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 give a little piece of your heart + victoria

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MessageSujet: give a little piece of your heart + victoria    Lun 13 Aoû - 9:08

Une muse céleste, penchée sur la tige d’une rose. Sa silhouette vacillait au rythme du vent. Je l’observais à travers les ruissellements de la fontaine. Ses mouvements se confondaient entre les feuillages. Une vision qui s’offrait à moi, qui colorait l’espace, terne et grisonnant de Brighton. Je m’exaltais face à l’effervescence du monde. L’encre imaginait ce que ma conscience ignorait. Une histoire différente des autres - un mal infini, exhalé sur les promenades du parc et ses avenues. Ce n’était pas la première fois, ni la dernière. Nos rencontres se chevauchaient dans le temps. Nos regards se croisaient, parfois sur les bancs, d’autres sur les sentiers de cailloux. Je redressais les épaules et griffonnait sur mon carnet. Les mots affluaient rapidement, glissant avec une volupté étrangère sur les marges du papier. Une inspiration enfin libérée. L’impression d’avoir donné le meilleur - de garder le pire au fond du coeur et de le laisser gangréner entre mes côtes. Elle était jolie, l’inconnue. Sa chevelure nuageuse ondulait entre mes paupières. Sa démarche enjouée se mêlait aux vapeurs de la cigarette. Elle chancelait allègrement, transportée par ses contemplations. Elle partait à l’aventure, vagabonde au milieu des fleurs et des vastes terrains verts. Je lui enviais cette insouciance juvénile. Une beauté naturelle qui se fracturait sous les rayons du soleil. Le journalisme - le confection d’articles et de romans, nécessitait un talent subjective. Une vérité ourlée de jolies proses et de tournures, qui captivait l’oeil du lecteur. Il fallait vendre un bout d’âme et renoncer. Un sacrifice intellectuel, dégoulinant sur l’encre qui maculait le papier. Ma carrière n’était qu’une expression de mes débauches spirtuelles, une manière insignifiante d’exister et d’écrire. Je pinçais les lèvres en griffonnant de longues phrases. Un ramassis de conneries, de conceptions qui se métamorphosaient sans cesse. J’agitais le poignet en fixant l’horizon. La flamme s’effilochait au bout de mes doigts, transformée en cendres et en poussières. Je soupirais en fermant l’antre de mes pensées. Mes jambes se repliaient afin d’accueillir le poids de mes déceptions. Je marchais en avant, l’expression bordée par la confusion. Le retour était brutal - les bombardements et les bruits des chars résonnaient encore dans ma tête. Je les entendais plus fort, la nuit - lorsque les malades s’endormaient, et que les lumières des lampadaires filtraient à travers les rideaux de ma chambre. Une solitude pesante qui accompagnait les longues insomnies. Les promeneurs se confondaient dans le décor. Je ne voyais qu’elle - les ondoiements de sa robe et la douceur de ses traits. Elle s’était tournée aussi, prête à rebrousser chemin. Pour la première fois, je rassemblais mon courage pour l’aborder. «Vous partez déjà ? » M’enquis-je aimablement, l’esprit en vrac et la peur au ventre. Elle allait me prendre pour un fou, un illuminé. Elle avait bien raison. J’étais écrivain, sans inspiration ni ambition. Le pire monstre de tous. Un danger pour la morale des autres et la mienne.
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Victoria Walker

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MessageSujet: Re: give a little piece of your heart + victoria    Sam 18 Aoû - 10:15


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— julian baker, victoria walker




Un regard vague avant de croiser le sien. Pour une énième fois durant ces dernières semaines. Victoria restait assise sur un banc du parc, profitant des quelques rayons de soleil qui daignait les gratifier de sa chaleur. Une lumière discrète et affable qui épousait l’ambiance chaleureuse de l’endroit. Jusqu’à ce jour, ils ne se sont jamais adressé la parole. Julian et elle. L’Anglaise savait qui il était, uniquement car elle connaissait son frère. Car à un moment la brune pensait qu’il s’agissait d’un seul et même homme. Sauf que depuis sa réalisation, elle n’a jamais osé l’aborder non plus. Préférant le laisser venir à elle, et se contentant de garder le mystère sur l’identité du brun complet. Les jumeaux partageaient une même allure. Sauf qu’au-delà de cette apparence physique identique, ce Baker et l’autre Baker différaient. La Londonienne ne saurait l’expliquer, mais, à travers ce regard même cette dissimilitude se décelait.

