les poches, sa paire d’yeux trop bleus s’accrochent à une vis qui dépasse, sur le banc. Edgar, il n’a jamais songé la revoir après leur dernière rencontre à l’arrière du Red Velvet. Et pourtant, c’est en face d’elle qu’il s’assoit mécaniquement comme elle le demande. Il ne cherche même pas à lui tenir tête – pas cette fois. Il obéit et tire simplement son paquet de cigarettes de la poche de son pantalon.
Edgar, il allume sa clope avec nonchalance et pose enfin son regard dans celui de la danseuse. Et puis sa défiance revient – son envie de contrôle. Trop buté, dès qu’il la croise. Trop salaud, aussi. « What are you waiting for? » Une pause. Une bouffée de cigarette qu’il avale avant de la recracher. « Talk. » Un mot, une injonction. Un ordre.
Edgar, il a déjà attendu trop longtemps qu’elle parle.
Il n’y a plus d’excitation, au fond de ses yeux – seulement une profonde lassitude. Et pour la première fois depuis qu’elle a disparu, c’est un chapelet de fatigue qui enlace son cou. Il est crevé, Edgar. Crevé par ses migraines qui provoquent des insomnies à répétition, crevé par les souvenirs qui lui boulottent les tripes – ceux d’Ada, ceux de Logan et puis ceux de Mae, maintenant. La femme, l’amante et sa sauveuse.
Edgar, il veut juste qu’elle parle. Il veut juste boucler cette foutue enquête qui lui bouffe la vie et la raison depuis trop longtemps.
Il veut tourner la page, tout simplement.

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MessageSujet: Re: the agony of regret (edgar)   the agony of regret (edgar) EmptySam 1 Sep 2018 - 14:18

T’as la nausée, et c’est certainement pas dû à ce truc qui commence à grandir en toi. Non, t’es beaucoup trop stressée Logan, beaucoup trop perturbée pour tous ces éléments que t’es plus foutue de contrôler. Ton boulot, tes relations, ta santé, tout part en couille autour de toi sans que tu sois capable d’altérer ces changements destructeurs.
Quand il attaque sa clope, assis en face de toi, tu ne peux réprimer une moue dédaigneuse, un dégoût à l’encontre de ce geste. Peut-être parce que ça te rappelle trop l’ambiance malsaine de son appartement, l’odeur du tabac imprégnée entre ces murs, sur les tissus et sur son corps. Il force son regard dans le tien et toi, tu t’en détournes aussi vite. Tu feins d’être intéressée par ce type avec son chien à quelques mètres, occupés à jouer avec un frisbee. Tes yeux suivent les mouvements du disque coloré, et t’en oublierais presque qu’il est toujours là le flic, qu’il est toujours là à t’épier, à te fixer de son regard glacial. Ses mots tranchent le silence que tu te forçais à conserver, et tu te mords l’intérieur de la joue. Tu le maudis. Tu te maudis. Tu maudis tout et n’importe quoi, pour peu que ça t’aiderait à mieux gérer cette colère trop bien installée en toi. Cette rage, elle est devenue permanente. Elle s’est installée sous ton épiderme pour ne jamais repartir, en parfaite cohabitation avec ton esprit. Elle est comme cette douleur perpétuelle à laquelle on s’habitue quand on refuse de se soigner.
Tu ne dis rien, pourtant. Tes mains viennent fouiller dans ton sac à ma main, tes doigts glissent entre les trop nombreuses affaires inutiles pour aller chercher cette feuille de papier cornée. Le myocarde en pleine course, tu lui tends le papier. D’une encre noire est écrite la fâcheuse vérité. Ces mots que t’as lus, encore et encore pour te persuader. C’est pas quelques tests de grossesse qui allaient te donner la confirmation. C’est pas une absence de règle qui pouvait justifier ton état.
Les résultats d’examen plus douloureux que la prise de sang en elle-même.
Tu voudrais que tes lèvres restent closes. Tu voudrais t'enfuir, sûrement. Mais ces nombreux mois en sa compagnie t'ont mis au parfum, t'ont appris qu'il en fallait toujours plus au flic. Qu'il allait sûrement balancer ton pauvre bout de papier sans y prêter la moindre attention. Comme il l'a si bien dit lui-même, il veut que tu parles. Rien d'autre. Alors d'une voix étonnamment assurée et directe, t'arrives à lui adresser ces quelques mots. « It's yours. » C'est tout. C'est assez. Assez pour attiser sa curiosité, assez pour le faire lire. Assez pour te croire ? T'es certaine que non. Il va réfuter le flic, il va aller chercher des arguments parfaitement fondés. Qu'il est pas le seul homme pour lequel t'aies écarté les cuisses. Parce que toi aussi, t'as douté. Toi aussi, tu t'es dit que ça pouvait être un autre.
Mais c’est le seul avec qui t’as oublié de te protéger. La seule solution logique.
Oui, tu couches à droite, à gauche. Oui, il est loin d’être le seul partenaire avec qui tu as eu des rapports ces derniers temps. Tu ne vas pas nier. Tu ne vas pas jouer les effarouchées. Cette fois, tu ne vas pas lui mentir ouvertement, comme t’as fait pour le faire venir jusqu’ici. Tu ne vas lui dire que la vérité, cette même véracité que t’as voulu refuser d’accepter, toi-aussi. Que c’est lui le géniteur. Que le fait de baiser vous a simplement bien niqué.

