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MessageSujet: fortitude (jacob)   Mer 22 Aoû 2018 - 19:29

La vision me hantait. Une passion abîmée, un baiser éphémère et des mensonges qui se succédaient naturellement. La première étreinte, le regard complice et les bouts de tissus échoués sur le sol. Jacob, William puis James. Ils étaient tous là. Et aucun ne se battait pour moi. Je plissais les yeux et laissait le vent me porter jusqu’au jardin municipal. Une spirale d’émotions, vives et brûlants, s’emmêlant sur ma peau nue. J’avais peur de nos retrouvailles et de la rechute. Nous n’étions plus amis. Il y avait cette gêne entre nos corps. Ce rappel constant de l’adultère et du désir. Il n’y avait pas de bon sens. Seulement une délectation de l’interdit. Le plaisir qui durait une seconde et la cicatrise qui restait toujours. Jake avait perdu un frère. Et je n’avais plus la force de respirer. Seule dans un champ de mine, mon corps valsait entre les grenades et les détonations. Un danger de mort qui planait sur ma tête. Un poids si lourd qu’il écrasait mes épaules et ma démarche. J’essayais de garder le sourire. D’être plus forte que les insultes et les désespoirs. Mais ça faisait mal. Les voir, même séparément. Rencontrer l’un et effacer l’autre. Ça me tuait. Je chancelais entre les récifs de fleurs sauvages et les arbustes verdoyants. Un éclat sépulcral gravé dans ma mémoire. Un détail qui se rajoutait à la pyramide pour m’emprisonner dans le souvenir absolu. Une malédiction eidétique et l’émotion éternelle qui serraient le coeur. Ma culpabilité vacillait. Comment le sentiment pouvait-il être aussi beau et répugnant à la fois ? Je repliais les genoux et caressais les pétales aiguisés de la rose. Le sang perlait au bout de mon doigts et je souris en lapant la blessure. La saveur ferreuse d’un mal qui devenait l’évidence même de mon existence. Je ne savais plus quoi penser. Je ne savais pas ce qu’il pensait - ce qu’il ressentait. Je l’avais lâchement abandonné. Je m’étais enfermée dans les tourments d’une rupture déchirante, bafouant nos confessions et la sincérité de nos ébats. Je m’en voulais. D’avoir oublié Jacob pendant trois années. De m’être bercé d’absences et de politesses pour justifier ma punition. Je soupirais en regardant ma montre. Les cadrans tourbillonnant entre les chiffres. J’étais en avance et il avait promis de venir. Un endroit neutre, loin des murs qui susurraient nos vices et enflammaient nos pensées. Sa silhouette se découpait au bout de l’allée. Je l’observais en silence, esquissant un sourire qui s’élargissait pas à pas. Cette fois, je ne faisais plus la même erreur. Je gardais mes doléances pour accepter les siennes. Je voulais le retrouver sans le fantôme de Will. «Hey soldier Raillai-je en me penchant lascivement. Mes doigts effleuraient son bras afin de prendre appui. Un contact perturbant, ponctuant par la douceur d’une bise qui se calquait sur sa joue. Il sentait bon. Le parfum de la désillusion, d’une nostalgie mielleuse.  «Je voulais te revoir.» Je me positionnais à ses côtés, marchant au rythme de nos regrets sur les sentiers de petits cailloux. « C’est le temps idéal pour une ballade. Pas vrai, Jake ? » Là voilà, notre seconde chance. Une guerre que j’enterrais sous une pile de souvenirs. Un monde qui s’arrêtait de battre sous mes paupières et qui s’épandait enfin sur l’horizon. Je redevenais humaine. Je devenais la gamine frivole et souriante. Celle qui courrait à perte d’haleine vers les quais de la gare pour les accueillir. Pour les chérir. Toujours.

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MessageSujet: Re: fortitude (jacob)   Lun 27 Aoû 2018 - 19:38

andy & jacob
{ j’aimerais te prêter l'épaule, puiser la force de couper les ponts et poser la tête
enfin coupler les pôles, que tu puisses passer l'éponge sur c’qui va causer notre perte }

La caresse voluptueuse de sa peau sous la pulpe de ses doigts. Douce sensation au réveil. Ses yeux bleus s'acclimatent toujours difficilement à la lumière du jour, mais la trouver là, contre lui, apaise ses souffrances. Et lui coupe le souffle. Cette vision, Jacob ne s'en lasse pas. Pas encore. S'en lassera t-il un jour ? Lorsqu'il avait frappé à sa porte hier, c'était sans prévenir de son retour. Trois jours d'absence avec comme seule explication celle d'un vol aller-retour pour l'Italie et l'assurance silencieuse qu'elle lui avait manquée. Ça, et un petit bouquet de dahlias. Voilà ce qui lui avait fallu pour qu'elle lui sourit. Il aurait certainement pas se passer des fleurs mais en avait eu envie. Il ne parle peut-être pas beaucoup, Jake, mais ses actions en disent long. Comme cette poigne ferme sur les hanches de cette femme, et ses lèvres qui la retrouvent, et cette nuit qui les envolent, et ses rires légers, toujours plus légers ; grâce à elle. Il en aurait presque oublié la promesse faite à Andy quelques jours plus tôt pour rester un peu plus contre elle. Seulement Andrea... elle ne s'oublie pas. Il a déposé un baiser sur l'épaule de sa muse endormie. Laissé un mot sur son oreiller, rien de bien poétique, pas de promesse, seulement la constatation qu'elle avait l'air bien trop paisible pour qu'il la réveille, avant de s'éclipser. Il a juste le temps de repasser chez lui pour une douche rapide avant de retrouver la brune sculpturale. Pourquoi il a accepté? Parce qu'il se souvient de ces jours où la culpabilité ne rongeait pas leurs rencontres. Où elle débarquait chez lui sans frapper, où ils ne se posaient pas de questions. Où l'ambiguïté n'était pas de mise. Il se souvient de la légèreté de ce eux, et ça lui manque. Alors il a dit oui, Jacob, il a dit oui au renouveau, oui à la possibilité d'une deuxième chance. L'entrée dans le parc le ramène à la quiétude de l'enfance, une époque où la seule chose qui importait était le fait de battre Jane à la course. C'est con. Il avance, et pourtant il aimerait reculer. Redevenir un gosse. Ne plus avoir peur. Mais elle est là. Et elle lui sourit. 'Lieutenant, s'il te plait !' qu'il lâche pour la forme, un rictus aux lèvres. 'J'ai remballé l'uniforme, je pense qu'on peut se passer du cérémonial.' il est léger. Bien plus que lors de leur dernière rencontre. C'est en partie dû à l'attitude de la brune, simple. Sa peau frôle la sienne pour enfin la toucher, sans équivoque, sans barrière. Sans arrière pensée. Ça lui fait du bien. Son regard se pose dans celui d'Andy et il y lit une certaine forme d'entrain tintée d'appréhension. Il n'est pas là pour lui claquer la porte au nez. Il est là parce qu'il en a envie. Quand elle formule elle aussi ce désir, il lui sourit, hoche la tête, visse ses mains dans les poches de sa veste. Elle se tourne pour lui emboiter le pas et il laisse les méandres de son esprit guider le chemin. 'Comment vas-tu ?' il ne répond pas à sa question parce qu'elle n'a pas besoin de réponse ; le ciel est clair, il n'y a que de rares nuages, plus de lourdeur de l'air. Ils peuvent s'accorder là-dessus en silence. 'Je t'ai vu chanter il y a quelques temps. Je ne comprends toujours pas pourquoi tu n'es pas l'effigie des posters des gamins de quinze ans ! T'étais incroyable Andy...' il le pense sincèrement. Il n'a beau rien y connaitre, il a beau être un peu biaisé lorsqu'il s'agit d'elle... bordel, si l'ado qu'il était avait entendu cette voix, l'avait ne serait-ce qu'entre-aperçue sur scène... il en serait tombé à la renverse. Ça pouvait paraitre idiot. Ça l'était certainement. Tant pis.