Aujourd’hui encore, l’héritière Walker s’attendait à vivre la même petite routine ; elle sur son banc, à lire quelques passages de son bouquin. Lui dans son coin, à l’observer en silence. À aucun moment la trentenaire ne se doutait que cette journée changerait la donne. Pourtant, malgré sa légère surprise en entendant cette voix masculine l’interpeller, Victoria ne cligna pas des yeux à deux reprises avant de lui répondre. Instinctivement, la brunette jeta un bref coup d’œil à la montre, accrochée à son poignet, avant de rétorquer au jeune homme. « J’ai encore un peu de temps devant moi. », une réflexion qu’elle adressa à elle-même d’abord. « Nous pouvons marcher si vous voulez. ». Au vouvoiement près, Victoria s’adressait à lui comme à une vieille connaissance. Comme s’il n’était pas un inconnu. La psychiatre le croisait sans cesse, à chaque fois qu’elle mettait le pied ici, mais n’empêche qu’elle ne savait pas grand-chose de lui. L’inviter à une ballade inopinée la ferait passer pour une folle, probablement. Cependant, Julian ne représentait aucun danger pour Vicky. Parce qu’au fond, un monstre sommeillait dans chaque être, et chaque personne.

Et pour une première fois, aussi, la thérapeute le fixa de ses opales sans les détourner. Faisant de ce premier contact réel un échange tangible. Où les regards s’accrochent sans peur, sans dévier l’attention, ou se cacher derrière un simili sourire dissimulé. Où Polymnie, muse de l’écriture, de la rhétorique, du lyrisme et de la pantomime, se tient face à cet homme, aux airs perdus. Un sourire qui suit, qui vient de poser sur les lèvres de la femme, curieuse de connaître la réponse à sa proposition. Curieuse de connaître la conclusion de cette journée peu anodine.


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MessageSujet: Re: give a little piece of your heart + victoria    Sam 25 Aoû - 1:30