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MessageSujet: Re: the agony of regret (edgar)   the agony of regret (edgar) EmptySam 1 Sep 2018 - 21:50

Il veut tourner la page, Edgar. Mais la page, elle tourne dans l’autre sens. Elle revient en arrière. Elle saute quelques chapitres pour s’arrêter à cette nuit-. Cette nuit où ils se sont perdus là où ils n’auraient jamais dû se perdre. Cette nuit où le vice a remplacé le bon sens. À cette nuit qu’il ne parvient pas à oublier malgré ses multiples tentatives pour l’effacer. C’est la mauvaise femme qu’il a rayé de sa mémoire pendant trop longtemps – c’est sa sauve qu’il a oublié alors qu’il rêvait de gommer la danseuse. Et Edgar, il a mordu à l’hameçon. Il l’a cru, l’idiot. Il s’est jeté dans la gueule du loup sans même certifier ses affirmations au préalable – une erreur de débutant. Une erreur qu’il n’aurait jamais commise, quelques années plus tôt. Il aurait dû feuilleter les avis de disparition, aux bureaux. Il aurait dû chercher la mention de la disparition d’une jeune femme, trois semaines plus tôt. Quelqu’un prévient toujours – une mère, un frère, un ami, un amant. Quelqu’un s’inquiète, le temps d’une semaine, d’un mois avant que le dossier ne se ferme ou qu’un cadavre ne soit retrouvé dans la mer.
Ses doigts s’enroulent machinalement autour de la feuille qu’elle lui tend. Il parcoure les mots et les chiffres incongrus des yeux – il lit, Edagr. Il lit, mais c’est la vue qu’il perd au fur et à mesure de sa lecture. Edgar, ce n’est pas ce qu’il attendait. Ce n’est pas ce qu’il voulait non plus. Et pourtant, il n’a pas le temps de réfuter. Il n’a pas le temps de nier les faits ni même de se confondre en excuses. Logan, elle lâche la bombe. Dans sa bouche, c’est peut-être pire ; le papier peut être déchiré, brûlé, enterré. Mais contre ses tympans, les mots s’accrochent et s’encrent. Edgar pose les résultats de la prise de sang sur la table de pic-nique qui les sépare. Il a les mains qui tremblent alors qu’il rallume machinalement sa clope dont le bout scintille déjà – une façon de s’occuper les doigts et l’esprit. Un moyen pour ralentir les secondes qui s’étirent dans un silence de plomb. Et puis, une reproche. Des mots qui lui échappent dans un rire las. « You lied to me and I fell for it like an idiot. » Il aurait dû le savoir, Edgar. Il aurait dû refuser lorsqu’il le pouvait encore, la veille. Il n’aurait jamais dû venir non plus.
Edgar, il aurait préféré qu’elle se moque. Il aurait préféré qu’elle l’appelle simplement pour mieux retourner le couteau dans la plaie et s’empêtrer un peu plus dans le silence alors que son enquête traîne. À la place, le couteau lui troue les tripes et ravive les souvenirs. Ils se sont oubliés, ce soir-là. Mais ce n’est pas la seule chose qu’ils ont omis. Edgar écrase son mégot sur la table et l’envoie rouler dans l’herbe au mépris du bon sens. Il s’est envolé depuis longtemps. Il a disparu depuis des mois. « Why don’t you take the pill? » Demande-t-il dans un soupir fatigué. Edgar, il se passe une main sur le visage avant que ses doigts ne s’emmêlent dans ses mèches et qu’il reste là, immobile, les yeux clos et le coude appuyé sur la table. Pourtant, il n’arrive pas à lui rejeter le blâme dans son entièreté. C’est sa faute autant que la sienne – c’est lui qui n’a pas songé une seule seconde à se protéger. C’est lui qui s’est perdu dans un plaisir trop ardent qu’il n’aurait pas voulu atténuer sous un bout de latex. Edgar, il trouve quelque part au fond de son estomac noué la force de lever son regard vers celui de Logan. Pas d’animosité, cette fois. Pas de mépris, pas de dégoût. Simplement de la fatigue, trop de fatigue. Ses espoirs, il les enterre au côté de sa femme. Ses aspirations à boucler son enquête avec. « Why are you telling me this, Logan? » Son prénom lui échappe sans qu’il ne s’en rende compte. À quoi bon feindre l’indifférence alors qu’ils ont trop vu et trop vécu ? Alors que c’est leurs ébats fiévreux qui les ont propulsé dans cette galère ? Edgar se mord la lèvre pour réprimer une grimace. « Do you want me to go with you at an abortion clinic? » C’est le flic qui parle, c’est sa maturité qui ressort. Et c’est à ce moment-là qu’Edgar réalise à quel point elle est jeune, la danseuse. Plus jeune que lui.
Mais Edgar, il ne songe même pas à lui demander si elle souhaite le garder. Il connaît déjà la réponse.