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MessageSujet: Re: fortitude (jacob)   Dim 2 Sep 2018 - 14:53

Je le regardais en silence, comme si les marques sur sa peau pouvaient s’effacer dans un battement de paupières. Il était majestueux, Jake. Une stature d’albâtre, sculptée sur un visage distingué. Des paroles chaleureuses, jaillissant du fond du coeur et une loyauté, qui malgré l’erreur, s’épandait un un faciès usé par la guerre. Je me rapprochais de lui pour glisser la main sous son bras. Le temps s’en allait et nous retrouvions cet instant précis. Le prélude d’une chute enchanteresse l’un contre les lèvres de l’autre. Une confession égarée entre les regrets et les départs. Des sentiments inespérés, écrabouillés sur les joues. Chaque larme était une complainte. Une double rupture. Une double blessure. Je relevais la tête vers les arabesques nuageuses. Peut-être étions-nous prédestinés à l’échec. Peut-être avait-il fallu s’embrasser pour mieux se retrouver. Je ne voulais plus associer cette nuit à la douleur. Je refusais d’apercevoir les démons de William et la pointe étincelante de son arme. Tout ce que je voulais, s’étalait ici, sur les sentiers étroits du parc et les arcades d’un ciel magnifique. Mille couleurs sifflant au gré du vent. Des roses et des promenades étiolées par nos démarches enjouées et l’illusion d’un après qui s’esquissait lascivement sous nos pas. Je répondais à son sourire et chancelais sur le côté. Mes doigts s’agitaient entre les feuillages épineux. «D’accord, monsieur lieutenant. » Une complicité à laquelle il était facile d’adhérer. Un passé qui s’oblitérait et des discours qui s’oubliaient. Je n’avais pas besoin des formalités. Ni d’associer James à la conversation. Il s’agissait de nous, de cette amitié abandonnée au nom de l’honneur et de la culpabilité. De chaque instant de séparation. De la gêne qui pulsait dans les veines et de la tristesse qui bordait les viscères. Il n’avait rien fait de mal. J’étais l’initiatrice de cette étreinte. Je m’étais jeté dans l’abîme pour retrouver ma liberté dans les franges de l’enfer, le coeur cassé et les côtes battant le vide dans les bronches. Puis j’avais grandi. Après trois années de souffrance, mes yeux s’étaient enfin réveillés sur la carcasse de Will. Des retrouvailles salvatrices malgré leur violence et la réalisation douloureuse, que malgré ce que je ressentais, je n’avais plus besoin de lui - seulement de la savoir vivant et en bonne santé. Je n’étais pas nécessaire à son existence. Et il ne l’était plus à la mienne. Je me tournais gracieusement et riais en fixant la silhouette de Jacob. «Je vais vraiment bien.» Déclarai-je d’une voix mélodieuse. Les syllabes glissaient sur ma langue avec un naturel désarçonnant. Une sincérité qui m’impressionnait. Des éclats de bonheur et une euphorie qui revenaient après des années de dormance. « Je pense même à m’inscrire sur une application de rencontres ! » Je pinçais les lèvres et le rejoignais au milieu de l’esplanade. Ma robe valsait au rythme de ces mots qui résonnaient dans ma gorge. Tant de possibilités et de rêves. L’esquisse d’un avenir qui m’appartenait. Qui bordait mon esprit et mon âme. «C’est gentil mais, je pense que je suis trop vieille maintenant. » Une passion réprimée pour laisser une autre grandir en moi. Une carrière inconsciemment étouffée par peur de perdre de William - de partir en tournée et de rater les permissions. A l’époque, il suffisait à remplir la salle. Il suffisait à combler le vide, juste en écoutant mes chansons. «Tu aurais pu m’attendre après le gig pour boire un verre et discuter. » Jake appréciait l’intimité de ces longs diners sous le crépuscule, des bavardages éternels et des sourires amusés. Il adorait les évasions de l’esprit et les mains d’une femme dans ses cheveux. Il savait observer les feuillages de l’automne et les saisons vacillant sur le plancher des jardins. On se connaissait par coeur. Des similitudes et des fragments de nous qui se confondaient dans une mise en scène ridicule. On méritait d’être heureux aussi.

