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 either way my soul will die (anwar)

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MessageSujet: either way my soul will die (anwar)   Dim 19 Aoû - 16:12

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either way my soul will die

Quatre heures du matin. Aucune envie de dormir.
La radio diffusait un vieux son EDM, sorti en 2012 (2014 peut-être), mais Oz prêtait pas grande attention au fond sonore. Ses yeux fatigués scrutaient les lampadaires qui déchiraient la nuit expirante – déjà le ciel s'éclaircissait, l'ébène se muait imperceptiblement en bleu safre. La nuit noire avait été nuit blanche, et les cernes profonds sous ses yeux étaient les seules ruine d'un empire nocturne qui s'écroulait lentement et qui, dès l'apparition du soleil, n'existerait plus. Le sommeil, il le trouverait dans quelques heures – mais les meilleures opportunités étaient exclusivement noctambules. Et alors qu'il venait de se faire virer d'un énième job sous-payé, il avait désespérément besoin d'expédiences. Le tuyau lui était tombé entre les mains à une heure du matin. Cela faisait donc plus ou moins trois heures qu'il attendait là, dans le parking lugubre du Red Velvet. Il avait jamais pris le temps de retenir les horaires d'Anwar, préférant nettement attendre des plombes à apprendre par cœur des heures qui étaient tout à fait susceptibles de changer le mois prochain. L'impatience de la première demi-heure s'était mué en éreintement qu'il évacuait tant bien que mal en fumant des cigarettes bon marché et en envoyant des messages sur quelque application de rencontre gratuite. S'il pouvait rattraper sa nuit dans les bras d'un inconnu, il ne refuserait pas – il n'était pas encore assez désenchanté par le capitalisme pour se détourner de ces véritables magasins de plans cul en ligne. Jetant des regards désabusés par dessus son volant de temps à autre, il ne se redressa véritablement que lorsqu'il aperçut la silhouette familière de son meilleur ami briser les jets de lumière agressifs des réverbères. Bah putain, c'est pas trop tôt... Ses plaintes (qui n'étaient destinées à personne d'autre qu'à lui même) vinrent accompagner l'allumage de ses pleins-phares, censés attirer l'attention d'Anwar. Puis, il se rendit compte que le jeune homme ne reconnaîtrait très certainement pas la voiture (volée) dans laquelle il était et que cet aveuglement ressemblait probablement plus à une agression qu'autre chose. C'est avec une résignation ennuyée qu'il ouvrit sa portière et sortit de la caisse en s'appuyant sur celle-ci, soufflant la fumée de sa cigarette par le nez. Mec, ramène ton cul par ici. Puis il se laissa retomber sur son siège – sans cependant refermer la portière. Il s'était peut-être rendu que c'était plus agréable de respirer un air frais, qui n'avait pas été souillé par la fumée de quatre cigarettes et la chaleur humaine. Son doigt appuyait sur le bouton d'extinction de la radio au moment où Anwar entrait du côté passager. Le silence était bienvenu, bienveillant, et pourtant, Oz le brisa sans aucune hésitation. Sa voix, inutilisée pendant des heures et qui avait tourné au fond de sa gorge sans s'en extraire, était rauque, basse. Peut-être que c'était le manque de sommeil, aussi. Hey. Tu sors de ce trou de plus en plus tard j'ai l'impression. Déjà, il s'allumait une nouvelle cigarette, ayant par réflexe écrasée la précédente sur le macadam alors qu'il s'était extirpé de la voiture. La flamme de son briquet illumina momentanément son visage creusé et les ombres qui dansaient sur sa peau semblait en exacerber les reliefs. Frère, j'ai un super coup à te proposer. Si tu marches, j'pense que tu peux te faire mille balles. Facile. Après, faut qu'tu marches. Il souffla la fumée par sa portière restée ouverte, une jambe dehors. L'air était frais, mais l'avidité embrasée d'Oz semblait consumer tout son corps.