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MessageSujet: Re: the agony of regret (edgar)   the agony of regret (edgar) EmptySam 1 Sep 2018 - 23:43

Tu retiens ta respiration, tu fixes la feuille entre ses doigts. Ses doigts, qui commencent à trembler. T'es dans la merde. Et quand il repose tes résultats d'examen sur la table, tu te prépares à faire face à sa fureur. Tu te prépares à te défendre, à lui dire qu'il est autant coupable que toi. Que faire un gamin, c'pas le genre de sport qui se joue en individuel. Mais aucune accusation ne passe ses lèvres, aucune mention comme quoi il ne serait pas le père. Il se souvient de ce moment apocalyptique aussi bien que toi. Et comme toi, il doit se voir oublier la moindre protection face à ce genre de problème.
Tu ne réponds pas à ses premiers mots. Tu ne veux pas aller remuer le couteau dans la plaie. Oui, t’as menti. Oui, t’as usé d’une méthode malsaine pour le débusquer tel un chasseur. Mais tu n’allais pas rester sans rien dire, Logan. Tu n’allais pas lui cacher la vérité alors qu’il est autant responsable que toi. T’as beau le mépriser ce type, tu préfères rester droite dans tes bottes. Tu préfères ne rien cacher, ne rien avoir à te reprocher.
Sa question sur la pilule aurait eu le don de t'agacer, si les circonstances n'avaient pas été les mêmes. S'il s'agissait simplement d'un plan cul refusant de mettre une capote, ou bien de ta mère dans ses moments de lucidité. « Because it's full of shit. », tu réponds alors simplement. Tu ne vas pas épiloguer, tu ne vas aller exposer tout le mal que tu penses de ce genre de produit. Là n'est ni l'instant, ni le lieu. Et maintenant que la conversation est engagée, tu retrouves cette certaine assurance. Cette confiance qui monte au fil des échanges avec le flic, comme à l'habitude. T'en viens même à chercher son regard quand ses yeux fuient les tiens. Y'a cette concordance qui a fini par s'installer entre vous, cette familiarité qui devrait pourtant détonner aux vues de votre relation de base. Mais pourtant, quand t'entends ton prénom dans sa voix, tu ne peux réprimer la surprise, tu ne peux réprimer un sursaut dans ta poitrine. Familiarité, effectivement. De nouveau, tes doigts pianotent sur le bois de la table. Tu te racles la gorge, tu baisses les yeux. « It's the right thing to do. I was not going to hide this from you. » Ton regard se relève brusquement quand il parle d'avortement. Quand il parle de t'accompagner. Et rapidement, peut-être trop, tu secoues la tête en signe de refus. C'est trop, beaucoup trop. « No. I'm just going to wait for my friend to come back from her holidays, so she can come with me. » Jazz, qui est pourtant si éloignée de tous ces déboires. Jazz, qui ne sait même pas que tu as couché avec Smith. Quel charmant accueil tu lui réserves. Tes doigts attrapent la feuille, plus pour s'occuper que pour une autre raison particulière. « But I appreciate. » Pas de merci, ça serait de trop. Ce mot, il est comme banni de vos échanges.
Machinalement, ton regard se baisse sur ton ventre toujours intact. Qui devrait rester intact, malgré tout. Et t'es étrangement soulagée. Débarrassée d'un poids qui allait s'ajouter à tous les autres. Non, tout n'est pas impossible à surmonter. Et quand tu relèves les yeux, tu prends plusieurs secondes pour inspecter le flic en face de toi. Ce visage que t'en es venue à détester, ces traits qui t'ont longtemps inspiré la froideur et la peur. Mais alors que tu le vois de jour, alors que la lumière du soleil s'installe sur sa peau, tu vois simplement un homme. Un homme comme un autre, lui aussi entraîné dans une tourmente qu'il ne peut contrôler. Pendant un instant, un très court instant, t'as envie de saisir sa main entre tes doigts. T'as envie de lui dire que les mauvaises passes ne sont qu'éphémères. T'as envie de lui dire tout c'que t'aimerais entendre. Mais tes bras ne bougent pas, tes mains restent où elles sont. Tes mots restent coincés dans ta gorge.