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MessageSujet: Re: fortitude (jacob)   Dim 7 Oct 2018 - 19:48

Lorsqu’elle s’approche de lui, il songe un instant à la jeune fille qu’il a connu. Elle était la fraicheur, l’innocence, la fougue et l’envie. La femme qui se tient aujourd’hui devant lui n’a plus tout à fait cette image ; le vernis commence à craquer aux bordures. Et pourtant. C’est probablement parce qu’il connaît toute l’histoire qu’il l’en trouve encore plus belle. Comprenez qu’Andy, elle a survécu, là où bien d’autres ont sombré. Bien sûr que la légèreté de sa personne sonne un peu faux, mais elle essaye de se donner du courage et ça lui donne envie d’y croire, à Jack. Depuis qu’ils savent que Will n’est pas simplement mort dans un coin, c’est comme s’ils avaient repris un peu de couleurs. Retrouvé un peu d’air dans leurs poumons. L’avenir semble moins sombre. Ils peuvent mettre tout ça derrière eux, lentement. Retrouver une certaine forme de proximité. C’est Andy qui s’y aventure, son bras s’enroulant autour de celui de Jacob. Il sourit. Bordel, ce qu’elle a pu lui manquer. La chanteuse se moque de lui et de son cérémonial et ça lui fait du bien d’entendre son rire tinter à ses oreilles. Longtemps, bien trop longtemps. Il a envie de rattraper ce qu’il a perdu, de retrouver leur complicité, mais il sait aussi qu’aller trop vite pourrait leur brûler les quelques plumes qu’il leur reste. Alors, ils commencent simplement, prennent les choses une à la fois. État général de leurs vies respectives. Il hoche la tête et pose un regard bienveillant sur elle lorsque la brune lui dit aller bien ; marque un temps d’arrêt lorsqu’elle évoque les rencontres 2.0. Avant d’éclater de rire. ‘Sérieusement ? Depuis quand tu as besoin d’un écran pour faire chavirer les cœurs ?!’ celui de Will, le sien, ceux des centaines d’autres qui auraient tué pour leurs places… non, Andrea Cavendish n’a pas besoin de ça. Ce serait presque gâcher que de la rencontrer ainsi. Mais même s’il juge… elle fait bien ce qu’elle veut. Qui est-il après tout pour dire quoi que ce soit ? ‘Trop vieille…’ qu’il laisse échapper comme si c’était la plus grosse bêtise de sa journée. Mais l’artiste a toujours été bien trop modeste, à croire que certaines choses n’ont pas changé. ‘Je ne voulais pas te déranger. Et je revenais tout juste d’un long vol… ça n’aide pas pour de bonnes conversations.’ C’est une excuse ; enfin, à moitié. Mais il est là, maintenant. Disons que c’est ce qui compte. ‘La prochaine fois, d’accord ? Sans faute.’ C’est une promesse, une qu’il ne sera normalement pas difficile de tenir. Qu’il se doit, de tenir.


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MessageSujet: Re: fortitude (jacob)   Dim 2 Déc 2018 - 15:35

Le silence me hantait — le souvenir fracturé sous mes yeux. Jacob dans mes bras, suffoquant sous le joug de la passion interdite. De l’amour révolu et de ces guerres illusoires. Un combat mené ailleurs, hors du ciel et des déserts. Un baiser aiguisé, tailladant nos myocardes et lassant nos âmes putrides. Ce n’était pas tromper, d’aimer. Ce n’était pas tromper, de vouloir — de toucher. Ma main se crispait autour de son bras. Un geste de désespoir maquillé derrière le sourire effarouché de la chanteuse. Cette autre moi. Un alter ego illuminé par les lampes des bars de la ville. Je me penchais allègrement, le visage enfoui dans son épaule. Les mots s’entortillaient au fond de ma gorge. Des confessions retenues. Parce qu’il était trop tôt pour s’appartenir. Il était trop tôt pour murmurer les secrets d’une nuit intemporelle. Will était mort en nous. Son absence avait creusé l’abysse. Et ensemble, nous succombions au vide. Nos coeurs démembrés et nos âmes désossées. Un cataclysme de sentiments. Je pinçais les lèvres en vagabondant autour des allées. Son odeur se faufilait dans mes poumons. Une nostalgie agréable, refoulant les angoisses et la confusion. Je soupirais en me tournant vers les roseraies. Pouvait-il comprendre la douleur ? Anticiper la chute et l’écho de ces os broyés à la surface du sol ? Mon amour en probation. En attente, jusqu’à preuve du contraire, d’une sentence toujours aussi cruelle que la précédente. Will jouait avec le feu. Il se cramait et renaissait de ses cendres. Changer son nom et interposait les identités. Mais il était identique. Il infligeait les mêmes blessures. Mes doigts tremblaient sur sa veste, resserrant autour de Jacob les mailles de mon filet. Avec un tel naturel. Une telle tendresse. Que souvent, il se méprenait sur mes intentions. Il avalait le doux poison d’un charme envoutant, que je lui adressais sciemment, à chaque rencontre. Un aviateur perturbé par le chant des mouettes qui voltigeaient autour de son engin. On se jurait d’être amis. Mais le frisson était encore là. Cette espère de malaise. Car l’impulsion pourrissait dans les veines. Je l’observais avec affection. «Il n’y a que toi pour penser ce genre de choses. » Je lui adressais un rire enchanteur. Notre complicité se révélait différente. Des mots esquissés trop vites. Des promesses fendillés dans l’espace. Des silhouettes enlacés, flânant de bout en bout, loin des mirages et des rancunes. Pendant un moment, j’imaginais le destin en inverse. Je dansais dans ses bras au clair d’une lune qui ne s’était jamais éteinte. Mais la réalité rattrapait et nous arrachait du bonheur. Je contemplais son visage délicat. Il avait un regard qui transcendait, plein d’intelligence et de malice. Des expressions tourmentées et élégantes, émergeant de son col légèrement remonté.  «Je t’attendrais alors. Cette prochaine fois.» Je sifflais avec douceur. Il marchait à mon rythme, suivant la cadence essoufflée d’une créature toujours aspirée par le vide. Ses pieds semblaient étrangement gracieux au bout de son pantalon noir. Et je n’étais qu’une chimère, tantôt illuminée par les astres, tantôt absorbée par l’ombre des arbustes. «Tu es tout le temps en mission. Tu songes parfois à prendre des vacances ? Ou à m’emmener aussi, accessoirement. » Raillai-je en lâchant sa prise. Mes phalanges se repliaient autour de mon sac et j'accélérais le pas. La musique était ardente dans mon coeur. Je vivais les instruments dans le silence de la ville. Les notes grinçaient et les cordes s'amplifiaient. Une envie d'évasion, loin de ces terres d'habitudes. De connaître une aventure merveilleuse. Pour une caresse. Ou une étreinte. Un fantasme lointain, où Jake pouvait me prendre et m'extirper. Me dépouiller et m'insuffler une nouvelle vie dans laquelle j'étais autre chose que l'ex petite amie du soldat.