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Anwar Shahraz

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MessageSujet: Re: either way my soul will die (anwar)   Lun 3 Sep - 21:46

Outfit // Anwar, il en a plein le cul de cette soirée, qui, en plus d’avoir débuté en dents de scie, n’avait fait qu’empirer au fur et à mesure des minutes qui s’écoulaient. Des types pas très nets s’étaient invités dans la boîte : une clientèle plutôt habituelle dans les parages, rien pour l’alarmer outre mesure. Mais quand ces gars avaient décidé de s’en prendre à une des danseuses, la pagaille ne mit pas quelques secondes avant de prendre, la situation tournant au vinaigre bien plus rapidement qu’il n’en fallut pour que son cerveau décortique cette information. Les filles gueulaient dans un coin alors que les guetteurs de la place se jetait dans la mêlée. Il décocha quelques droites pour dégager son chemin, récolta un coup de coude sous le menton, se mordant la lèvre par la même occasion. Le goût du sang perlait au bout de sa langue, mais il s’en fichait. Ça ne l’empêcherait pas de faire son job. En moins d’une trentaine de minutes, ces fouteurs de trouble était parvenu à foutre le chaos dans le cabaret. Adieu, petite soirée tranquille. Quelques hommes de main de Cerbère durent venir leur prêter mains fortes, et Anwar leur laissa le loisir de les mettre à la porte, ne voulant même pas savoir quel sort ils leur réservaient. À coup sûr, ils garderaient un petit souvenir de leur passage au Red Velvet. Et pas des moindres.  
Il avait passé outre la fin de son quart de travail pour donner un coup de main à la patronne, question de remettre en état les lieux. Des morceaux de verre jonchaient le sol, des tables avaient été renversés et une partie du décor, partiellement abimé. Du boulot, il n’en manquait pas, mais ils se contentèrent de limiter à l’essentiel, remettant de l’ordre au mieux de leur capacité. Des femmes de ménage passeraient le lendemain matin pour faire reluire les lieux, effaçant les quelques traces qui restaient encore des dernières heures. Quatre heures du matin venaient de sonner quand il franchit afin les portes du bar. Sa moto coincée au garage, en attente de quelques pièces pour la rendre fonctionnelle de nouveau, il dû se résoudre à rentrer chez lui par la méthode la plus ennuyante qui soit : en marchant. Et avec ce ciel ennuagé qui menaçait de leur tomber sur la tête, ses chances pour qu’il se retrouve trempe de la tête au pied d’ici à ce qu’il franchisse le seuil de sa maison dépassait largement les cinquante pourcents. Les phares d’un véhicule garé non-loin s’allumèrent sur son passage, mais c’est bien peu d’attention qu’il leur prêta. La voix qui retendit dans la nuit, par contre, le força à ralentir le pas et à faire demi-tour, s’avançant vers la bagnole qu’il ne reconnaissait pas, contrairement à son chauffeur. Oz, son meilleur ami, son partenaire de crime. La cigarette coinçant entre ses lèvres produisait un jet de fumée qui se frayait un chemin sinueux jusqu’à l’éclairage des réverbères, la petite étincelle rougeâtre ruisselant à mesure qu’il aspirait l’air vicier de la nicotine. Contournant le bolide, Anwar se laissa tomber sur le siège passager, un soupir s’extirpant de ses lèvres, accueillant le silence de l’habitacle comme un cadeau du ciel. – C’était l’bordel ce soir. Et pas de la façon dont tu te l'imagines. – Un de ses mains alla se perdre dans sa chevelure hirsute, et il la stabilisa sous sa tête, alors qu’il s’enfonçait un peu plus contre le siège. Il ne la dégagea de là que pour attraper son paquet de clope dans les poches de son veston, en coinçant une entre ses lèvres alors qu’Oz lui tendait le feu pour qu’il allume la sienne à son tour. Il ferma les yeux en tirant un coup sur la cigarette. – Mec, tu sais que j’marche toujours. – Anwar ne savait même pas pourquoi Oz en doutait encore. Par habitude, peut-être. – C’est quoi ce coup du siècle? – L’opportunité de faire un peu de fric supplémentaire avait bien vite chassé la fatigue de son regard ambré.

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    --- ( anwar shahraz )
    roses are red, violets are blue, i'm using my hand but thinking of you.