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MessageSujet: Re: the agony of regret (edgar)   the agony of regret (edgar) EmptyDim 2 Sep 2018 - 3:25

Un malaise étreint ses tripes et la nausée le gagne. Il se sent mal, Edgar. Il se sent sale et malgré les promeneurs qui se baladent, les couples qui déjeunent et les enfants qui gueulent autour de lui, il se sent seul.
Il est seul. Ses compagnes, c’est ses erreurs. Ses amis, c’est des bouteilles de Jack Daniel’s qui s’accumulent sur la table basse et dans les placards de sa cuisine. Et l’abstrait se fracasse dans son crâne à l’image du verre qui s’éclate lorsqu’il se débarrasse des bouteilles vides – Edgar, il a changé. Edgar, il s’est éloigné malgré lui des rares personnes qu’il appelait encore des amis. Cordelia, qu’il évite depuis son mariage. Mae, qu’il fuit alors qu’une promesse de fidélité les lie. Cecil qui s’éloigne et dont il n’a plus de nouvelles depuis trop longtemps. Ils gravitent à des années-lumières l’un de l’autre. Leurs mondes ne se croisent qu’au prix de langues qui se délient et d’aveux poisseux. Edgar, mis à nu sous le regard scrutateur de l’auteur. Qu’est-ce qu’il lui racontera, cette fois ? D’autres histoires chimériques de femmes trompées et assassinées par leurs amants, ou le conte de sa propre vie où il bafoue une femme trop jeune pour lui ? Une femme qui lui offre l’incrédulité comme seule réponse. Il ravale sa réplique acide, pourtant. Il muselle sa reproche concernant sa facilité à déloger un fœtus de son corps au mépris de l’avoir empêché de s’y accrocher dès le début. Ce n’est ni le lieu, ni le moment. Trop de gens s’agitent autour d’eux – trop d’enfants aux oreilles curieuses. Et puis c’est qu’il est coupable autant qu’elle, Edgar. Peut-être un peu plus. C’est facile, pour lui. C’est facile d’ignorer les conséquences de ses actes et de dénigrer qu’il aurait dû y penser, lui aussi. Peut-être un peu plus qu’elle – c’est lui qui a cédé en premier. Qui s’est jeté sur elle pour mieux lier ses lèvres aux siennes. Qu’elle souhaite se débarrasser des preuves ne le surprend pas autant qu’il l’aurait pensé. Qu’elle ne songe même pas à démentir sa proposition non plus. Mais ça fait mal, quelque part.
Ça fait mal qu’elle ne lui demande pas ce qu’il veut. Edgar, il se rallume simplement une cigarette pour s’occuper les mains et s’empoisser un peu plus la santé, à défaut d’avoir une bouteille sous la main. C’est avec des doigts rendus tremblants par le manque qu’il allume son briquet. C’est machinalement qu’il opine du chef lorsqu’elle décline sa proposition. C’est d’un ton nonchalant qu’il s’adresse à elle – un ton vide, un ton trop calme alors qu’elle l’a connu prompt aux accès de colère et à l’excès. « It wasn’t the right thing to do, Logan. »
Il se sent seul, Edgar. Seul et vide. Il n’y a que la satisfaction d’avaler quelques bouffées de fumée qui réveillent ses neurones. La surprise, peut-être. Le choc qui refuse de se dissiper malgré les minutes qui s’étirent. Un an, deux ans plus tôt, c’est à sa femme qu’il proposait qu’ils fassent un gosse. C’est sa femme qu’il aurait aimé voir là, enceinte. Mais c’est une autre question qu’il lui aurait posé. « It would have been right, if you wished to keep it. » Il ne remet pas en question sa décision, pourtant. Edgar baisse simplement les yeux sur ses ongles qui pianotent sur la table. Tout, plutôt que de croiser à nouveau ses yeux. Il se mord la lèvre alors que ses sourcils se froncent et que son front se plisse sous sa paume. Les migraines reviennent lui tourmenter les synapses. « I’m not mad at you, though. I was just hoping you’d be honest with me from the start. » Ses lèvres se fendent d’un sourire las alors qu’il réalise enfin l’origine de ses mensonges. « Do you truly think so little of me? » Une question badine mais qu’il regrette déjà d’avoir posé. Bien sûr qu’elle le méprise – bien sûr qu’elle a une piètre opinion de lui. Edgar, il ne lui a offert que des mots sales et un avortement.