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MessageSujet: Re: fortitude (jacob)   Mer 12 Déc 2018 - 19:50

Il a du mal à croire que le monde ne se soit pas jeté à ses pieds. Et pourtant. Aux dires d'Andy, sa vie avait été vide, après eux. Peut-être l'a t-elle choisi. Peut-être en avait-elle besoin. Il ne juge pas être la meilleure personne pour parler de ces choses, seulement il n'est pas crédule. Lorsqu'Andy l'aura décidé, lorsqu'elle en aura envie, sa vie reprendra son cours et avec lui, l’assaut répété des assaillants de son cœur. Dont il n'avait jamais pensé faire partie. Qu'il a été, malgré lui. 'Détrompe toi.' Jake, il sait pourtant qu'elle est consciente de certaines choses. Il ne sait simplement plus si elle à la confiance pour en jouer. Il ne la connait plus, la Cavendish. À une époque, il aurait pu savoir d'un regard qu'elle battait des cils pour avoir ce qu'elle voulait. Aujourd'hui... tout s’interprète, rien ne se dit. Il déteste les spéculations. Pour lui, les choses sont claires : cette femme qui lui tient le bras ne sera seule que tant qu'elle le voudrait. Que ce soit James qui lui revienne ou un autre... mais là n'est pas la question. Il lui souhaite de le retrouver, cet éclat de bonheur propre à l'amour. À la passion des premiers jours. Il lui souhaite parce qu'il le vit, bien qu'il ait du mal à lâcher prise pour l'embrasser pleinement. Pourtant, lorsque ses yeux se ferment, c'est bien son visage qui se dessine. Elle. May. Son secret bien gardé. Celle qu'il se refuse à posséder. Les yeux d'Andy le sondent et ses pensées dérivent, il croise son regard, le détourne. Il a encore du mal à le soutenir ; le souvenir de cette nuit brûle encore en lui. Il acquiesce lorsqu'elle lui parle d'une prochaine fois hypothétique, et il sait qu'il ne pourra pas y échapper si d'aventure il croise son regard sur la scène. C'est d'accord. Il lui doit bien ça. Elle se détache finalement de lui, sirocco insaisissable pour le simple homme qu'il est. Pourtant, il est familier des vents. Il compose avec eux, tout le temps. 'Tu sais bien que je suis plus alaise là-haut qu'ici...' lâche t-il en enfonçant ses mains dans les poches de sa veste, jetant un regard vers le ciel. Le contrôle, il l'a, là-bas. Sur la terre ferme, il y a bien trop de variables à prendre en compte, trop de scénarii incalculables. 'Ce sont mes vacances à moi.' ses allers-retours n'ont plus rien de ceux qu'il faisait du temps de la guerre. Promenades de santé, qui lui permettent de garder les pieds en l'air. Ses yeux contemplent la silhouette gracieuse de la chanteuse et son sourire s'élargit, il sait très bien qu'elle est ailleurs, dans sa tête, dans son coeur, dans le ronronnement de la ville. C'est la musique qui la guide et Jake, il n'a qu'à suivre, se laisser porter. Il s'est souvent laissé porté. Il a envie de se laisser porter. 'Où tu veux aller ?' qu'il demande, rêveur. Il veut s'envoler avec elle, là, maintenant, lui conter les ruelles d'une ville, danser sur des rythmes du bout du monde. Il veut oublier, juste quelques minutes, avec elle. Oublier la gêne, oublier la distance, oublier le trouble, oublier l'absence, oublier le souvenir d'elle et de lui. Recommencer. Il se rapproche enfin et lui tend la main, là, au milieu de rien ; au milieu de tout. Qu'elle s'en saisisse. Qu'ils partent, qu'ils s'évadent, même en restant là.

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MessageSujet: Re: fortitude (jacob)   Dim 30 Déc 2018 - 12:20

Le vide autour des jardins. Et nos silhouettes ondulant avec l’hésitation d’un papillon entre les néons des lampadaires. Une proximité dangereuse — capable de jaillir de la flamme. De nous consumer entièrement. Je le sentais dans ma chair. L’impact de sa peau. Les regards furtifs et les halètements étouffés. Passion pour désespoir. Des émotions assemblées puis éparpillées. Mon coeur se diluait dans mes veines. Je me tenais face à mes bourreaux. Un amour inconditionnelle, prenant la forme de l’un et de l’autre. Ce n’était pas que l’uniforme. Mais les hommes noyés dans la guerre. Leurs hurlements dans les chaos du monde. La course effrénée contre l’injustice. Les prunelles assidues, guettant la proie au milieu du désert. Et les sirènes, attendant sur les quais le retour des combattants. Je reculais, terrifiée par le souvenir. Par les sifflements des trains et les corps agglutinés dans la foule. Je ne trouvais la paix que lorsqu’ils étaient deux. Que lorsque mes bras s’élançaient pour étreindre chaque épaule. Ma bouche se serrait douloureusement. Des chimères de nous, incrustées sur les alcôves de la ville mourante. Puis le départ suivant — la déchirure de ces âmes séparés par la force, au nom du devoir et de l’honneur. Je soupirais en m’accrochant au bras de Jacob. Il y avait beaucoup de choses qu’il ignorait. Un millier de fragments cassés, jalousement gardés au fond de ma mémoire. Je relevais la tête et esquissais un sourire. « Je me trompe rarement, soldier Nul besoin de confessions. Mes doigts, glissant face au vent et la tendresse de nos baisers hantant mes lèvres. Caprice de mémoire. L’habitude à trouver refuge dans les bras de l’inconnu. On s’effleurait à tord. On se dissolvait dans le paysage. L’essence de nos paroles succombait dans l’hérésie intemporelle. Nous avions vieilli ici — à contre courant. Dans nos peurs et nos confusions. Je le chantais et il s’envolait vers les astres. A jamais, reclus et incertains. Mes jambes se désarticulaient dans l’allée. J’observais les chemins et les petits cailloux — les enfants et les promeneurs. La fontaine murmurait ses louanges au milieu des buissons. Une évasion spirituelle, courroucée par les crissements de nos pas sur le sol. «Une île déserte, n’importe où. Juste nous. » Je voulais rompre avec la réalité, étendre mes ailes et flotter entre les nuages. Mais James était l’encre qui me retenait prisonnière. Un poids de sentiments, tirant sur la corde raide. Je ne l’oubliais pas. Je n’y arrivais pas. Je soupirais en attrapant la main de Jake. Le souffle retenue et le coeur en apnée, ma blessure saignait encore. Trois années d’exil. Trois années dans l’ombre de mes fautes. Je déglutis en m’approchant. « James m’a embrassé. Ça ne veut rien dire pour lui mais … » Ma gorge se nouait autour des mots. Je le regrettais déjà. Un retour brutal. Des étincelles d’étoiles entortillées dans nos chairs comme des lames de rasoir. Ma culpabilité - Jake ne pouvait pas l’imaginer. Sombre et brûlante sur l’empreinte de ses lèvres contre ma bouche. « Rien n’a changé. Mais tu es différent, cette façon que tu as de fuir mon regard. Qui est-elle ? » Mes doigts serraient son poignet. Et dans cette étreinte, j’inhalais son parfum. Une essence vaporeuse, confondue entre les allées sépulcrales du parc. Mes yeux enlaçaient sa peau, affligées par la beauté enivrante de ces souvenirs que je ne pouvais plus toucher.