Un hochement de tête positif. Nos regards s’enlaçaient dans une fraction de secondes. Des images transfigurées, filant de prunelle en prunelle, encadrant les volutes de fumées et les chuchotements du vent. Mon coeur se serrait alors que j’approchais. Une appréhension de prédateur, ponctuant cette démarche assurée et la courbure aiguë de ma main blessée. La balle avait effleuré le nerf et la peur avait écrasé le reste. L’ambition du journaliste, la gloire de l’écrivain et les milles souvenirs d’Orient. Je me perdais dans les silences de l’esprit. Des absences d’inspiration interrompus par les pétarades et les vacarmes d’une guerre qui se mourrait derrière moi. J’étais en sécurité ici. Je vagabondais entre les silhouettes civiles et me noyais dans l’anonymat. Des textes qui ne s’écrivaient plus et des illusions couchées sur le sol. Ma gorge était douloureuse. Trop de fumée inhalée. Trop d’absurde ravalé. Gabrielle s’éloignait du fantasme. Son ombre s’amenuisait dans les couloirs des hôpitaux et les hurlements d’un monstre qu’elle appelait Lupus. Je n’avais pas peur des engagements. Seulement de la perdre. De grandir avec le ventre noué. Je plissais les lèvres et forçais un sourire sur mon visage. La jeune muse s’agitait entre mes paupières. Ses mouvements chancelaient gracieusement, éveillant les aventures fantasques d’un protagoniste qui naissait au creux de mes pensées. Son invitation semblait étrangement naturelle. Comme s’il n’y avait pas de juste mesure. Comme si la courtoisie s’effaçait afin de nous étreindre dans une complicité doucereuse. Mes pas se succédaient sur les petits sentiers. Je baladais les yeux, observant les décorations et les récifs de fleurs. La foule s’estompait peu à peu, créant le vide autour de nous. Un aparté exigé par les battements de nos cils synchronisés. Je me demandais si elle avait remarqué nos échanges muets - si nos silhouettes se croisaient par pur hasard ou si l’inconscient orchestrait chaque rencontre. Son parfum était léger, il embaumait mon esprit et caressait l’espoir de mille pages qui se traçaient dans mon crâne. Ce soir, j’écrirais. Ce soir, les marges ploieraient et la malédiction serait rompu. « Je suis désolé mais, on se connait ? » Il était si facile de faire l’analogie. Le sentiment était facile. La communication aussi. J’étais intrigué par ses silences et ses visites matinales dans le parc. Je rangeais mon carnet et balayais mes cheveux. « C’est cliché, pas vrai ? D’avoir l’impression d’un déjà vu. » A travers les yeux de Jude. A travers ses contemplations et ses exodes. Le lien était indissociable entre nous. Je raillais en sortant une cigarette. D’un geste délicat j’allumais le filtre et m’enivrais des senteurs cramées du tabac. Des centres qui s’enroulaient dans ma gorge et obstruaient ma pensée. La délectation était empoisonnée. Un vice qui se faufilait dans mes poumons pour créer l’addiction - le besoin presque viscéral de tout ressentir. « Julian Baker.» Je me présentais en tendant la pince. Une expression courtoise et la distance de bienséance afin de maintenir l’éthique.
Impossible de mettre le doigt dessus.
Impossible d’être un animal social, après les horreurs d’Afghanistan.
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MessageSujet: Re: give a little piece of your heart + victoria    Dim 26 Aoû - 1:45


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Le formalisme de cet échant n’étant pas de rigueur, Victoria préféra à l’instant rendre leur dialogue plus familier qu’il ne l’était déjà. Comme si le simple fait de parler n’était pas suffisant. Bercés l’un comme l’autre par l’étrange sensation de se connaître déjà. En théorie, ce n’était pas foncièrement faux. La Londonienne connaissait un des deux jumeaux. Jude. Le double. Rien que ce petit impliquait bien des choses. Ils n’étaient peut-être pas identiques à cent pour cent. Les écarts entre les Bakers existaient, grandes ou petites différences. Or, dans ce lot demeuraient leurs points communs. Leurs caractéristiques partagées. Un tic nerveux. Une manière particulière de sourire. Peu importe. Prendre connaissance de ces minimes détails signifiait une chose ; en connaissant l’un des deux, on connaît forcément un peu plus de l’autre. Alors, oui. Quelque part, ils se connaissaient. « Certains clichés sont vrais, pourtant. », dit-elle, sourire aux lèvres. Face à l’honnêteté grossière de ce qui allait suivre. « J'ai connu Jude. ». Son jumeau, obviously. Ses prunelles bleues s’égaraient sur les visages qui les entourent, la beauté des paysages qui donnent goût à leur petite flânerie improvisée. Douce scenery. « Je l’ai rencontré il y a quelques années à Londres. Nous avons eu une petite histoire, sans que cela n’aboutisse réellement. ». Un flirt du passé qui n’est jamais arrivé à concrétisation. Voilà ce qu’il était, Jude. Pour elle, tout du moins. Dans un tableau plus vaste de cette histoire, le jeune homme était le vilain. Le criminel. Le voyou qui tente le tout pour le tout. Sauf que Julian n’a pas besoin de savoir cela, s’il ne le savait pas déjà. En tout cas, ce n’était pas à l’héritière Walker de le lui annoncer. C’est donc ce que Jude était. Rien de plus. Rien de moins.