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MessageSujet: Re: the agony of regret (edgar)   the agony of regret (edgar) EmptySam 8 Sep 2018 - 22:41

Ton cerveau fait n'importe quoi et t'as beau t'en rendre compte, t'arrives pas à le faire aller dans le sens contraire. Tu t'sens mesquine, Logan. Démon porteur de mauvaises nouvelles, qui vient gratter les croutes d'une blessure encore trop récente. Véritable sorcière qui prend conscience de ses enchantements, tu n'arrives plus à le regarder en face. Tu te blâmes. Parce que les victimes, elles se blâment tout le temps. Et tu n'es pas une exception. Tu n'es pas celle qui va à contresens. Non, t'es aussi fautive que lui. Toi aussi, tu deviens serpent. Cette recherche de pouvoir, elle t'a fait plonger avec lui.
Ton prénom qui claque dans sa voix, encore une fois. Ça te hérisse le poil, mais t'es pas foutue de savoir en quelles circonstances. Est-ce que ça t'agace, est-ce que ça te met mal à l'aise cette familiarité ? Ou bien est-ce que ça te rappelle cette proximité trop intense que vous avez partagé, entre râles et haine ardente. T'en sais rien. Tu ne sais plus comment interpréter les choses, t'as perdu cette habilité en même temps que le contrôle. Pas la bonne chose à faire, qu'il te dit. Mais toi, t'es pas d'accord. Des secrets, tu lui en gardes par dizaine. Des témoignages que tu refuses de conter. Des révélations que tu te pousses à omettre. Lui et toi, vous êtes basés sur ce lit de mensonges et de non-dits. Ces facéties que tu enchaînes sans plus y faire attention, comme une deuxième langue simplement marquée d'un accent peu assuré. Mais cette fois, c'est pas pour préserver ta misérable vie. C'est pour révéler l'éventualité d'une autre. Alors tu secoues la tête, tu marques ton désaccord à la suite de ses mots. « It was, Smith. », tu lui réponds, tes yeux évitant toujours ses iris. « This thing inside of me, it's yours as much as it's mine. » Cette chose. Cet amas de cellules qui pourrait éventuellement représenter le résultat d'une équation incongrue. Quelle réponse donner à une formule qui ne fait pas sens ?
T'as déjà pensé à ça. A cette idée d'être enceinte, de donner la vie au lieu de jouer avec celle des autres. Mais dans le tableau, y'avait toujours cette même constante. Guillaume. Cet enfoiré avec ses beaux discours et sa belle gueule. Cet enfoiré, avec qui tu t'es sûrement plus souvent pris la tête qu'avec n'importe qui d'autre, Smith compris. Cet enfoiré, avec qui t'as échangé des coups, parfois. Cet enfoiré, que t'aimais à en crever.
Les mots du flic s'enchaînent, jusqu'à cette question qui t'arrache un sourire. Oh oui, c'est le cas. Au moment d'envoyer ce message pour déchirer le silence radio, tu savais très bien. Dès le départ, t'allais mentir, Logan. Dès le départ, t'allais l'attirer avec de belles promesses. Parce qu'à tes yeux, c'était la seule façon de le faire sortir, de le faire réagir. Le faire venir pour une récompense, pas pour une punition. Tu opines du chef, ton regard fixé sur tes doigts. Tu n'en as pas honte, tu le reconnais sans le moindre opprobre. « You're telling me you would have come anyway, if I told you I was pregnant ? » Enceinte. C'est la première fois que ce mot te brûle les lippes. Ces quelques lettres, elles résonnent presque comme une insulte. « Or would you have just sent me the address of an abortion clinic ? » Et ça ne t'aurait pas surprise, pas le moins du monde. Pas de hors sujet dans la représentation que tu t'es faite du personnage qu'est le flic. T'es certaine qu'il se serait moqué de toi, qu'il t'aurait dit de te démerder avant de bloquer définitivement ton numéro. Tu t'attendais simplement pas à ça. Ses boucliers s'effritent, mais tu n'y prends aucun plaisir. Cette fois, tu as eu tort de mentir.