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MessageSujet: Re: fortitude (jacob)   Mer 2 Jan 2019 - 22:27

S'est-elle jamais trompée ? Et si elle l'avait choisi, lui ? Parce qu'ils étaient deux au moment de leur rencontre, qu'en serait-il si elle avait croisé son regard en premier, Andy ? Si Will avait été différent, si elle n'avait pas voulu de lui ? Qu'en aurait-il été d'eux ? Il s'est posé la question, Jack, bien sûr qu'il a fabulé un futur particulier. Un futur heureux dans les bras de cette nymphe, un futur un peu trop lisse, un peu trop beau. Parce qu'il n'était pas près pour elle ; ne l'aurait peut-être jamais été. Et qu'il aurait assurément tout fait foiré. C'est William et sa déchéance qui l'ont poussés à grandir ; avant, il n'était qu'un gosse en quête d'amusement. C'est plus simple de se cacher derrière ça, d'oublier la guerre dans l'alcool, la fête et les femmes. Pas certain que la brune sculptural ait pu le changer. Mais, inconsciemment, il aurait voulu la voir essayer. Il aurait voulu voir n'importe qui, essayer. C'est trop tard maintenant. Les maux sont trop profonds, les cicatrices trop marquées. Il ne lui reste plus qu'un amas de chair sur le dos, et les souvenirs d'une autre vie. Elle a raison, Andy. Elle se trompe trop rarement. Alors il acquiesce, Jacob, même s'il est persuadé de ses dires. Leurs perceptions leurs sont propres, il n'arrivera pas à lui faire changer d'avis. Pas sans franchir une limite qu'il se refuse. Il a déjà causé trop de dégât, le soldat. Et puis, elle lui demande de l'emmener. De partir loin, avec elle ; seulement elle. Il la regarde Jake et il sait, il sent, qu'il est encore faible face à elle. Qu'il ne la veut pas vraiment, pas dans son cœur, mais elle y habite, y habitera toujours un peu, et son corps lui ne se souvient que trop bien d'elle, il cri : mon dieu ! Il perd le souffle. Il perd la vue. Il perd pieds. 'On aurait pu...' être heureux, être deux, y aller. Il a un maigre sourire aux lèvres Ryder parce qu'il n'est pas amer, il ne lui en veut pas ; au jeu de l'amour, elle a gagné le jackpot. Quoi qu'on en dise, Will ou James ou qu'importe son nom, le blond avait plus d'estime pour lui que n'importe quel autre homme sur terre. Alors oui, il la voulait avec lui. Parce que lui-même n'était pas fait pour elle. Malgré leur lien, malgré l'envie parfois présente, malgré le doute qu'elle plante dans ses veines, il le sait, Jack. Andrea Cavendish n'est pas faite pour lui. Ne l'a jamais été. Ne le sera jamais. 'Bien sûr que ça veut dire quelque chose...' voilà, il avait raison. et c'est l'excitation qui prend le déçu : il est content pour elle parce qu'il sait que c'est un pas de géant qui s'est joué. Qu'il risque de lui écraser le cœur, mais qu'elle doit s'y raccrocher. 'À moins que toi... ce n'est peut-être pas ce que tu veux ?' elle l'a dit : James l'a embrassée. Comme si elle ne se situait pas vraiment dans cette action, comme si elle ne l'avait pas voulu. Comme si elle voyait encore l'ombre de l'homme au révolver dans le reflet de ses yeux. Il ne peut pas l'en blâmer, Jacob. L'image est tenace... Ses doigts le serrent et il abdique, regarde ailleurs avant de se dire qu'il n'a rien à cacher. Il est différent, c'est vrai. Il est amoureux, bien qu'il refuse de le dire à voix haute. 'May. Elle s'appelle May.' c'est la première fois qu'il dit son prénom à voix haute pour quelqu'un d'autre. Et dans ses yeux, une lueur nouvelle, faite d'exaltation et de peur. 'Et je crois que je vais être bien incapable de la garder...' il se dégage de son étreinte pour la dépasser, faire quelques pas, sort un paquet de ses poches et s'en allume une sur laquelle il tire longuement. C'est pas qu'il est possessif, Jack, c'est qu'elle a de l'importance. Et qu'à jouer avec le feu... ça le tue, rien que d'y penser. Alors qu'ils ont à peine commencé. Il y peut rien. He's hooked.