D’un geste délicat, également, la brunette chassa de son champ de vision le semblant de fumée qui l’atteignait. Ses yeux se posant finalement sur son interlocuteur pour conclure le discours entamé. « Mon côté narcissique aime croire qu’il était intimidé, tandis que mon côté raisonnable se dit qu’il avait peur pour ses burnes. », la peur d’Arthur Walker, la peur d’une petite amie cachée, ou la peur de rater sa mission. La peur, en voilà un bon moyen de se retenir. L’Anglaise ne le saura peut-être jamais, et quelque part elle n’en a que faire. And maybe, a little bit of both.

Puis les pas de la trentenaire s’arrêtaient à leur tour, ses opales s’accrochent à celui de l’homme, et lui rend sa courtoisie. Une éthique dont ils n’avaient point besoin, dans le fond. Pas après tous ces regards (in)discrets. They were way past that. Cependant, l’impolitesse ne connaissait pas la psychiatre. C’est donc avec autant de décence qu’elle rétorqua. « Victoria Walker. ». Ainsi ils pouvaient enfin mettre les noms sur les visages. Un premier pas pour cesser d’être deux parfaits inconnus. La suite de ce qui pouvait advenir de ces deux individus était embrumée. Plusieurs possibilités. Tant de chemins potentiels à parcours. Pourtant, la raison voudrait que Vicky s’éloigne. Si ce n’est pour son simple unfinished business avec le second Baker. Si ce n’est pour le simple fait qu’il ne faut pas tenter le diable plus qu’il n’est déjà tenté. Et pourtant, également, la curiosité voudrait que la brune fouille au-delà de ça. Qu’elle suive cette voie jusqu’au bout. Desceller le détail de tous leurs mystères communs.


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MessageSujet: Re: give a little piece of your heart + victoria    Dim 2 Sep - 7:41

Une connaissance de Jude. Cet aveu s’harmonisait dans mon coeur. Parce que nous étions inéluctables. Des similitudes qui se confondaient entre les feuillages des arbustes. Deux visages dessinés par la même main. Des yeux ronds d’amertume et l’éclat d’une noirceur jaillissant du ciel. Mon frère - ma moitié et le vide qui entourait nos silhouettes. Une distance de trois années, fauchée par les silences de ces secrets qui creusaient des cicatrices sur ma peau. Une colère qui ne s’affirmait plus, bafouée par le sentiment de complicité. Par sa présence et ce sourire malicieux qui reflétait le mien. Je hochais la tête en saluant la jeune femme. Ses prunelles étaient abyssales, magnifiques dans leurs nuances d’azur. Je me noyais, une seconde. Puis je me ressaisis rapidement, reprenant mon souffle happé par cette beauté intrigante. Pourquoi elle ? Pourquoi cette impression de vouloir écrire face à son expression immuable. Etrange coïncidence, dictée par une inspiration oscillatoire et des pensées douteuses. Je soufflais ma fumée et détournais la bouche pour lui épargner une autre rafale. Je ne voulais pas imposer mes poisons dans ses poumons, ni m’immiscer dans ce corps que mon jumeau avait sans doute effleuré avant moi. Il voulait le corps mais j’imaginais l’esprit - la profonde conscience imprimée dans sa chair. Un refuge pour mon talent. Pour chaque mot griffonné dans mon calepin. Je vacillais dans sa direction, riant jovialement face aux détails sur ses déboires londoniens aux côtés de Jude. Il était malicieux et probablement peu raisonnable. Il se moquait - séduisait puis s’en allait, voguant librement dans les sphères d’un galaxie infinie. Il était vagabond. Et peut-être, que si je n’avais pas su le retenir, personne ne pouvait réellement. Je pinçais les lèvres en me tournant vers elle. Victoria, un prénom qui se transformait en mélodie au creux de mon oreille. Une muse indistincte qui prenait soudain forme et qui devenait une entité réelle, avec une histoire et une voix. «Je suppose qu’à la façon que vous avez de parler de ses burnes que votre flirt a encore un gout d’inachevé. Je suis désolé, en son nom. Et ravi, au nom du mien. » J’esquissais un sourire charmeur en la suivant entre les sentiers étroits du parc. Les roseraies s’étalaient sur le chemin, déployant des couleurs vives et chaleureuses sur l’esplanade. «C’est donc pour cette raison que vous me fixiez en retour, Victoria. Moi qui pensais que mon charme était irrésistible. Je suis outrageusement déçu. » Marmonnai-je en chassant les cendres accumulées au bout de ma cigarette. Des particules grisâtres qui valsaient sous le vent afin de retrouver le sol. Mes yeux se perdaient sur les poussières. J’imaginais ces destinées éphémères, succombant subitement après les détonations des chars. J’imaginais le pire alors que je vivais le meilleur, loin d’une guerre égoïste et de ses conséquences politiques. J’aurais voulu en parler - me vider le coeur et les veines. Mais la confession semblait illégitime. Je n’étais pas soldat, seulement spectateur. Je ne possédais pas les actes héroïques mais j’en portais toutes les images. Je m’arrêtais un instant et observais l’entrée du parc. «Peut-être devrais-je vous offrir un verre pour vous convaincre que Jude n’est pas un si mauvais garçon. » Je haussais les épaules en lui indiquant un petit bistrot au coin de la rue.


