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 give a little piece of your heart + victoria

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MessageSujet: give a little piece of your heart + victoria    Lun 13 Aoû - 1:08

Une muse céleste, penchée sur la tige d’une rose. Sa silhouette vacillait au rythme du vent. Je l’observais à travers les ruissellements de la fontaine. Ses mouvements se confondaient entre les feuillages. Une vision qui s’offrait à moi, qui colorait l’espace, terne et grisonnant de Brighton. Je m’exaltais face à l’effervescence du monde. L’encre imaginait ce que ma conscience ignorait. Une histoire différente des autres - un mal infini, exhalé sur les promenades du parc et ses avenues. Ce n’était pas la première fois, ni la dernière. Nos rencontres se chevauchaient dans le temps. Nos regards se croisaient, parfois sur les bancs, d’autres sur les sentiers de cailloux. Je redressais les épaules et griffonnait sur mon carnet. Les mots affluaient rapidement, glissant avec une volupté étrangère sur les marges du papier. Une inspiration enfin libérée. L’impression d’avoir donné le meilleur - de garder le pire au fond du coeur et de le laisser gangréner entre mes côtes. Elle était jolie, l’inconnue. Sa chevelure nuageuse ondulait entre mes paupières. Sa démarche enjouée se mêlait aux vapeurs de la cigarette. Elle chancelait allègrement, transportée par ses contemplations. Elle partait à l’aventure, vagabonde au milieu des fleurs et des vastes terrains verts. Je lui enviais cette insouciance juvénile. Une beauté naturelle qui se fracturait sous les rayons du soleil. Le journalisme - le confection d’articles et de romans, nécessitait un talent subjective. Une vérité ourlée de jolies proses et de tournures, qui captivait l’oeil du lecteur. Il fallait vendre un bout d’âme et renoncer. Un sacrifice intellectuel, dégoulinant sur l’encre qui maculait le papier. Ma carrière n’était qu’une expression de mes débauches spirtuelles, une manière insignifiante d’exister et d’écrire. Je pinçais les lèvres en griffonnant de longues phrases. Un ramassis de conneries, de conceptions qui se métamorphosaient sans cesse. J’agitais le poignet en fixant l’horizon. La flamme s’effilochait au bout de mes doigts, transformée en cendres et en poussières. Je soupirais en fermant l’antre de mes pensées. Mes jambes se repliaient afin d’accueillir le poids de mes déceptions. Je marchais en avant, l’expression bordée par la confusion. Le retour était brutal - les bombardements et les bruits des chars résonnaient encore dans ma tête. Je les entendais plus fort, la nuit - lorsque les malades s’endormaient, et que les lumières des lampadaires filtraient à travers les rideaux de ma chambre. Une solitude pesante qui accompagnait les longues insomnies. Les promeneurs se confondaient dans le décor. Je ne voyais qu’elle - les ondoiements de sa robe et la douceur de ses traits. Elle s’était tournée aussi, prête à rebrousser chemin. Pour la première fois, je rassemblais mon courage pour l’aborder. «Vous partez déjà ? » M’enquis-je aimablement, l’esprit en vrac et la peur au ventre. Elle allait me prendre pour un fou, un illuminé. Elle avait bien raison. J’étais écrivain, sans inspiration ni ambition. Le pire monstre de tous. Un danger pour la morale des autres et la mienne.

_________________
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MessageSujet: Re: give a little piece of your heart + victoria    Sam 18 Aoû - 2:15


he roams laughing, he roams around crying, he keeps wandering in streets... o mad one, you belong to all... o mad one, no one is yours...
— julian baker, victoria walker




Un regard vague avant de croiser le sien. Pour une énième fois durant ces dernières semaines. Victoria restait assise sur un banc du parc, profitant des quelques rayons de soleil qui daignait les gratifier de sa chaleur. Une lumière discrète et affable qui épousait l’ambiance chaleureuse de l’endroit. Jusqu’à ce jour, ils ne se sont jamais adressé la parole. Julian et elle. L’Anglaise savait qui il était, uniquement car elle connaissait son frère. Car à un moment la brune pensait qu’il s’agissait d’un seul et même homme. Sauf que depuis sa réalisation, elle n’a jamais osé l’aborder non plus. Préférant le laisser venir à elle, et se contentant de garder le mystère sur l’identité du brun complet. Les jumeaux partageaient une même allure. Sauf qu’au-delà de cette apparence physique identique, ce Baker et l’autre Baker différaient. La Londonienne ne saurait l’expliquer, mais, à travers ce regard même cette dissimilitude se décelait.

Aujourd’hui encore, l’héritière Walker s’attendait à vivre la même petite routine ; elle sur son banc, à lire quelques passages de son bouquin. Lui dans son coin, à l’observer en silence. À aucun moment la trentenaire ne se doutait que cette journée changerait la donne. Pourtant, malgré sa légère surprise en entendant cette voix masculine l’interpeller, Victoria ne cligna pas des yeux à deux reprises avant de lui répondre. Instinctivement, la brunette jeta un bref coup d’œil à la montre, accrochée à son poignet, avant de rétorquer au jeune homme. « J’ai encore un peu de temps devant moi. », une réflexion qu’elle adressa à elle-même d’abord. « Nous pouvons marcher si vous voulez. ». Au vouvoiement près, Victoria s’adressait à lui comme à une vieille connaissance. Comme s’il n’était pas un inconnu. La psychiatre le croisait sans cesse, à chaque fois qu’elle mettait le pied ici, mais n’empêche qu’elle ne savait pas grand-chose de lui. L’inviter à une ballade inopinée la ferait passer pour une folle, probablement. Cependant, Julian ne représentait aucun danger pour Vicky. Parce qu’au fond, un monstre sommeillait dans chaque être, et chaque personne.

Et pour une première fois, aussi, la thérapeute le fixa de ses opales sans les détourner. Faisant de ce premier contact réel un échange tangible. Où les regards s’accrochent sans peur, sans dévier l’attention, ou se cacher derrière un simili sourire dissimulé. Où Polymnie, muse de l’écriture, de la rhétorique, du lyrisme et de la pantomime, se tient face à cet homme, aux airs perdus. Un sourire qui suit, qui vient de poser sur les lèvres de la femme, curieuse de connaître la réponse à sa proposition. Curieuse de connaître la conclusion de cette journée peu anodine.


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    -----------------

    “ she is clothed
    in strength
    and dignity,
    and she laughs
    without fear of
    the future. ”


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