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MessageSujet: Re: the agony of regret (edgar)   the agony of regret (edgar) EmptyMar 11 Sep 2018 - 9:57

La chose. Un mot qui résonne plus qu’il ne le devrait dans son crâne. Ce n’est pas un mioche et ça ne le sera jamais. Edgar, il se surprend à poser les yeux sur le ventre de la danseuse, par-dessus la table. Un ventre encore plat, un ventre si plat qu’il n’arrive toujours pas à s’imaginer qu’elle soit vraiment enceinte. Un autre mot qui le dérange, qui le met mal à l’aise. Un mot qu’il aurait pourtant cru parce qu’Edgar, il sait ce qu’il a fait. Ou plutôt, il sait ce qu’il n’a pas fait, ce soir-là.
Et Logan, au fond, elle a raison. Ce truc, c’est autant un morceau de lui qu’une part d’elle – il a simplement l’avantage de n’en subir que les conséquences morales. C’est déjà trop, cela dit. C’est un regret de plus qui s’ajoute aux précédents. Un regret de plus qui pèse sur ses épaules et qui l’oblige à plier l’échine. Edgar, il n’a même plus la force de retrouver sa verve assassine et ses répliques cinglantes. De toute façon, elles se sont dissipées dès l’instant où elle a répondu à sa question. Un geste, à défaut d’une réponse verbale. Un geste qui dit que oui, elle a une piètre opinion de lui. Un geste qu’il aurait aimé négatif. Un geste qu’il aurait souhaité être un non, tu n’es pas si ignoble que ça. Edgar, il soupire. La tête renversée en arrière et les yeux clos, il se passe une main las sur le visage. Edgar, il n’a même plus envie de défendre sa position – à quoi bon ? C’est une discussion de sourds – la danseuse, Logan, qui refuse d’admettre qu’elle a tort. Et Edgar, qui se pince les lèvres. C’est une distance qui s’impose, autant par la table qui les sépare que par leurs regards qui se fuient. Mais Edgar, il bafoue cette distance dès que son prénom lui échappe. Un prénom qu’il se souvient avoir déjà prononcé quelques semaines, quelques mois plus tôt. Un prénom qu’il a enveloppé de mots paternalistes simplement pour mieux l’infantiliser. Mais ce n’est pas une gamine qui lui fait face, pourtant. C’est une jeune femme qui n’a pas conscience des conséquences que ses mensonges provoquent. Que la vérité provoque. Edgar, il ouvre enfin les yeux lorsque le mot qu’ils se sont interdits de prononcer s’esquisse enfin sur ses lippes.
Enceinte.
Le malaise revient sous la forme d’une respiration qui se bloque au fond de sa gorge. Un souffle qu’elle a bloqué elle-même, quelques semaines plus tôt. Un souffle qu’elle a rendu fiévreux sous les coups d’une union aussi débauchée qu’immorale. Mais Edgar, il appuie simplement ses coudes sur la table pour se prendre la tête dans les mains. C’est l’absence qui s’étire sur les traits. L’absence teintée d’une fatigue qu’il n’arrive plus à dissimuler depuis longtemps. « I wouldn’t have come. » Une réponse honnête qu’il lâche d’un ton tranquille. Ça ne lui ressemble pas. Mais le flic, il s’est paumé sur une voie qu’il n’aurait jamais emprunté, avant. Le flic, il n’a même pas cherché à réfuter son hypothèse. « Why would I? » Une question contemplative qu’il balance plus pour lui-même que pour elle. Edgar, il se redresse en évitant soigneusement d’accrocher son regard au sien. À la place, c’est vers la foule qu’il se tourne. Vers les gosses qui jouent. « You’re not keeping it and you don’t need my help anyway. » Poursuit-il. Et ça sonne presque comme une reproche, dans sa bouche. Mais c’est dix ans plus tôt, que ça aurait dû se produire. Dix ans plus tôt en compagnie d’une autre femme, dans une autre ville. Edgar, il trouve enfin le courage de se lever, les mains posées à plat sur la table. Son courage, il ne le débusque que dans la fuite, de toute façon. « As I told you last time, we’re done. There’s nothing else for us to talk about. » Un ton détaché, nonchalant et trop tranquille. Edgar, il s’est déconnecté de la réalité.
Il est fatigué, tout simplement.
Pourtant, il n’arrive toujours pas à lui tourner le dos. « Can I leave? » Plus qu’une question, c’est une plainte.
La plainte d’un homme éteint.