Dernière édition par Anwar Shahraz le Mer 31 Oct - 16:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: either way my soul will die (anwar)   Dim 7 Oct - 16:28

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Lorsqu'on vit selon les lois de la rue, les cernes se confondent trop souvent avec les hématomes – toutes les nuances de bleu se ressemblent lorsqu'elles sont imprimées sur la peau. Pourtant, un simple coup d'oeil sur le visage de son ami, et Oz reconnaît les écumes imperceptibles de la violence. Insignifiantes, et c'est évident qu'Anwar n'est pas celui qui a le plus souffert des hypothétiques débordements de la soirée, mais elles sont bien là. La peau enflée et les réseaux de veines éclatées, un atlas de la brutalité fait de bleu, de rouge et de violet. On ne pose pas de questions. Une des règles d'or de ces relations malsaines qui régissent le microcosme de la violence de Brighton. Mais cela fait longtemps que le duo qu'il forme avec Anwar est au-dessus des conventions, au-dessus de tout cela. Alors lentement, il tire sur sa cigarette alors que ses yeux bruns s'arrêtent sur les néons du Red Velvet qui paraissent déjà tellement plus fades, tellement plus glauques dans l'aube naissante – cet endroit fout le cafard à Oz, peut-être qu'il contraste trop avec le milieu de luxe et de faste dans lequel il a été élevé. Ou peut-être qu'il lui ressemble trop – mais peut importe, Oz veut pas y penser. La cigarette coincé entre les lèvres alors qu'il cherche son iPhone dans ses poches, et il marmonne quelque chose d'un ton qui oscille paradoxalement entre le désintérêt et la sollicitude. Y'a encore des mecs qui sont venus faire les cons ? C'est fou ça. Enfin, il extirpe son portable de la poche de sa veste et l'allume, la clarté venant brutalement agresser ses yeux. Il soupire et se dépêche de baisser la luminosité alors que ses pupilles peinent encore à se contracter. C'est presque comme s'il y avait qu'des pourritures qui venaient traîner dans ce trou. C'est pas contre toi, frère, hein. Qu'il ajoute, après quelques secondes de pause. Les hommes et les filles qui travaillent là-bas – il n'a rien contre ces gens-là. Il s'en fout, irait même jusqu'à éprouver un sentiment d'attachement illusoire pour ces esprits perdus qui tentent de survivre plus qu'ils ne vivent. Mais la clientèle du Red Velvet est véritablement l'allégorie de ce que la race humaine a de plus affreux à offrir. Les bas-fonds de tout ce qui ne devrait pas exister – et les politiciens pourris, et les puissants galeux, et les philanthropes qui n'aiment les pauvres gens que parce que ça sonne bien de le dire. Toute une palette d'abrutis dont Oz est peut-être plus proche qu'il n'ose en réalité l'admettre. Puis, lui, ne fait que ce qu'il a à faire pour survire. Et même si Oz sait, implicitement, qu'il aura toujours des millions de livres sterling si jamais les choses tournent vraiment trop mal, il préfère se dire que tout est une question de vie ou de mort. C'est plus romantique, c'est plus romanesque. Alors il fait semblant, prétend que les enjeux de ses coups d'éclats sont les mêmes que ceux d'Anwar. Anwar, qui a sa famille derrière lui. Anwar, pour qui c'est marche ou crève. Et Oz, à côté, n'est qu'un petit fils de bourge idéaliste et essayant de se construire une identité qui lui est inaccessible – une identité dont tant de gens essaient déjà de se débarasser. Un truc tellement simple que même un gosse de cinq ans pourraient s'en charger. Il semble taper quelques lignes sur son portable, cherchant en réalité les détails de l'affaire. Quelque chose qui lui a été confié par un expat' russe ayant fait fortune sous l'URSS – un pourri, bien entendu. Mais celui là est disposé à lui donner de l'argent, donc, par un mouvement naturel des choses, Oz est disposé à le supporter. Parce que, sans un peu d'hypocrisie envers ses propres valeurs, cela ferait longtemps qu'Oz se serait fait bouffer. On va chercher une camionnette dans le nord de la ville, on la faire redescendre jusqu'au port, puis à partir de là on file la marchandise à un mec qui nous attend là. Et t'empoches l'argent. Il tire sur sa cigarette, et, comme s'il avait besoin d'autres arguments pour convaincre Anwar, il ajoute : J'pense que ça se compte facilement en milliers, sur un coup comme ça. En réalité, Speranski lui avait donné un montant en roubles. Oz ne saurait pas convertir des roubles en livres, même s'il s'agissait de sauver sa vie – mais il se doute, il espère que le montant est tel qu'il l'attend. La marchandise en question qu'il devrait transporter ? Il n'en sait rien, ne veut pas le savoir. De la drogue, de l'argent, des armes, des organes. Il aura bien assez de billets ensuite pour essuyer le sang qu'il aura sur les mains s'il doit en avoir.

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