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MessageSujet: Re: fortitude (jacob)   Dim 20 Jan 2019 - 14:41

L'illusion d'un bonheur interdit. Nos sentiments s'écorchaient et nos corps s'éloignaient. Un vice charnelle oublié dans les méandres du temps. Le souvenir se découpait sous mes paupières. Un instant miroité dans l'autre. Le premier baiser. La première faute. La sensation de liberté retrouvée sous le joug de ses bras. Dans la passion d'une nuit singulière. Je l'avais aimé à ma manière. Je m'étais tordue dans sa chair, pantelante et enchantée par le remède qui s'injectait dans ma peau. William n'était pas là. William n'existait plus. Une parallèle merveilleuse pendant une fraction de secondes. Une parallèle qui s'élargissait et se transformait en crevasse. L'obscurité nous absorbait dans ses chimères. Je m'étais éveillée dans la terreur. Avec la sensation oppressante d'un adultère mensonger. Parce que je n'étais rien. Pas une fiancée. Pas une épouse. Je n'étais qu'une anonyme. Un éclat de romantisme au delà des frontières de la guerre, chérit à distance afin de créer l'espoir d'un foyer quelque part. Je n'aurais pas reçu le télégramme. Seulement la mauvaise nouvelle. Je n'aurais pas su. Je n'aurais jamais compris. Mon coeur se serrait brutalement. Je me redressais et esquissais quelques pas dans les allées du parc. Des feuillages denses, verdoyants sous mes prunelles qui s'extasiaient d'une nature vivante. La jalousie naissait dans mon coeur. Probablement par égoïste. Ou simplement par dépit. Cette autre qui avait droit à une véritable chance. Cette autre légitime, loin des drames de ses amitiés et de l'armée. Je pinçais les lèvres et me redressais fièrement. «J'ai peur des sens de ce baiser. C'est un jeu tordu qui commence à chaque rencontre. Des hauts noyés dans les bas. Une séduction malsaine. Comme une obsession. Une évidence qui ne se contrôle pas. Je l'ai aimé du premier regard, Jacob. Avant de le connaître. Avant de lui parler. Et je l'aime encore. Sans le connaître. Sans savoir qui est cet inconnu en face de moi. James l'usurpateur d'un corps qui m'a possédé. » Je hochais la tête. Je voyais son affection pour May. Ma gorge se serrait et le vide se creusait. C'était stupide. Je me languissais de son regard émerveillé, de cette amitié hybride, à mi chemin entre la séduction et la loyauté. Je voulais son attention et ses faveurs. Nos longues conversations au coin du bar. Nos sourires complices et nos taquineries incessantes. Tout ce que nous avions perdu et qui s'était amenuisé avec le départ de Will. Il se détachait de mon étreinte, sortait le paquet de cigarettes et en aspirait les volutes grises. Mes prunelles dansaient entre la flamme et la cendre. Je ne me situais plus. Je m'approchais, accélérant le pas et posais une main sur son coude. «Hey il faut être stupide pour laisser la femme de sa vie filer. Tu sauras la garder. Et moi, je vais ronchonner dans mon coin le temps de m'y faire. » Je murmurais avec douceur. Il avait droit à son bonheur. Il avait droit aux exaltations d'un sentiment pur et nouveau. Et je lui souhaitais du fond du coeur. Je lâchais prise et dérobais la cigarette de sa bouche. Une bouffée de poison pour moi aussi. Une extase toxique pour avancer. Pour trouver la force de sourire et d'aimer encore.

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MessageSujet: Re: fortitude (jacob)   Lun 21 Jan 2019 - 23:26

C'est une lame qui rentre dans sa chair et taille sans s'arrêter, le laissant en lambeaux. Il se sait instigateur de ses âmes brisées, et ça le tue, Jake. Il aimerait être égoïste, se contenter vaillant de ses vas et viens de connard, en bon coq. Mais il n'en est rien. Il a goûté à l'interdit ; et il a aimé ça. Assez pour en être ébranlé, pour avoir du mal à la regarder dans les yeux. C'est pas une victime, Ryder, c'est un bourreau qui s'est coupé le cœur. Il les a perdu, tous. Will, Andy. Lui-même, aussi. Il essaye de se reconstruire mais l'entreprise est lente et la douleur sinueuse. Où en seraient-ils, si Marjah n'avait pas été ? Le blond refuse d'y penser. C'est trop... non. Andy, elle lui parle de l'homme de sa vie et il a presque honte d'être l'oreille pour l'écouter. Comme s'il n'était plus légitime pour ce genre de choses. Et pourtant, il est peut-être le seul à comprendre. À savoir combien il est difficile de ne pas chercher William dans James, à savoir à quel point ces deux hommes d'une même chair sont différents ; et similaires. Bien sûr qu'elle l'aime. Il ne voudra certainement pas se l'avouer, mais ce cri du cœur le touche. Il aimerait qu'il en soit autrement. 'Laisse lui sa chance... je crois qu'on lui doit bien ça.' ils oublient bien trop souvent les maux que l'ex-soldat a laissé en eux. C'est plus simple de pardonner aux blessés. 'Tu ne devrais pas avoir peur. Saute. La chute pourra pas être plus douloureuse qu'avant !' il ironise et pourtant, y a du vrai dans ses paroles. Parce qu'elle a besoin d'un point à cette histoire ; suspension ou final, qu'importe ? L'interrogation ne lui apporterait rien de bon. Pour lui, c'est différent. Celle qui hante ses nuits ne connait rien de son passé, de ses démons, de cette part d'ombre qui cache le soleil. Il a peur et de raison ; May, elle a la monde à ses pieds. Lui... il se retrouve sur son chemin. Il ne sait pas si c'est la femme de sa vie, refuse de penser sur le long terme de crainte de tout faire foiré. Il est bon pour ça, Jacob. Pourtant, il ne s'est pas encore lassé. C'est son schéma, pourtant. Les petites minettes un peu mignonne, sans grand intérêt, qui réchauffe ses draps avant de disparaitre. Ça lui allait, avant. Et puis, Maybelle... il ne sait pas comment s'y prendre. Ça le rend nerveux. En parler avec la brune n'aide pas vraiment. 'Je suis pas doué pour ces choses là, t'es bien placée pour le savoir...' c'est ambiguë et volontaire. Parce qu'elle le... merde. Mais à quoi elle joue ? Ses doigts effleurent sa bouche pour se saisir de sa cigarette et ses lèvres rosées s'en emparent, il sent son être qui s'emballent. L’électricité, ça ne se contrôle pas, et il déteste ça. Il déteste l'idée de vouloir être cet objet de papier et de tabac pour retrouver, quelques minutes seulement, la volupté de ses lèvres. 'Joue pas à ça, Andy. Depuis quand t'as besoin de t'y faire ?' il a envie de fuir mais reste statique, lui laisse sa cigarette pour le simple plaisir de la voir s'en délecter. Elle l'a connu avec des dizaines d'autres, et jamais, jamais elle n'a eu besoin de. Alors qu'elle lui explique si ça lui chante, mais qu'elle arrête d'attiser le semblant de flamme qui lui reste. L'espoir, c'est bon pour personne. Certainement pas quand il est vain.