Dernière édition par Julian Baker le Lun 10 Sep - 0:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: give a little piece of your heart + victoria    Lun 3 Sep - 7:45


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Les doigts de la brune vagabondaient dans ses cheveux, alors que ses pieds la menaient un pas après l’autre, sur cette allée étroite du parc. L’esprit flânant, prêtant malgré tout l’oreille à Julian. Il avait un petit quelque chose de particulier. Cette aura de charme, certes, mais un grain en plus de cela. Le regard perdu, peut-être, ou cette conviction de plaider pour son jumeau. « Nah. Vous n’avez pas à vous excuser pour lui. ». Fusion chevaleresque, mais inutile. Les excuses n’avaient aucun lieu d’être, en réalité. Et quand bien même il en fallait, ce n’est pas à ce jeune homme d’en présenter. Pour ce qui est de son ravissement face à cette étrange situation… c’était une tout autre histoire. « D’autant plus que je n’accorde pas plus de crédit que cela à votre frère. ». Probablement un point qu’un Jude débattra, s’il était présent ici aujourd’hui. « Un rien pouvait m’allumer à l’époque. Je ne peux donc pas juger l’étendue de ses réels talents. », les joies des grossesses, ou having your hormones all over the place. Un détail qui aujourd’hui faisait sourire l’Anglaise plus qu’autre chose. Sans réellement le savoir, Jude était un divertissement. Léger. Comique. Une brise d’air frais dans un quotidien bien trop chargé d’émois négatifs. Une manière comme une autre pour elle de décompresser. Cela était la raison principale pour laquelle Victoria en gardait un bon souvenir. Il avait arnaqué son père, mais elle n’en avait très concisément que faire. Ils étaient tous adultes dans cette histoire. Chacun capable de se protéger et se préserver. Chacun avec ses propres ressources pour parvenir à ses fins. Dans ce lot, Vicky n’était que spectatrice, amusée, impatiente de connaître la fin du spectacle.