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MessageSujet: Re: the agony of regret (edgar)   the agony of regret (edgar) EmptyLun 17 Sep 2018 - 23:21

Il parle, mais tu l'écoutes à peine. Trop perdues dans tes pensées, trop entraînée par ces idées qui s'enchaînent à une vitesse folle dans ton crâne. Le Red Velvet, Cerbère, Smith. Tout se mélange, tout t'agresse d'une puissante violence. Tes yeux, ils sont fixés sur une écharde de bois qui dépasse de la vieille table où vous êtes installés. Depuis quelques minutes, sûrement. Depuis des heures, t'as l'impression. Le regard qui ne flanche pas, pas même sous les mots du flic. Tu l'entends, dans le fond, mais tu n'y fais plus attention. De l'attention, tu lui en as donné beaucoup trop. De toi, tu lui en as donné beaucoup trop. De ta peur, en pleine nuit dans cette église. De ton corps, dans l'atmosphère malsaine de son appartement. De ta colère, depuis votre première rencontre.
Une rencontre, qui n’a mené qu’à un enchaînement d’erreurs, de faux pas. De rage et de souffrance. Une histoire sordide qui pourrait faire un tabac aux Oscars, presque. Une triste histoire, où l’héroïne finit par mourir, trop obstinée pour accepter qu’elle a besoin d’aide. Tu te racles la gorge, Logan. Tu voudrais dire quelque chose, mais rien ne passe tes lèvres. De quoi parler ? Vous n’avez plus rien à vous dire. Vous n’avez plus aucune raison de vous croiser. L’inspecteur qui s’est cassé les dents sur une danseuse trop bornée, la belle affaire.
La victoire de l’outsider.
Tes yeux quittent la table quand l'homme en face de toi se redresse. Et c'est à cet instant que tu réalises que c'est terminé. Que t'es libre, malgré l'absence d'arrestation. Une question qui reste comme suspendue dans l'air, puis c'est d'un hochement de tête que tu réponds. « Yeah. » Tu n'es même pas certaine de l'avoir dit à voix haute. Peut-être que tu l'as pensé. T'en sais rien. Dans tous les cas, tu veux le voir partir. Tu veux le voir tourner les talons. Abandonner, définitivement. Toi, tu vas peut-être rester là, quelques minutes de plus. Seule, à te laisser bouffer par tes pensées. Seule, c'est tout ce que tu veux. Être seule.
Pourtant, y'a cette voix qui murmure dans le fond de ton crâne. Qui t'encourage, dans un sens. Qui t'intime à demander de l'aide. Pas à Edgar, non. Yasin. Faut que t'arrêtes de jouer la forte tête, faut que t'arrêtes de te penser plus forte que tout ça. Tu satures, Logan. Tu satures et tu sens que ça va te détruire, un peu plus chaque jour. Pas un seul regard pour le flic quand tu te lèves aussi, sans avoir attendu son départ, au final. D'une main légèrement tremblante, tu glisses la bandoulière de ton sac par-dessus ton épaule. Pas une seule attention à son égard quand tu tournes les talons. Quand tu lui tournes le dos. A lui. A son enquête. A cette guerre à la con. Mais pas à Cerbère.

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