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MessageSujet: Re: fortitude (jacob)   Mer 23 Jan 2019 - 0:44

La nostalgie. Nos coeurs ensevelis sous le silence d'un instant qui se déroulait comme un palimpseste. Je me redressais sous les brises du vent. Ce n'était qu'une illusion. Un fragment de voyage intemporel. Les pensées s'emmêlaient entre les souvenirs. Des images dessinées avec une précision affolante. Trait pour trait, je me rappelais. Les couleurs, les sons. L'étreinte essoufflée au bout de la nuit. Et cette main sur ma poitrine. Ces doigts glissant sur mon cou. Des lèvres qui mourraient dans l'asphyxie d'un baiser empoisonné. La lumière avait disparu dans le mirage d'une romance étrangère. Une réalité inversée, en décalée. Je m'étais laissée portée, le trouble dans l'âme. J'avais couru dans ses bras qui m'enlaçaient et sa bouche qui me respirait. Un désir passionné. Une envie brûlante. Comme une mise à mort. Une pénitence éternelle. Des années brouillées dans la peur et la solitude qui aiguisait ses griffes et broyait sa proie. J'étais épuisée. Blessée par le manque du soldat. Puis il était revenu, la carcasse putride et l'âme en pièces. Ses yeux devenus des révolvers et ma poitrine, une chair criblée de balles. Compagnie des enfers bordée par la voix sournoise qui murmurait nos fautes tels les psaumes d'une église en ruines. «Je ne sais pas, oublions le un peu.» Je retenais ma respiration. Le sang bouillonnait dans mon cerveau. Une douce fièvre dans mes yeux et ma bouche. Souffle inspiré puis exhalé sous les arcs brillants du ciel. Un paysage magnifique, loin des batailles d'Orient. La trêve reprenait son court. Et je ressentais mes maux par milliers. Une possessivité malsaine voilée par des sentiments cachés à l'égard de mon bourreau. Ma gorge se serrait alors que les pas se succédaient sur la chaussée. Je me penchais en écoutant ses confidences. Lui, cette passion ambiguë. Le rythme courroucée de syllabes qui se chevauchaient au bout de la langue. Je l'observais en souriant. A quoi ressemblait-elle, cette autre qui captivait son attention ? Comment était sa démarche, son parfum, alors que ses prunelles s'illuminaient dans leurs orbites ? « Personne n'est doué. Mais je suis là, Jacob. » Pour écouter. Pour retenir et enlacer. La fuite était l'ultime salut. Et pourtant, je ne bougeais pas. Paralysée jusqu'au noyau. Un corps ravagé par l'amour et ses revers. Je le regardais sans esquisser le moindre mouvement. Les iris faisaient écho aux sentiments. Bien sûr, que j'avais besoin de m'y faire. De trouver un nouvel équilibre sur la corde raide. J'étais déjà oubliée, passée seconde dans un royaume où j'étais la pire souveraine. Le lien n'était pas banale. La complicité, la tendresse. Tous les détails comptaient. Je m'approchais en aspirant la fumée. Le tabac s'épandait dans ma trachée et perforait mes poumons. «Depuis que j'ai trompé Will. » Une sentence qui tombait brusquement. La sale vérité qui claquait contre le palais et ricochait sur les muqueuses. «Tu sembles déçu. Ou peut-être étonné. » Je riais en lui adressant un clin d'oeil. Peu importait la réponse, je n'avais pas besoin de savoir. Je tirais une dernière latte avant de lui tendre la cigarette auréolée par l'empreinte de mes lèvres.

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MessageSujet: Re: fortitude (jacob)   Lun 28 Jan 2019 - 19:21