Sauf que cette journée, et toutes celles qui l’ont précédé, il n’était pas question de Jude. Ce souvenir lointain qui s’est dissipé à l’instant où la brune a réalisé que l’homme à l’autre bout de l’allée, n’était pas le même homme. « Absolument pas. Faire la différence entre vous deux n’était pas si compliquée que cela. », se contenta-t-elle de dire d’abord, un rictus jovial au bout des babines. « Déjà parce qu’il ne me semble pas être du genre à passer des heures durant dans un parc. ». Un bar, c’est plus le trippe du Jude qu’elle a connu. Là encore, ce n’était peut-être qu’une image que l’arnaqueur a arborée à cette époque. Mais c’était bien pour Julian que Victoria restait. Curiosité inouïe. Curiosité qui se manifestait une fois de plus tandis que son regard observait l’homme se perdre un instant dans les cendres de sa cigarette. Cette même curiosité qui poussa l’Anglaise à accepter cette invitation, alors qu’elle ne devait pas s’attarder plus que de raison. Les pas de brunette imitant ceux de son interlocuteur, freinant leur marche pour lui permettre à elle aussi de jeter un bref coup d’œil à cet endroit indiqué. Tiens, elle n’avait jamais fait attention à son existence. « À une seule condition. ». L’héritière Walker n’était pas une femme compliquée. Pas le moins du monde. Cependant, il fallait tirer quelque chose au clair ici même. « Seulement si vous me promettez de ne pas parler de lui. ». Détacher sa propre personne de celle de son jumeau. Séparer le Jude du Julian. « Ce n’est pas Jude que j’ai envie de connaître maintenant. », ou connaître à nouveau.


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MessageSujet: Re: give a little piece of your heart + victoria    Mar 2 Oct - 7:26

Une âme fendillée. Deux corps. Et la servitude éternelle. Un lien indissociable, brûlant les coeurs et les chairs. Jude, une moitié. Un complément. Des erreurs qui reflétaient les miennes. Et nos jeux d’illusions. Un échange de masques et de sourires. Pour tromper les autres. Pour s’allier dans la similitude de nos visages. Alors je plaidais ses causes. Elles étaient miennes, dès qu’elles franchissaient l’enveloppe charnelle. Je souris en m’évadant sur les sentiers du parc. Les buissons s’inclinaient dans une valse doucereuse, portant les louanges du vents sous nos pas qui s’enchâssaient sur les petits cailloux. Mes yeux filaient sur le paysage, accrochant les détails des récifs et les éclats verdoyants des feuillages. Puis elle, charmante et lumineuse. Une source d’inspiration. Une prison pour mon imagination. Je lui avais inventé mille vies sur ce banc. Mille sentiments et mille excuses. Je haussais les épaules en laissant échapper un rire. Une rencontre fortuite, transformée par la fluidité des mots et la complicité naissante. Jude était l’accroche. Le ciment entre nous. Parce qu’elle ne connaissait qu’une facette. Et je voulais lui en faire découvrir d’autres. Le frère généreux, aventureux et plein de courage. Le prodige des mathématiques, opprimé dans une entreprise capitaliste. Le souffle de vie et l’indécente décision de parcourir le monde. Ses exodes et ses voyages. Son tempérament sulfureux et son génie mis au profit des délinquants juvéniles, seulement pour une dose d’adrénaline. J’acquiesçais poliment. « Si vous le dites. » Ses mots étaient apaisants. Une différence visuelle, palpable. Elle restait pour moi. Pour mes silences et mes vagabondages littéraires. Ces instants et ces regards, étaient bien réels. Une connexion d’esprit en esprit, faisant couler l’encre sur les papiers défraichies de mon carnet. Je suspendis mes gestes, les yeux rivés sur les cendres éparpillées sur le sol. La flamme s’amenuisait entre mes doigts. Et le temps, tout comme cette cigarette, s’évanouissait dans les souffles du vent. Je me tournais vers Victoria. Ses yeux, d’une lueur électrique, cheminaient autour de mes pensées. Comme si elle était capable de déchiffrer mes malaises. De sonder la profondeur d’un mal indicible, gangrenant dans ma poitrine. « J’accepte. Mais il n’y a rien de palpitant à savoir. » Murmurais-je en la guidant vers un petit bistrot. « Et bien sûr, je tiens à vous connaitre aussi. » Sans les artifices de la bienséance et la courtoisie. Sans pour autant tout développer et perdre la frénésie de cet anonymat qui nous avait guidé jusque là, sur les seuils du parc.
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MessageSujet: Re: give a little piece of your heart + victoria    Sam 6 Oct - 9:33