Elle veut l'oublier mais il n'y arrive pas, Jake, il n'y arrivera jamais. Parce que sans Will, il n'y aurait probablement jamais eu d'Andy. Parce que sans lui... comprenez que ce n'était qu'un gamin avec un rêve trop grand pour lui, quand il a débarqué à l'armée. Un rejeton venu d'ailleurs, celui qu'on regarde du coin de l’œil en se demandant ce qu'il fout là. Will... il lui a donné sa place, sa légitimité. Il lui a donné envie de continuer quand les doutes ont commencés ; parce que s'il restait, alors Jacob devait rester aussi. C'est comme ça, la loyauté des frères d'armes. Alors il secoue la tête, refusant de croire qu'ils pourraient avancer sans l'ombre de Will au déçu d'eux. Dans le fond, il n'en a même pas envie, Ryder. 'Si ça avait été possible, on n'en serait pas là...' qu'il lâche comme une évidence. C'est dans la souffrance de son départ qu'ils se sont éloignés ; c'est dans l'espoir de son retour qu'ils se sont retrouvés. William, c'est la houle qui les berce. Leur calme plat, leur tempête. Leur constante. Il lui manque trop pour l'oublier. Il lui manque trop pour l'oublier avec elle. Et puis y a cette autre qui l'habite, l'enivre, l'obsède. Elle est trop bien pour lui, trop bonne, trop simple ; elle est l'opposée d'Andy. Il ne peut réfréner ce sourire en pensant à elle. Maybelle Winters, la quiétude de ses bras, la fougue de ses lèvres, la douceur de son être. Elle lui fait plus de bien qu'il ne veut l'admettre parce qu'il a besoin d'elle, il a besoin d'elle pour ne pas plonger, il a besoin d'elle et de l'espoir qu'elle représente. C'est probablement pour ça qu'elle lui fait peur, que mettre des mots sur ce eux lui parait dérisoire ; quand ce sera fait alors il pourra tout faire foirer. Il n'en n'a pas envie. Tant que cette relation est sans nom, sans attache, alors l'erreur est pardonnable. Qu'elle s'arrache à lui lui serait trop douloureux. Pourtant, y a Andy qui se plante à côté de lui et qui lui parle de présence comme si elle savait. Comme si elle pouvait. 'D'autres. Pas nous.' oui, il a vu le bonheur chez d'autres et parfois, il se dit rêver. Avant de réaliser qu'ils ne sont pas de la même espèce. Lui, comme elle, attirent la catastrophe. Sont attirés par les déchirures de cœurs et d'âmes. Ça les fait vivre, quand le quotidien devient trop morne. Jacob, il voudrait passer de l'autre côté. Il voudrait être heureux, pour une fois. Pas certain qu'il en soit capable. 'Pas déçu non... nébuleux, peut-être.' il récupère sa cigarette pour en tirer une dernière latte et l'écraser sous le poids d'eux. Elle s'éteint nette sous la lourdeur. Elle est à portée de main alors il la tend, caresse sa joue du bout des doigts. Dans son regard, la tendresse se mêle à l'amertume. 'T'es une sirène, Andy. Tu chantes et j’accours. Mais j'ai pas le droit, tu le sais. J'ai pas l'droit parce que t'es pas à moi. J'ai beau le savoir, j'ai beau être certain que toi et moi, c'est la pire chose qui puisse arriver... je suis là. J'y peux rien.' son pouce échoue sur ses lèvres charnue, il les fixe, ailleurs. Elle n'y peut rien non plus, pas vrai ? C'est pas un jeu, une douce torture qu'elle lui inflige juste parce qu'elle le peut ? Il veut croire qu'il n'est pas qu'un jouet mais il doute. Laisse retomber son bras le long de sa carcasse. Regarde l'horizon. 'Elle me fait du bien. Peut-être parce qu'elle ne sait rien de mes erreurs, j'en sais rien... mais elle me fait du bien.' elle mérite qu'il s'éloigne alors il fait un pas de côté, reprend doucement sa promenade. Il veut pas fermer la porte sur la brune sculpturale mais doit se laisser la possibilité d'avancer. Avant qu'elle ne revienne dans sa vie, tout était clair. Maintenant, la brume l'entour. Besoin de faire le tri. Besoin d'air. Il s'arrête devant un banc, regarde le ciel. Prendre de la hauteur. Si seulement.

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MessageSujet: Re: fortitude (jacob)   Sam 2 Fév 2019 - 18:32

Un fantôme qui planait sur la conscience. Des sourires. Des mots. Des sentiments. Ecorchure de l'âme devenue diaphane. Des absences à retord et des distances creusées dans l'os. La mémoire était une malédiction. Elle gardait le détail immuable, enfonçait le souvenir dans la plaie. Je redressais les épaules et fixais le profil du soldat. Une ligne droite, parallèle aux sentiers du parc. Stature de marbre au milieu des jardins. Stature de marbre pour briser mon coeur et déchiqueter ma chair. Ils étaient pareils, avec cette loyauté mortuaire et le vice d'un honneur qui s'entête. Je déglutis en pinçant les lèvres. Désillusion pour maquiller la rage. Un faciès qui se figeait sous les étreintes du vent. Qu'il m'explique alors. Qu'il me rende mes larmes et mon innocence. Des nuits noires à chercher le cadavre de Will. A le toucher. A le respirer. Des cadences mesurées sous les draps glacés. Un flingue entre les griffes de la créature désabusée. Des angoisses balbutiées à même le sol, au fond du jardin où la terre retournait ses tripes pour bouffer la poussière. Je m'éloignais lentement, les cheveux emmêlés dans une marche langoureuse. Jambes pâteuses sous les plis du tissu. Des articulations ankylosées par la peur du mouvement, la peur d'avancer et de les laisser derrière. Quels connards ! Will ou James, L'un ou l'autre ! Je le maudissais d'exister. Pire encore, je me maudissais d'aimer, d'espérer, d'attendre dans les ruines d'une ville où j'étais devenue étrangère. Vagabonde de bar en bar, les yeux embués de larmes et de sang. La voix entaillée par la déchirure d'un amour qui gangrénait sous la peau. Alors oui, je voulais l'oublier un peu. Je voulais l'oublier beaucoup ! « Fais comme tu veux. Mais t'es qu'un idiot De penser qu'il faut vivre nos regrets à perpétuité. » Rire sardonique pour bercer l'instant. L'échappatoire fermait tout à ses portes. Je déglutis en écrasant les cailloux sous mes semelles. Libre à lui de guetter la prochaine tempête ! De s'attacher obstinément aux gloires d'Afghanistan. J'étais naufragée et je le demeurais toujours. Sirène déchue de son royaume. Mes chants n'étaient que des cris de détresse. Un appel à l'aide qui ricochait au fond de l'océan. Je m'arrêtais sur ses pas. La fumée de la cigarette se distillait entre nos paupières. Des regards qui s'enlaçaient dans le secret, au delà des corps et des bras. Au delà de la prison de chair qui se dévouait au spectre de William. Sa main glissait sur ma joue. Je frissonnais sous ses palmes rugueuses. L'émotion au bord des yeux. La lame au bord du palpitant. Ne bouge pas, où je meurs. Je me brisais sous les jougs d'une amitié aux mille nuances de gris. «J'suis à personne.» Fatalité coulée sur les lèvres. La solitude laissait son emprunte sur mes côtes. Des amants éparpillés dans les voiles de la nuit. Des passades, rien de plus. Tout était nuageux. Je le laissais s'éloigner sur le banc, gardant mes distances et la lame en suspens sur ma poitrine. «Ce n'est pas un jeu, ce besoin de t'attirer. On en a jamais parlé, Jacob. Il n'y a jamais eu de fin entre nous. Will est parti et c'est comme ça qu'on s'est quitté. Si elle mérite, vraiment. Laisse lui une vraie chance. Il faut couper le cordon. » Et s'achever. Mourir dans les méandres d'une relation avortée au nom de l'amitié. Au nom de lui, ce frère d'arme, cette âme soeur — l'homme de nos vies et le bourreau de nos coeurs. Feu, William James.

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