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La famille prime sur tout. La famille avant tout. Dans l’attitude de Julian, l’un ne pouvait manquer de discerner cette tendance à défendre son frère. Avec conviction et honneur. Victoria ne pouvait que respecter cette attitude, encline à en faire de même quand il s’agissait de ses proches. Elle ne pouvait que comprendre cette envie de peindre Jude sous un meilleur jour. Pourtant, la maman ne s’en embêtait pas plus que cela. Sans connaître la relation fusionnelle des jumeaux, elle se contentait de considérer l’un et l’autre comme deux individus distincts. L’un, une silhouette de son passé, une histoire inachevée. L’autre, une aura de mystère, un esprit embrumé qui captait en cet instant toute son attention. L’envie de le déchiffrer était partagée. Du moins, c’est que Vicky présumait, face aux paroles du jeune homme. Disposé à creuser pour en apprendre plus sur le sujet de la psychiatre. « À vos risques et périls, dans ce cas. », dit-elle, un air malicieux dessiné sur les traits de son visage. Et pour le reste de ce qu’il venait de dire ? Et bien, l’auteur en doutait fort. Rien de palpitant. Disait-il. Le sourire de la brunette trahissait sa plus profonde pensée. L’Anglaise était prête à parier sur le contraire. Comme à chaque fois qu’elle entendait ces mots. Car ce ne sont ici que les mots d’un homme qui ne veut pas parler. Dévoiler ses pires tracas et ses plus sombres secrets. Des parcelles infinies de sa vie, enfouis derrière un masque de nonchalance. D’indifférence. Un masque maintenu par un rictus charmeur, et un regard bien trop transcendant pour être soutenu. Or, Vicky n’avait peur de rien. Ni de creuser plus loin, ni de lui montrer qu’il avait tort.

De par son expérience, elle savait se méfier de ce genre de sentences. Et pourtant, en choisissant de suivre ses pas jusqu’au petit bistrot au coin de la rue, la Londonienne décidait de lui laisser le choix. Entre le mutisme et la parole. Elle ne mentait pas, en disant vouloir le connaître. Seulement, forcer n’a que très rarement été son mode opératoire. Si le jeune homme préférait entendre la psychiatre, elle cédera à son souhait. Elle n’avait aucune crainte. En dire suffisamment assez pour maintenir une discussion, sans pour autant tout déballer au grand jour. C’était une part de son gagne-pain. Tout comme l’héritière Walker n’avait aucune crainte à maintenir ses opales rivées sur lui. À confronter la couleur sombre de ses iris, tandis qu’elle s’installait sur le siège en face de l’homme. La commande de la brune est des plus simples. Un grand classique qui fut servi très rapidement. Un seul verre de son whisky favori qui l’occupera durant les moments à venir. « Je ne propose jamais cela d’habitude, mais je vous laisse les dix prochaines minutes pour poser toutes vos questions. », Victoria laissait ainsi à Julian un accès limité à sa no filter zone. Un scénario ou le brun ne serait aucunement subjugué aux questions de l’Anglaise. Plutôt l’inverse. Le bout de son index tapotant le haut de son verre, Vicky attendait. Guettait. Curieuse de savoir quelle direction il prendra dans ce simili interrogatoire. Des choix qui en diraient long sur lui, sans qu’il n’ait besoin de trop s’exprimer. « Que voulez-vous à tout prix savoir sur cette femme que vous croisez sans cesse à l’autre bout du parc ? ». Qu’il soit fou. Qu’il soit curieux. Qu’il en profite dans la mesure du possible. Car au bout du compte, personne ne pouvait résumer quatre décennies en une dizaine de minutes.


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